Art Karlsruhe 2024

Pour son édition 2024, art KARLSRUHE, l’une des plus importantes foires
internationales d’art d’Europe, revient à ses dates de programmation habituelles. La foire offre un vaste panorama des 120 dernières années, donc à la fois modernes et contemporaines, a lieu en ce moment,  du 22 au 25 février 2024.
La nouvelle direction est formée par un duo composé d’Olga Blaß, historienne de l’art, et Kristian Jarmuschek, galeriste et président de la Fédération des galeristes et marchands d’art allemands. Le Comité consultatif d’art KARLSRUHE, présidé par M. Jarmuschek, a désigné les 170 galeries originaires de quinze pays différents qui exposent dans les quatre halls baignés de lumière du parc des expositions de Karlsruhe. La nouvelle équipe a choisi de renforcer la présence des artistes du XXe siècle, tout en accordant une place prépondérante à la sculpture, souvent de très grand format, au coeur de la manifestation.

Les nouveautés d’art KARLSRUHE

Pour mettre en avant les galeries nouvelles venues, un statut de « Newcomer » a été instauré pour les galeries fondées en 2020 ou plus tard et celles qui avaient participé au salon moins de trois fois. Parmi les dix « Newcomers », citons en particulier les galeries PAW (Karlsruhe) et Tempesta (Milan), qui exposent de l’art contemporain, et LE Gallery (Keerbergen/Belgique), qui présente des oeuvres d’art moderne classique.


Par ailleurs, un statut de « Friends » est proposé. Une galerie peut inviter une autre galerie amie en co-exposant.
Trente-sept exposants regroupés dans le « Paper Square », quant à eux, présentent exclusivement des oeuvres sur papier. Dans le nouvel espace dédié, les amateurs peuvent trouver des propositions pour toutes les bourses. Cette nouveauté s’inscrit dans la tradition de l’exposition spéciale d’estampes organisée au salon depuis de nombreuses années.


Outre les espaces « Sculpture » organisés de longue date dans le cadre d’
art KARLSRUHE et présentant de grandes oeuvres en trois dimensions, cette
édition du salon propose également vingt-quatre « spots Sculpture »
autour de l’atrium vitré, présentant une seule oeuvre, avec notamment des créations de Walter Moroder (galerie Baumgarten), Ingrid Hartlieb (Imke Valentien), Thomas Röthel (Geissler Bentler), Olga Golos (Heckenhauer) et Markus Lüpertz (ArtAffair).

Forte présence de l’art du XXe siècle

Les amateurs d’art visitant le salon peuvent apprécier les nombreuses oeuvres d’art moderne classique (Picasso, Braque, Chagall, Kirchner, Nolde…) et de l’après-guerre (Hartung, Tapiès…) présentées par des galeries célèbres
telles que Raphael (Francfort), Hafenrichter (Nuremberg), Schlichtenmaier (Stuttgart), Rudolf (Kampen/Sylt), Dr. Michael Nöth (Ansbach), Samuelis Baumgarte (Bielefeld), Thole Rotermund (Hambourg), Geissler Bentler (Bonn), Ludorff et Schwarzer (Düsseldorf), Luzán et Malte Uekermann (Berlin), MDA (Höganäs/Suède). Notons également le retour au salon des galeries Geiger (Constance) et Henze & Ketterer (Bâle/Riehen).

OEuvres contemporaines présentées par de grandes galeries

Quant à l’art contemporain, il est exposé par des galeries prestigieuses, habituées du salon ou nouvelles venues, notamment Commeter (Hambourg), Scheffel (Bad Homburg), Meyer Riegger (Karlsruhe), Renate Bender (Munich), Dr. Dorothea van der Koelen (Mayence/Venise), Benden & Ackermann (Cologne), Cosar et Petra Rinck (Düsseldorf), Friese et Hilleckes Gallery (Berlin).


Britta Wirtz, directrice de la société Karlsruher Messe-und Kongress GmbH, déclare à ce sujet :
«C’est un vrai plaisir de voir le nombre de grandes galeries ayant postulé pour un stand au salon, qu’il s’agisse d’habitués ou de nouveaux candidats. Ce qui souligne que les nouveautés apportées à la prochaine édition du salon, en particulier la restructuration des halls d’exposition, sont bien acceptées par les futurs exposants. De plus, nombre de galeries ont opté pour le statut d’exposant “Newcomer” ou “Friend” nouvellement proposé ».

Beaucoup de galeries originaires de Francfort

Les galeries basées à Francfort, ville proche de Karlsruhe, sont particulièrement bien représentées. Parmi celles-ci, Schierke Seinnecke a choisi art KARLSRUHE pour sa première participation à un salon artistique. Citons encore les galeries Schlieder (nouvel exposant) et Hübner & Hübner (de retour au salon), ainsi que les galeries Greulich, Maurer, Heike Strelow et Raphael und Monica Ruppert (qui exposaient déjà en 2023).


Vingt-huit exposants – notamment le fondateur d’art KARLSRUHE, Ewald Karl Schrade (Karlsruhe/Mochental), Burster (Karlsruhe/Berlin), Thomas Fuchs et Michael Sturm (Stuttgart) – sont par ailleurs originaires du Bade-Wurtemberg, tandis que dix-neuf autres – parmi lesquelles Tammen, Schmalfuss et Mianki. Gallery – sont basées à Berlin.

OEuvres des 120 dernières années

L’édition 2024 d’art KARLSRUHE offre un panorama de la production des cent-vingt dernières années, couvrant ainsi la période allant de l’art moderne classique à l’art contemporain. Kristian Jarmuschek déclare à ce propos avec satisfaction :
« En participant pour la première fois, avec le Conseil, à la sélection des exposants, j’ai pu constater à quel point les galeries proposaient des oeuvres remarquables et de jeunes artistes très prometteurs ».
De fait, la liste des artistes représentés se lit comme le
« Who’s who » de l’art des XXe et XXIe siècles, puisqu’elle mentionne Marc Chagall, Lyonel Feininger, Ernst Ludwig Kirchner et Pablo Picasso, des représentants du popart, du groupe Zéro et des Informels (notamment Max Ackermann, Rolf Cavael et Bernard Schultze), sans oublier les
« maîtres anciens » de l’art contemporain (Damien Hirst, Sigmar Polke, Neo Rauch et Gerhard Richter) ni des peintres et sculpteurs célèbres tels que Alexander Calder, Jean-Michel Basquiat et Mimmo Paladino. Cette
liste inclut même de tout jeunes artistes, parmi lesquels Anne Carnein, Ambra Durante et Matthias Garff.
Olga Blaß se réjouit de la grande diversité de styles et de prix des oeuvres exposées :
« Notre intention est de nous adresser aussi bien aux collectionneurs confirmés qu’à un public jeune, auquel nous entendons présenter des oeuvres à un prix abordable, notamment celles sur papier exposées au “Paper Square” organisé dans le Hall 3 ».

Nouvelle disposition de l’espace d’exposition d’art KARLSRUHE

Hall 1. – « Art moderne classique et art contemporain ». L’espace sera consacré à l’art d’avant 1945 mis en résonance avec l’art contemporain. On pourra y apprécier plus particulièrement la qualité muséale des oeuvres présentées par les exposants.
Hall 2. – « Art après 1945 et art contemporain ». Cette section présente des oeuvres modernes d’après-guerre de grande qualité en dialogue avec les réalisations les plus contemporaines.
Hall 3. – « Artication ». Ce mot-valise combine les concepts d’art et d’éducation. On trouvera notamment dans cette section les institutions, mais aussi le nouvel espace « Paper Square » dédiés aux travaux sur papier, l’exposition spéciale de collections privées, l’ « Academy Square » qui présente les travaux des diplômés actuels des écoles d’art du Bade-Wurtemberg ainsi qu’une multitude d’institutions culturelles comme le Zentrum für Kunst und Medien (ZKM), les académies d’art et les associations artistiques.


Hall 4. – Ce dernier hall, nommé « dm-arena », est placé sous le signe de la découverte.
« Discover » est ainsi consacré à l’art actuel et présente les galeries de la catégorie
« Newcomer« . re:discover – la redécouverte d’artistes injustement oubliés
Le nouveau dispositif « re:discover » permet de rendre une nouvelle fois visibles des artistes qui ont été, de manière totalement injustifiée, négligés par le marché de l’art.
Au total, 20 artistes sont à (re)découvrir dans « re:discover ». Dans le cadre de
l’ARTIMA, des conférences sont consacrées à ce thème les 23 et 24 février.

Sculpture Square

Afin d’aider les jeunes artistes à faire leur entrée sur le marché de l’art, l’Academy Square propose une présentation de diplômés prometteurs des écoles d’art du BadeWurtemberg. En collaboration avec la LBBW et MONOPOL, de jeunes talents sont ainsi rendus visibles et peuvent être découverts par les exposants et les collectionneurs.

Un regard sur les collections privées

Depuis la première édition du salon, une exposition spéciale est consacrée à une
collection privée. Ce qui a permis de découvrir une vingtaine de collections particulières, ainsi que les personnalités de ceux qui les avaient patiemment constituées. Cette tradition chère à art KARLSRUHE est maintenue, mais désormais, chaque édition permettra à de jeunes curateurs d’élaborer des expositions thématiques à partir de différentes collections privées. C’est Sarah Haberkorn qui ouvre le bal. Elle est la conservatrice de la collection de la LBBW – Landesbank Baden-Württemberg.

Strasbourg 1560-1600. Le renouveau des arts

Les Chars des sept jours : détail

Musée de l’OEuvre Notre-Dame/ Arts du Moyen Âge
Du 2 février 2024 au 19 mai 2024
Commissariat : Cécile Dupeux, conservatrice en chef du Musée de l’OEuvre Notre-Dame
Présentation

À la fin du XVIe siècle, Strasbourg est un foyer artistique éminent, dont l’activité doit beaucoup à sa position géographique privilégiée au coeur de l’Europe. Cette période de réveil des arts après la baisse d’activité qui fait suite à la Réforme est mal connue, car une grande partie de la production a disparu ou s’est trouvée dispersée. L’exposition explore cette ultime saison de la Renaissance, marquée par la diffusion à travers tous les arts de la nouvelle grammaire ornementale inspirée des canons antiques et son adoption par les artistes de toutes spécialités.Il s’agit aussi d’une remise en contexte plus générale, qui permet d’évoquer aussi bien la production littéraire que le dynamisme du domaine éducatif et scientifique ou la production éditoriale.
L’apport le plus marquant est celui de deux personnalités artistiques de premier plan, à la fois dessinateurs, graveurs et peintres de décors muraux, qui introduisent à Strasbourg les jeux ornementaux du maniérisme :

– Tobias Stimmer (1539-1584), graveur prolifique venu de Schaffhouse, est aussi l’auteur des décors de la célèbre horloge astronomique monumentale de la cathédrale. Ses projets en grisaille sur toile pour les sculptures de l’horloge (vers 1571), récemment restaurés, sont présentés pour la première fois au public.
– Dans une veine plus fantastique, les planches des trois volumes de l’Architectura de Wendel Dietterlin (1551-1599), également connu pour la production de nombreuses peintures murales, étonnent par leur verve exubérante et leur surcharge décorative et garderont de l’influence jusqu’à l’époque baroque.

Tobias Stimmer, Les Chars des sept jours : détail avec Jupiter (jeudi),
projet pour les sculptures de l’horloge, détrempe sur toile, vers 1571.
Musées de la Ville de Strasbourg. Photo : M. Bertola / Musées de la Ville de Strasbourg

Cette exposition est accueillie au sein même du musée, dont une partie des bâtiments date de la même époque. Elle permet également de mettre en valeur de nombreux éléments sculptés et architecturaux intégrés au parcours permanent, selon un dialogue imaginé déjà par le créateur du musée Hans Haug.
L’exposition met en lumière les exceptionnelles toiles peintes en grisaille par Tobias Stimmer, projets pour les sculptures de l’horloge astronomique, restaurées grâce au mécénat du Fonds de dotation du Docteur et de Madame Léon Crivain, ainsi que la salle des administrateurs de l’OEuvre Notre-Dame, dont les magnifiques boiseries viennent d’être restaurées grâce au mécénat de la Société des Amis des Arts et des Musées de Strasbourg (SAAMS) et du Crédit Mutuel.

Points forts de l’exposition

Un foyer de rayonnement intellectuel et culturel

À la fin du XVIe siècle, Strasbourg continue à s’affirmer comme l’un des grands centres européens de l’imprimerie et à jouer un rôle important dans la diffusion des idées. La maison d’édition de Bernard Jobin et celle de la famille Rihel publient chacune près de trois cent titres. Leur collaboration avec Tobias Stimmer produit des chefs-d’oeuvre.

                                            Grisaille

L’illustration des livres imprimés renoue également avec la vitalité qui fit la gloire de Strasbourg à la fin du Moyen Age.
L’exposition évoque l’importance du livre à Strasbourg à la fin du XVIe siècle à travers une trentaine d’ouvrages parmi les plus importants produits de la période. Sont présentés en particulier plusieurs ouvrages et pamphlets de Fischart, auteur en 1575 de l’adaptation allemande de Rabelais qu’il égale en verve et en anticléricalisme, l’Architectura de Wendel Dietterlin, l’Architectura de Specklin, le Volumen primum mathematicum de Dasypodius, l’Histoire du règne de Charles Quint de Sleidan …

             Salle d’interprétation des dessins d’architecture de la cathédrale
             Crédit photo : Musées de la Ville de Strasbourg / M. Bertola

Réputées pour leur modération, les autorités protestantes poursuivent leur tradition d’accueil des immigrés et dissidents des guerres de religion. Ce mouvement s’intensifie dans la seconde moitié du siècle, en particulier après les massacres de la Saint-Barthélemy le 24 août 1572, où de nombreux protestants français et flamands viennent se réfugier à Strasbourg. L’ornemaniste et graveur réformé français Étienne Delaune réalisa ainsi quatre séjours à Strasbourg entre 1573 et 1580. Le graveur Theodor de Bry (Dietrich Breÿ), de Liège, et ses deux fils trouvèrent refuge à Strasbourg pour les mêmes raisons confessionnelles. Les réalisations de ces artistes de passage, dont l’exposition donne un aperçu, permirent une régénération du milieu artistique.

Tobias Stimmer et Wendel Dietterlin

Les deux artistes les plus importants exerçant à Strasbourg à partir de 1570, Tobias Stimmer (Schaffhouse 1539 – Strasbourg 1584) et Wendel Dietterlin (Pfullendorf 1551 – Strasbourg 1599), ne sont pas originaires de la ville et sont nourris d’influences très diverses provenant d’Italie, de l’École de Fontainebleau ou des Pays-Bas. Tous deux sont peintres aussi bien que dessinateurs et produisent des modèles pour des graveurs. Ils ont été à l’origine d’un renouvellement des pratiques artistiques dans la ville.
Le peintre suisse Tobias Stimmer est appelé à Strasbourg pour réaliser le décor du buffet de l’horloge astronomique de la cathédrale. Il est alors un artiste réputé, en particulier pour les spectaculaires décors de façade réalisés à Schaffhouse et à Bâle ainsi que pour ses gravures. Formé en Suisse et marqué par l’art italien, ce célèbre peintre, dessinateur et graveur est également connu comme décorateur et dessinateur de vitraux. Il s’agit de l’un des principaux représentants du maniérisme ornemental dans les pays germaniques.
La commande qui lui est passée pour l’horloge astronomique concerne la direction artistique de l’ensemble, c’est-à-dire le décor peint de l’imposant buffet et de certains indicateurs astronomiques (globe, cadrans…), mais aussi la production de projets peints pour la réalisation des sculptures. L’exposition est l’occasion de redécouvrir après restauration les dix spectaculaires projets peints en grisaille sur toile pour ces sculptures. De nombreuses gravures et dessins de sa main sont également rassemblés afin de proposer un panorama de la production de l’artiste à Strasbourg.
Wendel Dietterlin est surtout connu à son époque pour la production de peintures murales et de panneaux (il se désigne lui-même comme « Maler von Strassburg »). Mais la postérité a essentiellement retenu de lui les nombreuses gravures (209 planches) et les variations fantastiques de son traité d’architecture Architectura, publié à Stuttgart et Strasbourg en 1593-94, qui sera réédité à de nombreuses reprises jusqu’au XIXe siècle. Ce traité apporte une contribution 

                   Tobias Stimmer, Les quatre Âges de la vie : l’Enfance, projet pour les            sculptures de l’horloge, détrempe sur toile, vers 1571, 72 x 42 cm.
Musées de la Ville de Strasbourg. Photo : M. Bertola

significative à l’ornementation maniériste. Il trouvera un écho dans le domaine des arts décoratifs, en particulier dans l’ébénisterie ou la menuiserie

                                                              Architectura

Restauration de la salle des administrateurs et des grisailles de Stimmer

La salle des Administrateurs, au 1er étage de l’aile Renaissance, est l’une des deux salles historiques conservées de la maison de l’OEuvre Notre-Dame. Ses boiseries marquetées, attribuées à Veit Eck, vers 1582, uniques en Alsace et remarquables par leur style Renaissance très pur et leur qualité d’exécution, ont enfin retrouvé leur lisibilité.
Couvrant l’ensemble des murs et du plafond, elles se distinguent par l’emploi savant de différentes essences de bois, jusqu’ici occultées par un fort encrassement. La restauration menée par Antoine Stroesser, restaurateur de mobilier, assisté de Thomas Flicker, d’avril à juillet 2023, a permis de redécouvrir toutes les nuances des quelques 11 essences identifiées. Le nettoyage s’est voulu respectueux des traces d’outils et des vestiges de vernis du 16e siècle.
Les nombreux soulèvements et fentes du placage ont été recollés, et quelques éléments décoratifs, perdus, restitués à l’identique. Enfin, une réintégration des parties restaurées et une mise en cire ont permis d’harmoniser l’ensemble. L’intervention a également permis de réévaluer l’authenticité de la salle.
La restauration des boiseries de la salle des administrateurs a été rendue possible grâce au mécénat de la Société des Amis des Arts et des Musées de Strasbourg (SAAMS) et du Crédit Mutuel.

La restauration des exceptionnelles grisailles de Tobias Stimmer

L’ensemble de dix esquisses sur toile commandé à Tobias Stimmer pour les sculptures de l’horloge astronomique de la cathédrale revêt une importance particulière en raison de la rareté de ce type de projets, généralement non conservés, et de la disparition d’une grande partie de la production peinte de l’artiste.
Cet ensemble conservé jusqu’alors dans les réserves des musées de Strasbourg vient d’être restauré et se trouve rassemblé dans l’exposition. Il s’agit des projets pour une partie des figurines automates de l’horloge sur le thème des Planètes et des Âges de la vie. À l’étage supérieur de l’horloge, les Âges de la vie défilent devant la Mort en sonnant les quarts-d ‘heure, et le Christ sonne les heures au registre supérieur; à l’étage inférieur les chars des sept dieux des planètes correspondant aux jours de la semaine se succèdent. Les esquisses concernent également quelques figures indépendantes : deux angelots et deux amours placés de part et d’autre du cadran des minutes, et Apollon et Diane à gauche et à droite du cadran du calendrier civil.
Les dix peintures de tailles variables sont réalisées selon la technique de la grisaille, en camaïeu utilisant plusieurs niveaux de gris, depuis le blanc jusqu’au noir. La technique est celle de la détrempe à la colle sur toile. Le geste de l’artiste est rapide mais très précis, afin de guider au mieux le sculpteur. Plusieurs des figures sculptées exécutées d’après ces projets ont également été restaurées et sont présentées dans l’exposition.
La campagne de restauration a été réalisée par le groupement Art Partenaire, sous la direction de Janin Bechstedt, avec Dorine Dié, Eve Froidevaux et Amalia Ramanankirahina.
La restauration de l’ensemble des Chars des planètes a été rendue possible grâce au Fonds de dotation du Docteur et de Madame Léon Crivain.

            Salle de la loge

Informations pratiques

Musée de l’OEuvre Notre-Dame
3, place du Château, Strasbourg
Tél. : +33 (0)3 68 98 50 00
Horaires : en semaine – sauf le mardi – de 10h à 13h et de 14h à 18h, les samedis et dimanches de 10h à 18h
Tél. : +33 (0)3 68 98 50 00

Accès et services

  • Bus 14 et 24 – arrêt Ancienne Douane
  • Tram A ou D – arrêt Langstross – Grand’Rue

Retrouvez la Programmation culturelle et éducative ici

Trésors en noir et blanc, Dürer, Rembrandt, Goya, Toulouse-Lautrec …

Albrecht Dürer, Adam et Eve, 1504. Gravure sur bois. Petit Palais, musée des Beaux-arts de la Ville de Paris.
Crédit : Paris Musées / Petit Palai
s

Au Petit Palais jusqu'au 14 janvier 2024
Commissariat :
Annick Lemoine,
directrice du petit Palais et commissaire générale
Anne-Charlotte Cathelineau,
conservatrice en chef du patrimoine, chargée des collections d’arts graphiques avant 1800 et des sculptures.
Clara Roca,
conservatrice du patrimoine, chargée des collections
d’arts graphiques après 1800 et de photographies.
Joëlle Raineau-Lehuédé,
collaboratrice scientifique au département des arts graphiques.
Prologue

Le Petit Palais met à l’honneur son riche cabinet d’arts graphiques à travers une sélection de près de 200 feuilles des grands maîtres de l’estampe comme Dürer, Rembrandt, Callot, Goya, Toulouse- Lautrec, entre autres… L’estampe tient une place prépondérante dans la collection du Petit Palais. Elle est le reflet du goût de ses illustres donateurs, les frères Auguste et Eugène Dutuit et du conservateur Henry Lapauze, à l’origine d’un musée de l’Estampe moderne créé en 1908 au sein même du Petit Palais. En suivant le fil de l’histoire des collections, l’exposition permet à travers ses plus beaux trésors de découvrir un panorama inédit de l’estampe du XVe au XXe siècle.

L’exposition

La première partie de l’exposition présente une sélection des plus belles feuilles de la collection Dutuit qui en comprend 12 000, toutes signées des plus grands peintres graveurs de leur temps. Ces oeuvres rassemblées sous l’impulsion d’Eugène Dutuit se caractérisent par leur qualité, leur rareté et leur pedigree, en témoigne La Pièce aux cent Florins de Rembrandt, exceptionnelle de par sa taille (près de 50 centimètres de large) et de par son histoire puisqu’elle
appartint à Dominique-Vivant Denon, premier directeur du Louvre.

Parmi les 45 artistes présentés, quatre d’entre eux, aux univers extrêmement puissants, ont donc été choisis pour illustrer ce « goût Dutuit » : Dürer, Rembrandt, Callot et Goya.
Le Petit Palais possède 264 estampes originales d’Albrecht Dürer (1471-1528). La sélection présentée permet de retracer l’ensemble de sa carrière, à la fois sa production religieuse comme Adam et Ève et L’Apocalypse mais également des sujets profanes comme Melencolia et La Grande Fortune ou plus singuliers comme Le Rhinocéros.


En parallèle, deux gravures exceptionnelles sont présentées, l’une d’Antonio Pollaiolo,

la plus grande gravure du Quattrocento, qui nourrit plusieurs
oeuvres de Dürer et l’autre de Marcantonio Raimondi dont la figure principale reprend directement le motif de La Sorcière de l’artiste allemand.


Le parcours s’arrête ensuite sur Jacques Callot (1592-1635), célèbre maître nancéen de l’eau-forte dont le musée détient plus de 700 estampes. Les oeuvres exposées montrent à quel point cet artiste brilla par son imagination débridée et son caractère fantasque mais également par sa capacité à créer dans ses minuscules estampes un véritable microcosme fourmillant d’une multitude de détails et de personnages.


L’exposition se poursuit avec Rembrandt (1606-1669), sans doute l’artiste qui fascina le plus Eugène Dutuit. Ce dernier collecta un fonds exceptionnel de 375 estampes du maître pendant plus de cinquante ans. La collection comprend des pièces majeures et rares qui permettent d’embrasser toute la carrière du peintre-graveur hollandais et de retracer son évolution stylistique, iconographique et technique.

Enfin, le parcours présente un ensemble exceptionnel d’estampes de Goya (1746-1828)

dont des épreuves d’état de la Tauromachie et un remarquable album des Caprices.

La création contemporaine

Grâce aux frères Dutuit, la place de l’estampe au sein des collections du Petit Palais est assurée, mais elle doit encore s’ouvrir à la création contemporaine. Henry Lapauze en sera la cheville ouvrière. En 1908, son travail est consacré par l’inauguration du musée de l’Estampe moderne au sein du Petit Palais. Pour
le constituer, Lapauze sollicite de nombreux dons de marchands et collectionneurs comme Henri Béraldi qui offre au musée 100 portraits d’hommes d’État, de savants ou d’artistes dont plusieurs sont présentés dans l’exposition. Il obtient également des dons d’artistes et de familles d’artistes. Les noms égrainés indiquent bien le succès de cette collecte : Buhot, Bracquemond, Chéret, Steinlen, Toulouse-Lautrec… Tous ont marqué l’histoire de l’estampe et dessinent le visage de la gravure contemporaine, essentiellement parisienne, des premières années du XXe siècle.
Les oeuvres rassemblées offrent un panorama d’un Paris 1900 aussi spectaculaire, effervescent que socialement inégalitaire.


Henri Lapauze accueille également les estampes commandées et éditées par la Ville de Paris dont l’exposition présente un très bel exemple, Le Triomphe de l’Art d’après Bonnat, accompagné de son dessin préparatoire et de sa matrice gravée. En contrepoint de ce parcours en noir et blanc, l’estampe en couleurs vient clore l’exposition, bien représentée notamment par un bel ensemble de portraits et de paysages acquis grâce au soutien du marchand
d’art et éditeur Georges Petit. Enfin, une sélection des dernières acquisitions, dont des estampes d’Auguste Renoir, Anders Zorn et Odilon Redon, montre le dynamisme de la politique d’acquisition du musée.

Plusieurs dispositifs de médiation permettent de se familiariser avec les différentes techniques de l’estampe : la gravure sur bois, l’eau-forte et l’eau-forte en couleurs, le burin et la lithographie. En fin d’exposition, après avoir visionné une démonstration filmée de réalisation d’une eau-forte, le visiteur expérimente lui-même ce processus créatif grâce à une table numérique ludique afin de créer une oeuvre qu’il peut recevoir par e-mail et partager sur les réseaux sociaux.

Informations pratiques

Horaires d’ouverture
Du mardi au dimanche de 10h à 18h
Nocturnes : vendredis et samedis jusqu’à 20h
Fermé les 1er et 11 novembre, 25 décembre, 1er janvier.
Accès
En métro
Lignes 1 et 13 : Champs-Élysées Clemenceau
Ligne 9 : Franklin D. Roosevelt
En RER
Ligne C : Invalides
En bus
Lignes 28, 42, 72, 73, 80, 83, 93

ST-ART 2023

La 27e édition de ST-ART s'est tenue du 24 au 26 novembre 2023 à Strasbourg dans le Parc des Expositions inauguré il y a un an. Ce joyau d’architecture écoresponsable réalisé par Kengo Kuma a accueilli, sur 10.000 m2,  57 galeries, venues de 8 pays.
Christophe Caillaud-Joos,  Directeur Général de Strasbourg Events
-
Le Comité Artistique de ST-ART,  est composé de Georges-Michel Kahn et Rémy Bucciali

« Nous souhaitons que nos visiteurs et nos collectionneurs puissent découvrir à Strasbourg des oeuvres qu’ils ne verront pas ailleurs, à contre-courant d’une
certaine tendance à l’uniformisation du marché de l’art. »
« ST-ART est une pépite. Lorsque j’ai pris la direction de ce salon l’an dernier, j’ai immédiatement été touché par sa contribution à la reconnaissance des talents de demain. Ce patient travail de découverte est ancré dans l’ADN de ST-ART qui fait vibrer son public depuis plus de 25 ans. Au-delà de sa longue histoire, ST-ART est aussi un territoire ».
Christophe Caillaud-Joos

Bilan 2023

CHIFFRES CLÉS 2023 

13 609 visiteurs

67 exposants dont 57 galeries + de 325 artistes représentés

+ de 720 œuvres présentées

Plus de 10 000 m2 d’exposition

10 conférences

Les galeristes

Les galeristes strasbourgeois contribuent immensément à cette diversité
Ils apportent avec eux des propositions inédites et passionnantes.

Liste non exhaustive

LA SAAMS CÉLÈBRE SES 190 ANS À ST-ART

« Nous sommes “nés” le 28 juin 1832 très exactement,
mais nous fêtons nos 190 ans à cheval en 2022 et 2023 », explique
Bertrand Gillig,
galeriste d’art contemporain à Strasbourg.
Membre du comité de la
SAAMS depuis 15 ans, il en a pris la présidence il y a 2 ans.
« L’idée était d’organiser un certain nombre
d’événements notamment avec ST-ART, dont une rétrospective Théophile Schuler puisqu’il s’agit de l’une de nos trois principales activités.
La première est de contribuer à l’enrichissement et à la préservation des collections des musées de Strasbourg, par des dons et par des financements pour des restaurations ou des acquisitions. La seconde est de développer le goût de l’art à Strasbourg grâce à des conférences, des sorties, des visites guidées et voyages culturels. Et la troisième est de développer la jeune création à travers le
Prix Théophile Schuler.


la belle Strasbourgeoise, 1703 Nicolas de Largilliere

 
   
Prix Théophile Schuler 2023

Sarah Ménard, les Grimaces 2021
papier découpé noir, 21 x 30 cm chaque

LE CENTRE D’ART APOLLONIA,

ST-ART accueillera MOSS, une oeuvre végétale de Marco Barotti actuellement visible dans le jardin médiéval du Musée de
l’OEuvre-Notre-Dame, au coeur de Strasbourg.
Réalisée dans le cadre du programme VITAL,
un projet de coopération européenne ayant
pour objectif la sensibilisation du grand  public à l’urgence écologique à travers la création artistique contemporaine, cette
sculpture vivante, cinétique et sonore, envahie par de la mousse est alimentée par les données sur la qualité de l’air générées par l’indice mondial de la qualité de l’air (World Air Quality Index). En analysant l’air de nos
villes en temps réel, elle incite les citoyens à prendre part au débat sur la pollution. Toujours dans le cadre du projet VITAL avec le centre Apollonia, une expérience sonore imaginée par le couple d’artistes de Ljubljana propose aux visiteurs une promenade audioguidée et immersive dans l’espace public grâce un casque bio-acoustique.

L’INDUSTRIE MAGNIFIQUE

S’ASSOCIE CETTE ANNÉE À ST-ART
L’Industrie Magnifique est un mouvement et un modèle de coopération innovante entre artistes, entreprises privées et collectivités publiques dans les territoires. Né en Alsace en 2016, il se manifeste à travers un acte original : la rencontre de l’art et de l’industrie sur la place publique. Ses deux premières éditions en 2018 et 2021 ont mobilisé 200 partenaires, permis la création 40 oeuvres d’art et attiré 610 000 visiteurs en 22 jours à Strasbourg.
Le coup d’envoi de la 3e édition, qui sera multi régionale, sera donnée le 24 novembre, dans le cadre de ST-ART.
A cette occasion l’Industrie Magnifique exposera aussi la remarquable installation Museum of the Moon de Luke Jerram que les spectateurs avaient pu admirer dans la nef de la cathédrale de Strasbourg en 2021, grâce au mécénat du Groupe Vivialys.

LE PROJET GUERNICA UKRAINE

Lors de la Biennale de Venise en avril 2022, le Président ukrainien Volodymyr Zelensky, a exhorté les artistes du monde entier à soutenir l’Ukraine. Les Éditions Jannink ont répondu à cet appel en demandant à l’artiste-plasticien Jean Pierre Raynaud de faire don à l’Ukraine d’une oeuvre inédite. À l’instar de Guernica (1937) de Picasso, Raynaud a repris les dimensions exactes (3,49 m x 7,76 m) de cette oeuvre emblématique. Comme la toile du peintre espagnol,

Sans titre – Ukraine dénonce par l’art les horreurs de la guerre.
Les deux toiles monumentales sont exposées à la foire d’art contemporain ST-ART à Strasbourg pour entamer une tournée d’expositions mondiale.

ALMA BUCCIALI, ARTISTE INVITÉE DE LA 27E ÉDITION DE ST-ART

 Mes recherches artistiques
et mes créations se déploient
selon plusieurs axes.
Tout d’abord, je crée dans
la continuité de l’histoire
de l’art, notamment de
l’art médiéval. Je m’inspire
des thématiques abordées
dans les oeuvres
emblématiques du passé
pour en offrir une vision
actuelle. Loin d’une version
passéiste, ces images
sont emplies de tendresse
et d’optimisme,
rapprochant les figurent
de présent de celles du
Moyen-Âge. La Dame à
la Licorne conservée au
musée de Cluny, ou encore
le tarot de Marseille sont
par exemple à l’origine
de séries de dessins et de
gravures.
Le dessin, la gravure et
la broderie sont les médiums
que j’ai choisis dans
une volonté de gommer
les frontières qui séparent
la culture dite « légitime »
et les arts populaires.
Le travail du textile, historiquement
réservé aux
femmes, revêt pour moi
une dimension militante
en lien avec les préoccupations
largement présentes dans mes créations.
Les thématiques féministes et LGBT me
tiennent très à coeur et, sans que je sois dans
une démarche activiste, elles transpirent dans mes oeuvres.
Les deux estampes réalisées spécialement
pour ST-ART appartiennent à une série de gravures
inspirées de La belle Strasbourgeoise
peinte par Nicolas de Largillierre en 1703, l’une des oeuvres majeures du Musée des Beaux-Arts de Strasbourg. Reprenant l’esprit et la composition
du portrait original, je propose une vision contemporaine des strasbourgeoises. Comme au XVIIIe siècle, elles portent un collier de perle
et leur bichon au bras, des accessoires de leurs costumes subsistent ou sont évoqués, tandis que les arbres de l’arrière-plan sont sensiblement
les mêmes.

Quelques Galeries

Sommaire du mois d’octobre 2023

Anthony Gormley au musée Rodin © agence photographique du musée Rodin – Jérome Manoukian

31 octobre 2023 : DÉVOILER – Jean-Christophe Ballot
27 octobre 2023 : Mark Rothko, peintre du vertige intérieur
26 octobre 2023 : PARIS+ PAR ART BASEL
25 octobre 2023 : Gertrude Stein et Pablo Picasso, L’invention du langage
24 octobre 2023 : À l’occasion de son 170e anniversaire, le Musée Unterlinden de Colmar propose une exposition-anniversaire
21 octobre 2023 : Nicolas de Staël, l’intranquille
15 octobre 2023 : Antony Vest, Floating Manurhin
10 octobre 2023 : La BPM – Biennale de la Photographie de Mulhouse
08 octobre 2023 : Identités partagées – Daniel Tiziani
06 octobre 2023 : Les abstractions de Maggy Kaiser au Musée des Beaux-arts

DÉVOILER – Jean-Christophe Ballot

Exposition de photographies de l'artiste Jean-Christophe Ballot
Commissaire : Pierre-Jean Sugier
Galerie : Cahn comtempory, Basel, Jean-David Cahn
jusqu'au 16 novembre 2023

Présentation

C’est un voyage archéologique, un dévoilement, une fusion entre l’art contemporain et l’archéologie à travers la Mésopotamie, l’Égypte et Rome à partir de ses photographies, orchestrés par l’archéologue et galerie Jean-David Cahn et le curateur en art contemporain, Pierre-Jean Sugier.

Vidéo

Des prises de vues qui s’étalent de 1991 à 2022, avec de nombreux tirages d’époque (pièces uniques sur des papiers aujourd’hui disparus) comme des épreuves réalisées dans le laboratoire de la Villa Médicis en 1991.
Et des nouveautés avec une série sur Rome produite cet automne à partir de sa dernière campagne photographique réalisée en 2022.

L’accrochage met en perspective quatre siècles de représentations des paysages urbains de la Ville Éternelle, avec la présentation pour la première fois de pièces issues de ses collections comme des tirages albuminés du XIXème ou des gravures de Piranèse.

Les photographies des sites égyptiens prises en 2004, exposées pour la première fois, furent en majorité prises dans le mystère de la nuit…

Le voyage en Mésopotamie est tiré directement du travail qu’il a réalisé pour l’ouvrage « L’épopée de Gilgamesh » publié l’an passé aux éditions Diane de Selliers.

 Biographie

Jean-Christophe Ballot est un photographe contemporain, né en 1960. Il poursuit depuis 1987 (premier portrait de ville) un chemin singulier dans le monde artistique, revendiquant et pratiquant une photographie contemplative.

Architecte DPLG (1986), diplômé de l’École nationale supérieure des arts décoratifs (1990), diplômé de La Femis et ancien pensionnaire de la Villa Médicis (1991), ses œuvres figurent dans les collections de nombreux musées : Metropolitan Museum of Art de New York, Musée du Louvre, Fonds national d’art contemporain, Centre Pompidou, Maison européenne de la photographie, Musée Carnavalet, Petit Palais, Musée Rodin, Festival de Chaumont-sur-Loire, Bibliothèque nationale de France, Musée de la photographie de Thessalonique, Musée national d’art contemporain de Thessalonique.
Son regard contemplatif se porte aussi sur la statuaire qu’il traite comme
des portrait

Le paysage urbain

« Diplômé d’architecture, cinéaste et photographe, Ballot travaille à la chambre, ce qui l’oblige à s’installer davantage dans le décor. Il opte pour une frontalité qui privilégie la forme brute de l’architecture, et souligne ainsi le chaos des villes où les signes urbains se confrontent. Acteurs de la composition, les bâtiments sont les révélateurs de la théâtralité des lieux et de leur mémoire. »
Pascal Hoël, Une Collection, Maison européenne de la photographie, Arles, éditions Actes Sud,  

En 1987, étudiant à l’École nationale supérieure des arts décoratifs dans le département photo, Jean-Christophe Ballot reçoit une bourse de l’Office franco-allemand pour la jeunesse afin de passer deux mois à Berlin. Il part avec une chambre Sinar de studio faire ses premiers paysages urbains. Ces photographies sont ensuite présentées au jury de la Villa Médicis et lui permettent de partir travailler sur Rome en 1991.

                Rome, pyramide de Caïus Cestius, 2022

Son projet était de réaliser un portrait urbain de Rome. Pour lui, c’était une manière de parler d’une certaine modernité, un peu de la Renaissance
et beaucoup de l’Antiquité. C’est il y a une dizaine d’année qu’est né le projet de mettre son travail en perspective avec l’oeuvre de Piranèse.
Il a commencé à collectionner des gravures de Piranèse, puis des gravures du XVIIIe siècle, puis des albums photos du XIXe s, dont beaucoup de tirages albuminés. Puis des cartes postales du début du XXe s. Tout ceci est mis en perspective et en résonance  sur 3 siècles. En 2022 il décide de retourner à Rome, pour écrire une quatrième page de ce projet, sur un quatrième siècle.
Il a ainsi les gravures du 18e s, les photos albuminées du 19e s, son travail à la chambre 4’x5′ sur film argentique du 20e s et le travail en numérique du 21e s.
Les quatre siècles correspondent non seulement à une évolution technique, mais aussi à une évolution sensible du regard.

« Rome est un sujet d’exposition à lui seul, qui porte une vocation muséale. Ton invitation, qui est de mettre en perspective, la Mésopotamie, l’Egypte, et la Rome antique avec des oeuvres archéologiques est un enjeu passionnant pour moi. De fait, j’ai du réduire Rome à un sujet : la colonne. C’est le A de l’alphabet de l’architecture. C’est un élément constructif qu’on retrouve dans toutes des architectures.
JC Ballot

Rome, temple de Venus et amphithéatre Flavien, (Colisée) 1991

L’épopée de Gilgamesh

De septembre 2021 à avril 2022, Diane de Selliers et Jean-Christophe Ballot sont partis en Irak, au coeur de la Mésopotamie sur les traces  des oeuvres représentant le célèbre héros. JC Ballot a réalisé autour de L’Épopée de Gilgamesh

Figurine-plaquette : deux guerriers, Irak. Époque amorrite, vers 2000-1600 av. J.-C. Terre cuite, 10,1 x 8,8 cm, musée du Louvre, Paris. © Jean-Christophe Ballot

une œuvre photographique redonnant vie à une centaine de pièces millénaires, conservées principalement dans les départements d’antiquités orientales du musée national d’Irak à Bagdad, mais aussi dans les grandes collections européennes constituées au cours du XIXe siècle : au musée du Louvre à Paris, au British Museum à Londres et au Pergamon Museum à Berlin. À travers cette série de quatre articles, nous vous dévoilons les coulisses de cette aventure artistique et éditoriale en quatre étapes : les recherches préliminaires au Pergamon Museum (épisode 1), les mardis au musée du Louvre (épisode 2)

Statuette : orante tenant un vase, dite la « femme à l’aryballe ». Irak, Époque néo-sumérienne, vers 2100 av. J.-C. Albâtre, 20 × 8,2 cm. Musée du Louvre, Paris © Jean-Christophe Ballot,

une nuit au British Museum (épisode 3) et enfin l’épopée irakienne de Jean-Christophe Ballot et Diane de Selliers (dernier épisode).

L’Egypte

Les photographies des sites égyptiens prises en 2004, exposées pour la première fois, furent en majorité prises dans le mystère de la nuit. En Egypte Il y a une omniprésence de la sculpture avec les bas-reliefs et les hiéoglyphes, sur pratiquement toutes les architectures. Architectures et sculptures sont donc Intimement mêlées. Mais la sculpture est un peu en retrait par rapport aux grandes masses, aux grands volumes, aux pyramides, aux colonnes et aux salles hypostyles. C’est donc ce principal élément d’architecture , que j’ai retenu dans mon travail sur l’Egypte ancienne. Ce qui aussi intéressé, ce sont les prises de vues de nuit pour ajouter une dimension encore plus mystérieuse, plus spirituelle. Ainsi les dieux de l’Egypte ancienne vont nous parler.
JC Ballot

Information pratiques

Galerie Cahn comtempory
19 Steinentorstrasse
Basel

Ouvert du jeudi au dimanche
13 h à 19 h

Visite avec les artistes le dimanche 5 novembre à 16h, suivi d’un verre de l’amitié.

Je confirme ma présence à la visite dimanche 5 nov. 16h

Identités partagées – Daniel Tiziani

Jusqu'au 16 décembre 2023 à l'Abri Mémoire de Uffholtz
Quelques silhouettes anonymes, les soldats morts pour la France et des
bornes frontières usées par le temps. L’artiste mulhousien Daniel Tiziani nous présente des dessins, empreintes et gravures en lien avec les traces du passé... que tout le monde voit sans les remarquer. PROJECTION DU FILM DOCUMENTAIRE LE LISERÉ VERT
° En présence du réalisateur Gilles Weinzaepflen, de l'artiste Daniel Tiziani et du docteur en histoire Benoît Vaillot
Samedi 14 octobre, 20h00

Artiste plasticien attentif aux détails que personne ne remarque, sensible aux traces laissées par la main de l’homme, Daniel Tiziani invite à la réflexion sur notre identité partagée. Dans cette exposition où l’art rencontre l’histoire, que nous apprennent ces oeuvres des événements majeurs du passé et des
récits intimes…  Son approche nous permet d’explorer ces thèmes de manière esthétique et émotionnelle et nous offre une occasion précieuse de réfléchir à notre identité collective

Stamala avec Francine Hebding écoutez ici
Il est venu accompagné de Dany Weber, conseillère déléguée à la culture de la Com Com Thann- Cernay ainsi que Jean Paul Welterlen, ancien maire d’Uffholz entre autre. On y parle de l’expo, de l’artiste mais aussi d’histoire et de cet endroit qu’est l’Abri Mémoire à découvrir sans faute.

L’exposition se divise en deux parties :

Partie 1.
Silhouettes anonymes (salle 1)
Partie 2.
Bornes frontières (salle 2)

Silhouettes anonymes

Fondée en 1843 d’après l’idée du rédacteur en chef Edouard CHARTON,
L’Illustration est un magazine illustré français. Il devient le premier magazine au monde en 1906 et ses abonnés habitent dans plus de 150 pays. Dès ses débuts, la revue place le dessin et la gravure au centre de ses publications.

Sa politique journalistique est alors révolutionnaire pour l’époque : recherche de l’information à sa source, envoi des correspondants ou appel à la collaboration des lecteurs. L’impartialité est l’objectif principal de la publication. Chaque édition présente une double page remplie d’illustrations, où l’image se révèle plus importante que le texte.

L’artiste Daniel Tiziani utilise alors ce célèbre magazine comme médium pour ses gravures. Il y imprime des silhouettes anonymes directement sur les pages de la revue : mère, militaire, danseuse étoile, petite fille… ce sont autant de personnages anonymes fixés sur des photographies de personnes célèbres, sur des publicités, ou placés en parallèle de textes journalistiques, telles de nouvelles illustrations. Une Image qui revient souvent, charmante dans sa simplicité, émouvante dans son dépouillement, la petite fille anonyme, dont le procédé photographique, me fait penser à celui d’Irving Penn vu en juillet à la Villa des Roches Brunes de Dinard
 Chaque page utilisée nous apporte des références culturelles et historiques, parfois effacées par le temps. L’emplacement des figures est toujours réfléchi et choisi minutieusement par l’artiste. Quelquefois
un clin d’oeil ironique avec le texte ou la publicité.
Daniel Tiziani nous interroge :
qu’en est-il de ces figures oubliées disparues lors des conflits ?

Silhouettes connues

Les Frères Belmont, immortalisés à travers les gravures de Daniel Tiziani, sont issus d’une famille profondément cultivée et religieuse, qui s’établit à Grenoble en 1893. Parmi les sept frères et la soeur de cette famille, Joseph se distingue particulièrement grâce à la publication de ses lettres de la Première Guerre mondiale, à partir de 1916.
Marie-Victorine, bien qu’absente de cette exposition, est infirmière durant la Grande Guerre. Ferdinand Joseph, né en 1890, est initialement médecin puis Capitaine du 11e bataillon de chasseurs alpins. Il s’est retrouvé blessé d’un éclat d’obus au Hartmannswillerkopf et est décédé de ses blessures à l’hôpital de Moosch, le 28 décembre 1915. Il fut chevalier de la Légion d’honneur et décoré de la croix de guerre.
Jean, né en 1893, est élève à l’Institut Polytechnique de Grenoble lorsqu’il rejoint le 22e Régiment d’Infanterie. Il meurt au col d’Anozel le 28 août 1914, dans les Vosges.
L’abbé Joseph Régis, né en1895, est étudiant au Grand Séminaire de Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux. Il est nommé caporal au 175e régiment d’infanterie, combat aux Éparges puis à la bataille de l’Argonne, avant de mourir le 02 juillet 1915 au Bois-de-la-Gruerie, dans la Marne.
Maxime, né en 1897, est incorporé au 14e bataillon d’artillerie, puis affecté aux chemins de fer après le décès de ses trois frères, tout comme
Paul, né en 1899.

Ces portraits presqu’anonymes ont été imaginés et produits par l’artiste avant qu’il n’ait eu connaissance de leurs photographies. Il s’agit d’un hommage rendu à tous ces soldats morts pour la France, à travers des portraits-robots pouvant évoquer plusieurs soldats.

Un peu d’histoire

L’Alsace et la Lorraine sont revendiquées par l’Empire allemand dès le début du XIXe siècle. À l’issue de la guerre de 1870, après l’armistice du 29 janvier 1871, la France se voit contrainte de céder à l’Allemagne les territoires qui formeront l’Alsace-Lorraine, par le traité de Francfort de 1871. La nouvelle frontière franco-allemande suit alors en grande partie la ligne de crête des Vosges et traverse principalement des espaces forestiers en altitude.
Adolphe THIERS (1797-1877) se voit imposer la négociation du tracé delà nouvelle frontière à partir d’un « liseré vert », déjà tracé par
Wilhelm LIEBENOW (1822-1897). L’Empire allemand tente de faire correspondre la nouvelle frontière avec la ligne de crête des Vosges.
Les négociations aboutissent au traité préliminaire de paix à Versailles le 26 février 1871.
La nouvelle frontière doit être définie de manière plus approfondie lors des conférences de Bruxelles de mars à mai 1871. Des pionniers de la géographie sont chargés de la définition de la frontière, le français Aimé LAUSSEDAT (1819-1907) et l’allemand Wilhelm HAUCHECORNE (1828-1900).
Le traité définitif depaix est signé le 10 mai 1871
sans qu’aucune carte ne soit produite à cette occasion.

L’Alsace-Lorraine : une identité partagée

Le traité de Francfort du 10 mai 1871 consacre en effet l’annexion de l’Alsace-Lorraine par l’Empire allemand, mais aussi celle de tous ceux qui en sont originaires. Cependant, une clause d’option a été introduite dans le traité et permet aux Alsaciens-Lorrains de conserver la nationalité française, à condition toutefois de « transporter leur domicile » hors des territoires cédés.

Bornes frontières

Sur les cartes, la frontière est matérialisée par un liseré vert.
 Le traité de Francfort prévoit que la commission de délimitation se rende
«sur le terrain immédiatement» pour une phase de démarcation
de la frontière. Le terrain est étudié, les arbres sont rasés et les bornes frontières sont commandées. La commission de délimitation met alors plusieurs années à matérialiser la nouvelle frontière sur le terrain.
Plus de 5 500 bornes sont posées entre le Luxembourg et la Suisse.


Les géomètres français et allemands font le levé du tracé de la frontière. Ils le consignent dans un registre et le reportent sur des cartes de deux types : cartes de détail échelle 1/1250e et les cartes d’ensemble échelle 1/20000e. Pour l’installation de ces bornes, de nombreux arbres ont été rasés, qui aboutiront à la création de circuits de randonnée. Si la frontière se trouve au niveau d’un cour d’eau, deux bornes sont placées de chaque côté, à égale distance. La rive française comporte uniquement la lettre F, la rive allemande la lettre D. En France,de nombreux « D » gravés ont été détruits au fil du temps.
.
Aujourd’hui, cette frontière franco-allemande est comme
oubliée.  Certaines bornes sont conservées, mais elles ne bénéficient pas de la protection des Monuments historiques.

Daniel Tiziani est parti à la recherche de ces bornes frontières souvent ignorées. Sans les déplacer, son art permet de se les remémorer et de les valoriser. Il pose sa feuille sur le dessus, la frotte à l’aide d’une mine de plomb et en relève l’
empreinte: l’angle qui indique l’emplacement des deux autres bornes. Il précise aussi quel côté de la borne appartient à quel pays, où se situent les points cardinaux ou encore le numéro de la borne. Par ses empreintes et décalquages, Daniel Tiziani met en valeur l’objet devenu mémoriel, transformant un artefact tri-dimensionnel presqu’invisible, en une surface plane et riche d’histoire et de géographie. Enfin, dans son atelier, l’artiste rehausse le dessin de couleurs, attirant alors notre regard, en particulier sur la fameuse ligne rouge.

Informations pratiques

Abri mémoire
1 rue du Ballon,
68700 Uffholtz

Visites et activités gratuites
Informations et réservations :
03.89.83.06.91
abri-memoire@cc-thann-cernay.fr

Suivez-nous
abri-memoire.org
Mégane Liguori
Chargée de médiation et d’accueil
07.78.20.60.20
m.liguori@cc-thann-cernay.fr

VISITES GUIDÉES
° Rencontres avec l’artiste
° Rendez-vous à l’Abri
Tous les samedis, 15h00

ATELIERS
° Animés par l’artiste
samedi 14 octobre,
samedi 18 novembre,
samedi 16 décembre,
14h30

PROJECTION DU FILM DOCUMENTAIRE LE LISERÉ VERT
° En présence du réalisateur Gilles Weinzaepflen, de l’artiste Daniel Tiziani
et du docteur en histoire Benoît Vaillot
Samedi 14 octobre, 20h00

Jasper Johns – Un artiste collectionneur

Kunstmuseum Basel | Neubau, jusqu'au 4.2.2024
Commissaire : Anita Haldemann

De Cezanne à de Kooning

Jasper Johns (*1930) compte parmi les artistes américains majeurs du XXe siècle. Dans les années 1950, ce précurseur du pop art révolutionne la peinture avec ses tableaux du drapeau américain et de cibles. Son activité de collectionneur, en particulier de dessins, est nettement moins connue. Pour la première fois, le Kunstmuseum Basel propose de découvrir en exclusivité cette collection d’artiste à nulle autre pareille.

La collection de Jasper Johns met en lumière sa passion pour le médium du dessin sous tous ses aspects. Doué de la curiosité de l’artiste et de l’intuition d’un connaisseur, Jasper Johns a acquis, des décennies durant, des dessins remarquables et singuliers. Dans sa collection, un autoportrait anonyme d’un garçon, réalisé aux États-Unis au milieu du XXe siècle, côtoie de manière surprenante un autoportrait de Paul Cezanne, un des artistes français les plus influents de la fin du XIXe siècle.

 Des études de la main de Käthe Kollwitz trouvent un écho sur plusieurs époques dans des dessins de Johann Heinrich Füssli et Bartolomeo Passarotti jusque dans une empreinte de la main de Marcel Duchamp.

La collection de Jasper Johns reflète à la fois son regard sur l’histoire de l’art et son don d’intuition pour repérer des parentés artistiques sur plusieurs siècles. Des dessins français de la fin du XIXe et du début du XXe siècle ainsi que des positions artistiques américaines de la seconde moitié du XXe siècle constituent ainsi des temps forts de sa collection. Paul Cezanne, Pablo Picasso et Willem de Kooning sont des exemples représentatifs d’artistes dont Jasper Johns a pu réunir des ensembles d’oeuvres particulièrement riches.

Dans le même temps, la collection de Jasper Johns illustre les liens tissés tout au long de sa vie d’artiste : la majeure partie des oeuvres en sa possession sont des cadeaux ou des échanges avec des ami.e.s. artistes, au premier plan desquels Robert Rauschenberg, John Cage et Merce Cunningham, mais aussi des artistes d’une génération antérieure à l’instar de Louise Nevelson, Barnett Newman et Franz Kline. Derrière de nombreuses oeuvres figurent des histoires de rencontres personnelles, d’alliances, d’estime et de moments familiaux, comme des anniversaires ou Noël. En témoignent les dédicaces présentes sur de nombreux travaux sur papier.

Focus sur le corps humain

L’exposition au Kunstmuseum Basel | Neubau présente une sélection de 103 dessins réalisés par 47 artistes provenant de la collection de Jasper Johns. Le thème du corps humain – axé en particulier sur les portraits – auquel une grande part des oeuvres est consacrée, en constitue le point de départ. En outre, de nombreux prêts mettent en évidence le processus de travail artistique. L’exposition regroupe une grande diversité d’expressions graphiques allant du XVIe au XXIe siècle : collages, croquis, griffonnages fortuits, études achevées et compositions picturales, mais aussi notations musicales.

Cette exposition bâloise est le fruit d’une relation longue et étroite entre l’artiste et le Kunstmuseum Basel. Depuis 1968, des conservateurs comme Carlo Huber, les directeurs Franz Meyer et Christian Geelhaar ainsi que Dieter Koepplin, en tant que directeur du Kupferstichkabinett (cabinet des arts graphiques), ont collaboré activement avec Jasper Johns et ont constitué une remarquable collection de ses oeuvres. Une amitié longue de plusieurs années lie également l’artiste à l’actuel directeur, Josef Helfenstein, depuis que ce dernier a travaillé aux États-Unis.

À son tour, Jasper Johns a renforcé cette relation à travers des collaborations fidèles ainsi que des dons d’une exceptionnelle générosité – notamment pour honorer l’amitié étroite qui le liait à Carlo Huber et Christian Geelhaar, qui décédèrent tous deux bien trop tôt. Nous devons également à Jasper Johns l’immense privilège de présenter actuellement cette exposition.

 À l’occasion de l’exposition, une salle du Neubau est entièrement consacrée aux oeuvres de Jasper Johns figurant au sein de la collection du Kunstmuseum Basel. Des oeuvres d’art graphique, provenant du riche fonds du Kupferstichkabinett composé de 224 travaux sur papier, sont exposées aux côtés de peintures emblématiques à l’exemple de Flag above White with Collage (1955).

Éléments biographiques

Jasper Johns (*1930 à Augusta, en Géorgie) est une figure clé de l’art moderne américain. Depuis les années 1950, il repousse de manière inédite les limites de la peinture au contact d’artistes animés du même esprit, comme le peintre Robert Rauschenberg, le musicien et compositeur John Cage et le chorégraphe Merce Cunningham. Pour ce faire, il choisit des motifs ordinaires comme le drapeau des États-Unis. Peint sur une toile, celui-ci est d’abord un tableau, mais il fait également office de drapeau. Il en est de même pour ses peintures de cibles, chiffres, lettres et cartes géographiques, ainsi que ses sculptures de canettes de bière. En 1958, Jasper Johns connaît une célébrité soudaine ; de premières oeuvres entrent alors dans la collection du Museum of Modern Art (MoMA) à New York. En 1964, des expositions à la Biennale de Venise et à la Documenta III de Cassel contribuent à son ascension vers la gloire internationale.
L’intérêt pour le processus pictural, par exemple l’emploi d’encaustique à séchage rapide ou de fragments de tissu et de papier, constitue un aspect essentiel de son travail. Au début des années 1960, il commence en outre à s’adonner à l’art graphique. Son goût pour l’expérimentation va de pair avec un lien fort à l’histoire de l’art européenne, par exemple à travers des références à Paul Cezanne, au retable d’Issenheim de Colmar ou à Hans Holbein.
Jasper Johns vit et travaille à Sharon, dans le Connecticut.

Informations pratiques

Kunstmuseum Basel
St. Alban-Graben
16 / Telefon +41 61 206 62 62
info@kunstmuseumbasel.ch / kunstmuseumbasel.ch

Horaires
Fermé le lundi
Mar 10h00 – 18h00
Mercredi 10h00 – 20h00
Jeu-dim 10h-18h

Vous pouvez visiter la collection gratuitement aux horaires suivants :
mar, jeu, ven : 17h00 – 18h00*
mercredi : 17h00 – 20h00 (Kunstmuseum Basel | Présent uniquement ouvert jusqu’à 18h00)
Premier dimanche du mois

*Jours fériés exclus

Livret de salle

 

Naples à Paris Le Louvre invite le musée de Capodimonte

A disputa do Santíssimo Sacramento, de Rafael

Jusqu'au 8 janvier 2024, Le Louvre invite le musée de Capodimonte, de Naples
Plus de soixante-dix des plus grands chefs-d’oeuvre du musée napolitain sont exposés dans trois lieux différents du Louvre
Commissariat général : Sébastien Allard, directeur du département des Peintures du musée du Louvre et Sylvain Bellenger, directeur du musée de Capodimonte.
Commissariat scientifique : Charlotte Chastel-Rousseau, conservatrice en chef au département des Peintures, Dominique Cordellier, conservateur général au département des Arts graphiques, musée du Louvre et Patrizia Piscitello, conservatrice de la collection Farnèse et des collections de peintures et de sculptures du XVIe siècle, Allessandra Rullo, directrice du département des Collections, conservatrice des peintures et des sculptures des XIIIe-XVe siècles, Carmine Romano, conservateur, responsable de la numérisation et du catalogue numérique des oeuvres, Museo e Real Bosco di Capodimonte. 

Jusqu'au 8 janvier 2024, Le Louvre invite le musée de Capodimonte, de Naples
Plus de soixante-dix des plus grands chefs-d’oeuvre du musée napolitain sont exposés dans trois lieux différents du Louvre
Commissariat général : Sébastien Allard, directeur du département des Peintures du musée du Louvre et Sylvain Bellenger, directeur du musée de Capodimonte.
Commissariat scientifique : Charlotte Chastel-Rousseau, conservatrice en chef au département des Peintures, Dominique Cordellier, conservateur général au département des Arts graphiques, musée du Louvre et Patrizia Piscitello, conservatrice de la collection Farnèse et des collections de peintures et de sculptures du XVIe siècle, Allessandra Rullo, directrice du département des Collections, conservatrice des peintures et des sculptures des XIIIe-XVe siècles, Carmine Romano, conservateur, responsable de la numérisation et du catalogue numérique des oeuvres, Museo e Real Bosco di Capodimonte. 

Présentation

Réaffirmant l’importance des collaborations entre les institutions muséales européennes, le musée du Louvre a noué pour l’année 2023 un partenariat d’une envergure inédite avecle musée de Capodimonte.

Chefs d’oeuvre

Ancienne résidence de chasse des souverains Bourbon, le palais (la Reggia en italien) abrite aujourd’hui l’un des plus grands musées d’Italie et l’une des plus importantes pinacothèques d’Europe, tant par le nombre que par la qualité exceptionnelle des oeuvres conservées. Capodimonte est l’un des seuls musées de la péninsule dont les collections permettent de présenter l’ensemble des écoles de la peinture italienne. Il abrite également le deuxième cabinet de dessins d’Italie après celui des Offices ainsi qu’un ensemble remarquable de porcelaines.

Une ambitieuse programmation culturelle donne à cette invitation, au-delà des salles du musée, les dimensions d’une véritable saison napolitaine à Paris.

« En 2023, les plus beaux chefs-d’oeuvre du musée de Capodimonte dialogueront avec ceux du Louvre, au sein même du musée, dans le cadre d’un dispositif inédit. Une programmation musicale et cinématographique foisonnante viendra enrichir cette invitation pour définitivement installer Naples à Paris pendant près de six mois. Palais royaux transformés en musées, riches de collections héritées des plus grands souverains, symboles des liens historiques entre la France et l’Italie, le Louvre et Capodimonte ont beaucoup à partager et à dire. Je veux sincèrement remercier Sylvain Bellenger, Directeur du musée de Capodimonte, qui en confiance et amitié nous fait le grand honneur d’accepter notre invitation. Cette collaboration exceptionnelle et exclusive, illustre parfaitement l’élan européen et international que je souhaite pour le Louvre. », déclare Laurence des Cars

UN DISPOSITIF EXCEPTIONNEL

Salon Carré, Grande Galerie et salle Rosa (Aile Denon, 1er étage)

La volonté des deux musées est de voir les insignes chefs-d’oeuvre de Naples se mêler à ceux du Louvre, dans une présentation véritablement exceptionnelle : la réunion des deux collections offre pendant six mois aux visiteurs un aperçu unique de la peinture italienne du XVe au XVIIsiècle, permettant également une vision nouvelle tant de la collection du Louvre que de celle de Capodimonte.

Trente-et-un tableaux de Capodimonte, parmi les plus grands de la peinture italienne,  dialoguent avec les collections du Louvre (oeuvres de Titien, Caravage, Carrache, Guido Reni pour n’en citer que quelques-uns), soit les compléter en permettant la présentation d’écoles peu ou pas représentées – notamment bien sûr, la singulière école napolitaine, avec des artistes à la puissance dramatiques et expressives tels que Jusepe de Ribera, Francesco Guarino ou Mattia Preti.

Sébastien Allard,
« l’une des premières tentatives de l’histoire de l’art pour rendre la vision perspective da sotto in sù ».


Cela est aussi l’occasion de découvrir la bouleversante Crucifixion de Masaccio, artiste majeur de la Renaissance florentine mais absent des collections du Louvre, un grand tableau d’histoire de Giovanni Bellini, La Transfiguration,

dont le Louvre ne possède pas d’équivalent ou encore trois des plus magnifiques tableaux de Parmigianino, dont la célèbre et énigmatique Antea. La confrontation de ces oeuvres avec les Corrège du Louvre promet assurément d’être l’un des moments forts de cette réunion.

PRESENTATION DU MUSEE DE CAPODIMONTE
Par Sylvain Bellenger

L’exposition Naples à Paris, Le Louvre invite le Musée de Capodimonte est une première dans l’histoire des expositions. Le sujet de l’exposition n’est ni un artiste ni un mouvement, ni même un pays, mais un musée. Le musée, on le sait depuis longtemps, et chaque jour d’avantage, n’est pas un simple contenant mais bien un acteur de l’histoire. Ses collections constituent un grand récit, avec l’exposition ce récit se transforme en dialogue, des oeuvres se rencontrent et racontent le Musée, les deux musées.

La rencontre est d’autant plus forte que l’invitation faite à Capodimonte, pendant la fermeture de ses galeries pour de grands travaux, est de s’exposer non pas isolé, mais en compagnie des collections italiennes du Louvre, dans la Grande Galerie, le Salon Carré, la salle Salvator Rosa et la salle de la Chapelle, les lieux les plus historiques et les plus illustres du musée, ainsi que dans la salle de l’Horloge. Le choix des oeuvres a été fait pour solliciter cette rencontre qui porte un éclairage nouveau sur les oeuvres mais aussi sur la collection, son esprit, son histoire.


Des histoires qui se ressemblent

L’histoire de Capodimonte est indissociable de l’histoire du royaume de Naples comme l’histoire du musée du Louvre est indissociable de la Révolution française. La création du premier est liée à la création du royaume qui occupa toute la botte italienne comme la création du second résulte de la Révolution Française. Comme le Louvre, la Reggia di Capodimonte est un des rares palais royaux à être transformé en musée.

Mais Capodimonte a la particularité d’avoir été construit pour abriter des collections, celles de la famille Farnèse qu’Élisabeth Farnèse (1692-1766), reine consort d’Espagne par son mariage en 1714 avec Philippe V d’Espagne, le petit fils de Louis XIV, donne à son cinquième fils, Charles de Bourbon (1716-1788), duc de Parme et de Plaisance quand il devient roi de Naples en 1734.

Le royaume de Naples, antique Vice-Royaume espagnol et plus récemment Vice-Royaume autrichien fut l’enjeu de toutes les convoitises des grandes puissances européennes – l’Espagne, l’Autriche et la France – pendant les guerres de succession d’Espagne (1701-1714), puis celle de Pologne (1733-1738). Il devient, grâce à l’habileté diplomatique d’Élisabeth Farnèse un royaume indépendant gouverné jusqu’á l’Unité de l’Italie par les Bourbons de Naples, une branche cadette des Bourbons d’Espagne.
Élisabeth, la dernière des Farnèse, grande famille de collectionneurs, qui depuis la Renaissance, avec le Cardinal Alexandre Farnèse, sous le Pontificat de Paul III Farnèse, avait constitué une des plus grandes collections d’antiques et d’oeuvres des grandes écoles italiennes (Venise, Bologne, Florence, Rome), commandités, hérités ou conquises, qui étaient abritées dans les grands palais familiaux, le palais Farnèse, la villa de Caprarola ou le palais de la Pilotta à Parme.

L’ensemble de cette fabuleuse collection familiale fut transporté à Naples, qui s’enrichit subitement d’une collection d’oeuvres d’art comparable à celle des grandes capitales européennes. Naples sous le règne de Charles de Bourbon devient une Capitale des Lumières que les découvertes des villes romaines d’Herculanum et de Pompéi activement promues par le nouveau pouvoir, met sur la carte du monde.

La traditionnelle vitalité de la vie musicale de la ville se développe avec la création du théâtre San Carlo, le premier théâtre d’opéra d’Europe et la création à Capodimonte d’une manufacture de porcelaine, un enjeu technologique d’avant-garde pour toute l’Europe du XVIIIe siècle qui fait de la capitale du nouveau royaume une des destinations principales du Grand Tour. Naples est alors, après Londres et Paris, la troisième ville d’Europe. La collection Farnèse est alors hébergée dans l’aile sud-ouest de la Reggia de Capodimonte, majestueuse construction située sur une des collines de la Ville, où est planté un énorme parc pour la chasse, passe-temps favori de tous les Bourbons. La collection devient une collection dynastique et Charles de Bourbon la laisse à Naples, à son fils Ferdinand IV, quand la mort de son demi-frère Ferdinand VI, en 1759, le fait monter, vingt-cinq ans après son intronisation napolitaine, sur le trône d’Espagne.

La collection Farnèse enrichie par tous les régimes politiques qui, de Joachim Murat, roi de Naples de 1808-1815, à la Maison de Savoie jusqu’à la République unitaire, dote Capodimonte d’une collection qui illustre bien au-delà de l’école napolitaine pratiquement toutes les écoles de la péninsules représentés au plus haut niveau.

En 1957, après la Seconde Guerre mondiale, Capodimonte restauré devient le Musée National de Capodimonte. La grande pinacothèque du Sud promeut de grandes expositions sur la civilisation napolitaine. En 2014, la réforme du ministre Franceschini rend le musée autonome de la Surintendance de Campanie et lui adjoint le parc royal, un jardin historique planté au XVIIIe et au XIXe siècle avec des essences qui sont souvent des cadeaux diplomatiques offerts au roi de Naples. Ce parc, le Bosco de Capodimonte, est le plus grand parc urbain d’Italie : outre la Reggia, il contient une vingtaine d’édifices qui sont placés sous la direction unique du nouveau site « Museo e Real Bosco di Capodimonte ».

Tous ces édifices font depuis 2017 partie d’un MasterPlan, qui leur attribue une destination, culturelle, éducative, sportive ou culinaire et qui entoure la grande pinacothèque d’un véritable campus culturel pluridisciplinaire : une Foresteria et Centre de recherche sur l’art et l’architecture des grandes cité portuaires, dans l’ancienne Capraia, une école de jardiniers dans l’Ermitage des Capucins, un musée de l’Arte Povera dans la Palazzina dei Principi, une école de digitalisation des biens culturels et des paysages, une Maison de la photographie, un centre de la santé et du bien-être, trois résidences d’artistes, une chapelle récemment dotée d’un décor de porcelaine réalisé par Santiago Calatrava dans les locaux même de la Manufacture Royale de porcelaine, aujourd’hui une école des métiers de la porcelaine,…
L’entrée du parc est gratuite et sa récente restauration en fait un des lieux favoris des Napolitains.

Informations Pratiques

BIENVENUE AU LOUVRE

Il y a toujours une bonne raison de venir au Louvre. Les œuvres du palais vous étonnent, vous invitent à rêver, à imaginer. Il est temps de préparer votre visite. Besoin d’inspiration ? Parcours et visites guidées vous font découvrir les lieux emblématiques. Et au cœur de Paris, les jardins vous accueillent.
Métro ligne 1 arrêt Palais Royal musée du Louvre
Bus 63

Sarah Bernhardt et la femme créa la star

 Portrait de Sarah Bernhardt par Georges Clairin
Huile sur toile, 1876 © Paris Musées / Petit Palais

Jusqu'au 27 août 2023 au Petit Palais de Paris
Commissariat général :  Annick Lemoine, directrice
du Petit Palais
Commissaires : Cécilie Champy-Vinas, directrice du
musée Zadkine, Stéphanie Cantarutti, conservatrice
en chef des peintures du XIXe siècle au Petit Palais

Figure emblématique du tournant des XIXe et XXe siècles, la « Divine »
Sarah Bernhardt (1844-1923), actrice tout autant qu’artiste, fait l’objet d’une
exposition exceptionnelle au Petit Palais à l’occasion du centenaire de
sa mort. Le musée détient l’un de ses plus beaux portraits peint par son ami
Georges Clairin ainsi que plusieurs sculptures qu’elle a elle-même
réalisées.

« Je n’étais pas de la moyenne ; j’avais du “ trop” et
du “ trop peu”. Et je sentais bien qu’il n’y avait rien
à faire à cela. »
Sarah Bernhardt

Le parcours de l’exposition

Vidéo
Le parcours de l’exposition retrace grâce à près de 400 oeuvres la vie et la carrière de ce « Monstre sacré », terme inventé pour elle par Jean Cocteau.
Elle présente également des aspects de sa vie moins connus comme
son activité de peintre et d’écrivain mais surtout de sculptrice.

Interprète mythique des plus grands dramaturges comme Racine, Shakespeare…,
Sarah Bernhardt ne cesse de triompher sur les scènes du monde entier. L’exposition évoque ses plus grands rôles grâce à la présentation de ses costumes de scène, de photographies, de tableaux, d’affiches…
Sa « voix d’or » (Victor Hugo) et sa silhouette longiligne, atypique à l’époque, fascinent autant le public que le monde artistique et littéraire qui lui voue un véritable culte. Elle est l’amie des artistes comme Gustave Doré, Georges Clairin, Louise Abbéma, Alfons Mucha, mais aussi des écrivains comme Victor Hugo, Edmond Rostand, Victorien Sardou ou Sacha Guitry et des
musiciens tels Reynaldo Hahn.

                                                         autoportrait
Artiste elle-même, une section entière de l’exposition revient sur cet aspect moins connu de sa vie. Des photographies comme des tableaux la montrent « au
travail » et de nombreuses sculptures témoignent de son talent.

                                                      Atelier de Sarah Bernhardt

Ses objets fétiches

De multiples objets lui ayant appartenu illustrent également la
« Sarah intime », son intérieur, sa garderobe, et rappellent son goût pour les excentricités et les bizarreries, comme cette photographie qui la représente
faisant la sieste dans un cercueil.

L’influenceuse

D’un caractère indomptable, Sarah Bernhardt peut être considérée comme l’une des premières grandes star. Un chapitre de l’exposition est d’ailleurs dédié à ses tournées dans le monde entier. Véritable influenceuse avant l’heure, elle a utilisé son image pour promouvoir ses spectacles ou faire de la publicité
pour des marques aussi diverses que Saupiquet, LU ou encore La Diaphane, une poudre de riz. En clin d’oeil à cet aspect de sa personnalité, le Petit Palais a créé
un compte Instagram qui lui est dédié, l’occasion pour la Divine de se raconter à la première personne et de présenter son cercle d’amis, son Paris, les lieux
qu’elle aime et qu’elle fréquente… 
ici :  https://www.instagram.com/sarahbernhardtofficiel/

Les Affiches avec Mucha
Décès

À sa mort en 1923, à l’âge de 79 ans, elle est devenue depuis longtemps une véritable icône et l’engouement dont elle fait l’objet préfigure le culte
dont bénéficièrent les grandes étoiles du cinéma du XXe siècle.
L’exposition du Petit Palais rend hommage à cette femme hors norme – libre, engagée et passionnée – entrée dès son vivant dans la légende.
Funérailles

Pratique

Petit Palais
Avenue Winston Churchill 75008 Paris
Horaires
Du mardi au dimanche de 10h à 18h
Vendredi et samedi jusqu’à 20h
Accès
Métro  1