MIROIRS, reflets de l’être humain

La déesse du Soleil Amaterasu sortant de la grotte
Kazu Huggler (née en 1969) 2019 Installation

Jusqu’au 22 septembre 2019 au musée Rietberg de Zurich
commissaire, Albert Lutz, directeur du Musée depuis 1998

« Miroirs, personne, jamais encore, n’a décrit sciemment ce que
vous êtes dans votre essence » Rilke, Sonnets à Orphée, II , 3.

Musée Rietberg exposition Miroirs

Intitulée Eternity now,  œuvre de la plasticienne helvète Sylvie Fleury,
est un immense rétroviseur posé sur la pelouse qui permet une saisissante vision de la Villa Wesendonck et de son parc, où est installé le Museum Rietberg, qui débute l’exposition à l’extérieur.

L’exposition commence à l’intérieur,  inévitablement par le mythe antique de Narcisse. L’histoire de ce jeune homme qui tombe amoureux de son reflet dans l’eau, mais qui, prenant conscience que cet amour est vain et dépérissant de jour en jour, finit par mourir de désespoir, a enflammé l’imagination des créateurs pendant des siècles: le mythe de Narcisse est un thème récurrent dans la littérature, la philosophie, l’art et la psychologie, à chaque fois qu’il est question d’un amour immodéré de sa propre personne, de la vie et de la mort et de l’estime de soi.                           
marbre de John Gibson

« De quoi ai-je l’air aujourd’hui? Qu’est-ce que me dit mon visage? »
Jour après jour, le miroir est l’instance qui nous permet de vérifier
notre aspect et de capter notre état d’âme. Il nous accompagne
durant toute notre vie, et nous entretenons avec lui une relation
intime, même si elle est parfois machinale et distanciée, aimée ou
haïe.
Mais au fait, que savons-nous de lui, de son histoire et de son
utilisation, et que raconte le miroir sur nous-même?

Orphée, Tokyo Rumando

Cette exposition est la plus vaste jamais présentée sur l’histoire
culturelle du miroir, qui s’étend sur plusieurs millénaires.
Que ce soit dans l’Egypte ancienne, chez les Mayas du Mexique,
au Japon ou en Italie, plus précisément à Venise, mais aussi dans
l’art et les films actuels – d’un bout à l’autre de la planète,
des miroirs ont été fabriqués dans toutes sortes de civilisations
et se sont vus attribuer des significations et des pouvoirs particuliers.

A l’aide de 220 oeuvres d’art provenant de 95 musées et collections du monde entier, l’exposition met en lumière l’évolution artisanale et technologique mouvementée ainsi que la portée culturelle et sociale de cet intermédiaire qui nous renvoie notre propre reflet. Il est question du miroir en tant qu’artefact, mais aussi de connaissance de soi, d’orgueil et de sagesse, de beauté, de mystique et de magie, ainsi que du miroir de notre époque – le « #selfie ».

Florence Henri
Sur le net, sous tous les hashtags possibles, on peut voir des millions de selfies pris à bout de bras. Si l’on saisit « miroir et selfie » dans un moteur de recherche, on se retrouve en face de photos de femmes et d’hommes qui prennent la pose dans le lieu le plus intime de leur vie privée, la salle de bains, et divulguent ces images dans le monde entier sous le mot-dièse #bathroomselfie.

Sur la voie de la connaissance de soi
Les nouveau-nés et les nourrissons s’intéressent déjà très tôt aux visages. Le visage de la mère, sa première personne de référence, est pour l’enfant son « premier miroir ». Tous deux s’imitent mutuellement, chacun reflétant les traits du visage et les émotions de l’autre. Dans un premier temps, les tout-petits interagissent avec leur reflet comme ils le feraient avec un vis-à-vis « inconnu ». Ce n’est qu’à peu près à l’âge de 18 mois que les enfants se reconnaissent eux-mêmes dans le miroir. Peu à peu, ils développent également la faculté de prise de conscience de soi en tant qu’objet et de réflexion à ce sujet.
Le philosophe grec Socrate ne recommandait-il pas à ses élèves de se regarder dans un miroir pour méditer sur la beauté et la fugacité et cultiver leur propre âme…

 Michelangelo Pistoletto, L’Etrusco.

CHANGEMENT D’IDENTITÉ
Je est un autre
Dans la célèbre formule d’Arthur Rimbaud – Je est un autre –,
le poète se considère comme un voyant, qui se transcende
lui-même et qui, s’affranchissant de sa propre personnalité,
devient un autre, et pénètre ainsi dans les domaines inconnus
de l’imagination.
.Miroir-lièvre (Hasenspiegel)
Cette oeuvre de Markus Raetz se réfère à une action de l’artiste
allemand Joseph Beuys réalisée en 1965 et intitulée:
Wie man dem toten Hasen die Bilder erklärt
(«Comment expliquer la peinture à un lièvre mort»).
La silhouette du lièvre réalisée en fil de fer reflétée dans le miroir
devient celle de quelqu’un d’autre – le profil de Joseph Beuys.

Marianne Brandt

L’exposition montre des oeuvres de vingt artistes, dont des photographes, provenant de quatre continents, sur le thème de l’« autoportrait » – des années 1920 à aujourd’hui. Cette série comprend des photographies de Claude Cahun et de Florence Henri, de Cindy Sherman et Nan Goldin, jusqu’à Amalia Ulman et Zanele Muholi, des vidéos de Bill Viola, d’Albert Lutz.  Des extraits de films – des monologues d’hommes se parlant devant le miroir ou des cowboys tirant dans un miroir – constituent un programme contrasté à la fois savoureux et qui mérite réflexion.

Zanele Muholi

de Niro

Ce tour du monde à travers l’histoire du miroir auquel nous invite l’exposition commence par un miroir en bronze égyptien du XIXe s. av. J.-C., que, selon l’inscription, un père avait fait fabriquer pour sa fille
« afin qu’elle puisse y regarder son visage ». Elle nous conduit en Grèce et en Italie, plus précisément à Rome, chez les Etrusques, les Celtes, puis en Asie, en Iran, en Inde, en Chine et au Japon. Des pièces singulières provenant du Museo Nacional de Antropología de Mexico laissent deviner le pouvoir numineux des miroirs chez les Mayas et les Aztèques. Quant aux miroirs grecs, romains ou étrusques, leur revers est orné de représentations artistiques de femmes se baignant ou se coiffant. L’exposition montre à ce sujet des chefs-d’oeuvre du Louvre, à Paris, et du Metropolitan Museum de New York.

Miroirs Rietberg

Magie et mysticisme
Le miroir peut aussi être obscur et mystérieux. Dans de nombreux
genres cinématographiques, les metteurs en scène ont recours à
des miroirs pour annoncer l’avenir ou dévoiler le passé; parfois,
la mort rôde derrière le miroir, il rend visible l’invisible. L’art du surréalisme, de Salvador Dali à Paul Delvaux, utilise le miroir pour
suggérer des phénomènes insondables, incompréhensibles ou
secrets.
L’exposition présente aussi un incroyable costume de chaman,
le plus vieil exemple au monde, provenant de Sibérie auquel
sont suspendus des miroirs en laiton. Le parcours se termin
avec l’histoire d’Alice traversant le miroir, illustrée par une
oeuvre majeure de Michelangelo Pistoletto.(ci-dessus)

Paul Delvaux, Femme au Miroir 1936

Interaction
Des extraits de certaines des scènes les plus célèbres de l’histoire
du cinéma où le miroir joue un rôle sont présentés dans une vaste
projection : l’entrée dans le monde des Enfers, tirée du film
Orphée de Jean Cocteau, le final grandiose de La Dame de Shanghai
d’Orson Welles, la scène du peep-show de Paris Texas de Wim Wenders
ou quelques autres tirées de In the Mood for Love; de Wong Kar-Wai.

Le narcisse suisse clôture l’exposition que l’on quitte avec regret, tant elle
est intelligente, riche en découvertes.

Narcisse suisse, Paul Camenisch 1944

Musée Rietberg
Les arts du monde à Zurich
Gablerstrasse 15
8002 Zurich
Suisse

Horaires
Lundi fermé
Mardi jeudi vendredi samedi dimanche 10–17h
Mercredi 10–20h

Accès tram 7 depuis gare CFF, arrêt Musée Rietberg
direction de «Wollishofen»

Ca n’arrive qu’à moi

Ma vie est une série de sketchs !

Une de mes aventures de déplacement, qui s’ajoute à la liste des autres :

Ce jour-là, JR me réveille trop tôt, avant l’heure prévue par mon réveil.
Cela me contrarie et me met un peu mal à l’aise.
Mauvais pressentiment pour la suite, qui se dissipe plus tard.
Ma destination, le Kunstmuseum de Bâle pour une rencontre de presse.
J’avais décidé d’y passer plus de temps, afin de rattraper les expo que j’avais
manquées en juin, pour cause d’Art Basel.

C’est tout moi

Soudain appel de XXX, qui voulait me rencontrer dans l’après midi, ce n’était pas prévu.
Je continue mes visites, je déjeune tranquillement à la cafétéria du musée, puis je retourne au musée. 2e appel de XXX qui me dit que son RDV de l’après midi est annulé et qu’il est disponible.
Je lui fixe RDV pour 16 h.

.
Je termine ma visite à 14 h, prends le tram pour rejoindre la gare SBB, puis saute dans le TER pour Mulhouse, qui par chance est en gare.
Panique, je me rends compte que j’ai oublié mon sac à dos dans le tram.
J’avais un 2e sac en bandoulière contenant le catalogue de l’expo du matin, qui par conséquent pèse lourd
.

Mon sac à dos contient mon appareil photo tout neuf, l’autre m’ayant été volé au restaurant, il y a peu.
Le veille JR m’a presque obligée à résilier l’assurance contre le vol, du nouveau bijou.

Immédiatement je décide de descendre du TER à St Louis, de rebrousser chemin et d’appeler les trams de Bâle.
Pas de réponse, je retourne à Bâle avec un autre TER.
A Bâle j’ai enfin une réponse téléphonique, qui me dit d’aller à la gare SBB aux objets trouvés. Je me mets en quête de ce bureau, il est au sous-sol de la gare, dans un coin retranché, personne au guichet, je sonne, 2 suisses, l’un me dit d’aller Barfussplatz, il ne peut rien faire, les objets trouvés y sont déposés.
Le 2e me conseille d’aller sur le quai des trams, place de la gare, de chercher le tram n° 1, en principe le conducteur fait une pose. J’y cours, je trouve ce tram sans conducteur, il est au fond  du quai, je lui explique tant bien que mal, mon affaire, il parle un peu le français.
Il contacte par tél, le conducteur du tram n° 2, lui dit que je suis descendue à 14 h à la gare SBB, et là l’autre conducteur, demande mon nom.
J’avais mis ma CI périmée (souvenir du vol Nice/Bâle) dans mon sac, elle m’a sauvée la mise.
Réponse : « attendez, à 16 h 03, le tram 2 avec le conducteur n° 7 sera de retour il vous rendra votre sac. »

place de la gare de Bâle

J’ai guetté, sur le quai à partir de 15 h 45, ne sachant pas de quelle direction il allait venir. Les conducteurs ont une plaque jaune avec un numéro, pour les personnaliser.
J’ai arpenté les quais, jusqu’à 17 h, pétrifiée d’angoisse.

Le tram 2 avec le conducteur n° 7, arrive, je suis à l’autre extrémité
du quai, je cours, le téléphone sonne, il m’échappe des mains
et tombe sur la face
(plein de stries) sur le béton.
Je récupère mon sac in extremis, je regagne Mulhouse, avec un mal d’estomac, une migraine d’enfer et un téléphone accidenté.

En fait mon Iphone n’était pas cassé, c’est juste le verre protecteur
qui était fracassé.

Numéro du conducteur

Si vous me croisez, ne soyez pas étonné de me trouver l’air concentré,
voire constipé, c’est que je m’applique à ne pas oublier, mon petit sac,
mon sac à dos, accessoirement le sac en toile avec le Kit du musée, et
une douceur achetée à la gare de Basel

William Kentridge A Poem That Is Not Our Own

Jusqu’au 13 octobre 2019, Kunstmuseum Basel | Gegenwart
Commissaire : Josef Helfenstein
Assistance : Philipp Selzer, Eva Falge

William Kentridge

William Kentridge (né en 1955) compte parmi les figures majeures de l’art contemporain à l’échelle internationale. Depuis plus de trente ans, ce plasticien, réalisateur et metteur en scène associe dans son oeuvre protéiforme différents médias artistiques : film d’animation, dessin,
gravure, mise en scène théâtrale et sculpture.
Dans le cadre d’une exposition d’ensemble au Kunstmuseum Basel | Gegenwart, plusieurs oeuvres de l’artiste sud-africain sont visibles pour la
première fois sur le continent européen.
Élaborée en étroite collaboration avec l’artiste, l’exposition
A Poem That Is Not Our Own met en lumière les thèmes de la migration,
de l’exil et de la procession qui jalonnent son oeuvre aux côtés de dessins
et de films des années 1980 et 1990. Elle montre comment ces thématiques
présentes très tôt dans l’oeuvre dessiné de Kentridge y occupent une place grandissante au fil des années.

William Kentridge

Sa récente oeuvre performative The Head & The Load (2018) illustre bien cette progression.
Après une présentation inédite à la Tate Modern de Londres à l’été 2018,
elle sera visible au Kunstmuseum Basel sous forme d’une installation – une première en Europe. The Head & The Load aborde le rôle peu connu de l’Afrique durant la Première Guerre mondiale à travers une
procession d’un genre tout à fait singulier composée de projections de films, de jeux d’ombre et de silhouettes dansantes. Trois autres oeuvres présentes dans l’exposition explorent le thème
de la procession dans le travail de Kentridge :
les installations vidéo Shadow Procession (1999),
More Sweetly Play The Dance (2015) et Triumphs & Laments (2016) à laquelle est consacrée une salle où sont exposés, pour la première fois en Europe, des dessins et des gravures sur bois.

Kentridge

Conflits politiques et sociaux
Second temps fort de l’exposition, les conflits politiques et sociaux en Afrique du Sud et en Europe auxquels Kentridge porte un intérêt dès ses premiers films et dessins. Une salle d’exposition consacrée à l’abondant travail de Kentridge en tant que réalisateur et scénographe
présente un film documentaire aux côtés de décors scéniques de la pièce de théâtre Sophiatown (1986–1989).
Réunis pour la première fois en Europe, ces panneaux se distinguent
par leur grand format et leurs couleurs terreuses. Fruit d’une collaboration entre l’artiste et la Junction Avenue Theatre Company, cette pièce de théâtre traite de la démolition brutale de Sophiatown, haut lieu culturel de Johannesbourg, et du déplacement forcé de ses résidents entre 1955 et 1959.

Kentridge Sophiatown

Dans son oeuvre dessiné de jeunesse, Kentridge explore l’histoire souvent violente de l’Europe à partir d’une perspective sud-africaine. L’exposition rassemble des oeuvres sur papier exemplaires et marquantes provenant de collections d’Afrique du Sud réalisées pour la plupart avant la fin de l’apartheid. Elles témoignent de l’approche achronologique de Kentridge qui répond aux événements et aux anomalies de la société sud-africaine sous l’apartheid à l’aide de procédés artistiques datant du début du XXe siècle.

Kentridge

Drawings for Projection et Drawing Lessons
En 1985, William Kentridge produit l’un de ses premiers films d’animation intitulé Vetkoek/Fête Galante. Par la suite, il met au point la « poor man’s animation », une technique filmique élaborée à partir de photographies de dessins au fusain et de collages. Cette méthode donne notamment naissance à Drawings for Projection (1989–aujourd’hui), célèbre série de films en 35 mm. Ces épisodes animés mettent en scène deux personnages, Soko Eckstein et Felix Teitelbaum, dotés de traits semblables à ceux de Kentridge. Outre le lien topographique avec Johannesbourg – sa ville de naissance –, l’artiste s’appuie sur ces personnages comme toile de fond pour expliquer l’ambivalence de l’Afrique du Sud contemporaine.

William Kentridge

À travers de courtes séquences tournées dans l’atelier de William Kentridge, Drawing Lessons (2009–aujourd’hui), série de films expérimentaux entamée ultérieurement, montre la manière dont l’artiste s’amuse à questionner l’art avec humour. Une caméra immobile orientée sur une partie de son atelier détermine le cadrage de la plupart des Drawing Lessons.

Kentridge

La première Drawing Lesson bâloise (Drawing Lesson No.50) intitulée In Praise of Folly (2018) fait référence à la thèse satirique du même nom rédigée en 1509 par Érasme de Rotterdam dans laquelle il critique l’Église catholique. Le savant humaniste entretient un lien étroit avec la ville de Bâle en enseignant notamment au sein de son université. In Praise of Folly présente au second plan des croquis de Kentridge évoquant le Portrait d’Érasme de Rotterdam de Hans Holbein qui figure au sein de la Öffentliche Kunstsammlung Basel. On identifie également des croquis d’autres oeuvres connues de la collection bâloise – celles de Pablo Picasso, Paul Klee ou Matthias Grünewald –, autant de sources d’inspiration artistique qui ornent l’atelier de Kentridge telles des icônes. À la lumière de ces oeuvres, In Praise of Folly aborde l’histoire de l’art et ses figures tutélaires auxquelles les artistes d’aujourd’hui empruntent leurs inspirations.

Kentridge

L’exposition William Kentridge. A Poem That Is Not Our Own est répartie sur trois niveaux du Kunstmuseum Basel | Gegenwart ainsi que dans certaines salles du Kunstmuseum Basel | Hauptbau et Neubau.

Dans le cadre de l’exposition, un catalogue paraît. Il réunit des textes de William Kentridge, Josef Helfenstein, Ute Holl et Leora Maltz-Leca.

Voir ici la vidéo du vernissage TV

Kunstmuseum Basel | Gegenwart

Lundi  fermé
Ma–Di  11.00–18.00

Sommaire du mois de mai 2019

L’image en exergue est exposée à la fondation Fernet Branca
Elger Esser, Jisr as-Zarqa I
Israel 2015
Courtesy Kewenig Galerie

02 mai 2019 : Josef Nadj, Mnémosyne
03 mai 2019 : Le Cosmos du Cubisme – De Picasso à Léger
05 mai 2019 : THOMAS SCHÜTTE
13 mai 2019  :  Leiko Ikemura – vers de nouvelles mers
18 mai 2019  : KunstKosmos Oberrhein (les arts du Rhin supérieur)
20 mai 2019 :  La Lune « Du voyage réel aux voyages imaginaires »
25 mai 2019 :  Rudolf Stingel
29 mai 2019 :  Estampes d’amitié, de Picasso à Sabartés

 

 

 

 

 

Estampes d’amitié, de Picasso à Sabartés

La Fondation Fernet Branca présente jusqu’au 15 SEPTEMBRE 2019

Point besoin d’aller à Barcelone, c’est le musée Picasso de Barcelone
qui vient à nous, avec une série de dessins d’une rare beauté.

L’année 2018 a marqué le cinquantième anniversaire de la mort de
Jaume Sabartés
(Barcelone, 10 juin 1881 – Paris, 13 février 1968), figure incontournable de la vie de Pablo Picasso et fondateur de la fondation du musée Picasso de Barcelone.

Pablo Picasso, Jaume Sabartés assis, Barcelone, 1900,
Fusain et peinture à l’essence sur papier vergé, 48,5 x
32,4 cm, Museu Picasso, Barcelona,
Donation Jaume Sabartés, 1962, MPB 70.228
Museu Picasso, Barcelona. Photographie, Gasull Fotografia
© Succesion Pablo Picasso, VEGAP, Madrid 2019

Sabartés et Picasso sont nés la même année, en 1881, et se sont rencontrés à Barcelone en 1899, alors qu’ils étaient étudiants à La Llotja.
La connexion entre eux fut immédiate et ils devinrent rapidement membres réguliers des réunions des Quatre Gats, nouant des amitiés communes avec Manuel Pallarès, Sebastià Junyer ou Àngel Fernández de Soto,
entre autres jeunes artistes. À partir de ce moment-là et jusqu’à la mort de Sabartés, en 1968, ils étaient inséparables, même séparé géographiquement par des milliers de kilomètres.

Pablo Picasso, Jaume Sabartés en faune jouant de l’aulos,
Antibes, 14 octobre 1946,
Huile et fusain sur papier filigrané, 65 x 50 cm,
Museu Picasso, Barcelona
Acquisition, 2008, MPB 113.143 Museu Picasso, Barcelona.
Photographie, Gasull Fotografia
© Succesion Pablo Picasso, VEGAP, Madrid 2019


Pablo Picasso
a peint le premier portrait de Jaume Sabartés en 1900. Ce fût le premier d’une longue série, puisqu’il a continué pendant près de soixante ans à le dessiner et à le caricaturer.
Jaume Sabartés a écrit plus d’une vingtaine de textes à propos de Picasso. Ses écrits donnent des éclairages sur la vie et le processus de travail de l’artiste et montrent que Jaume Sabartés avait l’intime conviction que Pablo Picasso était et serait, le plus grand et le plus protéiforme génie du XXe siècle.
Afin de marquer l’occasion, la Fondation Fernet-Branca est heureuse de présenter, en partenariat avec le Musée Picasso de Barcelone, une exposition hommage à Jaume Sabartés. Cette exposition approfondit non seulement son amitié avec le maître cubiste, mais aussi sa carrière de biographe, écrivain, traducteur, professeur et intellectuel.

Jaume Sabartés

LA COLLECTION
Jaume Sabartés a fait don de sa collection d’oeuvres de Pablo Picasso à la ville de Barcelone en 1962. La collection se composait à l’origine de trois cent soixante-deux oeuvres, dont deux cent trente-huit lithographies originales. Sabartés, dans de nombreux écrits, a souligné l’importance de la collection donnée à Barcelone, qu’il considérait comme très complète.
L’exposition présente des oeuvres de Picasso à différents moments de sa vie, toutes consacrées à Sabartés.
Il y a une place pour l’humour dans les portraits que Picasso a consacrés à Sabartés tout au long de sa vie. Picasso présente Sabartés en faune, en satyre ou en poète décadent.
Il y a également dans l’exposition des compositions dans lesquelles Picasso dessine des Sabartés flirtant avec des pin-up, prises directement dans les magazines. Dans l’exposition, les relations épistolaires que Sabartés et Picasso ont entretenues entre 1905 et 1967 occupent une place notable.
Ses lettres montrent leur complicité, l’affection et l’ironie qui les
unissait.
Le musée Picasso de Barcelone a ouvert ses portes au public le
9 mars 1963. Picasso a continué de donner à Sabartés un échantillon de son opus graphique et Sabartés a continué de faire des dons annuels à son musée de Barcelone.

Jaume Sabartés est décédé le 13 février 1968 à Paris. En hommage à son ami, Pablo Picasso a remis à la ville sa série sur « Las Meninas », en plus du portrait de Jaume Sabartés peint en 1901.
Il a également fait don des lettres qu’il avait envoyées à Sabartés (un peu moins de sept cents) et succéda à son ami, informant le musée Picasso de Barcelone que, à partir de ce moment, il donnerait un exemplaire de chacune de ses gravures dédiées à Sabartés.

Un catalogue avec un texte de Claustre Rafart I Planas
et de Pierre Jean Sugier, est en vente à la boutique du musée

Fondation Fernet-Branca
2, rue du Ballon
68300 Saint-Louis
fondationfernet-branca.org

Horaires d’ouverture :
du mercredi au dimanche
de 13h à 18h

Bruce Nauman: Disappearing Acts

C’est jusqu’au 26 août au Schaulager de Bâle
Voir ici la vidéo du vernissage
Bruce Nauman (vidéo) est sans doute l’artiste le plus influent
de notre époque.
Le Schaulager de Bâle présente la plus large rétrospective
depuis 25 ans, en collaboration avec le Moma.
C’est l’événement artistique du printemps. C’est la beauté
cruelle de l’art de Bruce Nauman depuis 50 ans. Il analyse
le plaisir et le fardeau de la condition humaine.
L’exposition réunit des œuvres rares avec des œuvres
clés connues. Il propose également une première mondiale
pour découvrir les dernières œuvres de l’artiste :
l’impressionnante sculpture Leaping Foxes (2018)
et la vidéo 3D Contrapposto Split (2017).

Installation view: Bruce Nauman, Leaping Foxes, 2018
 ProLitteris, Zurich, photo: Tom Bisig, Basel

Pour la première fois en Europe, la projection vidéo monumentale
Contrapposto Studies, créée en 2015/2016.
Parallèlement à l’exposition du Schaulager, trois œuvres de
Nauman de la collection Emanuel Hoffmann Foundation
sont présentées au Kunstmuseum Basel.
Que veut dire être un animal social, que veut dire être piégé
dans un cycle éternel de conventions, de schémas de pensées,
de processus maniaco mécaniques.
Prétentieux, existentialiste ?
C’est sûr, mais Bruce Nauman enracine son regard critique
dans l’humour noir, en en faisant un usage immodéré, il l’adoucit.
« Allez-vous en sortez de ma tête et de cette pièce ! »

C’est ce qu’il grogne en direction du visiteur.
La petite salle n’est éclairée que par une ampoule de 10 watts.
on entend une voix qui répète toujours les mêmes mots.
Mais qui peut se permettre ça ? Qui est Bruce Nauman ?
Jetons un coup d’œil.
Bruce Nauman Accession

Dans son travail, il explore des thèmes tels que la langue,
l’espace et la corporéité et explore les structures de pouvoir
et les conventions sociales. Avec sa remise en question persistante
des valeurs esthétiques et morales et des habitudes de voir,
Nauman défie constamment notre perception et notre imagination.
Nauman

C’est BN sur son cheval, c’est un excellent cavalier, il a emporté
son chapeau de cow-boy à Bâle.
Mais devoir venir montrer son œuvre Shaolin à Bâle plutôt
que de rester dans son ranch du nouveau Mexique, bien sûr
il trouve l’expo très bien, mais goûte peu le battage médiatique.
Bruce Norman est quelqu’un de très timide il n’est pas
question d’interview télé.
Installation view: Bruce Nauman, Green Horses, 1988
 © Bruce Nauman / 2018, ProLitteris, Zurich, photo: Tom Bisig, Basel

La conservatrice qui le connaît depuis longtemps :
« à mon avis il s’agit toujours de qui nous sommes dans
quelle mesure on est enraciné
dans cette terre, parfois on
a l’impression de flotter dans les espaces immenses,

et on ne sait pas dans quelle direction on va, si on est sincère
avec sa propre expérience.

Dans les espaces immenses du Schaulager, c’est une sorte
de parcours chronologique qui
est présenté.
Vidéos, sculptures, installations, les célèbres néons,
photographies,
des bruits,
des sons, des croquis,
plus de 170 œuvres
.
La surcharge visuelle est un concept, c’est une stratégie,

l’œuvre exige beaucoup de temps et de dépense physique. »
Bruce Nauman Corridor

La question du temps c’est ce qui nous fait vivre, nous existons
dans le temps, BN nous en fait prendre conscience.
Le temps est un matériau, il s’agit bien de temps et d’espace,
le jeune Bruce Nauman a été un pionnier de l’art vidéo et
de la performance. Dans une boucle éternelle il sort de son
studio où il se promène dans l’une de ses premières
installations « Couloir » (Corridor) Il filme pendant des semaines
son studio vide la nuit, en utilisant la monotonie des images,
ce qu’on croit être le non-sens , le néant, l’absurde. Il aiguise
nos sens fatigués. Une souris qui galope devient un évènement,
puis un chat.
BN est minimaliste, son domaine c’est la répétition infinie
et son modèle avoué c’est Samuel Beckett.
Bruce Nauman

Dans l’œuvre de Bruce Norman rien n’est jamais sûr.
Ce dont il doute le plus ce sont les réponses que l’on nous
donne d’autorité. Ce que veut BN, c’est que le spectateur soit
aux aguets qu’il fasse attention, en pleine conscience, ce sont des
instructions très utile pour ce moment étrange de l’histoire actuelle.
« Fais attention enfoiré »
c’est ce qu’on voit dans le miroir.
Il y a beaucoup de politique dans l’art de BN, mais il ne le dirait
pas ainsi.
Les pensées tourbillonnantes, des têtes coupées, du bétail égorgé,
torturé ou un manège d’ordures d’art animalier et d’art commercial,
penser voilà le plus grand effort de l’art.
Si nous parvenons à rester dans l’ambiguité, sans en être effrayé,
et à comprendre qu’elle nous donne accès à plus de possibilités,
à une autre vérité, nous pouvons vraiment élargir notre
horizon.
Bruce Nauman, the Heads Fontains

Physiquement il faut étendre le champ expérience, c’est ce qui se
passe quand on se glisse dans ce couloir voit on prend la place
du jeune Nauman dans sa vidéo.
Très célèbre aussi ces cages, comment ne pas penser à Guantanamo.
Bruce Nauman nous lance un défi , en temps que citoyen nous devons
rester vigilant, sur nos gardes et résistant.
Installation view: Bruce Nauman, Contrapposto Studies,  2015/2016
 © Bruce Nauman / 2018, ProLitteris, Zurich, photo: Tom Bisig, Basel

On peut spéculer aussi sur sa dernière grande vidéo,
Contrapposto Studies, dont on a pu apercevoir
un projection à Art Basel, ici il se dissout, il se désintègre, se divise
en fragments morbides d’un corps vieilli, à moins qu’il ne célèbre
la force centrifuge anarchique des parties de son corps,
est-ce l’autoportrait d’un artiste insaisissable ?
En tout cas l’exposition est très riche et dense.
Un programme de conférences, de visites
accompagne
l’exposition
Un catalogue en allemand et en anglais.
Schaulager
Ruchfeldstrasse 19
CH-4142 Münchenstein / Basel
T +41 61 335 32 32
F +41 61 335 32 30

Ouverture

Tuesday–Sunday 10 a.m.–6 p.m.
Thursday to 8 p.m.
Closed Mondays
On public holidays (Easter, 1 May, Ascension Day,
Pentecost, 1 August)
10 a.m.–6 p.m.
During Art Basel (11 – 17 June 2018)
Monday–Sunday 10 a.m.–8 p.m.
Wednesday 12–8 p.m.
Entrance tickets
Tickets valid for three visits to Schaulager incl.
one entrance to the Kunstmuseum Basel Collection
(not transferable)
regular CHF 22, reduced CHF 15
Events, guided visits and art appreciation
are included in the ticket price
Online tickets
Print-at-home-Tickets available on starticket.ch
By Train
Take tram no. 11, bound for Aesch Dorf, from the
Basel SBB station to the “Schaulager” stop (approx. 10 min).

Sommaire du mois d'avril 2018

Didier Paquignon
exposition Sens contresens à Fernet Branca

10 avril 2018 : Tintoret, Naissance d’un génie
15 avril 2018 : John Hilliard à la Filature de Mulhouse
17 avril 2018 : Cataracte
18 avril 2018 : “Quand j’ai plus d’bleu, j’mets du rouge”
24 avril 2018 : MADHOUSE
29 avril 2018 : Cataracte II

Sommaire du mois de janvier 2018

Pastel de Nicolas Party
Fondation de l’Hermitage Lausanne

01 janvier 2018 :  Voeux 2018
03 janvier 2018 : Nuit des musées bâlois 2018
05 janvier 2018 : Le jardin secret des Hansen,
la collection Ordrupgaard
08 janvier 2018 : L’art du pastel de Degas à Redon
10 janvier 2018 : Claude Monet, Collectionneur
11 janvier 2018 :  Cours Publics 2018
13 janvier 2018 :  Cristina De Middel « Muchismo »
16 janvier 2018 :  FOLLOWERS – la HEAR
21 janvier 2018 : Joseph BEY – Le murmure des ombres
24 janvier 2018 : Women House à la Monnaie de Paris
26 janvier 2018 : Sofia Hultén – Here’s the Answer,
What’s the Question?
29 janvier 2018 : Hélène de Beauvoir, Artiste et femme engagée

Hélène de Beauvoir, Artiste et femme engagée

À l’occasion de ses dix ans, le Musée Würth, situé au sud
de Strasbourg, organise, du 30 janvier au 9 septembre 2018,
la première rétrospective muséale de plus d’une centaine
d’œuvres peintures et gravures de l’artiste peintre
Hélène de Beauvoir, sœur cadette de Simone de Beauvoir.

C’est dans l’air du temps, après l’exposition,
Women House à la Monnaie de Paris,
suite à l‘exposition du ZKM de Karlsruhe sur
l‘Avant Garde Féministe des années 70,
les artistes femmes utilisent leur corps comme
une surface de projection pour les codes sociaux
et leur critique. Utilisant de nouveaux médias comme
la photographie, le cinéma et la vidéo, ainsi que des
performances et des événements, les artistes déconstruisent
le conditionnement culturel et social restrictif existant,
les mécanismes et les automatismes qui tentent de
supprimer les femmes artistes.
Pour la première fois dans l’histoire de l’art, des artistes féminines
ont pris ensemble la «représentation des femmes»
dans les arts visuels, en développant
une multitude d’identités féminines autodéterminées:
provocantes et radicales, poétiques et ironiques.
L’exposition consacrée à Hélène de Beauvoir (1910-2001),
met en lumière le travail artistique méconnu
(j’ignorai son existence) d’une peintre
de la même période, ayant su faire une synthèse entre les
influences du cubisme, de l’orphisme et du futurisme.
J’y vois aussi une parenté avec les expressionnistes allemands.
Le parcours retrace la carrière de l’artiste à travers de grandes
thématiques qui révèlent ses recherches picturales, telles
que la fragmentation de la forme par la lumière, la décomposition
du mouvement ou encore la simplification de la ligne de contour.
Ces expériences l’amèneront à développer un langage singulier
mêlant abstraction et figuration. L’exposition évoque aussi
les engagements moraux d’Hélène de Beauvoir :
dans ses tableaux féministes, elle dénonce la souffrance des
femmes ; dans ses œuvres aux sujets politiques, elle décrit
les révoltes étudiantes de Mai 1968, les atteintes à l’environnement
ou encore l’hypocrisie morale et l’oppression.
Hélène de Beauvoir a pendant longtemps été dans l’ombre
de sa sœur aînée, la célèbre femme de lettres Simone de Beauvoir.

Elle eut pourtant une vie entièrement dédiée à la peinture et la gravure,
laissant dernière elle quelque 3 000 œuvres :
peintures à l’huile, à l’acrylique, aquarelles, gravures, dessins et collages.
Ayant successivement vécu au Portugal, en Autriche, en Serbie,
au Maroc et en Italie, elle s’installa avec son mari, Lionel de Roulet,
en Alsace au début des années 1960, d’abord à Scharrachbergheim,
puis de manière définitive dans le village de Goxwiller,

où Hélène de Beauvoir travailla ardemment pendant presque 40 ans.
Cette grande voyageuse sut s’attacher profondément à l’Alsace,
ce qui conforte le Musée Würth dans sa volonté de proposer
une exposition rétrospective en sa mémoire.
Les années parisiennes du quartier Montparnasse
Attirée dès l’enfance par le dessin, Hélène de Beauvoir
se forme à l’École d’art et publicité de la rue de Fleurus
(aujourd’hui la Cinémathèque de Paris), suit des cours
du soir et visite assidûment le musée du Louvre.

Elle expérimente la gravure et la peinture, travaille chez le
maître verrier Gruber et prépare sa première exposition
personnelle à la Galerie Bonjean en 1936.
Ces années sont exaltantes. Elle profite pleinement de la vie
artistique et littéraire du quartier Montparnasse, où elle croise
Jean Giraudoux, Jean-Paul Sartre, Pablo Picasso, Georges Braque,
Oscar Wilde, etc.

La cause des femmes
Très tôt, à l’instar de sa sœur, elle s’insurge contre le
conformisme et l’ordre social de la bourgeoisie familiale
qui l’a vue naître.
Hélène et Simone, chacune à sa manière, vouent leur vie
à se libérer de cet ordre en se consacrant entièrement à la création
– l’écriture pour Simone, la peinture pour Hélène – et en imposant
ainsi une indépendance indispensable pour assumer le difficile
statut de la femme artiste.

Une terre d’adoption : l’Alsace
En 1960, elle s’installe en Alsace avec son mari Lionel de Roulet,
ancien élève de Sartre, à Goxwiller, où elle travaille sans
relâche dans son atelier pendant quarante ans.
Elle tissera des liens forts avec cette nouvelle région d’adoption.
Très tôt d’ailleurs, elle soutient l’association
SOS – Femmes solidarité – Centre Flora Tristan
(petit fils Paul Gauguin)–
à Strasbourg,
dont elle sera la première présidente.

L’exposition du Musée Würth
L’exposition organisée par le Musée Würth retrace les principales
périodes de la vie d’Hélène de Beauvoir reflétant ses combats
et ses engagements en faveur des femmes. Cette rétrospective
se scinde en six sections :

– la cause des femmes et les problématiques sociétales
et environnementales ;
– mai 1968, avec la série « Un joli mois de mai » ;
– les périodes marocaine et vénitienne ;
– les skieurs ;
– les gravures ;
– sa cosmognonie personnelle.

L’œuvre d’Hélène de Beauvoir a été exposée au cours
de sa vie dans de nombreuses galeries à travers le monde,
au Japon, aux États-Unis, au Mexique, en Allemagne,
en Italie, en France, etc.
C’est en Alsace, au Musée Würth, qu’est organisée la première rétrospective muséale rendant hommage à cette femme au destin extraordinaire.
Pratique
Musée Würth France Erstein
Z.I Ouest
Rue Georges Besse
F-67150 ERSTEIN
Tél : +33 (0)3 88 64 74 84

Raúl Illarramendi

C’est le dessin qui lie  les artistes
Gilgian Gelzer et Raúl Illarramendi que
la Fondation Fernet-Branca  présente jusqu’au
11 février 2018
Raúl Illarramendi, est né en 1982 à Caracas, Venezuela,
Il vit et travaille à Méru, France.

Le non-sujet
Ecrit par l’artiste
Mes dessins, qui appartiennent à des séries distinctes
et apparemment très différentes l’une de l’autre,
visent à donner corps à un sujet qui en réalité n’existe pas.
Ce qui m’intéresse est de développer une représentation
cohérente et effective d’un sujet qui n’est pas vraiment
un sujet et où le dessin n’est pas tout à fait un dessin,
mais plutôt quelque chose proche de la peinture, d’un point
de vue à la fois mécanique et conceptuel.

Je représente des signes et des traces laissés par une activité
spontanée; en revanche les signes et les traces que moi
j’utilise pour les faire, ceux- ci, disparaissent dans l’action.
Le dessin est ainsi oublié de deux façons: avant tout à cause
de la technique cirée et brillante que j’utilise,
qui fait disparaitre les signes faits au crayon, et
deuxièmement à cause de l’image produite,
qui représente l’expérience esthétique et sensoriale
d’un medium complètement différent.

“Nature” me permet d’avoir à disposition un grand nombre
de compositions, au point que je ne dois plus que chercher
des nouvelles façons de représenter ces évènements.
En arrivant en France, j’ai commencé à regrouper
et archiver des centaines de photographies
nocturnes des taches d’urine à côté des trottoirs.
Ces taches me rappelaient les anciennes
peintures de paysage chinois et ce parallèle était à
mon sens évident. J’ai donc commencé
d’utiliser ces taches dans mes oeuvres, en imitant
l’effet de flou et la viscosité de l’encre sur
papier avec une mine à plomb.
J’ai ainsi commencé
avec le dessin, en essayant de faire ce
qu’il n’était pas censé de faire, en refusant de concevoir
la ligne comme un moyen pour construire l’espace
dans la page, au privilège d’un remplissage perpétuel
de la surface, comme le ferait la peinture.
En dessinant une pierre, je peux lui faire faire ce
que je veux vraiment qu’elle fasse, en tenant sous mon
contrôle ses forces et ses limites. Une autre
source fructueuse d’inspiration est la trace de
saleté laissée sur les portes des camions ou des
garages, accumulation de signes de doigts et griffures
qui restent à travers le temps.

Ce qui m’intéresse n’est pas la prouesse frivole
d’utiliser un crayon pointu pour reproduire la nature
dans les détails, mais plutôt le dialogue qui nait
quand on essaye de faire fonctionner une image,
un dialogue qui est modéré par les limites des techniques
choisies. Je ne peux achever ces images que par
le dessin et non pas par n’importe quelle
autre technique. Le résultat est une esthétique
très charmante. J’ai commencé à me confronter
à la séduction de la peinture en tant que matériel
et technique capable de représenter une abstraction.
Abstraction en tant qu’image et en tant que processus.

En dessinant l’abstraction, plutôt qu’en dessinant
de manière abstraite, je peux me concentrer
sur le travail de représentation, en réalisant une image
cohérente et objective, et esquiver en même temps
la narration et la figuration tout en cherchant sans
arrêt des nouvelles formes.

Plus précisément, mon travail se compose de plusieurs
séries qui traitent des différents aspects de ce dialogue.
Pour la série « T.F » (taches formalistes), “Stains that look
like” and “Shapes” (mine de plomb sur papier),
le sujet principal est la question de la
représentation de la fluidité de la peinture.
J’utilise tout genre de pinceau, du plus léger
jusqu’au plus dur, en appliquant des couches afin
de créer une fusion continue. Les images créées
sont deux : l’abstraction à l’intérieur des taches,
diffusant un flux d’énergie interrompu par une
frontière pointue, une coupe nette dévoilant le blanc
du papier qui peux délimiter à selon de la série soit
un territoire géométrique, soit un profil reconnaissable
ou bien un objet.

J’utilise des associations de couleurs déjà existants,
les mêmes couleurs que je trouve sur les portes
et la patine laissée par les empreintes des mains
après une longue période d’usage et d’abus de la surface.
Je pense à l’effet que la poudre et la saleté donneraient sur
une voiture jaune et à comment tirer de cela une
peinture/dessin. Pour réaliser ces images j’utilise du papier
coloré et je dessine les espaces négatifs à partir des
traces peintes. Chaque signe, chaque égratignure et
chaque trace est borné et terminé par le remplissage
de mon crayon ; enfin, le fait de laisser la couleur
sur le papier permet l’achèvement du dessin. C’est
justement l ’absence du dessin qui fait l’image.
Dans le cadre de l’exposition de
Gilgian Gelzer
 et Raúl Illarramendi,
Pierre-Jean Sugier
, directeur et commissaire
de l’exposition propose une visite guidée gratuite
 le samedi 13 janvier à 14h.
Pour s’inscrire : +33 3 89 69 10 77 /
info@fondationfernet-branca.org
La Fondation est ouverte du
mercredi au dimanche de 13 h à 18 h