Sommaire du mois de juin 2021

                              Mulhouse juin 2021

23 juin 2021 : « Suān Tian Kŭ Là » 酸甜 苦辣
17 juin 2021 : Yan Pei-Ming – Au nom du père
15 juin 2021 : Le château de Versailles et le Grand Palais
de chez soi, comme si on y était

10 juin 2021 : Kara Walker
08 juin 2021 : motoco, l’insolite au quotidien !
05 juin 2021 : Les territoires de l’eau

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« Suān Tian Kŭ Là » 酸甜 苦辣

photo Zhang Xiao

Exposition photographique à la Galerie de la Filature de Mulhouse,
jusqu’au 28 août 2021
REN HANG, ZHANG XIAO, SUN YANCHU, LU YANPENG, les photographes
Commissariat Léo de Boisgisson et Marie Terrieux
Coproduction Institut Confucius des Pays de la Loire
www.institutconfucius.fr

Volume I. en 2011 à Angers

En 2011, Léo de Boisgisson et Marie Terrieux, commissaires indépendantes alors basées à Pékin, réunissent à Angers quatre photographes chinois
Ren Hang, Zhang Xiao, Sun Yanchu et Lu Yanpeng
dans une exposition intitulée Suān Tian Kŭ Là.
Le nom tire son inspiration d’une expression chinoise qui désigne les
quatre saveurs (acide, sucrée, amère et épicée) et intervient également
comme une métaphore des aléas de la vie humaine.
En empruntant ce vieil adage, l’exposition attire l’attention
sur une Chine à hauteur d’homme, une Chine composée
d’une diversité d’individus et de points de vue et non le grand
monolithe qui, vu de l’ouest, fascine et surtout inquiète.
Avec Suān Tian Kŭ Là, l’idée est de rendre un peu compte de cette pluralité à travers le regard de quatre photographes qui, chacun à sa manière, portraiture son environnement et son temps avec constance et sensibilité. En puisant dans différentes séries réalisées pour la plupart entre 2004 et 2011,
They de Zhang Xiao, Obssessed de Sun Yanchu, Open Air de Lu Yanpeng
et une sélection du travail de Ren Hang, l’exposition donne à voir autant
qu’à goûter et éprouver différentes textures de la Chine et différentes personnalités de la création photographique qui, dix ans après,
à l’exception de Ren Hang disparu prématurément, en sont toujours
des éléments actifs.

Volume II. en 2021 à La Filature

En 2021, répondant à l’invitation de La Filature, Scène
nationale de Mulhouse, les oeuvres des quatre photographes,
telles des capsules temporelles, vont se redéployer. Cette
initiative originale, à rebours de la frénésie de nouveauté
qui caractérise la diffusion contemporaine, va permettre de
revenir sur des travaux réalisés il y a dix ans et d’évaluer leur
maturation à l’aune du contexte d’aujourd’hui. 10 ans c’est
peu, mais à l’échelle humaine ce n’est pas rien… surtout dans
un pays tel que la Chine qui, depuis 40 ans, est engagé dans
une marche forcenée vers le progrès et qui, ironie du sort, a
été l’épicentre de la pandémie affectant aujourd’hui encore le
monde entier. Depuis 2011, la vie a suivi son cours. En effet, la
Chine a continué son irrésistible ascension de grande puissance
et l’urbanisme intensif a migré du littoral vers l’intérieur du pays
en transformant les campagnes en succursales des villes.

Zhang Xiao – Salée

Avec son Holga et dans des couleurs vives, Zhang Xiao (né en 1981) capture le spectacle des villes moyennes chinoises où le quotidien semble advenir dans une forme de théâtralité où médecins de campagne, volailles et mammifères côtoient des candidates à un concours de beauté dans une ambiance de fête
populaire.
Les terres du Shandong, province natale de Zhang Xiao, important producteur de pommes, ont été ré-agencées au profit de l’agriculture intensive qui se déploie à grand renfort de pesticides et d’engrais chimiques.
Alarmé par le désastre écologique en cours dans la région, Zhang Xiao
est retourné à Yantai où il développe Apple, un projet alliant photographie,
vidéo et sculpture pour évoquer la pomme, pilier de l’économie locale et métaphore actuelle des dérives productivistes.

Sun Yanchu – Amère

Plus sombre est la vision de Sun Yanchu (né en 1978). Natif de la province du Henan dans la Chine de l’intérieur et adepte du Noir et Blanc, Sun semble aimanté par la poésie ténébreuse des No Man’s lands, ces poches grises situées à l’intersection des campagnes arides et des villes en construction où paysans,
ouvriers et migrants vivent une existence âpre à bonne distance du rêve chinois.

Toujours basé à Zhengzhou, chef-lieu de la province du Henan et maintenant père de famille dévoué, Sun Yanchu poursuit une pratique hybride de la photographie dans les murs de son studio plutôt que sur les routes.
Avide de matière, d’intervention voire de dissection, il manipule les clichés argentiques, les siens et d’autres, chinés au gré des marchés aux puces en y
appliquant encre, peinture, colle ou sang. Ses livres photos, tels que Ficciones, sont autant de fragments issus de ses expérimentations et une invitation à explorer les tréfonds des images.

Lu Yanpeng – Sucrée

Lu Yanpeng (né en 1984), quant à lui, puise son inspiration dans la beauté chinoise classique. Les toits courbés des pagodes anciennes, les arbres tortueux et les cieux nuageux rendus dans des tons sépia évoquent tout autant la peinture traditionnelle que la photographie ancienne et un hommage à une esthétique chinoise immémorielle.
De retour dans sa ville méridionale de Xiamen depuis 2012, Lu Yanpeng a retrouvé une vie paisible après des années
passées dans le tumulte pékinois. Dans la douceur du sud, il continue à nourrir Open Air et, inspiré par une cérémonie
bouddhiste à laquelle il a assisté dans le Yunnan, a entamé Blossom with Buddha, une série où se superposent les explosions lumineuses de feux d’artifices sur les figures impassibles du Bouddha dans des paysages vaporeux.

Ren Hang – Piquante

Ren Hang (né en 1987), a quitté le tumulte du monde depuis l’exposition. Sa mort, survenue en 2016, a secoué profondément le monde de la photographie, aussi bien à l’étranger qu’en Chine. Ses nus – crus, ardents et purs – avaient séduit l’Europe et les États-Unis mais restaient censurés dans son pays natal
et l’artiste, qui avait capté tant de lumière, était en proie aux ombres de la dépression… Certains verront dans sa mort un symptôme de la tension entre liberté et claustration, expansion et captivité, qui caractérise cette génération ultrasensible; d’autres, plus stoïques, y verront un aléa dans le cours infini de la vie. On pourrait aussi y voir une illustration marquante de la thématique : quand le goût sucré de la bonne fortune se fond en amertume et en mélancolie…

Urbains, provinciaux, mobiles ou sédentaires, les photographes rassemblés dans Suān Tian Kŭ Là nous font voyager dans l’immensité de leur pays ou entre les quatre murs de leur studio. Ils nous confrontent à certains aspects du réel –
corps, paysages, objets – ou, au contraire, nous en éloigne en proposant une autre mise en image du monde et en faisant affleurer le rêve. Dix ans après, les photographies montrées à Angers n’ont rien perdu de leur pouvoir narratif et de leur saveur. Au public Mulhousien de les déguster à présent !

VISITES GUIDÉES
gratuites sur rendez-vous
edwige.springer@lafilature.org ou 03 89 36 28 34

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motoco, l’insolite au quotidien !

Vous avez fantasmé sur le Bateau Lavoir, rêvé de la Ruche, des ateliers des artistes de Montmartre, à Mulhouse, ville d’art et d’histoire, en dehors de ses nombreux musées, des galeries d’art, de la Kunsthalle, de la HEAR, de la Galerie de la Filature, des ateliers privés, vous trouverez des lieux tout aussi actifs qui regroupent des ateliers d’artistesle Séchoiret le plus impressionnant par le nombre d’artistes regroupés en seul endroit : motoco 
Empêché d’ouvrir les ateliers, pour la grande messe des ATELIERS OUVERTS du Grand Est, pour des raisons administratives de classement du bâtiment, dans une catégorie L, non autorisée de recevoir des visiteurs, pour raison de Covid, le sésame est arrivé, les ateliers ouverts se tiendront les 3 et 4 juillet 2021

motoco, est un lieu de production artistique créé en 2012 à Mulhouse dans le quartier DMC
Un lieu, 140 artistes, 100 évènements par an et un quotidien d’improbables possibles.


Malgré la pandémie l’ancienne usine DMC a turbiné à fond

Le site est tellement bien fait, il n’y a rien à rajouter, qu’il suffit de le consulter, ci-dessous :

motoco (MOre TO COme) c’est 8800m2 de brique chaude et mate, une ruche avec des artistes et artisans d’art qui y bossent et parfois piquent, sept actionnaires sérieux-mais-pas-que, deux passionnés qui dirigent en équilibristes ubiquistes, des collectivités locales qui protègent, beaucoup d’amour, des torgnoles, de la force brute et surtout une mégatonne d’énergies et de talents rassemblés.
motoco est géré par la SAS motoco&co, et compte une dizaine de nationalités (30 % d’étrangers), un incubateur géré par la HEAR (Haute école des Arts du Rhin), des résidents étrangers de passage gérés par La Kunsthalle, un pôle image, un atelier de sérigraphie et un pôle céramique en construction, un studio d’enregistrement et deux grands espaces dédiés à l’événementiel.

Le site DMC

Le site DMC est le plus grand site industriel désaffecté du Sud Alsace. L’enjeu
de sa transformation concerne aujourd’hui 12 hectares et 100 000 m2 de surface bâtie à l’intérieur d’un site qui globalement représente 70 ha, au coeur de
Mulhouse.
Le site DMC est nominé Iba Basel 2020

La présidente

C’est une ruche où tout le monde travaille, mais il n’y a qu’une reine
Martine Zussy, Présidente de motoco&co, appelée plus familièrement
« Cap’taine »
je lui laisse la parole :

Début de la pandémie

En mars 2020, lorsque nous entamions le terrible périple sanitaire, cela faisait pile deux ans que motoco&co avait pris le pari de reprendre le projet motoco délaissé par ses initiateurs, de le structurer et de le faire perdurer de façon autonome avec comme seul objet : le développement de la production des arts visuels dans un cadre professionnel, ici à Mulhouse, ici au cœur du site DMC et de ces 9000 m2 de briques chaudes et rouges.

Deux premières années pendant lesquelles nous avions œuvré comme des fous pour réussir ce challenge. Les premiers résultats avaient dépassé nos espérances : des finances à l’équilibre, des artistes professionnels de plus en plus nombreux, des compétences de plus en plus pointues et diversifiées, une vie interne remplie de projets collectifs, de désir de partage, de fêtes, d’esprit familial à certains endroits, d’exigence professionnelle sur d’autres sujets.

Quand début mars 2020, nous avons pris conscience de la gravité de la situation à Mulhouse, une seule obsession a pris place : poursuivre et faire poursuivre à tous ceux qui composent motoco, leur quête artistique. Quelque soit la situation environnante ! Tout ce qui nous permettait de vivre s’est arrêté de façon si brutale : l’activité événementielle, les projets culturels, les expos, les résidences,… Tout ! Très vite, on a senti la facilité de la plainte nous effleurer et on s’est tous promis de ne pas y sombrer. De rester debout et de tenir l’autre debout lorsque la croyance lui devient difficile.

On s’est lancé dans des rdv en ligne, en premier lieu avec le #pasunjoursansuneligne puis sur d’autres sujets de dessin et de photo, de performance à réaliser entre ses 4 murs et à partager en ligne. Etrangement, à travers ces petites actions que nous rendions, nous nous découvrions encore un peu plus les uns et les autres et nous avons été rejoint virtuellement par un public généreux de soutien et d’encouragement. On rythmait ces rencontres quotidiennes en ligne par des sauts à motoco, certains jours où le besoin de travail nécessitait la présence au château.

On a aussi mis nos espaces événementiels désertés à disposition de projets solidaires.

On a tenu comme cela tout le premier confinement et on s’est retrouvé en juin 2020, fous de joie de reprendre chacun nos quêtes personnelles et, ensemble, notre bataille pour ce lieu qu’on savait maintenant, plus qu’avant, lieu précieux de résistance.

La période estivale 2020

Pour la période estivale 2020 on a décidé d’y installer un nouveau lieu de partage égoïstement pour nous mais aussi avec ceux qui nous entourent. En trois semaines, on a créé la guinguette « Chez ta mère » (Alexandra Weisbeck et Nicolas Ziegler ont été les magiciens du lieu)

en apprenant au mieux et au plus vite, les dessous des licences de vente de boissons et restauration, les normes et règles propres à cette activité. Cet été-là, on a aussi donné vie à l’exposition Botanica (initiée par Marie-Paule Bilger et riche de nombreux résidents) en un rien de temps, on a accueilli quelques événements incroyables comme le festival Météo et Pop-up, on a construit des projets pour la fin d’année.

Cet été-là, on a passé des soirées entières à échanger sur le statut des artistes, sur le manque de cohésion des arts visuels qui nuit à une parole unique audible par le gouvernement, à l’intérêt d’essayer de s’en sortir par des stratèges qui se posent hors du champ artistique ! On s’est aussi questionné sur la survie de motoco si l’événementiel devait à nouveau s’arrêter (on avait tenu cette période de quelques mois avec une amputation de 80% du chiffre d’affaires nécessaire à l’équilibre, mais comment pourrait-on faire pour tenir plus longtemps si la situation sanitaire se dégradait une nouvelle fois).

Deuxième confinement

Lorsque le deuxième confinement est arrivé, que les projets imaginés pour la fin d’année ont, tous, perdu leur espérance de réalisation, la force de résistance vécue lors du premier confinement a pris un sacré coup. On a tous vécu des moments douloureux de désespérance, de peur (on a eu notre premier cas de COVID en interne) et de forte inquiétude matérielle. Malgré tout, toujours grâce à celui ou celle qui, à son tour, tenait debout a bataillé dans tous les sens :

  • On a cherché des projets dans l’aménagement intérieur et extérieur, dans l’espace urbain, … et on a réussi à développer des choses incroyables avec des acteurs privés et publics (les réalisations de Noël dans l’espace urbain en sont des exemples)
  • On a développé des prestations artistiques à domicile (#dessinemoimonchezmoi,(vidéo) #dessinesmoimonamour,…)
  • On a bataillé pour que chacun puisse bénéficier des aides mises à disposition par l’état (et cela n‘a pas toujours été simple, y compris pour motoco, qui est une structure hybride qui a du mal à entrer dans les cases universelles).

On a poursuivi le travail et le questionnement collectif de fond. On a partagé en interne avec d’autres artistes et structures artistiques sur ce fameux statut de l’artiste, sur le financement de son travail lorsque la diffusion est arrêtée (pourquoi n‘existe-t-il par un CNRS artistique ?), sur le rôle et la liberté d’une entité comme motoco&co, sur les intérêts et les nuisances de tout ce qui émerge en ligne, faute de pouvoir vivre IRL, sur les précarités grandissantes d’une part et sur les explosions de nouveaux marchés spéculatifs surréalistes d’autre part (comme les NFT).

On a continué à soigner notre château et de nombreux résidents ont profité de moments creux pour améliorer le confort de leurs ateliers (mezzanines, peinture, mobilier, …), étudier notre environnement naturel et réunir pour sa préservation, mettre en place des améliorations quant à la gestion des ressources et des déchets (traitement des eaux usées, récupération de matériaux,…).

Dernière période de confinement

Aujourd’hui, on sort doucement de cette dernière période de confinement (notre bâtiment bénéficie en partie d’un classement ERP de type L et il reste à ce jour très contraint !). Les projets d’expo et de résidences des résidents reprennent et c’est un énorme soulagement.

En ce qui concerne motoco, les prochains gros sujets sont les suivants

Naissance de Marcelle

  • Ouverture de la guinguette le 20 Juin.
    Elle sera cette année conduite par un partenaire professionnel dont on se réjouit : le Petit Marcel. Elle s’appellera « Marcelle », l’ambiance sera celle de l’année dernière (toujours Alex aux commandes de l’aménagement et de la déco) et l’offre de restauration sera dingue. Elle sera ouverte tous les jeudis, vendredis et samedis de 18 h à 24 heures jusqu’au 29 aout + lors d’événements

Evènements

  • 21 Juin : fête de la musique : un concert organisé par la ville de Mulhouse + guinguette ouverte
  • 25 juin : soirée Top chef en partenariat avec la librairie 47 degrés nord
  • 3 et 4 juillet : portes ouvertes des ateliers. De nouveaux ateliers, de nouveaux artistes à découvrir le samedi entre 14h et 19h et le dimanche de 11h à 18h + guinguette ouverte de 12h à 24h
  • Fin août : festival météo
  • Fin août : Popup
  • 17 Septembre : Biennale de la jeune création contemporaine organisée avec la ville de Mulhouse. Ce sera fou je crois !!!

La fin d’année sera remplie d’événements de tous types dont un concert électro, une soirée avec le Ballet du Rhin, des festivals, …

Parallèlement à cela, on poursuit un travail de fond :

  • Développement de nouvelles matérialités en collaboration avec des acteurs publics et économiques (toujours un projet de création de véhicules urbains, plusieurs projets d’aménagement)
  • Etude avec d’autres structures artistiques indépendantes françaises sur le statut et le financement de l’activité artistique

Documentaire

  • Un documentaire réalisé par Robin Hunzinger qui s’immerge dans motoco depuis quelques semaines et qui y restera pendant deux ans
  • Un récit de motoco et de ses acteurs qui se construit avec un journaliste
  • Des projets d’édition qui devraient offrir des résultats surprenants

Les artistes résidents

motoco accueille aujourd’hui 140 artistes et artisans d’art qui disposent d’ateliers individuels ou collectifs d’une surface de 10 à 250 m2. La résidence est aujourd’hui complète mais dès qu’un atelier se libère, il fait l’objet d’un appel à candidature. Les nouveaux arrivants sont sélectionnés sur dossier, par une commission dédiée.
Il est également possible de postuler spontanément : postuler

Chaque artiste et collectif aujourd’hui présent à motoco, vous est brièvement présenté ci-après. N’hésitez pas à prendre contact directement avec eux !
Voir la liste ici

La boutique Révélateur

La boutique révélateur.io
Découvrez de nouveaux talents et des créations faites main. Des produits et des services uniques proposés par de véritables artistes.

Le catalogue

Un catalogue complet, régulièrement mis à jour, vous permet de consulter
en live la production de la ruche

Et très bientôt dans les bus Soléa

Design graphique, couverture bus scania Solea / M2a

motoco
bâtiment 75 de la friche DMC
11 rue des Brodeuses
68200 Mulhouse

Au cœur de Mulhouse, à 20 mn de l’aéroport Basel-Freiburg-Mulhouse,
à 5 mn de la gare de Mulhouse, à 5 mn de la sortie Mulhouse Ouest de l’A35

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Sommaire du mois de mai 2021

Paris gare de Lyon 19 mai 2021 le couvre-feu passe à 21 h, vite vite, retour en TGV !

29 mai 2021 : Les OEuvres vives de Geraldine Husson
20 mai 2021 : Peintres femmes, 1780-1830
12 mai 2021 :  Bruce Conner – Light out of Darkness
07 mai 2021 : Georges Senga, photographe congolais
01 mai 2021 : François Boucher, « peintre rococo »

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Les OEuvres vives de Geraldine Husson

Colonnes, tissu, papier, D. 0.30; L. 195 cm, 2021

Carte blanche à Geraldine Husson, au musée des Beaux Arts de Mulhouse jusqu’au 29 août 2021

Sablier inversé, miroir, sable, encore de chine, dimensions variables, 2021

Les « oeuvres vives » sont la partie immergée de la coque d’un bateau qui se situe sous la ligne de flottaison. Elles sont considérées comme vives, car elles contribuent à son allure et à sa pérennité. Ce sont celles sur lesquelles il s’appuie pour naviguer.
Geraldine Husson

C’est un cheminement à travers les Œuvres vives, série d’installations qui questionnent tant le matériau que la notion d’espace. Dans son travail de plasticienne, Geraldine Husson interroge la porosité entre les disciplines, le statut de l’objet et celui de l’œuvre d’art.

L’œuvre sensible et poétique de Geraldine Husson transcende l’économie de moyens : miroir, verre, cuir, sable sont utilisés à l’état brut puis minutieusement travaillés pendant de longs mois. Le marbre est choisi par l’artiste pour sa préciosité autant que pour sa minéralité.


Limites. Ambivalences : leitmotiv de l’artiste depuis ses premières années de création, le concept rejoint des questionnements universels : la vie, ses origines, ses cycles et transformations. Autant d’hybridations à la recherche de l’harmonie. Les Ovoïdes ou les Mappes se lisent non comme des œuvres uniques mais comme des ensembles qui se répondent et dialoguent avec les installations présentées dans l’exposition.

Salle 1

Dans la salle introductive du parcours, l’artiste sublime
des matériaux «pauvres», couverture de survie et plastique iridescent, à travers les installations Disque iridescent et Fragments. Le cercle évoque l’infini, le cycle naturel et celui de l’univers. La perception des couleurs et de la lumière fragmentée, diffère selon le plan et le déplacement dans l’espace.

Disque iridescent, couverture de survie, Amarre, cordage,

Salle 2

Le marbre est utilisé par l’artiste à la fois pour sa préciosité et sa minéralité. La pièce Aequilibris, composée d’un trapèze et d’anneaux de gymnaste,
installation en suspension, contraste avec la densité du matériau marbre. Geraldine Husson a travaillé avec un designer de la région de Carrare (Italie) pour créer cette oeuvre.

Le trapèze nécessite de l’élan, les anneaux de l’équilibre. En passant par le balancement, ils mobilisent de l’énergie et réunissent des forces, physiques et mentales, pour harmoniser le mouvement et la posture. Oscillation entre
maintenir et lâcher.

Un textile à imprimé de marbre devient sculpture factice ou trompe-l’oeil à travers la pièce Colonnes.
Les proportions sont inspirées des ruines du temple
d’Apollon à Delphes en Grèce.

Les colonnes inspirent la stabilité, la constance, la force, l’espérance aussi.
Parmi les ruines des monuments antiques, seules les colonnes restent debout.
Leur dimension à l’échelle humaine, la fluidité du tissu et la légèreté du papier font corps.

Apollonis est une photographie réalisée en collaboration avec le modèle et photographe Aurélien Mathis. Inspirée à la fois des sculptures antiques et de la peinture italienne, l’oeuvre est une mise en abyme d’un sujet incarnant la
figure humaine, déchue, qui se réveille d’un rêve sans fin.

Salle 3

L’installation Sablier, composé de sable coloré en noir à l’encre de Chine, prend la forme d’un sablier inversé disposé sur un miroir : image de la vie, son
cycle, l’écoulement jusqu’à la disparition. Dans la mythologie grecque, le sablier est l’attribut de Chronos, la personnification du temps. Cailloux est présentée en écho ; le reflet du miroir rappelle l’effet iceberg, surfaces
non visibles dans lesquels les images se confondent.

Le grain de sable roule, s’arrête, voyage, au gré des éléments, de l’eau, du vent et au fi l du temps.

Salle 4

Les séries des Ovoïdes et des Cellules sont développées par l’artiste depuis 2013. Cellules mouvantes fixées sur la toile, composées de pigments minéraux, elles
sont travaillées sur différents supports, toile, carton, cuir et avec divers matériaux, poudre minérale, eau, encre de Chine, laque. Les cellules perforées jouent avec le contraste d’aplats de noirs mats et de surfaces brillantes laquées.

Salle 5

La série Mappes est une réflexion menée sur les différentes projections et représentations du planisphère et de la carte du ciel. Minutieusement élaborées dans l’atelier de l’artiste, des heures durant, Geraldine Husson découpe et
pique, colle à chaleur de la bougie les éléments : épingles, cristaux, sequins, punaises, assemblés avec finesse sur son support.

A travers l’association de ces matériaux et de leurs contrastes, l’artiste souligne la complexité d’un monde précieux.

Certains planisphères évoquent la Pangée,
continent unique qui préexistait aux origines de la Terre.

Maelstörm, plaque de marbre retravaillée à l’encre de chine et laque, évoque ce trou noir de l’Océan situé sur les côtes de Norvège.

Biographie

Geraldine Husson est née en 1983 à Mulhouse.
Elle vit et travaille à Strasbourg depuis 2007.
Formée à la HEAR, Haute Ecole des Arts du Rhin, elle expose en France, en Europe et à l’international : Mac de Lyon Sucrière (2015),
Castello Sforzesco Milan (2012), MUDAM
Luxembourg (2011), Xuzhou Museum of Art Chine (2010), Kunsthalle Basel Regionale.

Geraldine Husson est enseignante à l’UNISTRA
Faculté des Arts de Strasbourg.

Informations

Musée des Beaux Arts de Mulhouse
Place Guillaume Tell – 68100 Mulhouse
03 89 33 78 11
www.musees-mulhouse.fr

Ouvert tous les jours sauf le mardi et les jours fériés, de 13h à 18h30.
Du 1er juillet au 31 août : de 10h à 12h et 13h à 18h30.

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Sommaire du mois d’avril 2021

Fondation Beyeler, terrasse de la Villa Berower

Calendrier du déconfinement du 29 avril 2021

Et la Covid est toujours là !!!

24 avril 2021 : Life – OLAFUR ELIASSON à la Fondation Beyeler
23 avril 2021 : « Faces » d’Anne-Sophie Tschiegg
20 avril 2021 : LENZ AU MUSÉE
17 avril 2021 : Anne-Catherine Goetz
11 avril 2021 : Donner son sang au musée !
9 avril 2021 : Peintres femmes, 1780-1830. Naissance d’un combat
7 avril 2021 : La Fondation Beyeler et Nordstern Basel présentent Dixon x Transmoderna
4 avril 2021 : Joyeuses Pâques
1 avril 2021 : Philippe GELUCK, Le Chat à Matignon

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« Faces » d’Anne-Sophie Tschiegg

Photo Camille Stoos

Ca y est, celui qu’on attendait est sorti : « Faces », le troisième opus aux éditions Chicmedias, d’Anne-Sophie Tschiegg. Pour la conception de cette merveille, elle s’est associée au photographe Marc Guénard.


Ensemble, ils ont réalisé une trentaine de portraits parmi lesquels on retrouve d’autres artistes du château (Motoco). Leurs modèles ont la particularité d’avoir le visage peinturluré, offrant un écho au combat mené par le collectif russe réuni autour de l’artiste Ekaterina Nenasheva pour déjouer les caméras de vidéosurveillance.
Si comme nous, vous voulez vous prendre une châtaigne de beauté en pleine face, ça se passe par là, chez notre éditeur préféré (avec Médiapop bien sûr ! ) : la boutique Chicmedias
Merci AnneSo, Marco, Bruno, Clément, Juliette, Clem, Alex, Alex, Nico, Ouissem, Simon, Camille, Julie, Tiago, Irakli, Kiki, Michele, Jacques, Anne, Lisa, Grégory, Anne-Laure. Quelle collab 😘😘
texte Martine Zusatz-Zussy

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Anne-Catherine Goetz

Nom : Goetz
Prénom : Anne-Catherine
Profession : enseignante
Spécialité : Maitrise d’anglais, littérature américaine et cinéma
Signe Particulier : Adjointe à la culture de la ville de Mulhouse

Grand merci à Anne-Catherine Goetz, d’avoir donné de son temps, si compté, de m’avoir accordé un entretien hyper confiné, masqué. Nous sommes restées masquées, juste une petite incartade pour déguster un café, à la table ronde.

La Covid jusqu’à présent avait empêché presque toutes les activités culturelles. Je n’ai eu l’occasion de la croiser que pendant une courte période
Lors de la biennale de la photographie de Mulhouse, où elle inaugurait l’exposition de Christophe Bourguedieu à la Filature.

Mais aussi au musée des Beaux Arts de Mulhouse où elle vernissait la même biennale, en compagnie de Madame la Maire de Mulhouse, Michèle Lutz et Anne Immelé, commissaire, sous un soleil accablant. De confinement en confinement, il ne s’est plus présenté pratiquement aucune occasion de célébrer officiellement la  culture. Aussi, j’ai souhaité la connaître plus et mieux, en temps qu’adjointe à la culture femme.
2021 est consacré aux femmes au niveau des grandes expositions parisiennes (Luxembourg et Pompidou), des Mooc (cours gratuits) sur le même sujet sont à suivre actuellement, même l’académie française pense féminin
Puisque le virus tant dévastateur est féminin, la Covid. Je n’ai pas assisté aux discussions académiques quant à ce sujet, mais j’ai le sentiment que dès qu’il se profile un ouragan ou une autre catastrophe naturelle, ils sont baptisés d’un prénom féminin… Même la mythologie abonde dans ce sens : c’est Pandora qui a ouvert la boite mystérieuse,  celle qui contenait tous les maux de l’humanité

Sa devise ?
                          « Demain est un autre jour »

L’entretien, confiné, masqué

Quelle est votre profession ?
Enseignante,

Vos études ?
L’IUFM à Colmar,

Vos parents ? Vous ont-ils emmené vers la culture ?
Mes parents étaient fonctionnaires tous les deux, dans l’administration territoriale. Mon père nous a amenés vers la musique, il nous a incité  à jouer d’un instrument de musique : nous sommes quatre enfants et tous jouent d’un instrument, en amateurs. J’ai grandi à Lauw, dans la vallée de Masevaux. J’étais à l’école de musique de Masevaux et de Thann où j’ai une formation musicale classique.

Comment êtes-vous venu à la culture, par la musique ?
J’ai fait un bac littéraire, j’ai toujours beaucoup lu, je pense être venue à la culture par les livres et la musique. Et j’ai envie de dire que je suis ensuite venue aux cultures, j’ai eu la chance de beaucoup voyager dans ma vie, de vivre à l’étranger aussi,  j’ai notamment  habité aux Etats-Unis, pendant 2 années.

Donc vous êtes bi- voire trilingue
Bilingue en anglais et  en allemand, je me débrouille bien, j’ai travaillé en Suisse dans mes jeunes années, avant d’être enseignante.
Pour mes études universitaires, je me suis intéressé à la littérature américaine et au cinéma, ce qui m’a aussi amenée progressivement à la culture.

Vous êtes en fonction depuis presque 1 an, à peu près, avez-vous pris vos marques ?
J’occupe ces fonctions depuis juillet 2020, depuis les dernières élections municipales. J’avais fait un précédent mandat en partie à la culture, puisque j’étais en charge du patrimoine culturel et des relations internationales. Michel Samuel Weiss mon prédécesseur était quant à lui en charge de la culture. Donc j’ai déjà eu l’occasion de comprendre quelles étaient les missions d’un élu, d’un adjoint, en partie dans la culture en m’occupant des musées, des bibliothèques et des archives.

C’est la raison pour laquelle on vous a confié ce mandat.

En quoi consiste ce mandat, la culture en générale, mais vous avez d’autres attributions, pouvez-vous développer ?
Les missions consistent à dérouler la politique culturelle de la ville, mais d’abord, il faut que nous l’écrivions puisque nous tournons une page en quelque sorte. Mon prédécesseur était là pendant 30 ans, maintenant se fixer un nouveau cap en gardant l’héritage du passé : la ville a été très équipée avec la création de beaucoup de structures culturelles. Maintenant il s’agit de mettre tout cela en cohérence et mon objectif est de toucher davantage les publics qui sont éloignés de la culture. Ça s’est mon objectif numéro 1.
C’est vrai que j’ai d’autres missions, la présidence de l’Opéra Nationale du Rhin, tournante tous les 2 ans, entre les 3 villes principales, Strasbourg, Colmar et Mulhouse. J’ai aussi la charge d’un secteur où j’habite, à Daguerre, un travail dans la proximité et dans la vie de tous les jours.

J’ai une question bête: l’adjoint à la culture est-il essentiel
dans une municipalité ? (rires)
C’est une bonne question, je vous répondrai qu‘il  est indispensable.
La culture concerne toutes les délégations, à mon sens c’est la délégation la plus transversale : pour les espaces verts, où il y a des créations parfois. Dans les projets urbains on peut aussi solliciter le regard de l’artiste, ou bien dans l’éducation, dans la santé, avec  l’art thérapie, par exemple, pour moi la culture est transversale et indispensable, je ne sais pas si un adjoint est indispensablemais la culture oui.

J’ai vu sur FB que vous avez signé avec d’autres organismes mulhousiens, la charte de la bonne pratique, signée en janvier 2021. Qu’est-ce que ça veut dire, quel est son but exactement ?
Les arts visuels par rapport à l’art ? Quels sont les interlocuteurs des artistes visés ? Pouvez-vous développer ?
Cela veut dire que la ville et les signataires comme la Filature, l’Agrandisseur, la Kunsthalle, Mulhouse Art contemporain, Motoco, le Séchoir s’engagent à contractualiser avec les artistes plasticiens et à les rémunérer. Quand un artiste plasticien est sollicité, quand on lui donne un travail, il faut qu’on le rémunère, afin de mieux sécuriser ses conditions de travail.

Avez-vous rencontré des Artistes ? Locaux ou dans un circuit plus large, national, international ? Vraiment pour leur travail, pour leurs prestations.
Oui, plein d’artistes ! A travers des rendez-vous formels, comme maintenant dans mon bureau, ou dans leurs ateliers, ce que j’aime bien faire, m’imprégner de leur univers,  ou encore  dans des ateliers  collectifs comme le Séchoir -quand il y avait les ateliers ouverts entre les 2 confinements. Je rencontre aussi des artistes dans la rue, ils m’interpellent.  Mes amis me font des retours bien sympathiques.

Vous  en connaissez en particulier, comme Eric Kheliff qui est comédien,
des personnes comme Denis Ansel qui écrit pour le CNRS

Philippe Schweyer et mediapop, Bernard Latuner, Anne-Sophie Tschiegg
Robert Cahen, vidéaste, président de vidéo les beaux jours
Véronique Arnold qui a des galeristes bâlois et tessinois qui a exposé à Art Basel, Michele Morando, artiste, poète publie en italien.
Robert Cahen, oui oui, Eric Khéliff, je l’ai rencontré dans le cadre de Mulhouse Art contemporain, pour la résidence d’un artiste, soutenu dans le cadre de la Biennale photo, Christophe Bourguedieu, puis on se suit sur les réseaux sociaux. Philippe Schweyer aussi avec qui on a sorti un livre autour d’un projet avec la bibliothèque de Mulhouse, qui s’appelle
« Instants confinés », et qui sera présenté à la presse ce jeudi.
J’avais souhaité que les gens écrivent sur leur confinement, comment ils l’ont vécu, qu’on ait une trace de ces instants. Pas uniquement des photos, mais un texte, quelque chose d’un peu officiel. Philippe m’a dit
« ok, je te suis, mais il faudrait une ligne éditoriale et qu’on puisse faire intervenir un auteur ».
Il m’a mise en contact avec un auteur Christophe Fourvel, qu’il édite aussi, qui a l’habitude de faire de l’accompagnement d’écriture. Trente personnes ont contribué, trente mulhousiens. Ce livre est en vente chez Bizey. Ils ont pu écrire leur texte, l’améliorer et l’enrichir avec cet auteur, et les textes sont réunis dans ce recueil.
Bernard Latuner, Denis Ansel, Anne-Sophie Tschiegg, je les connais bien sûr.

Et Véronique Arnold ?
Alors Véronique Arnold, j’ai une oeuvre d’elle ici, on l’avait exposée au musée des Beaux Arts, il y a 3 ans environ.

La ville soutient les institutions locales et les artistes, de quelle manière ?
Motoco, Le Séchoir, Le cinéma Bel Air, La Kunsthalle
Mulhouse Art Contemporain, Dominique Bannwarth, Eric Khéliff ?
La ville soutient par des subventions annuelles, puisque qu’on subventionne largement, selon le montant de la subvention on fait une convention d’objectifs sur 2/3 ans. Des objectifs sont définis ensemble, avec des bilans réguliers.

Et en ce qui concerne le cinéma Bel Air, qui doit être à la ramasse en ces temps incertains ?
Aussi, la ville donne aussi des subventions à ce cinéma. Je pense qu’ils sont dans une situation  compliquée, je ne sais pas si au niveau des aides de l’état, de la région il existe des possibilités.
En tous cas nous ne modifierons pas nos subventions, elles seront maintenues au même niveau. A partir de l’année prochaine, nous ferons un travail sur les subventions avec la mise en place de critères d’attribution. Mais nous attendons que les gens se remettent sur pied, on ne veut pas les bousculer dans leur reprise.

La ville se porte –t’elle acquéreur d’œuvres pour soutenir les artistes  ?
Celle-ci par exemple a été achetée à Véronique Arnold

Donc ce n’est pas un cadeau (rires) !
Ah non, non non, c’est aussi une façon de soutenir les artistes.
Géraldine Husson expose actuellement au musée des Beaux Arts, nous allons prolonger son temps  exposition, autant qu’on pourra, car après il y a une autre exposition, sinon il y aura un embouteillage, les autres artistes attendent.
La semaine prochaine, nous allons acquérir une œuvre de Géraldine, chaque année on a une enveloppe pour l’achat d’œuvres notamment d’artiste exposés au Musée des Beaux Arts

Qui est défini par un comité ?
Oui avec le service du développement culturel, Eric Vincent responsable de ce service. C’est lui qui gère cette enveloppe, et en général, c’est avec le maire que c’est décidé. Quand on expose un artiste, on  lui achète une œuvre, pour garder une trace de son exposition.

Que pensez-vous des réseaux sociaux ?
J’en pense plutôt du bien, parce que c’est un bon moyen de garder du lien, avec la crise que avons vécue. Je crois que quand des gens  sont un peu isolés, cela leur permet de garder ce contact permanent avec les autres et avec le fil d’actualité, mais il faut faire attention.
Je pense aussi que c’est potentiellement dangereux pour des twitts ou des posts qu’on peut facilement mal interpréter. En tout cas, ne  jamais avoir de  réactions à chaud !

Vous y êtes active, vous postez souvent des photos de plats, aimez-vous la gastronomie en général, locale, régionale ?
Dans la partie culture, il y a langue et culture régionale, à laquelle je suis extrêmement attachée, personnellement car je suis alsacienne et mulhousienne.
C’est une façon de mettre en avant les produits du terroir, les recettes.
Je ne cuisine pas du tout, je donne un peu le change, je fais illusion.

Parlez-vous l’alsacien ?
Oui, j’ai cette chance,  je l’ai appris par ma grand’mère

La Covid a-t-elle limité votre action, en ce qui concerne les musées, c’est évident, mais pour le reste ?
Oui, ce samedi des artistes devaient se produire en extérieur mais cela ne sera pas possible.
Le festival Motàmot a été reporté. Si les bibliothèques sont ouvertes, on ne peut plus faire de conférence littéraire, on est limité à 6 personnes maximum, les conférences sont en visio mais cela ne remplacera jamais le présentiel.

Que pensez-vous de la cancel culture ? Le bicentenaire de la mort de Napoléon ?
Je pense que c’est catastrophique, pour la culture précisément.
On ne va pas réécrire l’histoire de France, elle est ce qu’elle est.
On peut célébrer un anniversaire, sans adhérer aux idées, aux thèses des personnages en question. On ne va pas gommer des pans de l’histoire qui sont constitutifs de ce que l’on est, même s’il y a des zones difficiles, c’est presque du négationnisme.
Je pense qu’il faut parler de tout, avec le recul nécessaire, que l’on explique avec beaucoup de pédagogie aussi. Ce n’est pas parce que l’on parle d’un évènement que l’on en fait l’apologie. Pour moi la cancel culture c’est le début de la fin !

Vous avez été nommée présidente de l’ONR,  vous nous avez dit que vous jouer du piano.
A ce titre avez-vous des préférences musicales, les concerts, l’opéra, le ballet ?
Je joue du piano en amateur. J’ai surtout beaucoup d’affection pour l’opéra. Au milieu du mois de mai, nous allons présenter le programme de la nouvelle saison

Avez-vous d’autres spécificités cachées, en dehors du mandat de la ville et de la présidence ? Du sport, des hobby ? du yoga ?
Ah oui, je fais du Pilates, dans un studio tenu par une ancienne danseuse du ballet, au Parc des collines. Je suis une amoureuse de la montagne, je randonne dès que je peux, dans les Vosges, dans les Alpes, j’ai déjà fait une randonnée au Népal, j’adore randonner, j’adore la montagne, mais jamais seule, la montagne reste un milieu hostile.

Sur un réseau social, vous avez publié une photo, où vous êtes en compagnie du regretté Jean Claude Carrière, à quelle occasion ? quelles étaient vos relations ?
C’était une belle rencontre au forum du livre à St Louis, j’ai toujours beaucoup aimé cet auteur, sa voix, sa façon de raconter, j’étais très touchée de pouvoir le rencontrer. Il était tout seul, aussi je suis allée le voir pour parler un peu et prendre une photo. Depuis la Controverse de Valladolid -j’avais été marquée par ce film- je me suis intéressée à ses écrits.

Cela avait été une pièce jouée au théâtre de Poche par Jean Marie Meshaka


Avez-vous des références littéraires , puisque vos études étaient orientées vers les lettres ?  musicales ?
Je lis plutôt  des biographies. Quand j’aime un auteur, je lis tout ce qu’il fait.
J’ai lu tout Jacques Attali, tout Marcel Pagnol, en ce moment Gilles Kepel
c’est un spécialiste de l’Islam. La question de la république et de la laïcité, sont des sujets qui me passionnent.
En musique ma préférence c’est Bach, c’est mon compositeur préféré.

Que  devient votre travail pendant le confinement, a t’il été empêché, augmenté, diminué, réduit, différent ?
Dans mon travail, il y a beaucoup de représentations, beaucoup de contacts avec le monde, avec les gens, on va voir ce qui se fait, tous les spectacles, les expositions qu’on soutient. Là cela s’est particulièrement réduit, on a développé d’autres liens, peut-être plus proches
finalement, parce qu’il fallait téléphoner aux artistes, c’est un lien un peu différent. C’est un travail différent, mais somme toute réduit, je ne peux pas dire qu’on a travaillé plus.


Comment définiriez-vous votre action en temps qu’adjointe à la culture?
C’est une action qui est très engageante, qui prend beaucoup de temps, beaucoup de réflexion aussi, puisque je vous ai dit que nous sommes dans cette phase de réflexion, c’est quelque chose de très enrichissant. J’ai beaucoup de chance, et je m’enrichis constamment au contact des gens et des œuvres.

Je rencontre des gens que je n’aurai jamais rencontré autrement. Il y a des côtés plus difficiles. Par exemple, je ne peux pas soutenir tous les artistes qui viennent me voir et qui voudraient qu’on leur achète des oeuvres. Parfois je suis obligée de dire  – enfin les gens sont convaincus que leur œuvre d’art doit avoir sa place, dans tel ou tel endroit de Mulhouse,-  je leur dis : ce n’est pas le projet, on ne peut pas, nous avons un budget défini avec des contraintes. Il y a des côtés moins sympathiques, mais globalement c’est passionnant, ça m’enrichit beaucoup.

Qu’est-ce que vous avez envie de partager en général avec les personnes ?
J’ai envie de partager et discuter de ma vision de la vie, du monde, de la ville de Mulhouse. J’aime bien que les gens me donnent aussi leur avis, et qu’on puisse échanger mais pas forcément qu’avec des Mulhousiens.  On n’a pas  toujours une vision très juste de ce qu’on est. J’ai des contacts avec des élus en particulier de Colmar, Strasbourg, St Louis, Paris, dans l’agglomération, d’ailleurs en France, avec des gens qui réfléchissent sur la culture. Par exemple hier soir j’ai organisé une conférence en visio avec le président de l’observatoire des politiques culturelles, un institut rattaché à Sciences Po Grenoble. C’est une personne qui a un certain âge, Jean Louis Bonin, qui a donné une conférence, pour tous les élus du groupe majoritaire. Tous les mois nous avons une conférence, avec une personnalité inspirante, il nous a donné sa vision des choses sur comment on construit une politique culturelle,
et sur  la place de l’art et de la culture dans la ville. C’est pour moi vraiment éclairant, enrichissant, cela alimente  une réflexion et permet de faire un petit pas de côté, parce que quand on est le nez dans le guidon, on ne voit plus sa ville, telle qu’elle est vraiment. J’aime bien ce genre de rencontres  et j’aime partager ces visions.
 

Quel est le rôle des politiques, sont-ils en adéquation avec leur époque ?

Cela dépend, j’ai bien aimé quand le président Macron a dit qu’il y a 66 millions de procureurs en France, on a tendance à beaucoup critiquer et puis on a envie de dire aux gens : ben écoutez, faitesfaites avec nous, mettez la main à la pâte, n’attendez pas toujours tout de l’état, et la fameuse phrase de Kennedy, reprise par Obama : Qu’est-ce que l’état fait pour moi, qu’est-ce que moi je peux faire pour l’état.
Je dis souvent ça pour la ville aussi :
que faites- vous, vous pour la ville ?
quand on dit qu’il y a des déchets, des encombrants, des saletés etc ..

Quelle est votre plus belle rencontre dans la vie ? … votre mari (rires)
Je ne suis pas mariée, j’ai un compagnon, ma plus belle rencontre, c’est un peu bateau mais  c’est ma grand’mère, je l’ai rencontrée, j’étais toute petite (sourires), c’est un peu la femme de ma vie, mon pilier, mon guide, ma référence.

Y a-t-il une question que vous auriez aimé que je vous pose et que j’ai oubliée ?
Oui il y en a plein, comme celle-ci !

 

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Sommaire du mois de mars 2021

                                             photo Robert Cahen

Et la Covid-19 est toujours là

27 mars 2021 : Dorian Sari
Post-Truth (Prix culturel Manor 2021)
21 mars 2021 : Eliane Goepfert
20 mars 2021 : Sophie Taeuber-Arp
Abstraction vivante

17 mars 2021 : Le Définitif – c’est le Provisoire
10 mars 2021 : Qalqalah
09 mars 2021 : Le Séchoir, en mouvement
07 mars 2021 : Banksy – Building castle in the sky
04 mars 2021 : «Leu Art Family. Caresser la peau du ciel»
Museum Tinguely, Basel

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Eliane Goepfert

Chère Eliane,
Tu nous manques déjà.
Tu es allée rejoindre, le 18/3, ton complice photographe Ramon Ciuret,
qui a tiré sa révérence le 15 novembre 2020, mais aussi tu as rejoint
ton époux parti en 2020.
Dans notre microcosme mulhousien, tu étais une figure indispensable.
Deux amis au paradis des photographes.

Je laisse la parole à Guillaume Touboulic, qui a su exprimer avec justesse, ce que nous ressentons tous aujourd’hui :

« Dans la douleur, je pleure la grandeur d’âme d’une très grande dame, qui ne diffusait que du bonheur, de la bonne humeur autour d’elle. Quel honneur d’ avoir pu te connaitre chère Eliane !

La vie est belle mais elle est parfois si cruelle  … 4 mois après notre ami Ramon, une amie, une copine, une voisine, vient de s’éteindre sans jamais se plaindre.

Mes pensées émues vont vers sa famille, ses amis qui n’oublieront jamais sa gentillesse extrême, son sourire, son rire contagieux, radieux, merveilleux. Ainsi que son humilité, sa sensibilité qui se reflétaient dans ses photos et ses peintures, toutes remarquables … Elle aimait tant les fleurs, les couleurs, de tout son cœur.

Le souvenir est le parfum de l’âme, il est aussi présence invisible et rien n’est plus puissant que le souvenir. Elle qui adorait le vert, je terminerai avec un peu de
Prévert, un peu son univers :
« La vie est une cerise, la mort est un noyau. L’amour, un cerisier. »
L’autre soir, gardant un faible espoir, j ‘ai pu te dire au revoir .
Tu ne souffres plus maintenant.
Comme beaucoup, je pense très fort à toi et notre camarade Ramon .

Merci à Jean Paul Houille et Ramon pour les photos. »

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