Noir & Blanc : une esthétique de la photographie

Mary Ellen Mark, Immigrants, Istanbul,Turquie (détail), vers 1977

mise en ligne de visites virtuelles de l’exposition
Noir & Blanc : une esthétique de la photographie
à partir du 18 février
suite à l’impossibilité d’ouvrir l’exposition

« Le monde en noir et blanc recèle quelque chose de mystérieux qui ne peut être décrit et qui est formidablement séduisant. Est-ce faux de penser que cela touche nos cœurs d’autant plus fort que nous vivons à une époque où tout peut être photographié en couleurs ? » Shoji Ueda.

Mario Giacomelli

Cette exposition présente des chefs-d’oeuvre en noir et blanc des collections photographiques de la Bibliothèque nationale de France (BnF), exceptionnellement réunis pour l’occasion. Nadar, Man Ray, Ansel
Adams, Willy Ronis, Helmut Newton, Diane Arbus, Mario Giacomelli, Robert Frank, William Klein, Daido Moriyama, Valérie Belin… Les grands noms de la photographie française et internationale sont réunis dans un parcours qui embrasse 150 ans d’histoire de la photographie noir et blanc, depuis ses origines au XIXe siècle jusqu’à la création contemporaine.

André Kertész

150 ans d’histoire de la photographie noir et blanc
Dans la continuité des grandes expositions de photographie organisées depuis 2012 dans la Galerie Sud-Est du Grand Palais, l’exposition Noir & Blanc présente plus de 300 tirages représentatifs de la collection
exceptionnelle du département des Estampes et de la photographie de la BnF.
Cette présentation se concentre sur le XXe siècle et la période contemporaine sans omettre un préambule de quelques photographies du XIXe siècle : ainsi le thème est traité sur plus de 150 ans à travers l’oeuvre
d’environ 200 photographes de plus de 30 nationalités.

Willy Ronis

Suite à l’impossibilité d’ouvrir l’exposition Noir & Blanc : une esthétique de la photographie. Collection de la Bibliothèque nationale de France, initialement prévue au Grand Palais du 8 avril au 6 juillet 2020, reportée une première fois du 12 novembre au 4 janvier 2021, puis une seconde fois du 16 décembre au 1er février 2021, la Rmn – Grand Palais met en ligne dès le 18 février prochain des visites virtuelles afin de permettre au public de profiter malgré tout de l’exposition :
une visite virtuelle autonome avec audioguide où le visiteur circule à son rythme, de salle en salle, à travers plus de 300 tirages dont 33 oeuvres bénéficiant de contenus audioguide. En début de parcours une introduction sonore de Sylvie Aubenas, commissaire principale de l’exposition lui est proposée.
– Puis, au cours de la balade, certaines des oeuvres sont accompagnées d’icônes qui permettent d’accéder à des contenus complémentaires, textes et audio. L’affichage en haute définition de cette sélection d’oeuvres
permet également de zoomer en profondeur et d’en apprécier la subtilité.
Le lien acheté par le visiteur vers la visite est unique et nécessite un mot de passe valable pendant une semaine : du mercredi au mardi suivant.
Un extrait de cette visite se trouve ici.

une visite guidée en direct commentée par un conférencier de la Rmn – GP, qui permet de découvrir l’exposition en une heure grâce aux commentaires éclairés du guide conférencier et de lui poser directement des questions en fin de visite. Chaque visiteur obtient un lien avec un mot de passe valable
durant l’heure de son créneau de réservation.

Valérie Belin

Est utilisée une technologie de pointe basée sur de multiples prises de vues photographiques à 360° et des relevés lasers.
Explor Visit (spécialiste des visites virtuelles 3D et des visites guidées à distance) a réalisé la captation de l’exposition Noir & Blanc en très haute définition. Le modèle 3D ainsi constitué offre au visiteur
un sentiment d’immersion dans les espaces scénographiques et lui permet de s’approcher au plus près des oeuvres exposées.
Ces deux types de visites sont disponibles sur réservation dès le 18 février dans le programme en ligne du site grandpalais.fr et bnf.fr.
tarifs :
4 € la visite autonome avec audioguide
8 € la visite guidée avec un conférencier de la Rmn – GP
du 18 février au 18 juin 2021
Noir & Blanc sur la toile est toujours disponible avec des vidéos, des jeux pour enfants et des relais sur les réseaux sociaux de la Rmn – Grand Palais avec notamment un filtre Instagram créé par l’artiste Ines Longevial.

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Le noir insondable, ultime – Pierre Soulages,

Exposition prévue jusqu’au 28 février 2021 au musée Frieder Burda de Baden Baden,
Le musée est temporairement fermé en raison des mesures prises pour contenir la pandémie de Corona.

Pierre Soulages, grand peintre français pionnier de l’abstraction, lui a consacré sa vie d’artiste. Pour autant, le noir est pour lui tout sauf obscurité et ténèbres – il est plutôt le pendant de la lumière, à laquelle il permet de rayonner sous toutes ses facettes – que la couleur soit appliquée par raclage, décapage ou au pinceau. Ce sont les différentes textures, lisses ou fibreuses, légères ou denses qui, sous l’effet de la lumière, font apparaître l’infinie richesse de nuances potentielles ; Soulages se sert du contraste entre le clair et l’obscur pour faire remonter à la surface de la toile la clarté cachée dans les profondeurs du noir.

« Je ne dis rien. Je ne représente pas. Je peins, je présente »,

– ce sont ses propres termes pour évoquer son approche radicale.
Aujourd’hui centenaire, cet artiste né le 24 décembre 1919 à Rodez dans l’Aveyron, vit et travaille à Paris et Sète. 

100e anniversaire

À l’occasion du 100e anniversaire du peintre à la fin de l’année dernière, événement que le Louvre a célébré par une importante exposition, le Musée Frieder Burda lui consacre à son tour à une grande exposition conçue comme une rétrospective. Elle réunit des travaux majeurs réalisés au cours des sept dernières décennies, et c’est l’un des curateurs les plus renommés de France, Alfred Pacquement (qui fut notamment longtemps à la direction du Centre Pompidou), ami de Pierre Soulages depuis des années et connaisseur de son oeuvre, qui en assure le commissariat aux côtés de Udo Kittelmann, directeur de la Nationalgalerie de Berlin.


Après Baden-Baden, l’exposition se rendra au musée Kunstsammlungen Chemnitz, rassemblant une soixantaine d’oeuvres issues de collections internationales et organisée en étroite collaboration avec l’artiste.

Participation de Soulages, jeune artiste

« Le fait que cette exposition puisse avoir lieu en Allemagne a, on peut le dire, un certain caractère sensationnel »,
déclare Henning Schaper, le directeur du Musée Frieder Burda.
« Et elle s’inscrit dans un contexte particulier. Soulages lui-même a souvent dit que tout avait commencé en Allemagne. Fidèles à l’esprit de Frieder Burda, nous maintenons donc la tradition qui vise à enrichir le dialogue artistique entre l’art en France et en Allemagne. »
De fait, la participation de Soulages, jeune artiste, à l’exposition itinérante
« Französische abstrakte Malerei » en 1948/49 fut à l’origine de la précoce renommée de son oeuvre. C’est aussi en Allemagne qu’eut lieu sa première exposition rétrospective : en 1960 à la Kestner Gesellschaft de Hanovre, et il sera aussi le seul artiste présent aux trois premières éditions de la documenta à Kassel en 1955, 1959 et 1964. Pourtant, c’est la haute estime dans laquelle le tinrent très tôt ses collègues peintres allemands qui lui importa le plus ; parmi eux Willi Baumeister, HAP Grieshaber, Karl Otto Goetz, Rupprecht Geiger, Fred Thieler, Hann Trier et tout particulièrement Fritz Winter.
L’affrontement de Soulages avec le noir s’inscrit dans un cheminement qui lui est propre : ses premiers tableaux gestuels, relevant de l’art formel, les tableaux peints au brou de noix de la série Brou de noix datant de la fin des années 1940 rappellent encore par leur réduction formelle la calligraphie chinoise. À partir de 1979, époque de son adhésion radicale à l’outrenoir, Pierre Soulages parvient alors à s’affranchir de tout caractère figuratif et symbolique.

                                
                                                                  Pierre Soulages,
Brou de noix et fusain sur papier

Les commissaires

Alfred Pacquement et Udo Kittelmann évoquent leur travail aux côtés de l’artiste :
« Pierre Soulages est, et demeure aujourd’hui encore, l’une des plus grandes personnalités artistiques de notre temps. Son oeuvre est enraciné depuis plus de 70 ans dans l’histoire de l’art contemporain, de ses débuts juste après la Seconde Guerre mondiale à nos jours. »
La rétrospective qui lui est consacrée à Baden-Baden montre l’évolution
son travail  – surtout face à une si extraordinaire longue phase créative – d’une cohérence impressionnante.
Depuis le début, Soulages s’est tourné vers l’abstraction totale et en a posé ainsi les bases, sans remettre en question les valeurs traditionnelles de la peinture. Il prend, par le choix des matériaux (ex: teinture de noix, goudron) et des outils, une position singulière depuis 1948.

                            Pierre Soulages peintures
Ses toiles sont définies en fonction de la technologie utilisée, dimensions et date d’exécution et non à travers un titre qui influence la perception du spectateur


 «L’œuvre vit du regard qu’on lui porte. Elle ne se limite ni à ce qu’elle est, ni à celui qui l’a produite, elle est faite aussi de celui qui la regarde. Ma peinture est un espace de questionnement et de méditation où les sens qu’on lui prête peuvent venir se faire et se défaire »
L’exposition illustre le parcours de l’artiste de 1946 à ce jour et montre un ensemble de tableaux provenant de musées européens et de collections privées, notamment du Musée Soulages à Rodez et du Centre Pompidou à Paris – Elle est accompagnée d’un catalogue richement documenté.

Tempête autour d’un Soulages

Durant des années, lorsque Georges Pompidou assurait la fonction de Premier Ministre, un immense tableau de Pierre Soulages (194 x 130 cm) est accroché dans le bureau de Matignon. Un choix qui provoque alors incompréhension et polémique.

« L’art abstrait à l’époque n’est pas encore apprécié à sa juste valeur dans les cercles politiques ou médiatiques. Cette toile de Soulages de 1957 remplace un portrait de Colbert ! C’est la première fois que l’art vivant va faire une intrusion aussi fracassante dans les palais de l’Etat », souligne Yannick Mercoyrol, Directeur de la programmation culturelle de Chambord.

Les Vitraux de Conques

Les vitraux de Pierre Soulages font aujourd’hui partie intégrante de l’architecture de l’abbatiale de Conques, de son histoire et de sa mémoire collective.

Si les visiteurs du monde entier se pressent à Conques, c’est pour découvrir dans un même élan l’architecture de l’édifice, son trésor et ses vitraux, au service de cette lumière vivante « en quelque sorte transmutée », une lumière
« en accord avec la fonction de cette architecture, avec l’émotion qu’on y éprouve, en accord avec l’harmonie de ce lieu de contemplation, de méditation et de prière ».

Une lumière au centre de l’œuvre que construit Pierre Soulages, depuis plus de soixante-dix ans.

Le musée

En 2005, Pierre Soulages et son épouse Colette font don d’une collection exceptionnelle de 250 œuvres et 250 documents à la communauté d’agglomération du Grand Rodez….

Cette donation est alors la plus importante octroyée en France par un artiste vivant. Elle sera labellisée « Musée de France » et, afin de l’accueillir, le Grand Rodez engage les démarches nécessaires pour l’édification d’un nouvel équipement culturel sur le site du Foirail. Commence alors la grande aventure du Musée Soulages et de sa création.

Depuis l’ouverture du musée en mai 2014, les collections sont également enrichies par des dépôts d’œuvres de Pierre Soulages provenant de musées ou de collections.

Cette donation constitue le fonds le plus complet sur les 30 premières années de créations de l’artiste et témoigne une volonté des époux de transmettre une expérience d’artiste pour la vision d’une création plus universelle.

Informations

Museum Frieder Burda ·
Lichtentaler Allee 8b · 76530 Baden-Baden
Telefon +49 (0)7221 39898-0 ·
www.museum-frieder-burda.de

• Liaison directe par autobus depuis la gare de Baden-Baden :
• Lignes comportant l’arrêt « Augustaplatz/Museum Frieder Burda » (notamment lignes 201 et 216).

• Depuis l’arrêt Augustaplatz/Museum Frieder Burda, traverser la place à droite pour rejoindre le parc, traverser l’Oos pour arriver directement au musée.

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ORLINDA GALLERY

ART URBAIN CONTEMPORAIN & POST GRAFFITI

ORLINDA GALLERY

site officiel : https://orlinda.gallery/galerie-orlinda/

L’art à la portée de tous 

La galerie Orlinda propose  des expositions et des ventes d’oeuvres d’art  signées d’artistes urbains contemporains internationaux, nationaux et locaux. Mais ce n’est pas tout. Contrairement à d’autres, la galerie d’art Orlinda se veut surtout être un acteur culturel qui s’efforce de montrer, dans les rues alsaciennes, la pluralité des disciplines du street art.

                    Pour nous l’art doit être à la portée de tous. 

J’avoue tout, je ne connais pas grand chose au street art, à part ma
vénération sans borne pour Ernest Pignon Ernest , qui d’ailleurs
se défend d’être un artiste de cette discipline, 

Quand j’interviens dans un lieu, j’inscris dans le lieu un signe
d’humanité »,
précise-t-il. « Je n’expose pas des dessins dans la rue, je provoque quelque chose dans la rue », dit-il encore avant de compléter :
« ce que je propose, ce n’est pas mon bonhomme, c’est bien le lieu et sa mémoire.
»-

quelques rencontres avec JR à Mulhouse de ci de là à Baden Baden,
ou encore le célèbre inconnu Banksy, ma curiosité m’a portée vers
cette charmante Orlinda et sa gallery.
L’appellation art urbain contemporain s’impose de plus en plus en remplacement du Street Art. Le mouvement a aujourd’hui 50 ans et
traverse déjà 3 générations. 

Entretien confiné

Comment êtes-vous venus à l’art ?
Un cursus scolaire en art plastique jusqu’en terminale lié à un intérêt qui ne m’a jamais quitté pour l’art et notamment, les mouvements d’avant-garde comme Dada, le surréalisme, le constructivisme.  Même si ensuite mes études universitaires ont plutôt été orientées vers la communication d’entreprise et l’informatique, mes livres de chevet ont toujours fait référence à l’art. En vacances ou pendant mes week-ends je me suis toujours arrangée pour visiter tel ou tel musée ou expo. Enfin en 2010, un ami de mon mari nous a fait découvrir la peinture haïtienne dont certains artistes vaudou du mouvement saint soleil– c’était absolument passionnant – nous sommes devenus d’abord acheteurs de ces peintres jusqu’à les représenter en France. C’était un premier doigt de pied dans le grand bain de l’économie de l’art. C’est d’ailleurs ce qui m’a décidé à me lancer dans la vente d’art et de quitter mon emploi. Mais pour que ça devienne crédible économiquement (autrement dit que je puisse quitter mon travail de salariée) nous nous sommes rendus compte qu’il fallait aussi nous ouvrir à d’autres artistes plus occidentaux. L’art haïtien est riche et intéressant mais ça reste une niche et les collectionneurs sont peu nombreux en France. Voilà comment petit à petit j’ai été amenée à rencontrer de nouveaux artistes  et plus particulièrement ceux qui oeuvraient dans la rue. Ceci dit j’ai passé mon adolescence dans un quartier très populaire à Colmar et je fréquentais déjà des artistes graffiti. C’est un univers que je connais depuis longtemps.

Vos parents, leur éducation ?
Je suis un pur produit de classe moyenne alsacienne. Mes parents ne m’ont pas vraiment initié à l’art même si ma mère était couturière/costumière au théâtre municipal de Colmar ce qui m’a permis d’en découvrir les coulisses. Mon père est parti vivre à la Réunion ouvrir une concession de voitures à l’autre bout du monde quand j’avais 10 ans  – j’ai passé mon adolescence entre les 2 mois d’été tropicaux avec mon père et le reste de l’année avec ma mère et ma soeur. Je me suis forgée toute seule mon appétence pour les arts visuels au fil des années. Puis plus tard avec mon mari (qui est aujourd’hui co gérant de la SARL qui gère la galerie), en fréquentant expositions, musées et surtout les ateliers d’artistes.

Qu’est-ce qui vous a attiré dans le métier de galeriste ?
Découvrir des talents. C’est le rêve de tous galeristes, découvrir une pépite et la porter sur le devant la scène. C’est un peu caricatural de dire ça mais c’est quand même le moteur du métier. Être galeriste selon moi ce n’est pas juste vendre des œuvres c’est aussi et d’abord accompagner l’artiste , lui proposer des projets hors de son atelier qui peut lui offrir de la visibilité. C’est tout ça qui me plait dans ce métier. C’est d’ailleurs un métier en pleine mutation.

                                                Rafael  SLIKS

En quelle année la galerie ?
En 2010 pour nous avons créé une galerie associative pour promouvoir les artistes haïtiens. C’était une galerie itinérante. Nous avons organisé de belles expositions dont une au parlement européen à Strasbourg et au Musée du Montparnasse à Paris. C’est en 2015 que je me suis totalement professionnalisée avec mon propre lieu et une galerie qui porte mon nom.

Orlinda est-ce votre prénom ? quelle origine ?
Oui c’est mon vrai prénom. Une idée de mon père – c’est un prénom brésilien je crois mais c’est aussi le nom d’une petite ville aux Etats Unis connue pour abriter un pénitencier assez dur, ou encore une des plus vieilles cités brésiliennes, cité de culture.

Pourquoi avez-vous choisi le Street Art ?
Je vivais avec ma mère dans les quartiers ouest colmariens et j’avais des copains qui faisaient du graffiti. Je reconnaissais leurs œuvres quand je les croisais ici ou là. C’est un mouvement qui a été portée par ma génération née dans les années 70. Celle du hip hop et du punk des années 80. C’est un mouvement très populaire.

Y a-t-il une différence entre le Street art, l’art urbain, les fresques, les graffiti, ou le graphe quand on est plus chic  ?
En fait tous ces mouvements n’ont théoriquement rien à voir les uns avec les autres. Le seul point commun qu’ils peuvent avoir c’est leur zone d’expression qui est la rue. Street art est aujourd’hui un terme générique qui essaye de regrouper toutes ces formes mais c’est un terme qui est devenu marketing, et donc galvaudé qui ne veut plus rien dire. Pour peu qu’un artiste utilise de la bombe sur une toile avec deux ou trois coulures, il est classé street art. C’est dommage, ça trouble le public et ça rend les choses difficiles à comprendre pour les néophytes. 
Les grandes fresques murales appartiennent à un mouvement qui s’appelle le néo muralisme.

                                                      Andréa Ravo-Mattoni

– le vrai muralisme était un mouvement artistique mexicain des années 1920 très politique.
Le graffiti lui est né aux états unis dans les années 60 70 avec le punk et le hip hop. C’est d’abord une signature. Une manière de dire « j’étais là » mais pour certains c’était aussi de manière de délimiter un territoire. Ces signatures se sont de plus en plus perfectionnées avec le temps jusqu’à devenir pour certaines des œuvres calligraphiques tendant de plus en plus vers l’abstraction. Et il y a les années 80 en France avec les pochoiristes de la première heure comme Blek le rat, Miss Tic par exemple.
Personnellement j’aime bien le terme d’art urbain. Des artistes comme Daniel Buren, Ernest Pignon Ernest ou encore Christo sont (ou étaient si on parle de Christo) des artistes urbains et n’ont rien à voir avec le muralisme ou le graffiti. Ce qui est intéressant c’est l’impact d’une œuvre dans l’espace publique. Ces œuvres évoluent aussi avec la rue –elles sont toutes éphémères –  certaines sont recouvertes immédiatement par d’autres personnes, d’autres se dégradent avec le temps, la pluie et la pollution. Elles se transforment toutes. Une œuvre dans la rue a une durée de vie limitée de quelques heures à quelques années.  C’est ce qui m’attire. Certaines sont massives et d’autres sont  toutes petites et interagissent avec un élément urbain. Après, évidemment certains de ces artistes produisent des œuvres d’ateliers pour les vendre et s’assurer des revenus. C’est elles que je montre dans ma galerie. Elles sont forcément plus pérennes aussi. Je vous propose de vous rendre sur ma chaine Youtube et de visionner ma vidéo https://www.youtube.com/watch?v=Ej9sX9nz3kQ
où justement j’explique la différence entre ces différents types d’art.

Mais comme dans tous les courants , il y a des radicaux qui refusent que leurs œuvres quittent la rue et sont totalement contre les galeries qu’ils voient comme des marchands du temple et sont généralement encore plus contre les musées qu’ils considèrent comme des lieux élitistes coupés de la réalité. Les artistes urbains sont tous différents et ont tous des aspirations différentes –
ce n’est absolument pas un mouvement uniforme issu d’un manifeste.
Vous trouvez de tout…. à l’image d’une rue.

Exposez-vous d’autres artistes que ceux du Street Art ?
Oui – même si c’est vrai que la plupart de mes artistes interviennent tous dans la rue. Certains sont même plus dans la rue à tester de nouvelles techniques que dans leurs ateliers. Mais je ne fais pas une fixation. Je travaille aussi avec quelques artistes qui ne proposent qu’un travail d’atelier.

Comment travaillez-vous?
Aujourd’hui les réseaux sociaux nous permettent de rencontrer des artistes des 4 coins du monde. Certains me sont conseillés par des confrères ou des artistes ou avec qui je travaille déjà. Au- delà de l’expo en galerie ou dans des  foires, ce qui m’intéresse c’est de proposer à mes artistes des projets hors les murs. Montrer justement au public ce que peut faire l’artiste lorsqu’il sort de son atelier. Ça peut être une collaboration avec une municipalité, un bailleur social qui possède de grands immeubles ou alors des entreprises. J’aime bien l’idée que l’art rentre dans toutes les sphères de la société. Tout est possible.

                                      Kef

Pouvez-vous parler de votre travail, en quoi cela consiste ?
Mon métier c’est d’abord Promouvoir le travail de mes artistes et de tout mettre en œuvre pour ça. Leur créer des opportunités en termes économiques  et de visibilité. Le but de nombreux artistes est de continuer jour après jour à vivre de leur création via la professionnalisation. Je suis un élément parmi d’autres qui va leur permettre d’atteindre ce but, de les sécuriser et de pérenniser cette professionnalisation.

                                                                Clet

A quel endroit ? maison, partout, une méthode ?
Mes expos se déroulent généralement dans ma galerie ou dans des foires auxquelles je participe. Ces expos servent à vendre les œuvres de mes artistes. Pour des projets hors les murs je commence à avoir un petit réseau de contacts. On vient également de plus en plus me voir pour des projets.

Sur quel critère faites-vous le choix d’un artiste, que vous allez exposer ?
Idéalement seul le cœur doit parler. Mais le cœur doit aussi faire de la place à la raison. D’abord je travaille avec des artistes pro ou qui ambitionnent de devenir professionnels. C’est important car, ça conditionne beaucoup de choses dans la relation qu’ils vont entretenir avec la galerie. Evidemment il faut que leur univers me parle, c’est le BEABA du métier. Mais il faut aussi que je sois persuadée d’être en mesure de leur servir à quelque chose. Par exemple il faut que je sois persuadée d’avoir des clients qui pourraient être intéressés par l’acquisition de leurs oeuvres.

Faire travailler un artiste sur une expo et ne pas lui vendre une seule œuvre peut être dramatique. Il aura consacré du temps et de l’énergie pour rien et un échec commercial, peut être vécu comme un rejet. Au delà de l’aspect économique évident – nous avons tous des loyers à payer, un frigo à remplir et des enfants à habiller – un échec commercial peut être très mal vécu psychologiquement.
Or je ne fais pas ce métier pour ça. Voilà pourquoi au-delà du cœur, je sélectionne mes artistes avec raison et rigueur. Je veux être certaine
de pouvoir leur apporter du positif. 

Artiste connu, valeur sûre, inconnu ?
J’ai les 3. Evidemment je fais ce métier pour détecter de nouveaux talents et les faire connaitre. Mais pour se forger une clientèle il faut aussi des artistes connus et des valeurs sures. Comme dans une maison d’édition , vous avez des écrivains médiatisés qui génèrent suffisamment de revenus pour permettre à l’éditeur de prendre des risques avec des premiers romans. Une galerie fonctionne un peu sur le même principe. C’est un équilibre assez subtile. Mais je ne suis pas une marchande d’art qui achètent des toiles d’artistes connus et qui se contentent de les revendre plus chères. Ce n’est pas ça qui m’intéresse.

 

                                                    Jana & JS

La clientèle, un milieu pointu, particulier, régional, local, international ?
J’ai une clientèle internationale. Des collectionneurs chevronnés comme des néophytes qui découvrent les arts urbains. Je vends d’ailleurs beaucoup plus à l’international qu’au niveau régional. Ma participation à de nombreuses foires en Suisse, Belgique, Luxembourg ou sur Paris m’a permis de rencontrer de nombreux acheteurs des 4 coins du monde. Ensuite j’ai aussi la chance de travailler avec des artistes très médiatisés aux Etats Unis, du coup via mon site internet et mes réseaux sociaux, j’ai pu développer une vraie clientèle là bas. Mais attention ici dans l’Est  j’ai aussi  des clients qui me suivent et me font confiance. Certains m’achètent des œuvres sur toutes mes expos.

As-vous des horaires définis ?
La galerie est ouverte du jeudi au samedi à partir de 10 H .

L’ambiance, musique, silence, intérieur, extérieur ?
Ça dépend de mon humeur …mais je préfère quand c est vivant.

Vos références : des artistes en particuliers des maîtres ?
Ils sont trop nombreux pour les citer. C’est vrai que les dadaïstes auront toujours une place particulière. J’essaye d’avoir autant de plaisir à Pompidou qu’à Unterlinden Colmar, en passant par les Offices à Florence.
Chaque époque, chaque mouvement a ses maitres.

Avez-vous des références littéraires ou musicales qui vous orientent dans le choix d’artistes?
Mes lectures tournent souvent autour de l’histoire de l’art mais ce sont des livres souvent techniques ou des livres écrits par des artistes. Mais pour mes choix d’artistes je préfère rester vierge. J’essaye de cultiver l’étonnement.

Pourquoi la rue des Trois Rois ?
C’est une rue en pleine renaissance – de chouettes restaurants et bars à vins s’y installent – elle est un peu à l’image de Mulhouse en pleine reconquête.

Le mur ?
Ce sont de belles associations. C’est même une fédération. Ils font un boulot formidable dans toutes les villes. J’aime beaucoup travailler avec eux Colmar et Mulhouse.

Kinepolis, ailleurs ?
A l’origine je cherchais un lieu ou je pouvais faire intervenir mes artistes sans forcément avoir besoin d’avoir des autorisations qui prennent souvent du temps à obtenir. En plus le parking couvert est un lieu qui est plébiscité par les artistes vandales.

                                                        Psyckoze
Mais là l’idée justement c’est de conserver l’énergie mais en cadrant les choses. On a mis un an à discuter avec la maison mère du Kinepolis en Belgique, mais ça a fonctionné, ils ont fini par accepter et finalement on a carte blanche pour faire ce qu’on veut. Le lieu est tellement grand qu’on a décidé de faire appel aux associations du Mur Mulhouse et Colmar pour organiser des sessions de peintures. Pour ma galerie ça permet aussi de faire de la veille et voir un peu ce que font les artistes du Grand Est. C est important d’être en contact avec eux. D’ici quelques années le lieu risque de devenir incroyable. Le parking est surveillé donc il n’y a pas de risques de dégradation et les murs sont à l’abri des intempéries.

Les murs peints de Mulhouse ?
Evidemment une tradition depuis le 16 ième siècle. C est pour ça que j’ai choisi Mulhouse. Ici je savais que j’aurais une certaine facilité à mettre de l’art dans la rue.  Mulhouse est une ville post industrielle en pleine mutation – le graffiti est un mouvement artistique post industriel en pleine mutation  – s’installer ici sonnait comme une évidence.

Qu’est  devenu votre travail pendant le confinement ?
Dès le départ en 2015 nous avons décidé de prendre le virage internet. Nous avons mis en place les conditions de la vente à distance dès le début. Sur le plan économique la galerie n’a pas souffert du confinement bien au contraire. Pendant le confinement j’ai repris ma casquette de webmaster.
On a vendu une toile pour soutenir l’hôpital de Mulhouse – on a fait des vidéos pour nos suiveurs et on a soutenu nos artistes psychologiquement et financièrement aussi. 

Qu’est-ce que vous avez envie de partager ?
J’aimerai que les institutions muséales s’intéressent un peu plus à nos mouvements. Pour le moment, les institutions boudent encore un peu ces mouvements, sans doute les jugeant trop graphiques, trop illustratifs,
mais je crois beaucoup au retour de l’intelligence de la main.
Les artistes avec lesquels je travaille sont souvent de sacrés techniciens,
ils maitrisent le dessin tout simplement or les institutions considèrent
ça avec encore trop de mépris. Elles ont tendance à trop privilégier le discours. Mais les choses changent … j’en suis convaincue.

Avez-vous des contacts avec les artistes mulhousiens, les autres, les autres galeristes, la municipalité ?
Oui bien sur ils viennent souvent me voir et j’ai de bonnes relations avec les artistes mulhousiens. J’ai également de très bonnes relations avec les autres galeries de Mulhouse et notamment avec Christian Lang. J’ai la chance d’avoir de très bons interlocuteurs à la mairie.

                                     Orlinda au ministère de la culture

Vos relations avec la clientèle :
J’essaye de donner du temps à tous les gens qui viennent me voir qu’ils soient acheteurs, amateurs d’art ou simples curieux. Peu importe, je sais que c’est pas facile de rentrer dans une galerie quand on a pas l’habitude. C’est un lieu qui n’a pas forcément bonne presse , beaucoup de gens se sentent encore illégitimes pensant qu’on va les juger sur leur capacité d’achat. Je crois que c’est terminé. Ce genre de galeries n’existe plus. Aujourd’hui nous sommes des lieux ouverts gratuits ou l’on vient passer un bon moment.

La Galerie agit-elle sur votre manière de vivre 
Oui on est galeriste H 24 – ce n’est pas un métier qu’on choisit car on ne savait pas quoi faire d’autre. On est en alerte en permanence – toujours à apprendre, toujours à regarder et à fouiller. On le fait par passion, ça nous hante en permanence.

                                                            C215

L’œuvre achetée dans une galerie est-elle plus chère que celle achetée auprès d’un artiste ?
Nonou alors c’est que l’artiste ou le galeriste n’a rien compris et qu’il n’est pas pro. Un artiste a  un prix de marché et ce prix doit être le même qu’il soit en sortie d’atelier ou à la galerie. C’est l’artiste qui fixe ses prix – mais évidemment, si j’estime que ce prix est hors sol par rapport à son cv ou ses passages en salles de ventes, je l’inviterais à réviser ses prix à la baisse et plus rarement à la hausse. Par contre, si j’apprends que l’artiste casse ses prix à l’atelier, on arrête immédiatement toute collaboration. C’est qu’il n’a pas confiance en son travail. C’est pour ça que c’est important de travailler avec des artistes professionnels ou qui ont cette ambition pour ne pas avoir de mauvaises surprises. Et inversement c est important pour les artistes de travailler avec des galeristes professionnels.

Les artistes doivent-ils être le reflet des sentiments, de la vision de leur époque ?
Oui je pense que les artistes répondent à une époque, à une génération. Voilà pourquoi je parlais d’intelligence de la main qui je pense correspond à l’époque. Je pense que nous sommes en train de renouer avec cette forme d’intelligence.

Une devise ?
La beauté sauvera le monde

Quelle est votre plus belle rencontre en art ?
Une œuvre de Gilles Barbier en 2002 à Art Basel Unlimited intitulée : L’hospice

Une définition de l’art ?

Inutile et donc essentiel

Les artistes
C215, L’Atlas, Clet Abraham, Shaka, Aurel Rubbish, M-City, RNST, Jana & Js, OakOak , Psyckoze, Kef  

Orlinda  au Stamala en compagnie de Francine Hebding à Radio MNE

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ORLINDA GALLERY
ART URBAIN CONTEMPORAIN & POST GRAFFITI
33, rue des Trois Rois
68100 Mulhouse, Alsace
FRANCE

OUVERTURE

Jeudi, vendredi
10h-12h et 14h30-19h

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10h-12h30 et 14h30-19h

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Gustave Doré, Illustrateur, caricaturiste, peintre, graveur et sculpteur français.

Le Christ quittant le prétoire  Gustave Doré, peint entre 1867 et 1872


Gustave Doré est né le au 5 (aujourd’hui 16) rue de la Nuée-Bleue à Strasbourg, près de la cathédrale gothique. Il est mort le à Paris dans son hôtel de la rue Saint-Dominique. Il avait un lien très fort avec sa mère pendant toute sa vie, celle-ci était remplie d’orgueil face au talent de son fils qu’elle qualifia souvent de génie. Ce soutien était moins partagé par son père qui le destinait à une carrière moins précaire et souhaitait l’inscrire à l’École Polytechnique
 Illustrateurcaricaturistepeintregraveur et sculpteur français.

Enfance

Dès l’âge de cinq ans, Gustave Doré, doté d’un sens pointu de l’observation, montre un talent singulier pour le dessin. Dès l’obtention de sa première palette de peinture, la nuit venue, il peint en vert une poule qui terrifia toute la ville. Sa grande curiosité lui permet de multiplier les croquis éclectiques (scènes intimes ou urbaines, mythologiques ou de l’Antiquité). Gustave entre dans la classe de la pension Vergnette, place de la Cathédrale, comme interne, où il commence à illustrer ses cahiers d’écolier et des lettres qu’il écrit à ses parents et amis. Il réalise ses premières caricatures, prenant pour objet son entourage. Son imagination fertile se nourrit de lectures et d’inspirations précoces exceptionnelles pour son âge. Il s’inspire notamment de Cham et de Rodolphe Töpffer. (le père de la BD)

La carrière

Il n’a que 15 ans lorsqu’il est remarqué par Charles Philipon, fondateur des célèbres journaux satiriques La Caricature et Le Charivari. Il débute ainsi sa carrière à Paris dès 1848 comme dessinateur humoristique pour Le Journal pour rire et réalise des albums faisant preuve d’une grande inventivité graphique.

En 1851, il entreprend d’illustrer les grands textes de la littérature mondiale, comme L’Enfer de Dante, la Bible ou encore Les Contes de Perrault, par de riches gravures sur bois créant une foisonnante iconographie qui devient très vite la source d’un imaginaire singulier et populaire. Parallèlement à sa glorieuse carrière d’illustrateur, Doré aspire ardemment, mais en vain, à bénéficier de la même renommée en tant que peintre. À la fois héritière du Romantisme et empreinte de réalisme, son œuvre inclassable est rejetée par la critique. Elle lui reproche son manque de « métier » et moque son goût pour les compositions monumentales où dominent les sujets religieux et les paysages aux effets lumineux et étranges confinant au fantastique.

Il va lister la trentaine de chefs-d’œuvre dans le genre épique, comique ou tragique de sa bibliothèque idéale en souhaitant les illustrer dans le même format que Le Juif errant, L’Enfer de Dante, les Contes de PerraultDon QuichotteHomèreVirgileAristoteMilton ou Shakespeare. Les éditeurs refusent de réaliser ces publications luxueuses d’un trop grand coût.

Doré Gallery

En 1868 s’ouvre à Londres une « Doré Gallery » où sont exposés en permanence les tableaux de l’artiste.

Le chef-d’œuvre, et la grande attraction, est cette gigantesque peinture religieuse représentant Jésus à sa sortie du tribunal, après sa condamnation par Pilate. Au milieu d’une foule curieuse ou hostile, le Christ, vêtu de blanc et placé au centre même du tableau, semble irradier toute la scène d’une douce lumière surnaturelle. L’œuvre frappe d’emblée par l’ampleur de sa composition, par la vitalité émanant d’une foule gesticulante, et par l’efficacité d’une mise en scène dramatique et théâtrale. Peinture « à grand spectacle », elle évoque les futures superproductions cinématographiques, les grands péplums hollywoodiens. Très réaliste par la précision des détails, l’œuvre touche au sublime par sa démesure et sa force narrative.


Le thème de La Vallée de larmes peinte sur une immense toile s’inspire de l’Evangile selon saint Matthieu qui rapporte ces paroles du Christ :
« Venez avec moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous donnerai le repos ». . Au Petit Palais Paris.
Au seuil de sa vie, Gustave Doré évoque la lumière de la foi qui triomphe de la douleur et de la mort.

Le Fonds Gustave Doré

Gustave Doré a entretenu une relation privilégiée avec l’Alsace, dont son œuvre restitue les paysages, les coutumes et les légendes. Les artistes, intellectuels, collectionneurs publics et privés se sont employés, dès les lendemains de la Première Guerre mondiale à associer son nom à la ville de Strasbourg. Après plusieurs acquisitions successives, et notamment en 1992, les musées disposent d’un ensemble exceptionnel de plus de 400 œuvres. Un important corpus de près de 200 volumes a également intégré la collection de la Bibliothèque des Musées où l’on peut désormais consulter les remarquables planches gravées accompagnant les ouvrages de Dante, Rabelais, La Fontaine, Gautier, Cervantès, ou encore de nombreux albums illustrés et revues satiriques

Peintre, dessinateur et illustrateur d’origine strasbourgeoise, Gustave Doré est représenté par 432 œuvres dans les collections du MAMCS.

                                                   Venus et Amour

Gustave Doré au MAMCS

Le Christ quittant le prétoire, appelé aussi Le Prætorium est un tableau monumental de Gustave Doré, peint entre 1867 et 1872, la plus grande de ses peintures religieuses et celle qu’il considérait comme l’« œuvre de sa vie ».
Le tableau connut d’ailleurs un grand succès, puisqu’il a été reproduit en gravure dès 1877. Doré lui-même en réalisa plusieurs répliques. Il existe actuellement deux autres versions : l’une, nettement plus petite, est exposée dans la galerie de peintures de l’université Bob Jones à Greenville, l’autre, presque aussi grande, au musée des beaux-arts de Nantes.

Acquis en 1988 par le musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg,
ville natale du peintre, le tableau original a nécessité une longue restauration, accomplie en public de 1998 à 2003, dans l’immense salle « Gustave Doré » du musée, où il est exposé.


Le catalogue du MAMCS

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La Chandeleur

C’est l’heure de la Chandeleur ou de faire la crêpe !

La Chandeleur (fête des chandelles) est une ancienne fête païenne et latine, devenue ensuite une fête religieuse chrétienne correspondant à la présentation du Christ au Temple et sa reconnaissance par Syméon comme « Lumière d’Israël ». C’est une des douze grandes fêtes liturgiques célébrées par les églises orthodoxes.

Cette fête se déroule le 2 février, soit 40 jours après Noël.

                         Tableau du peintre flamand Pieter Aertsen – 1560

Étymologie

Le nom de cette fête, « Chandeleur », a une origine latine : la festa candelarum, (ou « fête des chandelles ») expression dans laquelle on retrouve candela, qui signifie chandelle. Aujourd’hui, des cierges sont bénis pour rappeler que Jésus est lumière du monde.

Historique

Chez les Romains, on fêtait les Lupercales aux environs du 15 février, fêtes inspirées de Lupercus, dieu de la fécondité et des troupeaux. À la même époque, on trouve également la fête de Feralia.

Les Lupercales ont fréquemment été liées à la fête de la Chandeleur, notamment par le cardinal Cesare Baronio au XVIe siècle, sans doute en raison de la visée purificatrice que ces fêtes pouvaient avoir. En 472, la Chandeleur a été associée aux « chandelles » par le pape Gélase Ier, qui a été le premier à organiser des processions aux flambeaux le 2 février. Dans une lettre adressée au sénateur Andromachus, il souhaitait rétablir les Lupercales et arguait qu’elles avaient un pouvoir purificateur. Comme le sacramentaire gélasien mentionne la fête de la Chandeleur, on en conclut que Gélase avait remplacé la fête païenne à date environnante par la fête de la Présentation. Cependant, le sacramentaire gélasien a subi une forte influence gallicane et a été compilé entre 628 et 731 ;
il est donc aussi possible que l’adjonction de la fête ne soit pas due à Gélase.
En effet, lorsque Gélase s’adresse à Andromachus, il n’use pas d’arguments d’autorité mais se contente de montrer par exemple que la fête des Lupercales n’aurait plus d’effet, ne serait-ce que par sa dénaturation et son incompatibilité avec des idéaux chrétiens. Cela a été interprété comme dénotant son manque d’influence sur l’aristocratie romaine.

                         Andrea Mantegna, Présentation au temple, 1455

La fête de la Présentation au Temple est célébrée dès le IVe siècle à Jérusalem. On trouve ainsi des homélies sur la fête attribuées à Méthode de Patare († 312), au pseudo-Cyrille de Jérusalem, au pseudo-Grégoire de Nysse († 400) ou à saint Jean Chrysostome († 407). En outre, on dispose du récit de pèlerinage d’Égérie (381384) où elle affirme que des festivités ont lieu à Jérusalem quarante jours après l’Épiphanie — la naissance du Christ étant alors célébrée à cette date en Orient (comme cela est toujours le cas pour les Arméniens) — en l’honneur de la Présentation au Temple :

Notre Dame de la Candelaria

Notre-Dame de Candelaria (patronne des îles Canaries). Dans cet archipel espagnol a commencé l’identification de la Chandeleur avec la Vierge Marie.Dans les églises, on remplace les torches par des chandelles bénites dont la lueur est supposée éloigner le mal et rappelle que le Christ est la lumière du monde. Les chrétiens rapportent ensuite les cierges chez eux afin de protéger leur foyer. En 1372, cette fête sera également associée à la Purification de la Bienheureuse Vierge Marie, autrement dit ses relevailles.

Les crêpes

Les crêpes avec leur forme ronde et leur couleur dorée rappelleraient le Soleil enfin de retour après la nuit de l’hiver, ce qui expliquerait que l’on confectionne des crêpes à la Chandeleur, moment de l’année où les jours s’allongent de plus en plus vite. C’est également à cette époque de l’année que les semailles d’hiver commençaient. On se servait donc de la farine excédentaire pour confectionner ces crêpes, qui sont un symbole de prospérité pour l’année à venir.

Aux États-Unis et au Canada, le jour de la Chandeleur est remplacée par le Jour de la Marmotte : « Groundhog Day ».

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Sommaire de janvier 2021

Christophe dérive des mots grecs Khristos (Christ) et phorein (porter), c’est-à-dire celui qui porte le Christ, en allusion à un géant légendaire initialement nommé « Réprouvé » qui aurait aidé l’enfant Jésus à traverser une rivière. Encore au xvie siècle, avant le concile de Trente, il passait pour mettre à l’abri des maladies quiconque voyait sa statue.
C’est d’ailleurs pour cette vertu que l’on voit son portrait sur les murs extérieurs de certaines églises à l’appui du traditionnel dicton :


 « Regarde Christophe et va-t-en rassuré »

dessin Albrecht Altdorfer

23 janvier 2021 :  Le Séchoir, art en mouvement
18 janvier 2021 :  Les «Bourgeois de Calais» d’Auguste Rodin
12 janvier 2021 :  La Villa Majorelle, une maison Art nouveau
08 janvier 2021 : Françoise Saur – photographe
06 janvier 2021 : Epiphanie, les Rois Mages
03 janvier 2021 : Impasse Ronsin. Meurtre, amour et art au cœur de Paris

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Le Séchoir, art en mouvement

Le lieu

Vous avez fantasmé sur les artistes de Montmartre, la Ruche, le Bateau Lavoir ?
A Mulhouse, ville d’art et d’histoire, en dehors de ses nombreux musées, Kunsthalle, vous trouverez des lieux tout aussi actifs qui regroupent des ateliers d’ artistes, voire des galeries d’art.
Un problème pour le situer ou l’atteindre ?  Si vous apercevez l‘Homme-Cigogne de Louis Perrin, c’est que vous touchez au but, un arrêt de bus, C7, tout neuf intitulé :
« Lesage » vous indiquera que vous êtes arrivés au Séchoir.
Il suffit de grimper au dernier étage ou d’emprunter l’ ascenseur et vous pénétrerez dans le saint des saints

photo de notre regretté Ramon Ciuret

site officiel : https://www.lesechoir.fr/
sur France 3 vidéo

« Le Séchoir est aujourd’hui une fabrique artistique qui permet à ses résidents d’articuler leur création avec des temps de diffusion mais qui permet aussi par des appels à projet ouverts aux non-résidents de rendre compte de manière large de la création actuelle et contemporaine du territoire GRAND EST ».
Sandrine Stahl

L’activité

A le tête de ce rendez-vous de l’Art Contemporain mulhousien, une jeune femme Sandrine Stahl, présidente, secondée par son époux, trésorier & administrateur (+homme à tout faire),  Matthieu Stahl, président du Noumatrouff, tous les deux artistes multidisciplinaires. Delphine Goutron, secrétaire fait partie du CA,
en compagnie de Rémi Lesage, Olivier Chapelle, André Maïo, Barbara Farina,
Vincent Rouby et Mae.


Les heureux locataires de ce lieu s’appellent les Sécheurs , ils occupent actuellement 17 ateliers, sur une surface de 800 m2  d’atelier et 350 m2 de surface d’exposition.
Une photographe attitrée Eliane Goepfert, ainsi que quelques artistes associés -Philippe Anstett, Mosto, Eurgen- font partie de ce bel écrin.
Petite structure mais grande par le talent, elle peut
s’enorgueillir d’organiser  des conférences, avec des talents illustres comme Michel Pastoureau, ou
Yoyo Maeght, ou des vedettes du show biz comme 
Cali parrain du Séchoir, Yoyo Maeght marraine,
Charlélie Couture, et bien d’autres.
Des expositions, sur des thèmes choisis, après appel de candidatures et choix par un comité, se suivent à raison de 4 à 5  par an. Des soirées de lectures, de poésies, de cabaret, une boutique qui fonctionne avec le clic & collect, pour cause de Covid-19, des espaces à louer, tout est proposé par le Séchoir.
C’est un lieu de performances et d’édition : La Tuile.
Pour être informé de ce qui s’y passe, il suffit de vous abonner à la newsletter.
https://www.lesechoir.fr/ensavoirplus

Entretien confiné avec la présidente

L’artiste

Comment es-tu venue à l’art ?
Tout a commencé avec Matthieu mon mari, il y a maintenant près de 35 ans, qui m’a fait découvrir la peinture ainsi que François Bruetschy, aujourd’hui mon beau-père, pour qui j’étais modèle dans les années 80. Ce sont eux qui m’ont donné envie et poussé à prendre les pinceaux.

Tes parents ?
Mes parents   ne m’emmenaient pas dans les musées. Leur passion c’était plutôt la musique et la danse. Mais ils m’ont fait découvrir, toute petite, l’Italie (les origines de mon père). Jamais je ne pourrai oublier notre visite dans les ruines de Pompéi ! Cela a été un vrai choc. 

Comment définirais-tu ta peinture ?
C’est une peinture spontanée même si je cogite beaucoup. Mais au moment de peindre j’y vais, je me lâche. Je suis à la recherche d’images franches qui se saisissent au premier degré, qui ne demandent aucun savoir préalable et qui s’adressent à l’intelligence du regard, à la sensibilité. Au cœur de mon travail plastique, quel que soit le medium ( peinture, collage, installation objet, gravure, monotype), je questionne la place du hasard et l’origine du monde vivant. J’y trouve beauté, mystère et parfois même drôleries que je cherche à traduire par un vocabulaire simple traversé par une énergie organique, telle des vibrations sonores qui bousculent un ordre établi, dans des mouvements tout en espièglerie où j’essaie d’y allier énergie et élégance, tantôt à l’arrache, tantôt en finesse et précision.

Un travail pour explorer, chercher mais aussi pour jouer et se libérer . Un travail à vivre, des œuvres à ressentir en toute liberté ! Sous les conseils avisés de François Bruetschy et bouleversée par une l’exposition “Matisse Comme un roman” au Centre Pompidou à Paris en octobre 2020, mon travail s’est orienté depuis vers le collage ( que j’avais un peu abandonné ) et influence, par la même occasion, ma peinture que je pratique, aujourd’hui, comme des collages de formes et de couleurs.

Quand travailles-tu ?
Dès que je peux.

A quel endroit ? maison, atelier ?
Principalement dans mon atelier au Séchoir mais les pinceaux et les ciseaux sont aussi accessibles à la maison.

As-tu des horaires définis ?
Pas vraiment mais parfois contrainte par mon emploi du temps chargé.

Un rite pour te mettre au travail ?
Un thé ou un café, une cigarette (c’est pas bien) et je range un peu mon atelier. J’ai horreur de travailler dans le désordre.

Ta technique huile etc …
Acrylique quand je peins sinon collage, vidéo, installation et je m’essaie aussi à la gravure, aux monotypes et bientôt à la céramique et la sérigraphie.

L’ambiance, musique, silence, intérieur, extérieur ?
La plupart du temps de la musique douce, posée. En passant du rock au jazz, à l’électro, à la chanson française et même des musique tibétaines, c’est selon mon état d’esprit du moment. Quand un morceau me plait et me met exactement dans l’ambiance ou l’émotion que je recherche, je peux l’écouter en boucle pendant plusieurs heures ! Hahaha !

As-tu des maîtres ?  (je sais François Bruestchy !)

OUIIIII absolument !
Les morts : Matisse – Miro – Calder – Tapiès -Picasso – parmis les plus connus.
Les vivants : Gary Komarin- Rogers Cosme Estève et Tobias Wenzel

Quels sont tes références littéraires ?
Oh ! Tellement ! Mais spontannément je dirais et dans le désordre :
Kadaré – Henri Miller – Philippe Djian – Virginie Despentes


Qu’est  devenu ton travail pendant le confinement ?

Il s’est complexifié. Il s’est éloigné de ma pratique habituelle. J’ai fait essentiellement des encres (que je pratique aussi depuis très longtemps) mais elles étaient plus chargées, plus enfermées. Comme j’allais très peu à l’atelier, je peignais dans mon jardin et je me faisais envahir à la fois par la nature qui s’éveillait et toutes ses images microscopiques de la Covid 19. Je suis très perméable au contexte, à mon environnement…

Que cherches-tu à exprimer dans ton travail, qui ne serait pas possible avec des mots ?
L’apesanteur.

Quand as-tu décidé d’exposer ton travail ?
Il m’a fallu longtemps pour le montrer…
Cela fait une quinzaine d’années.

Cette pandémie a-t-elle agit sur ton travail ?
Oui, elle bouscule, elle oblige à l’introspection, au travail sans le regard extérieur.
Comme je le disais plus haut, elle m’a, un temps, éloignée de mon travail habituel qui cherche la légèreté, l’effacement  et puis je reprends doucement le dessus mais mon travail a évolué. Je me suis détachée de mes questionnements sur la place du hasard au coeur du fonctionnement même des cellules durant leur développement et leur place dans l’origine des mondes. Je pense que je suis remontée un peu plus loin dans les origines avec une nouvelle série que j’ai nommé « Immersion »

Quelle est ta plus belle rencontre en art ?
Une toute petite toile grise et blanche de Calder à la fondation Beyeler.
Un coup de foudre qui m’a fait pleurer.
Mais je pourrai aussi parler de Matisse ou du musée  Cobra à Amsterdam et de  chaque visite que je fais dans l’atelier de François Bruetschy, c’est une claque à chaque fois !

Une devise ?
Ouvrir les yeux et les oreilles, chercher, apprendre encore et encore

Quelle est ta définition de l’art
“Ne désespérez jamais. Faites infuser davantage.” Henri Michaux

Les artistes doivent-ils être le reflet des sentiments, de la vision de leur époque ?
Ils ne doivent rien mais le sont simplement, automatiquement.
Ionesco disait :
« L’oeuvre d’art n’est pas le reflet de l’image du monde,
mais elle est à l’image du monde. »

Pj@MelloR ?
Ma deuxième jambe dans la vie. Impossible de tenir debout sans les deux !
La musique, le chant, l’interprétation. Mon groupe, mes frères musiciens.
Un album en préparation qui arrive très vite ! Des clips bientôt en ligne !

Cela a modifié ta manière de travailler, de vivre ?
L’un ne va pas sans l’autre. La musique, la scène m’ont sûrement permis d’oser en peinture et de montrer.

La présidente

Le Séchoir,
Comment es-tu devenu présidente du Séchoir
Lorsque Remi Lesage nous a invité à visiter cet espace démentiel avec Matthieu et nous a dit :
« Voila, rêvez, proposez un projet culturel et nous verrons si nous pourrons vous accompagner »
Matthieu et moi avons travaillé d’arrache-pied pendant deux mois pour inventer le Séchoir. Nous nous sommes entouré d’artistes et nous avons alors créé l’association, Le Séchoir avec un CA et j’ai été élue présidente, en 1995.

Le Séchoir est-il un apport pour toi ?
Of course ! Et heureusement, vue la charge de travail que cela représente ! Je ne travaille pas seule, je suis entourée de beaucoup d’artistes de talent sur place mais cela me permet aussi de faire des rencontres incroyables ! Des rencontres qui ne se limitent pas à des personnes de notoriété mais aussi avec des artistes que l’on invite sur nos expositions que je n’aurais surement jamais croisés ! Nous avons parfois des échanges qui valent dix années d’études ! J’apprends à leur contact, j’échange, je me questionne et puis j’en accompagne d’autres.
La vie quoi !

Le Séchoir, cotisations
https://www.helloasso.com/associations/le-sechoir/adhesions/adhesion-et-soutien-2021

  • Le Séchoir, association d’artistes tous bénévoles, propose une programmation annuelle d’une dizaine d’expositions rythmées par dix ou quinze évènements et tout cela en quasi gratuité d’accès au public.
    Ce sont les artistes résidents qui financent en majorité le fonctionnement
    du Séchoir.
  • Vos adhésions sont essentielles pour boucler nos budgets de productions d’expositions et pour maintenir cette gratuité pour tous.

Appel à projets
Tous les appels a projets sont sur le site en ligne :
https://www.lesechoir.fr/collaborer

Parmi nos résidents
Adapei papillons blancs d’Alsace dans l’atelier 17 (céramique) avec
Céline Martin comme éducatrice et artiste. 
Se définit comme : – Art brut / Outsider Art
https://www.instagram.com/atelier_du_vestiaire/?hl=fr

Plus d’info ici : https://www.lesechoir.fr/ensavoirplus

Le Séchoir
25 rue Josué Hofer Mulhouse
03 89 53 70 97 et 03 89 46 06 37

 
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Les «Bourgeois de Calais» d’Auguste Rodin

Les «Bourgeois  de Calais» d’Auguste Rodin accueillent les visiteurs dans la cour du Musée d’art de Bâle- Kunstmuseum.

J’aime les contempler, les observer, examiner les visages, les corps, la virtuosité du sculpteur. Cette sculpture attirent les visiteurs, mais  essentiellement les scolaires.
C’est un point de ralliement, de rencontre. Attablée au Bistro, je ne me lasse pas de détailler les valeureux notables.

                              Les bourgeois de Calais1884–1889
                             Auguste Rodin Paris 1840–1917 Meudon

Cependant, de son vivant, leur représentation n’a en aucun cas ravi les clients de l’œuvre.

L’historique

Onze exemplaires en bronze sont fondus entre 1895 et 1995. L’ultime fonte légale a lieu pour l’exemplaire de Séoul.
Rodin représente sur un socle rectangulaire de hauteur moyenne (seule concession du sculpteur au comité d’érection souhaitant un piédestal triomphal) les six personnages les uns à côté des autres, pieds nus, en chemise (telle une tunique du martyre) et corde au cou. Le groupe statuaire en bronze pèse 1 814 kg. Le sculpteur a opté pour une structure cubique, et non pyramidale — comme il est d’usage pour les monuments aux morts — et organise ses figures en une « lente procession vers la mort », en spirale. Le groupe statuaire s’attache, à travers les attitudes du corps et les expressions des visages, à retranscrire les états émotionnels et psychologiques de chacun des protagonistes, offrant une vision pathétique et humaine d’une absolue nouveauté.

Les détails

Eustache de Saint Pierre est représenté en noble vieillard avec la barbe et la moustache, qui porte sur ses épaules toute la souffrance des hommes ;


Jacques de Wissant, voûté, s’avance résolument, cherchant à  chasser de ses yeux l’image d’un cauchemar ;

 
Pierre de Wissant, le corps et le visage encore tournés vers l’arrière, esquisse le premier pas vers le sacrifice et a le bras levé, proclamant toute la vanité du monde ;

Andrieu d’Andres la tête dans ses mains, semble livré au désespoir ;

Jean d’Aire, âpre et fier, la tête haute, les mains crispées serrant les clefs de la ville, défiant la mort dans un suprême effort de volonté ;

Jean de Fiennes le plus jeune, le torse découvert et les bras ouverts, semble transfiguré par la conscience du sacrifice consenti.

Le siège de Calais de 1346-1347

En septembre 1346, Édouard III met le siège devant la ville de Calais dont la garnison commandée par le chevalier Jean de Vienne résiste héroïquement à l’armée du roi d’Angleterre. Après onze mois de siège, la cité affamée négocie sa reddition. Selon Froissart, chroniqueur médiéval, (Les Chroniques de France)   Édouard III, fatigué et énervé par la longue résistance calaisienne, accepte que six bourgeois lui soient livrés afin d’être exécutés. C’est à ce prix qu’il laissera la vie aux habitants, toutefois contraints de déserter leur ville une fois les Anglais arrivés.
Son épouse Philippa de Hainaut parvient cependant à le persuader d’épargner la vie de ces six malheureux, désespérés, venus devant le souverain en chemise, la corde au cou, les clefs de la ville et du château en mains. Selon la tradition, par ce geste d’amour chrétien, Édouard épargne la vie d’Eustache de Saint-Pierre et de ses cinq compagnons d’infortune devant une reine en pleurs. Calais devient anglaise le 3 août 1347 et le demeure jusqu’au 6 janvier 1558 lorsque Henri II de France reprend la ville à Marie Tudor.

avec l’aide de l’office du tourisme de Calais et wikipedia

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La Villa Majorelle, une maison Art nouveau

Maison emblématique de l’Art nouveau nancéien, oeuvre d’art total de l’architecte Henri Sauvage, construite pour l’ébéniste Louis Majorelle
monument historique, est propriété de la Ville de Nancy.
La Villa Majorelle a vu s’achever en février 2020 la réhabilitation d’une partie
de ses espaces intérieurs.
Près de 100 pièces de mobilier, peintures et objets d’arts issus des collections du musée de l’École de Nancy sont présentées dans la Villa Majorelle. Certaines proviennent de cette maison, d’autres ont été choisies afin de restituer l’ambiance d’un intérieur Art nouveau.

Il faut s'armer de patience et avoir bon pied pour atteindre le bon endroit.
Après m'être renseigné auprès de l'office du tourisme de Nancy, place Stanislas, j'ai suivi les conseils du "stagiaire" j'imagine.
Après avoir errer j'ai réussi à trouver l'arrêt de départ du tram, tram qui devait me déposer à un arrêt proche de ma destination. Pendant le parcours, j'attendais avec impatience l'arrêt qu'il m'avait indiqué. Mais, pas de chance, ce tram, passa sans s'arrêter, 2 arrêts successifs. Surprise je m'adresse à une passagère qui me dit, que ces arrêts sont supprimés depuis 6 mois, pour cause de travaux.
Il ne me reste plus qu'à rebrousser chemin, en demandant la direction à prendre aux passants, qui, pour beaucoup ignorent jusqu'au nom de cet endroit.

Arrivés au but, nous attendons debout notre heure de visite.
Température prise, sur-chausses aux pieds et gantée, pour le cas où j'aurai l'outrecuidance de toucher la rampe, mon sac à dos accroché sur ma poitrine, c'est l'obligation, j'entreprends dépitée, enfin la visite du lieu, dont j'avais tant rêvé. le vestiaire est condamné pour cause de Covid-19.
Bienvenue chez les Majorelle !

La restitution minutieuse des décors d’origine connus et de l’ameublement des pièces de réception et chambre à coucher invite aujourd’hui les visiteurs à un voyage dans le temps et dans l’intimité familiale de l’artiste.
Le visiteur qui découvre pour la première fois la Villa Majorelle en franchissant le portail sera sans doute surpris par l’absence de recul et d’espace autour de la maison. Le lotissement du quartier et le percement de la rue Majorelle
dans les années 1930 ont en effet fait disparaître presque entièrement le parc.
À l’origine, le portail s’ouvrait sur la rue du Viel-Aître et un grand jardin arboré servait de décor naturel à la maison, à l’abri des regards…
Depuis la terrasse, on jouissait même d’une agréable vue sur la côte.

À l’arrière du parc, se trouvaient les ateliers de la fabrique Majorelle.

Villa Majorelle

La maison

Passée la porte d’entrée au spectaculaire décor de monnaie-du-pape, le visiteur découvre le vestibule, qui agit comme une liaison entre l’extérieur et l’intérieur. L’astucieux fauteuil – qui n’est pas sans rappeler une cathèdre – est le premier d’une série d’éléments mobiliers-immobiliers intégrés à l’espace.


     Le miroir – porte-parapluies – porte-manteaux lumineux est un bel exemple de l’association réussie de l’utile et de l’agréable. Le décor réalisé au pochoir, a été repeint très tôt sur un premier décor pratiquement identique, dont témoigne un panneau à droite de la porte d’entrée. Le vitrail en imposte complète la déclinaison méthodique du motif.

La monnaie-dupape, ou lunaire, est symbole de prospérité et porte-bonheur. Son profil très graphique avec ses fruits en capsules argenté, évoquant des pièces de monnaie, fit de la plante un motif apprécié par les artistes de l’École de Nancy.

La cage d’escalier

Entré dans la volumineuse cage d’escalier, le visiteur est immédiatement attiré par la verticalité imposante de cet espace. La rampe dessinée par Henri Sauvage et exécutée par Louis Majorelle exprime par son amorce la force et la croissance du lierre dont le feuillage diminue au fur et à mesure que l’on s’élève pour laisser place au mouvement tournoyant des balustres. Les deux grandes
baies qui l’éclairent, ornées de vitraux de Jacques Gruber, créent une cohérence dynamique.

La salle à manger

Dans le couloir à gauche, une double porte donne accès à la salle à manger.
Elle se caractérise par la présence imposante d’une cheminée en grès flammé,
dessinée par Alexandre Bigot, au centre. Elle crée une séparation virtuelle
entre la salle à manger à proprement parler et un espace souvent qualifié de
« fumoir », meublé de bureaux et consoles.
Tout autour de la pièce, la frise de panneaux peints par Francis Jourdain
déploie son joyeux cortège d’animaux de ferme. Le mobilier Les Blés, a été
conçu par Louis Majorelle. Les vitraux de Gruber à motif de coloquintes complètent le décor tout en saveurs de la pièce. Le visiteur sera sensible aux détails délicats des plaques de propreté à décor d’ombelles et volets
d’aération de cuivre ainsi qu’au jeu permanent des éléments de décor de bois, plaquages et consoles, qui apportent un rythme à la fois formel et coloré.

Le salon

Très modifié, le salon présentait à l’origine un abondant décor stuqué, à motif de pommes de pin, repris sur le mobilier et la cheminée. Le motif du pin était à nouveau déployé sur le vitrail de Jacques Gruber détruit en 1916 et remplacé par un vitrail à décor orientalisant très coloré, orné d’une résille de bois doré.

Contrairement aux dégagements ou à la salle à manger, les menuiseries
sont ici peintes dans un gris beige identifié par sondage. Le mobilier à décor de pommes de pin, composé d’une banquette, de deux fauteuils et de deux chaises, n’est pas d’origine mais identique par son décor sculpté et sa garniture brodée à l’ensemble présent sur les photos anciennes.


La table aux butomées, le porte-plante et les autres meubles exposés évoquent l’ambiance du salon, paré de nombreux bibelots.

La chambre à coucher

Le visiteur accède ensuite à l’étage. La première pièce qui s’ouvre sur le palier (fermée au public), constituait une sorte d’antichambre. Elle accueillait le bureau et la penderie de Jika et donnait accès à la salle de bain (restitution programmée pour 2021-2022). La chambre à coucher, directement
accessible par le couloir, renferme un mobilier d’exception, composé d’un lit, d’une armoire, de deux commodes et d’une table de chevet. Exécuté en frêne, avec un placage de la même essence et des incrustations de nacre et de laiton, le mobilier est réalisé dans un bois clair, assez rare dans la production de l’ébéniste.

Les portes et les menuiseries présentent un décor de faux bois imitant le pitchpin (essence d’Amérique du nord), révélé à l’occasion des sondages effectués lors des travaux. Les murs sont tendus d’un tissu gaufré dans les tons verts évoquant l’atmosphère chaleureuse de la pièce, renforcée par la présence d’une moquette. Les deux portes centrales sont agrémentées de vitraux à
décor de monnaie-du-pape restitués d’après les photos anciennes par l’atelier Bénédicte Lachéré.

Quelques détails supplémentaires

Conformément aux directives gouvernementales de lutte contre la propagation du virus Covid-19, les musées de la Ville de Nancy ferment leur porte à partir du jeudi 29 octobre à 18h.
Durant cette période, de nombreux contenus inédits et interactifs vous seront proposés sur nos réseaux sociaux. #CultureChezNous

Conditions de visite

Afin de garantir un confort de visite optimal et des conditions de sécurités
suffisantes, la Villa Majorelle est accessible aux visiteurs sur réservation
préalable :
Individuels : réservation des billets en ligne
Sur le site internet du musée de l’École de Nancy
musee-ecole-de-nancy.nancy.fr
ou sur tickeasy
villamajorelle-nancy.tickeasy.com
Groupes : réservation auprès du département des publics de Nancy-Musées
Du lundi au vendredi, de 9h30 à 12h
Par téléphone : 03 83 85 30 01
Par mail : resa-nancymusees@mairie-nancy.fr

Ouverture

– Du mercredi au dimanche
– Le matin de 9 h à 12 h pour les groupes
– L’après-midi de 14 h à 18 h pour les visiteurs individuels
– Hors ouverture pour vos soirées de prestige, etc.
Fermetures : 1er janvier, 1er mai, 14 juillet, 1er novembre et 25 décembre

Un audio guide gratuit à télécharger vous permet de suivre agréablement la visite
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Françoise Saur – photographe

®Francoise Saur

Nom : Saur
Prénom : Françoise
Profession : Photographe
spécialitél’être humain et son environnement
signe particulier :  la première femme à recevoir le Prix Niépce, 1979

son site : http://www.francoise-saur.com/

 photo : Claude Truong-Ngoc 2014

Faut-il encore la présenter ?

« Cela fait plus de 20 ans que je photographie les fleurs, d’abord en noir et blanc, puis en couleurs. Photographier des fleurs, cela ne se fait pas. C’est comme les couchers de soleil. Mais les couchers de soleil ne m’intéressent pas. Il fallait trouver une forme. En parcourant sentiers, bois, montagnes, bords de route, ronds-points ensemencés de prairies fleuries, jardins amis même, attentive au développement de la végétation après l’hiver, j’ai butiné. J’ai enlevé tout le vert, sauf pour les toutes vertes, ne laissant qu’une couleur, l’essentielle. Je n’ai pas cherché la joliesse mais la juste distance. Il en résulte une sorte de flore locale. Les contenants appartiennent tous à mon histoire, à la généalogie familiale. »
Françoise Saur

Parcours

Françoise Saur, née en 1949 à Alger, vit et travaille en Alsace. Elle a fait ses études à Paris à l’école Louis Lumière puis en Allemagne avec Otto Steinert à la Folkwangschule für Gestaltung, au début des années 70. En 1978, elle reçoit une bourse de la Fondation Nationale de la Photographie puis devient en 1979 la première femme à recevoir le Prix Niépce. Le prix Maurice Betz lui est attribué en 1998, le prix du Centre Européen d’Actions Artistiques Contemporaines en 2005.

Les Voyages

Bénéficiaire d’une allocation du Ministère de la culture en 2000, elle réalise pendant 3 ans, dans le sud algérien, le projet « Femmes du Gourara  » 

qui sera présenté sous forme de livre et d’exposition, notamment à la Filature de Mulhouse.
Sa curiosité l’emmène en Algérie, en Chine, au Laos, ou encore en Inde, pour des projets de résidence notamment.
Elle publie plusieurs livres accompagnés de textes d’écrivains.
Ses photographies figurent dans plusieurs collections publiques ou privés, entre autre, à la BNF, à la Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration, au musée Nicéphore Nièpce, au FRAC Alsace, au musée Réattu à Arles, au FNAC, dans la collection de Madeleine Millot-Durrenberger. Son parcours est jalonné de très nombreuses expositions en France et à l’étranger.

Podcast

Podcast Covid-19, souvenirs et horizons d’artistes – Stimultania
à écouter

MAMCS

collection du Mamcs, la photographie « Nacres » de Françoise Saur, réalisée en 2019.

Lorsqu’elle se voit contrainte de vider une maison de famille, Françoise Saur pose son objectif sur les objets qu’elle y trouve et qui évoquent les métiers, les trajectoires et les souvenirs de ses aïeux. À partir d’un ensemble de boutons de nacre, elle conçoit une nature morte où contenants et contenus se confondent pour former un « trésor », qui pourrait aussi bien être celui d’une mercière que d’une pie voleuse.  
Françoise Saur développe une œuvre qui entremêle récits personnels et histoire des arts visuels, comme ici avec une œuvre qui oscille entre petite histoire et nature morte hollandaise. C’est aussi son histoire personnelle qu’elle partage avec la tenue d’un journal intime en images ou encore des séries de photographies dont deux ont été acquises en 2020, « Les nacres » et « La redingote », par le Musée d’art Moderne et Contemporain de Strasbourg.
L’artiste a souhaité faire don au MAMCS de l’intégralité d’une autre série intitulée
« Compositions sur le marbre » qui donne à voir un ensemble
de natures mortes mettant en scène des fleurs dans un vase posé
sur fond de marbre.

Cueillies près de Colmar, les variétés de fleurs différentes, mais toutes sont d’une seule et unique couleur, constituant un herbier de la flore locale en forme de nuancier empruntant à la palette du peintre. Dans un décorum à l’esthétique mortuaire, les fleurs de Françoise Saur sont encore belles et colorées ; elles achèvent de s’épanouir via un medium emblématique de l’écoulement du temps (la photographie et le temps de pose), offrant leurs derniers éclats à l’objectif de l’artiste.

Entretien confiné

Comment êtes-vous venue à la photographie ?
Parce que je ne savais pas dessiner………….J’étais en admiration devant les carnets de croquis de mon père.

Depuis quand photographiez-vous ?
1970

Vos parents ?
Mon père avait étudié l’architecture aux Beaux-Arts de Paris.

Comment définiriez-vous votre style ?
Entre documentaire et poésie

Où trouvez-vous vos inspirations, vos sujets de prédilection ?
Dans la vie de tous les jours et dans mes rêves.

Faites-vous les tirages vous-même ?
J’ai toujours fait moi-même les tirages argentiques. Pour les impressions numériques je suis limitée au format A2 et donc ne fait pas moi-même les grands tirages.

Où travaillez vous ?  A quel endroit ? maison, studio, ailleurs, partout ?
 Partout

Votre technique argentique, numérique ?
J’ai bien sûr commencé par l’argentique. Le numérique n’existait pas en 1970. Je continue à le pratiquer pour mon journal photographique NetB mais j’utilise maintenant le numérique.

Vos maîtres ?
Les femmes photographes: Dorothéa Lange, Diane Arbus en tête.
Mais pas seulement!

Quand avez-vous décidé d’exposer votre travail ?
Ce n’est pas moi qui ai décidé. J’ai répondu à des propositions.

Vos livres ?
 voir mon site

Quelle est votre plus belle rencontre en photographie ?
Il y en a eu beaucoup; par exemple Eugene Smith, Otto Steinert,Willy Ronis, Koudelka, Doisneau, Jean-Pierre Sudre, Denis Brihat, Jean Dieuzaide …………..

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