Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton

Cindy Sherman untitled# 590, 2016/2018
impression par sublimation thermique sur métal

Jusqu’au 3 janvier 2021

Commissariat général
Suzanne Pagé, Directrice artistique
Commissaires
Une rétrospective (de 1975 à 2020)
Marie-Laure Bernadac
et Olivier Michelon, Conservateur avec Ludovic Delalande, Commissaire d’exposition associé

Crossing Views :
La Collection, regards sur un nouveau choix d’oeuvres
Angeline Scherf
, Conservatrice, Nathalie Ogé, Chargée de recherche pour la Collection, Ludovic Delalande assistés de Claudia Buizza

Architecte scénographe
Marco Palmieri

«Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton » réunit, d’une part, une
rétrospective composée de quelque 170 oeuvres de l’artiste et, d’autre part, l’exposition Crossing Views, un choix de quelque cinquante oeuvres de la Collection, d’une vingtaine d’artistes français et internationaux, arrêté avec Cindy Sherman.
Podcast sur France culture à écouter

La rétrospective
Proprement dite de l’artiste regroupe ici quelque cent soixante-dix photos articulées en dix-huit séries. Partout, Cindy Sherman y figure, seule. Pourtant il ne s’agit jamais vraiment d’elle-même, le paradoxe étant que, unique objet de son œuvre, elle n’en est jamais le sujet et refuse à ses images le statut d’autoportrait (on peut néanmoins y déceler quelques infimes signes biographiques). Dès lors, certains ont pu s’interroger sur l’existence même de l’artiste. Sans nul doute, Cindy Sherman existe bien, et avec une rare vigilance continûment en alerte.  Si elle fabrique chacune de ses images, elle en assure aussi tous les rôles : maquilleuse, costumière, accessoiriste, metteuse en scène, photographe et même technicienne photo, tout en endossant d’abord le rôle de modèle derrière celui, prioritaire, de l’actrice (entretien Les Inrocks, octobre 2012).

Dans son parcours s’imposent des questionnements obsessionnellement récurrents aujourd’hui : ceux de l’identité, du flottement identitaire et de la
« fluidité des genres », dans une générale dissolution, jusqu’à leurs plus récents développements (men) et aux tapisseries inédites réalisées à partir de ses propres images manipulées sur Instagram. Dans cette nouvelle étape, elle ose, à ses propres dépens, s’opposer à la tyrannie généralisée d’une image idéale

Galeries 1 et 2

Le parcours de l’exposition est globalement chronologique à l’exception de la première section qui met en exergue l’influence continue que le cinéma exerce sur l’imaginaire de l’artiste. Sont ainsi mises en vis-à-vis, les séries Untitled Film Stills (1977-1980), rear screen projections (1980) et flappers (2015-2018).

S’ensuit une section autour de ses premières œuvres de jeunesse encore réalisées en noir et blanc, à travers lesquelles Cindy Sherman va poser les bases de son vocabulaire artistique (maquillage, déguisement, pose, etc.).
Ses photos n’ont pas de titre, elles sont toutes « untitled# » suivi d’un numéro et d’une date de création.

Alors que dans centerfolds (1981), elle réinterprète les doubles pages des magazines de charme, elle expérimente la couleur dans color studies (1982) et pink robes (1982). Depuis le début des années 1980, Cindy Sherman a entrepris un dialogue régulier avec la mode, tout en exerçant un regard très personnel qui en refuse les codes habituels : fashion (1983-1984/1993-1994).

L’artiste explore également l’univers du fantastique à travers différents ensembles (fairy tales, 1985) n’hésitant pas à repousser les limites du gore et du trash (Disasters, 1986-1989) jusqu’au morbide (sex and surrealist pictures, 1992-1996). Entre 1989 et 1990, elle réinterprète les grands maîtres de la peinture ancienne occidentale, de la Renaissance au 19ème siècle dans une série de portraits masculins et féminins (history portraits, 1989-1990).

Au tournant des années 2000, et après un ensemble de portraits masqués (masks, 1994-1996), l’artiste s’intéresse à la figure du clown dont elle explore la dimension carnavalesque à travers des personnages exubérants, grotesques et angoissants (clowns, 2003-2004).

Cette série marque une première étape dans le passage au numérique, l’artiste utilisant pour la première fois le logiciel de retouche Photoshop pour construire ses fonds et démultiplier les personnages dans l’image.

La galerie 2 se termine avec murals (2010), papier peint aux paysages grisés sur lesquels apparaissent des figures féminines et masculines aux dimensions monumentales avec lesquels viennent dialoguer collages (2015), assemblages de plusieurs photographies d’époques différentes.

FLAPPERS

Cindy Sherman qualifie de flappers les personnages qu’elle incarne dans cette série. Le terme, équivalent anglais de « garçonnes », situe ces héroïnes libérées dans l’entre-deux-guerres. Nous les imaginons en jeunes premières de l’âge d’or de Hollywood. Une parenthèse enchantée, car dix ans plus tard elles ont maille à partir avec le krach de 1929 et l’avènement du cinéma parlant ; clap de fin et mise au placard de plusieurs d’entre elles. Ces désormais grandes dames posent devant des décors qui sentent la réussite et la décadence (Untitled #571, Untitled #575 et Untitled #582), elles accessoirisent leur indépendance par du lamé et une cigarette (Untitled #580), mais sont parfois forcées de rejouer les mêmes comédies familiales en dépit de leur âge avéré (Untitled #577, Untitled #584). Mélancoliques, elles sont déjà parfois leur propre fantôme (Untitled #566). Toujours esquivée par l’œuvre de Cindy Sherman, la question biographique surgit au détour de cette série. Quarante ans après les Untitled Film Stills, l’artiste/actrice se livre dans des portraits promotionnels où ni le maquillage ni les retouches numériques n’effacent les marques du temps.

MEN 2019-2020

Tournant  dans l’œuvre de Cindy Sherman, men se caractérise par un changement de genre,  un passage du féminin au masculin qui ouvre de nouvelles possibilités de métamorphose.

C’est la première fois qu’elle y consacre une série complète. Pour explorer ce nouveau sujet, elle a saisi l’opportunité offerte par la créatrice de mode Stella McCartney de puiser dans ses collections, et notamment dans sa nouvelle ligne de vêtements pour homme. Elle a ainsi composé un ensemble de silhouettes à la masculinité androgyne qui apparaissent dans des paysages variés, retravaillés numériquement. Lorsqu’ils ne sont pas solitaires, ses personnages sont accompagnés d’un double, cette fois potentiellement féminin.

À travers les poses, les attitudes et les expressions, l’artiste cherche à révéler la vulnérabilité de ces hommes comme elle le fait pour ses personnages féminins. Dans cette galerie de portraits, elle réinvente les codes de représentation d’une masculinité nouvelle et volontiers ambiguë qui brouille les frontières habituelles entre les genres.

TAPISSERIES 2019-2020

Cette série marque une rupture dans la fabrication et dans l’impression des images de Cindy Sherman qui explore un nouveau support, la tapisserie. Dans la trame d’un tissage mêlant coton, laine et acrylique avec parfois de la soie, apparaissent des images préalablement conçues sur Instagram. Si, à l’instar de ses photographies imprimées sur papier, ses tapisseries sont accrochées au mur, mais suspendues à une tringle, un changement radical de régime s’opère pour ces images transposées de l’écran au textile, les faisant basculer du virtuel au matériel.  L’artiste se photographie au naturel à l’aide de son téléphone portable, à la manière d’un selfie, avant d’entamer sa métamorphose (cheveux, yeux, visage, lèvres, etc.) numériquement. Alors que les applications beauté Facetune, Perfect 365 et YouCam Makeup sont censées sublimer un visage en supprimant les imperfections, Cindy Sherman en détourne le dessein pour créer des personnages fantaisistes, caricaturaux ou grotesques.

LA SCÉNOGRAPHIE DE L’EXPOSITION PAR MARCO PALMIERI

L’exposition « Cindy Sherman à la Fondation » est construite comme un ensemble unique autour des œuvres de Cindy Sherman.

Une suite d’espaces semi-circulaires enveloppe les visiteurs dans chaque série de l’artiste, comme si ces derniers se retrouvaient face à un miroir aux multiples facettes.

Tout au long du parcours de l’exposition, les miroirs amplifient les connexions entre les séries. Ces miroirs ajoutent un autre niveau de complexité en intégrant le visiteur dans l’expérience,    en leur montrant leur propre reflet, celui des autres, et celui des œuvres. Ces miroirs suscitent également une légère gêne, ce qui créé un sentiment de confusion.

La palette de couleurs a été choisie en référence aux couleurs que Cindy Sherman emploie pour le maquillage : le rose foncé d’un rouge à lèvre, le gris profond d’un eyeliner, le turquoise et le jaune vif d’un fard à paupières.

Crossing Views :

La Collection, regards sur un nouveau choix d’œuvres

60 œuvres de la Collection de la Fondation 23 artistes

Adel Abdessemed (1971, Algérie/France)
Marina Abramović (1946, Serbie)
Ziad Antar (1978, Liban)
Dara Birnbaum (1946, États-Unis) Christian Boltanski (1944, France) Louise Bourgeois (1911-2010, États-Unis) Clément Cogitore (1983, France) Rineke Dijkstra (1959, Pays-Bas) Samuel Fosso (1962, Cameroun)
Gilbert & George (1942, Royaume-Uni) Damien Hirst (1965, Royaume-Uni) Pierre Huyghe (1962, France)

                           Adel Abdessemed
Annette Messager (1943, France) Zanele Muholi (1972, Afrique du Sud) Albert Oehlen (1954, Allemagne) Rob Pruitt (1964, États-Unis) Torbjørn Rødland (1970, Norvège) Wilhelm Sasnal (1977, Pologne) Cindy Sherman (1954, États-Unis)
Wolfgang Tillmans (1968, Allemagne) Rosemarie Trockel (1952, Allemagne) Andy Warhol (1928-1987, États-Unis) Ming Wong (1971, Singapour)

Informations pratiques

Réservations

Sur le site : www.fondationlouisvuitton.fr

Horaires d’ouverture (hors vacances scolaires)
Lundi, mercredi et jeudi de 11h à 20h Vendredi de 11h à 21h
Nocturne jusqu’à 23h tous les 1
er vendredis du mois Samedi et dimanche
de 10h à 20h

Fermeture le mardi, le 25 décembre et le 1er janvier

 

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Man Ray et la mode

Jusqu’au 17 janvier 2021 au Musée du Luxembourg
19, rue Vaugirard, 75006 Paris

« Pour plonger dans la flamboyance des années 1920 et 1930 en France, il n’y a guère de lecture plus évocatrice que celle de l’Autoportrait de Man Ray […] »

« Est-ce parce que l’objet le fascine que Man Ray est de ces photographes de mode par inadvertance qui n’oublient pas la mode elle-même ? »

Olivier Gabet, Directeur du musée des Arts décoratifs, Paris

commissaire général : Xavier Rey, directeur des musées de Marseille
commissaires scientifiques
Alain Sayag, conservateur honoraire au Musée national d’Art moderne 
Catherine Örmen, conservateur, historienne de la mode
scénographie : Agence NC, Nathalie Crinière assistée de Lucile Louveau
graphisme : Anamorphée/Pauline Sarrus
conception lumière : Studio 10-30

A regarder sur Arte « l’amour à l’oeuvre – Man Ray et Lee Miller »

Les portraits ( bande annonce -vidéo )

L’oeuvre de cette grande figure de la modernité est ici présentée sous un angle méconnu. Protagoniste de la vie artistique parisienne de l’entre-deux guerres et du surréalisme en particulier, Man Ray avait fait l’objet d’une importante rétrospective au Grand Palais en 1998, et d’une exposition à la Pinacothèque de Paris en 2008. Mais son oeuvre n’avait jamais été explorée sous l’angle de la mode.

Man Ray est sans conteste le père de la photographie de mode. Il arrive à Paris en 1921 sur les conseils de Marcel Duchamp, qui l’introduit dans le milieu de l’avant-   garde et dans le Tout-Paris des années folles. Pour des raisons alimentaires, Man Ray va d’abord s’adonner avec succès au portrait mondain et glisser peu à peu des mondanités vers la mode.
Son premier contact dans le monde de la mode sera Paul Poiret, mais bien vite la plupart des grands couturiers vont faire appel à lui : Madeleine Vionnet, Coco Chanel, Augusta Bernard, Louise Boulanger, et surtout, Elsa Schiaparelli.                                 
                                                                                               Peggy Guggenheim   

La photographie de mode

Née avec le XXe siècle, la photographie de mode est balbutiante : au début des années 1920, elle est utilitaire, documentaire et inféodée aux codes de l’illustration de mode. Rapidement, les magazines, principaux vecteurs de diffusion des modes, vont lui consacrer de plus en plus de place. Ainsi Man Ray
commence-t-il à publier ses portraits dans les chroniques mondaines de Vogue, Vanity Fair, et Vu, mais c’est Harper’s Bazaar, au cours des années 1930, qui fera de lui un photographe de mode célèbre.
Ses compositions étranges, ses recadrages, jeux d’ombres et de lumière, ses solarisations, colorisations et autres expérimentations techniques vont contribuer à la création d’images oniriques et frappantes, qui
s’inscriront dans des mises en page particulièrement novatrices.
C’est ainsi que l’artiste offre à la mode une vision nouvelle du désir et du rêve
et à la photographie de mode ses lettres de noblesse.


La publicité

Figure de l’avant-garde, Man Ray est ainsi impliqué dans la culture de masse qui émerge au travers de la mode et de la publicité. L’exposition met en lumière cet enrichissement permanent entre « l’art pour l’art » et les productions assujetties à une commande. Ainsi de la photographie iconique, Les Larmes,
qui est d’abord, il convient de le rappeler, une publicité pour une commande pour une marque de rimmel, le « Cosmécil » d’Arlette Bernard, publiée dans le
magazine Fiat en 1934, accompagnée du slogan « pleurez au cinéma / pleurez au théâtre / riez aux larmes, sans crainte pour
vos yeux » Cette composition est devenue une des images les plus célèbres de Man Ray. Ces Larmes, exemple type du changement qu’il peut opérer.  Elle juxtapose une image en gros plan de l’oeil du modèle et de larmes de verre. Le recadrage gomme la platitude du contact photographique et lui confère un graphisme qui donne tout son mystère à l’image.

Les modèles de haute couture

Dans l’exposition, une large sélection de photographies – tirages originaux, mais également tirages contemporains de grand format – dialogue avec quelques modèles de haute couture et des documents cinématographiques évocateurs de la mode des années 1920 et 1930, une mode qui fait désormais la
part belle à la coiffure et au maquillage.

Ces courts extraits audiovisuels donnent un autre éclairage sur la mode en montrant que la manière de filmer s’émancipe aussi. Quant aux revues de mode, elles occupent une large place, afin de souligner le rôle majeur qu’elles ont tenu dans la diffusion toujours plus large d’une esthétique nouvelle. Man Ray a tout fait pour dissimuler ce qu’il considérait comme une activité mineure, son « métier » de
photographe professionnel, préférant privilégier une posture d’artiste peintre inventif et libre. Lorsqu’il pratiquait la photographie de mode il tirait parcimonieusement, se limitant aux contacts puis seulement aux images retenues pour la publication. A cette époque, les revues étaient propriétaires, non seulement des tirages, mais aussi des négatifs. La dispersion et la rareté de ces images aujourd’hui réunies dans
l’exposition leur confère un caractère exceptionnel.

Le recours à des tirages modernes pour en montrer certaines permet d’apprécier les différences entre des épreuves qui ont cependant toutes été réalisées à partir des négatifs originaux, car la photographie est un
objet, et pas seulement une image.

L’apogée de la photographie

Lee Miller, le visage peint

Kiki de Montparnasse

Noire et blanche
Epreuve gélatino argentique, Tirage d’exposition
réalisé d’après le négatif sur plaque de verre
20,4 x 28,2 cm
Paris, Centre Pompidou, Musée national d’Art
moderne/Centre de création industrielle,
achat par commande
Madame Toulgouat portant une robe d’Elsa Schiaparelli
EN GUISE DE CONCLUSION

L’exceptionnelle vitalité du milieu mondain et le contexte des années 1920 favorable à l’abolition des frontières entre les arts, ont joué en faveur d’une promotion de la mode. Les couturiers, désormais personnalités mondaines à part entière, ont eux-mêmes encouragé les artistes et stimulé leur créativité.
En peu de temps, la mode – et plus particulièrement la haute couture –, a vu son aura s’élargir. Quant à son corollaire, la photographie de mode, elle devient, dès les années 1930, une discipline artistique autonome.
Man Ray quitte Paris en 1939. A son retour en en mai 1951 la ville n’est n’est plus celle qu’il avait découverte, à peine débarqué d’Amérique, au début des années 1920. La chaleur communicative des passions partagées avec Tristan Tzara ou Marcel Duchamp, la découverte amusée d’un mode de vie relativement confortable, sont bien loin. Il se retrouve confiné dans l’humidité obscure d’un ancien garage, à l’ombre des tours sévères de l’église Saint-Sulpice. Sa réussite de photographe de mode recherché, de coqueluche des riches expatriés américains, appartient désormais au passé et il se consacre à sa vocation de peintre qui ne l’a jamais vraiment quitté.
Face à l’histoire il prend une posture, qu’il tiendra jusqu’à la fin, celle d’un « touche-à-tout » de génie, dilettante de talent qui ne prétend faire que ce qui l’amuse et récuse toute contrainte économique et sociale.
Pourtant, la photographie de mode, cette partie longtemps occultée de son travail de photographe professionnel, demeure le témoignage d’une incontestable réussite.
Le parcours de l’exposition se déroule à travers les sections suivantes:
Du portrait des années 1920 à la photographie de mode, La montée de la mode et de la publicité et L’apogée d’un photographe de mode, les années Bazaar.

Musée du Luxembourg
19, rue Vaugirard, 75006 Paris

ouverture
tous les jours de 10h30 à 19h / nocturne jusqu’à 22h le lundi
fermetures exceptionnelles à 18h les 24 et 31 décembre

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Sommaire du mois de septembre 2020

Robes du soir, présentées dans l’exposition Man Ray et la mode au musée du Luxembourg
Jeanne Lanvin et Jean Charles Worth (1925)

20 septembre 2020 : Le Monument, Le Labeur Et L’hippocampe
15 septembre 2020 :  Delphine Gutron
12 septembre 2020 :  Taro Izumi. ex
08 septembre 2020 : Pour tout le sel de la terre
06 septembre 2020 : Susanna Fritscher, Frémissements
04 septembre 2020 : Richard Chapoy -ARTCHIMIE-

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Taro Izumi. ex

C’est jusqu’au 15 novembre 2020 au musée Tinguely de Bâle
Commissaire d’exposition : Séverine Fromaigeat.

La grande exposition d’automne du Musée Tinguely offre une immersion dans le monde malicieux et ludique de l’artiste japonais Taro Izumi (*1976, Nara). Izumi observe nos modes de vie, examine nos relations sociales et celles que nous entretenons avec le monde naturel  et animal.  Il en   conçoit  des  oeuvres multiformes  et inclassables qui, à partir d’une trame simple et d’une certaine économie de moyens, embarquent pour des voyages aux portes de l’absurde.
Dans l’exposition« ex», l’artiste déploie son univers créatif unique, un écosystème organique qui n’appartient, en tant que tel, a aucune catégorie artistique établie.
Sculpture, installation, performance et vidéo s’y mêlent étroitement.
De la même manière, les matériaux s’ajoutent les uns aux autres – bois, textile, plantes, animaux empailles, objets familiers ou éléments recyclés de toutes sortes -, dans des constructions en apparence chaotiques et pourtant précisément conçues et assemblées. Rencontrer cet univers luxuriant et en constante expansion, c’est la promesse de télescopages, de rebonds, de chevauchements. C’est entrer dans un kaléidoscope visuel et mental.

Au Musée Tinguely,  Taro Izumi présente sa première exposition personnelle d’envergure en Suisse, avec des oeuvres spécifiquement conçues pour les espaces du musée et qui proposent une réflexion sur les bouleversements culturels et sociétaux apparus avec le Covid-19.

L’exposition s’accompagne d’une publication qui, pour la première fois,
fournit une description complète de l’oeuvre d’Izum.

 

 

Video as medium as mirror as image as movement as object as video

La technique la plus adaptée à la retranscription instantanée des actions que l’artiste invente est la vidéo. Il l’emploie à la manière d’un stylo qui capte et traduit tout ce qu’il observe. Medium pivot de sa pratique, elle est de toutes ses installations, de toutes ses expositions et joue un rôle sémantique essentiel. Pour « ex », au Musée Tinguely, les écrans, omniprésents, envahissent l’espace: ils rythment les salles, ils se placent au sol et au plafond, s’accrochent aux murs et s’inclinent dans les airs. La vidéo, sur ses supports, déroute : elle accapare, elle captive, et, en cherchant continûment à l’intercepter, sature l’attention des spectateurs et spectatrices. En faisant l’expérience immersive des 0euvres vidéos de Taro Izumi, on ne peut s’empêcher de penser a l’espace urbain tokyoïte débordant de sons et d’images que certaines installations semblent rejouer.

Taro Izumi au Musée Tinguely – Une tentative de saisir l’insaisissable

Tickled in a dream maybe ? (2017) est la plus grand installation multimédia présentée au Musée Tinguely. Cette série, entremêlant sculptures et vidéos, se déploie à partir de photographies de sportifs – principalement des footballeurs – captés en plein élan acrobatique. A partir de ces images décrivant des actions spectaculaires – comme des reprises de volée, des tacles glissés, l’audacieuse pirouette d’un tir légendaire ou le saut dans les airs d’un célèbre basketteur -, Izumi compose des structures de soutien permettant à des performeurs de simuler ces mouvements impossibles à reproduire pour quiconque n’y est pas entrainé. Entre le meuble et la prothèse, le socle et la sculpture, ces structures architecturées aux airs bricolées prennent des formes très variées, qui ne sont pas sans évoquer – tant formellement que conceptuellement – les 0euvres interactives de Jean Tinguely (1925-1991) ainsi que son esprit bricoleur et espiègle. L’artiste tente ici de saisir l’insaisissable : le mouvement, le temps et la gravité.


Exhibition as Gesamtkunstwerk

Les expositions de Taro Izumi ont pris au fil du temps une dimension immersive importante. C’est a travers le medium expositionnel que l’artiste habite les espaces, qu’il élabore une narration. Ces dernières années, il a principalement imaginé ses 0euvres en réponse aux lieux où il est invité à montrer son travail.
Cela l’a conduit à envisager « l’exposition » comme une 0euvre en soi.
Par le biais de la technologie digitale et de l’usage récurrent de la vidéo, du streaming et de la superposition d’images, l’artiste constitue un réseau complexe d’interactions entre ses 0euvres.

Des robots aspirateurs et un théâtre sans spectateurs

Taro Izumi imagine chaque pièce de sa grande exposition au Musée Tinguely comme un organe vivant à l’intérieur de l’organisme qu’est l’exposition. Chaque 0euvre a un rôle à jouer afin que l’exposition respire, vibre, se meuve, chante et s’illumine. Des robots aspirateurs sont suspendus en l’air comme démis de leur fonction première; des lumières clignotent continuellement sur les écrans, des sons arrivent de toutes parts;

(Théâtre Covid-19)
et en contrepoint, un immense théâtre (400) dont 30 000 dans le monde entier, 
silencieux, sans spectateurs ni spectacle attend les visiteurs et est un hommage.
ce sont 10 mn enregistrées, sans rien faire, ni parler, dans un théâtre imaginaire, une mise en scène d’une pièce, une plaque en laiton, avec le numéro de la place, avec un Iphone en life streaming on peut voir ce qui se passe dans le musée sans y être. Izumi nous parle ici de l’absence, du vide et de présence virtuelle, de lieux qui sont devenus inaccessibles. Il propose son regard sur les nouveaux types de comportements qui ont récemment émerge avec l’avènement du Covid-19.

Avec une forme de légèreté et un sens de l’ironie, Taro Izumi parvient à amalgamer ces univers supposément antagonistes. Il navigue entre ces mondes, de l’organique au technologique, et du technologique à l’organique, en passant par tout ce qui existe entre les deux. Son esthétique, rebelle à toute étiquette, renvoie cependant à l’art total prôné par Fluxus

Boules de billard en plexiglass
C’est une boule enfermée dans une cage en plexi, comme lorsque nous étions enfermé, privé d’air, de mouvement, isolé, pendant le confinement, métaphore de notre vie de ces derniers mois.



Missing Cats
Taro Izumi, se pose la question de savoir, où se trouvent ces chats perdus du monde entier. Sur un site Web, qu’on peut consulter, il se demande si on peut voir ou pas, ou simplement imaginer ce qu’ils font et deviennent.



Publication

L’exposition est accompagnée par le premier catalogue qui examine avec profondeur le travail de l’artiste. Cette publication éditée par Hatje Cantz, placée sous la direction de la commissaire d’exposition, a été réalisée en étroite collaboration avec l’artiste, qui a lui­ même élabore le corpus iconographique de l’ouvrage. Le catalogue retrace et examine en profondeur son parcours, avec essais critiques, interviews et un riche cahier iconographique. Traduisant une idée de circularité et de constant mouvement, cet ouvrage peut être lu verticalement et regardé horizontalement, se transformant en un objet ludique,à observer, toucher et interpréter de multiples manières.

Avec une préface de Roland Wetzel, un essai détaille autour de la trajectoire artistique de Taro Izumi par Séverine Fromaigeat, un texte sur la nature ontologique de ses 0euvres par Keren Goldberg, un dialogue entre l’architecte Jun Aoki et le conservateur de musée Kenjiro Hosaka, une brève description biographique par l’historien de l’art Jean de Loisy, des interludes épistolaires par le curateur Gabriel Ritter et l’éclairage du zoologiste Robert Zingg sur le monde animal en captivité. Le catalogue donne un aperçu complet de l’évolution de l’0euvre de Taro Izumi et dévoile son intérêt  pour des thèmes qui affleurent dans sa pratique, comme l’architecture, le monde animal et les questions conceptuelles relative à la conception artistique.

  

Informations pratiques Musee Tinguely :

Titre de l’exposition: Taro Izumi. ex

 

Adresse: Musée Tinguely I Paul Sacher-Anlage 1 I 4002 Bâle

Heures d’ouverture: du  mardi au dimanche, de 11h a 18h

Site  Internet:  www.tinguely.ch  I www.taroizumi.com/en/

Medias sociaux : @museumtinguely I #museumtinguely I #tinguely I #taroizumi

Journee speciale « Taro Izumi» à l‘occasion des Kunst Tage
 Dimanche, 20 septembre 2020
11-18h Videos screenings
15-16h Curator’s tour

16-17h Artist talk:
entretien avec l’artiste Taro Izumi et la commissaire de l’exposition.

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Pour tout le sel de la terre

photo Sylvain Scubbi

Dépaysement et anthropocène du Bassin potassique

Au séchoir, « Pour tout le sel de la terre », jusqu’au 20 septembre 2020

Dans le cadre de la Biennale de la Photographie de Mulhouse,
commissaire général: Anne Immelé,
l’exposition collective conçue par Mickaël Roy, propose une lecture post-industrielle, environnementale et sociale du Bassin potassique alsacien à travers une sélection de photographies de
Bernard Birsinger, Stéphane Spach, Dominique Bannwarth,
Jacky Naegelen & Sylvain Scubbi.

                                      Sandrine Stahl, Mickaël Roy, Anne Immelé

Origine du projet

Mickaël Roy, commissaire d’exposition raconte :
C’est un projet qui vient de ses années d’adolescence durant lesquelles il fréquenta le collège Joliot-Curie de Wittenheim.
« Le collège est construit sur un ancien puits minier, mais jamais personne ne nous a parlé de l’histoire minière, aucune trace, aucune plaque ne rappelle cette mémoire. Partant de cette forme d’amnésie collective, je me suis dit qu’il serait intéressant de faire émerger une mémoire visuelle et sociale de ce territoire. »

Bernard Birsinger


Cinq photographes

Trois corpus d’images y sont rassemblés, dont certaines n’ont jamais été montrées en Alsace, et témoignent de la transformation des paysages d’un territoire alsacien emblématique.

                                          Stéphane Spach
Mickaël Roy y a rassemblé les travaux de cinq photographes publiés dans les années 1980 et 1990. Ils étaient tout jeunes alors ! Stéphane Spach, aujourd’hui installé à La Claquette dans le Bas-Rhin, a derrière lui une belle carrière de photographe ; autodidacte, il a longtemps été inspiré par la nature et s’adonnait aussi à la photographie culinaire. Il a publié en 1999   Terres fertiles , dont sont tirés les clichés exposés.

                                   Dominique Bannwarth, Sylvain Scubbi

Jacky Naegelen et Dominique Bannwarth travaillaient quant à eux à l’agence locale de L’Alsace à Wittelsheim lorsqu’ils publièrent Kali avec Sylvain Scubbi. Le premier a mené depuis une brillante carrière de photographe de presse pour Reuters, il est aujourd’hui retraité. Le second exerce toujours, au sein du journal L’Alsace , mais il a privilégié l’écriture. Le dernier a assidûment pratiqué la photo en parallèle d’une carrière dans l’industrie.

                                      Bernard Birsinger

Quant à Bernard Birsinger, il fut partie prenante de la Mission photographique de la Datar (Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale) dans les années 1980 et en dévoile quelques clichés. Photographe professionnel, il a mené une carrière prolifique en expositions et en ouvrages.

                                        Sylvain Scubbi

Histoire sociale et dimension mémorielle

Tout en noir et blanc, avec quelques photos actuelles qui concèdent à la couleur dans cette exposition où le documentaire se mélange au patrimoine. Histoire sociale, humaine, patrimoniale, environnementale, tout est abordé ici, par la force des photographies.
« Un territoire conserve la mémoire des lieux. Le Bassin potassique a été habité et transformé par le prisme du temps et des transitions humaines et environnementales. Les photographes ont saisi des images dignes d’être représentées, que ce soit dans une dimension documentaire, frontale ou sublime et onirique », complète Mickaël Roy.
Le commissaire de l’exposition insiste aussi sur sa dimension mémorielle et souhaite qu’elle soit une amorce à quelque chose de plus large, conviant le public à partager des témoignages ou des photos.

avec l’aimable autorisation pour le texte de Claudine Studer Carrot

 

Mickaël Roy, commissaire

 

Après des études d’histoire de l’art, on a pu le rencontrer au Musée des beaux-arts de Mulhouse en tant que médiateur culturel. Puis il développe une pratique indépendante de recherche en arts, de critique d’art, de commissariat d’expositions et de projets artistiques ainsi que d’enseignement, de conférences et de médiation dans le champ des arts visuels et plastiques.
Il a œuvré notamment auprès de la Biennale d’art contemporain de Lyon, de la galerie du Granit à Belfort, mais aussi plus récemment comme chargé de mission à la mairie de Wittenheim. Mickaël Roy est actuellement chargé du développement culturel auprès de l’association Emmaüs Centre-Alsace, avec notamment la préfiguration d’un lieu d’action artistique, culturelle et solidaire, la villa Kientz.
Le thème du Bassin potassique s’est imposé à lui lorsqu’Anne Immelé, directrice artistique de la Biennale de la photographie de Mulhouse, lui a confié le commissariat d’une exposition pour l’édition 2020.

Plusieurs expositions se déploient dans Mulhouse :

Ce noir tout autour qui parait nous cerner,
Nolwenn Brod, Isabelle Giovacchini, Jean-Baptiste Grangier,
Alain Willaume, Giovanna Silva,
Geert Goiris ainsi que des photographies issues de la collection de
Madeleine Millot-Durrenberger
(commissariat d’Anne Immelé au Musée des Beaux-arts),
Avant la nuit de Christophe Bourguedieu
à La Filature,
Comme des tourbillons de poussière, exposition collective conçue par
Pascal Amoyel
à la Galerie de la bibliothèque, se déploie à partir des séries photographiques d’Olivier Kervern, Louis Perreault, Antoine Seiter et Jean Marquès.

Le Séchoir
25, rue Josué Hofer
68200 Mulhouse

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Sommaire du mois d’août 2020

Giuseppe Penone
Frontières indistinctes – Noce, 2017
Bronze, marbre blanc de carrare

26 août 2020 : « L’Île Des Morts » D’Arnold Bocklin
23 août 2020 : Christophe Bourguedieu
14 août 2020 : Christo au musée Würth
01 août 2020 : LES FRÈRES BURDA. Une histoire des Collections

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Christophe Bourguedieu

Exposition à la Galerie de la Filature de Mulhouse jusqu’au 13 septembre 2020

Le temps fort de la 4e Biennale de la photographie de Mulhouse (BPM)

Christophe Bourguedieu a été l’hôte de la galerie de la Filature en 2002, c’était déjà une proposition d’Anne Immelé, collaboratrice à l’époque, pour la programmation et le suivi des projets auprès de Paul Cottin.
Christophe Bourguedieu nous a guidé à travers son exposition, « Avant la Nuit », en toute improvisation, en ponctuant certains éléments, en soulignant, la pertinence ou la cohérence de ses choix, soutenu, par la commissaire Anne Immele, qui est à l’initiative du choix du photographe, qui souligne la commande de la photographie spécialement conçue pour Mulhouse.

Une salle dédiée à Mulhouse

Une salle est spécifiquement dédiée à Mulhouse, des paysages, des maisons,
des personnages, qui devraient être le reflet de notre ville.
D’autres photographies, provenant du monde entier où Christophe a voyagé proposent des lieux étranges, parfois très impersonnels. Des liens imperceptibles se voient, par certaines couleurs, un peu de rouge, comme le petit pan de mur jaune …. une voiture jaune, des volets de même couleur, une lumière idéale, une photo parfaite.


La présence de certains animaux, des constructions se répondent par des jeux de symétrie, ou des inversions, suggérant la possibilité d’une lecture différente.
Un boxeur, un Botticelli, un après-midi chez le voisin d’Anne, un hôtel mulhousien (Witz), de belles jeunes femmes, un chien blanc, en rappel un ragondin blanc, toutes ses choses doivent faire sens et lien. L’univers de Wim Wenders, d’Edward Hopper, par le côté impersonnel, voire mélancolique, sensoriel.

Christophe Bourguedieu est un photographe mondialement connu et reconnu

Il n’aime pas les images trop évidentes, trop esthétiques, trop symboliques, trop militantes, voire, trop humaines. Ses photographies peuvent sembler anodines, impersonnelles, sa recherche de la neutralité est presque obsessionnelle, pas de couleurs claquantes. Il s’attache à la lumière, à l’espace, à la singularité.

La BPM-BIENNALE ou

le Microcosme mulhousien de la culture masqué


Benoit André professionnel de la culture, ancien de Chaillot est à son affaire, il n’a pas eu de chance, nouveau directeur de la Filature depuis le 1er janvier, il est tombé de plein pied dans la pandémie. Il s’est fait fort de faire ouvrir la Galerie de la Filature, auprès des autorités préfectorales qui lui opposaient la COVID, ce qui a permis d’exposer les photographies de Christophe Bourguedieu,
À la tombée de la nuit.

Anne Immele, professeur, docteur en Photographie, maitre d’œuvre de la Biennale, nous explique avec enthousiasme la cohérence des photos exposées, l’étrangeté de l’ambiance dans le contexte actuel, de la pandémie, du désert culturel, des catastrophes mondiales, Californie, Liban, Australie, l’image de Mulhouse en lien avec St Nazaire, une photo de l’arrêt de tram St Nazaire…..

Anne Catherine Goetz, nouvelle adjointe à la culture issue des récentes élections municipales, par son discours de vernissage, inaugure ses nouvelles fonctions, et ouvre ainsi l’exposition Christophe Bourguedieu,

Éric Kheliff, comédien, vice-président de MAC,  en doublure de Dominique BANNWARTH, président de MAC, absent pour cause de vacances, déclame ou plutôt lit son papier, pour se féliciter de la participation de MAC à la Biennale et à la Galerie de la Filature, de leur partenariat avec l’Agrandisseur. Il remercie, Christophe Bourguedieu, Anne Immele, Benoit André et Anne Catherine Goetz pour leur collaboration. En conclusion il annonce une future exposition en off, de l’artiste Fahd El Jaoudi, soutenu par MAC, Mulhouse Art Contemporain.

L’exposition est accompagnée d’un guide de salle, édité par Novo, dans lequel vous pouvez lire un entretien entre Michel Poivert et Christophe Bourguedieu.

il est très difficile de photographier des photos

Informations

Des visites aux horaires suivants :
du mardi au samedi de 13h30 à 18h30
Sauf samedi 29 août de 11h à 18h30

Dimanche 30 août de 14h à 18h

Visites commentées possibles sur RDV (à partir de 4 personnes)
au 06 99 73 81 80 ou agrandisseur@gmail.com

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Sommaire du mois de juillet 2020

Chez ta mère, la guinguette de Motoco
photo Antonio Piccarreta Talis

25 juillet 2020 : The Incredible World of Photography Collection Ruth et Peter Herzog
23 juillet 2020 : Friedrich Dürrenmatt. La satire dessinée
12 juillet 2020 : POP-UP artistes
03 juillet 2020 : BPM-Biennale de la Photographie de Mulhouse

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The Incredible World of Photography Collection Ruth et Peter Herzog

Jusqu’au 04.10.2020, Kunstmuseum Basel | Neubau
Commissaires : s : Olga Osadtschy, Paul Mellenthin

Pour tous ceux qui ont toujours rêvé de voir cette collection, sans avoir jamais réussi à trouver un créneau horaire ou une date, cette fois c’est enfin possible.
Avec l’exposition The Incredible World of Photography, le Kunstmuseum Basel célèbre simultanément deux premières :
– c’est la première fois qu’un large portrait de la collection de photographies Ruth et Peter Herzog est présenté en Suisse et,
– pour le Kunstmuseum, il s’agit de la première exposition abordant l’histoire de la photographie.
C’est la possibilité de feuilleter un album photo, comme si c’était le  vôtre, avec le numérique en plus.

La collection

Une trouvaille sur un marché aux puces dans les années 1970 a conduit à la naissance de la collection Ruth et Peter Herzog, une collection photographique à nulle autre pareille qui réunit désormais plus de 500 000 photographies. Les fonds de la collection datant des débuts du médium jusqu’aux années 1970, toutes les évolutions majeures de la photographie analogique y sont représentées.
Pour le XIXe siècle en particulier, le couple de collectionneurs a fait
d’importantes découvertes qui ont permis d’affiner la compréhension de l’histoire mouvementée de la photographie.
Aujourd’hui, Ruth et Peter Herzog comptent parmi les grands collectionneurs de photographies sur le plan international.

Les Herzog ont, ni plus ni moins, constitué une encyclopédie photographique de l’existence humaine à l’ère industrielle. Les myriades de chef-d’œuvres anonymes mettent en lumière un nombre presque insaisissable de motifs et de thèmes aux quatre coins du monde et montrent comment la photographie raconte la petite et la grande histoire. La diversité de la collection offre
différentes approches pour explorer le monde avec et à travers de la photographie. À cet effet, il apparaît clairement que la photographie n’existe pas. Chaque photographie révèle au contraire un dense réseau de relations sociales, institutionnelles et historiques.

Le début d’une coopération à long terme

33.5 x 43 cm (Seite); Albuminabzüge

Les quelques 400 pièces exposées provenant du riche fonds présentent des axes choisis de cette collection unique. Parmi ceux-ci, la photographie amateur, commerciale et scientifique du XIXe siècle, mais aussi la photographie publicitaire et de presse du XXe siècle. Sont présentées des œuvres de photographes suisses et internationaux encore jamais exposées jusqu’ici.
Tandis que le tirage individuel est la forme photographique privilégiée dans les musées d’art, l’exposition montre la diversité matérielle des objets photographiques : daguerréotypes, ambrotypes, ferrotypes, tirages sur papier salé, sur papier albuminé, autochromes et tirages au gélatino-bromure d’argent.

L’exposition marque le début d’une coopération durable entre le Kunstmuseum Basel et le Jacques Herzog und Pierre de Meuron Kabinett, Basel, auquel appartient la collection photographique Ruth et Peter Herzog depuis 2015.
Le Jacques Herzog und Pierre de Meuron Kabinett, Basel, consent à ces prêts précieux ; en outre,
il a conçu pour le Kunstmuseum une architecture d’exposition innovante développée à partir de la situation de travail au cabinet et de la confrontation avec le large spectre de la photographie historique et sa matérialité. Elle se caractérise par des réflexions sur la perception et sur la présentation de ces objets souvent de petit format et sensibles à la lumière.

Parcours

La diversité de la collection photographique Ruth et Peter Herzog et son caractère d’ « encyclopédie de l’existence » (Martin Heller, 1989) sont transposés dans un parcours de neuf salles successives. Chacune d’entre elle propose aux visiteur.euse.s plusieurs possibilités de s’immerger dans la quantité finalement insaisissable de motifs et de thèmes. Elles vont de l’observation d’objets à travers des vues d’ensemble disposées sur des tables à des projections d’images sur les murs.


Jacques Herzog und Pierre de Meuron Kabinett, Basel. Juni 2020

À certains endroits du parcours, l’exposition réunit des photographies historiques avec des œuvres majeures du Kunstmuseum Basel et des prêts de la collection de la Emanuel HoffmannStiftung, dont des peintures de Vincent Van Gogh et Robert Delaunay, des travaux sur papier


Bernd et Hilla Becher.

d’Andy Warhol et de Martin Schongauer, mais aussi des photographies de Thomas Demand et de Bernd et Hilla Becher. Cette configuration permet non seulement de mettre en lumière les rapports complexes entre la photographie et l’art, mais aussi d’interroger leurs correspondances du point de vue du motif et de la forme ainsi que leurs déliminations (discutables). L’influence
réciproque se fait exemplaire au travers des questions essentielles que soulève la photographie, à l’instar de la sérialité, la reproduction et le rapport à la couleur, respectivement son absence.

Installation interactive

Un exigeant projet d’inventaire et de numérisation des fonds de la collection de photographies Ruth et Peter Herzog mené par le Jacques Herzog und Pierre de Meuron Kabinett, Basel, depuis 2015 a servi de base au travail sur l’exposition The Incredible World of Photography.


Le studio d’architecture médiale iart, en collaboration avec des étudiants en bachelor Digital Ideation à la Haute École de Lucerne, a réalisé une installation interactive dans l’exposition à partir de ces fonds numériques.
Cette installation permet aux visiteur.euse.s un acces individuel
à cette abondante collection.

Catalogue et Digitorial®

Une publication scientifique aux éditions Christoph Merian Verlag (360 pages, 300 reproductions d’œuvres) tient lieu de catalogue de la collection, informatif et accessible à la fois. Il contient des textes de Martina Baleva, Jan von Brevern, Eva Ehninger, Steve Edwards, Peter Geimer, Valentin Groebner, Michael Hagner, Peter Herzog, Katja Müller-Helle, Katja Petrowskaja,
Vanessa R. Schwartz et Kelley Wilder.

12.6 x 17.6 cm; Handkolorierter Silbergelatineabzug

Dans le cadre de l’exposition The Incredible World of Photography, le Kunstmuseum Basel réalise pour la première fois un outil de médiation en ligne appelé digitorial. L’initiative fait partie du projet digitorials.ch.
Avec le soutien d’Engagement Migros et en coopération avec l’agence
maze pictures swiss, ce projet élabore des stratégies spécifiques pour huit musées suisses, afin de répondre aux défis du tournant numérique. Le digitorial® associe storytelling innovant et usage de plusieurs médiums – image, son et texte – pour établir de nouveaux critères dans la
médiation de contenus culturels.
Les digitorials® ont été développés au Städel Museum, à la
Liebieghaus Skupturensammlung et à la Schirn Kunsthalle de Francfort en Allemagne.
L’exposition est conçue en coopération avec le Jacques Herzog und Pierre de Meuron Kabinett, Basel. Cette fondation d’utilité publique tient à conserver la collection dans son intégralité comme patrimoine culturel à Bâle et à la rendre accessible au public ainsi qu’aux spécialistes dans le cadre de leurs recherches et à des fins de publication. 

Kunstmuseum Basel | Neubau,
St. Alban-Graben 20, 4052 Basel
Tram N° 2 arrêt Bankverein (pas d’arrêt Kunstmuseum, travaux)

Horaire
Mardi au dimanche 10 h /18 h
Mercredi 10 h / 20 h

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POP-UP artistes

Dynamisme et force créative de la région Rhénane

Du 1er juillet au 13 septembre 2020,
la Fondation Fernet-Branca accueille pour sa réouverture l’exposition
POP-UP ARTISTES. C’est un régal, la fête de l’art, un mini-festival à déguster sans modération.

La pandémie a crée des idées, la nécessité d’ouvrir à nouveau les lieux d’exposition, malgré les contraintes sanitaires. Chose qui ne vous empêchera pas, d’aller voir, les lunettes embuées, dans l’odeur de sa propre haleine et les grésillements de l’élastique frottant sur les écouteurs de son appareil auditif.

Pierre-Jean Sugier directeur de la Fondation

POP-UP ARTISTES présente le dynamisme et la force créative de la région Rhénane. Après près de trois mois de confinement, la Fondation Fernet-Branca invite pour sa réouverture des artistes pour la majorité de la région.
Cette exposition permet de montrer à son public la richesse et la pluralité des approches artistiques que propose chacun de ses artistes. Cette biodiversité artistique nous renvoie à ce souci de chaque artiste dans son atelier, où il remet en question, refait, repose et transforme ce qu’il a fait la veille. Ce glissement, cette plasticité créatrice, nous entraîne dans un univers très différent et dont le souci est d’entrer en contact avec vous, le public et de partager ces émotions. Chaque artiste dispose d’un mur qu’il aménage à sa façon et s’est beaucoup investi dans la présentation. Il y  des mulhousiens, des colmariens,  certains originaires d’Italie, de Corée, mais tous résidents dans le Grand Est, à deux exceptions près.
Pierre-Jean Sugier est devant la tapisserie des
quatre saisons d’Anne-Sophie Tschiegg

Rencontres avec les artistes

Chaque week-end,  vous pouvez rencontrer des artistes de l’exposition
POP-UP ARTISTES


                              photo Antonio Piccarreta Talis
Programme des rencontres

Les rencontres débutent à 14h.

Possibilité de déjeuner, à partir de 13h, avec un pique-nique tiré du sac dans la cour de la Fondation, si le temps est favorable.
Et n’oubliez pas de vous inscrire !

Il est très difficile de parler de 40 artistes à la fois
aussi je vous invite à consulter ma page FaceBook où j’ai publié de
nombreuses photos de leurs travaux

Les artistes de Motoco

Nicola Aramu

« Ma peinture est inspirée du quotidien, de la mémoire et de l’histoire. Le passé de ceux
qui nous ont précédés me réapparaît en images : en cartes postales et anciennes
photographies en noir et blanc … des souffles de nostalgie et de douce mélancolie
des choses perdues. En donnant une deuxième vie à ces souvenirs privés et publics,
je m’applique à la création d’une poésie fantastique et parfois ambiguë qui inspire
notre mémoire et imagination. Ainsi j’emploie la couleur pour créer des nouvelles émotions
visuelles ». 

 

Les artistes du Séchoir

Vincent Campos

« Mon travail oscille souvent entre le jeu et la mise en avant d’une réalité où
l’humour peut retentir comme un écho à l’adversité des choses. Au travers de
récits bercés d’une insouciante légèreté, le temps semble s’être arrêté mais nous
sommes invités à suivre le mouvement.
Bâtir des forêts, ériger des ponts fragiles, faire résonner des tours de papier
sont des actions potentielles. En jouant sur des territoires en pleine mutation,
je questionne notre rapport au monde et ses potentialités.
Je me laisse surprendre par la matière, pris dans une nouvelle temporalité, saisi
par un bouleversement qui ne saurait témoigner des évènements à venir ».

Quelques coups de coeur

Il faut bien faire un choix, pour vous inciter à y aller,c’est  tout près de chez vous,
Didier Paquignon

 

nous montre des peintures de voyages , les vaches indiennes,(sacrées) de Pondichery, qui déambulent dans la ville, qui font les sacs poubelles
en totale liberté, mais aussi une vue d’Istanbul qu’il a retravaillée pour l’exposition, avec la mer du Bosphore.
Des vues d’Espagne, un peu abstraites avec de chaudes couleurs ocres.

Eric Béridon
« Mes travaux s’intéressent à la question universelle de la présence de l’homme dans le monde, de son origine et sa destinée en cherchant à s’approcher au plus près du lien qui peut exister entre le corps et l’esprit, le matériel et le spirituel.
Tout mon travail consiste à traduire par le langage plastique cette réflexion.
Je ne voulais pas montrer le corps par la figuration, je cherchais quelque chose de plus antérieur et à l’origine de la matière ; je ne voulais pas non plus maitriser le dessin et laisser à la nature son pouvoir créatif, c’est pourquoi le corps dans mon travail est représenté par l’empreinte de restes de feu imprégnés sur la toile ».

Céline Martin
« Mon travail interroge la perception, la place, « le traitement » de l’altérité, de la vulnérabilité et de la fragilité dans nos sociétés.
J’y traite par essence d’humanité, de corporalité, de sollicitude, de soin et d’éthique.
C’est pour moi une nécessité prégnante d’expérimenter, de matérialiser pour discerner et traduire ce que j’observe des relations inter-humaines ».
Puis elle cite
«Ce que je fais : je regarde. Je n’ai jamais fait que regarder les gens. Je n’ai fait que voir ou essayer de voir les rapports humains afin d’en parler. Voilà ce qui m’intéresse. Je ne connais d’ailleurs rien de plus important.»
Pina Bausch

OH Kee Hyung
Lorsqu’elle quitte ses pinceaux, OH Kee Hyung prend l’argile.
Ses pérégrinations vers l’Extrême Orient l’amènent à d’autres rencontres, visages émotions, lissés par la lumière, creusés par des sillons de vie. Et comme dans ses
aquarelles, elle retrouve ce Geste Universel, geste de son père calligraphe, geste
qui donne vie à ses visages en céramique. Geste-Souffle qui émerge de ses mains et donne à ses céramiques émotion, sérénité, lumière tel le lotus qui s’élève de la boue.

Pour conclure ne manquez pas d’aller dans le mystérieux sous-sol de la fondation pour y contempler l’échiquier d’Yves Bringert :
Mat en deux coups

Fondation Fernet-Branca
2, rue du Ballon
68300 Saint-Louis
fondationfernet-branca.org

Horaires d’ouverture :
du mercredi au dimanche
de 13h à 18h

Pass-musées

Je profiterai des vacances d’été, pour parler plus avant de vous tous

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