Le Séchoir, art en mouvement

Le lieu

Vous avez fantasmé sur les artistes de Montmartre, la Ruche, le Bateau Lavoir ?
A Mulhouse, ville d’art et d’histoire, en dehors de ses nombreux musées, Kunsthalle, vous trouverez des lieux tout aussi actifs qui regroupent des ateliers d’ artistes, voire des galeries d’art.
Un problème pour le situer ou l’atteindre ?  Si vous apercevez l‘Homme-Cigogne de Louis Perrin, c’est que vous touchez au but, un arrêt de bus, C7, tout neuf intitulé :
« Lesage » vous indiquera que vous êtes arrivés au Séchoir.
Il suffit de grimper au dernier étage ou d’emprunter l’ ascenseur et vous pénétrerez dans le saint des saints

photo de notre regretté Ramon Ciuret

site officiel : https://www.lesechoir.fr/

« Le Séchoir est aujourd’hui une fabrique artistique qui permet à ses résidents d’articuler leur création avec des temps de diffusion mais qui permet aussi par des appels à projet ouverts aux non-résidents de rendre compte de manière large de la création actuelle et contemporaine du territoire GRAND EST ».
Sandrine Stahl

L’activité

A le tête de ce rendez-vous de l’Art Contemporain mulhousien, une jeune femme Sandrine Stahl, présidente, secondée par son époux, trésorier & administrateur (+homme à tout faire),  Matthieu Stahl, président du Noumatrouff, tous les deux artistes multidisciplinaires. Delphine Goutron, secrétaire fait partie du CA,
en compagnie de Rémi Lesage, Olivier Chapelle, André Maïo, Barbara Farina,
Vincent Rouby et Mae.


Les heureux locataires de ce lieu s’appellent les Sécheurs , ils occupent actuellement 17 ateliers, sur une surface de 800 m2  d’atelier et 350 m2 de surface d’exposition.
Une photographe attitrée Eliane Goepfert, ainsi que quelques artistes associés -Philippe Anstett, Mosto, Eurgen- font partie de ce bel écrin.
Petite structure mais grande par le talent, elle peut
s’enorgueillir d’organiser  des conférences, avec des talents illustres comme Michel Pastoureau, ou
Yoyo Maeght, ou des vedettes du show biz comme 
Cali parrain du Séchoir, Yoyo Maeght marraine,
Charlélie Couture, et bien d’autres.
Des expositions, sur des thèmes choisis, après appel de candidatures et choix par un comité, se suivent à raison de 4 à 5  par an. Des soirées de lectures, de poésies, de cabaret, une boutique qui fonctionne avec le clic & collect, pour cause de Covid-19, des espaces à louer, tout est proposé par le Séchoir.
C’est un lieu de performances et d’édition : La Tuile.
Pour être informé de ce qui s’y passe, il suffit de vous abonner à la newsletter.
https://www.lesechoir.fr/ensavoirplus

Entretien confiné avec la présidente

L’artiste

Comment es-tu venue à l’art ?
Tout a commencé avec Matthieu mon mari, il y a maintenant près de 35 ans, qui m’a fait découvrir la peinture ainsi que François Bruetschy, aujourd’hui mon beau-père, pour qui j’étais modèle dans les années 80. Ce sont eux qui m’ont donné envie et poussé à prendre les pinceaux.

Tes parents ?
Mes parents   ne m’emmenaient pas dans les musées. Leur passion c’était plutôt la musique et la danse. Mais ils m’ont fait découvrir, toute petite, l’Italie (les origines de mon père). Jamais je ne pourrai oublier notre visite dans les ruines de Pompéi ! Cela a été un vrai choc. 

Comment définirais-tu ta peinture ?
C’est une peinture spontanée même si je cogite beaucoup. Mais au moment de peindre j’y vais, je me lâche. Je suis à la recherche d’images franches qui se saisissent au premier degré, qui ne demandent aucun savoir préalable et qui s’adressent à l’intelligence du regard, à la sensibilité. Au cœur de mon travail plastique, quel que soit le medium ( peinture, collage, installation objet, gravure, monotype), je questionne la place du hasard et l’origine du monde vivant. J’y trouve beauté, mystère et parfois même drôleries que je cherche à traduire par un vocabulaire simple traversé par une énergie organique, telle des vibrations sonores qui bousculent un ordre établi, dans des mouvements tout en espièglerie où j’essaie d’y allier énergie et élégance, tantôt à l’arrache, tantôt en finesse et précision.

Un travail pour explorer, chercher mais aussi pour jouer et se libérer . Un travail à vivre, des œuvres à ressentir en toute liberté ! Sous les conseils avisés de François Bruetschy et bouleversée par une l’exposition “Matisse Comme un roman” au Centre Pompidou à Paris en octobre 2020, mon travail s’est orienté depuis vers le collage ( que j’avais un peu abandonné ) et influence, par la même occasion, ma peinture que je pratique, aujourd’hui, comme des collages de formes et de couleurs.

Quand travailles-tu ?
Dès que je peux.

A quel endroit ? maison, atelier ?
Principalement dans mon atelier au Séchoir mais les pinceaux et les ciseaux sont aussi accessibles à la maison.

As-tu des horaires définis ?
Pas vraiment mais parfois contrainte par mon emploi du temps chargé.

Un rite pour te mettre au travail ?
Un thé ou un café, une cigarette (c’est pas bien) et je range un peu mon atelier. J’ai horreur de travailler dans le désordre.

Ta technique huile etc …
Acrylique quand je peins sinon collage, vidéo, installation et je m’essaie aussi à la gravure, aux monotypes et bientôt à la céramique et la sérigraphie.

L’ambiance, musique, silence, intérieur, extérieur ?
La plupart du temps de la musique douce, posée. En passant du rock au jazz, à l’électro, à la chanson française et même des musique tibétaines, c’est selon mon état d’esprit du moment. Quand un morceau me plait et me met exactement dans l’ambiance ou l’émotion que je recherche, je peux l’écouter en boucle pendant plusieurs heures ! Hahaha !

As-tu des maîtres ?  (je sais François Bruestchy !)

OUIIIII absolument !
Les morts : Matisse – Miro – Calder – Tapiès -Picasso – parmis les plus connus.
Les vivants : Gary Komarin- Rogers Cosme Estève et Tobias Wenzel

Quels sont tes références littéraires ?
Oh ! Tellement ! Mais spontannément je dirais et dans le désordre :
Kadaré – Henri Miller – Philippe Djian – Virginie Despentes


Qu’est  devenu ton travail pendant le confinement ?

Il s’est complexifié. Il s’est éloigné de ma pratique habituelle. J’ai fait essentiellement des encres (que je pratique aussi depuis très longtemps) mais elles étaient plus chargées, plus enfermées. Comme j’allais très peu à l’atelier, je peignais dans mon jardin et je me faisais envahir à la fois par la nature qui s’éveillait et toutes ses images microscopiques de la Covid 19. Je suis très perméable au contexte, à mon environnement…

Que cherches-tu à exprimer dans ton travail, qui ne serait pas possible avec des mots ?
L’apesanteur.

Quand as-tu décidé d’exposer ton travail ?
Il m’a fallu longtemps pour le montrer…
Cela fait une quinzaine d’années.

Cette pandémie a-t-elle agit sur ton travail ?
Oui, elle bouscule, elle oblige à l’introspection, au travail sans le regard extérieur.
Comme je le disais plus haut, elle m’a, un temps, éloignée de mon travail habituel qui cherche la légèreté, l’effacement  et puis je reprends doucement le dessus mais mon travail a évolué. Je me suis détachée de mes questionnements sur la place du hasard au coeur du fonctionnement même des cellules durant leur développement et leur place dans l’origine des mondes. Je pense que je suis remontée un peu plus loin dans les origines avec une nouvelle série que j’ai nommé « Immersion »

Quelle est ta plus belle rencontre en art ?
Une toute petite toile grise et blanche de Calder à la fondation Beyeler.
Un coup de foudre qui m’a fait pleurer.
Mais je pourrai aussi parler de Matisse ou du musée  Cobra à Amsterdam et de  chaque visite que je fais dans l’atelier de François Bruetschy, c’est une claque à chaque fois !

Une devise ?
Ouvrir les yeux et les oreilles, chercher, apprendre encore et encore

Quelle est ta définition de l’art
“Ne désespérez jamais. Faites infuser davantage.” Henri Michaux

Les artistes doivent-ils être le reflet des sentiments, de la vision de leur époque ?
Ils ne doivent rien mais le sont simplement, automatiquement.
Ionesco disait :
« L’oeuvre d’art n’est pas le reflet de l’image du monde,
mais elle est à l’image du monde. »

Pj@MelloR ?
Ma deuxième jambe dans la vie. Impossible de tenir debout sans les deux !
La musique, le chant, l’interprétation. Mon groupe, mes frères musiciens.
Un album en préparation qui arrive très vite ! Des clips bientôt en ligne !

Cela a modifié ta manière de travailler, de vivre ?
L’un ne va pas sans l’autre. La musique, la scène m’ont sûrement permis d’oser en peinture et de montrer.

La présidente

Le Séchoir,
Comment es-tu devenu présidente du Séchoir
Lorsque Remi Lesage nous a invité à visiter cet espace démentiel avec Matthieu et nous a dit :
« Voila, rêvez, proposez un projet culturel et nous verrons si nous pourrons vous accompagner »
Matthieu et moi avons travaillé d’arrache-pied pendant deux mois pour inventer le Séchoir. Nous nous sommes entouré d’artistes et nous avons alors créé l’association, Le Séchoir avec un CA et j’ai été élue présidente, en 1995.

Le Séchoir est-il un apport pour toi ?
Of course ! Et heureusement, vue la charge de travail que cela représente ! Je ne travaille pas seule, je suis entourée de beaucoup d’artistes de talent sur place mais cela me permet aussi de faire des rencontres incroyables ! Des rencontres qui ne se limitent pas à des personnes de notoriété mais aussi avec des artistes que l’on invite sur nos expositions que je n’aurais surement jamais croisés ! Nous avons parfois des échanges qui valent dix années d’études ! J’apprends à leur contact, j’échange, je me questionne et puis j’en accompagne d’autres.
La vie quoi !

Le Séchoir, cotisations
https://www.helloasso.com/associations/le-sechoir/adhesions/adhesion-et-soutien-2021

  • Le Séchoir, association d’artistes tous bénévoles, propose une programmation annuelle d’une dizaine d’expositions rythmées par dix ou quinze évènements et tout cela en quasi gratuité d’accès au public.
    Ce sont les artistes résidents qui financent en majorité le fonctionnement
    du Séchoir.
  • Vos adhésions sont essentielles pour boucler nos budgets de productions d’expositions et pour maintenir cette gratuité pour tous.

Appel à projets
Tous les appels a projets sont sur le site en ligne :
https://www.lesechoir.fr/collaborer

Parmi nos résidents
Adapei papillons blancs d’Alsace dans l’atelier 17 (céramique) avec
Céline Martin comme éducatrice et artiste. 
Se définit comme : – Art brut / Outsider Art
https://www.instagram.com/atelier_du_vestiaire/?hl=fr

Plus d’info ici : https://www.lesechoir.fr/ensavoirplus

Le Séchoir
25 rue Josué Hofer Mulhouse
03 89 53 70 97 et 03 89 46 06 37

 

 

 
 
 
 
 
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Sommaire du mois de décembre 2020

Rodin, le Baiser 1889-98, bronze, collection de la Fondation Pierre Gianadda
®photo Michèle Strauss

Je dédie cette annus horribilis 2020, à ma petite nièce Virginie Ingold,
qui est allée rejoindre son père Dominique Ingold et son cousin Pierre Bayon, parmi les anges.

« Tu es une femme en or, d’une gentillesse incroyable, malgré tout… Souriante, drôle et serviable…La vie est injuste, et comme à son habitude, elle fait toujours partir les meilleurs en premier… 🙏❤
Fait bon voyage « belle brune » »
je laisse la parole ci-dessus à l’un de ses amis, Jojo Caro Mylan Wittmer, (extrait)


 

26 décembre 2020 :  Un monde infini : Artistes chamanes, autour d’une collection de l’Himalaya
23 décembre 2020 :  Noël 2020
21 décembre 2020  :  Katja Aufleger. GONE
14 décembre 2020  :  Rodin / Arp à la Fondation Beyeler
10 décembre 2020  :  Cadeaux de Noël
08 décembre 2020 :   Jean Pierre Parlange à l’appartement
07 décembre 2020  :  Putain de Covid
05 décembre 2020  :  Rembrandt, la Pièce aux cent florins

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