Peindre la lumière du soleil – Edward Hopper à la Fondation Beyeler

Wim Wenders devant Cape Cod Morning, 1950, Edward Hopper

Jusqu’au 17 mai 2020
commissaire Dr Ulf Küster

« Ce que j’ai cherché à faire, c’est peindre la lumière du soleil sur le mur d’une maison. » Edward Hopper en conversation avec Lloyd Goodrich, avril 1946

              Edward Hopper Cobb’s Barns and Distant Houses, 1930–1933

Vernissage en vidéo

La #Fondation Beyeler présente dans son exposition de printemps 2020 un ensemble d’œuvres d’#Edward Hopper (1882-1967), l’un des principaux peintres américains du XXème siècle. Ses références sont Manet, Degas, Rembrandt, Watteau, Courbet. Il trouve que l’Amérique est insensible à l’art. Les peintures de Hopper sont l’expression du regard singulier que l’artiste porte sur la vie moderne. Il commença sa carrière comme illustrateur, par nécessité.  Son premier succès à l’âge de 41 ans est le Bateau Jaune en 1924.  Son épouse Joe, fut son principal modèle.

Edward Hopper Lighthouse Hill, 1927

Aujourd’hui, il est surtout connu pour ses peintures à l’huile, qui témoignent de son intérêt pour l’impact de la couleur et de sa virtuosité dans la représentation de l’ombre et de la lumière. Le thème central de l’exposition est fourni par ses images iconiques des immenses paysages naturels et urbains de l’Amérique. L’exposition réunit des aquarelles et des huiles des années 1910 aux années 1960, offrant ainsi un large et passionnant panorama des multiples facettes de la peinture hoppérienne.

Jo dessinant à Good Harbor Beach

Bien qu’Edward Hopper ait longtemps travaillé principalement en tant qu’illustrateur, il est aujourd’hui connu surtout pour ses peintures à l’huile, qui témoignent de son intérêt profond pour la couleur et de sa virtuosité dans la représentation de l’ombre et de la lumière. Les toiles de Hopper sont l’expression de son regard unique sur la vie moderne: stations-service, maisons, bars, phares et bateaux, mais aussi vues intérieures de logements, d’hôtels et de cinémas. Les rares figures humaines qui apparaissent dans ses œuvres semblent souvent porter leur regard au-delà de la surface de la toile, comme si ce qui se «passait» dans l’image n’était pas accessible au spectateur: des événements invisibles semblent se produire en dehors du tableau.

Hopper Premier bras du White River

L’exposition de la Fondation Beyeler met l’accent sur les représentations iconiques de Hopper des étendues infinies des paysages naturels et urbains de l’Amérique, c’est comme si le temps ralentissait avec lui. Il s’agit là d’un aspect rarement placé au centre des expositions consacrées à Edward Hopper, mais pourtant clé pour comprendre son œuvre et sa réception. Le langage formel de Hopper s’est développé indépendamment des tendances populaires de son temps.

Edward Hopper, 5 A.M. 1937


Son mode de représentation caractéristique, lui, a fortement influencé des peintres contemporains majeurs comme Peter Doig et a entretenu une relation quasi symbiotique avec le cinéma: les toiles de Hopper ont inspiré des films majeurs comme La Mort aux trousses d’Alfred Hitchcock (1959), Paris, Texas de Wim Wenders (1984) ou encore Danse avec les loups de Kevin Costner (1990).

Edward Hopper Portrait of Orleans, 1950

A l’occasion de l’exposition, cadeau supplémentaire, Wim Wenders présente un  film consacré aux paysages d’Edward Hopper. Il a su retracer les ambiances, retrouver les lieux, il nous plonge parfaitement, dans cette magie, mais aussi dans ce sentiment de solitude et presque d’angoisse, que Hopper traduit dans ses toiles.

Edward Hopper La côte Lee

L’exposition de la Fondation Beyeler montre aussi de sublimes aquarelles et des huiles sur toile des années 1910 aux années 1960, proposant ainsi un aperçu ample et passionnant de la richesse de la peinture d’Edward Hopper.

Fondation Beyeler, Beyeler Museum AG,
Baselstrasse 77, CH-4125 Riehen
Les informations sur le programme associé à l’exposition
ci-dessus

Un petit cahier à l’attention des enfants a été édité pour l’occasion.

Horaires d’ouverture de la Fondation Beyeler:
tous les jours de 10h00 à 18h00,
le mercredi jusqu’à 20h00 /
Pendant la durée d’Art Basel: 8 – 16 juin 2019, 9h00–19h00
Passmusées
Depuis la gare SBB tram n° 2 directeur Eglisee, descendre à Messeplatz,
puis tram n° 6 arrêt Fondation Beyeler.
Conférence de Didier Ottinger le 1 avril « Les fantômes de Hopper »

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Sommaire du mois de décembre 2019

Christian Boltanski au centre Pompidou

25 décembre 2019 : Joyeux Noël
24 décembre 2016 :La Collection Poitrey-Ballabio, Donation Au Musée Des Beaux Arts De Strasbourg
20 décembre 2019 : Hans Baldung Grien Au Musée De L’oeuvre Notre Dame
18 décembre 2019 : La Collection Alana
14 décembre 2019 : Cadeaux De Noël
11 décembre 2019 : Se Suspendre Aux Lendemains – Regionale 20
10 décembre 2019 : La Régionale À La Filature
09 décembre 2019 : EN COULEUR – LE SÉCHOIR
07 décembre 2019 : UN TOUT DE NATURE
04 décembre 2019 : La Peinture Figurative De Piet Mondrian
01 décembre 2019 : Hans Baldung Grien – Artiste D’exception De La Renaissance

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La collection Poitrey-Ballabio, donation au musée des Beaux Arts de Strasbourg

Vermiglio, Giuseppe, Tête d’Abraham

Le Musée des Beaux-Arts et le Cabinet des Estampes et des Dessins,  présente cette donation exceptionnelle  au palais Rohan (Galerie Heitz) du Jusqu’au 24 février 2020.
Une donation exceptionnelle de tableaux, dessins et gravures ( XVIe-XIXe siècles) pour les Musées de la Ville de Strasbourg

Au printemps 2019, Madame Marie-Claire Ballabio a formulé le souhait de donner à la ville de Strasbourg 57 œuvres de la collection constituée avec Madame Jeannine Poitrey (†). Ce don est composé de 17 tableaux anciens et de 40 œuvres sur papier du XVIe au XIXe siècle avec une majorité d’œuvres du XVIIe siècle. La donation concerne trois institutions : le Musée des Beaux-Arts pour les peintures, le Cabinet des Estampes et des Dessins et le Musée d’art moderne et contemporain pour les œuvres graphiques.
La collection a été constituée depuis 30 ans auprès de marchands et maisons de ventes de renommée internationale.

Le choix de la ville de Strasbourg est justifié par la politique ambitieuse d’exposition des musées. Par ailleurs, la notoriété et la qualité des collections ont conforté les donatrices dans leur choix. Plus qu’une accumulation de noms, cette collection est faite d’œuvres de haute qualité. Concernant les peintures, les fleurons sont sans nul doute une vue urbaine du hollandais Berckheyde, une Vierge priant de Sassoferrato et un rare Prophète de Signorelli.
Citons encore les œuvres du caravagesque
Borgianni (une rare esquisse en grisaille), de Francken, de Pittoni ou de Trevisani. Les écoles représentées sont pour l’essentiel l’Italie (avec 10 tableaux) et d’autre part la Hollande et les Flandres. Tous ces tableaux viendront combler des lacunes ou renforcer les collections du musée.
Dans les 40 dessins et gravures proposés à la donation, on compte deux artistes strasbourgeois, Johann Wilhelm Baur, dont le Cabinet des Estampes et des Dessins conserve déjà un ensemble exceptionnel, et Gustave Doré. Le reste de la collection de dessins permettra de faire entrer dans les fonds strasbourgeois des artistes rares qui en étaient jusqu’à présent absents, comme Giuseppe Vermiglio ou Pieter van Lint.
Parmi les dessins les plus spectaculaires, on peut citer le superbe Saint Luc d’Abraham Bloemaert daté de 1629, la Flagellation du Christ de Giandomenico Tiepolo ou la Vision de saint Jérôme de Jean-Honoré Fragonard.

Accès depuis la gare de Strasbourg
Bus
10, 14, 24, 4, 71
Tram
A, B, D arrêt Grand’rue

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Tadeusz Kantor : Où sont les neiges d’antan

L’exposition, dont le commissariat est assuré par la Cricoteka à Cracovie, est présentée jusqu’au 5 janvier 2020 et constitue la première exposition individuelle consacrée à Kantor en Suisse depuis plus de dix ans. Ce projet a vu le jour en coopération avec Culturescapes Pologne, un festival culturel qui présente le paysage culturel d’un autre pays ou d’une région.
Commissaires invité.e.s: Malgorzata Paluch-Cybulska, Bogdan Renczynsk
– Le Centre de documentation de l’art de Tadeusz Kantor CRICOTEKA à Cracovie.

Andrzej Sapija, Gdzie Sq niegdysiejsze sniegi (Where are Last Year’s Snows), (Filmstill), 1984 © WFO
Film, 31,51′, Farbe, Ton

L’exposition « Tadeusz Kantor : Où sont les neiges d’antan » du Musée Tinguely présente une figure majeure du théâtre et des arts plastiques de la Pologne du XXe siècle à travers l’une de ses grandes œuvres scéniques. En posant un regard critique sur l’histoire refoulée de la Pologne, le théâtre underground et indépendant de Tadeusz Kantor (1915-1990) se consacre à la réalité quotidienne et marque, jusqu’à aujourd’hui, une jeune génération de gens de théâtre. Son œuvre sert de modèle pour des expériences théâtrales radicales et interdisciplinaires, mais aussi pour l’abolition de la distinction entre espace scénique et public. Metteur en scène se mêlant à ses comédien.ne.s sur les planches, leur donnant des instructions, intervenant et devenant ainsi un corps étranger dans la compagnie, Kantor transgressait les limites du théâtre classique essentiellement à travers sa présence. Sa pratique artistique intégrait le réemploi d’objets. De vieux objets usés constituaient son médium< naturel> et le thème de la mort occupe une place centrale dans son œuvre.

Auriea Harvey & Michaël Samyn, Cricoterie, 2019 (Filmstill)
VR- Programm
© Courtesy of the artists, Musik: Gerry De Mol

L’exposition était accompagnée jusqu’au 20 octobre par le programme de réalité virtuelle Cricoterie (2019) de Tale of Tales, inspirée du Théâtre de la mort de Kantor.
Le cricotage (ce terme utilisé par Kantor désigne une forme courte de performance et dérive du nom de son théâtre) Où sont les neiges d’antan constitue la première production de l’artiste développée sans texte existant. La référence littéraire est uniquement contenue dans le titre. Il s’agit ici d’une citation de la Ballade des dames du temps jadis provenant du recueil Le Grand Testament (1461) de François Villon,< poète maudit> français du Moyen Âge. La performance repose sur l’utilisation de trois couleurs : le noir – la couleur de l’instrument et du costume du rabbin ; le rouge – la couleur des cardinaux et du feu ; et le blanc – la couleur de la neige, du grand-voile et des costumes des autres personnages réalisés à partir d’un papier résistant.

Auriea Harvey & Michaël Samyn, Cricoterie, 2019 (Installationsansicht)
VR- Programm
© Courtesy of the artists, Musik: Gerry De Mol, Foto: Karolina Zajéjczkowska

La trompette du Jugement dernier (1979) voit le jour à la fin des années 1970 comme objet central de la courte performance Où sont les neiges d’antan du théâtre Cricot 2 au Palazzo delle Esposizioni à Rome. La production est reprise dans les années 1980 et présentée à Paris, Londres, Genève et Varsovie. Au fil des années, Kantor ne cesse de travailler au développement de cet objet. La première version de 1979 se compose d’une trompette recouverte d’un tissu noir sur un pied mobile. Dans les années 1982-1983, Kantor modifie l’ensemble en fixant l’instrument sur une structure métallique de près de 3,5 mètres de haut qui peut être actionné verticalement grâce à un système de manivelles, de poulies, de roues dentées et de câbles d’acier. Selon les mots de l’artiste,
« la machine s’apparente à un échafaud ou à une potence et ressemble un peu à une machine de siège des temps bibliques / Plusieurs roues, des roues dentées, des sangles, des cordes et des manivelles mettent en mouvement la trompette / dans une enveloppe noire et sépulcrale. La trompette s’élève puis redescend lentement».

Tadeusz Kantor (li.), Aufführung von Où sont les neiges d’antan in Paris, 1982
Cricoteka
© Maria Kantor & Dorota Krakowska / Tadeusz Kantor Foundation, Foto: Jacquie Bablet

L’exposition au Musée Tinguely présente des objets et des costumes tous provenant d’Où sont les neiges d’antan. Ils sont accompagnés de la projection du film d’une répétition réalisée en 1984 par Andrzej Sapija la veille de la première polonaise au club étudiant Stodola de Varsovie. Des dessins et des croquis de Tadeusz Kantor sont mis en regard avec des documents photographiques : les photos de la première version de la performance de 1979 à Rome réalisées par Romano Martini et les prises de vue de Jacquie Bablet et Caroline Rose de la seconde version de 1982 à Paris. Des affiches d’archive des représentations à Paris et Londres (1982), Genève (1983) et Varsovie (1984) illustrent la tournée du cricotage.

Au travers d’un chant juif, La trompette du Jugement dernier, objet constitutif de la performance de Tadeusz Kantor, ouvre un dialogue avec l’installation Mengele-Danse macabre (1986) de Jean Tinguely autour du motif de la danse macabre. Dans la salle suivante où l’oeuvre de Tinguely est exposée, les bruits d’une tragédie passée retentissent et semblent préfigurer l’activation de la machine de Kantor – une trompette qui annonce la fin imminente. L’oeuvre de Tinguely se compose essentiellement des vestiges d’une ferme incendiée. Une des scènes de la performance de Kantor s’intitule Our Town Is Burning.


Une version pour trompette de cet hymne du ghetto juif écrit par Mordechai Gebirtig en 1936 retentit dans la salle, tandis que la performance de Kantor est projetée sur le mur. Le metteur en scène polonais conjure ainsi l’esprit des événements tragiques de la Première et de la Seconde Guerre mondiale. Le son de la trompette figure la fin et symbolise dans le même temps le salut à venir à travers le dispositif de mise en mouvement des seaux pour éteindre le feu. Durant la représentation, l’instrument est actionné par le rabbin et son assistant, le petit rabbin. Ces personnages évoquent la communauté juive du petit Schtetl que l’artiste connaissait de son enfance et de sa jeunesse.

Daniel Simpson, Tadeusz Kantor im Cricot 2 Zentrum in Krakau, 1987
Fotografie Cricoteka

© 2019 Centre for the Documentation of the Art of Tadeusz Kantor CRICOTEKA

Tinguely et Kantor

Jean Tinguely et Tadeusz Kantor se sont rencontrés vers 1960 grâce au collectionneur suédois Theodor Ahrenberg installé à Chexbres en Suisse. Dans leurs ceuvres, ces deux artistes mêlent leurs histoires personnelles à la mémoire culturelle. Leur intérêt commun pour l’art procédural et les médiums hybrides les incite à gommer les frontières entre l’art et la réalité. Sur le plan des idées, leurs ceuvres sont néanmoins très éloignées. Autrefois engagé dans l’art informel, Kantor se détourne de cette tendance et se consacre fortement à l’objet (il réalise en Suisse ses premiers emballages). Il revendique un retour à l’objet dans de nombreux domaines où se manifeste également une contestation de l’informel. Ainsi, Tinguely, Daniel Spoerri, Yves Klein et d’autres fondent le groupe des Nouveaux Réalistes en 1960. Kantor avait une autre approche de ses objets et machines qui devaient avant tout être acteurs de ses performances. Dans les années 1980, l’artiste entreprend de les < animer > à des fins d’exposition et constitue ainsi une extraordinaire collection d’objets pour son musée, la Cricoteka, duquel proviennent la plupart des œuvres exposées ici.

La noce 1982

Museum Tinguely
I Paul Sacher-Anlage 1 l 4058 Bâle
Heures d’ouverture :
du mardi au dimanche, de 11h à 18h
Site Internet : www.tinguely.ch

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Silences

Au MUSÉE RATH, GENÈVE jusqu’au 27 OCTOBRE 2019

Quelle musique, le silence !
Jean Anouilh

Silences , exposition dont la commissaire est Lada Umstätter
Scénographie : atelier oï, La Neuveville
Collaboration scientifique / Musée d’art et d’histoire (MAH)

Marguerite Burnat Provins
Autoportrait le doigt sur la bouche vers 1900, huile sur toile
Musée du Valais

L’art est-il silencieux ?
cette exposition lève le voile sur les différentes formes de silence exprimées par l’art, de la fin du XVe siècle à aujourd’hui.
L’idée que les musées sont les nouveaux lieux de culte où règne le silence de la contemplation n’est pas nouvelle. Lieux de silence ? Pas vraiment avec tous les audios guides quelquefois parasites
et leurs utilisateurs malentendants …
Cette exposition réunit les grands noms de l’art européen et des artistes plus confidentiels (Barraud, Bruegel, Burnat-Provins, Corot, Courbet, Dürer, Fantin-Latour, Hammershøi, Hodler, Liotard, Morandi, Mušič, Rembrandt, Vallotton, Woog), ainsi que de l’art actuel (Collishaw, Huber, Marclay, Turell…)

Le parcours inclut quelque cent-trente peintures, sculptures, oeuvres graphiques, vidéos et installations, dont près d’un tiers proviennent des collections du MAH. Pour la majeure partie de la sélection, Silences bénéficie du généreux concours des prêteurs institutionnels et privés (Suisse, France, Italie et Allemagne).
Mêlant les genres, les motifs et les époques, cette exposition est centrée sur le silence envisagé non seulement comme l’absence de bruit, de son ou de parole, mais aussi comme un état, une présence au monde, dont certaines oeuvres d’art nous offrent une forme condensée

Parcours de l’exposition

Une première partie, organisée autour de la figure humaine, met en avant les mises en scène du quotidien silencieux, des Hollandais du Siècle d’or à Corot et Fantin-Latour en passant par Liotard. En contrepoint à ces représentations idéalisées, s’ajoutent celles du non-dit, comme chez Vallotton. Une place de choix est donnée au genre silencieux par excellence, celui de la nature morte, sous ses deux versants complémentaires : la vie silencieuse (still life) et la vanité, invitation à la méditation sur la finitude de la vie (Brueghel, Collishaw, Neu, Stoskopff). S’ensuit l’espace du silence religieux, avec des oeuvres conçues pour susciter la dévotion et pour refléter la grande variété des réactions à la manifestation du sacré, de l’extase à la stupeur en passant par l’angoisse de la mort (Baugin, Rembrandt, Ribera). Une autre forme de cette inquiétude est la mélancolie, source d’intrigantes représentations symboliques (Carrière, Dürer, Mark Lewis) et de saisissants autoportraits (de Liotard à François Barraud), mais aussi d’un réinvestissement de genres traditionnels, poussés jusqu’à une
forme de pure poésie du silence (Hammershøi, Morandi, Mušič).

La mélancolie et la rêverie ouvrent le champ plus large de l’espace du silence, aussi bien concret sous la forme du paysage (Calame, Clot, Hodler, Huck), que mental ou abstrait avec tous les degrés intermédiaires des espaces symboliques (Gertsch, Rossi) ou conceptuels (Edmondson, Huber, Joly, Serra, Turell). Enfin, l’expérience du silence s’enrichit avec des oeuvres situées dans une zone intermédiaire et fertile entre musique et artsplastiques (Appia, Cage, Marclay).

Du bruit au silence

Du chef d’orchestre à la Performeuse sourde

Camille Llobet (1982)
Voir ce qui est dit, 2016
Film couleur muet, performance, vidéo HD,
8’30, vidéo-projection
Performeuse sourde : Noha El Sadawy,
chef d’orchestre : Philippe Béran,
production : ECHOS-ESAAA-MAMCO (Genève)
Centre d’art le 3 bis f (Aix-en-Provence)
Collection FRAC Grand Large, Haut -de-France
© Camille Llobet


Vie silencieuse
still life

Maurice Quentin de La Tour (1704-1788)
Portrait de l’abbé Jean-Jacques Huber
(1699-1744) lisant, 1742
Pastel sur papier, 810 x 1002 mm
Inv. 1911-0068, legs Ernest Saladin, 1911
© Cabinet d’arts graphiques du MAH, Genève

Non-dit
Cette section se concentre sur les modes silencieux de communication.
Félix Vallotton fut le chantre de ces non-dits exprimant une palette infinie d’émotions : l’amour, la haine, la culpabilité, le pardon, etc.
Sa célèbre série Intimités, illustrant dix moments de la vie amoureuse
de la Parisienne Misia Sert, Felix Vallotton (1865-1925)

Les Intimités : Le Mensonge, 1897
Xylographie vélin crème, 250 x 323 mm
Inv. E 79-0531, don de Lucien Archinard
© Musée des beaux-arts de La Chaux-de-Fonds

Silence sacré
Dans l’art chrétien, maintes oeuvres ont pour fonction de susciter
la piété et de favoriser la proximité et le dialogue intérieur avec Dieu. L’image de dévotion se fait le support d’un art de la méditation, en mettant le spectateur en présence même de l’événement religieux représenté,
dont il devient ce faisant contemporain. Lubin Baugin (vers 1610-1663)

Lubin Baugin (vers 1610-1663)
Le Christ mort pleuré par les anges,
vers 1645-1650
Huile sur toile, 147 x 178 cm
Inv. 78.1.1, achat en 1978 avec participation de la
Société des Amis des musées d’Orléans
© Musée des beaux-arts d’Orléans

Vanité
Memento mori : souviens-toi que tu vas mourir !
Mat Collishaw (1966)
Chacune des oeuvres de la série
Last Meals on Death Row de l’artiste anglais Mat Collishaw
présente des mets correspondant au menu choisi par un
condamné à mort pour son dernier repas. Elles sont
mises en scène dans des compositions et des conditions d’éclairage directement inspirées de l’esthétique des natures mortes hollandaise du XVIIe siècle. Si la banalité de la vaisselle et des aliments présentés – le plus souvent des mets extrêmement simples ou de la junk food – tranche avec
la richesse de ceux de ses modèles anciens, l’artiste ne les met pas moins en valeur par des éclairages somptueux, dans un contraste qui, ajouté à leur contexte tragique, en fait d’authentiques et poignantes vanités contemporaines. Le choix du menu de leur dernier repas, ultime choix
de la vie des détenus, pourrait laisser attendre un choix personnel révélateur. Or, il est le plus souvent que le reflet d’habitudes de consommation d’une déroutante banalité.

Cette oeuvre de Mat Collishaw peut être considérée comme une
méditation sur notre relation au monde à travers des images où
les représentations de la beauté et de la cruauté se mêlent
inextricablement.

 Mélancolies
La célèbre gravure de Dürer – dont on reconnaît le château de Chillon sur les bords du Léman en Suisse dans le paysage à l’arrière-plan – donne son nom à cette section qui réunit des instants méditatifs chargés de mystère, un sujet prisé notamment par les artistes symbolistes du tournant du
XXe siècle. Plusieurs autoportraits (Barraud, Liotard, Music, Woog) viennent illustrer ces moments de réflexion et d’introspection.

Poésie du silence
Dès l’Antiquité, la peinture a été désignée comme une « poésie muette ». Célèbre pour ses scènes d’intérieur dénuées de toute présence humaine et pour ses personnages parfaitement cois, le peintre danois Vilhelm Hammershøi donne à cette expression toute sa saveur. De leurs côtés, l’Italien Giorgio Morandi et le Slovène Zoran Mušič ont réduit la nature morte et le paysage à l’essentiel, en tendant vers l’abstraction, pour en faire émaner sa plus pure expression poétique.

Vilhelm Hammershøi (1864-1916)
La Grande Salle du manoir, 1909
Huile sur toile, env. 70 x 50 cm
© Collection privée

Paysages silencieux
La peinture de paysage invite à la contemplation et par là-même à une réponse silencieuse. D’abord considérée comme un genre mineur et décoratif, elle conquiert son autonomie en se nourrissant d’une étude attentive et topographique de la nature, de la fin du XVe au XVIIIe siècle. Solidaire du rapport changeant de l’homme à son environnement, cet art de délectation peut également se faire support de projection ou de méditation sur les relations de l’homme à la nature : menaçante ou domestiquée, préservée ou aujourd’hui à son tour menacée.

Alexandre Calame (1810-1864) Le Mont-Rose, 1843
Huile sur toile, 110 x 149 cm
© Musée d’art et d’histoire de Genève

Espaces du silence

Un autre défi de la peinture a toujours été de traduire l’espace et de représenter des espaces silencieux. Cela participe souvent d’une recherche de l’absolu. Ce silence peut être exprimé sous la forme concrète d’un paysage où domine le calme apparent de la nature à l’état brut ou au travers d’une peinture métaphysique et chargée de symboles comme chez Edmonson et Huber. À force d’abstraction, certaines représentations d’espaces concrets tendent aussi à construire un espace mental silencieux. L’art abstrait rejoint aussi souvent une forme de silence, qu’il oppose parfois aux troubles du monde.

Partitions du silence

Quand John Cage signe sa partition de 4 minutes et 33 secondes de silence, le compositeur transforme une feuille de musique en oeuvre plastique. Dans sa série intitulée Espace rythmique de décors pour Émile Jaques-Dalcroze, Adolphe Appia imagine des espaces d’un dépouillement extrême que pourront occuper le geste, le son et le rythme. Dans cette section soulignant les interpénétrations entre musique et arts plastiques, l’art contemporain est particulièrement fertile avec notamment les oeuvres de Christian Marclay.
.

D’entrée le ton est donné, la scénographie sobre est remarquable.
La semi-obscurité incite à chuchoter, l’intimité avec les toiles
exposées s’installe. La couleur noire des murs, pour la peinture ancienne,
le vert pale pour les toiles contemporaines, sont un écrin flatteur pour l’ensemble.
Les salles communiquent par un sas lumineux que l’on franchit avec
gourmandise. Chaque salle est ponctuée par un texte d’introduction, la brochure explicative et les cartels sont un peu difficile à lire dans la pénombre, l’éclairage bien conçu, cependant permet de se poser sur
un banc, pour lire. Certaines oeuvres sont interdites à la photo, chose
qui n’est plus très courante actuellement. Je me suis fait reprendre par
le gardien, prise dans ma frénésie de photos, ce n’est évident de bien voir les cartels.

Catalogue
Silences, sous direction de Lada Umstätter, avec les contributions de Jan Blanc, Sylviane Dupuis,
Alix Fiasson, Elisa de Halleux, Gabriel Umstätter.
Coédition Musée d’art et d’histoire, Genève, et Editions Favre, Lausanne, 2019.


MUSÉE RATH, GENEVE
Place Neuve
accès bus 3 depuis la gare CFF

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Turner, la mer et les alpes

Joseph Mallord William Turner, Ein Festtag in Zürich,
Aquarell und Gouache über Bleistift auf Papier, mit Auskratzung, aufgezogen,
29 x 47.8 cm, Kunsthaus Zürich, Grafische Sammlung

Au Kunstmuseum de Lucerne, jusqu’au 13.10.2019
organisée par Fanni Fetzer, directeur du Kunstmuseum Luzern,
et Beat Wismer, ancien directeur d’Aargauer
Kunsthaus and Museums Kunstpalast de Düsseldorf, en coopération avec David Blayney Brown, Tate

                      Turner Lucerne

Le peintre britannique J.M.W. Turner a parcouru la Suisse à la recherche
de motifs spectaculaires.
Au cours de ses voyages, il s’est rendu plusieurs fois à Lucerne afin d’étudier l’interaction locale unique entre conditions de lumière et météo, lac et montagnes. De sa chambre d’hôtel, il a fait des croquis du
Massif du Rigi. Il a fait des excursions en bateau à vapeur sur le lac des Quatre-Cantons et a traversé le col du Gothard.
De retour dans son atelier londonien, il transpose ses croquis en brillantes aquarelles et peintures à l’huile.


Pour Turner, ces impressions de la mer et des Alpes revêtent une importance majeure: la beauté et la menace de la nature a culminé ici pour caractériser le thème majeur du sublime, qui était au centre du romantisme. Avec l’exposition Turner. La mer et les Alpes le Kunstmuseum
Lucerne célèbre le 200e anniversaire de la Kunstgesellschaft Luzern. Turner s’est rendu à Lucerne au moment même où le
La Kunstgesellschaft était en cours de constitution.

Turner le Pilatus

Avec l’avènement du romantisme, les Alpes n’étaient plus seulement un obstacle sur le vers le sud, mais une destination en soi. Dans le même temps, ils sont devenus un thème de l’art.
Turner a rempli plusieurs carnets de croquis avec des impressions des montagnes escarpées. Les représentations de Schöllenenschlucht et la
Mer de Glace témoignent de son intérêt pour les conditions météorologiques et les éléments en général. Pour cet artiste, le beau temps impliquait des orages et des pluies ou au moins un voile de brume et un ciel nuageux.

Joseph Mallord William Turner, The Schollenen Gorge from the Devil’s
Bridge. Pass of St Gotthard, 1802
Graphit, Aquarell und Gouache auf Papier, 47 x 31.4 cm, © Tate, London,
2019

Lors de ses visites annuelles à Lucerne entre 1841 et 1844, Turner
fit des croquis du Rigi massif de sa chambre d’hôtel et a pris des excursions en bateau à vapeur sur le lac de Lucerne. De retour dans son Londres
il transpose ses dessins en aquarelles et peintures à l’huile. Turner peint le
Rigi dans diverses conditions d’éclairage et de nuances de couleurs si souvent que l’historien de l’art qui a administré son domaine,
John Ruskin, s’exclama étonné:
« Je ne peux pas dire pourquoi il aimait tellement le Rigi  » …

Joseph Mallord William Turner, The Blue Rigi, Sunrise, 1842
Aquarell auf Papier, 29.7 x 45 cm, © Tate, London, 2019

Turner était un entrepreneur intelligent. Il a aménagé un espace d’exposition afin de présenter ses travaux à des acheteurs potentiels,
et il a également fait des échantillons d’études, sorte d’esquisses.
Avec ces croquis détaillés du lac des Quatre-Cantons et le Rigi,
il espérait obternir des ressources pour approfondir les sujets.
La centaine d’œuvres prêtées par la Grande-Bretagne et la Suisse
comprend des œuvres sur papier de motifs en Suisse centrale,
parmi lesquels le célèbre Blue Rigi, Sunrise (1844),
le Lucerne Sketchbook, la première peinture à l’huile de
Turner jamais exposée, et son œuvre la  plus fascinante.

Turner

 La fondation de la Kunstgesellschaft Luzern en 1819 par des artistes et des membres des classes moyennes éduquées a exprimé le besoin bourgeois de participer et de façonner la société. Au cours de ces mêmes années, le tourisme a également prospéré et la Suisse centrale a exercé une attraction magique sur les voyageurs, grâce à la beauté de ses innombrables sites,
et la Suisse a commencé à faire partie du « grand tour ».
Le tourisme naissant, ainsi stimulé par le développement de la Suisse centrale, a suscité l’intérêt pour les représentations des Alpes dans la peinture et la vente des œuvres de Turner.

Kunstmuseum Luzern
Europaplatz 1
6002 Luzern

Opening Hours
Tue-Sun 10 am – 7 pm

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Highland Titles

Highland Titles

La réserve naturelle de Highland Titles à Glencoe Wood

Rendue possible grâce aux Lords et Ladies de Glencoe. Ouverte à tous.

À l’origine du projet
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Highland Titles a été fondée en 2006 par le Dr Peter Bevis, membre de la Société zoologique de Londres, et par sa fille Laura. Ils ont commencé en vendant des parcelles de leurs terres familiales afin de financer la plantation de nouveaux arbres. La mission visait simplement à restaurer la terre dévastée par des siècles d’agriculture et de sylviculture commerciale.

L’idée a beaucoup plu et la société est vite devenue en mesure d’acheter un terrain plus vaste permettant d’augmenter l’étendue du projet. Aujourd’hui, Highland Titles possède et gère deux réserves naturelles dans les magnifiques highlands écossaises et ils remercient les milliers de sympathisants d’avoir rendu cela possible.

Ouverte en 2007, la première réserve naturelle Highland Titles est constituée de plusieurs milliers de parcelles soutenues par une communauté internationale de Lairds. Cette terre peut se visiter librement, avec ou sans achat d’une parcelle. Située proche du Glencoe historique,
la réserve est l’une des deux réserves de Highland Titles, une attraction touristique vedette 4 étoiles bien établie.

Toute personne qui achète une parcelle Highland Titles devient Laird, Lord ou Lady of Glencoe, même pour l’achat d’une parcelle d’1 pied carré.
Devenir un Laird, Lord ou Lady est plus intéressant qu’il n’y parait car
avec le titre stylisé vient le style de vie.
Le titre de courtoisie ne doit pas être confondu avec un titre de noblesse, lequel est conféré par la Reine sur l’avis de ses ministres.
« Laird » n’a jamais été et ne sera jamais un titre de noblesse.

 

La réserve naturelle de Mountain View
Seconde réserve de Highland Titles, rendue possible grâce au soutien permanent des lairds.
La réserve de Mountain View, ouverte par Highland Titles en 2014, qui abrite aussi Bumblebee Haven, surplombe le majestueux Loch Loyne.
Connu par les pêcheurs comme l’un des meilleurs lacs à brochets des Highlands, les lairds bénéficient du privilège d’explorer la région et de pêcher dans le loch dès lors qu’ils viennent en visite.

Les Lairds, Lords et Ladies ayant acquis le droit de propriété des parcelles dans ce domaine (les parcelles de plus d’1 pied carré se situent à MountainView) peuvent choisir de se faire appeler Laird, Lord ou Lady de Lochaber, nom de la région où se trouve Mountain View.
vidéo ici

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Sommaire du mois d’août 2019

King Kong « L’Affaire Makropoulos » (2007) de Malgorzata Szczęśniak
Ouvrant de manière spectaculaire l’exposition Opéra Monde, un immense King Kong se déploie dans le Forum. Cette sculpture conçue par la créatrice polonaise Malgorzata Szczęśniak pour la mise en scène de L’Affaire Makropoulos (de Leoš Janáček par Krzysztof Warlikowski) est la plus imposante jamais réalisée par les ateliers de l’Opéra national de Paris.
Cette œuvre monumentale vous plonge dans l’univers hors limite de l’opéra et de son
dialogue avec le cinéma. Par ailleurs architecte scénographe de l’exposition Opéra Monde, Malgorzata Szczęśniak transforme la Galerie 3 en une déambulation labyrinthique à travers les coulisses d’un décor d’opéra.

30 août 2019 : La Collection Rudolf Staechelin à la Fondation Beyeler
27 août 2019 : MIROIRS, reflets de l’être humain
19 août 2019 : «Schau, ich bin blind, schau.» De Rémy Zaugg à John Baldessari – la collection Hans et Monika Furer
18 août 2019 : Ca n’arrive qu’à moi
16 août 2019 : Une ombre au tableau, du XVIe au XXIe siècle
11 août 2019 : YAN PEI-MING L’HOMME QUI PLEURE
05 août 2019 : Lee Ufan, Habiter le temps

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MIROIRS, reflets de l’être humain

La déesse du Soleil Amaterasu sortant de la grotte
Kazu Huggler (née en 1969) 2019 Installation

Jusqu’au 22 septembre 2019 au musée Rietberg de Zurich
commissaire, Albert Lutz, directeur du Musée depuis 1998

« Miroirs, personne, jamais encore, n’a décrit sciemment ce que
vous êtes dans votre essence » Rilke, Sonnets à Orphée, II , 3.

Musée Rietberg exposition Miroirs

Intitulée Eternity now,  œuvre de la plasticienne helvète Sylvie Fleury,
est un immense rétroviseur posé sur la pelouse qui permet une saisissante vision de la Villa Wesendonck et de son parc, où est installé le Museum Rietberg, qui débute l’exposition à l’extérieur.

L’exposition commence à l’intérieur,  inévitablement par le mythe antique de Narcisse. L’histoire de ce jeune homme qui tombe amoureux de son reflet dans l’eau, mais qui, prenant conscience que cet amour est vain et dépérissant de jour en jour, finit par mourir de désespoir, a enflammé l’imagination des créateurs pendant des siècles: le mythe de Narcisse est un thème récurrent dans la littérature, la philosophie, l’art et la psychologie, à chaque fois qu’il est question d’un amour immodéré de sa propre personne, de la vie et de la mort et de l’estime de soi.                           
marbre de John Gibson

« De quoi ai-je l’air aujourd’hui? Qu’est-ce que me dit mon visage? »

Jour après jour, le miroir est l’instance qui nous permet de vérifier
notre aspect et de capter notre état d’âme. Il nous accompagne
durant toute notre vie, et nous entretenons avec lui une relation
intime, même si elle est parfois machinale et distanciée, aimée ou
haïe.
Mais au fait, que savons-nous de lui, de son histoire et de son
utilisation, et que raconte le miroir sur nous-même?

Orphée, Tokyo Rumando

Cette exposition est la plus vaste jamais présentée sur l’histoire
culturelle du miroir, qui s’étend sur plusieurs millénaires.
Que ce soit dans l’Egypte ancienne, chez les Mayas du Mexique,
au Japon ou en Italie, plus précisément à Venise, mais aussi dans
l’art et les films actuels – d’un bout à l’autre de la planète,
des miroirs ont été fabriqués dans toutes sortes de civilisations
et se sont vus attribuer des significations et des pouvoirs particuliers.

A l’aide de 220 oeuvres d’art provenant de 95 musées et collections du monde entier, l’exposition met en lumière l’évolution artisanale et technologique mouvementée ainsi que la portée culturelle et sociale de cet intermédiaire qui nous renvoie notre propre reflet. Il est question du miroir en tant qu’artefact, mais aussi de connaissance de soi, d’orgueil et de sagesse, de beauté, de mystique et de magie, ainsi que du miroir de notre époque – le « #selfie ».

Florence Henri
Sur le net, sous tous les hashtags possibles, on peut voir des millions de selfies pris à bout de bras. Si l’on saisit « miroir et selfie » dans un moteur de recherche, on se retrouve en face de photos de femmes et d’hommes qui prennent la pose dans le lieu le plus intime de leur vie privée, la salle de bains, et divulguent ces images dans le monde entier sous le mot-dièse #bathroomselfie.

Sur la voie de la connaissance de soi
Les nouveau-nés et les nourrissons s’intéressent déjà très tôt aux visages. Le visage de la mère, sa première personne de référence, est pour l’enfant son « premier miroir ». Tous deux s’imitent mutuellement, chacun reflétant les traits du visage et les émotions de l’autre. Dans un premier temps, les tout-petits interagissent avec leur reflet comme ils le feraient avec un vis-à-vis « inconnu ». Ce n’est qu’à peu près à l’âge de 18 mois que les enfants se reconnaissent eux-mêmes dans le miroir. Peu à peu, ils développent également la faculté de prise de conscience de soi en tant qu’objet et de réflexion à ce sujet.
Le philosophe grec Socrate ne recommandait-il pas à ses élèves de se regarder dans un miroir pour méditer sur la beauté et la fugacité et cultiver leur propre âme…

 Michelangelo Pistoletto, L’Etrusco.

CHANGEMENT D’IDENTITÉ
Je est un autre
Dans la célèbre formule d’Arthur Rimbaud – Je est un autre –,
le poète se considère comme un voyant, qui se transcende
lui-même et qui, s’affranchissant de sa propre personnalité,
devient un autre, et pénètre ainsi dans les domaines inconnus
de l’imagination.
.Miroir-lièvre (Hasenspiegel)
Cette oeuvre de Markus Raetz se réfère à une action de l’artiste
allemand Joseph Beuys réalisée en 1965 et intitulée:
Wie man dem toten Hasen die Bilder erklärt
(«Comment expliquer la peinture à un lièvre mort»).
La silhouette du lièvre réalisée en fil de fer reflétée dans le miroir
devient celle de quelqu’un d’autre – le profil de Joseph Beuys.

Marianne Brandt

L’exposition montre des oeuvres de vingt artistes, dont des photographes, provenant de quatre continents, sur le thème de l’« autoportrait » – des années 1920 à aujourd’hui. Cette série comprend des photographies de Claude Cahun et de Florence Henri, de Cindy Sherman et Nan Goldin, jusqu’à Amalia Ulman et Zanele Muholi, des vidéos de Bill Viola, d’Albert Lutz.  Des extraits de films – des monologues d’hommes se parlant devant le miroir ou des cowboys tirant dans un miroir – constituent un programme contrasté à la fois savoureux et qui mérite réflexion.

Zanele Muholi

de Niro

Ce tour du monde à travers l’histoire du miroir auquel nous invite l’exposition commence par un miroir en bronze égyptien du XIXe s. av. J.-C., que, selon l’inscription, un père avait fait fabriquer pour sa fille
« afin qu’elle puisse y regarder son visage ». Elle nous conduit en Grèce et en Italie, plus précisément à Rome, chez les Etrusques, les Celtes, puis en Asie, en Iran, en Inde, en Chine et au Japon. Des pièces singulières provenant du Museo Nacional de Antropología de Mexico laissent deviner le pouvoir numineux des miroirs chez les Mayas et les Aztèques. Quant aux miroirs grecs, romains ou étrusques, leur revers est orné de représentations artistiques de femmes se baignant ou se coiffant. L’exposition montre à ce sujet des chefs-d’oeuvre du Louvre, à Paris, et du Metropolitan Museum de New York.

Miroirs Rietberg

Magie et mysticisme
Le miroir peut aussi être obscur et mystérieux. Dans de nombreux
genres cinématographiques, les metteurs en scène ont recours à
des miroirs pour annoncer l’avenir ou dévoiler le passé; parfois,
la mort rôde derrière le miroir, il rend visible l’invisible. L’art du surréalisme, de Salvador Dali à Paul Delvaux, utilise le miroir pour
suggérer des phénomènes insondables, incompréhensibles ou
secrets.
L’exposition présente aussi un incroyable costume de chaman,
le plus vieil exemple au monde, provenant de Sibérie auquel
sont suspendus des miroirs en laiton. Le parcours se termin
avec l’histoire d’Alice traversant le miroir, illustrée par une
oeuvre majeure de Michelangelo Pistoletto.(ci-dessus)

Paul Delvaux, Femme au Miroir 1936

Interaction
Des extraits de certaines des scènes les plus célèbres de l’histoire
du cinéma où le miroir joue un rôle sont présentés dans une vaste
projection : l’entrée dans le monde des Enfers, tirée du film
Orphée de Jean Cocteau, le final grandiose de La Dame de Shanghai
d’Orson Welles, la scène du peep-show de Paris Texas de Wim Wenders
ou quelques autres tirées de In the Mood for Love; de Wong Kar-Wai.

Le narcisse suisse clôture l’exposition que l’on quitte avec regret, tant elle
est intelligente, riche en découvertes.

Narcisse suisse, Paul Camenisch 1944

Musée Rietberg
Les arts du monde à Zurich
Gablerstrasse 15
8002 Zurich
Suisse

Horaires
Lundi fermé
Mardi jeudi vendredi samedi dimanche 10–17h
Mercredi 10–20h

Accès tram 7 depuis gare CFF, arrêt Musée Rietberg
direction de «Wollishofen»

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Ca n’arrive qu’à moi

Ma vie est une série de sketchs !

Une de mes aventures de déplacement, qui s’ajoute à la liste des autres :

Ce jour-là, JR me réveille trop tôt, avant l’heure prévue par mon réveil.
Cela me contrarie et me met un peu mal à l’aise.
Mauvais pressentiment pour la suite, qui se dissipe plus tard.
Ma destination, le Kunstmuseum de Bâle pour une rencontre de presse.
J’avais décidé d’y passer plus de temps, afin de rattraper les expo que j’avais
manquées en juin, pour cause d’Art Basel.

C’est tout moi

Soudain appel de XXX, qui voulait me rencontrer dans l’après midi, ce n’était pas prévu.
Je continue mes visites, je déjeune tranquillement à la cafétéria du musée, puis je retourne au musée. 2e appel de XXX qui me dit que son RDV de l’après midi est annulé et qu’il est disponible.
Je lui fixe RDV pour 16 h.

.
Je termine ma visite à 14 h, prends le tram pour rejoindre la gare SBB, puis saute dans le TER pour Mulhouse, qui par chance est en gare.
Panique, je me rends compte que j’ai oublié mon sac à dos dans le tram.
J’avais un 2e sac en bandoulière contenant le catalogue de l’expo du matin, qui par conséquent pèse lourd
.

Mon sac à dos contient mon appareil photo tout neuf, l’autre m’ayant été volé au restaurant, il y a peu.
Le veille JR m’a presque obligée à résilier l’assurance contre le vol, du nouveau bijou.

Immédiatement je décide de descendre du TER à St Louis, de rebrousser chemin et d’appeler les trams de Bâle.
Pas de réponse, je retourne à Bâle avec un autre TER.
A Bâle j’ai enfin une réponse téléphonique, qui me dit d’aller à la gare SBB aux objets trouvés. Je me mets en quête de ce bureau, il est au sous-sol de la gare, dans un coin retranché, personne au guichet, je sonne, 2 suisses, l’un me dit d’aller Barfussplatz, il ne peut rien faire, les objets trouvés y sont déposés.
Le 2e me conseille d’aller sur le quai des trams, place de la gare, de chercher le tram n° 1, en principe le conducteur fait une pose. J’y cours, je trouve ce tram sans conducteur, il est au fond  du quai, je lui explique tant bien que mal, mon affaire, il parle un peu le français.
Il contacte par tél, le conducteur du tram n° 2, lui dit que je suis descendue à 14 h à la gare SBB, et là l’autre conducteur, demande mon nom.
J’avais mis ma CI périmée (souvenir du vol Nice/Bâle) dans mon sac, elle m’a sauvée la mise.
Réponse : « attendez, à 16 h 03, le tram 2 avec le conducteur n° 7 sera de retour il vous rendra votre sac. »

place de la gare de Bâle

J’ai guetté, sur le quai à partir de 15 h 45, ne sachant pas de quelle direction il allait venir. Les conducteurs ont une plaque jaune avec un numéro, pour les personnaliser.
J’ai arpenté les quais, jusqu’à 17 h, pétrifiée d’angoisse.

Le tram 2 avec le conducteur n° 7, arrive, je suis à l’autre extrémité
du quai, je cours, le téléphone sonne, il m’échappe des mains
et tombe sur la face
(plein de stries) sur le béton.
Je récupère mon sac in extremis, je regagne Mulhouse, avec un mal d’estomac, une migraine d’enfer et un téléphone accidenté.

En fait mon Iphone n’était pas cassé, c’est juste le verre protecteur
qui était fracassé.

Numéro du conducteur

Si vous me croisez, ne soyez pas étonné de me trouver l’air concentré,
voire constipé, c’est que je m’applique à ne pas oublier, mon petit sac,
mon sac à dos, accessoirement le sac en toile avec le Kit du musée, et
une douceur achetée à la gare de Basel

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