Sommaire du mois de mai 2021

Paris gare de Lyon 19 mai 2021 le couvre-feu passe à 21 h, vite vite, retour en TGV !

29 mai 2021 : Les OEuvres vives de Geraldine Husson
20 mai 2021 : Peintres femmes, 1780-1830
12 mai 2021 :  Bruce Conner – Light out of Darkness
07 mai 2021 : Georges Senga, photographe congolais
01 mai 2021 : François Boucher, « peintre rococo »

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Les OEuvres vives de Geraldine Husson

Colonnes, tissu, papier, D. 0.30; L. 195 cm, 2021

Carte blanche à Geraldine Husson, au musée des Beaux Arts de Mulhouse jusqu’au 29 août 2021

Sablier inversé, miroir, sable, encore de chine, dimensions variables, 2021

Les « oeuvres vives » sont la partie immergée de la coque d’un bateau qui se situe sous la ligne de flottaison. Elles sont considérées comme vives, car elles contribuent à son allure et à sa pérennité. Ce sont celles sur lesquelles il s’appuie pour naviguer.
Geraldine Husson

C’est un cheminement à travers les Œuvres vives, série d’installations qui questionnent tant le matériau que la notion d’espace. Dans son travail de plasticienne, Geraldine Husson interroge la porosité entre les disciplines, le statut de l’objet et celui de l’œuvre d’art.

L’œuvre sensible et poétique de Geraldine Husson transcende l’économie de moyens : miroir, verre, cuir, sable sont utilisés à l’état brut puis minutieusement travaillés pendant de longs mois. Le marbre est choisi par l’artiste pour sa préciosité autant que pour sa minéralité.


Limites. Ambivalences : leitmotiv de l’artiste depuis ses premières années de création, le concept rejoint des questionnements universels : la vie, ses origines, ses cycles et transformations. Autant d’hybridations à la recherche de l’harmonie. Les Ovoïdes ou les Mappes se lisent non comme des œuvres uniques mais comme des ensembles qui se répondent et dialoguent avec les installations présentées dans l’exposition.

Salle 1

Dans la salle introductive du parcours, l’artiste sublime
des matériaux «pauvres», couverture de survie et plastique iridescent, à travers les installations Disque iridescent et Fragments. Le cercle évoque l’infini, le cycle naturel et celui de l’univers. La perception des couleurs et de la lumière fragmentée, diffère selon le plan et le déplacement dans l’espace.

Disque iridescent, couverture de survie, Amarre, cordage,

Salle 2

Le marbre est utilisé par l’artiste à la fois pour sa préciosité et sa minéralité. La pièce Aequilibris, composée d’un trapèze et d’anneaux de gymnaste,
installation en suspension, contraste avec la densité du matériau marbre. Geraldine Husson a travaillé avec un designer de la région de Carrare (Italie) pour créer cette oeuvre.

Le trapèze nécessite de l’élan, les anneaux de l’équilibre. En passant par le balancement, ils mobilisent de l’énergie et réunissent des forces, physiques et mentales, pour harmoniser le mouvement et la posture. Oscillation entre
maintenir et lâcher.

Un textile à imprimé de marbre devient sculpture factice ou trompe-l’oeil à travers la pièce Colonnes.
Les proportions sont inspirées des ruines du temple
d’Apollon à Delphes en Grèce.

Les colonnes inspirent la stabilité, la constance, la force, l’espérance aussi.
Parmi les ruines des monuments antiques, seules les colonnes restent debout.
Leur dimension à l’échelle humaine, la fluidité du tissu et la légèreté du papier font corps.

Apollonis est une photographie réalisée en collaboration avec le modèle et photographe Aurélien Mathis. Inspirée à la fois des sculptures antiques et de la peinture italienne, l’oeuvre est une mise en abyme d’un sujet incarnant la
figure humaine, déchue, qui se réveille d’un rêve sans fin.

Salle 3

L’installation Sablier, composé de sable coloré en noir à l’encre de Chine, prend la forme d’un sablier inversé disposé sur un miroir : image de la vie, son
cycle, l’écoulement jusqu’à la disparition. Dans la mythologie grecque, le sablier est l’attribut de Chronos, la personnification du temps. Cailloux est présentée en écho ; le reflet du miroir rappelle l’effet iceberg, surfaces
non visibles dans lesquels les images se confondent.

Le grain de sable roule, s’arrête, voyage, au gré des éléments, de l’eau, du vent et au fi l du temps.

Salle 4

Les séries des Ovoïdes et des Cellules sont développées par l’artiste depuis 2013. Cellules mouvantes fixées sur la toile, composées de pigments minéraux, elles
sont travaillées sur différents supports, toile, carton, cuir et avec divers matériaux, poudre minérale, eau, encre de Chine, laque. Les cellules perforées jouent avec le contraste d’aplats de noirs mats et de surfaces brillantes laquées.

Salle 5

La série Mappes est une réflexion menée sur les différentes projections et représentations du planisphère et de la carte du ciel. Minutieusement élaborées dans l’atelier de l’artiste, des heures durant, Geraldine Husson découpe et
pique, colle à chaleur de la bougie les éléments : épingles, cristaux, sequins, punaises, assemblés avec finesse sur son support.

A travers l’association de ces matériaux et de leurs contrastes, l’artiste souligne la complexité d’un monde précieux.

Certains planisphères évoquent la Pangée,
continent unique qui préexistait aux origines de la Terre.

Maelstörm, plaque de marbre retravaillée à l’encre de chine et laque, évoque ce trou noir de l’Océan situé sur les côtes de Norvège.

Biographie

Geraldine Husson est née en 1983 à Mulhouse.
Elle vit et travaille à Strasbourg depuis 2007.
Formée à la HEAR, Haute Ecole des Arts du Rhin, elle expose en France, en Europe et à l’international : Mac de Lyon Sucrière (2015),
Castello Sforzesco Milan (2012), MUDAM
Luxembourg (2011), Xuzhou Museum of Art Chine (2010), Kunsthalle Basel Regionale.

Geraldine Husson est enseignante à l’UNISTRA
Faculté des Arts de Strasbourg.

Informations

Musée des Beaux Arts de Mulhouse
Place Guillaume Tell – 68100 Mulhouse
03 89 33 78 11
www.musees-mulhouse.fr

Ouvert tous les jours sauf le mardi et les jours fériés, de 13h à 18h30.
Du 1er juillet au 31 août : de 10h à 12h et 13h à 18h30.

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Peintres femmes,
1780-1830

Marie-Victoire Jaquotot, inspiré par Raffaello Santo,
Corinne au Cap Misène (d’après Gérard)
1825 peinture sur porcelaine

Exposition organisée par la Réunion des musées nationaux – Grand Palais, Paris, jusqu’au 4 juillet 2021, au Musée du Luxembourg
19 rue Vaugirard – 75006 Paris
Martine Lacas,
commissaire de l’exposition
Loretta Gaïtis et Irène Charrat, scénographie

 


« …comment pourront-elles trouver assez de temps pour être à la fois épouses soigneuses, mères tendres & surveillantes, chefs vigilants de leurs domestiques, & peindre autant qu’il est nécessaire pour le faire bien ? »
Abbé de Fontenay, Journal général de France n°71, 14 juin 1785, p. 283

Naissance d’un combat

Parcours du demi-siècle qui s’étend entre les années pré-révolutionnaires jusqu’à la Restauration, l’exposition Peintres femmes 1780-1830 (vidéo). Naissance d’un combat comprend environ 70 oeuvres exposées provenant de
collections publiques et privées françaises et internationales.
L’exposition s’attache à porter à la connaissance du public une question peu ou mal connue : comment le phénomène alors inédit de la féminisation de l’espace des beaux-arts s’articule à cette époque avec la transformation de l’organisation de l’espace de production artistique (administration, formation, exposition, critique) et une mutation du goût comme des pratiques
sociales relatives à l’art.

salle 1 : Le droit d’être peintres

l’anti-académisme et la féminisation des beaux-arts
Autour de 1780, controverses et rivalités s’attisent, à l’extérieur comme à l’intérieur de l’Académie royale de peinture. Sa hiérarchie, ses privilèges et sa pédagogie suscitent un mécontentement qui n’est pas étranger à la crise socio politique en germe.
Dans le même temps, en marge du Salon officiel, le Salon du Colisée, l’Exposition de la Jeunesse, le Salon de la Correspondance suscitent l’engouement. On y découvre de jeunes peintres femmes de talent. La presse en parle.

                                      Elisabeth Louise Vigée Le Brun, 1800
Autoportrait de l’artiste peignant le portrait de l’impératrice Maria Féodorovna

L’admission en mai 1783 à l’Académie d’Élisabeth Vigée Le Brun et d’Adélaïde Labille-Guiard, déjà célèbres, crée l’événement. Le sujet passionne, déclenche les controverses. On limite à quatre le nombre d’académiciennes. La prééminence de la peinture d’histoire, fer de lance du programme de
restauration de la grandeur de l’école nationale, est menacée, s’inquiète-t-on, par la féminisation croissante des beaux-arts.
L’étude du nu, préalable indispensable au grand genre, est en principe interdit au « sexe faible » car contraire à la morale. Comme l’est la mixité que favorise l’ouverture croissante des ateliers de

Adélaïde Labille Guiard (1764-1794)
Portrait d’Elisabeth-Philippine-Marie-Hélène De France, Madame Elisabeth

formation aux demoiselles. Le débat fait rage, se politise.
La Révolution éclate. Le premier Salon libre ouvre en 1791, l’Académie royale de peinture est abolie en 1793. La même année, la Société populaire et républicaine des arts, mettant en balance vocation domestique et vocation artistique, interdit jusqu’en octobre 1794 aux femmes d’y adhérer. Mais rien
ne les empêche désormais d’exercer professionnellement ni d’exposer : seulement une trentaine dans les salons révolutionnaires, elles seront deux cents au milieu des années 1820.

Salle 2 : Entre Salon et critiques : être une artiste visible

Elle est consacrée à la formation, donc tout ce travail en atelier, ce changement de sociologie aussi, qui s’opère. La fin de cette section 2 aborde la question des réseaux de sociabilité, des amitiés, et aussi un phénomène nouveau, le voyage en Italie. Celui de la peinture de paysage, de plein air, qui rompt avec cette idée de la femme recluse dans l’espace domestique, autour de Sarazin de Belmont et d’un envoi

d’Hortense Haudebourt-Lescot, au salon quand elle était encore à Rome.

Salle 3 le salon

   Un des intérêts de l’exposition est d’avoir déplacé l’origine du point de vue sur les productions des artistes femmes. Les livrets des salons (avec les commentaires des oeuvres, les noms des exposant-e-s), les articles
de la presse en pleine expansion à cette époque, les oeuvres elles-mêmes (par qui ont elles été commandées ? achetées ? etc.),

les témoignages contemporains constituent un paysage totalement différent de celui que l’histoire de l’art traditionnelle nous a transmis : il est beaucoup plus complexe, et le sort des artistes femmes y apparaît moins tributaire qu’on a voulu le dire du schéma manichéen opprimées / oppresseurs, empêchées / favorisés, féminin / masculin. Il s’est donc agi de redonner toute sa place aux témoins et aux acteurs de l’époque dont la parole avait été occultée mais aussi aux oeuvres, à la démarche artistique.


Dans le salon une première zone, s’attache à montrer cette incursion des femmes dans la peinture d’histoire, mais très vite on a cette domination de la peinture de genre, qui emprunte à l’histoire nationale, et là, on rejoint la politique et l’idéologie qui prévaut de façon contemporaine.

Salle 4 « moi peintre »

Cette salle montre différents portraits qui expriment justement cette volonté de se présenter en tant qu’artistes, qu’elles se posent des questions de peinture, qu’elles réagissent par rapport à une mémoire historique de la peinture, reconsidérons-les comme des peintres.

Mes coups de coeur

 Isabelle Pinson
L’attrapeur de mouche
Fille d’un valet du Vicomte de Jaucourt et d’une femme de chambre d’Isabelle de Jaucourt, elle reçoit une éducation raffinée grâce à cette dernière, sa marraine. Formée dans l’atelier
de François-André Vincent puis, à la fin des années 1780, dans celui de Régnault, elle est, grâce au cercle amical des Jaucourt, en contact avec de nombreux représentants de l’élite artistique et intellectuelle comme le sculpteur Jean-Antoine Houdon pour lequel elle a très probablement posé. C’est lui, d’ailleurs, qui aurait favorisé la rencontre de la
jeune artiste et son mariage en 1792 avec André Pierre Pinson, ancien chirurgien major de la compagnie des Cent-suisses et artiste, qui est chargé en 1794 avec le peintre Anicet Lemonnier de seconder, en tant que modeleur en cire, le chef des travaux anatomiques à l’école de médecine, Honoré Fragonard. Sans surprise, elle est amenée à fréquenter le monde médical et à réaliser des portraits de médecins célèbres.
Isabelle Pinson expose au Salon entre 1796 et 1812.

Ana Geneviève Greuze
(1762-1842)Formée par son père, Jean-Baptiste Greuze, qui ouvrit un atelier de jeunes femmes au Louvre dans les années 1770, elle a peint des scènes de genres et des portraits. Selon un schéma traditionnel de transmission familiale et conformément au rôle longtemps dévolu aux filles et aux femmes de
peintres, particulièrement au sein de la corporation de saint Luc dont était issu Greuze, sa manière se confond avec celle du maître, « auteur » de toutes les oeuvres sorties de son atelier, très productif.

Joseph Benoit Suvée
L’invention du dessin (étude)
1776-1791

Le mythe de Dibutade est raconté par Pline l’ancien dans son Histoire Naturelle publiée vers 77 au temps de l’empereur Vespasien.

Le potier Butadès de Sicyone (Dibutade) découvrit le premier l’art de modeler des portraits avec de l’argile. Cela se passait à Corinthe et il dut son invention à sa fille qui était amoureuse d’un jeune homme. Celui-ci partant pour l’étranger, elle entoura d’une ligne l’ombre de son visage projetée sur le mur par la lumière d’une lanterne. Son père fit un relief avec de l’argile appliquée dessus et le mit à durcir au feu avec le reste de ses objets faits avec de la terre. Ce relief fut conservé durant 200 ans au Nymphaeum de Corinthe avant d’être détruit dans un incendie. Le mythe fut considéré au début du 18ème siècle comme l’origine de la peinture et de la sculpture et donna lieu à de nombreux tableaux.

Musée du Luxembourg
19 rue Vaugirard
75006 Paris

https://museeduluxembourg.fr/fr

  • du lundi au dimanche de 10h30 à 19h, nocturne le lundi jusqu’à 22h. 
    En raison du couvre-feu, le Musée du Luxembourg ferme exceptionnellement à 19h les lundis 24 mai, 31 mai et 7 juin 2021.
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Bruce Conner – Light out of Darkness

Jusqu’au 28 novembre 2021, au musée Tinguely de Bâle
C’est la lumière des ténèbres, de la pure sidération, devant la beauté de ces images si dévastatrices du monde. Il vous faut prendre votre temps pour regarder les films expérimentaux de Bruce Conner.

L’exposition Light out of Darkness fait référence à un projet d’exposition personnelle et éponyme, destiné à l’origine au University Art Museum de Berkeley dans le milieu des années 1980, mais non réalisé. Une des raisons notoires de cet échec est que Conner refusait tout compromis avec les institutions dictant elles-mêmes leurs règles à l’art et aux artistes.
« La lumière des ténèbres » souligne le caractère expérimental de son œuvre cinématographique qui, dans les premières réalisations notamment, questionne avec fulgurance les possibilités perceptives. En tant que dualité symbolique, la lumière et l’obscurité illustrent la pensée de l’artiste, ses antagonismes, ses métaphores, ses mysticismes.

CROSSROADS (1976)

Bruce Conner (1933-2008) est connu à la fois pour son approche critique, et légendaire, du monde de l’art que comme l’inventeur du clip vidéo. Il est l’un des artistes les plus marquants du XXe siècle, un artiste parmi les artistes. L’exposition «Bruce Conner. Light out of Darkness» présente au Musée Tinguely du 5 mai au 28 novembre montre son travail cinématographique expérimental à travers une sélection représentative de neuf films, dont CROSSROADS (1976) : cette étude de 36 minutes, qui rassemble des séquences des premiers essais nucléaires sous-marins menés par les États-Unis en 1946 près de l’atoll de Bikini, dit l’horreur et la sublimité de cet événement apocalyptique.

Ses œuvres, réalisées avec les médias les plus divers, sont radicales et multiples, d’une beauté envoûtante et d’une noirceur terrifiante, politiques, subversives, toute en force et sensualité, immédiatement saisissantes. Nombre de ses premiers collages, assemblages et installations – conçus à partir de matériaux de fortune comme le nylon, la cire ou des textiles usés – ne sont que très rarement visibles du fait de leur fragilité. La posture de Conner est anarchiste, elle mêle l’ironie mordante et l’engagement sans limite, aussi loin que possible du marché de l’art.

MEA CULPA

MEA CULPA est un chef-d’œuvre d’échantillonnage visuel.

se concentre ici sur le recyclage des animations graphiques historiques des films éducatifs sur la physique. Par-dessus la « basse continue » répétitive des représentations du courant électrique et des effets thermodynamiques, il illustre le rythme pulsé du morceau musical en polarisant le noir et le blanc, les mouvements de propagation à travers des points et des corps en collision ou des assauts visuels stroboscopiques. L’idée d’une coopération est venue de David Byrne, qui était fasciné par les films de Conner depuis l’époque de ses études. Pour l’album My Life in the Bush of Ghosts, né de la collaboration expérimentale entre Byrne et Brian Eno, les deux musiciens ont utilisé exclusivement des échantillons de voix trouvés.


Bien que, pour des raisons de droits d’auteur, les films de Conner aient rarement été diffusés sur MTV, ses techniques cinématographiques – plan sur plan, flash frames, scintillement, montage inversé, coupe rapide, expositions doubles et multiples, utilisation d’images trouvées –, ont façonné le cinéma expérimental de son époque puis, plus tard, la première phase des vidéos musicales de MTV.

« Baker

« Operation Crossroads », tel est le nom donné par l’armée américaine à une série d’essais nucléaires effectués au cours de l’été 1946 sur l’atoll de Bikini, dans le Pacifique. Conner a réussi à obtenir les prises de vues – mises sous scellés aux National Archives – de la seconde explosion dite « Baker ». L’objectif de « Baker » était d’étudier l’impact d’une explosion sous-marine sur des navires à proximité immédiate, ce pour quoi ont été utilisés principalement des navires de guerre japonais capturés. Pour filmer la déflagration sous tous les angles, l’armée américaine a mis en place, sur terre, en mer et dans les airs, des centaines de caméras, dont certaines à haute vitesse.

Bruce Conner, CROSSROADS, 1976 (Filmstill)

Les images de «Baker » illustrent non seulement l’horreur atomique, mais aussi les phénomènes inédits, et hautement esthétiques, d’une puissance physique élémentaire et visualisable : symétrie du nuage atomique en forme de champignon couronné par un écran de vapeur chaude et de matériaux projetés à des kilomètres de hauteur ; axe cylindrique clairement délimité de la colonne d’eau avec la texture poudreuse des éjections horizontales ; anneaux d’énergies cinétiques se propageant horizontalement et verticalement, excentrés, à des vitesses soniques et supersoniques. Dans ces images, Conner puise le sublime et l’exubérance visuelle avec lesquels il peut créer – sans davantage de montage – un film dramatique tout en répétition et juxtaposition. Il trouve là également des représentations iconiques et médiatiques singulières qui marquent aujourd’hui encore l’image des explosions atomiques. Pour la première partie, Patrick Gleeson a enregistré une bande-son atmosphérique mixée pour évoquer une présence indirecte. Terry Riley a composé le son électronique hypnotique de la deuxième partie du film.

A MOVIE

En 1958, avec un budget de production de trois dollars, Conner réalise son premier film à partir d’images reprises de journaux télévisés, films de série B ou amorces de pellicules. Avec cette expérience cinématographique radicale, il déconstruit et reconstruit les techniques de la réalisation et du récit, tout en explorant les limites de la perception rétinienne par des effets de sur-stimulation, d’éblouissement, de fondu et d’images rémanentes. A MOVIE concatène des séquences spectaculaires, exacerbées, en une suite d’actions nouvelle et ouverte, sans début ni fin, et à lecture multiple, qui donne ainsi un
« méta film ». Le compte à rebours – interrompu par l’apparition incongrue d’une femme presque nue retirant son bas – devient partie intégrante de l’action. Le titre A MOVIE revient sans cesse, tout comme « THE END » ou le nom de l’auteur « BRUCE CONNER ».

                         Bruce Conner, A MOVIE, 1958 (Filmstill)
                               16mm, b/w, sound, 12 min.

Les scènes de poursuite avec des cavaliers et des chariots bâchés de western enchaînent pour mener à une gigantesque course d’éléphants, de locomotives à vapeur et de voitures, puis à une série d’accidents et de catastrophes. Par un périscope, le capitaine d’un sous-marin aperçoit une pin-up et lance sur elle une torpille qui déclenche une explosion atomique ; d’énormes vagues font alors chavirer les bateaux et chuter des skieurs nautiques. Le jeu de Conner est à la fois cocasse et tragique. Il montre à quel point la chorégraphie visuelle médiatique peut manipuler les contenus et quel impact la musique a sur la perception. Exemple : l’image des soldats tués sous-tendue par un fortissimo héroïque des Pins de Rome d’Ottorino Respighi.

Pour la toute première fois, A MOVIE peut être vu en projection arrière dans un cube de 3×3 mètres, ce qui répond du reste au souhait, jadis irréalisable, de l’artiste d’obtenir une présence aussi forte que possible. La boucle n’a ni début ni fin. Dans l’imagination de Conner, le film aurait dû être augmenté par des interventions acoustiques alternant sans cesse et donnant à vivre chaque fois une expérience nouvelle. Les œuvres de Conner ont de caractéristique qu’elles peuvent être inlassablement revues et relues.

Informations pratique

Le Musée Tinguely vous accueille aux horaires normaux en appliquant son protocole sanitaire.
Paul Sacher-Anlage 2
Postfach 3255
CH-4002 Basel
Musée: +41 61 681 93 20
Bistro: +41 61 688 94 58

Heures d’ouverture
Du mardi au dimanche 11 – 18h
Fermé le lundi

Horaires Spéciaux / Coronavirus

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Georges Senga, photographe congolais

Nom : Senga Assani
Prénom : Georges
Profession : photographe
Signe particulier : pensionnaire de la Villa Médicis 2020/2021

 

                      Photo © Aleksandar Topalovic

Si la Covid-19, croit qu’elle va limiter ma curiosité elle est se trompe, allègrement. Je vais aller au-delà des frontières et faire un périple assez
incroyable pour suivre le photographe Georges Senga (site), de son Congo natal, à travers tous ses ateliers, résidences et expositions, en Allemagne, aux Pays Bas, en Belgique, aux US, jusqu’à sa sélection comme pensionnaire de la Villa Medicis, cuvée 2020/2021. Georges Senga(vidéo) est né en 1983 à Lubumbashi. Le travail de cet artiste oscille entre réalité documentaire, traces post-coloniales, tradition orale et histoire personnelle

Entretien au-delà des frontières

Comment es-tu venu à la photo ?
 Je suis devenue photographe fin 2007, et ma carrière s’est lancée avec  la première édition de la biennale de Lubumbashi, curator par Marie-Françoise Plissart

Tes études ?
Science du langage, langues et affaires à l’Université de Lubumbashi en 2009

Tes parents étaient ils photographe, t’ont-ils encouragé ?
Mes parents n’étaient pas photographe, mais dans notre société quand les parents t’envoient à l’université, c’est pour être un cadre dans une société sur place. Et quand tu te lances dans une carrière d’artistes ce n’est pas  facile

Comment as-tu été sélectionné à la villa Medicis ?
J’ai postulé 3 fois à la villa Medicis avec 3 projets différents, c’est le troisième projet qui a été sélectionné.

En quoi consiste ton travail là-bas :
Le projet  s’intitule
« Comment un petit chasseur noir Païen devient prêtre Catholique »,
projet né à la suite de sa rencontre en 2017 avec la fille d’un prêtre catholique, qui par sa fonction, n’aurait pas dû avoir d’enfants. Au cours de cette rencontre, la fille du prêtre dévoile un sac contenant plusieurs diapositives non datées, appartenant au père décédé en 1989. Le projet que je  retrace est le parcours de ce prêtre catholique du nom de Bonaventure Salumu, depuis son village jusqu’à son séjour en Europe.

Y es-tu seul, en famille ?
Je suis en famille avec ma femme et mon fils


Pour combien de temps ?
Depuis septembre 2020 jusqu’en août 2021

Dois-tu produire un « chef d’œuvre » ?
Je dois produire un livre, alliant texte et photographies

Comment définirais-tu ta pratique?
Je développe mon travail photographique autour de l’histoire et des histoires qui se révèlent dans « la mémoire, l’identité et l’héritage », éclairant nos actes et le présent. Trois de mes projets explorent ainsi la mémoire, à la quête des résonances que les hommes, leurs faits et objets laissent, et la résilience de la mémoire dans son pays.

Fais-tu des essais, avec des modèles, des familiers ?
Je travaille sur des portraits parfois dans ma démarche artistique, dont est fait le récit

Quand travailles-tu ?
 Cela dépend, mais je travaille beaucoup la journée

A quel endroit ? maison, atelier, nature ?
A l’atelier

As-tu des horaires définis ?
Non

Un sujet de prédilection ?
Non

Ta technique, argentique numérique autre ?…
Numérique

L’ambiance, musique, silence, intérieur, extérieur ?
J’aime bien travailler avec la musique, mais cela dépend des jours

Tes maîtres ?
Marie-françoise Plissart, elle s’est intéressée aux rapports qui peuvent s’installer entre un texte et une image. C’est aussi ma démarche.

Tes références photographiques, littéraires ?
Le couple Becher, ce couple de photographes allemands qui depuis les années 50 photographient des bâtiments industriels comme des puits de mine, des châteaux d’eau, des usines ou des silos à grains.

Qu’est  devenu ton travail pendant le confinement ?
Mon travail était aussi affecté, car beaucoup d’expositions ont été annulées et repoussées, mais j’ai travaillé beaucoup sur l’édition des mes projets

Le confinement est-il une source de création et de recherches plastiques ?
Pour moi, non

Que cherches-tu à exprimer dans ton travail, qui ne serait pas possible avec des mots ?
La photographie est un moyen plus personnel de parler de ce que j’estime important à partager avec le monde. Un rappel aux sources sur le plan général

Quand as-tu décidé d’exposer ton travail, cela consistait en quoi ?
En 2008,  à la Biennale de Lubumbashi, puis en 2010, 2013, 2015 et 2019, Les travaux personnels dans des expositions collectives.

D’autres expositions, peux-tu développer ?
Asbl Dialogues en 2013, Biennale de Bamako en 2011, 2015 et 2017,

– « Une vie après la mort » sur Patrice Lumumba a été exposé aux Dialogues de la Galerie d’art contemporain du Musée national de Lubumbashi en 2013, à la Biennale de Kampala, à l’ADDIS PHOTOFEST en 2014, au Centre culturel BRASS à Bruxelles, et à la Biennale de Bamako (où il obtient le Leon African Award en 2015). Cette série traite du passage du temps et de l’intemporalité de ce que Lumumba signifie.

– De septembre 2015 à février 2017 en résidence à la Solitude Academy de Stuttgart en Allemagne, j’ai réalisé une autre nouvelle série

                              photo Georges Senga

« Cette maison n’est pas à vendre et à vendre »
entre Lubumbashi en RD Congo et Sao Paolo au Brésil. Cette série exploite la commune KATUBA à Lubumbashi une ville du sud de la RD Congo. Katuba divisée par quartiers (Katuba 1er, deux et trois) était l’une des municipalités créées grâce à un prêt d’une société FUND ADVANCED à l’époque coloniale dans les années 1945.
– Addis Fotofest en 2014 et 2018, – Kampala Biennale en 2014,
– Cap Town Art Fair en 2018, – Sesci_video Brazil en 2019, – Contour Biennale en 2019, – Kigali PhotoFest en 2019, – Fondation A en 2019, – Wiels centre d’art en 2019, – Galerie Imane Farès en 2019,-  Cargo in Context en 2019, -FOMU en 2019, – centre culturel Jean Cocteau en 2020, Nations Unies, États-Unis en 2020                             

Empreintes perdues
Seule série en noir et blanc datant de 2009, les photographies intitulées Empreintes, tout en retenue, dégagent une émotion palpable. Georges Senga y montre des objets usés, cassés, abandonnés, qui forment autant de traces des humains qui les ont manipulés. Ainsi ce bidon en plastique transformé en masque et frappé d’un Made in China sans équivoque, comme un témoin du passé de l’Afrique et sans doute aussi de son avenir.

Un jour de 2012, le photographe croise des enfants qui paradent en habits militaires de fortune. Equipés d’armes bricolées de fil et de carton, ils rappellent à l’artiste les enfants soldats bien réels, entrés en héros à la Katuba en 1997, à la fin du règne de Mobutu. « Cela faisait peur, un enfant de 12 ans avec une Kalachnikov », se souvient Georges Senga. Souvent traumatisés, ces enfants garderont des séquelles à jamais. L’image rejoint ici les mots, car l’artiste confronte ces images d’enfants soldats factices au récit terrible d’un enfant-guerrier bien réel.

Fais-tu des selfies des autoportraits ?
Parfois, juste sur le plan personnel

Que penses-tu de cette mode des selfies ?
Je pense que c’est un moyen plus tranquille, qui ne crée pas une barrière entre le sujet et l’objet. Car devant une camera, la plupart des personnes ne se sentent pas confortable.

Les artistes doivent-ils être le reflet des sentiments, de la vision de leur époque ?
Je pense que l’artiste est libre d’interpréter les visions de chaque époque, je ne vois pas une limitation dans le temps.

Quelle est ta plus belle rencontre, en photographie, en art ?
La photographie, elle même pour moi est une belle rencontre, car je ne m’échappe pas, mais je sens très confortable de m’exprimer avec la photographie.

Une définition de la bonne photo
Le monde en soit est une photo, nous ne faisons que capter des bouts de ce grand paysage. Quand ce bout exprime quelque chose, qu’il nous est permis de comprendre. Pour moi c’est une bonne photo.

                                       Villa Medicis, photo Georges Senga

                                      
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Exposition des 16 pensionnaires 2021

Du 8 juin au 8 août 2021, la Fondation Louis Roederer, Mécène engagé depuis 10 ans en faveur de la création contemporaine, apporte son soutien à la mission d’accueil des pensionnaires et des résidents de l’Académie de France à Rome.
Elle accompagne ainsi l’exposition collective des 16 pensionnaires 2020-2021 de la Villa Médicis. L’exposition des pensionnaires de l’Académie de France à Rome – Villa Médicis réunit, sous le commissariat de Laura Cherubini, les réalisations des seize artistes et chercheurs résidents. Résolument pluridisciplinaire, l’exposition met en lumière l’articulation entre créations individuelles et projet collectif et tisse des liens inattendus entre les disciplines. Dans un esprit de réflexion sur l’acte de création, cette manifestation reflète tout à la fois les préoccupations contemporaines partagées par les pensionnaires et restitue un moment singulier dans un parcours d’artiste : la résidence comme laboratoire d’expérimentation collective.

photos courtoisie Georges Senga

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François Boucher, « peintre rococo »

François Boucher, Bergers et Bergères Staadlische Kunsthalle Karlsruhe

La Staadlische  Kunsthalle Karlruhe compte parmi les rares musées allemands qui accordent une place de choix aux oeuvres d’artistes français et qui organise à intervalles réguliers des expositions focalisées sur l’art français.
A l’occasion du 250 e anniversaire de la mort de François Boucher (en allemand), le musée consacre à cet artiste emblématique du rococo français, la première exposition monographique en Allemagne.

En raison de la situation sanitaire, l’exposition est reportée jusqu’au 30 mai

175e anniversaire

Le 1er mai 1846, la State Art Gallery de Karlsruhe a été ouverte comme l’un des premiers musées d’art en Allemagne. Au début de l’année du 175e anniversaire, le musée aimerait revenir avec le public sur les plus beaux moments de galerie d’art.

De plus, leurs différentes offres numériques proposent une variété d’opportunités pour explorer l’exposition sur l’artiste
rococo français François Boucher.

Boucher im focus

Des techniques de reproduction au XVIIIe siècle aux univers oniriques inspirants dans les œuvres de Boucher:
En guise de programme d’accompagnement dans le cadre de l’exposition, d’intéressantes visites en ligne sur François Boucher auront lieu ce mois-ci.
L’inscription à chaque rendez-vous est obligatoire en envoyant un e-mail séparé à info@kunsthalle-karlsruhe.de.
L’inscription est possible jusqu’à 16 heures le jour de l’événement.

Avec notre format en ligne Boucher en point de mire, le tableau de François Boucher L’enfant déformé peut désormais aussi être exploré jusque dans les moindres détails. À certains moments, l’accent est mis sur les similitudes et les différences entre la culture de cour du 18e siècle et la société contemporaine. Cela montre quelles chaussures à la mode actuelle étaient déjà populaires dans le Rococo, comment les gens pensaient élever des enfants et ce que la mode de l’époque faisait peut-être mieux que l’industrie de la mode rapide.

François Boucher

« Quelles couleurs ! quelle variété ! quelle richesse d’objets et d’idées ! Cet homme a tout, excepté la vérité. Il n’y a aucune partie de ses compositions qui séparée des autres ne vous plaise ; l’ensemble même vous séduit. On se demande : Mais où a-t on vu des bergers vêtus avec cette élégance et ce luxe ?[…] »
Denis Diderot

Il nait à Paris en 1703,  il y meurt 1770. C’est un artiste qui traverse presque tout le siècle et qui mène une des plus brillante carrière artistique du siècle des lumières. Il incarne lui-même le style Rocaille et sera donc à partir de 1765, le premier peintre du roi Louis XV. Il se forme dans différents ateliers dont celui de François Lemoine, mais surtout au contact de Watteau. Le recueil Julienne de 250 feuilles de Watteau est gravé par les plus brillants jeunes artistes de Paris et c’est Boucher qui va en réaliser la moitié.  Il voyage à Rome de 1727 à 1731 et à son retour il va réaliser un parcours académique exemplaire, il est agréé en 1731 est reçu en tant que le peintre d’histoire en 1734 avec le tableau  Renaud et Armide, qui est au musée du Louvre, puis il va grimper tous les échelons pour être proclamé, honneur extrême, directeur de l’Académie royale de peintures et de sculptures.

C’est le protégé de la favorite du roi, la marquise de Pompadour. Il va être nommé peintre du roi en 1765. Sa carrière va être flamboyante à partir de ce moment-là. François Boucher est un artiste extrêmement prolifique, il aborde tous les genres, la peinture religieuse, mais surtout les sujets mythologique, Diane au bain, les sujets pastoraux. Il est aussi un brillant représentant de la scène de genre. C’est aussi un portraitiste, le portrait de l’une de ses filles Marie Amélie Baudouin qui a épousé l’un de ses élèves Baudouin, tableau  du musée du Louvre. François Boucher est sollicité autant par l’administration royale, que par les cours étrangères, il fournit des décors pour l’Europe entière, il est pourvoyeur de modèle pour les grandes écoles, pour les tapisseries, pour les Arts décoratifs, travaille pour la manufacture de Vincennes et de Sèvres.  Il estimait d’ailleurs lui-même avoir produit plus de 10 000 dessins. En marge de cette carrière officielle et de ses commandes venues de l’Europe entière, Boucher signe des compositions plus secrètes, d’une volupté saisissante, ses œuvres chantent le corps nu de la femme qui s’abandonne, il motive les regards et éveille les  sens. Déesses, nymphes offrent au regard du spectateur tous leurs atours, même les plus intimes. Le rendu des chairs, le jeu  des matières et  des effets de drapés, colorent la nudité d’une troublante volupté.
 C’est à l’école d’ Antoine Watteau, une œuvre toute entière consacrée à l’amour, que Boucher apprend la polysémie amoureuse, la sensualité envoutante du nu, ou encore la voluptueuse audace d’un fessier nu,  la puissance subjective d’un regard.

Le XVIIIe siècle signe l’avènement du plaisir des sens. Plus qu’à toute autre époque, l’Amour y occupe une place dominante dans les arts. Philosophes,
hommes de théâtre, romanciers et artistes, tous investissent le thème des passions amoureuses et des désirs charnels.

On ne compte plus, sous le pinceau des meilleurs peintres, les scènes bucoliques où badinent bergers et bergères, les boudoirs où s’échangent les soupirs langoureux, les alcôves où s’égarent « le coeur et l’esprit ». Pourtant, dans cet océan d’images consacrées à l’Amour, on a jusqu’ici peu insisté sur l’audace et l’originalité de certaines inventions.

boucher_1977-35 001

L’exposition rassemble près de 120 oeuvres. Les prêts viennent de nombreux fonds privés et publics d’Allemagne et de l’étranger, en particulier de France, de Grande-Bretagne, d’Autriche, de Suède et de Suisse.
La direction du projet est confiée au Dr. Astrid Reuter. Elle bénéficie du soutien de Barbara Bauer, stagiaire de recherches.

« Bloß ich » – installation auditive
La compositrice Elina Lukijanova a créé une installation auditive et interactive qui sera intégrée à l’exposition, et dans laquelle des éléments stylistiques du rococo seront traduits au travers de sons et de mots de notre époque.

Caroline-Louise de Bade-Durlach
La présentation du musée fait suite à la longue tradition de la maison et son attachement à l’art français.

De toute évidence, le style de François Boucher n’a pas laissé sa contemporaine, la margrave Caroline-Louise de Bade-Durlach, insensible. Elle qui était une fervente adepte des tableaux « bien finis » – selon ses propres termes – a trouvé dans les oeuvres de l’artiste, dont le fini rappelle l’éclat de l’émail et dont les sujets semblent faits de porcelaine, la projection de son idéal artistique. En 1759, elle commande deux pastorales à François Boucher et acquiert des esquisses ainsi que six études au pastel du maître. Ce n’est que bien plus tard que les musées allemands ont commencé à s’intéresser à cet artiste français du XVIIIe. A Karlsruhe, ces tableaux et dessins acquis en 1759 font partie des oeuvres collectionnées par la margravine qui ont ultérieurement constitué le fonds du Musée National des Beaux-Arts.

Actualité
Toute l’actualité de l’exposition François Boucher – artiste rococo est disponible en langue française sur le site de la Staatliche Kunsthalle de Karlsruhe à l’adresse :
www.kunsthalle-karlsruhe.de/fr/exposition/francois-boucher

L’exposition, elle aussi retardée du musée Cognacq-Jay de Paris :

« L’Empire des sens, de Boucher à Greuze » explore le thème de l’Amour
dans sa forme la plus licencieuse, au prisme des créations de Boucher
et de ses contemporains – maître, rivaux ou élèves – tels que Watteau,
Greuze et Fragonard.

En raison de la situation sanitaire, l’exposition du musée Cognacq-Jay est reportée, les nouvelles dates seront communiquées dès que possible

 

 

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Sommaire du mois d’avril 2021

Fondation Beyeler, terrasse de la Villa Berower

Calendrier du déconfinement du 29 avril 2021

Et la Covid est toujours là !!!

24 avril 2021 : Life – OLAFUR ELIASSON à la Fondation Beyeler
23 avril 2021 : « Faces » d’Anne-Sophie Tschiegg
20 avril 2021 : LENZ AU MUSÉE
17 avril 2021 : Anne-Catherine Goetz
11 avril 2021 : Donner son sang au musée !
9 avril 2021 : Peintres femmes, 1780-1830. Naissance d’un combat
7 avril 2021 : La Fondation Beyeler et Nordstern Basel présentent Dixon x Transmoderna
4 avril 2021 : Joyeuses Pâques
1 avril 2021 : Philippe GELUCK, Le Chat à Matignon

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Life – OLAFUR ELIASSON à la Fondation Beyeler

Olafur Eliasson, Life, 2021, Photo: Mark Niedermann, Courtesy of the ar9st;
neugerriemschneider, Berlin; Tanya Bonakdar Gallery, New York / Los
Angeles © 2021 Olafur Eliasson

Je n’ai qu’une hâte, c’est que la frontière s’ouvre afin de courir à la Fondation Beyeler pour y découvrir la dernière exposition consacrée à Olafur Eliasson.
Cela semble être une fantastique fête de l’eau, de l’humain, de la nature, un hymne à la vie sous toutes ses formes, animale et végétale, un spectacle de lumière, de couleurs, une ouverture grandiose pour tous, une ode à la vie, au climat,  pour le plaisir de tous les sens.

                                           LIFE OLAFUR ELIASSON
                                           AVRIL à JUILLET 2021

L’artiste dano-islandais Olafur Eliasson (né en 1967) s’exprime par la sculpture, la peinture, la photographie, le film, l’installation et les médias numériques. Son oeuvre traite des questions de perception, de mouvement, d’expérience corporelle et de la relation entre la perception de soi et le sens de la communauté. Il ne se limite pas aux musées et aux
galeries, mais implique le public à travers des projets architecturaux, des interventions dans des espaces publics, l’éducation artistique, l’élaboration de politiques et l’action climatique.
Olafur Eliasson est internationalement connu pour ses installations qui remettent en question la façon dont nous percevons notre environnement et contribuons à le façonner.

Sam Keller, directeur de la Fondation

Cette oeuvre d’art est une expérience collective.
Elle remet en question nos conventions en
matière d’art, de nature, d’institution et de vie, en tentant d’abolir leurs frontières. Les plantes, les animaux, les êtres humains et les microorganismes cohabitent dans cette oeuvre.
L’heure de la journée et la météo influencent
l’évolution et la perception de cette exposition.
Life est accessible à toute heure (billets 9-21h)

Olafur Eliasson

Je m’intéresse de plus en plus à la vie non pas du point de vue de l’être humain, mais avec une perspective plus large, du point de vue biocentrique. Je me suis amusé à créer des néologismes, à transformer des noms en verbes – en parcourant mon exposition, je m’efforce d’arbrer, par exemple – afin d’aborder des perspectives dépassant celles que nous concevons habituellement en tant qu’êtres humains.
La vie, chez les humains, chez les mammifères, est subordonnée à l’inspiration et à l’expiration, à l’oxygène. Pour reprendre la terminologie des anthropologues Natasha Myers et Timothy Choy, je dirais également que la vie con-spire – en jouant sur l’étymologie du mot (« respirer avec ») et la définition que l’on en trouve habituellement dans le dictionnaire. Nous conspirons avec les arbres, les uns avec les autres, et avec la
planète.

Olafur Eliasson Life, 2021 (Détail)

Pour reprendre les mots de l’anthropologue Anna L. Tsing :
« La précarité semblait autrefois être le sort des moins fortunés. Aujourd’hui, nos vies nous paraissent précaires –alors même que, actuellement, nos poches sont pleines. »

Life, mon oeuvre, et la Fondation Beyeler se confondent avec le parc environnant, le paysage urbain, la planète tout entière, et prennent vie à travers tout ce qui s’y trouve et tous ceux qui s’y rencontrent.
Depuis mes premiers travaux d’artiste au début des années 1990, je m’intéresse à la perception et aux conditions cognitives et culturelles qui la façonnent.
Life prend vie à travers la rencontre active que l’on en fait, à travers la perception de chacun. J’ai volontairement opté pour une absence de textes didactiques ou explicatifs en regard des oeuvres d’art afin d’éviter d’influencer la perception des visiteurs et leur appréhension de l’exposition. Il est important pour moi de ne pas partager une perspective limitée et prédéfinie de Life. Certaines de mes réflexions sur la réalisation de l’oeuvre d’art et sa pérennité, ainsi que mes sources d’inspiration pour ce travail, se trouvent ici. Dans le même temps, j’accueille les contributions des visiteurs – leurs attentes, leurs souvenirs, leurs pensées, leurs émotions.
Life présente un modèle de paysage futur. Un environnement accueillant. Lorsque Sam Keller, directeur de la Fondation Beyeler, et moi avons discuté de l’exposition pour la première fois il y a deux ans, je me suis dit :
« Pourquoi ne pas inviter tout le monde à l’exposition ? Invitons la planète – les plantes ainsi que plusieurs espèces différentes. »
Je voulais ouvrir plus qu’une brèche : je tenais à supprimer toutes les limites structurelles qui créent une barrière entre le musée et l’extérieur – et je suis reconnaissant à la Fondation Beyeler et l’architecte Renzo Piano, qui a conçu le musée, pour la confiance qu’ils m’ont accordée en me laissant précautionneusement et soigneusement retirer la façade en verre
de la bâtisse.

Olafur Eliasson Life, 2021 Photo: Mark Niedermann
Courtesy of the artist; neugerriemschneider, Berlin; Tanya Bonakdar
Gallery, New York / Los Angeles
© 2021 Olafur Eliasson

 Lorsque nous reconnaissons que nos vies sont inextricablement liées à notre
environnement, ainsi qu’à des structures et des systèmes qui vont bien au-delà de notre contexte local, nous apprenons, je crois, que nous sommes tous vulnérables et que nous ne contrôlons pas tout. Nous agissons et interagissons dans des situations définies par l’incertitude et des résultats peu clairs.

De concert avec le musée, je cède le contrôle à l’oeuvre d’art et, pour ainsi dire, je donne tout pouvoir aux visiteurs humains, mais aussi aux visiteurs non-humains, aux plantes, aux micro-organismes, aux caprices du temps, au climat – un grand nombre d’éléments que les établissements artistiques s’efforcent habituellement de tenir à l’écart. Au lieu de cela, nous invitons chaque être et chaque chose à l’intérieur. 

Philosophe, poétesse scientifique, architecte paysagiste

Je m’intéresse à la façon dont nous u8lisons nos sens, à la façon dont nous utilisons notre perception. Que se passe-t-il lorsque nous devenons insensibles à notre environnement ?
Le studio  – www.olafureliasson.net_ Olafur Eliasson, basé à Berlin, réunit une vaste équipe d’artisans, d’architectes, d’archivistes, de chercheurs, de cuisiniers, d’historiens de l’art et de techniciens spécialisés.

Mon amie Pireeni Sundaralingam, poétesse et spécialiste en sciences cognitives, a mené des recherches sur la manière dont les environnements numériques sont souvent conçus comme des systèmes de captation de l’attention générant un stress neurologique et des schémas comportementaux qui se fondent sur la menace. Elle soutient que les environnements sensoriels riches et les espaces numériques ou physiques incertains – par opposition à
« menaçants » – ont un impact positif en termes de développement cérébral sur la croissance, la créativité, l’innovation et la résilience. J’ai l’espoir que Life encourage les visiteurs à faire l’expérience d’eux-mêmes dans un paysage élargi – ouvert, incertain – et qu’ils se voient en tant qu’êtres composites au sein d’écologies plus vastes et insoumises
.
Life offre aux visiteurs la possibilité de mettre tous leurs sens en éveil. Les odeurs de plantes et d’eau, les sons environnants et l’humidité de l’air incitent les visiteurs à dépasser la vision seule pour explorer les oeuvres d’art.
Life invite à une « conscience panoramique » au coeur du paysage.

Elle suggère que, ce qui est derrière vous, de chaque côté de vous, ou
au-dessus de vous est tout aussi important que ce qui est devant vous et au-delà.
J’ai récemment fait la connaissance de Natasha Myers, anthropologue et danseuse. Elle nous invite – comme elle le formule elle-même – à
« végétaliser » nos sens afin de saisir le potentiel des relations entre les plantes et les êtres humains. Dans son essai, Natasha Myers s’interroge : « Que désirent les plantes ? Que savent les plantes ? Que peut faire une plante ? Nous ne le savons pas encore. Mais nous pourrions allez à leur rencontre avec l’honnêteté et la candeur de ne pas savoir, et en laissant de côté ce que nous prenons pour de la connaissance. »

Invitation

Je vous (OE)vous invite à découvrir l’exposition par vous-même. Si vous ne pouvez pas vous rendre en personne à la Fondation Beyeler, vous aurez la possibilité de la visiter sur le site  – www.olafureliasson.net/life,- à toute heure du jour et de la nuit, pour voir s’alterner en direct les points de vue humains et non-humains.
Le microsite qui accompagne l’exposition, www.life.fondationbeyeler.ch, rassemble les matériaux qui ont inspiré l’exposition et continuent de s’étoffer, notamment une série de conversations que j’ai eues avec la Prof. Anna Wirz Justice, le professeur Günther Vogt, Sam Keller et Pireeni   Sundaralingam.    

                                         Photo: Patricia Grabowicz  «Life» En collaboration avec VOGT ,Case Studio.

Je leur suis redevable d’avoir partagé leurs connaissances avec moi au cours de ces conversations déterminantes dans l’élaboration de cette oeuvre. Comme je considère leurs perspectives fascinantes et importantes, je leur ai demandé de se rendre disponibles pour des entretiens sur leur propre travail, ce qu’ils ont aimablement accepté de faire.

Certaines Photos courtoisie Fondation Beyeler

MÉDIAS SOCIAUX
Pour les dernières mises à jour sur l’exposition, visitez life.fondationbeyeler.ch, retrouvez-nous sur Facebook
à facebook.com/fondationbeyeler, ou suivez @studioolafureliasson et @fondationbeyeler sur Instagram.

Informations pratiques

HORAIRES D’OUVERTURE:
Lundi à Dimanche 10–18
Mercredi 10–20
365 jours par an (y compris les jours fériés)
Life accessible à toute heure (billets 9-21h)

FONDATION BEYELER
Baselstrasse 101
CH-4125 Riehen/Basel
Tél. +41 61 645 97 00
Fax +41 61 645 97 19
info@fondationbeyeler.ch

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« Faces » d’Anne-Sophie Tschiegg

Photo Camille Stoos

Ca y est, celui qu’on attendait est sorti : « Faces », le troisième opus aux éditions Chicmedias, d’Anne-Sophie Tschiegg. Pour la conception de cette merveille, elle s’est associée au photographe Marc Guénard.


Ensemble, ils ont réalisé une trentaine de portraits parmi lesquels on retrouve d’autres artistes du château (Motoco). Leurs modèles ont la particularité d’avoir le visage peinturluré, offrant un écho au combat mené par le collectif russe réuni autour de l’artiste Ekaterina Nenasheva pour déjouer les caméras de vidéosurveillance.
Si comme nous, vous voulez vous prendre une châtaigne de beauté en pleine face, ça se passe par là, chez notre éditeur préféré (avec Médiapop bien sûr ! ) : la boutique Chicmedias
Merci AnneSo, Marco, Bruno, Clément, Juliette, Clem, Alex, Alex, Nico, Ouissem, Simon, Camille, Julie, Tiago, Irakli, Kiki, Michele, Jacques, Anne, Lisa, Grégory, Anne-Laure. Quelle collab 😘😘
texte Martine Zusatz-Zussy

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LENZ AU MUSÉE

Un concert-fiction de RODOLPHE BURGER (featuring Jean-Luc Nancy) au palais Rohan, réalisé et diffusé en lien avec l’exposition
« Goethe à Strasbourg – L’éveil d’un génie (1770-1771) » organisée par les Musées de la Ville de Strasbourg et dans le cadre de la résidence de Rodolphe Burger à l’invitation d’Artefact-La Laiterie.

LENZ AU MUSÉE est une création de la Compagnie RODOLPHE BURGER, coproduite par les MUSÉES DE LA VILLE DE STRASBOURG et La LAITERIE ARTEFACT.
Avec le soutien de la Ville de Strasbourg et de la Région Grand-Est.

«Un musicien n’a pas souvent l’occasion de pouvoir profiter du lieu d’une exposition pour y proposer un concert. J’aurai ce privilège de pouvoir jouer en live les morceaux que m’auront inspiré à la fois le sujet de cette exposition, le lien entre ce sujet et la figure de Lenz que le film avec Jean-Luc Nancy viendra incarner et rendre vivant, et enfin le lieu-même où tout cela s’est noué et joué : Strasbourg, le palais Rohan, la cathédrale toute proche…»
Je me dois d’ajouter que cet extraordinaire décor aura aussi été pour moi-même, en 1977, lors d’une année entière, le théâtre d’une première initiation à la philosophie et à la littérature, non pas comme savoir ou histoire, mais en tant que projet de vie. C’est cette inoubliable leçon que je veux tenter, grâce à la chance de cette belle invitation, d’honorer à ma modeste manière, en parole, en image, et en musique. »
(Rodolphe Burger)
Durée: 60 minutes

DIFFUSION

– Multi-diffusion : sur les réseaux sociaux des Musées de la Ville de Strasbourg, d’Artefact et de la Cie Rodolphe Burger, et sur le réseau des télévisions du Grand Est (Alsace 20, Canal 32, ViàVosges et ViàMoselle).
– D’abord diffusion de la bande-annonce à partir du lundi 19 avril 2021 sur les chaînes TV partenaires et les réseaux sociaux.
Diffusion du film le samedi 24 avril 2021 en prime time sur les chaînes TV partenaires et en Première sur les réseaux sociaux des Musées, d’Artefact, de la Cie Rodolphe Burger. Diffusion le dimanche 25 avril sur Alsace 20 à 12h00 et 23h00.

L’EXPOSITION « GOETHE À STRASBOURG – L’ÉVEIL D’UN GÉNIE (1770-1771) »

À l’occasion du 250ème anniversaire de l’arrivée de Johann Wolfgang von Goethe à Strasbourg, les Musées de la Ville de Strasbourg présentent une exposition soulignant l’importance capitale de ce séjour qui lui fournit l’occasion de découvrir une ville de culture, cosmopolite, frontière et passage entre la France et l’Allemagne.
Entre avril 1770 et août 1771, le jeune Johann Wolfgang von Goethe, âgé de seulement 21 ans, séjourne à Strasbourg. L’objectif que lui fixe son père est alors de terminer ses études de droit, mais également de découvrir la vie à la française et d’apprendre le français. Ce séjour représente également pour le jeune intellectuel l’occasion de forger son tempérament et son goût artistique. L’exposition accompagne les pas du jeune Goethe, en se fondant notamment sur ses écrits ainsi que sur les traces laissées durant son séjour strasbourgeois.
Afin de rendre compte de l’impact décisif de ce passage sur son oeuvre, l’exposition rassemble environ 120 oeuvres des musées ou de collections publiques et privées. Elle pose un regard nouveau sur cette étape peu connue de la vie de ce grand auteur et rappelle plus généralement une période riche de la vie de la cité alsacienne.
Commissariat : Florian Siffer, responsable du Cabinet des Estampes et des Dessins, Aude Therstappen, conservatrice, responsable du fonds germanique de la Bnu.
Exposition présentée jusqu’au 31 mai 2021 au palais Rohan (galerie Heitz) (ouverture en fonction des directives gouvernementales).
© Tobias Canales

LA RÉSIDENCE

« QUOI QU’IL ARRIVE ! » : ARTEFACT PRL – LA LAITERIE INVITE RODOLPHE BURGER EN RÉSI­DENCE À STRASBOURG


« Quoi qu’il arrive ! » : voilà donc qu’il y a un an, au cœur du monde confiné et répondant avec excitation à cette in­jonction insolente, un projet est né de conversations entre Rodolphe Burger et Artefact, dont la viralité vitale a débordé les réseaux…

Un projet-trajectoire, projet-cheminement, projet-processus… un projet-carrefour, so Strasbourg, où se croisent des désirs de faire acte commun et ouvert… un projet-manifeste à une période où le seul fait de se projeter fait acte et celui de le faire ensemble vaut affirmation… un projet-conversation qui, tout au long de ces étranges mois de confinements et couvre-feu nous donne l’occasion d’inventer, quoi qu’il arrive, de multiples complicités.

Ce projet, c’est celui d’une résidence singulière.

Rodolphe Burger, cet inlassable arpenteur, est ainsi invité par Artefact à passer du temps dans ce chez-lui-là, à Strasbourg et Environs… invité à habiter cette ville qui lui est si intime, à y poser de nouvelles traces qui approfondissent les précé­dentes, en ouvrent d’autres et révèlent l’arpentage.

Cette résidence creuse ainsi une trajectoire partagée autour de quelques récits souterrains constitutifs de l’« éternel stras­bourgeois ». Au coeur de ce dernier, la figure de Lenz surgit donc une nouvelle fois et active ce projet-delta qui traverse ces mois dont nous sommes tous incapables aujourd’hui de mesurer vraiment ce qu’ils sont.

Un projet-trace qui habite le sillon des persistances pour y dessiner des perspectives et cheminer, « quoi qu’il arrive ! », vers la suite, l’avenir, l’après, demain…

(Artefact).

Avec le soutien de :

La Ville de Strasbourg et la Région Grand Est

 

 

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