« Suān Tian Kŭ Là » 酸甜 苦辣

photo Zhang Xiao

Exposition photographique à la Galerie de la Filature de Mulhouse,
jusqu’au 28 août 2021
REN HANG, ZHANG XIAO, SUN YANCHU, LU YANPENG, les photographes
Commissariat Léo de Boisgisson et Marie Terrieux
Coproduction Institut Confucius des Pays de la Loire
www.institutconfucius.fr

Volume I. en 2011 à Angers

En 2011, Léo de Boisgisson et Marie Terrieux, commissaires indépendantes alors basées à Pékin, réunissent à Angers quatre photographes chinois
Ren Hang, Zhang Xiao, Sun Yanchu et Lu Yanpeng
dans une exposition intitulée Suān Tian Kŭ Là.
Le nom tire son inspiration d’une expression chinoise qui désigne les
quatre saveurs (acide, sucrée, amère et épicée) et intervient également
comme une métaphore des aléas de la vie humaine.
En empruntant ce vieil adage, l’exposition attire l’attention
sur une Chine à hauteur d’homme, une Chine composée
d’une diversité d’individus et de points de vue et non le grand
monolithe qui, vu de l’ouest, fascine et surtout inquiète.
Avec Suān Tian Kŭ Là, l’idée est de rendre un peu compte de cette pluralité à travers le regard de quatre photographes qui, chacun à sa manière, portraiture son environnement et son temps avec constance et sensibilité. En puisant dans différentes séries réalisées pour la plupart entre 2004 et 2011,
They de Zhang Xiao, Obssessed de Sun Yanchu, Open Air de Lu Yanpeng
et une sélection du travail de Ren Hang, l’exposition donne à voir autant
qu’à goûter et éprouver différentes textures de la Chine et différentes personnalités de la création photographique qui, dix ans après,
à l’exception de Ren Hang disparu prématurément, en sont toujours
des éléments actifs.

Volume II. en 2021 à La Filature

En 2021, répondant à l’invitation de La Filature, Scène
nationale de Mulhouse, les oeuvres des quatre photographes,
telles des capsules temporelles, vont se redéployer. Cette
initiative originale, à rebours de la frénésie de nouveauté
qui caractérise la diffusion contemporaine, va permettre de
revenir sur des travaux réalisés il y a dix ans et d’évaluer leur
maturation à l’aune du contexte d’aujourd’hui. 10 ans c’est
peu, mais à l’échelle humaine ce n’est pas rien… surtout dans
un pays tel que la Chine qui, depuis 40 ans, est engagé dans
une marche forcenée vers le progrès et qui, ironie du sort, a
été l’épicentre de la pandémie affectant aujourd’hui encore le
monde entier. Depuis 2011, la vie a suivi son cours. En effet, la
Chine a continué son irrésistible ascension de grande puissance
et l’urbanisme intensif a migré du littoral vers l’intérieur du pays
en transformant les campagnes en succursales des villes.

Zhang Xiao – Salée

Avec son Holga et dans des couleurs vives, Zhang Xiao (né en 1981) capture le spectacle des villes moyennes chinoises où le quotidien semble advenir dans une forme de théâtralité où médecins de campagne, volailles et mammifères côtoient des candidates à un concours de beauté dans une ambiance de fête
populaire.
Les terres du Shandong, province natale de Zhang Xiao, important producteur de pommes, ont été ré-agencées au profit de l’agriculture intensive qui se déploie à grand renfort de pesticides et d’engrais chimiques.
Alarmé par le désastre écologique en cours dans la région, Zhang Xiao
est retourné à Yantai où il développe Apple, un projet alliant photographie,
vidéo et sculpture pour évoquer la pomme, pilier de l’économie locale et métaphore actuelle des dérives productivistes.

Sun Yanchu – Amère

Plus sombre est la vision de Sun Yanchu (né en 1978). Natif de la province du Henan dans la Chine de l’intérieur et adepte du Noir et Blanc, Sun semble aimanté par la poésie ténébreuse des No Man’s lands, ces poches grises situées à l’intersection des campagnes arides et des villes en construction où paysans,
ouvriers et migrants vivent une existence âpre à bonne distance du rêve chinois.

Toujours basé à Zhengzhou, chef-lieu de la province du Henan et maintenant père de famille dévoué, Sun Yanchu poursuit une pratique hybride de la photographie dans les murs de son studio plutôt que sur les routes.
Avide de matière, d’intervention voire de dissection, il manipule les clichés argentiques, les siens et d’autres, chinés au gré des marchés aux puces en y
appliquant encre, peinture, colle ou sang. Ses livres photos, tels que Ficciones, sont autant de fragments issus de ses expérimentations et une invitation à explorer les tréfonds des images.

Lu Yanpeng – Sucrée

Lu Yanpeng (né en 1984), quant à lui, puise son inspiration dans la beauté chinoise classique. Les toits courbés des pagodes anciennes, les arbres tortueux et les cieux nuageux rendus dans des tons sépia évoquent tout autant la peinture traditionnelle que la photographie ancienne et un hommage à une esthétique chinoise immémorielle.
De retour dans sa ville méridionale de Xiamen depuis 2012, Lu Yanpeng a retrouvé une vie paisible après des années
passées dans le tumulte pékinois. Dans la douceur du sud, il continue à nourrir Open Air et, inspiré par une cérémonie
bouddhiste à laquelle il a assisté dans le Yunnan, a entamé Blossom with Buddha, une série où se superposent les explosions lumineuses de feux d’artifices sur les figures impassibles du Bouddha dans des paysages vaporeux.

Ren Hang – Piquante

Ren Hang (né en 1987), a quitté le tumulte du monde depuis l’exposition. Sa mort, survenue en 2016, a secoué profondément le monde de la photographie, aussi bien à l’étranger qu’en Chine. Ses nus – crus, ardents et purs – avaient séduit l’Europe et les États-Unis mais restaient censurés dans son pays natal
et l’artiste, qui avait capté tant de lumière, était en proie aux ombres de la dépression… Certains verront dans sa mort un symptôme de la tension entre liberté et claustration, expansion et captivité, qui caractérise cette génération ultrasensible; d’autres, plus stoïques, y verront un aléa dans le cours infini de la vie. On pourrait aussi y voir une illustration marquante de la thématique : quand le goût sucré de la bonne fortune se fond en amertume et en mélancolie…

Urbains, provinciaux, mobiles ou sédentaires, les photographes rassemblés dans Suān Tian Kŭ Là nous font voyager dans l’immensité de leur pays ou entre les quatre murs de leur studio. Ils nous confrontent à certains aspects du réel –
corps, paysages, objets – ou, au contraire, nous en éloigne en proposant une autre mise en image du monde et en faisant affleurer le rêve. Dix ans après, les photographies montrées à Angers n’ont rien perdu de leur pouvoir narratif et de leur saveur. Au public Mulhousien de les déguster à présent !

VISITES GUIDÉES
gratuites sur rendez-vous
edwige.springer@lafilature.org ou 03 89 36 28 34

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motoco, l’insolite au quotidien !

Vous avez fantasmé sur le Bateau Lavoir, rêvé de la Ruche, des ateliers des artistes de Montmartre, à Mulhouse, ville d’art et d’histoire, en dehors de ses nombreux musées, des galeries d’art, de la Kunsthalle, de la HEAR, de la Galerie de la Filature, des ateliers privés, vous trouverez des lieux tout aussi actifs qui regroupent des ateliers d’artistesle Séchoiret le plus impressionnant par le nombre d’artistes regroupés en seul endroit : motoco 
Empêché d’ouvrir les ateliers, pour la grande messe des ATELIERS OUVERTS du Grand Est, pour des raisons administratives de classement du bâtiment, dans une catégorie L, non autorisée de recevoir des visiteurs, pour raison de Covid, le sésame est arrivé, les ateliers ouverts se tiendront les 3 et 4 juillet 2021

motoco, est un lieu de production artistique créé en 2012 à Mulhouse dans le quartier DMC
Un lieu, 140 artistes, 100 évènements par an et un quotidien d’improbables possibles.


Malgré la pandémie l’ancienne usine DMC a turbiné à fond

Le site est tellement bien fait, il n’y a rien à rajouter, qu’il suffit de le consulter, ci-dessous :

motoco (MOre TO COme) c’est 8800m2 de brique chaude et mate, une ruche avec des artistes et artisans d’art qui y bossent et parfois piquent, sept actionnaires sérieux-mais-pas-que, deux passionnés qui dirigent en équilibristes ubiquistes, des collectivités locales qui protègent, beaucoup d’amour, des torgnoles, de la force brute et surtout une mégatonne d’énergies et de talents rassemblés.
motoco est géré par la SAS motoco&co, et compte une dizaine de nationalités (30 % d’étrangers), un incubateur géré par la HEAR (Haute école des Arts du Rhin), des résidents étrangers de passage gérés par La Kunsthalle, un pôle image, un atelier de sérigraphie et un pôle céramique en construction, un studio d’enregistrement et deux grands espaces dédiés à l’événementiel.

Le site DMC

Le site DMC est le plus grand site industriel désaffecté du Sud Alsace. L’enjeu
de sa transformation concerne aujourd’hui 12 hectares et 100 000 m2 de surface bâtie à l’intérieur d’un site qui globalement représente 70 ha, au coeur de
Mulhouse.
Le site DMC est nominé Iba Basel 2020

La présidente

C’est une ruche où tout le monde travaille, mais il n’y a qu’une reine
Martine Zussy, Présidente de motoco&co, appelée plus familièrement
« Cap’taine »
je lui laisse la parole :

Début de la pandémie

En mars 2020, lorsque nous entamions le terrible périple sanitaire, cela faisait pile deux ans que motoco&co avait pris le pari de reprendre le projet motoco délaissé par ses initiateurs, de le structurer et de le faire perdurer de façon autonome avec comme seul objet : le développement de la production des arts visuels dans un cadre professionnel, ici à Mulhouse, ici au cœur du site DMC et de ces 9000 m2 de briques chaudes et rouges.

Deux premières années pendant lesquelles nous avions œuvré comme des fous pour réussir ce challenge. Les premiers résultats avaient dépassé nos espérances : des finances à l’équilibre, des artistes professionnels de plus en plus nombreux, des compétences de plus en plus pointues et diversifiées, une vie interne remplie de projets collectifs, de désir de partage, de fêtes, d’esprit familial à certains endroits, d’exigence professionnelle sur d’autres sujets.

Quand début mars 2020, nous avons pris conscience de la gravité de la situation à Mulhouse, une seule obsession a pris place : poursuivre et faire poursuivre à tous ceux qui composent motoco, leur quête artistique. Quelque soit la situation environnante ! Tout ce qui nous permettait de vivre s’est arrêté de façon si brutale : l’activité événementielle, les projets culturels, les expos, les résidences,… Tout ! Très vite, on a senti la facilité de la plainte nous effleurer et on s’est tous promis de ne pas y sombrer. De rester debout et de tenir l’autre debout lorsque la croyance lui devient difficile.

On s’est lancé dans des rdv en ligne, en premier lieu avec le #pasunjoursansuneligne puis sur d’autres sujets de dessin et de photo, de performance à réaliser entre ses 4 murs et à partager en ligne. Etrangement, à travers ces petites actions que nous rendions, nous nous découvrions encore un peu plus les uns et les autres et nous avons été rejoint virtuellement par un public généreux de soutien et d’encouragement. On rythmait ces rencontres quotidiennes en ligne par des sauts à motoco, certains jours où le besoin de travail nécessitait la présence au château.

On a aussi mis nos espaces événementiels désertés à disposition de projets solidaires.

On a tenu comme cela tout le premier confinement et on s’est retrouvé en juin 2020, fous de joie de reprendre chacun nos quêtes personnelles et, ensemble, notre bataille pour ce lieu qu’on savait maintenant, plus qu’avant, lieu précieux de résistance.

La période estivale 2020

Pour la période estivale 2020 on a décidé d’y installer un nouveau lieu de partage égoïstement pour nous mais aussi avec ceux qui nous entourent. En trois semaines, on a créé la guinguette « Chez ta mère » (Alexandra Weisbeck et Nicolas Ziegler ont été les magiciens du lieu)

en apprenant au mieux et au plus vite, les dessous des licences de vente de boissons et restauration, les normes et règles propres à cette activité. Cet été-là, on a aussi donné vie à l’exposition Botanica (initiée par Marie-Paule Bilger et riche de nombreux résidents) en un rien de temps, on a accueilli quelques événements incroyables comme le festival Météo et Pop-up, on a construit des projets pour la fin d’année.

Cet été-là, on a passé des soirées entières à échanger sur le statut des artistes, sur le manque de cohésion des arts visuels qui nuit à une parole unique audible par le gouvernement, à l’intérêt d’essayer de s’en sortir par des stratèges qui se posent hors du champ artistique ! On s’est aussi questionné sur la survie de motoco si l’événementiel devait à nouveau s’arrêter (on avait tenu cette période de quelques mois avec une amputation de 80% du chiffre d’affaires nécessaire à l’équilibre, mais comment pourrait-on faire pour tenir plus longtemps si la situation sanitaire se dégradait une nouvelle fois).

Deuxième confinement

Lorsque le deuxième confinement est arrivé, que les projets imaginés pour la fin d’année ont, tous, perdu leur espérance de réalisation, la force de résistance vécue lors du premier confinement a pris un sacré coup. On a tous vécu des moments douloureux de désespérance, de peur (on a eu notre premier cas de COVID en interne) et de forte inquiétude matérielle. Malgré tout, toujours grâce à celui ou celle qui, à son tour, tenait debout a bataillé dans tous les sens :

  • On a cherché des projets dans l’aménagement intérieur et extérieur, dans l’espace urbain, … et on a réussi à développer des choses incroyables avec des acteurs privés et publics (les réalisations de Noël dans l’espace urbain en sont des exemples)
  • On a développé des prestations artistiques à domicile (#dessinemoimonchezmoi,(vidéo) #dessinesmoimonamour,…)
  • On a bataillé pour que chacun puisse bénéficier des aides mises à disposition par l’état (et cela n‘a pas toujours été simple, y compris pour motoco, qui est une structure hybride qui a du mal à entrer dans les cases universelles).

On a poursuivi le travail et le questionnement collectif de fond. On a partagé en interne avec d’autres artistes et structures artistiques sur ce fameux statut de l’artiste, sur le financement de son travail lorsque la diffusion est arrêtée (pourquoi n‘existe-t-il par un CNRS artistique ?), sur le rôle et la liberté d’une entité comme motoco&co, sur les intérêts et les nuisances de tout ce qui émerge en ligne, faute de pouvoir vivre IRL, sur les précarités grandissantes d’une part et sur les explosions de nouveaux marchés spéculatifs surréalistes d’autre part (comme les NFT).

On a continué à soigner notre château et de nombreux résidents ont profité de moments creux pour améliorer le confort de leurs ateliers (mezzanines, peinture, mobilier, …), étudier notre environnement naturel et réunir pour sa préservation, mettre en place des améliorations quant à la gestion des ressources et des déchets (traitement des eaux usées, récupération de matériaux,…).

Dernière période de confinement

Aujourd’hui, on sort doucement de cette dernière période de confinement (notre bâtiment bénéficie en partie d’un classement ERP de type L et il reste à ce jour très contraint !). Les projets d’expo et de résidences des résidents reprennent et c’est un énorme soulagement.

En ce qui concerne motoco, les prochains gros sujets sont les suivants

Naissance de Marcelle

  • Ouverture de la guinguette le 20 Juin.
    Elle sera cette année conduite par un partenaire professionnel dont on se réjouit : le Petit Marcel. Elle s’appellera « Marcelle », l’ambiance sera celle de l’année dernière (toujours Alex aux commandes de l’aménagement et de la déco) et l’offre de restauration sera dingue. Elle sera ouverte tous les jeudis, vendredis et samedis de 18 h à 24 heures jusqu’au 29 aout + lors d’événements

Evènements

  • 21 Juin : fête de la musique : un concert organisé par la ville de Mulhouse + guinguette ouverte
  • 25 juin : soirée Top chef en partenariat avec la librairie 47 degrés nord
  • 3 et 4 juillet : portes ouvertes des ateliers. De nouveaux ateliers, de nouveaux artistes à découvrir le samedi entre 14h et 19h et le dimanche de 11h à 18h + guinguette ouverte de 12h à 24h
  • Fin août : festival météo
  • Fin août : Popup
  • 17 Septembre : Biennale de la jeune création contemporaine organisée avec la ville de Mulhouse. Ce sera fou je crois !!!

La fin d’année sera remplie d’événements de tous types dont un concert électro, une soirée avec le Ballet du Rhin, des festivals, …

Parallèlement à cela, on poursuit un travail de fond :

  • Développement de nouvelles matérialités en collaboration avec des acteurs publics et économiques (toujours un projet de création de véhicules urbains, plusieurs projets d’aménagement)
  • Etude avec d’autres structures artistiques indépendantes françaises sur le statut et le financement de l’activité artistique

Documentaire

  • Un documentaire réalisé par Robin Hunzinger qui s’immerge dans motoco depuis quelques semaines et qui y restera pendant deux ans
  • Un récit de motoco et de ses acteurs qui se construit avec un journaliste
  • Des projets d’édition qui devraient offrir des résultats surprenants

Les artistes résidents

motoco accueille aujourd’hui 140 artistes et artisans d’art qui disposent d’ateliers individuels ou collectifs d’une surface de 10 à 250 m2. La résidence est aujourd’hui complète mais dès qu’un atelier se libère, il fait l’objet d’un appel à candidature. Les nouveaux arrivants sont sélectionnés sur dossier, par une commission dédiée.
Il est également possible de postuler spontanément : postuler

Chaque artiste et collectif aujourd’hui présent à motoco, vous est brièvement présenté ci-après. N’hésitez pas à prendre contact directement avec eux !
Voir la liste ici

La boutique Révélateur

La boutique révélateur.io
Découvrez de nouveaux talents et des créations faites main. Des produits et des services uniques proposés par de véritables artistes.

Le catalogue

Un catalogue complet, régulièrement mis à jour, vous permet de consulter
en live la production de la ruche

Et très bientôt dans les bus Soléa

Design graphique, couverture bus scania Solea / M2a

motoco
bâtiment 75 de la friche DMC
11 rue des Brodeuses
68200 Mulhouse

Au cœur de Mulhouse, à 20 mn de l’aéroport Basel-Freiburg-Mulhouse,
à 5 mn de la gare de Mulhouse, à 5 mn de la sortie Mulhouse Ouest de l’A35

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Sommaire du mois de mai 2021

Paris gare de Lyon 19 mai 2021 le couvre-feu passe à 21 h, vite vite, retour en TGV !

29 mai 2021 : Les OEuvres vives de Geraldine Husson
20 mai 2021 : Peintres femmes, 1780-1830
12 mai 2021 :  Bruce Conner – Light out of Darkness
07 mai 2021 : Georges Senga, photographe congolais
01 mai 2021 : François Boucher, « peintre rococo »

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Bruce Conner – Light out of Darkness

Jusqu’au 28 novembre 2021, au musée Tinguely de Bâle
C’est la lumière des ténèbres, de la pure sidération, devant la beauté de ces images si dévastatrices du monde. Il vous faut prendre votre temps pour regarder les films expérimentaux de Bruce Conner.

L’exposition Light out of Darkness fait référence à un projet d’exposition personnelle et éponyme, destiné à l’origine au University Art Museum de Berkeley dans le milieu des années 1980, mais non réalisé. Une des raisons notoires de cet échec est que Conner refusait tout compromis avec les institutions dictant elles-mêmes leurs règles à l’art et aux artistes.
« La lumière des ténèbres » souligne le caractère expérimental de son œuvre cinématographique qui, dans les premières réalisations notamment, questionne avec fulgurance les possibilités perceptives. En tant que dualité symbolique, la lumière et l’obscurité illustrent la pensée de l’artiste, ses antagonismes, ses métaphores, ses mysticismes.

CROSSROADS (1976)

Bruce Conner (1933-2008) est connu à la fois pour son approche critique, et légendaire, du monde de l’art que comme l’inventeur du clip vidéo. Il est l’un des artistes les plus marquants du XXe siècle, un artiste parmi les artistes. L’exposition «Bruce Conner. Light out of Darkness» présente au Musée Tinguely du 5 mai au 28 novembre montre son travail cinématographique expérimental à travers une sélection représentative de neuf films, dont CROSSROADS (1976) : cette étude de 36 minutes, qui rassemble des séquences des premiers essais nucléaires sous-marins menés par les États-Unis en 1946 près de l’atoll de Bikini, dit l’horreur et la sublimité de cet événement apocalyptique.

Ses œuvres, réalisées avec les médias les plus divers, sont radicales et multiples, d’une beauté envoûtante et d’une noirceur terrifiante, politiques, subversives, toute en force et sensualité, immédiatement saisissantes. Nombre de ses premiers collages, assemblages et installations – conçus à partir de matériaux de fortune comme le nylon, la cire ou des textiles usés – ne sont que très rarement visibles du fait de leur fragilité. La posture de Conner est anarchiste, elle mêle l’ironie mordante et l’engagement sans limite, aussi loin que possible du marché de l’art.

MEA CULPA

MEA CULPA est un chef-d’œuvre d’échantillonnage visuel.

se concentre ici sur le recyclage des animations graphiques historiques des films éducatifs sur la physique. Par-dessus la « basse continue » répétitive des représentations du courant électrique et des effets thermodynamiques, il illustre le rythme pulsé du morceau musical en polarisant le noir et le blanc, les mouvements de propagation à travers des points et des corps en collision ou des assauts visuels stroboscopiques. L’idée d’une coopération est venue de David Byrne, qui était fasciné par les films de Conner depuis l’époque de ses études. Pour l’album My Life in the Bush of Ghosts, né de la collaboration expérimentale entre Byrne et Brian Eno, les deux musiciens ont utilisé exclusivement des échantillons de voix trouvés.


Bien que, pour des raisons de droits d’auteur, les films de Conner aient rarement été diffusés sur MTV, ses techniques cinématographiques – plan sur plan, flash frames, scintillement, montage inversé, coupe rapide, expositions doubles et multiples, utilisation d’images trouvées –, ont façonné le cinéma expérimental de son époque puis, plus tard, la première phase des vidéos musicales de MTV.

« Baker

« Operation Crossroads », tel est le nom donné par l’armée américaine à une série d’essais nucléaires effectués au cours de l’été 1946 sur l’atoll de Bikini, dans le Pacifique. Conner a réussi à obtenir les prises de vues – mises sous scellés aux National Archives – de la seconde explosion dite « Baker ». L’objectif de « Baker » était d’étudier l’impact d’une explosion sous-marine sur des navires à proximité immédiate, ce pour quoi ont été utilisés principalement des navires de guerre japonais capturés. Pour filmer la déflagration sous tous les angles, l’armée américaine a mis en place, sur terre, en mer et dans les airs, des centaines de caméras, dont certaines à haute vitesse.

Bruce Conner, CROSSROADS, 1976 (Filmstill)

Les images de «Baker » illustrent non seulement l’horreur atomique, mais aussi les phénomènes inédits, et hautement esthétiques, d’une puissance physique élémentaire et visualisable : symétrie du nuage atomique en forme de champignon couronné par un écran de vapeur chaude et de matériaux projetés à des kilomètres de hauteur ; axe cylindrique clairement délimité de la colonne d’eau avec la texture poudreuse des éjections horizontales ; anneaux d’énergies cinétiques se propageant horizontalement et verticalement, excentrés, à des vitesses soniques et supersoniques. Dans ces images, Conner puise le sublime et l’exubérance visuelle avec lesquels il peut créer – sans davantage de montage – un film dramatique tout en répétition et juxtaposition. Il trouve là également des représentations iconiques et médiatiques singulières qui marquent aujourd’hui encore l’image des explosions atomiques. Pour la première partie, Patrick Gleeson a enregistré une bande-son atmosphérique mixée pour évoquer une présence indirecte. Terry Riley a composé le son électronique hypnotique de la deuxième partie du film.

A MOVIE

En 1958, avec un budget de production de trois dollars, Conner réalise son premier film à partir d’images reprises de journaux télévisés, films de série B ou amorces de pellicules. Avec cette expérience cinématographique radicale, il déconstruit et reconstruit les techniques de la réalisation et du récit, tout en explorant les limites de la perception rétinienne par des effets de sur-stimulation, d’éblouissement, de fondu et d’images rémanentes. A MOVIE concatène des séquences spectaculaires, exacerbées, en une suite d’actions nouvelle et ouverte, sans début ni fin, et à lecture multiple, qui donne ainsi un
« méta film ». Le compte à rebours – interrompu par l’apparition incongrue d’une femme presque nue retirant son bas – devient partie intégrante de l’action. Le titre A MOVIE revient sans cesse, tout comme « THE END » ou le nom de l’auteur « BRUCE CONNER ».

                         Bruce Conner, A MOVIE, 1958 (Filmstill)
                               16mm, b/w, sound, 12 min.

Les scènes de poursuite avec des cavaliers et des chariots bâchés de western enchaînent pour mener à une gigantesque course d’éléphants, de locomotives à vapeur et de voitures, puis à une série d’accidents et de catastrophes. Par un périscope, le capitaine d’un sous-marin aperçoit une pin-up et lance sur elle une torpille qui déclenche une explosion atomique ; d’énormes vagues font alors chavirer les bateaux et chuter des skieurs nautiques. Le jeu de Conner est à la fois cocasse et tragique. Il montre à quel point la chorégraphie visuelle médiatique peut manipuler les contenus et quel impact la musique a sur la perception. Exemple : l’image des soldats tués sous-tendue par un fortissimo héroïque des Pins de Rome d’Ottorino Respighi.

Pour la toute première fois, A MOVIE peut être vu en projection arrière dans un cube de 3×3 mètres, ce qui répond du reste au souhait, jadis irréalisable, de l’artiste d’obtenir une présence aussi forte que possible. La boucle n’a ni début ni fin. Dans l’imagination de Conner, le film aurait dû être augmenté par des interventions acoustiques alternant sans cesse et donnant à vivre chaque fois une expérience nouvelle. Les œuvres de Conner ont de caractéristique qu’elles peuvent être inlassablement revues et relues.

Informations pratique

Le Musée Tinguely vous accueille aux horaires normaux en appliquant son protocole sanitaire.
Paul Sacher-Anlage 2
Postfach 3255
CH-4002 Basel
Musée: +41 61 681 93 20
Bistro: +41 61 688 94 58

Heures d’ouverture
Du mardi au dimanche 11 – 18h
Fermé le lundi

Horaires Spéciaux / Coronavirus

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Georges Senga, photographe congolais

Nom : Senga Assani
Prénom : Georges
Profession : photographe
Signe particulier : pensionnaire de la Villa Médicis 2020/2021

 

                      Photo © Aleksandar Topalovic

Si la Covid-19, croit qu’elle va limiter ma curiosité elle est se trompe, allègrement. Je vais aller au-delà des frontières et faire un périple assez
incroyable pour suivre le photographe Georges Senga (site), de son Congo natal, à travers tous ses ateliers, résidences et expositions, en Allemagne, aux Pays Bas, en Belgique, aux US, jusqu’à sa sélection comme pensionnaire de la Villa Medicis, cuvée 2020/2021. Georges Senga(vidéo) est né en 1983 à Lubumbashi. Le travail de cet artiste oscille entre réalité documentaire, traces post-coloniales, tradition orale et histoire personnelle

Entretien au-delà des frontières

Comment es-tu venu à la photo ?
 Je suis devenue photographe fin 2007, et ma carrière s’est lancée avec  la première édition de la biennale de Lubumbashi, curator par Marie-Françoise Plissart

Tes études ?
Science du langage, langues et affaires à l’Université de Lubumbashi en 2009

Tes parents étaient ils photographe, t’ont-ils encouragé ?
Mes parents n’étaient pas photographe, mais dans notre société quand les parents t’envoient à l’université, c’est pour être un cadre dans une société sur place. Et quand tu te lances dans une carrière d’artistes ce n’est pas  facile

Comment as-tu été sélectionné à la villa Medicis ?
J’ai postulé 3 fois à la villa Medicis avec 3 projets différents, c’est le troisième projet qui a été sélectionné.

En quoi consiste ton travail là-bas :
Le projet  s’intitule
« Comment un petit chasseur noir Païen devient prêtre Catholique »,
projet né à la suite de sa rencontre en 2017 avec la fille d’un prêtre catholique, qui par sa fonction, n’aurait pas dû avoir d’enfants. Au cours de cette rencontre, la fille du prêtre dévoile un sac contenant plusieurs diapositives non datées, appartenant au père décédé en 1989. Le projet que je  retrace est le parcours de ce prêtre catholique du nom de Bonaventure Salumu, depuis son village jusqu’à son séjour en Europe.

Y es-tu seul, en famille ?
Je suis en famille avec ma femme et mon fils


Pour combien de temps ?
Depuis septembre 2020 jusqu’en août 2021

Dois-tu produire un « chef d’œuvre » ?
Je dois produire un livre, alliant texte et photographies

Comment définirais-tu ta pratique?
Je développe mon travail photographique autour de l’histoire et des histoires qui se révèlent dans « la mémoire, l’identité et l’héritage », éclairant nos actes et le présent. Trois de mes projets explorent ainsi la mémoire, à la quête des résonances que les hommes, leurs faits et objets laissent, et la résilience de la mémoire dans son pays.

Fais-tu des essais, avec des modèles, des familiers ?
Je travaille sur des portraits parfois dans ma démarche artistique, dont est fait le récit

Quand travailles-tu ?
 Cela dépend, mais je travaille beaucoup la journée

A quel endroit ? maison, atelier, nature ?
A l’atelier

As-tu des horaires définis ?
Non

Un sujet de prédilection ?
Non

Ta technique, argentique numérique autre ?…
Numérique

L’ambiance, musique, silence, intérieur, extérieur ?
J’aime bien travailler avec la musique, mais cela dépend des jours

Tes maîtres ?
Marie-françoise Plissart, elle s’est intéressée aux rapports qui peuvent s’installer entre un texte et une image. C’est aussi ma démarche.

Tes références photographiques, littéraires ?
Le couple Becher, ce couple de photographes allemands qui depuis les années 50 photographient des bâtiments industriels comme des puits de mine, des châteaux d’eau, des usines ou des silos à grains.

Qu’est  devenu ton travail pendant le confinement ?
Mon travail était aussi affecté, car beaucoup d’expositions ont été annulées et repoussées, mais j’ai travaillé beaucoup sur l’édition des mes projets

Le confinement est-il une source de création et de recherches plastiques ?
Pour moi, non

Que cherches-tu à exprimer dans ton travail, qui ne serait pas possible avec des mots ?
La photographie est un moyen plus personnel de parler de ce que j’estime important à partager avec le monde. Un rappel aux sources sur le plan général

Quand as-tu décidé d’exposer ton travail, cela consistait en quoi ?
En 2008,  à la Biennale de Lubumbashi, puis en 2010, 2013, 2015 et 2019, Les travaux personnels dans des expositions collectives.

D’autres expositions, peux-tu développer ?
Asbl Dialogues en 2013, Biennale de Bamako en 2011, 2015 et 2017,

– « Une vie après la mort » sur Patrice Lumumba a été exposé aux Dialogues de la Galerie d’art contemporain du Musée national de Lubumbashi en 2013, à la Biennale de Kampala, à l’ADDIS PHOTOFEST en 2014, au Centre culturel BRASS à Bruxelles, et à la Biennale de Bamako (où il obtient le Leon African Award en 2015). Cette série traite du passage du temps et de l’intemporalité de ce que Lumumba signifie.

– De septembre 2015 à février 2017 en résidence à la Solitude Academy de Stuttgart en Allemagne, j’ai réalisé une autre nouvelle série

                              photo Georges Senga

« Cette maison n’est pas à vendre et à vendre »
entre Lubumbashi en RD Congo et Sao Paolo au Brésil. Cette série exploite la commune KATUBA à Lubumbashi une ville du sud de la RD Congo. Katuba divisée par quartiers (Katuba 1er, deux et trois) était l’une des municipalités créées grâce à un prêt d’une société FUND ADVANCED à l’époque coloniale dans les années 1945.
– Addis Fotofest en 2014 et 2018, – Kampala Biennale en 2014,
– Cap Town Art Fair en 2018, – Sesci_video Brazil en 2019, – Contour Biennale en 2019, – Kigali PhotoFest en 2019, – Fondation A en 2019, – Wiels centre d’art en 2019, – Galerie Imane Farès en 2019,-  Cargo in Context en 2019, -FOMU en 2019, – centre culturel Jean Cocteau en 2020, Nations Unies, États-Unis en 2020                             

Empreintes perdues
Seule série en noir et blanc datant de 2009, les photographies intitulées Empreintes, tout en retenue, dégagent une émotion palpable. Georges Senga y montre des objets usés, cassés, abandonnés, qui forment autant de traces des humains qui les ont manipulés. Ainsi ce bidon en plastique transformé en masque et frappé d’un Made in China sans équivoque, comme un témoin du passé de l’Afrique et sans doute aussi de son avenir.

Un jour de 2012, le photographe croise des enfants qui paradent en habits militaires de fortune. Equipés d’armes bricolées de fil et de carton, ils rappellent à l’artiste les enfants soldats bien réels, entrés en héros à la Katuba en 1997, à la fin du règne de Mobutu. « Cela faisait peur, un enfant de 12 ans avec une Kalachnikov », se souvient Georges Senga. Souvent traumatisés, ces enfants garderont des séquelles à jamais. L’image rejoint ici les mots, car l’artiste confronte ces images d’enfants soldats factices au récit terrible d’un enfant-guerrier bien réel.

Fais-tu des selfies des autoportraits ?
Parfois, juste sur le plan personnel

Que penses-tu de cette mode des selfies ?
Je pense que c’est un moyen plus tranquille, qui ne crée pas une barrière entre le sujet et l’objet. Car devant une camera, la plupart des personnes ne se sentent pas confortable.

Les artistes doivent-ils être le reflet des sentiments, de la vision de leur époque ?
Je pense que l’artiste est libre d’interpréter les visions de chaque époque, je ne vois pas une limitation dans le temps.

Quelle est ta plus belle rencontre, en photographie, en art ?
La photographie, elle même pour moi est une belle rencontre, car je ne m’échappe pas, mais je sens très confortable de m’exprimer avec la photographie.

Une définition de la bonne photo
Le monde en soit est une photo, nous ne faisons que capter des bouts de ce grand paysage. Quand ce bout exprime quelque chose, qu’il nous est permis de comprendre. Pour moi c’est une bonne photo.

                                       Villa Medicis, photo Georges Senga

                                      
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Exposition des 16 pensionnaires 2021

Du 8 juin au 8 août 2021, la Fondation Louis Roederer, Mécène engagé depuis 10 ans en faveur de la création contemporaine, apporte son soutien à la mission d’accueil des pensionnaires et des résidents de l’Académie de France à Rome.
Elle accompagne ainsi l’exposition collective des 16 pensionnaires 2020-2021 de la Villa Médicis. L’exposition des pensionnaires de l’Académie de France à Rome – Villa Médicis réunit, sous le commissariat de Laura Cherubini, les réalisations des seize artistes et chercheurs résidents. Résolument pluridisciplinaire, l’exposition met en lumière l’articulation entre créations individuelles et projet collectif et tisse des liens inattendus entre les disciplines. Dans un esprit de réflexion sur l’acte de création, cette manifestation reflète tout à la fois les préoccupations contemporaines partagées par les pensionnaires et restitue un moment singulier dans un parcours d’artiste : la résidence comme laboratoire d’expérimentation collective.

photos courtoisie Georges Senga

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« Faces » d’Anne-Sophie Tschiegg

Photo Camille Stoos

Ca y est, celui qu’on attendait est sorti : « Faces », le troisième opus aux éditions Chicmedias, d’Anne-Sophie Tschiegg. Pour la conception de cette merveille, elle s’est associée au photographe Marc Guénard.


Ensemble, ils ont réalisé une trentaine de portraits parmi lesquels on retrouve d’autres artistes du château (Motoco). Leurs modèles ont la particularité d’avoir le visage peinturluré, offrant un écho au combat mené par le collectif russe réuni autour de l’artiste Ekaterina Nenasheva pour déjouer les caméras de vidéosurveillance.
Si comme nous, vous voulez vous prendre une châtaigne de beauté en pleine face, ça se passe par là, chez notre éditeur préféré (avec Médiapop bien sûr ! ) : la boutique Chicmedias
Merci AnneSo, Marco, Bruno, Clément, Juliette, Clem, Alex, Alex, Nico, Ouissem, Simon, Camille, Julie, Tiago, Irakli, Kiki, Michele, Jacques, Anne, Lisa, Grégory, Anne-Laure. Quelle collab 😘😘
texte Martine Zusatz-Zussy

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LENZ AU MUSÉE

Un concert-fiction de RODOLPHE BURGER (featuring Jean-Luc Nancy) au palais Rohan, réalisé et diffusé en lien avec l’exposition
« Goethe à Strasbourg – L’éveil d’un génie (1770-1771) » organisée par les Musées de la Ville de Strasbourg et dans le cadre de la résidence de Rodolphe Burger à l’invitation d’Artefact-La Laiterie.

LENZ AU MUSÉE est une création de la Compagnie RODOLPHE BURGER, coproduite par les MUSÉES DE LA VILLE DE STRASBOURG et La LAITERIE ARTEFACT.
Avec le soutien de la Ville de Strasbourg et de la Région Grand-Est.

«Un musicien n’a pas souvent l’occasion de pouvoir profiter du lieu d’une exposition pour y proposer un concert. J’aurai ce privilège de pouvoir jouer en live les morceaux que m’auront inspiré à la fois le sujet de cette exposition, le lien entre ce sujet et la figure de Lenz que le film avec Jean-Luc Nancy viendra incarner et rendre vivant, et enfin le lieu-même où tout cela s’est noué et joué : Strasbourg, le palais Rohan, la cathédrale toute proche…»
Je me dois d’ajouter que cet extraordinaire décor aura aussi été pour moi-même, en 1977, lors d’une année entière, le théâtre d’une première initiation à la philosophie et à la littérature, non pas comme savoir ou histoire, mais en tant que projet de vie. C’est cette inoubliable leçon que je veux tenter, grâce à la chance de cette belle invitation, d’honorer à ma modeste manière, en parole, en image, et en musique. »
(Rodolphe Burger)
Durée: 60 minutes

DIFFUSION

– Multi-diffusion : sur les réseaux sociaux des Musées de la Ville de Strasbourg, d’Artefact et de la Cie Rodolphe Burger, et sur le réseau des télévisions du Grand Est (Alsace 20, Canal 32, ViàVosges et ViàMoselle).
– D’abord diffusion de la bande-annonce à partir du lundi 19 avril 2021 sur les chaînes TV partenaires et les réseaux sociaux.
Diffusion du film le samedi 24 avril 2021 en prime time sur les chaînes TV partenaires et en Première sur les réseaux sociaux des Musées, d’Artefact, de la Cie Rodolphe Burger. Diffusion le dimanche 25 avril sur Alsace 20 à 12h00 et 23h00.

L’EXPOSITION « GOETHE À STRASBOURG – L’ÉVEIL D’UN GÉNIE (1770-1771) »

À l’occasion du 250ème anniversaire de l’arrivée de Johann Wolfgang von Goethe à Strasbourg, les Musées de la Ville de Strasbourg présentent une exposition soulignant l’importance capitale de ce séjour qui lui fournit l’occasion de découvrir une ville de culture, cosmopolite, frontière et passage entre la France et l’Allemagne.
Entre avril 1770 et août 1771, le jeune Johann Wolfgang von Goethe, âgé de seulement 21 ans, séjourne à Strasbourg. L’objectif que lui fixe son père est alors de terminer ses études de droit, mais également de découvrir la vie à la française et d’apprendre le français. Ce séjour représente également pour le jeune intellectuel l’occasion de forger son tempérament et son goût artistique. L’exposition accompagne les pas du jeune Goethe, en se fondant notamment sur ses écrits ainsi que sur les traces laissées durant son séjour strasbourgeois.
Afin de rendre compte de l’impact décisif de ce passage sur son oeuvre, l’exposition rassemble environ 120 oeuvres des musées ou de collections publiques et privées. Elle pose un regard nouveau sur cette étape peu connue de la vie de ce grand auteur et rappelle plus généralement une période riche de la vie de la cité alsacienne.
Commissariat : Florian Siffer, responsable du Cabinet des Estampes et des Dessins, Aude Therstappen, conservatrice, responsable du fonds germanique de la Bnu.
Exposition présentée jusqu’au 31 mai 2021 au palais Rohan (galerie Heitz) (ouverture en fonction des directives gouvernementales).
© Tobias Canales

LA RÉSIDENCE

« QUOI QU’IL ARRIVE ! » : ARTEFACT PRL – LA LAITERIE INVITE RODOLPHE BURGER EN RÉSI­DENCE À STRASBOURG


« Quoi qu’il arrive ! » : voilà donc qu’il y a un an, au cœur du monde confiné et répondant avec excitation à cette in­jonction insolente, un projet est né de conversations entre Rodolphe Burger et Artefact, dont la viralité vitale a débordé les réseaux…

Un projet-trajectoire, projet-cheminement, projet-processus… un projet-carrefour, so Strasbourg, où se croisent des désirs de faire acte commun et ouvert… un projet-manifeste à une période où le seul fait de se projeter fait acte et celui de le faire ensemble vaut affirmation… un projet-conversation qui, tout au long de ces étranges mois de confinements et couvre-feu nous donne l’occasion d’inventer, quoi qu’il arrive, de multiples complicités.

Ce projet, c’est celui d’une résidence singulière.

Rodolphe Burger, cet inlassable arpenteur, est ainsi invité par Artefact à passer du temps dans ce chez-lui-là, à Strasbourg et Environs… invité à habiter cette ville qui lui est si intime, à y poser de nouvelles traces qui approfondissent les précé­dentes, en ouvrent d’autres et révèlent l’arpentage.

Cette résidence creuse ainsi une trajectoire partagée autour de quelques récits souterrains constitutifs de l’« éternel stras­bourgeois ». Au coeur de ce dernier, la figure de Lenz surgit donc une nouvelle fois et active ce projet-delta qui traverse ces mois dont nous sommes tous incapables aujourd’hui de mesurer vraiment ce qu’ils sont.

Un projet-trace qui habite le sillon des persistances pour y dessiner des perspectives et cheminer, « quoi qu’il arrive ! », vers la suite, l’avenir, l’après, demain…

(Artefact).

Avec le soutien de :

La Ville de Strasbourg et la Région Grand Est

 

 

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Sommaire du mois de février 2021

Photo Robert Cahen

21 février 2021 : Noir & Blanc : une esthétique de la photographie
17 février 2021 : Le noir insondable, ultime – Pierre Soulages,
13 février 2021 : ORLINDA GALLERY
07 février 2021 : Gustave Doré, Illustrateur, caricaturiste, peintre, graveur et sculpteur français.
04 février 2021 : La Fondation Beyeler a rouvert ses portes au public
02 février 2021 : La Chandeleur

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Noir & Blanc : une esthétique de la photographie

Mary Ellen Mark, Immigrants, Istanbul,Turquie (détail), vers 1977

mise en ligne de visites virtuelles de l’exposition
Noir & Blanc : une esthétique de la photographie
à partir du 18 février
suite à l’impossibilité d’ouvrir l’exposition

« Le monde en noir et blanc recèle quelque chose de mystérieux qui ne peut être décrit et qui est formidablement séduisant. Est-ce faux de penser que cela touche nos cœurs d’autant plus fort que nous vivons à une époque où tout peut être photographié en couleurs ? » Shoji Ueda.

Mario Giacomelli

Cette exposition présente des chefs-d’oeuvre en noir et blanc des collections photographiques de la Bibliothèque nationale de France (BnF), exceptionnellement réunis pour l’occasion. Nadar, Man Ray, Ansel
Adams, Willy Ronis, Helmut Newton, Diane Arbus, Mario Giacomelli, Robert Frank, William Klein, Daido Moriyama, Valérie Belin… Les grands noms de la photographie française et internationale sont réunis dans un parcours qui embrasse 150 ans d’histoire de la photographie noir et blanc, depuis ses origines au XIXe siècle jusqu’à la création contemporaine.

André Kertész

150 ans d’histoire de la photographie noir et blanc
Dans la continuité des grandes expositions de photographie organisées depuis 2012 dans la Galerie Sud-Est du Grand Palais, l’exposition Noir & Blanc présente plus de 300 tirages représentatifs de la collection
exceptionnelle du département des Estampes et de la photographie de la BnF.
Cette présentation se concentre sur le XXe siècle et la période contemporaine sans omettre un préambule de quelques photographies du XIXe siècle : ainsi le thème est traité sur plus de 150 ans à travers l’oeuvre
d’environ 200 photographes de plus de 30 nationalités.

Willy Ronis

Suite à l’impossibilité d’ouvrir l’exposition Noir & Blanc : une esthétique de la photographie. Collection de la Bibliothèque nationale de France, initialement prévue au Grand Palais du 8 avril au 6 juillet 2020, reportée une première fois du 12 novembre au 4 janvier 2021, puis une seconde fois du 16 décembre au 1er février 2021, la Rmn – Grand Palais met en ligne dès le 18 février prochain des visites virtuelles afin de permettre au public de profiter malgré tout de l’exposition :
une visite virtuelle autonome avec audioguide où le visiteur circule à son rythme, de salle en salle, à travers plus de 300 tirages dont 33 oeuvres bénéficiant de contenus audioguide. En début de parcours une introduction sonore de Sylvie Aubenas, commissaire principale de l’exposition lui est proposée.
– Puis, au cours de la balade, certaines des oeuvres sont accompagnées d’icônes qui permettent d’accéder à des contenus complémentaires, textes et audio. L’affichage en haute définition de cette sélection d’oeuvres
permet également de zoomer en profondeur et d’en apprécier la subtilité.
Le lien acheté par le visiteur vers la visite est unique et nécessite un mot de passe valable pendant une semaine : du mercredi au mardi suivant.
Un extrait de cette visite se trouve ici.

une visite guidée en direct commentée par un conférencier de la Rmn – GP, qui permet de découvrir l’exposition en une heure grâce aux commentaires éclairés du guide conférencier et de lui poser directement des questions en fin de visite. Chaque visiteur obtient un lien avec un mot de passe valable
durant l’heure de son créneau de réservation.

Valérie Belin

Est utilisée une technologie de pointe basée sur de multiples prises de vues photographiques à 360° et des relevés lasers.
Explor Visit (spécialiste des visites virtuelles 3D et des visites guidées à distance) a réalisé la captation de l’exposition Noir & Blanc en très haute définition. Le modèle 3D ainsi constitué offre au visiteur
un sentiment d’immersion dans les espaces scénographiques et lui permet de s’approcher au plus près des oeuvres exposées.
Ces deux types de visites sont disponibles sur réservation dès le 18 février dans le programme en ligne du site grandpalais.fr et bnf.fr.
tarifs :
4 € la visite autonome avec audioguide
8 € la visite guidée avec un conférencier de la Rmn – GP
du 18 février au 18 juin 2021
Noir & Blanc sur la toile est toujours disponible avec des vidéos, des jeux pour enfants et des relais sur les réseaux sociaux de la Rmn – Grand Palais avec notamment un filtre Instagram créé par l’artiste Ines Longevial.

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Sommaire de janvier 2021

Christophe dérive des mots grecs Khristos (Christ) et phorein (porter), c’est-à-dire celui qui porte le Christ, en allusion à un géant légendaire initialement nommé « Réprouvé » qui aurait aidé l’enfant Jésus à traverser une rivière. Encore au xvie siècle, avant le concile de Trente, il passait pour mettre à l’abri des maladies quiconque voyait sa statue.
C’est d’ailleurs pour cette vertu que l’on voit son portrait sur les murs extérieurs de certaines églises à l’appui du traditionnel dicton :


 « Regarde Christophe et va-t-en rassuré »

dessin Albrecht Altdorfer

23 janvier 2021 :  Le Séchoir, art en mouvement
18 janvier 2021 :  Les «Bourgeois de Calais» d’Auguste Rodin
12 janvier 2021 :  La Villa Majorelle, une maison Art nouveau
08 janvier 2021 : Françoise Saur – photographe
06 janvier 2021 : Epiphanie, les Rois Mages
03 janvier 2021 : Impasse Ronsin. Meurtre, amour et art au cœur de Paris

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