Sommaire du mois d’avril 2021

Fondation Beyeler, terrasse de la Villa Berower

Calendrier du déconfinement du 29 avril 2021

Et la Covid est toujours là !!!

24 avril 2021 : Life – OLAFUR ELIASSON à la Fondation Beyeler
23 avril 2021 : « Faces » d’Anne-Sophie Tschiegg
20 avril 2021 : LENZ AU MUSÉE
17 avril 2021 : Anne-Catherine Goetz
11 avril 2021 : Donner son sang au musée !
9 avril 2021 : Peintres femmes, 1780-1830. Naissance d’un combat
7 avril 2021 : La Fondation Beyeler et Nordstern Basel présentent Dixon x Transmoderna
4 avril 2021 : Joyeuses Pâques
1 avril 2021 : Philippe GELUCK, Le Chat à Matignon

   Send article as PDF   

Life – OLAFUR ELIASSON à la Fondation Beyeler

Olafur Eliasson, Life, 2021, Photo: Mark Niedermann, Courtesy of the ar9st;
neugerriemschneider, Berlin; Tanya Bonakdar Gallery, New York / Los
Angeles © 2021 Olafur Eliasson

Je n’ai qu’une hâte, c’est que la frontière s’ouvre afin de courir à la Fondation Beyeler pour y découvrir la dernière exposition consacrée à Olafur Eliasson.
Cela semble être une fantastique fête de l’eau, de l’humain, de la nature, un hymne à la vie sous toutes ses formes, animale et végétale, un spectacle de lumière, de couleurs, une ouverture grandiose pour tous, une ode à la vie, au climat,  pour le plaisir de tous les sens.

                                           LIFE OLAFUR ELIASSON
                                           AVRIL à JUILLET 2021

L’artiste dano-islandais Olafur Eliasson (né en 1967) s’exprime par la sculpture, la peinture, la photographie, le film, l’installation et les médias numériques. Son oeuvre traite des questions de perception, de mouvement, d’expérience corporelle et de la relation entre la perception de soi et le sens de la communauté. Il ne se limite pas aux musées et aux
galeries, mais implique le public à travers des projets architecturaux, des interventions dans des espaces publics, l’éducation artistique, l’élaboration de politiques et l’action climatique.
Olafur Eliasson est internationalement connu pour ses installations qui remettent en question la façon dont nous percevons notre environnement et contribuons à le façonner.

Sam Keller, directeur de la Fondation

Cette oeuvre d’art est une expérience collective.
Elle remet en question nos conventions en
matière d’art, de nature, d’institution et de vie, en tentant d’abolir leurs frontières. Les plantes, les animaux, les êtres humains et les microorganismes cohabitent dans cette oeuvre.
L’heure de la journée et la météo influencent
l’évolution et la perception de cette exposition.
Life est accessible à toute heure (billets 9-21h)

Olafur Eliasson

Je m’intéresse de plus en plus à la vie non pas du point de vue de l’être humain, mais avec une perspective plus large, du point de vue biocentrique. Je me suis amusé à créer des néologismes, à transformer des noms en verbes – en parcourant mon exposition, je m’efforce d’arbrer, par exemple – afin d’aborder des perspectives dépassant celles que nous concevons habituellement en tant qu’êtres humains.
La vie, chez les humains, chez les mammifères, est subordonnée à l’inspiration et à l’expiration, à l’oxygène. Pour reprendre la terminologie des anthropologues Natasha Myers et Timothy Choy, je dirais également que la vie con-spire – en jouant sur l’étymologie du mot (« respirer avec ») et la définition que l’on en trouve habituellement dans le dictionnaire. Nous conspirons avec les arbres, les uns avec les autres, et avec la
planète.

Olafur Eliasson Life, 2021 (Détail)

Pour reprendre les mots de l’anthropologue Anna L. Tsing :
« La précarité semblait autrefois être le sort des moins fortunés. Aujourd’hui, nos vies nous paraissent précaires –alors même que, actuellement, nos poches sont pleines. »

Life, mon oeuvre, et la Fondation Beyeler se confondent avec le parc environnant, le paysage urbain, la planète tout entière, et prennent vie à travers tout ce qui s’y trouve et tous ceux qui s’y rencontrent.
Depuis mes premiers travaux d’artiste au début des années 1990, je m’intéresse à la perception et aux conditions cognitives et culturelles qui la façonnent.
Life prend vie à travers la rencontre active que l’on en fait, à travers la perception de chacun. J’ai volontairement opté pour une absence de textes didactiques ou explicatifs en regard des oeuvres d’art afin d’éviter d’influencer la perception des visiteurs et leur appréhension de l’exposition. Il est important pour moi de ne pas partager une perspective limitée et prédéfinie de Life. Certaines de mes réflexions sur la réalisation de l’oeuvre d’art et sa pérennité, ainsi que mes sources d’inspiration pour ce travail, se trouvent ici. Dans le même temps, j’accueille les contributions des visiteurs – leurs attentes, leurs souvenirs, leurs pensées, leurs émotions.
Life présente un modèle de paysage futur. Un environnement accueillant. Lorsque Sam Keller, directeur de la Fondation Beyeler, et moi avons discuté de l’exposition pour la première fois il y a deux ans, je me suis dit :
« Pourquoi ne pas inviter tout le monde à l’exposition ? Invitons la planète – les plantes ainsi que plusieurs espèces différentes. »
Je voulais ouvrir plus qu’une brèche : je tenais à supprimer toutes les limites structurelles qui créent une barrière entre le musée et l’extérieur – et je suis reconnaissant à la Fondation Beyeler et l’architecte Renzo Piano, qui a conçu le musée, pour la confiance qu’ils m’ont accordée en me laissant précautionneusement et soigneusement retirer la façade en verre
de la bâtisse.

Olafur Eliasson Life, 2021 Photo: Mark Niedermann
Courtesy of the artist; neugerriemschneider, Berlin; Tanya Bonakdar
Gallery, New York / Los Angeles
© 2021 Olafur Eliasson

 Lorsque nous reconnaissons que nos vies sont inextricablement liées à notre
environnement, ainsi qu’à des structures et des systèmes qui vont bien au-delà de notre contexte local, nous apprenons, je crois, que nous sommes tous vulnérables et que nous ne contrôlons pas tout. Nous agissons et interagissons dans des situations définies par l’incertitude et des résultats peu clairs.

De concert avec le musée, je cède le contrôle à l’oeuvre d’art et, pour ainsi dire, je donne tout pouvoir aux visiteurs humains, mais aussi aux visiteurs non-humains, aux plantes, aux micro-organismes, aux caprices du temps, au climat – un grand nombre d’éléments que les établissements artistiques s’efforcent habituellement de tenir à l’écart. Au lieu de cela, nous invitons chaque être et chaque chose à l’intérieur. 

Philosophe, poétesse scientifique, architecte paysagiste

Je m’intéresse à la façon dont nous u8lisons nos sens, à la façon dont nous utilisons notre perception. Que se passe-t-il lorsque nous devenons insensibles à notre environnement ?
Le studio  – www.olafureliasson.net_ Olafur Eliasson, basé à Berlin, réunit une vaste équipe d’artisans, d’architectes, d’archivistes, de chercheurs, de cuisiniers, d’historiens de l’art et de techniciens spécialisés.

Mon amie Pireeni Sundaralingam, poétesse et spécialiste en sciences cognitives, a mené des recherches sur la manière dont les environnements numériques sont souvent conçus comme des systèmes de captation de l’attention générant un stress neurologique et des schémas comportementaux qui se fondent sur la menace. Elle soutient que les environnements sensoriels riches et les espaces numériques ou physiques incertains – par opposition à
« menaçants » – ont un impact positif en termes de développement cérébral sur la croissance, la créativité, l’innovation et la résilience. J’ai l’espoir que Life encourage les visiteurs à faire l’expérience d’eux-mêmes dans un paysage élargi – ouvert, incertain – et qu’ils se voient en tant qu’êtres composites au sein d’écologies plus vastes et insoumises
.
Life offre aux visiteurs la possibilité de mettre tous leurs sens en éveil. Les odeurs de plantes et d’eau, les sons environnants et l’humidité de l’air incitent les visiteurs à dépasser la vision seule pour explorer les oeuvres d’art.
Life invite à une « conscience panoramique » au coeur du paysage.

Elle suggère que, ce qui est derrière vous, de chaque côté de vous, ou
au-dessus de vous est tout aussi important que ce qui est devant vous et au-delà.
J’ai récemment fait la connaissance de Natasha Myers, anthropologue et danseuse. Elle nous invite – comme elle le formule elle-même – à
« végétaliser » nos sens afin de saisir le potentiel des relations entre les plantes et les êtres humains. Dans son essai, Natasha Myers s’interroge : « Que désirent les plantes ? Que savent les plantes ? Que peut faire une plante ? Nous ne le savons pas encore. Mais nous pourrions allez à leur rencontre avec l’honnêteté et la candeur de ne pas savoir, et en laissant de côté ce que nous prenons pour de la connaissance. »

Invitation

Je vous (OE)vous invite à découvrir l’exposition par vous-même. Si vous ne pouvez pas vous rendre en personne à la Fondation Beyeler, vous aurez la possibilité de la visiter sur le site  – www.olafureliasson.net/life,- à toute heure du jour et de la nuit, pour voir s’alterner en direct les points de vue humains et non-humains.
Le microsite qui accompagne l’exposition, www.life.fondationbeyeler.ch, rassemble les matériaux qui ont inspiré l’exposition et continuent de s’étoffer, notamment une série de conversations que j’ai eues avec la Prof. Anna Wirz Justice, le professeur Günther Vogt, Sam Keller et Pireeni   Sundaralingam.    

                                         Photo: Patricia Grabowicz  «Life» En collaboration avec VOGT ,Case Studio.

Je leur suis redevable d’avoir partagé leurs connaissances avec moi au cours de ces conversations déterminantes dans l’élaboration de cette oeuvre. Comme je considère leurs perspectives fascinantes et importantes, je leur ai demandé de se rendre disponibles pour des entretiens sur leur propre travail, ce qu’ils ont aimablement accepté de faire.

Certaines Photos courtoisie Fondation Beyeler

MÉDIAS SOCIAUX
Pour les dernières mises à jour sur l’exposition, visitez life.fondationbeyeler.ch, retrouvez-nous sur Facebook
à facebook.com/fondationbeyeler, ou suivez @studioolafureliasson et @fondationbeyeler sur Instagram.

Informations pratiques

HORAIRES D’OUVERTURE:
Lundi à Dimanche 10–18
Mercredi 10–20
365 jours par an (y compris les jours fériés)
Life accessible à toute heure (billets 9-21h)

FONDATION BEYELER
Baselstrasse 101
CH-4125 Riehen/Basel
Tél. +41 61 645 97 00
Fax +41 61 645 97 19
info@fondationbeyeler.ch

   Send article as PDF   

La Fondation Beyeler et Nordstern Basel présentent Dixon x Transmoderna

En collaboration avec l’équipe de Transmoderna, la Fondation Beyeler accueille Dixon, l’un des plus grands noms de la scène électronique, pour une session de mix unique lors de laquelle le DJ streamera en réalité virtuelle dans les locaux du musée. Cet ambitieux projet audiovisuel a été diffusé le 31 mars à 20 heures en partenariat avec la plateforme musicale Beatport et de Denon DJ.


Vidéo Planifié pour le 7 avr. 2021

Dixon

Dixon a choisi comme point de départ de cette expérience virtuelle l’architecture ainsi que le parc du musée, qui ont été, à cette fin, modélisés en 3D. Il prend la forme d’un avatar aux traits hyperréalistes et mixe un set exclusif d’une heure. Tout spécialement pour cette performance, Transmoderna a sélectionné une série d’œuvres issues de la collection de la Fondation qui apparaîtront aux côtés de l’avatar dans les salles d’exposition pendant le set – il s’agit, entre autres, de photographies de Wolfgang Tillmans, de sculptures de Auguste Rodin et de peintures de Paul Klee.

Des travaux d’artistes numériques renommés viennent, en outre, s’ajouter à ces œuvres d’art. Pour la réalisation de ce projet, Transmoderna a collaboré pour la première fois avec Sofia Crespo, artiste neuronale, Sabrina Ratté, artiste multimédia, et Feileacan McCormick, artiste génératif. Pendant la session de mix, les œuvres d’art ainsi que l’architecture du bâtiment sont modifiés grâce aux effets spéciaux assistés par intelligence artificielle et se transforment en une œuvre d’art totale hyperréaliste.

La musique

La musique influence aussi cette transformation. Contrairement aux performances dans une salle de club, les musiques choisies par l’avatar de Dixon transforment les salles d’exposition virtuelles grâce à des effets audio-réactifs – scindements, déplacements et inversions complètes des espaces virtuels du musée. Un titre en particulier illustre bien cette transformation :
il s’agit de « Can’t escape into space » de Wolfgang Tillmans, qui est présenté avant la sortie de l’album qui l’accompagne.


Le stream est filmé par Aaron Jablonski, artiste numérique, et réalisé entièrement sur Unity, un moteur de jeu multiplateforme permettant d’obtenir des visuels hyperréalistes extrêmement avancés. La cabine DJ Denon de l’avatar de Dixon a été créée spécialement pour cette session par l’architecte Timur Novikov.

Dixon x Transmoderna se déroule dans le cadre d’art.set, un programme de la Fondation Beyeler réalisé en collaboration avec Nordstern, discothèque bâloise spécialisée dans la musique électronique et qui présente, dans un contexte artistique, des musiciens électroniques internationaux en direct ou en ligne.

Session de mix virtuelle
Mercredi 31 mars, 20 heures UTC+1
Beatport Youtube / Twitch / Facebook Fondation Beyeler Youtube / Facebook Nordstern Basel Facebook
Transmoderna Facebook
Dixon Facebook
Denon DJ Facebook

Dixon et Transmoderna
Transmoderna est un collectif d’artistes et de créateurs de contenus numériques ; ensemble, ils ont développé l’idée d’un club virtuel. Transmoderna existe depuis 2019 et compte, outre son fondateur Steffen Berkhahn (alias Dixon), Ana Ofak, théoricienne des médias et directrice créative, Timur Novikov, architecte, et Aaron Jablonski, artiste numérique.

Intervenants : Dixon (DJ / Chef de production), Ana Ofak (Transmoderna / Directrice créative, curatrice), Timur Novikov (Transmoderna / Directeur visuel, curateur), Aaron Jablonski (Transmoderna / Directeur technique), Sofia Crespo (Transmoderna / Art neuronal), Sabrina Ratté (Transmoderna / Multimédia), Feileacan McCormick (Transmoderna / Art génératif), Alan Ixba (Transmoderna / Assistance technique), Carlos Minozzi (Transmoderna / Vidéographie), Tim Deussen Studio (Modélisation 3D), Mimic Productions (Production de personnages numériques / Capture d’images), Rania Kim (Productrice), Sandira Blas (RP), Franka Marlene Foth (Chorégraphie), Rauke Lea Hollender (Transmoderna / Réseaux sociaux)

Horaires d’ouverture de la Fondation Beyeler :
tous les jours de 10h00 à 18h00, et le mercredi jusqu’à 20h00.

   Send article as PDF   

Sommaire du mois de mars 2021

                                             photo Robert Cahen

Et la Covid-19 est toujours là

27 mars 2021 : Dorian Sari
Post-Truth (Prix culturel Manor 2021)
21 mars 2021 : Eliane Goepfert
20 mars 2021 : Sophie Taeuber-Arp
Abstraction vivante

17 mars 2021 : Le Définitif – c’est le Provisoire
10 mars 2021 : Qalqalah
09 mars 2021 : Le Séchoir, en mouvement
07 mars 2021 : Banksy – Building castle in the sky
04 mars 2021 : «Leu Art Family. Caresser la peau du ciel»
Museum Tinguely, Basel

   Send article as PDF   

Dorian Sari
Post-Truth (Prix culturel Manor 2021)

Au Kunstmuseum Basel | Gegenwart, jusqu’au 24 mai 2021
Commissaires : Philipp Selzer, Sarah Wiesendanger

À l’occasion du Prix culturel Manor 2021, le Kunstmuseum Basel | Gegenwart présente l’exposition individuelle Post-Truth de Dorian Sari (*1989 à Izmir en Turquie, vit et travaille à Bâle).


Post-Truth présente de nouveaux travaux vidéo et sculptures de Dorian Sari dans deux salles du Kunstmuseum Basel | Gegenwart et dans la rivière traversant le musée. Le titre de l’exposition reprend un adjectif élu mot de l’année 2016 par le Oxford Dictionary. Post-Truth a été défini comme un adjectif faisant

« référence à des circonstances dans lesquelles les faits ont moins d’influence sur l’opinion publique que les émotions et les convictions personnelles ».

Ce terme est souvent utilisé dans le contexte politique et social afin de décrire par exemple les processus décisionnels publics autour du Brexit ou de l’élection de Donald Trump.

Post-vérité

Pour Dorian Sari, la qualification Post-Truth recouvre une multitude de thématiques faisant l’objet de vifs débats à l’heure actuelle. L’artiste remet en question l’évolution selon laquelle les faits et les analyses reposant sur des bases scientifiques ne sont plus considérés comme ayant de la valeur. Ils font place à un sentiment d’insécurité collective et individuelle qui existe aujourd’hui malgré – ou précisément à cause de – la disponibilité omniprésente d’informations et leur volume. La norme de la vérité en tant qu’objectif éthique fait face à une crise. Il ne s’agit pas de rechercher la vérité pour tirer des conclusions, mais davantage de réaffirmer des convictions et des intérêts existants qui s’inscrivent dans des contextes politiques et économiques hétérogènes.

L’exposition

Dans son exposition, Dorian Sari explore des aspects empiriques et artistiques de la Post-Truth. Il décrit une situation qui suscite des émotions d’insécurité et de dissociation radicale, qui met en doute nos systèmes de confiance personnels. Il explique comment cet état contribue à la négociation de changements sociaux ou au renforcement de la polarisation. À travers une installation vidéo et plusieurs travaux sculpturaux, Sari attire l’attention sur ces questions urgentes de notre époque. Dans le cadre de l’exposition, paraît en outre une publication artistique comportant des textes consacrés à ces thématiques rédigés par l’artiste.

Dorian Sari a étudié à Genève, Naples et Paris avant d’obtenir son Master à l’Institut Kunst à la Hochschule für Gestaltung und Kunst de la Fachhochschule Nordwestschweiz FHNW à Bâle en 2019.
Le Prix culturel Manor encourage depuis 1982 de jeunes artistes suisses oeuvrant dans le domaine des arts visuels en Suisse. C’est l’une des principales initiatives de soutien à des créations d’art contemporain en Suisse.
L’exposition bénéficie du soutien de :
Manor
SAHA Association

Digital Programme

#thisistalking
Dans le projet participatif #thisistalking, Dorian Sari invite le monde à placer ses messages sur la frise LED du Kunstmuseum Basel | Neubau.
Chaque semaine de la mi-février à la mi-mars, il sélectionnera 3 à 5 phrases parmi les soumissions de la communauté. Ceux-ci seront affichés sur la frise LED du jeudi au dimanche. Le week-end, un gagnant sera choisi parmi ces phrases par les followers sur les réseaux sociaux. Ce gagnant recevra une petite sculpture en cadeau de Dorian Sari.


Si vous souhaitez également participer, veuillez envoyer votre message à pressoffice@kunstmuseumbasel.ch.
Archive of Emotions
Série en 10 parties de conversations vidéo entre Dorian Sari et ses invités.
Les conversations d’une heure sont enregistrées et publiées sur le site Web du Kunstmuseum Basel à partir de mars.

Invités: Övül Durmusoglu, Latifa Echakhch, Ines Goldbach, Sophie Jung, PRICE, Hannah Weinberger, Maja Wismer et autres.

Avec le soutien de la Fondation Christoph Merian.
Plus d’infos: www.kunstmuseumbasel.ch/de/programm/themen/archiveofemotion

Archive des émotions de Dorian Sari 

En période de colère, de violence et de post-vérité, l’ Archive des émotions de Dorian Sari est un antidote à la passivité sociale généralisée et au désespoir.

Avec ce format intime, il encourage la pensée critique afin de donner un langage à des vérités non dites.

«Dans ce projet artistique, j’invite des artistes, des commissaires et des créateurs devant la caméra à discuter des problèmes avec lesquels l’humanité et la nature sont actuellement aux prises. Un livre d’artiste intitulé
«Textes sur: Post-vérité, violence, colère»
sera publié dans le cadre de l’exposition
«Post-vérité». 
J
‘y partage mes pensées, mes observations et mes expériences personnelles sur divers sujets, de la violence domestique à la propagande de haine politique, de la manipulation par les médias de masse à l’islamophobie. Je crois que l’antidote à la post-vérité est de dire la vérité, qui consiste à raconter des histoires et à montrer la vulnérabilité humaine, à exposer des histoires personnelles et à réfléchir à la façon dont chacun de nous traite la post-vérité, la violence et la colère. L’une des principales raisons Engager des artistes et des conservateurs dans des conversations devant la caméra est aussi une manière de se solidariser dans cette période difficile. L’art et ses institutions restent exclus du public en raison des règles qui y sont imposées. Surtout, je pense qu’il ne faut pas cesser de partager l’art, la créativité artistique et, surtout, la pensée critique. « 

Les conversations d’une heure sont enregistrées et publiées chaque semaine à partir de mars sur le site Web du Kunstmuseum Basel. Les discussions se déroulent en anglais.

Publication

La publication de l’exposition est disponible gratuitement pour les visiteurs de l’exposition depuis le 1er mars. Si le musée est fermé, le livre peut être récupéré dans une armoire devant le Kunstmuseum Basel | Gegenwart ou le PDF du livre sera disponible en téléchargement sur le site.
Le livre est également disponible dans la boutique en ligne pour une somme modique.

Accès

A pied

 

suivre ces panneaux › St. Alban-Vorstadt › Mühlenberg › St. Alban-Rheinweg Nr. 60 (environ 10 min.)

EN TRANSPORTS PUBLICS

A PARTIR DE LA GARE CFF (BAHNHOF SBB)

Tram n°2 en direction de «Eglisee/Badischer Bahnhof», descendre à l’arrêt «Bankverein» (environ 4 min.)
› A pied, suivre ces panneaux : › St. Alban-Vorstadt › Mühlenberg › St. Alban-Rheinweg n°60 (environ 10 min.)

A PARTIR DE LA GARE BADOISE (BADISCHER BAHNHOF)

Tram n°2 en direction de «Binningen» descendre à l’arrêt «Bankverein» (environ 6 min.)
› A pied, suivre ces panneaux : › St. Alban-Vorstadt › Mühlenberg › St. Alban-Rheinweg n°60 (environ 10 min.)

Horaires

LU FERMÉ
MA–DI 11H00–18H00

   Send article as PDF   

Sophie Taeuber-Arp
Abstraction vivante

Jusqu’au 20.06.2021, au Kunstmuseum Basel | Neubau
Commissaire : Eva Reifert, Anne Umland, Natalia Sidlina, Walburga Krupp

Alors que la Fondation Beyeler expose de manière grandiose Rodin/Arp, le Kunstmuseum Basel consacre une large rétrospective à l’artiste suisse
Sophie Taeuber-Arp (1889-1943) avec plus de 250 oeuvres. De nombreux Suisses connaissent son visage en raison de sa présence sur le billet de 50 francs durant plusieurs décennies. Une exposition joyeuse, colorée, dégageant la joie de vivre.
Conçue en coopération avec le Museum of Modern Art de New York et la Tate Modern de Londres, l’exposition Sophie Taeuber-Arp. Abstraction vivante s’attache à révéler enfin à un public international l’oeuvre interdisciplinaire et extrêmement protéiforme de cette pionnière de l’abstraction et à la situer parmi les grandes figures de l’avant-garde du modernisme classique.

L’oeuvre

Lors de sa mort accidentelle tragique en 1943, l’oeuvre de Taeuber-Arp comprend une extraordinaire variété de techniques et de matériaux : des textiles, des travaux de perles, un théâtre de marionnettes, de la danse, des costumes, des peintures murales, du mobilier, de l’architecture, du design graphique, de la peinture, des sculptures, des reliefs et des dessins. Sa conception de l’art, sans égale dans le modernisme classique, abolissant la frontière entre les genres, dénuée de hiérarchie et en étroite relation avec la vie contribue également à la fascination perceptible jusqu’à aujourd’hui pour ses oeuvres et à leur immuable pertinence.

L’Aubette (salle 5)

L’oeuvre de Sophie Taeuber-Arp repose sur l’association à nulle autre pareille de sa formation en arts appliqués et du goût pour l’expérimentation des cercles de l’avant-garde zurichoise et parisienne qu’elle fréquentait. Plutôt que d’assigner le langage formel de l’abstraction, alors nouveau et révolutionnaire, à un champ intellectuel et théorique, elle y recourt pour façonner la vie quotidienne : coussins, nappes, sacs, meubles et pièces entières, à l’instar de l’Aubette, café strasbourgeois considéré comme
« la chapelle Sixtine de l’art moderne ».


Jusque dans ses tableaux abstraits aux formes géométriques réduites qu’elle réalise dans les années 1930 à Paris, les compositions sont colorées et rythmées, jamais statiques ni sévères. À la fin des années vingt, Taeuber-Arp reçoit la commande de la décoration de l’Aubette – un complexe de loisirs situé sur la place Kléber à Strasbourg comprenant un bar, un restaurant, un dancing, une salle de billard et un salon de thé. Pour concevoir cet ensemble qui s’apparente à une oeuvre d’art totale, l’artiste fait également appel à Theo van Doesburg et à son mari Hans Arp. À l’aide de photographies anciennes de grand format, mais aussi de nombreuses études et de vitraux réalisés par Taeuber-Arp ayant été conservés, la salle cinq située au coeur de l’exposition permet de comprendre à quel point le recours au langage formel abstrait dans la conception de cet espace public fut véritablement radical

L’exposition

Conçue de manière chronologique, l’exposition Abstraction vivante donne un aperçu de l’oeuvre et des inspirations diverses de Taeuber-Arp, tout en mettant en évidence l’apparente aisance avec laquelle l’artiste estompe les frontières traditionnelles entre l’art et la vie et efface les catégories figées de l’histoire de l’art.

La Chronologie

Dans la première salle de l’exposition, bourses en perles, coussins et poudriers en bois donnent un aperçu des objets d’arts appliqués fabriqués et vendus par Taeuber-Arp. Parmi les oeuvres réalisées, nombre d’entre elles n’ont malheureusement pas été conservées. Cependant, des gouaches lumineuses et des dessins au crayon de couleur plongent l’observateur dans son univers de motifs abstraits à partir de 1915. Il est probable qu’un triptyque apparaissant aujourd’hui comme un tableau autonome ait été un paravent dans une vie antérieure. Il s’agit là d’un exemple frappant de la manière dont les frontières entre artisanat et arts libres s’estompent dans l’oeuvre de Taeuber-Arp.

La seconde salle

Présenté dans la seconde salle, l’ensemble original de marionnettes créé par Taeuber-Arp pour l’adaptation de la pièce commedia dell arte Le Roi Cerf constitue l’un des temps forts de l’exposition. Seules trois représentations eurent lieu lors de l’effroyable épidémie de grippe en 1918, et pourtant ces marionnettes stimulent l’imagination des créateurs jusqu’à aujourd’hui (Karl Lagerfeld a ainsi photographié une collection à leurs aux côtés en 2015). Une certaine continuité s’exprime dans le langage formel également : tout comme les motifs de ses travaux artisanaux, les figures sont assemblées à partir de formes extrêmement géométrisées. Dans le cadre d’une coproduction avec Narrative Boutique et avec le soutien du Théâtre de marionnettes de Bâle et du Museum für Gestaltung de Zurich, des séquences de film produites spécialement pour l’exposition redonnent vie à ces marionnettes.

En lien avec le projet de marionnettes, Taeuber-Arp réalise, en outre, une série de têtes abstraites en bois d’une importance artistique considérable dans le contexte dada. Celles-ci figurent dans toute anthologie consacrée à ce mouvement anti-art marqueur d’une époque.

La troisième salle

Sophie Taeuber-Arp a participé à un grand nombre d’expositions consacrées à l’artisanat d’art. Les expositions bâloises et zurichoises du groupe d’artistes Das Neue Leben (La vie nouvelle) qui, comme d’autres associations réformistes, visait à effacer les frontières entre les arts appliqués et les arts libres, attribuent, pour la première fois, ses housses de coussin et travaux de perles au champ de l’art.

La troisième salle est consacrée à l’activité d’enseignante de Taeuber-Arp à l’École des Arts appliqués de Zurich et à ses merveilleuses oeuvres textiles élaborées selon différentes techniques. Qu’ils soient noués, tissés ou brodés, les tapis, nappes et coussins présentent des motifs de formes géométrisées colorées ainsi que des animaux et des figures abstraites. Les petits fragments de papier peints conservés à leurs côtés donnent un aperçu fascinant du processus de création artistique de Taeuber-Arp : en les déplaçant et en les assemblant par module, elle utilisait un procédé expérimental pour produire de nouvelles combinaisons.

La quatrième salle

Dans la seconde moitié des années vingt, Sophie Taeuber-Arp et son mari acquièrent la nationalité française. Elle séjourne à Strasbourg où elle reçoit un nombre important de commandes pour l’aménagement d’intérieurs. Dans la quatrième salle de l’exposition, des gouaches présentant des lignes légèrement ondoyantes et des dégradés chromatiques témoignent du changement de vocabulaire de l’artiste dans ce contexte, mais aussi de sa grande sensibilité pour les couleurs et les formes. Le motif de la figure aux bras angulaires se fait récurrent. On le retrouve dans l’aménagement de l’hôtel Hannong, les peintures murales de la maison du couple Heimendinger et les vitraux de l’appartement de l’architecte André Horn. Des photographies de petit format prises par Taeuber-Arp lors de voyages permettent d’entrevoir à quel point ses sources d’inspiration étaient étroitement liées à la vie quotidienne : elle fixe autant les éléments d’architecture arqués dans les villes italiennes que la mer de corbeilles de plage sur l’île de Rügen.

La sixième salle

Dans son oeuvre, l’articulation entre l’art et la vie se traduit aussi dans la sixième salle par la réorganisation d’intérieurs, en passant par des études de mobilier jusqu’à l’édification de sa maison atelier aux portes de Paris.
Au début des années trente, Taeuber-Arp quitte son poste d’enseignante à Zurich, qui lui a permis de subvenir à ses besoins et à ceux de son mari pendant plus d’une décennie, puis emménage à Paris.

Elle y fréquente les groupes d’artistes de l’avant-garde non figurative, Cercle et Carré et Abstraction-Création, auxquels appartiennent également Wassily Kandinsky, Piet Mondrian et Kurt Schwitters, et participe à des expositions internationales en tant qu’artiste plasticienne. On attribue son style au constructivisme. Un mouvement visuel dans un jeu de pondération et d’équilibre caractérise constamment ses oeuvres, quoique désormais tout à fait abstraites géométriques

La salle sept

Elle permet de saisir la manière dont motifs et idées – à l’instar de constellations de cercles, de chevauchements diagonaux et de formes circulaires rencontrant des droites – se développent dans ses groupements d’oeuvres tout en créant des tensions dans leurs multiples rapports. Dans un environnement désormais de plus en plus hostile à l’art moderne, Sophie Taeuber-Arp oeuvre en outre comme designer graphique depuis 1937. Elle conçoit par exemple la mise en page de la revue Plastique/Plastic qu’elle édite et à travers laquelle elle souhaitait encourager les échanges transatlantiques de l’avant-garde.

La salle huit

L’exposition collective Constructivistes à la Kunsthalle Basel en 1937 dont il est question dans la salle huit fut la plus importante consacrée au travail de Sophie Taeuber-Arp de son vivant. Parmi les objets exposés à l’époque figuraient des reliefs en bois peint à nul autre pareils reprenant le matériau des marionnettes dans une composition néanmoins totalement abstraite : des tableaux tridimensionnels, des oeuvres au croisement de la peinture et de la sculpture.

La neuvième et dernière salle

Les dessins présentés dans la neuvième et dernière salle de l’exposition témoignent du changement radical du cadre de vie accompagnant la fuite du couple Taeuber-Arp de Paris vers le Sud de la France. La distinction entre esquisse et oeuvre autonome ne revêt ici aucune importance : les lignes colorées et monochromes formant des méandres suggèrent assurément une échappée et une agitation, cependant ils égalent en précision et en clarté les oeuvres de l’époque parisienne. Un collage vidéo de photographies anciennes de l’artiste et de son entourage, réalisé en collaboration avec maze pictures, donne un dernier aperçu commenté au moyen d’extraits de lettres de la vie de Sophie Taeuber-Arp, de ses multiples relations au sein des cercles artistiques de son époque et de l’abstraction vivante de son oeuvre.

Catalogue

 Conçu par le Museum of Modern Art, l’abondant catalogue de l’exposition paraît en anglais et dans une édition en langue allemande publiée par le Kunstmuseum Basel chez l’éditeur Hirmer. Les contributions d’auteurs internationaux mettent en lumière différents aspects de l’oeuvre de Sophie Taeuber-Arp.

Information

www.kunstmuseumbasel.ch
Veuillez noter qu’un créneau horaire doit être réservé online pour l’exposition spéciale Sophie Taeuber-Arp.
• L’accès aux différentes salles d’exposition et également au musée peut être temporairement limité si il y a trop de visiteurs.
• Le passage des visiteurs dans le musée sera adapté afin que les règles de distance puissent être respectées.
 . La station de tramway « Kunstmuseum » n’est pas desservie
descendre à Bankverein
LU FERMÉ
MA 10H00–18H00
ME 10H00–20H00
JE–DI 10H00–18H00

   Send article as PDF   

Le Définitif – c’est le Provisoire

Eva Aeppli, Jean Tinguely und Per Olof Ultvedt mit Méta-Matic­ Zeichnungen, Atelier Impasse Ronsin, Paris, 1959 Foto: Hansjôrg Stoecklin

Nouvelle présentation  de la collection  Musée Tinguely

3 mars 2021 printemps 2023

Aufbau der Sammlungspresentation im Museum Tinguely, Basel 15. Februar 2021


À partir du 3 mars 2021, soit 25 ans après l’inauguration du Musée Tinguely en bordure de Rhin à Bâle, la nouvelle présentation de la collection apporte un éclairage sur Jean Tinguely, artiste charismatique, et ses apparitions médiatisées avec des sculptures cinétiques et des actions. Cette présentation puise de manière inédite dans des documents et archives à nuls autre pareils mettant en évidence le travail scientifique du Musée Tinguely. Avec la nouvelle présentation ouvre simultanément le« Schauatelier » du Musée Tinguely afin de permettre aux publics de suivre directement le travail de l’équipe de la conservation-restauration.

 

À la une : Tinguely et son art

Dès le début de sa carrière artistique, à la fin des années 1950, Tinguely fait sensation avec des machines artistiques do-it-yourself à la fois au sein du monde de l’art et dans la presse internationale, notamment en 1959 à Paris ou au printemps 1960 à New York. Avec ses machines à dessiner, les Méta-Maties, il est catapulté à la une de célèbres journaux et des journalistes du monde entier écrivent alors:« Want To Be An Artist? Just Buy This Machine, And You Are In». Des sculptures provenant de l’abondante collection du Musée Tinguely sont augmentées de prêts d’oeuvres majeurs. L’exposition  aborde  ainsi le début  de sa carrière artistique à l’étranger suivi par ses premières apparitions en Suisse. Cette présentation donne à voir des documents sur papier, des photographies, des enregistrements sonores et filmiques dans un contexte médiatique  nouveau. Son oeuvre des années 1950 et 1960, qu’il présente de Paris à New York en  passant  par Berne et Lausanne jusqu’à Tokyo, à travers des expositions et des actions, est protéiforme et brise les conventions de l’histoire de l’art admises jusqu’ici. Il provoque et amuse à la fois, et  déclare que la vie c’est l’art. Ses travaux nous incitent à une participation directe et s’adressent toujours à plusieurs niveaux sensoriels de l’expérience artistique.

Des spectacles sur différentes scènes

Pionnier dans son art, Tinguely parvient toujours à redéfinir la posture de ses machines cinétiques. Il crée des spectacles sonores bruyants à l’aide d’objets du quotidien qu’il place lui-même sous les feux des projecteurs en participant à différentes mises en scène théâtrales avec une  distribution  internationale –  tantôt comme scénographe, tantôt comme acteur – et aborde à travers ses œuvres des questions épineuses de l’époque, notamment avec la machine briseuse de bouteilles Rotozaza No. 2 (1967). Présentée pour la première fois il y a plus de cinquante ans, le 19 octobre 1967, lors d’une performance à New York, cette œuvre traite de la critique naissante de la société de consommation et du tout­ jetable. Tinguely entend

Aufbau der Sammlungspresentation im Museum Tinguely, Basel 15. Februar 2021

« se moquer du côté pratique et rationnel des machines productives».
Rarement présentée, Rotozaza No.2 sera activée en exclusivité pendant quelques minutes à raison de deux fois par semaine pour les visiteur.euse.s. du Musée Tinguely.

Bons baisers – lettres d’artistes prisées

Jean Tinguely, Briefzeichnung an Maja Sacher, 1976
Museum Tinguely, Basel, Schenkung Paul Sacher
© 2021, ProLitteris, Zürich, Museum Tinguely ; Foto: Daniel Spehr

Tinguely appréhende son art comme un non-sens chargé de sens. Dans ses mises en scène, la joie de vivre joue un rôle aussi important que l’impermanence. Cela se reflète non seulement dans ses sculptures cinétiques, mais aussi dans ses travaux sur papier à travers lesquels il vient à notre rencontre en tant que dessinateur inventif et artiste réalisant des collages. Au cours de sa création artistique, il a  adressé  des centaines  de lettres à des amis et à des collaborateurs du monde entier. Ces dessins épistolaires et collages colorés réalisés à partir de matériaux du quotidien possèdent leur propre langage et constituent de captivants témoins visuels de l’époque.

Jean Tinguely, Briefzeichnung an Franz und Ida Meyer, 1965
Museum Tinguely, Basel, Schenkung Franz Meyer
© 2021, ProLitteris, Zürich, Museum Tinguely ; Foto: Daniel Spehr

L’exposition propose aux visiteur.euse.s de redécouvrir la dimension créative de l’écriture épistolaire reléguée au second plan dans le monde numérique d’aujourd’hui et d’envoyer des lettres manuscrites à la manière de
Tinguely à leurs amis.

La conservation de l’art cinétique de Tinguely

La présentation fournit en outre des informations passionnantes sur la matérialité et le fonctionnement des œuvres de Tinguely. Elle offre un aperçu de sa méthode de construction et des détails techniques dissimulés au profane mais d’autant plus surprenants pour leur conservation : quelles mesures prendre pour conserver les œuvres de Tinguely aussi longtemps que possible? L’exposition présente des découvertes récentes sur les sculptures-radios des années 1960 ou les techniques de restauration de travaux particulièrement fragiles comme Ballet des pauvres (1961) ou Balubas (à partir de 1961). Elle s’interroge également sur la manière de procéder avec les matériaux éphémères utilisés par Tinguely pour concevoir ses collages, à l’instar du  vernis à ongles, des images autocollantes ou à gratter.

Le nouveau « Schauatelier » – conservation & restauration

Le département conservation & restauration du Musée Tinguely s’installe dans un nouvel endroit visible par le public du musée. En observant son travail, les visiteur.euse.s peuvent mieux en comprendre les enjeux – la conservation des œuvres de Jean Tinguely devient un thème d’exposition permanent.

Le nouveau « Schauatelier » est situé au dernier étage du musée, à la fin des salles d’exposition, derrière une  porte vitrée  pouvant  rester  grande  ouverte si nécessaire.  C’est une occasion unique d’avoir un aperçu du travail de notre équipe de restauration en direct. Dans le « Schauatelier », le public pourra découvrir les multiples défis liés à la conservation des œuvres de Tinguely. Différents  médiums  présenteront  les projets de restauration  en cours et aborderont des problèmes spécifiques de manière approfondie.

En outre, ce lieu est destiné à devenir une plateforme d’échange d’expériences. À l’avenir, le « Schauatelier » constituera le premier point d’accueil technique pour la conservation et la restauration de l’œuvre de Jean Tinguely.

Informations pratiques Musée Tinguely

 Musée Tinguely I Paul Sacher-Anlage 1 l 4002 Bâle

Heures d’ouverture : du mardi au dimanche, de 11h à 18h
Site Internet : www.tinguely.ch
Médias sociaux
: @museumtinguely 1   #museumtinguely  1   #tinguely 1  #swissartist 1 #provisoire  1   #kineticart  1   #conservation

 

   Send article as PDF   

Banksy – Building castle in the sky

l’original se trouve toujours à Venise

Jusqu’au 30 mai 2021 à la Messe de Bâle

La Messe de Bâle accueille pour trois mois une exposition consacrée à Banksy.
Il nous propose de construire des châteaux dans le ciel. (Building castle in the sky)
 L’occasion d’une immersion intime, quoique non autorisée par l’intéressé,
 – ne sont-elles pas toutes non-autorisées ? –
dans l’univers complexe et controversé du street artiste britannique.

C’est l’un des street-artistes les plus prisés au monde. Pourtant, son identité reste inconnue de tous.
Ce qui est amusant, c’est qu’il n’a pas besoin d’être vu pour être célèbre.
Son identité sera-t-elle dévoilée un jour ?
Banksy, artiste sans visage, sévit sur les murs des métropoles à travers le monde depuis une vingtaine d’années.

Baden Baden

Comme tout le monde, j’ai couru à Baden Baden au musée Frieder Burda qui a présenté pour la première fois au public en février 2019.
« Love is in the Bin », œuvre de Banksy
récemment acquise aux enchères chez Sotheby’s à Londres, par une collectionneuse européenne. 
L’autodestruction partielle de cette oeuvre , juste après son acquisition pour
1,042 million de livres (1,185 million d’euros) a médusé le public.

Elle a été exposée en première mondiale, pendant quatre semaines, gratuitement, durant lesquelles s’est tenu également un colloque payant.
Environ 60.000 visiteurs, plutôt jeunes et amateurs de street art, ont défilé dans le musée, pour voir l’icône mondiale, et prendre d’innombrables selfies avec le travail de l’artiste.

La Messe de Basel

A la Messe de Bâle c’est un nombre impressionnant de plus de 100 œuvres originales, issues de collections privées, ainsi que  des objets de l’artiste britannique, qui montre un panorama de son travail : vingt années d’activité, à commencer par les peintures de la toute première phase de sa carrière, se terminant par ceux de la dernière période. Tout cela rassemblé dans une exposition, intimiste, plongée dans le noir, afin de mieux faire surgir les œuvres.

Des œuvres issues de Dismaland,  -projet artistique temporaire prenant la forme d’un parc d’attractions. Créé par l’artiste, il est situé dans la station balnéaire de Weston-super-Mare, en Angleterre, sur le site d’une ancienne zone de loisirs.- comme la sculpture  Mickey Snake,  Mickey avalé par un python. Dismaland est un mot-valise composé de dismal (lugubre) et land.
Il est présenté comme une « version sinistre de Disneyland ».
Banksy le décrit comme « un parc à thème familial inadapté aux enfants »

L’imagerie de Banksy est simple mais pas simpliste, avec des messages abordant les thèmes du capitalisme, de la guerre, du social, avec la touche d’humour et marque de fabrique de l’artiste

C’est Banksy. Voici son histoire

Sa première peinture murale est découverte en 1999 à Bristol. Il commence à utiliser les pochoirs, après s’être tenu à l’écart de la  police  pour être plus efficace. Le message transmis par ses œuvres est profondément pacifiste,  anti-capitaliste, et profondément contestataire.
C’est extrêmement important de réagir face à une situation politiquement répressive pour de nombreux artistes.
Il utilise comme sujet, les rats, les singes, les policiers, les soldats, les enfants, les personnes âgées.
Malgré sa célébrité, Banksy n’a jamais dévoilé sa véritable identité.
Dans les années 2000, ses œuvres commencent à apparaître à Londres.

En 2005 il voyage en ci-Jordanie et réalise 8 pochoirs. On retrouve son art dans les rues, sur les bâtiments, dans les lieux publics, donc ses œuvres sont souvent repeintes, détruites, assez facilement, comme en 2007, lorsque l’organisme de transport en commun de Londres, repeint son
« Pulp Fiction »
Banksy est nommé pour l’Oscar du meilleur film documentaire, grâce à « Faites le mur » une satire du milieu artistique.
Il y a un français, cousin de Space Invader, qui sait où se trouvent les meilleurs murs de Los Angles.
Aujourd’hui le public se bat pour la conservation de ses œuvres, à leurs emplacements d’origine
.
Il a organisé des expositions à New York et à Los Angles, à Londres et à Sydney.
Quelques unes de ses œuvres ont été vendues à plusieurs centaines de milliers de livres.
En 2018 il élabore un coup médiatique avec « le Petite Fille au Ballon » qui s’autodétruit après avoir été vendue à 1,2 millions d’euros. Anticonformiste, antisystème, Banksy a marqué le monde de l’art en détruisant en direct et sous les caméras du monde entier son oeuvre.


En 2019 son « Parlement des Singes » mettant en scène des chimpanzés à la chambre des communes britannique a été vendu à 11 millions d’euros. Ses opinions politiques sont évidentes, mais tout son génie réside dans sa capacité à limiter, ce débat incroyablement complexe, à une seule et simple  image.

Son  hommage aux victimes des attentats de novembre 2015 à Paris et volée en 2019 au Bataclan, a été retrouvée au cours d’une opération des forces de l’ordre dans le centre de l’Italie.
Examiner le contrôle et la liberté dans un sens plus large et dans les paradoxes de notre temps. Parfois, une exposition examine les images de Banksy dans un cadre sémantique qui identifie leurs origines, leurs références.

Aux Enchères

Banksy va mettre l’une de ses fresques aux enchères, au profit du NHS (National Health Service), le système de santé Britannique. Intitulée « Game changer » l’oeuvre mise en vente, représente, un petit garçon en train de jouer avec une poupée représentant une infirmière. Banksy espère récolter 3.5 millions d’euros.  Banksy homme d’affaire, lorsqu’il s’agit d’une bonne cause ?


Relations médiatisées entre les éléments et les niveaux pertinents. L’exposition est complétée par plusieurs

affiches de collection, des notes de Banksy of England, des tee-shirts très rares et des couvertures en vinyle.

Une révélation et revendication sur Instagram

Cette nouvelle œuvre a été revendiquée par l’insaisissable artiste dans une vidéo publiée sur son compte Instagram, dans laquelle il s’amuse avec l’une des émissions culte de Bob Ross, où l’artiste américain maintenant décédé conseillait des techniques pour peindre à l’huile des paysages.

L’exposition Banksy, proposée par Stefano Antonelli, Gianluca Marziani et Acoris Andipa, est conçue et produit par Associazione MetaMorfosi en collaboration avec GC Events.

Banksy selfportrait

Ecoles

Des tarifs réduits pour les écoles qui sont privilégiées grâce à des temps d’accès et des forfaits exclusifs. Les enseignants ne paient pas

Entrée. Visiter ce monde merveilleux plein de sons et de couleurs est censé être une nouvelle façon d’apprendre l’art et de promouvoir la créativité.

Y ALLER Exposition (non autorisée) « Banksy – Building castles in the sky » jusqu’au 30 mai 2021 à la Messe de Bâle.
Tarif : 24 francs suisses (environ 22 euros) pour les adultes,
21CHF réduit et 16CHF pour les enfants de 5 à 15 ans ;
du lundi au vendredi de 10 h à 18 h,
week-ends et jours fériés 10 h-19 h.
Renseignements et achat préalable (conseillé) des billets sur www.banksybasel.com.
Attention : en raison des contraintes sanitaires, le passage de la frontière se fait sous certaines conditions.

   Send article as PDF   

«Leu Art Family. Caresser la peau du ciel»
Museum Tinguely, Basel

Au musée Tinguely de Bâle jusqu’au 31 octobre 2021
Commissaire : Christian Jelk

Installation «Leu Art Family»

La Famille

La famille Leu est mondialement connu dans l’univers du tatouage. Felix, fils de Eva Aeppli, qui fut la première femme de Jean Tinguely et Loretta Leu, en ont fait leur gagne-pain durant la fin des années 1960 et les années 1970 pour courir le monde avec leurs quatre enfants, Ama, Aia, Filip, et Ajja. Toutes ces années de voyage ont été nourris d’une curiosité artistique, et ont donné corps à un cosmos artistique familial. L’exposition naît de la volonté de montrer ce cosmos à travers les créations artistiques de tous les membres de cette tribu qui est à découvrir jusqu’au 31 octobre 2021 au Musée Tinguely à Bâle.

 Christian Jelk, Loretta, Titine und Filip Leu

Aujourd’hui casaniers, hier vagabonds, ils sont toujours à la fois habitants et habités de leur univers propre, tissé-tressé de mille explorations artistiques. Loretta et Felix se sont rencontrés à New York en 1967, au  vernissage d’une exposition  Tinguely. Ils collaborent avec Jean Tinguely et Niki de Saint Phalle à la réalisation  de leur sculpture  monumentale pour l’exposition universelle  de Montréal (1967). Et puis taillent la route…


Trois générations se répondent dans l’exposition proposée au Musée Tinguely: Felix et Loretta Leu, Filip et Titine Leu, Ama, Doug, Summer et Poppy Leu-Wilson, Aia, Steve, Fay et Indica Leu-Allin, Ajja et Tanya Leu, Jane Leu Rekas, Miriam Tinguely, Rolf Kesselring, Cajun Leu et Chloé Liberge, et Cressa McLaren.

L’exposition

La première salle d’exposition est nocturne, presque éthérée, quand la seconde est charnelle, débordante, lumineuse. Deux salles comme le yin et le yang, lunaire et solaire. L’obscurité révèle les gestes premiers. Il y a là le fantasme des premiers tracés, dans les grottes préhistoriques. Des premières danses, des premières transes, à la lueur des torches, dans ces ventres de la terre, dans ces ventres de pierre. Les premières traces artistiques de l’humanité sont des dessins. C’est aussi la première chose que fait un enfant, avant de parler. Dans cette première partie, portée par la nuit, un océan de croquis fait écho à un pulsar électronique. On peut penser aux pages de Au-dessous du volcan de Malcolm Lowry, dont la légende veut qu’il ait écrit ce livre trois fois…
Des pages à la dérive.

A certaines personnes qui demandaient  à Felix, le  patriarche,  si ses enfants  ne devraient pas aller à l’école plutôt que courir le monde, ce dernier répondait que l’expérience humaine s’apprenait sur la route, que pour la géographie et les langues, les voyages y pourvoyaient, et pour le reste, la seule chose importante était d’avoir du papier et de quoi dessiner… Cette première salle est une ouverture sur la liberté, la liberté de création autant que celle de vivre.

La seconde salle est celle du ciel, celui-là sur lequel toutes les étoiles sont accrochées. Ce cosmos se présente comme une œuvre d’art totale. C’est le ciel de la Leu Art Family: tentative de révéler un univers, une philosophie et une conception du monde, une <Weltanschauung>, en usant exclusivement des nombreuses présences picturales de chacune et chacun. Les murs disparaissent, envahis par les œuvres des vingt membres de cette tribu. La volonté d’une ivresse, d’un débordement, désir de construire un miroir à la générosité d’être de cette grande famille. Chacun ici trouvera son étoile…

L’exposition représente le cosmos à la fois intime et explosif d’une famille d’artistes. C’est entrer dans une matrice vaste comme un ciel, dans un univers propre dans lequel chacun dessine  ses étoiles,  trace ses lignes propres vers l’infini. Cette famille  reconstruit l’enveloppe première dans laquelle se créé l’univers entier, la vie. Celle de l’être humain.

Celle de l’enfant que l’on veut être lorsque l’on entre ici.

« L’enfance, qui prend corps ainsi: tout d’abord dans le ventre maternel, première enveloppe.  Et puis l’enfant, ‹ entré › dans le monde,  construit comme  une  bulle autour de lui, limites de sa perception, mais surtout construction de SON monde propre. Je crois que l’enfant grandit ainsi, et son univers aussi bien sûr, jusque vers l’âge de huit, neuf ans, moment où la bulle éclate alors au nom de la socialisation, de la scolarité, au nom d’une norme, d’une codification, d’usages à tenir.

Et puis une fois adulte, chacun passe sa vie entière perdu en un monde qui n’est pas le sien, à tenter d’échafauder des masques ou des carapaces. Ce n’est pas l’enfance que l’on perd pourtant, mais sa capacité à construire un monde à sa propre mesure, un  monde dans lequel on peut créer, grandir, se reposer, accueillir, …

Lorsque j’ai rencontré la famille Leu, lorsque que j’ai pénétré leurs univers artistiques, j’ai trouvé précisément toutes ces choses que j’évoque disparues un peu plus haut. Cette famille sait l’importance de construire son univers propre. Ce n’est pas un univers clos, mais une peau: le lieu de tous les échanges, mais aussi le lieu qui contient les corps, et qui définit les contours, toujours mouvant, d’une identité. Ce corps-monde, ce corps-Leu, permet à chacun de laisser sa création se déployer.  Et c’est ce corps  polymorphe,  généreux en diable, fort comme une aura qui colore et neutralise la réalité du quotidien, qui est offert au regard dans cette exposition, comme une enveloppe amniotique.

Soyez les bienvenus dans le monde de la Leu Art Family ! »

Christian Jelk, commissaire de l’exposition

Publication

L’exposition  est  accompagnée  d’un livre,  dont le  commissaire  d’exposition  est l’auteur. C’est un  voyage,  un  road  movie interstellaire, dans un ciel dont chacune  des étoiles est un des membres de la Leu Art Family. Ils ont offert à l’auteur leurs univers artistiques,  et leur amitié : à la fois une matrice et un cosmos. Ce livre est le carnet de bord d’une rencontre,  de ces rencontres, et des troubles qu’elles ont provoquées dans le propre univers de l’auteur. (320pp, français, allemand, anglais,

ISBN 978-2-9701291-10, éditions Ogive, en vente à la boutique du musée : 56 CHF)

Film

The Artist FamilyThe art of the Leu Family at the Lieu Unique in Nantes de Valerio Bariletti et Morgan Bertacca, produit par Mooz Film et la famille Leu (Musique et conception sonore Ajja S.F. Leu)

   Send article as PDF   

Sommaire du mois de février 2021

Photo Robert Cahen

21 février 2021 : Noir & Blanc : une esthétique de la photographie
17 février 2021 : Le noir insondable, ultime – Pierre Soulages,
13 février 2021 : ORLINDA GALLERY
07 février 2021 : Gustave Doré, Illustrateur, caricaturiste, peintre, graveur et sculpteur français.
04 février 2021 : La Fondation Beyeler a rouvert ses portes au public
02 février 2021 : La Chandeleur

   Send article as PDF