La Chandeleur

C’est l’heure de la Chandeleur ou de faire la crêpe !

La Chandeleur (fête des chandelles) est une ancienne fête païenne et latine, devenue ensuite une fête religieuse chrétienne correspondant à la présentation du Christ au Temple et sa reconnaissance par Syméon comme « Lumière d’Israël ». C’est une des douze grandes fêtes liturgiques célébrées par les églises orthodoxes.

Cette fête se déroule le 2 février, soit 40 jours après Noël.

                         Tableau du peintre flamand Pieter Aertsen – 1560

Étymologie

Le nom de cette fête, « Chandeleur », a une origine latine : la festa candelarum, (ou « fête des chandelles ») expression dans laquelle on retrouve candela, qui signifie chandelle. Aujourd’hui, des cierges sont bénis pour rappeler que Jésus est lumière du monde.

Historique

Chez les Romains, on fêtait les Lupercales aux environs du 15 février, fêtes inspirées de Lupercus, dieu de la fécondité et des troupeaux. À la même époque, on trouve également la fête de Feralia.

Les Lupercales ont fréquemment été liées à la fête de la Chandeleur, notamment par le cardinal Cesare Baronio au XVIe siècle, sans doute en raison de la visée purificatrice que ces fêtes pouvaient avoir. En 472, la Chandeleur a été associée aux « chandelles » par le pape Gélase Ier, qui a été le premier à organiser des processions aux flambeaux le 2 février. Dans une lettre adressée au sénateur Andromachus, il souhaitait rétablir les Lupercales et arguait qu’elles avaient un pouvoir purificateur. Comme le sacramentaire gélasien mentionne la fête de la Chandeleur, on en conclut que Gélase avait remplacé la fête païenne à date environnante par la fête de la Présentation. Cependant, le sacramentaire gélasien a subi une forte influence gallicane et a été compilé entre 628 et 731 ;
il est donc aussi possible que l’adjonction de la fête ne soit pas due à Gélase.
En effet, lorsque Gélase s’adresse à Andromachus, il n’use pas d’arguments d’autorité mais se contente de montrer par exemple que la fête des Lupercales n’aurait plus d’effet, ne serait-ce que par sa dénaturation et son incompatibilité avec des idéaux chrétiens. Cela a été interprété comme dénotant son manque d’influence sur l’aristocratie romaine.

                         Andrea Mantegna, Présentation au temple, 1455

La fête de la Présentation au Temple est célébrée dès le IVe siècle à Jérusalem. On trouve ainsi des homélies sur la fête attribuées à Méthode de Patare († 312), au pseudo-Cyrille de Jérusalem, au pseudo-Grégoire de Nysse († 400) ou à saint Jean Chrysostome († 407). En outre, on dispose du récit de pèlerinage d’Égérie (381384) où elle affirme que des festivités ont lieu à Jérusalem quarante jours après l’Épiphanie — la naissance du Christ étant alors célébrée à cette date en Orient (comme cela est toujours le cas pour les Arméniens) — en l’honneur de la Présentation au Temple :

Notre Dame de la Candelaria

Notre-Dame de Candelaria (patronne des îles Canaries). Dans cet archipel espagnol a commencé l’identification de la Chandeleur avec la Vierge Marie.Dans les églises, on remplace les torches par des chandelles bénites dont la lueur est supposée éloigner le mal et rappelle que le Christ est la lumière du monde. Les chrétiens rapportent ensuite les cierges chez eux afin de protéger leur foyer. En 1372, cette fête sera également associée à la Purification de la Bienheureuse Vierge Marie, autrement dit ses relevailles.

Les crêpes

Les crêpes avec leur forme ronde et leur couleur dorée rappelleraient le Soleil enfin de retour après la nuit de l’hiver, ce qui expliquerait que l’on confectionne des crêpes à la Chandeleur, moment de l’année où les jours s’allongent de plus en plus vite. C’est également à cette époque de l’année que les semailles d’hiver commençaient. On se servait donc de la farine excédentaire pour confectionner ces crêpes, qui sont un symbole de prospérité pour l’année à venir.

Aux États-Unis et au Canada, le jour de la Chandeleur est remplacée par le Jour de la Marmotte : « Groundhog Day ».

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Cadeaux de Noël

Non, il n'y a pas qu'une seule adresse, pour vos cadeaux de Noël. 
Voici quelques suggestions, parmi nos lieux culturels préférés,
soit achats en direct, si papa Noël Castex, nous y autorise, soit en ligne avec la nouvelle tendance clic&collect. Martine Zussi, Sandrine Stahl et Bénédicte Bach vous proposent ci-dessous :

Motoco

Motoco lance sa boutique en ligne !
Nous n’aurons pas l’opportunité, cette année du traditionnel marché de noël, et nous en sommes très tristes. Les nombreuses belles choses qui habitent notre château ne pourront, pour quelques temps encore, vous être présentés IRL ! Nous avons donc décidé de créer une boutique en ligne. Bien sûr, ça ne remplace pas ces belles rencontres auxquelles nous tenons tant.
Mais vous pouvez voir, acheter, vous faire plaisir, vous faire livrer ou choisir le click&collect (48 heures de délais pour la livraison et 24 heures pour le click&collect). Vous trouverez près de 800 oeuvres et objets issus du travail de 50 artistes de motoco ! Et dans tous les cas, on vous gâtera dans les envois ou lors de votre visite pour récupérer vos folies !
Le lien vers la boutique en ligne de motoco : https://revelateur.io/motoco

Plusieurs équipes de motoco oeuvrent dans la ville de Mulhouse en cette période de Noël. Vous pouvez suivre nos actions sur notre page Facebook, Instagram ou sur le site motoco.fr


Le Séchoir

SI LES CONDITIONS SANITAIRES AU 15 DÉCEMBRE LE PERMETTENT, NOUS OUVRIRONS NOS PORTES TOUS LES APRÈS-MIDIS DU 15 DÉCEMBRE AU 20 DÉCEMBRE AVEC UNE EXPOSITION-VENTE DE NOËL ARTISTIQUE (en respectant les consignes sanitaires of course!) !
A SUIVRE ….
EN ATTENDANT, LES ARTISTES DU SÉCHOIR NE CHÔMENT PAS !
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Mulhouse Alsace Agglomération – Le Séchoir Mulhouse – Région Grand Est

LAB

Organisé par la Galerie la Pierre Large à Strasbourg
Une fois n’est pas coutume et en attendant de reprendre le programme d’exposition avec Coordonnées 72/18 d’Alain Willaume dès le 6 janvier 2021,
le LAB fait son marché de Noël. Avec des éditeurs d’ici et d’ailleurs, nous vous proposons une sélection de beaux livres dédiés à la photographie dans un esprit marché de Noël solidaire.
Venez découvrir les trésors proposés par Les Editions L’Atelier Contemporain, Chic médias, Atelier EXB / Editions Xavier Barral, et Mediapop Editions.
A découvrir aussi et en exclusivité, le dernier né des livres-objets « Fleurs Fabuleuses » de Robert Becker, tout frais sorti de l’imprimerie.
Des images et des mots au fil des pages pour se faire plaisir, découvrir des artistes et remplir la hotte du Père Noël!
Nous serons ravis de vous accueillir pour clore ensemble le chapitre de cette année si particulière et faire en sorte qu’en décembre, tout parte en livres!

Sans oublier nos libraires et éditeurs préférés

 

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Sommaire du mois de novembre 2020

Je dédie ce mois de novembre à Ramon Ciuret, qui nous a tiré sa révérence,
avec élégance, le 15 novembre 2020.
Une nouvelle étoile luit au firmament des photographes.
Ce petit homme malicieux et joyeux, toujours armé de son appareil photo
ou de son smartphone, pour capturer les beautés de ce monde. Avec son
regard et son oeil, si juste et bienveillant,  il transmettait avec bonheur
ses prises de vue, pour le plaisir de tous dans des expositions et sur
les réseaux sociaux.
Merci à lui pour le partage.

Tu m’avais enseigné le fish eye, je n’oublie pas notre blague sur le ragondin
du bord de l’Ill, et que tu intervenais, avec justesse, dans les  commentaires
sur mon blog.
Tes nombreux amis, du monde entier sont en deuil et attendent avec impatience, une exposition de tes nombreuses et magnifiques photos.
Vous pouvez le retrouver dans un enregistrement fait avec
Francine Hebding, sur radio MNE sous ce lien
Cher Ramon tu nous manques à tous.

les liens du mois de novembre 2020

30 novembre 2020 : Sommaire du mois de novembre 2020
27 novembre 2020 : Snowman de Fischli/Weiss
24 novembre 2020 : Ana González Sola, A LAS CINCO DE LA TARDE…
19 novembre 2020 : Elina Brotherus, La Lumière Venue Du Nord
14 novembre 2020 :L’Orient de Rembrandt
11 novembre 2020 : Roni Horn You are the Weather
7 novembre 2020  : Eaux-fortes de RembrandtLes donations Eberhard W. Kornfeld
3 novembre 2020 : Le lion a faim…Présentation de la Collection à la Fondation Beyeler

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MOOC Culturels

C’est le moment de profiter du confinement forcé pour vous
plonger dans les
MOOC culturels et autres histoires de l’art et d’histoire,
proposés par divers sites.

Ces parcours courts – environ 45 minutes – proposent d’aborder des thématiques transverses aux MOOC de la Collection de la Fondation Orange. Composées principalement d’une vidéo, de ressources complémentaires et d’un quiz, ces Graines sont accessibles à tous.

Autre nouveauté… Pour compléter chaque thématique, vous êtes invités à suivre une conférence d’une heure, en ligne et en direct avec Haywon Forgione, conférencière et historienne de l’art.
le lien ici

Trois Graines de culture

Trois Graines de culture sont proposées sur trois thématiques différentes, à raison d’une par mois.

N ° 1 « Scandale ! », c’est le titre du premier Graine consacrée aux œuvres qui ont indigné la critique. Vous y découvrirez entre autre comment la notion de scandale dans l’art a évolué entre le XIXe siècle et aujourd’hui.

Alors notez bien ces rendez-vous :
toujours accessibles

 Graine de culture « Scandale ! » sur la plateforme MOOC Culturels et le mardi , conférence en ligne et en direct. Lien ici

Voici donc de quoi enrichir votre jardin culturel, jusqu’à l’ouverture du prochain MOOC, qui sera consacré à la Bande dessinée.
Oui, à la Bande dessinée ! Vous en saurez  plus très bientôt.

N° 2 Analyser une peinture

Il y a mille et une façons de regarder une peinture, car chaque regard est unique, et chacun réagit différemment : “J’adore !”, “Je n’aime pas”, “Je ne comprends pas”,… Au premier regard, l’observateur va laisser parler ses émotions face au tableau, va chercher à l’interpréter, va associer ce qu’il voit à ce qu’il connait.

Rentrer dans l’analyse d’une peinture va cependant permettre d’aller plus loin, de mieux comprendre un tableau, et ainsi aider à mieux saisir ce que l’artiste a voulu exprimer. Que faut-il regarder en premier lieu ? Que dire des couleurs, de la composition ? Et qu’a voulu nous dire l’artiste en mettant en scène tels personnages, en agençant telles formes ?

Cette graine de culture vous offre les bases de l’analyse d’œuvres. Au bout du parcours, rien d’autre que le plaisir de mieux apprécier les œuvres… Tentant, n’est-ce pas ? Alors, en route
la conférence en direct ici

N° 3 Art et pouvoir

Ouverture : 12 novembre
Conférence : 24 novembre à 18h30

L’Histoire par l’image décrypte l’Histoire

Actuellement en ligne 2780 œuvres, 1535 études et 118 animations
L’Histoire par l’image explore les événements de l’Histoire de France et les évolutions majeures de la période 1643-1945. A travers des peintures, dessins, gravures, sculptures, photographies, affiches, documents d’archives, nos études proposent un éclairage sur les réalités sociales, économiques, politiques et culturelles d’une époque. Comprendre les images et les événements d’hier c’est aussi savoir décrypter ceux d’aujourd’hui. Un site qui s’adresse à tous, famille, enseignants, élèves … mais aussi à tous les curieux, amateurs d’art et d’histoire.
le lien ici 

Bonne visite et lecture

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Sandra Kunz

Sandra Kunz nous a quitté sur la pointe des pieds le 11 juin 2020.
Une étoile qui brille au firmament des artistes.
Tout le monde se souvient de son atelier à la Manufacture où elle nous accueillait avec tant de bonheur.

Biographie

Après avoir suivi des études en design graphique en Suisse et aux Etats-Unis, Sandra Kunz ouvre sa propre agence de design et signe de nombreuses collaborations avec notamment Design-Team pour l’exposition suisse Expo.01. En 2005 et 2010, elle complète ses études avec des Masters en design, art et innovation. En 2010, Sandra et l’artiste chinoise Yang Jiansa prennent part à l’exposition universelle de Shanghai avec une œuvre monumentale The container. L’ensemble de son travail artistique tourne autour des questions d’identité et de construction de la réalité.
Elle est aussi très active dans les domaines de la sculpture, de l’installation et de la photographie.
Sandra Kunz est née en 1960 à Reinach, BL en Suisse
                                                                                                      photo Armin Roth

Régionale 2012

Sandra Kunz livre de belles photographies, très pures, inspirées de l’opéra de Pékin. Ses modèles en jyjamas évoluent gracieusement, en noir et blanc sur les murs de son loft-atelier.

Sa vie entre le sud-est de la Chine et la Suisse s’inspire d’une recherche sur les chevauchements culturels et les interprétations spécifiques à ces deux sociétés. Par une immersion dans la culture collectiviste de la société chinoise elle a été confrontée à son individualisme, héritier de ses propre racines . Ces antipodes stimulent son processus créatif

Dans son atelier à la Manufacture

Un travail tout de grâce et d’ingéniosité, de délicatesse, inspiré de son séjour en Asie

A la Kunsthalle en 2013 Fait Et À Faire – Voir Et Revoir

Dans ce travail Sandra Kunz aborde le genre de l’autoportrait. A partir d’un jeu avec ses homonymes, les Sandra Kunz de Suisse, elle manipule les images et décline les portraits de manière énigmatique et dérangeante.
Chaque nom est associé à un visage.
«Mon visage m’appartient, mon nom aussi

Sandra Kunz est unique, elle est l’original, elle ne peut être confondue. Mais si Sandra Kunz est l’original, alors que sont les autres ? Et si toutes les Sandra Kunz sont des originaux, le nom Sandra Kunz n’a plus de raison d’être. Qui est vraiment Sandra Kunz, comment est-elle perçue et comment se perçoit-elle ? C’est le thème de ces quatre séries de portraits.

Sûr qu’elle était unique et combien cela résonne très fort dans notre souvenir.
Notre dernier entretien à la Kunsthalle était tout de gaité, avec son humour, elle
me disait « tu ne parles pas assez de moi « 
Et moi de lui répondre « tu ne perds rien pour attendre … »

Puis à Art Basel en 2016, elle parcourait les allées en compagnie de son amie
Clarisse Schwarb

www.sandra-kunz.ch

 

Une vue de son atelier

Toutes les photos sont de moi sauf la 2 qui est de Armin Roth,
merci à Eric Kehliff

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Le Char de la mort, Emmanuel Honegger.

Le « Char de la mort » est un livre d’Emmanuel Honegger au Verger éditeur.
Il devait paraître officiellement le 20 mars 2020. Dans les circonstances que nous vivons, (Covid-19) la parution de l’ouvrage, véritable hymne de Théophile Schuler à la République, est reporté au 5 juin en librairie
C’est une rencontre virtuelle, Covid-19 oblige
Merci à Emmanuel Honegger de m’avoir envoyé son livre.


C
‘est la première grande toile que l’on aperçoit lorsque l’on arrive dans
la partie art moderne, à l’Akerhof, au musée Unterlinden.
Intrigante par sa construction pyramidale, un triomphe guerrier, une mort de Sardanapale inversée ? Cela mérite un décryptage et attention.
C’est ce que propose dans son livre Emmanuel Honegger.

Tout le monde connait Gustave Doré ! Théophile Schuler, son contemporain,
né et mort à Strasbourg (1821-1878), n’est pas aussi célèbre…
c’est une véritable injustice. Dessinateur, peintre romantique et graveur, Schuler illustra notamment Jules Verne, Victor Hugo et Erckmann-Chatrian.
Emmanuel Honegger

Le Char de la mort est une immense peinture de 3.5 mètres de long présentée au musée Unterlinden de Colmar.
Ce tableau, peint au milieu du XIXe siècle, coupe véritablement le souffle, un peu comme le fait Le Radeau de la Méduse de Géricault ou La Liberté guidant le peuple de Delacroix.

Mais outre son aspect grandiose, l’œuvre se révèle une véritable profession de foi… politique ! En raison de la censure, sévère à l’époque, le peintre fut obligé de ruser : Il camoufla donc sa dénonciation de l’ancien régime, comme son immense désir de République. Pour cela, ce fils de pasteur mêla de multiples allusions religieuses aux symboles politiques qu’il choisit…

Aller à l’oeuvre pour observer tous les détails ici
en promenant votre souris sur le tableau
cela vous donnera encore plus l’envie de vous plonger dans le livre
et son analyse

Le livre d’Emmanuel Honegger se propose de décrypter les nombreux messages cachés « entre les lignes » de la fresque. Par exemple, on peut avancer que l’ange de la mort se tient en réalité debout sur le cercueil de Napoléon, ou découvrir pourquoi Jonas, personnage biblique resté trois jours dans le ventre d’une baleine, figure parmi les personnages représentés…

Vous découvrirez pourquoi ce tableau, peint après la révolution de juin 1848 qui fit 5500 morts à Paris, est un cri en faveur de la République et une charge impitoyable contre l’ancien régime.

Le peintre fut obligé de livrer son message sous forme d’énigmes pour parer à la virulente censure de Napoléon III.

L’enquête se révèle aussi passionnante qu’un bon roman policier…

La crise du milieu du 19e siècle et notamment la Révolution de 1848 marquèrent profondément l’esprit romantique de certains artistes. Tel fut le cas de Théophile Schuler, peintre originaire de Strasbourg, élève de Gabriel-Christophe Guérin à Strasbourg, à Paris de Michel-Martin Drolling de 1839 à 1843 puis du peintre d’histoire Paul Delaroche de 1843 à 1848.
Le char de la Mort daté de 1848 exorcise le tumulte des évènements qui secouent l’Europe cette année-là. Inspiré autant par les Danses macabres d’Holbein que par le goût romantique pour l’ésotérisme et l’au-delà, Schuler conçoit une composition audacieuse d’une grande richesse iconographique.

Sur un char mené par quinze chevaux réduits à l’état de squelettes chevauchant dans un paysage désolé de cimetière aux tombes béantes, la Mort emporte sur son passage tous les hommes, qu’importe leur condition telle la figure du roi tentant vainement de retenir sa couronne. Les arts ne sont pas épargnés, évoqués à la fois par leurs personnifications féminines ainsi que par la pierre tombale portant, au centre de la composition, le nom du peintre.

Cette oeuvre, s’aborde aussi comme un livre d’histoire. Surchargée de symboles politiques et religieux, il a fallu deux années de travail à l’auteur pour en décrypter les messages cachés. La censure sous le second Empire avait amené Théophile Schuler à « écrire entre les lignes ».
Faire revivre sa pensée républicaine est le résultat d’une enquête minutieuse avec des rebondissements et doubles pistes dignes d’un roman policier.
Préface de Rémy Valléjo, frère dominicain, et postface de l’historien
Georges Bischoff.

NB : Le Meiselocker (charmeur de mésange), statue de la fontaine de la place Saint Etienne à Strasbourg, présente sur son socle le portrait de Théophile Schuler (et, de l’autre côté, celui de Daniel Arnold, l’auteur de la première pièce de théâtre écrite en Alsacien : Le Pfingstmontag traduite en 2014 par Roger Siffer et Suzanne Mayer, que Schuler avait illustrée.)


Emmanuel Honegger

Emmanuel Honegger présente Le Char de la mort et le travail du peintre Théophile Schuler à la salle blanche de la librairie Kléber, à Strasbourg, interviewé par Walter KIWIOR, grand spécialiste en peinture alsatique.
vidéo ici

Auteur et dessinateur, Emmanuel Honegger est né en 1956 à Paris.

Il vit et travaille à Haguenau, dans le Bas-Rhin.
J’ai publié sur mon blog, l‘article d’Emmanuel Honegger, sur David Hockney
après une discussion sur Facebook.

– Diplômé de l’École des Arts décoratifs de Strasbourg, promotion 1979.
– Président des Amis de l’œuvre et de la pensée de Georges Migot, peintre et compositeur.
– Vice-président des Amis du compositeur Jean-Jacques Werner.
– Vice-président de l’Académie rhénane.
Ancien vice-président de la SAAMS (Société des Amis des Arts et des Musées de Strasbourg)
– Ancien président de la commission Théophile Schuler de la SAAMS, récompensant des artistes de moins de 35 ans vivant et travaillant en Alsace.
Site d’Emmanuel Honneger

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Rencontre avec Marie Freudenreich

Marie Freudenreich née à Colmar en 1975
sculpteuse, barbouilleuse.

C’est une rencontre virtuelle, Covid-19 oblige

Parcours
Ecole Nationale des Beaux-Arts de Nancy (1995 à 1998), D.N.A.P.
– Art Student’s League of New York (1998 à 2003), Certificate of Completion in Fine Arts Sculpture
– atelier à Motoco depuis 2013

photo Robert Cahen

Un monde qui tient avec du scotch.
Comme si l’image que nous percevons comme la
« réalité » n’était qu’un décor de carton, prêt à s’envoler au premier coup de vent.
Une illusion d’optique qui cache à peine, comme une jupe trop courte, le vide qui nous entoure : le cosmos immense et noir, l’éternité de mort qui encadre nos vies.
La fragilité de tout ce que nous connaissons.
Quand deux couleurs sont juxtaposées, elles sont vraiment bord à bord. Il n’y a pas de chevauchement, aucune marge de sécurité.
Si on les écartait d’un demi-millimètre, on découvrirait l’abîme caché derrière.
C’est un peu cela, mes peintures.
Marie Freudenreich

Comment définirais-tu ta peinture ?
Peindre, c’est un peu comme apprendre la mécanique. Démonter la réalité (ou l’illusion) étaler les pièces
devant soi, essayer en se grattant la tête de
comprendre comment ça s’articule. Ensuite remonter tout ça.
La plupart du temps on se trompe, on abîme une pièce ou on la remonte à l’envers. Je tente de faire de chouettes erreurs. Après tout c’est la panne qui révèle le mécanisme.

Quand travailles-tu ?
Plutôt en fin d’après-midi, le soir, la nuit, je n’ai pas d’horaire défini.

A quel endroit, maison, atelier ?
Je travaille à Motoco, dans mon atelier, avant ça je travaillais chez moi.

J’ai réessayé pendant le confinement de travailler chez moi, sans y parvenir.

photo Robert Cahen

Un rite pour te mettre au travail ?
J’ai souvent besoin de plusieurs heures pour me vider la tête, épuiser en quelque sorte la partie de moi qui s’éparpille en tracas divers, faire baisser le niveau de tension nerveuse avant de pouvoir démarrer. C’est probablement pour ça que je commence souvent ma journée de travail à l’heure où d’autres

la finissent. Mais pas de rituel précis

Quelle est ta technique ?
Récemment, huile sur contreplaqué, huile sur carton et tempera à l’oeuf sur papier. Sculpture sur bois aussi et installation.
pendant ma formation, j’ai fait beaucoup de sculpture sur pierre et de la gravure
(eau forte)

Huile sur bois

L’ambiance, musique, silence, intérieur, extérieur ?
En intérieur avec de la musique, sans perturbations.

J’ai besoin de me sentir seule au monde, comme au fond d’une grotte,
et plongée dans la musique, pouvoir chanter en travaillant

Qui sont tes maîtres ?
Fra Angelico, Joseph Albers, Jacob Laurence, Mark Rothko

Zut il n’y a que des mecs
Louise Bourgeois, Agnès Martin, Frida Kahlo

Quelles sont tes références littéraires ?
« Interaction of Color » Josef Albers

J’ai aussi un gros faible pour l’écriture des dramaturges américains, Eugene O’Neill : « Long days’s journey into night »
Tennessee Williams :  » A street car named Desire »
Ce qui me touche, c’est leur art de dissimuler le drame qui sous-tend la pièce et fait craquer les coutures des personnages entre les lignes des dialogues les plus triviaux.
Rien de ce qui est important n’est jamais énoncé, et pourtant tout se dessine, petit à petit, dans les fissures du récit.
J’aime tellement l’écriture de ces pièces, que je n’éprouve pas le besoin de les voir mises en  scène, les lire me bouleverse.

Que devient ton travail pendant le confinement, est-il une source de création et de recherches plastiques ?
Le confinement n’a pas eu d’effet bénéfique sur ma créativité.

J’avais un projet « spécial confinement » mais ça n’a pas du tout marché.

Que cherches-tu à exprimer dans ton travail, qui ne serait pas possible avec des mots ?
Que dire ..

Tout sauf le titre ?
Les mots capables de dire, sans doute, les mêmes choses qu’une oeuvre d’art plastique sont les mots des poètes. Pourtant malgré l’immense respect que j’ai pour la poésie, je ne suis pas sûre qu’elle ait vocation à supplanter toutes les autres formes d’expression, et surtout, je ne comprends pas en quoi ce serait un progrès.
Je ne ressens pas cette supposée supériorité du verbe.
L’idéal pour moi, serait qu’une oeuvre permette de transporter une idée, une émotion, une interrogation, une intuition, une image mentale ou peu importe sous forme graphique (ou volumique), directement du cerveau de l’artiste à celui du regardeur, via ses yeux, sans passer par le laminoir ou la moulinette de la verbalisation, pire encore, de la rationalisation.

Comment définirais-tu ton travail ?
C’est une espèce de chemin que j’emprunte sans connaître et sans vouloir connaître ma destination.

Ce n’est que quand une étape (comme l’application d’une couleur) est achevée que je décide de la suivante, comme un marcheur qui déciderait à chaque croisement de la direction à emprunter.
J’ai répondu un peu à côté de la question, parce que je ne sais pas définir mon travail. Mais il semble que si je savais le définir, je serais incapable de le poursuivre. Sa définition serait comme son rapport  d’autopsie.

Peins-tu des autoportraits ?
On dit que chaque oeuvre est un portrait de son auteur.
Des autoportraits de ma tête, ça m’est arrivé, mais très peu, mais quand je peins une table ou un bol, c’est aussi une sorte d’autoportrait.
Cela dit, j’aime bien les autoportraits des autres, surtout quand ils révèlent un trouble, comme ceux de Schoenberg.
J’aime aussi ceux, nombreux, où on sent de la méfiance, quand l’artiste se regarde d’un air de dire :
« toi mon coco, je te connais trop bien pour te faire confiance »

Motoco ? Depuis ?
J’ai eu la chance in extremis de pouvoir intégrer Motoco dès le démarrage, en 2013. Mischa Schaub m’avait attribué le tout dernier espace disponible à l’époque.

A modifié ta manière de travailler de vivre ?
J’ai mis longtemps à arriver à vraiment travailler à Motoco, à y retrouver le degré de concentration dont j’ai besoin, et qui peut aujourd’hui encore être facilement compromis, par l’absence de séparation phonique entre les ateliers, la chaleur étouffante en été, le froid en hiver.

photo Robert Cahen

Motoco est-il un apport pour toi ?
Motoco m’a apporté énormément en terme de vie sociale, et même d’existence sociale. Pouvoir échanger avec les autres artistes du lieu est infiniment précieux.
Ma présence à Motoco m’a aussi permis de rencontrer un public, qui ignorait mon existence et mon travail jusque là.

Pour terminer, peut-on revenir sur l’exposition au forum de St Louis en 2012
A ce moment là, je pensais que c’était un appel, solitaire, tu voulais convier les gens à ta table, muette, tu t’exprimais par ton travail.
La table exposée à Saint-Louis, je crois qu’elle date de 2005. Je l’ai mise en œuvre 5 fois à ce jour. C’est une idée qui m’est venue comme ça, toute faite et qui ne m’a plus lâchée, même si je ne la comprenais pas.

Elle a longtemps été sans titre.
Tout ce que je savais en dire est que c’était une pièce importante pour moi, d’où son titre transitoire « wie ich tisch ».
Elle a maintenant je crois son titre définitif: « Tableau ».

Dans cette vidéo de l’exposition au forum de St Louis de 2012,
on peut constater que Marie est dans la continuité de son travail et de son maître Josef Albers

Expositions
– CORK Gallery, Lincoln Center New York, 2002 (Nessa Cohen memorial Grant winners show)
– CORK Gallery, Lincoln Center New York, 2004 (idem)
– « Liquid Memories » (exposition personnelle), 2006, association culturelle :
à table !, Boulogne-sur-Mer conjointement à cette exposition,
publication d’ un livret de dessins intitulé :
« my life is as empty as a room full of boxes »
– « (é)mouvantes couleurs (vidéo)» en duo avec Robert Cahen, 2012, forum de l’ Hôtel de ville de Saint-Louis
– « archéologies mentales » en duo avec Eric Smolinski, hiver 2013-2014,
« Mulhouse Jeune Art Contemporain »
– REGIONALE 14 : « Noli Me Tangere » (group show), E-WERK Freiburg
« à la croisée des chemins potentiels » (group show), FABRIK culture, Hégenheim
– Janvier 2017 : « ÉDEN », galerie Jean-François Kaiser, Strasbourg
– Février-Mars 2018 : « Et, toujours, ils tiennent le monde / Désirer un coin de soi-même inconnu « , LE GRANIT et la Cantine d’art contemporain, Belfort
Régionale 20, « les chemins du rêve » Fabrikculture Hégenheim 2019/20

crédit photos :
Robert cahen 1,2,3,8
Marie Freudenreich 6,7
Elisabeth Itti 4,5,8 + 1 vidéo

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Sommaire du mois d’avril 2020

Le confinement est en train de modifier les modes de « consommation » de la culture, avec une mise à disposition de contenus inédits sur la toile dont les ex-visiteurs sont très friands. Plus que tout, la culture est le socle commun de notre humanité durant ces temps difficiles. D’où l’intérêt d’une réflexion poussée dans notre communauté.

Les différences entre le réel et le virtuel ?
Le coeur  palpite à l’idée de pénétrer dans un musée. Les sens. L’odeur. Le parquet qui craque. Un rayon de lumière sur la toile. Le toucher de la pierre des escaliers. L’envie d’embrasser le Scribe. L’émotion. En rêver sur le chemin du retour.

Pourquoi se déplacer pour voir les oeuvres, puisqu’on peut les voir aussi bien sur un écran ?
Le virtuel n’est pas opposé à la rêverie poétique. Autant la visite réelle laisse une trace dans la mémoire, celle virtuelle permet d’y revenir. C’est pourquoi personnellement j’aime en plus prendre des photos, afin de me replonger dans l’ambiance et de retrouver les détails admirés.

Une visite réelle se compose de trois éléments :
– les oeuvres
– un lieu
– une durée
Le musée est un lieu que l’on parcourt physiquement, une temporalité qui s’étale dans la durée, à l’opposé du zapping du net. Le virtuel est un substitut,
considéré comme une introduction à la visite réelle, il ne rend que très rarement compte du lieu, de la vision exacte de l’oeuvre, de la dimension, des couleurs.
Rien n’est plus triste qu’un musée fermé.
Grand merci à tous ces musées et artistes qui nous permettent des visites virtuelles
et vive le déconfinement

La Fondation Beyeler rouvre ses portes le lundi 11 mai 2020.

Les expositions «Edward Hopper» et «Voir le silence – Images de quiétude» sont prolongées jusqu’au 26 juillet, l’exposition «Goya» est reportée.

25 avril 2020 : Van Eyck. Une Révolution Optique
22 avril 2020 : À La Rencontre de Böcklin
19 avril 2020 : Pascal Henri Poirot
17 avril 2020 : Léa Barbazanges
12 avril 2020 : Joyeuses Pâques
08 avril 2020 : Fondation Fernet Branca
06 avril 2020 :  TINGUELY @ HOME

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Coronavirus #Mulhouse Resiste

Magritte était précurseur


Ce 7 février, je ricanais bêtement au fond de moi, lorsque cette jeune cardiologue, m’a accueillie, dans la salle d’attente de son cabinet, avec un masque chirurgical sur le visage. Petite, en fait de ma taille, blonde, elle était accompagnée d’une jeune stagiaire.A ce moment je n’ai eu qu’un regret, c’est de ne pas avoir le culot de les prendre en photos avec mon Iphone et de suivre le commun des mortels et poster cette vision saugrenue sur ma page FaceBook. Dans son cabinet c’était épique, en même temps qu’elle me posait des questions, à travers le masque, avec son accent polonais, elle donnait des explications à la stagiaire.
Moi j’avais beaucoup de mal à comprendre ce qu’elle me disait, assise au-delà de son bureau, à travers le masque et avec son accent. Je me suis dit que j’en ferai peut-être une chronique, mais j’étais loin d’imaginer, le Tsunami qui allait déferler sur ma région, puis sur la France entière.

C’est un sentiment étrange, une sensation de guérilla. Puis cela devient surréaliste, d’abord c’est notre région qui est impactée, à cause du rassemblement de l’église évangélique (17 février). Elle n’a jamais été pour la plupart d’entre nous en « odeur de sainteté »

Des dispositions de restrictions de fermetures régionales sont prises.

Puis après l’annonce du président Macron du 12 mars, les annonces de fermeture momentanée pleuvent.  Je n’étais pas allée voter, moins par prudence que, parce que je n’avais pas de préférence affirmée pour un candidat.

Pour moi qui avais, à contre cœur annulé mes voyages à Paris, la SNCF annonce le remboursement sans frais des voyages jusqu’au 30 avril.

Je suis encore tentée de partir, mais ce soir 13 mars, les mails d’annulation remplissent ma boîte et soulagée, je le reconnais, je suis rassurée d’avoir annulé mes escapades. J’avais bien envisagé d’aller faire un tour en Suisse, mais là aussi, un à un les musées me préviennent de leur fermeture provisoire.

16 mars, j’ai annulé mon option TGV pour l’exposition à la Fondation Vuitton.

JR est allé faire les courses comme à son habitude le lundi. Les magasins sont bondés, les charriots débordent de victuailles.
Il y est retourné mercredi, c’était très calme.

FB déborde de blagues stupides, de fake news et autres turpitudes

Les gens n’ont pas conscience de la gravité de la situation.

Les transports en commun sont en réduction.
Un hôpital militaire de fortune va être construit sur le parking de l’hôpital du Moenschberg.
De temps à autre on entend le passage d’un hélicoptère, l’angoisse monte.
Les pages du journal local dédiées aux annonces de décès, augmentent de jour en jour. Les masques manquent.

L’âge des personnes est très élevé !
La situation est devenue critique, France 2 fait un reportage sur l’hôpital mulhousien et sur le fait que les équipes soignantes manquent de protections et sont au bord de l’épuisement.
Certaines initiatives tentent d’égayer et d’occuper agréablement
le temps. Mon amie AS. n’écrit-elle pas :
Ça rend quand même un peu alcoolo ce confino-jubilatoire, non ?

Voici son initiative relatée par la presse locale

Des groupes se forment le soir, pour unir leur angoisse, mais surtout pour applaudir le personnel médical si dévoué. On apprend qu’il est à 40 % contaminé.
Nos voisins helvétiques se promènent le long du Rhin. Le monde est fou.
C’est une situation inédite, digne d’un excellent thriller, qui hélas dans l’immédiat fait des ravages.

 Le professeur Yazdan Yazdanpanah assure qu’il n’y a que l’isolement pour « arrêter le virus »Covid-19 :

« Je pense que le confinement ne va pas s’arrêter en France dans dix jours. Je pense que ça va être plus long », a expliqué celui qui fait également partie du conseil scientifique qui conseille Emmanuel Macron. « Cela dépendra un peu de la courbe de l’épidémie, du nombre de nouveau cas qu’on va voir (…) Je pense qu’il faut partir sur six semaines, quelque chose comme ça, je ne peux pas exactement dire. Mais ce sera plus que 15 jours, ce sera autour de 6 semaines probablement, voire plus. »

 

La suite l’avenir nous le dira.
Prenez bien soin de vous ou take care si vous préférez

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Bernard Fischbach

Ancien journaliste aux Dernières Nouvelles d’Alsace,
c’était un fidèle des salons du livre de la région
Bernard Fischbach a été directeur de la collection des
Polars Régionaux aux éditions du Bastberg pendant des années.
sa passion était l’écriture  de polars.
Il a tourné sa dernière page en ce mois de mars 2020. +

Sa moustache de gaulois faisait penser à un sosie de l’écrivain Jacques Lanzmann
Son regard clair et vif irradiait de malice.
En pantalons de velours et vestes en tweed,  il avait une allure  de gentleman farmer.
Son humour incisif et caustique se retrouvait dans ses écrits.
Il nous a quitté en ce début de mars 2020.

Polars, livres enquêtes, et romans historiques

Journaliste, Bernard Fischbach avait fait toute sa carrière aux Dernières Nouvelles d’Alsace de Mulhouse qu’il avait quittées il y a une vingtaine d’années, pour se consacrer pleinement à  l’écriture de livres. Romans policiers d’abord, il en a écrit pas moins de neuf chez plusieurs éditeurs, à commencer par le Bastberg où il avait, en 2000, fondé et dirigé la collection des polars régionaux, permettant à de nouveaux auteurs d’émerger dans les rayonnages des librairies alsaciennes.

Le Grand Est était son espace de prédilection
La Mort À Sens Unique une tueuse alsacienne !
Il y avait également publié  « Monsieur crime parfait ». Son univers romanesque était souvent imprégné de drames intimes et cruels que vivaient ses personnages, des gens ordinaires, comme dans
« Le Venin du mort », paru dans la collection des Enquêtes rhénanes du Verger éditeur. L’Odeur du crime,  
l’histoire d’Elisa, c’est tout le domaine voisin du Rhin, sur lequel elle habite, qui semble être le théâtre de drôles d’affaires où se nouent et se dénouent de sombres histoires de main-d’œuvre clandestine.

Bernard Fischbach appréciait aussi les polars plus truculents, parfois librement tirés de faits divers, rubrique qu’il avait jadis fréquentée…
en tout bien tout honneur pour les DNA.
Son « In vino veritas » , inspiré d’une affaire réelle de vengeance dans le vignoble, vaut son pesant de pépins de raisin.  Il faisait s’entrecroiser crimes passionnels et grand banditisme dans une Alsace de fiction.

Une prédilection pour la psyché humaine, une autre pour l’Histoire qu’il a déclinée au travers de trois romans (« Les révoltés d’Ottendorf », « La vengeance de Gutenberg », « Le glaive et la serpe ») et de livres-enquêtes consacrés à des pages sombres de l’histoire régionale : « Les loups noirs, autonomisme et terrorisme en Alsace », « Oradour, l’extermination »,
« Crimes sans coupable », « Rad, malgré eux ».
« Le passe-muraille du Mont-Saint-Odile », qui retrace l’enquête de gendarmerie ayant conduit à arrêter le bibliophile qui pillait la bibliothèque du monastère, s’inscrit aussi dans cette veine. On lui doit encore plusieurs livres imagés d’histoire locale.

Bernard Fischbach avait aussi donné avec bonheur dans la biographie en ressuscitant le compositeur d’origine alsacienne Émile Waldteufel (1837-1915), le Strauss français, auteur de la célèbre
« Valse des patineurs ».
Le livre qui était assorti d’un disque de la Valse du coeur, était préfacé par la  ministre de la culture et porte parole du gouvernement de l’époque (1997) Catherine Trautmann.
Dès parution d’un nouveau roman, il ne manquait jamais de me l’adresser avec une belle dédicace.

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