Céleste Boursier-Mougenot

Jusqu’au 22 septembre 2019 à la Fondation François Schneider
Céleste Boursier-Mougenot  : LIQUIDE LIQUIDE

Que d’eau, que d’eau ! non rien à voir avec la citation de Patrice de Mac Mahon,
Liquide, liquide est dans le droit fil, du sujet de prédilection de la
Fondation : le thème de l’eau.
Figure majeure de la scène artistique française et internationale, Céleste
Boursier-Mougenot répond à la carte blanche proposée par la Fondation
François Schneider.
Lartiste qui représentait la France à la Biennale de Venise en 2015, s’empare avec une poésie au couteau de l’entièreté du centre d’art et imagine in situ un ensemble d’installations visuelles et sonores qui déroute le visiteur. La circulation habituelle est inversée pour créer un parcours qui remonte des profondeurs du bâtiment à son faîte.
Les matières coulent, s’échappent, se répandent. Des terrasses de la fondation jusque dans ses entrailles, le verre, l’eau, le minéral sont déployés. À la fois minimale et sophistiquée, l’oeuvre de
Céleste Boursier-Mougenot, artiste et compositeur est une savante
fusion entre science et fiction.
Précurseur de rencontres improbables du Vivant avec des objets manufacturés qui peuplent notre monde et auxquels il accorde un supplément d’âme,
Céleste Boursier-Mougenot façonne ses oeuvres hybrides avec la
maîtrise d’un artisan et «l’irrationalité» d’un  ingénieur.
Il tire de son expérience dans le théâtre une mise en scène subtile
de l’espace. Estimant que trop de bruit visuel sape
l’expérience de l’écoute, il recompose une parade sensorielle et aérienne
au coeur du centre d’art, où le visiteur devient tour à tour funambule, baigneur, cosmonaute…
En choisissant pour titre Liquide Liquide, écho au fameux groupe post-punk New-Yorkais des années 1980, Céleste Boursier-Mougenot donne le ton à l’exposition estivale de la Fondation : vibrante, alternative et libre.

Marie Terrieux directrice de la Fondation et Céleste Boursier-Mougenot

Parcours de l’exposition :
Plex3
L’accès se fait par l’extérieur, en contrebas de la Fondation, en suivant un chemin parsemé de bulles blanches. Accueilli par un guide vous pénétrez dans un étrange couloir inondé, dans l’obscurité. Des images se déforment sur les murs, vos compagnons se détachent dessus en ombres chinoises, un son qui s’amplifie, un parcours accidenté . La promenade se veut oedipienne, introspective. Je n’ai pas du me sentir très à l’aise dans le ventre maternel, car je n’ai eu qu’une hâte de me sortir de ce mauvais pas, sans tomber dans l’eau et me fouler un membre.

Plex3

Le Piano oo
Céleste Boursier-Mouginot combine le fruit de ses expériences passées pour réaliser 00. Dans une lente chorégraphie en forme de 8 , la trajectoire du piano se dilate et se rétracte au fil du vent capté par une girouette (que vous apercevrez si vous allez jusqu’à la terrasse). Il résume le mouvement des bols de clinamen qui naviguent dans le bassin entre les 2 hémisphères. Ponctuée de pauses au gré desquelles des sons émis par la porcelaine sont rejoués en écho, au grand plaisir des enfants qui tentent de le suivre.

00.2019

la plage
20 tonnes de verre  calcin blanc et répartie s en couche de 5 cm, sur 300 m
C’est une étendue de verre transparent fixée au sol, telle des critaux, du sel pétrifiéou de minuscules morceaux de banquise éclatée. Ses éclats évoluent avec la lumière naturelles et les conditions climatiques. Jeu en tre le paysage intérieur et extérieur, pont entre les jardins et le bâtiment. Le visiteur est invité à y marcher (à ses risques et périls) pour écouter le crissement sous ses pas ou l’écho provoqué par son déplacement.
(talons aiguille déconseillés)

la plage Céleste Boursier-Mougenot

Clinamen : XVIIe siècle. Mot du latin classique clinamen signifiant « déviation, inclinaison », dérivé de clinare :
« incliner ». Dans le système d’Épicure et de Lucrèce, ce terme désigne la déclinaison d’un atome qui, tombant
dans le vide, se joint à un autre atome pour former un corps.
(Source : définition du Centre Nationale de Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL).
Sur la notion de déclinaison, thème central dans l’oeuvre de Céleste Boursier-Mougenot, clinamen questionne l’épuisement des possibilités d’un matériau. Fil conducteur de la pensée et de l’oeuvre de l’artiste, il interroge le dépassement de l’imagination et crée des dispositifs où les matériaux et les objets échappent à leurs fonctions.
clinamen v.6 se compose d’un grand bassin de 6,5 mètres de diamètre, empli d’eau avec un ensemble d’une centaine de récipients de porcelaine blanche immergés. Les bols évoluent sur la surface, s’entrechoquent et
tintinnabulent. L’installation captive les visiteurs et invite à la sérénité, au rêve. Sous l’effet d’un léger courant, les bols sont en mouvement. D’une simplicité apparente, le dispositif se substitue à une partition de musique.
Pivot central dans le bâtiment, les oeuvres et installations de Liquide Liquide s’articulent, se déclinent et se meuvent
en constellations de part et d’autre de cette géométrie parfaite.

clinamen

torrent, 2019.
Conçu en guise de fil conducteur à la promenade du visiteur, torrent serpente à travers les espaces du centre d’art et lie à la manière d’un cordon les oeuvres du parcours. L’eau chute du toit sur la terrasse extérieure, dans un grand bassin où le visiteur peut patauger et passer par une porte sur la mezzanine. L’eau coule à nouveau sous forme de cascade légère en léchant la grande vitre intérieure de la nef et se répand à chaque étage ainsi que dans les volées d’escalier. Tel un torrent de montagne, son chemin est ponctué d’accidents, de barrages, d’éléments placés sur son passage.

Céleste Boursier-Mougenot torrent

Dans l’auditorium,  réalisé par Enna Chaton, 4 films d’environs 12 mn
sont des actions filmés lors des performances ou d’expositions de l’artiste

Céleste Boursier-Mougenot

Divers évènements à venir à consulter sur le
site de la Fondation François Schneider

Vendredi 14 juin à 20h | Conférence L’eau et ses liaisons hydrogènes de Bénédicte Lebeau – Directeur de recherche à l’Institut de Science des Matériaux de Mulhouse, CNRS – UHA – dans le cadre de la Fête de l’Eau
de Wattwiller
Dimanche 23 juin | Entrée libre au centre d’art et parcours croisé avec la Fête de l’eau
Dimanche 7 juillet à 14h | Visite guidée & atelier famille
Maquette avec Audrey Abraham, artiste
Samedi 3 août à 20h | La Nuit Céleste
Programme spécial pour la nuit des étoiles
Dimanche 4 août à 14h | Visite guidée & atelier famille
Des cliquetis aux tsunamis, ou le voyage poétique de l’eau avec
Stéphane Clor, musicien et artiste
Dimanche 1er septembre à 14h | Visite guidée & atelier famille Ras-le-bol !

William Kentridge A Poem That Is Not Our Own

Jusqu’au 13 octobre 2019, Kunstmuseum Basel | Gegenwart
Commissaire : Josef Helfenstein
Assistance : Philipp Selzer, Eva Falge

William Kentridge

William Kentridge (né en 1955) compte parmi les figures majeures de l’art contemporain à l’échelle internationale. Depuis plus de trente ans, ce plasticien, réalisateur et metteur en scène associe dans son oeuvre protéiforme différents médias artistiques : film d’animation, dessin,
gravure, mise en scène théâtrale et sculpture.
Dans le cadre d’une exposition d’ensemble au Kunstmuseum Basel | Gegenwart, plusieurs oeuvres de l’artiste sud-africain sont visibles pour la
première fois sur le continent européen.
Élaborée en étroite collaboration avec l’artiste, l’exposition
A Poem That Is Not Our Own met en lumière les thèmes de la migration,
de l’exil et de la procession qui jalonnent son oeuvre aux côtés de dessins
et de films des années 1980 et 1990. Elle montre comment ces thématiques
présentes très tôt dans l’oeuvre dessiné de Kentridge y occupent une place grandissante au fil des années.

William Kentridge

Sa récente oeuvre performative The Head & The Load (2018) illustre bien cette progression.
Après une présentation inédite à la Tate Modern de Londres à l’été 2018,
elle sera visible au Kunstmuseum Basel sous forme d’une installation – une première en Europe. The Head & The Load aborde le rôle peu connu de l’Afrique durant la Première Guerre mondiale à travers une
procession d’un genre tout à fait singulier composée de projections de films, de jeux d’ombre et de silhouettes dansantes. Trois autres oeuvres présentes dans l’exposition explorent le thème
de la procession dans le travail de Kentridge :
les installations vidéo Shadow Procession (1999),
More Sweetly Play The Dance (2015) et Triumphs & Laments (2016) à laquelle est consacrée une salle où sont exposés, pour la première fois en Europe, des dessins et des gravures sur bois.

Kentridge

Conflits politiques et sociaux
Second temps fort de l’exposition, les conflits politiques et sociaux en Afrique du Sud et en Europe auxquels Kentridge porte un intérêt dès ses premiers films et dessins. Une salle d’exposition consacrée à l’abondant travail de Kentridge en tant que réalisateur et scénographe
présente un film documentaire aux côtés de décors scéniques de la pièce de théâtre Sophiatown (1986–1989).
Réunis pour la première fois en Europe, ces panneaux se distinguent
par leur grand format et leurs couleurs terreuses. Fruit d’une collaboration entre l’artiste et la Junction Avenue Theatre Company, cette pièce de théâtre traite de la démolition brutale de Sophiatown, haut lieu culturel de Johannesbourg, et du déplacement forcé de ses résidents entre 1955 et 1959.

Kentridge Sophiatown

Dans son oeuvre dessiné de jeunesse, Kentridge explore l’histoire souvent violente de l’Europe à partir d’une perspective sud-africaine. L’exposition rassemble des oeuvres sur papier exemplaires et marquantes provenant de collections d’Afrique du Sud réalisées pour la plupart avant la fin de l’apartheid. Elles témoignent de l’approche achronologique de Kentridge qui répond aux événements et aux anomalies de la société sud-africaine sous l’apartheid à l’aide de procédés artistiques datant du début du XXe siècle.

Kentridge

Drawings for Projection et Drawing Lessons
En 1985, William Kentridge produit l’un de ses premiers films d’animation intitulé Vetkoek/Fête Galante. Par la suite, il met au point la « poor man’s animation », une technique filmique élaborée à partir de photographies de dessins au fusain et de collages. Cette méthode donne notamment naissance à Drawings for Projection (1989–aujourd’hui), célèbre série de films en 35 mm. Ces épisodes animés mettent en scène deux personnages, Soko Eckstein et Felix Teitelbaum, dotés de traits semblables à ceux de Kentridge. Outre le lien topographique avec Johannesbourg – sa ville de naissance –, l’artiste s’appuie sur ces personnages comme toile de fond pour expliquer l’ambivalence de l’Afrique du Sud contemporaine.

William Kentridge

À travers de courtes séquences tournées dans l’atelier de William Kentridge, Drawing Lessons (2009–aujourd’hui), série de films expérimentaux entamée ultérieurement, montre la manière dont l’artiste s’amuse à questionner l’art avec humour. Une caméra immobile orientée sur une partie de son atelier détermine le cadrage de la plupart des Drawing Lessons.

Kentridge

La première Drawing Lesson bâloise (Drawing Lesson No.50) intitulée In Praise of Folly (2018) fait référence à la thèse satirique du même nom rédigée en 1509 par Érasme de Rotterdam dans laquelle il critique l’Église catholique. Le savant humaniste entretient un lien étroit avec la ville de Bâle en enseignant notamment au sein de son université. In Praise of Folly présente au second plan des croquis de Kentridge évoquant le Portrait d’Érasme de Rotterdam de Hans Holbein qui figure au sein de la Öffentliche Kunstsammlung Basel. On identifie également des croquis d’autres oeuvres connues de la collection bâloise – celles de Pablo Picasso, Paul Klee ou Matthias Grünewald –, autant de sources d’inspiration artistique qui ornent l’atelier de Kentridge telles des icônes. À la lumière de ces oeuvres, In Praise of Folly aborde l’histoire de l’art et ses figures tutélaires auxquelles les artistes d’aujourd’hui empruntent leurs inspirations.

Kentridge

L’exposition William Kentridge. A Poem That Is Not Our Own est répartie sur trois niveaux du Kunstmuseum Basel | Gegenwart ainsi que dans certaines salles du Kunstmuseum Basel | Hauptbau et Neubau.

Dans le cadre de l’exposition, un catalogue paraît. Il réunit des textes de William Kentridge, Josef Helfenstein, Ute Holl et Leora Maltz-Leca.

Kunstmuseum Basel | Gegenwart

Lundi  fermé
Ma–Di  11.00–18.00

Rebecca Horn

Jusqu’au 22.9.2019 au Musée Tinguely de Bâle

Le Centre Pompidou-Metz et le Musée Tinguely de Bâle font
résonner de façon concomitante, à partir de juin 2019 deux
expositions consacrées à Rebecca Horn
.
Elles offrent des perspectives complémentaires sur l’une des artistes les plus singulières de sa génération.
Théâtre des métamorphoses à Metz
explore les processus de métamorphose, tour à tour animiste,
surréaliste et machiniste et le rôle de matrice qu’a pu avoir sa
pratique cinématographique, véritable mise en scène de ses
sculptures. À Bâle, les Fantasmagories corporelles associent les
premières réalisations performatives et les sculptures cinétiques
plus tardives, soulignant ainsi les développements au sein de son
travail pour mettre l’accent sur les processus d’altération
corporelle et de transformation des machines.

Rebecca Horn, Measure Box, 1970
Photography
Staatsgalerie Stuttgart
© 2019: Rebecca Horn/ProLitteris, Zürich

« Tout est imbriqué. Je commence toujours par une idée, une histoire qui évolue vers un texte, puis du texte viennent des croquis, ensuite un film, et de tout cela naissent les sculptures et les installations ».

Rebecca Horn –
Rebecca Horn

Féministe ? on ne peut s’empêcher de penser à Niki de St Phalle, compagne de Jean Tinguely.  Certains des travaux de Rebecca Horn renvoient aux machines de Tinguely, en plus féminin.
Mais surtout elle fait penser à Frida Kahlo, pour le corps, douloureux,
meurtri. À l’adolescence, Rebecca Horn suit les cours de la Hochschule für bildende Künste Hamburg de Hambourg, puis en 1964, elle s’installe momentanément à Barcelone, où elle attrape une infection pulmonaire. Elle doit passer un an dans un sanatorium : cette expérience de l’isolement total et de la souffrance est déterminante dans l’orientation de son œuvre.

 

Rebecca Horn

Le travail de Rebecca Horn s’inspire constamment du corps et des mouvements du corps. Dans ses premières œuvres performatives des années 1960 et 1970, cela se manifeste par le recours à des objets qui, en tant qu’extensions corporelles, ouvrent sur de nouvelles expériences perceptuelles tout en ayant un effet restrictif. À partir des années 1980, l’artiste créé alors surtout des sculptures cinétiques et des installations de plus en plus vastes qui prennent vie grâce au mouvement. Le corps agissant est remplacé par un acteur mécanique. Ces processus de transformation entre corps augmentés et machines animées, qui traversent l’œuvre de Rebecca Horn depuis presque cinq décennies, constituent le cœur de l’exposition à Bâle : des œuvres performatives y jouxtent des sculptures-machines plus tardives pour illustrer le déploiement des motifs du mouvement dans le travail de l’artiste.
Cette exposition bâloise, articulée en plusieurs histoires, retrace ainsi une évolution artistique comme « autant d’étapes dans un processus de transformation » (Rebecca Horn) à partir de quatre thèmes et montre la continuité de son travail.
« Mes performances ont commencé par des sculptures corporelles. Tous les mouvements de départ étaient les mouvements de mon corps et de ses extensions. »

Rebecca Horn

Battre des ailes

Une première série d’œuvres débute avec la performance Weisser Körperfächer (1972), dans laquelle Rebecca Horn reprend la fascination ancestrale des humains pour les créatures ailées ou à plumes. Avec des ceintures, elle a fixé sur son corps une paire d’ailes semi-circulaires en toile blanche qui se déploient en levant les bras. Un film documente les expériences motrices qu’elle a réalisées avec cet instrument corporel : l’ouverture et la fermeture, le contrôle des ailes dans le vent, les formes de dissimulation et de dévoilement. Ces modèles de mouvements, Rebecca Horn les a prolongés dans une série de sculptures, comme la Paradieswitwe (1975) qui enveloppe un corps nu, Die Pfauenmaschine (1981) qui fait la roue, le Hängender Fächer (1982) ou la roue de plumes Zen der Eule (2010).

Rebecca Horn Paradieswitw

Circuler

Différentes formes de circulation sont thématisées dans une deuxième partie de l’exposition. L’œuvre centrale est là Überströmer (1970) qui présente l’être humain comme une structure hydromécanique. Lui fait face l’installation El Rio de la Luna (1992) qui prolifère dans l’espace avec un système de tuyaux et dans les « chambres cardiaques » desquelles le mercure est actionné par des pompes. Tandis que, dans le premier cas, le mouvement interne de la circulation sanguine est déplacé vers l’extérieur, dans le second, la visualisation des flux d’énergie émotionnelle est pour Rebecca Horn au premier plan.

Rebecca Horn Überströmer

Rebecca Horn El Rio de la Luna (1992)



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Des lignes tracées et des marques de couleur sont toujours aussi les traces de mouvements physiques. Elles constituent ainsi un autre ensemble thématique de l’exposition. Ce motif est présenté à partir Bleistiftmaske (1972), un outil porté sur la tête qui transforme le corps en une machine rythmique à dessiner. L’artiste poursuit de façon systématique l’exploration de ce thème dans des machines à peindre automatisées, dont deux types différents sont montrés ici. Les marquages y sont toujours l’expression d’émotions et de passions. Le dessin comme inscription du corps et du psychisme est repris enfin dans les travaux sur papier grand format de la série Bodylandscapes (2004-2005).

Bleistiftmaske

Tâter

Un dernier champ thématique porte sur l’extension des mains et des pieds. Avec Handschuhfinger (1972), l’artiste explore ainsi son environnement en le palpant avec des tentacules. Elle poursuit l’étude de ce sujet dans ses œuvres cinétiques tout en recourant sans cesse à des objets quotidiens tels que pinceaux, marteaux ou escarpins. Les machines à écrire avec leurs claviers sont elles aussi des instruments qui prolongent nos doigts. Rebecca Horn les utilise d’ailleurs dans plusieurs installations, dont La Lune Rebelle (1991) œuvre majeure exposée à Bâle. Les travaux de cette série donnent également une vision sociologique de la machine comme prothèse en rassemblent notamment des objets considérés comme féminins.

« Pour moi, ces machines sont animées, elles agissent, elles tremblent, elles frissonnent, elles s’évanouissent et s’éveillent soudain à une nouvelle vie. Ce ne sont en aucun cas des machines parfaites. » RH

Rebecca Horn

Un catalogue richement illustré avec des contributions de Sandra Beate Reimann, Antje von Graeventiz, Stefan Zweifel et al. paraît au Verlag für moderne Kunst :
ISBN (allemand) : 978-3-9524759-6-6
ISBN (anglais) : 978-3-9524759-7-3

Commissaire de l’exposition : Sandra Beate Reimann
6 juin 2019, 18h15
Projections au Stadtkino de Bâle
les films suivants de l’artiste seront présentés :

Der Eintänzer, 18h15, 14 CHF, en angalis, 
La Ferdinanda, 20h15, 17 CHF, en allemand

Heures d’ouverture
Du mardi au dimanche 11 – 18h
Fermé le lundi

Accès
Gare centrale de Bâle CFF / Gare SNCF : SBB
tram no. 2 jusqu‘au « Wettsteinplatz »,
puis bus no. 31 ou 38 jusqu’à « Tinguely Museum ». 

Oeuvre in situ Rebecca Horn

Clément Cogitore

Clément Cogitore (site) (* 1983, Colmar), le
Kunsthaus Baselland
présente la première exposition
personnelle en Suisse, de l’actuel lauréat
du Prix Marcel Duchamp 2018.
Exposition en deux temps.

Dans son travail, qui prend de l’ampleur au fil des ans,
le cinéaste et photographe français discute en détail
de la question du rôle des images issues de la publicité,
du divertissement, des réseaux sociaux ou même des rituels,
des secrets et des mondes illusoires, qui jouent un rôle actif
dans la construction des modes de vie.
Clément Cogitore, nous accueille avec une photographie
minimaliste,
(Photographie, C-print contrecollé sur aluminium, 110×60 cm
Courtesy de l’artiste, de la galerie Eva Hober (FR)
et de la galerie Reinhard Hauff (DE))
une fenêtre (romane ?) qui préfigure sa curiosité et son
esprit ouvert porté sur l’observation du monde,
son goût pour l’iconographie religieuse, le théâtre, le baroque.
Conteur, poète, manipulateur, cet ancien pensionnaire de la
Villa Médicis, aime confronter et mélanger le passé et le présent.


Puis avec Élégies, 2014 (vidéo)
(Vidéo HDCAM – couleur – 6 min
Courtesy de l’artiste, de la galerie Eva Hober (FR)
et de la galerie Reinhard Hauff (DE))
nous sommes plongés dans une ambiance étrange, signe
des temps, les téléphones ont remplacés les briquets.
Des centaines de petits écrans lumineux flottent au-dessus
d’une marée humaine : le public d’un concert (secret)
photographie à l’aide de téléphones portables une scène hors-champ.
Comme les sous-titres d’un chant absent, ou de la voix intérieure
d’un narrateur invisible, des vers des
Elégies de Duino” de R.M Rilke rythment ce gigantesque
élan collectif aux airs de liturgie numérique.
Puis dans un court film couleur qui tourne en boucle de 45 secondes
Sans titre
(Courtesy de l’artiste, de la galerie Eva Hober (FR) et de la galerie
Reinhard Hauff (DE))
Le matériel de départ pour cette vidéo est un plan d’archive
de la grotte Lascaux réalisé dans les années 1980.
Ce court film montre des fresques aujourd’hui disparues ou
gravement dégradées par les champignons. Ces images sont
ensuite projetées dans une petite serre contenant une centaine
de papillons de différentes tailles avec un écran disposé au fond.
Les ailes des papillons se déploient dans la lumière du faisceau
de projection, pour accrocher l’image film au rythme de leur
battement, saisi par la pellicule. Dans cet étrange bestiaire ou
cohabitent traces et images de prédateurs millénaires et insectes
éphéméroptères, plusieurs temporalités s’entrechoquent.
extrait du texte de
Léa Bismuth, Critique d’art et commissaire d’exposition
Digital Désert


Courtesy de l’artiste et de la galerie Eva Hober.
Pour cette série, l’artiste nous propose une nature morte,
déposée en plein-air. Les différentes photographies nous
rapprochent plus ou moins des éléments photographiés.
On y découvre alors le dépôt au sol d’uniformes militaires,
dans un environnement désert. Inspiré du motif militaire
de camouflage américain « digital desert », Clément Cogitore
confond la matière des uniformes et celui du paysage.
Puis, ils se distinguent finalement par l’agrandissement du
grand format, capable de confondre la matière du paysage
et des vêtements dans une surface indéterminée constituée
des pixels.
Il interroge ainsi les questions de la visibilité
et de camouflage grâce à une représentation d’un conflit
moderne et non une image documentaire.
Le motif des uniformes militaires permet aux soldats
de ne pas être repérés par les drones.

GHOST_HORSEMAN_OF_THE_APOCALYPSE_IN_CAIRO
_EGYPT, 2017
Il s’agit d’une photographie de foule réunie sur la Place Tahrir,
lors de la révolution égyptienne qui symbolise à elle seule cette
capacité que possède le cerveau humain à créer ses propres récits
et narrations. Cette image, capture d’écran tirée d’une vidéo d’une
chaîne d’informations a circulé sur la toile pendant plusieurs jours
car certains internautes y avaient vu en son centre une figure
trouble, un halo lumineux prenant la forme d’un homme sur
un cheval et devenu soudainement sur les réseaux sociaux le
quatrième cavalier de l’Apocalypse.
La cause est simple et technique : là où certains ont détecté
rapidement un « facteur de flare », illusion optique produite
par une diffusion de la lumière à l’intérieur d’un objectif de
caméra, d’autres ont laissé courir leur imagination, teintée
du plus grand mysticisme.
extrait de Léa Chauvel-Lévy, Critique d’art
Cette image est à l’origine d’une tapisserie confectionnée
par les Tapisseries d’Aubusson, livrée cet été.
Les Indes Galantes

Cette vidéo est une confrontation de plusieurs univers dont
la symbiose offre un univers intemporel. Il s’agit de l’adaptation
d’une partie du ballet Les indes galantes de Jean-Philippe Rameau,
avec le concours de danseurs de Krump et de trois chorégraphes :
Bintou Dembele, Grichka et Brahim Rachiki.
Le Krump émerge aux Etats-Unis à la suite des émeutes raciales
de 1992. Les mouvements du Krump sont des éléments inspirés
des arrestations policières ; pacifique, le Krump est, pour ses créateurs,
un don de Dieu. Déposé sur cette musique baroque, le ballet captive
et envoute le regard.
La première séquence de l’exposition donne un aperçu de son
travail des dernières années avec différentes œuvres,
tandis que dans la seconde partie, à partir de la mi-mai,
sa nouvelle œuvre The Evil Eye, pour laquelle il a reçu
le prix Marcel Duchamp en 2018, fera pour la première fois
l’objet d’une présentation institutionnelle.

Après des études à l’Ecole supérieure des arts décoratifs
de Strasbourg, et au Fresnoy – Studio national des arts
contemporains, Cogitore développe une pratique à mi-chemin
entre art contemporain et cinéma. Mêlant films, vidéos,
installations et photographies son travail questionne les modalités
de cohabitation des hommes avec leurs images.
Il y est le plus souvent question de rituels, de mémoire collective,
de figuration du sacré ainsi que d’une certaine idée de la perméabilité
des mondes.
Clément Cogitore a été récompensé en 2011 par le
Grand prix du Salon de Montrouge, puis nommé pour
l’année 2012 pensionnaire de l’Académie
de France à Rome-Villa Médicis. Ses films ont été sélectionnés
et récompensés dans de nombreux festivals internationaux
(Cannes, Locarno, Telluride, Los Angeles, San Sebastian…).
Son travail a également été exposé et projeté dans de nombreux
musées et centre d’arts (Palais de Tokyo, Centre Georges Pompidou
– Paris, ICA Londres, Museum of fine arts – Boston, MoMA New-York…).
En 2015 son premier long-métrage « Ni le ciel, Ni la terre »
a été récompensé par le Prix de la Fondation Gan, au Festival de
Cannes – Semaine de la critique, salué par la critique et nominé
pour le César du meilleur premier film. La même année il reçoit
le Prix BAL pour la jeune création. L’année 2016, il reçoit le
Prix Science Po pour l’art contemporain et le 18° Prix de la
Fondation d’Entreprise Ricard pour l’art contemporain.
En 2018, le Prix Marcel Duchamp lui est décerné par
l’ADIAF (Association pour la Diffusion Internationale de
l’Art Français).
Pour célébrer son 350ème anniversaire, l’Opéra National de
Paris a confié à Clément Cogitore la mise en scène
de l’intégralité de l’opéra-ballet Les Indes galantes
de Jean-Baptiste Rameau. La première représentation
aura lieu en septembre 2019.
Sur une invitation de José-Manuel Gonçalvès, Clément Cogitore
devient artiste associé au 104 pour l’année 2018-2019.
Le travail de Clément Cogitore est présent dans de nombreuses
collections publiques : Centre Georges Pompidou, Musée national
d’art moderne, Fonds national d’art contemporain, Fonds
d’art contemporain de la Ville de Paris, FRAC Alsace, FRAC
Aquitaine, FRAC Auvergne, MAC VAL, Musée d’art moderne
et contemporain de Strasbourg, Daimler Art collection et
de nombreuses collections privées.
Né en 1983 à Colmar, Clément Cogitore vit et travaille entre
Paris et Strasbourg.
Représenté par la Galerie Eva Hober (Paris) et la
Galerie Reinhard Hauff (Stuttgart)

Bruce Nauman: Disappearing Acts

C’est jusqu’au 26 août au Schaulager de Bâle
Voir ici la vidéo du vernissage
Bruce Nauman (vidéo) est sans doute l’artiste le plus influent
de notre époque.
Le Schaulager de Bâle présente la plus large rétrospective
depuis 25 ans, en collaboration avec le Moma.
C’est l’événement artistique du printemps. C’est la beauté
cruelle de l’art de Bruce Nauman depuis 50 ans. Il analyse
le plaisir et le fardeau de la condition humaine.
L’exposition réunit des œuvres rares avec des œuvres
clés connues. Il propose également une première mondiale
pour découvrir les dernières œuvres de l’artiste :
l’impressionnante sculpture Leaping Foxes (2018)
et la vidéo 3D Contrapposto Split (2017).

Installation view: Bruce Nauman, Leaping Foxes, 2018
 ProLitteris, Zurich, photo: Tom Bisig, Basel

Pour la première fois en Europe, la projection vidéo monumentale
Contrapposto Studies, créée en 2015/2016.
Parallèlement à l’exposition du Schaulager, trois œuvres de
Nauman de la collection Emanuel Hoffmann Foundation
sont présentées au Kunstmuseum Basel.
Que veut dire être un animal social, que veut dire être piégé
dans un cycle éternel de conventions, de schémas de pensées,
de processus maniaco mécaniques.
Prétentieux, existentialiste ?
C’est sûr, mais Bruce Nauman enracine son regard critique
dans l’humour noir, en en faisant un usage immodéré, il l’adoucit.
« Allez-vous en sortez de ma tête et de cette pièce ! »

C’est ce qu’il grogne en direction du visiteur.
La petite salle n’est éclairée que par une ampoule de 10 watts.
on entend une voix qui répète toujours les mêmes mots.
Mais qui peut se permettre ça ? Qui est Bruce Nauman ?
Jetons un coup d’œil.
Bruce Nauman Accession

Dans son travail, il explore des thèmes tels que la langue,
l’espace et la corporéité et explore les structures de pouvoir
et les conventions sociales. Avec sa remise en question persistante
des valeurs esthétiques et morales et des habitudes de voir,
Nauman défie constamment notre perception et notre imagination.
Nauman

C’est BN sur son cheval, c’est un excellent cavalier, il a emporté
son chapeau de cow-boy à Bâle.
Mais devoir venir montrer son œuvre Shaolin à Bâle plutôt
que de rester dans son ranch du nouveau Mexique, bien sûr
il trouve l’expo très bien, mais goûte peu le battage médiatique.
Bruce Norman est quelqu’un de très timide il n’est pas
question d’interview télé.
Installation view: Bruce Nauman, Green Horses, 1988
 © Bruce Nauman / 2018, ProLitteris, Zurich, photo: Tom Bisig, Basel

La conservatrice qui le connaît depuis longtemps :
« à mon avis il s’agit toujours de qui nous sommes dans
quelle mesure on est enraciné
dans cette terre, parfois on
a l’impression de flotter dans les espaces immenses,

et on ne sait pas dans quelle direction on va, si on est sincère
avec sa propre expérience.

Dans les espaces immenses du Schaulager, c’est une sorte
de parcours chronologique qui
est présenté.
Vidéos, sculptures, installations, les célèbres néons,
photographies,
des bruits,
des sons, des croquis,
plus de 170 œuvres
.
La surcharge visuelle est un concept, c’est une stratégie,

l’œuvre exige beaucoup de temps et de dépense physique. »
Bruce Nauman Corridor

La question du temps c’est ce qui nous fait vivre, nous existons
dans le temps, BN nous en fait prendre conscience.
Le temps est un matériau, il s’agit bien de temps et d’espace,
le jeune Bruce Nauman a été un pionnier de l’art vidéo et
de la performance. Dans une boucle éternelle il sort de son
studio où il se promène dans l’une de ses premières
installations « Couloir » (Corridor) Il filme pendant des semaines
son studio vide la nuit, en utilisant la monotonie des images,
ce qu’on croit être le non-sens , le néant, l’absurde. Il aiguise
nos sens fatigués. Une souris qui galope devient un évènement,
puis un chat.
BN est minimaliste, son domaine c’est la répétition infinie
et son modèle avoué c’est Samuel Beckett.
Bruce Nauman

Dans l’œuvre de Bruce Norman rien n’est jamais sûr.
Ce dont il doute le plus ce sont les réponses que l’on nous
donne d’autorité. Ce que veut BN, c’est que le spectateur soit
aux aguets qu’il fasse attention, en pleine conscience, ce sont des
instructions très utile pour ce moment étrange de l’histoire actuelle.
« Fais attention enfoiré »
c’est ce qu’on voit dans le miroir.
Il y a beaucoup de politique dans l’art de BN, mais il ne le dirait
pas ainsi.
Les pensées tourbillonnantes, des têtes coupées, du bétail égorgé,
torturé ou un manège d’ordures d’art animalier et d’art commercial,
penser voilà le plus grand effort de l’art.
Si nous parvenons à rester dans l’ambiguité, sans en être effrayé,
et à comprendre qu’elle nous donne accès à plus de possibilités,
à une autre vérité, nous pouvons vraiment élargir notre
horizon.
Bruce Nauman, the Heads Fontains

Physiquement il faut étendre le champ expérience, c’est ce qui se
passe quand on se glisse dans ce couloir voit on prend la place
du jeune Nauman dans sa vidéo.
Très célèbre aussi ces cages, comment ne pas penser à Guantanamo.
Bruce Nauman nous lance un défi , en temps que citoyen nous devons
rester vigilant, sur nos gardes et résistant.
Installation view: Bruce Nauman, Contrapposto Studies,  2015/2016
 © Bruce Nauman / 2018, ProLitteris, Zurich, photo: Tom Bisig, Basel

On peut spéculer aussi sur sa dernière grande vidéo,
Contrapposto Studies, dont on a pu apercevoir
un projection à Art Basel, ici il se dissout, il se désintègre, se divise
en fragments morbides d’un corps vieilli, à moins qu’il ne célèbre
la force centrifuge anarchique des parties de son corps,
est-ce l’autoportrait d’un artiste insaisissable ?
En tout cas l’exposition est très riche et dense.
Un programme de conférences, de visites
accompagne
l’exposition
Un catalogue en allemand et en anglais.
Schaulager
Ruchfeldstrasse 19
CH-4142 Münchenstein / Basel
T +41 61 335 32 32
F +41 61 335 32 30

Ouverture

Tuesday–Sunday 10 a.m.–6 p.m.
Thursday to 8 p.m.
Closed Mondays
On public holidays (Easter, 1 May, Ascension Day,
Pentecost, 1 August)
10 a.m.–6 p.m.
During Art Basel (11 – 17 June 2018)
Monday–Sunday 10 a.m.–8 p.m.
Wednesday 12–8 p.m.
Entrance tickets
Tickets valid for three visits to Schaulager incl.
one entrance to the Kunstmuseum Basel Collection
(not transferable)
regular CHF 22, reduced CHF 15
Events, guided visits and art appreciation
are included in the ticket price
Online tickets
Print-at-home-Tickets available on starticket.ch
By Train
Take tram no. 11, bound for Aesch Dorf, from the
Basel SBB station to the “Schaulager” stop (approx. 10 min).

Mohamed Bourouissa Urban Riders

Le 1er février, le comité de collectionneurs de l’ADIAF
a dévoilé les noms de quatre artistes nommés
au Prix Marcel Duchamp 2018 : Mohamed Bourouissa,
Clément Cogitore, Marie Voignier et Thu Van Tran.
Ils exposeront au Centre Pompidou à partir du 10 octobre.
Jusqu’au 22 avril 2018

Le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris
consacre la première exposition institutionnelle en France
à Mohamed Bourouissa. Remarqué dans les expositions
prospectives Younger than Jesus au New Museum à
New York (2009) et Dynasty au Palais de Tokyo et au
Musée d’Art moderne de la Ville de Paris (2010),
le plasticien franco-algérien, né à Blida en 1978, est
aujourd’hui l’un des artistes majeurs de sa génération.
Dès les premières séries photographiques
Périphérique (2005-2008) et Temps mort (2008) se
dégagent les principes de son travail : l’observation de la
société par ses marges et les pratiques collectives où la
dimension humaine occupe une place centrale.

L’exposition Urban Riders, s’articule autour du film
Horse Day réalisé à Philadelphie, dans le quartier défavorisé
de Strawberry Mansion, au Nord de la ville et dont la
réalisation a marqué une étape décisive dans son évolution.
Durant huit mois, le temps d’une résidence, il s’est intéressé
aux écuries associatives de « Fletcher Street » qu’il a
découvertes grâce aux images de Martha Camarillo,
une photographe américaine.

Territoire de réparation et de cristallisation des imaginaires,
fondé par des cavaliers afro-américains, les écuries de
« Fletcher Street » accueillent
les jeunes adultes du quartier et offrent un refuge aux chevaux
abandonnés. Sans pour autant documenter une réalité,
l’artiste s’est emparé de l’histoire du lieu, de l’imagerie
du cowboy et de la conquête des espaces.

Au fil des mois, Mohamed Bourouissa s’est attaché à créer
des conditions d’échange et de partage avec la communauté
locale. Le film, de facture cinématographique, retrace ce projet.
Il rend compte avec force d’une utopie urbaine.
Fasciné par l’histoire de la représentation des cowboys noirs,
il synthétise des questionnements récurrents :
l’appropriation des territoires, le pouvoir, la transgression.
Horse Day s’accompagne d’un corpus d’environ
quatre-vingt pièces. Un ensemble d’oeuvres graphiques
traduit la liberté et la richesse du langage plastique de l’artiste.
Croquis sur le vif, dessins préparatoires, story-board du film,
collages, encres, aquarelles relatent l’origine du projet et
son élaboration. En regard de cet ensemble, sont présentés
des portraits de cavaliers et les costumes des chevaux.

Prolongeant la métaphore du « tuning » des éléments de
carrosseries sont agencés et deviennent le support des images
du film.Montré sous différentes versions notamment au
Stedelijk Museum (Amsterdam) et à la Fondation Barnes
(Philadelphie), l’exposition se réinvente au
Musée d’Art moderne sous une forme amplifiée.

À travers un programme de workshops invitant des artistes,
Mohamed Bourouissa prolonge une réflexion sur l’histoire
collective et la représentation des identités.
Avec ce projet, le musée renouvelle son soutien à l’artiste
dont la série photographique Temps mort et le film Legend
figurent dans les collections permanentes
Commissaires
Odile Burluraux
Jessica Castex
Un livre d’artiste rassemblant l’ensemble de ses oeuvres
sur papier est publié par Paris Musées à l’occasion de l’exposition.
France culture La Dispute d’Arnaud Laporte le podcast
les divers avis sur l’exposition
Musée d’Art moderne de la Ville de Paris
11 Avenue du Président Wilson 75116 Paris
Tel. 01 53 67 40 00
www.mam.paris.fr
Ouvert du mardi au dimanche De 10h à 18h
Nocturne le jeudi jusqu’à 22h

David Hockney

Texte d‘Emmanuel Honegger
vice président SAAMS société des amis des arts et
des musées de Strasbourg
Voici le réponse d’Emmanuel Honneger, auquel j’avais
fait part de mon ennui, lors
de la visite de l’exposition
des 82 portraits de
David Hockney, au Ca Pesaro à Venise.

Tout y est tellement prévisible, préformaté, fait pour plaire.
Le film sur David Hockney fut un moment de magie.
Nous l’avons vu peindre en « plein air » avec un assemblage de
6 toiles sur plusieurs chevalets à la fois, nous avons croisé son
regard bienveillant, écouté sa voix chaleureuse.
David Hockney est un peintre, dessinateur, graveur, photographe,
anglais, né en 1937. Il a aujourd’hui 80 ans. Les historiens d’art
le considèrent comme pop’artiste dans la mouvance de l’hyper-réalisme.
Lui ne s’en soucie guère.
Je dirai pour ma part qu’il produit des images respirant la joie
de vivre : piscines représentant le rêve américain dans sa série
California dreaming, portraits de famille et d’amis, autoportraits,
paysages du Yorkshire sa province natale. Il utilise à merveille la
boite à outils constituée, au cours des siècles, autant par la peinture
et les techniques de ses prédécesseurs qu’aujourd’hui par
l’informatique de pointe.

A 60 ans, il a posé temporairement ses pinceaux et s’est lancé
pendant deux ans dans une étude approfondie de la peinture
à partir du XVe siècle. Il s’agissait, pour lui, de démontrer
que plusieurs artistes occidentaux avaient utilisé des instruments
d’optique. On a hurlé au crime de lèse-majesté comme si
l’outil était plus important que l’artiste
.Mais il ne suffit pas d’utiliser une camera obscura pour peindre
comme Leonard de Vinci, cela se saurait.
Je vous épargnerai sa démonstration, elle est étayée sur 326
pages d’un livre publié au Seuil :
« Savoirs secrets, les techniques perdues des maîtres
anciens
».
Pour venir à bout de ce travail, il a épinglé au mur de son atelier
près de 800 photocopies couleur de tableaux couvrant
500 ans d’art occidental sur un panneau de 7 mètres de long.
Il y a observé les incohérences de perspective, les motifs brodés
sur les robes soudain reproduits avec une minutie si
extraordinairement précise qu’elle nécessitait la projection
d’une image ou tout au moins l’assistance d’appareils optiques.
Je ne vous parle pas de cela pour en refaire la démonstration,
ce n’est pas l’objet du film que nous allons voir, mais pour vous
dire combien David Hockney connait les peintres, connait
la peinture, combien il s’y est intéressé et combien son art
en est imprégné. Remarquable dessinateur, il a enseigné le dessin
à l’université de l’Iowa, du Colorado et de Californie .
Il n’est donc pas exagéré de dire qu’il a la compétence et
les moyens pour utiliser ce que j’appelle la boite à outils de ses
prédécesseurs, leur savoir faire. Il n’est pas exagéré non plus de
faire des rapprochements entre sa peinture et celle aujourd’hui
reconnue par l’histoire de l’art.
Les façades structurées en lignes se croisant à angle droit
dans ses tableaux de villas californiennes, évoquent l’abstraction
géométrique de Mondrian.
La couleur qu’il applique au rouleau sur laquelle il trace
des signes pour simuler les mouvements de l’eau ou les reflets
des vitres, ou des motifs floraux sur un fauteuil ou un transat,
nous rappellent les décors de Matisse.
Les oppositions de couleurs complémentaires bleu et orange,
violet et jaune, dans ses paysages, sont l’expression d’une
palette fauve qui dialogue avec Maurice Vlaminck ou André Derain.
« Je ne sais pas comment je vois les couleurs,
mais je les vois et je les aime. Je suppose que je les
exagère un peu. »
dit-il de lui-même .
On veut bien le croire.
En 2015 la fondation Van Gogh en Arles lui consacrait une
exposition, reconnaissant de fait son admiration pour ce peintre
inclassable à l’écriture si audacieuse. Un artiste, Van Gogh,
qui se souciait peu des codes de la perspective et des ombres.
Pour David Hockney

« La perspective est une invention européenne.
Dans les arts chinois et japonais, il n’y en a pas. On entre
immédiatement dans le paysage. Il n’y a pas non plus de
reflets dans l’eau ni d’ombre. Les reflets, les ombres, seul l’art
européen les utilise.
»
En cela Hockney est « pop’art »
Mais est-il réductible au pop-art comme on a souvent tendance
à le présenter? Je ne le crois pas.
Alors que la figure la plus emblématique du Pop’art, Andy Warhol,
représente la banalité des boites de soupe Cambell’s
ou des boites de savon Brillo ; alors que Warhol détourne
le procédé d’impression sérigraphique pour mécaniser et
dépersonnaliser l’art, en faire un objet de consommation de
masse et qu’il va jusqu’à stéréotyper l’image de Marilyn ;
David Hockney, lui, s’attache à l’opposé, à la représentation
de la grande bourgeoisie, de son mode de vie, de ses piscines
bleu azur. Il décrit un american way of life idéalisé.

Alors que Roy Lichtenstein, autre figure emblématique du
pop’art, reproduit des fragments de bandes dessinées
agrandis 100 fois,  qu’il nous en montre les points de trame
comme si nous les observions à la loupe, qu’il représente la
vie fantasmée des héros de BD aimant, pleurant ou se battant
les armes à la main ;
David Hockney, en peintre contemplatif pop, met en scène
les riches demeures californiennes et regarde leurs hôtes vivre,
plonger, prendre leur douche en toute oisiveté.
Son art est narratif, il raconte des histoires et quand l’homme
n’y figure pas ou n’y figure plus, sa présence reste suggérée en
creux par l’éclaboussure d’un plongeon, l’ordonnancement rigoureux
d’une futaie, le lacet d’une route qui traverse la campagne
depuis le premier plan jusqu’à l’horizon.

Il travaille en à-plat avec des couleurs pures, à la manière
de décors de théâtre, comme s’il contemplait la vie en tant que
représentation.
Vous ne serez donc pas étonné d’apprendre que David Hockney
a créé de nombreux décors de théâtre ou d’opéra :
La Carrière d’un libertin, Le Sacre du printemps, Le Rossignol et
Oedipus Rex, tous les quatre de Stravinsky,
La Flûte enchantée de Mozart,
Parade de Satie,
Les Mamelles de Tirésias de Poulenc,
L’Enfant et les sortilèges de Ravel,
Tristan et Iseult de Wagner,
Turandot de Puccini,
La Femme sans ombre de Strauss .

Hockney y a mis son génie au service des couleurs et de
l’éclairage, créant un parallèle entre les décors et le
paysage sonore de la musique telle qu’il la voyait et la ressentait.
Dans sa vie d’artiste, David Hockney a exploré de nombreuses
techniques. Il les a longuement travaillées jusqu’à en exprimer
pleinement les avantages et les particularités.
Après avoir travaillé à l’huile, il s’est intéressé à la peinture
acrylique soluble à l’eau. Il y voyait le médium le plus à même
de capter la lumière, son éclat et sa transparence.
Puis il s’est tourné vers l’aquarelle également soluble
à l’eau mais dont la technique ne tolère aucun repentir et requiert
une grande sureté et rapidité d’exécution. Ce fut pour lui un
« retour à la simplicité », une palette limitée à quelques couleurs,
parfois quatre seulement. Il a beaucoup travaillé pour maîtriser
cet art de l’esquisse, de la spontanéité, de la légèreté.
Le dessin, dans cette technique, est appliqué directement
au pinceau sans tracé préalable au crayon.

Dans sa période d’analyse des peintures de maîtres dont
je vous ai parlé tout à l’heure, à travers le prisme d’instruments
optiques, il s’est astreint, pour réaliser des portraits, à l’usage
d’une chambre claire, une sorte de projecteur utilisable
en plein jour.
Je vous cite un extrait du début de son livre :
d’abord j’ai trouvé la chambre claire extrêmement
difficile à utiliser. Elle ne projette pas une image réelle
du sujet, mais une illusion de ce sujet dans l’œil de l’artiste.
Si vous bougez la tête, tout bouge avec elle, et l’artiste doit
savoir prendre des notes, très rapidement, et fixer la position
des yeux, du nez et de la bouche, pour saisir une « ressemblance
».
Il faut être très concentré. J’ai persévéré et continué à utiliser
la méthode pendant le reste de l’année, sans cesser d’apprendre.
J’ai commencé à m’intéresser davantage à l’éclairage
du sujet, à remarquer à quel point celui-ci est important
quand on utilise un instrument d’optique, comme pour
la photographie. […] Tout cela m’a intrigué et j’ai commencé
à scruter les peintures avec beaucoup d’attention.

Sur six pages de son livre, Hockney a choisi de nous livrer
dix-huit dessins réalisés entre mars et décembre illustrant
l’évolution de la qualité de son trait. Cela montre la rigueur à
laquelle David Hockney s’astreignait pour progresser dans
la recherche et la maîtrise de nouvelles techniques.
Je vous ai dit au début qu’Hockney est un photographe ;
il a réalisé près de 30 000 clichés et les utilise comme
éléments de collage dans des œuvres qu’il nomme
« drawings with a camera » « dessins avec un appareil photo ».
Il s’agit pour lui de se rapprocher des choses avec un
regard ouvert, de fixer un moment fugitif pour le réemployer
dans une de ses compositions. Il frôle, dans cette période,
les problématiques du cubisme qu’il considérait comme destruction
d’une perspective jugée enfermante.
Hockney parle volontiers de perspective inversée,
une notion inventée au début du XXème siècle par Pavel Florenski,
un pope orthodoxe, mathématicien, russe. Il y voit l’occasion
d’élargir son champ suivant des lignes fuyant vers la gauche
et la droite, au lieu de converger vers un axe ou un
point central selon les règles définies à la Renaissance .
Maintenant que les tablettes IPad le permettent, David Hockney,
jamais en retard d’une nouvelle technique, a apprivoisé
ce nouveau médium et développé une nouvelle virtuosité.
Après avoir exploité le Polaroïd et la photocopieuse, il s’est laissé
séduire par la rapidité de l’image d’ordinateur.
Cet infatigable chercheur illustre parfaitement ce que
représente le progrès technique pour un artiste : c’est un outil,
il s’en explique ainsi :
« La vitesse et les couleurs aujourd’hui disponibles constituent
une nouveauté ; travailler à l’huile ou à l’aquarelle,
cela prend du temps
».
Je vous le disais tout à l’heure, ce n’est pas l’outil qui fait l
’œuvre mais bien l’artiste qui choisit son outil.
Nous allons le voir dans un instant, David Hockney
joue du pinceau, du fusain ou de l’Ipad avec le même bonheur.
A 80 ans, il enrichit encore son vocabulaire graphique
d’une liberté et  d’une puissance coloristique plus pop
que jamais.
Maintenant, nous allons éteindre la lumière, redevenir des enfants
et découvrir les histoires de ce merveilleux conteur.
5 novembre 2017 Emmanuel Honneger
un partenariat SAAAMS/odyssée
Un livre de Catherine Cusset sur David Hockney
le podcast sur France Culture

Les Vagamondes festival des cultures du Sud (6e édition)

C’est à la Filature de Mulhouse et vous n’aurez
que l’embarras du choix.
A vos agendas
17 jours intenses du 10 au 27 janvier 2018
Au programme de cette 6e édition de ce festival
dédié aux Cultures du Sud :

À La Filature, chaque début d’année est inauguré
par des productions artistiques qui ont pour toile
de fond le bassin méditerranéen avec le Festival
les Vagamondes.
Des spectacles + des expositions avec
des artistes venus d’Italie, Liban, Iran, Algérie,
Tunisie,  Grèce, Égypte, Burkina Faso, Côte d’Ivoire,
Madagascar, France…
+ des rencontres, conférences, projections avec
des géographes,  historiens, écrivains, journalistes…
pour aborder les cultures  du Sud par la géographie,
l’histoire, la géopolitique, l’économie,
la gastronomie.
Un programme riche avec de nombreux partenaires.
Renaud Serrz interviewé par Szenik sur FaceBook

Théâtre
Premières Mondiales
2 spectacles créés à La Filature à l’issue
de résidences X-Adra de Ramzi Choukair
+ It’s a good day to die de Kamal Hashemi
+ 1 commande la création symphonique
de Bruno Girard

Ramzi Choukair

Une création pour l’inauguration du
festival les Vagamondes 10 janvvier 2018

Ces militantes de l’opposition syrienne sous
le régime de Bachar El Assad père dans les années 1980,
incarcérées voire torturées dans leur pays qu’elles ont
dû quitter, témoignent, raconter leurs histoires mais
aussi celles des sept mille autres prisonnières du régime
à travers un spectacle dramatique mais combien réaliste
intitulé « X-Adra », théâtre dont elles sont les actrices.
Réunies par le metteur en scène Ramzi Choukair.
Photos
Une exposition de photos
19h le 10 janvier le vernissage dans la Galerie de
Muchismo,  l’exposition de Cristina de Middel
(Alicante, 1975), l’une des photographes
les plus singulières et les plus prolifiques au monde,
poursuit avec frénésie de nombreux projets depuis
l’immense succès de sa série Les Afronautes en 2012.
Ancienne photojournaliste, elle développe depuis plusieurs
années une recherche personnelle, dans une approche
plus conceptuelle, abandonnant peu à peu la presse
pour le monde de l’art.
En 2017, elle est nominée par l’agence Magnum Photos
et reçoit le Prix national de la photographie
du ministère de la Culture espagnol.
Pour son projet Muchismo, créé à Madrid en juin 2017,
Cristina de Middel choisit de revisiter l’intégralité
de son œuvre et de l’accrocher comme elle la stocke
dans son atelier, c’est-à-dire sans ordre apparent
et dans une accumulation colossale.
Concert
Un concert concert symphonique

ven. 19 janv. 2018 20h00
sam. 20 janv. 2018 20h00
le Concerto d’Aranjuez pour guitare
de Joaquin Rodrigo
(interprété par la guitariste soliste
sino-américaine  virtuose Meng Su) nous fera
pénétrer dans les jardins du palais royal d’Aranjuez,
avant de terminer ce programme intitulé
Le vent se lève par la majestueuse orchestration
que Ravel a fait des Tableaux d’une exposition
de Modest Moussorgski
Chant

La chanteuse d’origine iranienne Azam Ali
jeudi 18 janv. 2018 20h30
une musique d’inspiration traditionnelle
moyen-orientale avec de l’électro-acoustique ;
une danseuse derviche avec des technologies
interactives qui animent une scénographie numérique ;
le tout traversé par la voix suave et chaleureuse de la
chanteuse d’origine iranienne Azam Ali
bar oriental dès 19h30 aux
Dominicains de Haute-Alsace
+ aller-retour en bus départ de La Filature à 19h
(supplément 5€). Réservation obligatoire auprès
de la billetterie de La Filature : 03 89 36 28 28

Clôture en apothéose avec Emel Mathlouthi
samedi le  27 janv. 2018 à 21h00 au Noumatrouff

C’est en pleine Révolution de Jasmin, lors d’une
manifestation en 2011, que cette jeune tunisienne
entonne Kelmti Horra (Ma parole est libre).
Une vidéo de cette chanson, immédiatement relayée
par les réseaux sociaux, en fera alors l’hymne
du Printemps arabe. Après un premier album,
elle participe aux côtés d’Élise Caron et Jeanne Cherhal
à un concert de chant de femmes à Téhéran qui fera
l’objet du film d’Ayat Najafi No Land’s song
(sam. 27 janv. 18h à La Filature).
Invitée à interpréter son hymne lors de la
cérémonie de remise du prix Nobel de la paix en 2015,
Emel Mathlouthi est dès lors adoubée par la
presse internationale. Son nouvel album Ensen (Humain),
enregistré en 2017 en partie par le producteur
de Björk et Sigur Rós, mixe sonorités électroniques
et instruments traditionnels, tout en échappant
au cliché du mélange des genres. Dans un monde écrasé
par l’anglicisme, chanter en arabe est pour elle
une revendication en soi, qui impose cette libertaire
et féministe comme une des figures de
l’avant-garde de la musique arabe.

Ces créations diverses susciteront comme chaque
fois de nombreux et riches questionnements.

Cette région, véritable carrefour des civilisations,
est un univers complexe aux contours flottants,
à la fois héritière de traditions qui remontent
à la nuit des temps, berceau des trois religions
monothéistes, et pleinement aux prises avec
les mutations contemporaines.
Découvrez le programme complet  en cliquant ici
Dès 3 places on peut profiter d’un Pass
Billeterie
du mardi au samedi de 13h30 à 18h30 :
T +33 (0)3 89 36 28 28 et billetterie@lafilature.org

fermeture de fin d’année 2017
La Filature sera fermée au public du
dimanche 24 décembre 2017 au lundi 1er  janv. 2018 inclus
 (excepté pour le Concert du Nouvel An
de l’Orchestre symphonique de Mulhouse)
attention : la billetterie fermera exceptionnellement à 16h30
le samedi 23 décembre

 

KUNSTART

La Fondation François Schneider présente plusieurs
artistes jusqu’au 17 décembre 2017

L’exposition Kunstart présente les oeuvres des huit
artistes lauréats du concours Kunstart.
T
ous sont étudiants ou diplômés d’écoles d’art de la région
tri-nationale et incarnent la vitalité de la création sur
le territoire rhénan.
Jules Andrieu, Alice Blot, Iris Brodbeck, Manuel Diemer,
Othmar Farré, Jordan Madlon, Marion Schutz et
Flora Sopa témoignent de la diversité des pratiques
et mediums avec une variété d’oeuvres autour du thème
de l’eau. Installation de sel, ville engloutie, cabine d’eau,
petites îles de verre ou poisson volant sont au rendez-vous.
Une déambulation dans la grande halle du Centre d’Art permet
de découvrir des pièces uniques.

Avec ses concrétions, et la rencontre entre l’eau et la pierre,
Jules Andrieu dissèque la matière.
Alice Blot recouvre le sol de nappe de sel pour Ondée
et créé une subtile danse de gouttes.

Iris Brodbeck dénonce la situation des réfugiés avec 1,563m3,
un aquarium-cabine métaphore du pouvoir et de la mer.

Les 12 pièces de verre formant l’installation Isula de Manuel Diemer
renvoie à une double interprétation, la naissance ou la
disparition d’une île.

Avec sa photographie de l’Homme Pinceau, Der Sprung,
Othmar Farré présente Brushman le personnage principal
de son film burlesque parcourant villes et montagnes à la
recherche d’un poisson.

Le travail conceptuel de Jordan Madlon interroge la forme.

Flora Sopa le rejoint dans ses peintures abstraites,
jouant avec le principe de synesthésie, combinant pigment,
eau et fréquence sonore.

Marion Schutz quant à elle présente avec Azul Noce
un paysage rêvé mais aussi monde englouti, une ville de
granit, infinie, immergée dans l’eau.
Chacun de ces jeunes artistes a une expression déjà bien
affirmée, mais peut-être se rejoignent-ils sur une approche
mélancolique de leur environnement. Des rapports de force
et des mises en tension semblent être au coeur de leur
préoccupation, serait-ce le reflet d’une époque ?
Dans le cadre des ateliers dégustation du Bistr’eau.
Visite guidée tout public | Dimanche 12 novembre 15h
Accessible pour l’achat d’un billet d’entrée (3 à 5 €).
 
Fondation François Schneider
27 rue de la Première Armée
68700 Wattwiller – France
Le Bistr’eau
+33 (0)3.89.82.10.10
 

Fonte – Anna Katharina Scheidegger

Jusqu’au 17 décembre 2017
La Fondation François Schneider présente plusieurs
artistes, dont Anna Katharina Scheidegger, dont vous
avez pu admirer les photos dans l’exposition
Cold Wave, dans la Galerie de la Filature de Mulhouse.
C’est une proposition d’Emmanuelle Walter,
La Filature, scène nationale, Mulhouse
et sous le commissariat de Sagaprojects.

Fonte est une exposition consacrée à la question
de la fonte des glaces et des changements
climatiques. Anna Katharina Scheidegger nous livre
sa vision d’un monde fragile et d’une nature endolorie
à travers des séries de photographies, films, installation
et une performance sur la glace. L’artiste rassemble
ici différents chapitres de ses recherches et créations,
mêlant à la fois une approche ethnologique, environnementale
mais aussi psychanalytique.

Intriguée et inspirée par les mythologies du canton
du Valais (Suisse), racontant l’histoire des pauvres âmes
(Arme Seelen), attrapées et enfermées dans la glace au
moment de leur mort, Anna Katharina Scheidegger
propose une relecture de ces rites et traditions.

Pour la série head of roses, elle coule son propre visage
en glace dans des moules en silicone et en créé des images
à la fois effrayantes et poétiques. Sa découverte en 2011
de la technique d’emballage des glaciers suisses avec
des bâches, afin de stopper les rayons UV réduisant la
fonte des glaciers, a donné lieu à un étonnant travail
à la chambre. Sur ses tirages argentiques se dégagent
des paysages de neige et de rocaille, emballés et pansés
de tissus blanc. On n’est plus ici dans du land art mais
dans des interventions environnementales.

L’artiste poursuit sa recherche en tentant de repeindre
les montagnes en blanc (Film, White Out), acte engagé
mais aussi absurde qu’infini. Ailleurs, les petites âmes
avalées par les glaciers se retrouvent flottantes,
coulantes et dansant dans l’espace. Elles nous
interrogent sur nos croyances et le cycle de la nature.

Tour à tour scientifique, lyrique, expressionniste,
minimaliste, l’oeuvre d’Anna Katharina Scheidegger
est empreinte d’un esthétisme détaché des conventions,
flirtant parfois avec les limites de la séduction mais
marquée d’une vraie gravité. L’artiste nous fait à la
fois prendre conscience de notre environnement
et de notre identité.
Dans le cadre des ateliers dégustation du Bistr’eau.
Visite guidée tout public | Dimanche 12 novembre 15h
Accessible pour l’achat d’un billet d’entrée (3 à 5 €).
Les images flottantes, La Filature Nomade |
Mercredi 15 novembre 16h
Tarif de 3 € en plus du billet d’entrée |
Réservation obligatoire (place limitée).
Dans ce récit, Patrick Corillon propose une heure
de voyage dans le monde des images sans jamais
nous en montrer une.
À l’aide d’un dispositif scénographique minimal,
Patrick Corillon prend le spectateur par la main et
par le coeur, pour le sortir du monde des images
imposées et lui donner tout pouvoir d’inventer
lui-même de nouvelles histoires.
Conversation entre Emmanuelle Walter
(Conseillère artistique arts visuels pour La Filature)
et Anna Katharina Scheidegger |
Samedi 18 novembre à 14h30
Accessible pour l’achat d’un billet d’entrée (3 à 5 €)
| Réservation obligatoire (place limitée).
Stop Motion, atelier enfants animé par
Anna Katharina Scheidegger |
Dimanche 19 Novembre de 14h30 à 18h.
Tarif de 3 € en plus du billet d’entrée
(3€ et gratuite pour les -12ans) |
Réservation obligatoire (place limitée).
Le « stop motion » ou image par image, est une technique
de film d’animation. Les enfants avec l’artiste
découvrent l’exposition et l’univers de l’artiste, pendant
qu’un groupe réfléchit à une histoire, des décors,
des personnages, un second part à la conquête du son !
L’artiste effectuera le montage final.
Les questions environnementales et notamment la
protection de la planète et de l’eau seront les sujets choisis.
Mois du film documentaire |
Jeudi 23 novembre 19h30
Tarif unique de 3€ | Réservation obligatoire (place limitée).
Une sélection de courts et longs métrages sur
la question de l’eau.
Programmation par Catherine Mueller.
Glaciers – Entre mythe et réalité |
Samedi 2 décembre à 14h30
Tarif de 3 € en plus du billet d’entrée |
Réservation obligatoire en précisant l’horaire (place limitée).
14h30 – 16h : Conférence de Geoffrey Klein, spécialiste
climat
, en présence de l’artiste, causes, conséquences
et prévention.
16h30 – 17h30 : Lecture de textes choisis autour des mythes
valaisans par Auguste Vonville.
Un vin ou chocolat chaud offert pour l’achat du billet d’entrée.
Le Bistr’eau proposera des spécialités valaisannes.
+33 (0)3.89.82.10.10

Fondation François Schneider
27 rue de la Première Armée
68700 Wattwiller – France