Nom : Herbreteau , Prénom : Véronique Profession : guide Spécialité : Première guide médaillée du tourisme en Alsace 2019 Signe particulier : professionnelle et Conférencière des Villes et Pays d’Art et d’Histoire et du Parlement Européen Signe particulier 2 : auteur
Née à Strasbourg et y résidant, je suis une vraie locale avec une histoire et des coutumes familiales alsaciennes à partager.
En charge de nombreuses années de la gestion des guides en Alsace pour le croisiériste haut de gamme Uniworld, je suis la guide de référence de nombreux hôtels ***** en Alsace.
Je suis guide professionnelle et Conférencière des Villes et Pays d’Art et d’Histoire en Alsace depuis plus de vingt ans.
Titulaire d’une Maîtrise en Histoire de l’Art et en Muséologie, je connais très bien ma région.
J’ai vécu et enseigné le français aux États-Unis dans une université américaine Hood Collège, Frédérick, Maryland.
Concernant Strasbourg, je vous propose des circuits privés et sur mesure classiques ou insolites : Cathédrale, vieille ville ; tous les musées : Alsacien, Historique, Oeuvre Notre-Dame… ; mais également des circuits secrets et insolites (plusieurs circuits possibles), le patrimoine religieux (avec visite de la Cathédrale, des Temples ou du mikvé), la Neustadt, de même que des thématiques plus spécifiques comme le Strasbourg maçonnique, le Strasbourg médiéval, Renaissance, moderne ou contemporain ; des dégustations de produits locaux artisanaux : vins, foie gras, spécialités locales,… Strasbourg et la bière : divers circuits brassicoles, Strasbourg et les traditions de Noël…
J’ai l’agrément pour faire visiter le Parlement Européen.
Je guide sur toute l’Alsace, à Colmar, au musée Unterlinden et au musée Bartholdi, sur la route des vins avec arrêt dans des caves et chez des viticulteurs sélectionnés, Riquewihr, le camp du Struthof, le château du Haut-Koenigsbourg, la ligne Maginot, les contes légendes et traditions, …
Visites classiques ou insolites, thématiques, à la carte ou sur mesure.
Musée de l’OEuvre Notre-Dame/ Arts du Moyen Âge Du 2 février 2024 au 19 mai 2024 Commissariat : Cécile Dupeux, conservatrice en chef du Musée de l’OEuvre Notre-Dame
Présentation
À la fin du XVIe siècle, Strasbourg est un foyer artistique éminent, dont l’activité doit beaucoup à sa position géographique privilégiée au coeur de l’Europe. Cette période de réveil des arts après la baisse d’activité qui fait suite à la Réforme est mal connue, car une grande partie de la production a disparu ou s’est trouvée dispersée. L’exposition explore cette ultime saison de la Renaissance, marquée par la diffusion à travers tous les arts de la nouvelle grammaire ornementale inspirée des canons antiques et son adoption par les artistes de toutes spécialités.Il s’agit aussi d’une remise en contexte plus générale, qui permet d’évoquer aussi bien la production littéraire que le dynamisme du domaine éducatif et scientifique ou la production éditoriale. L’apport le plus marquant est celui de deux personnalités artistiques de premier plan, à la fois dessinateurs, graveurs et peintres de décors muraux, qui introduisent à Strasbourg les jeux ornementaux du maniérisme :
– Tobias Stimmer (1539-1584), graveur prolifique venu de Schaffhouse, est aussi l’auteur des décors de la célèbre horloge astronomique monumentale de la cathédrale. Ses projets en grisaille sur toile pour les sculptures de l’horloge (vers 1571), récemment restaurés, sont présentés pour la première fois au public. – Dans une veine plus fantastique, les planches des trois volumes de l’Architectura de Wendel Dietterlin (1551-1599), également connu pour la production de nombreuses peintures murales, étonnent par leur verve exubérante et leur surcharge décorative et garderont de l’influence jusqu’à l’époque baroque.
Tobias Stimmer, Les Chars des sept jours : détail avec Jupiter (jeudi), projet pour les sculptures de l’horloge, détrempe sur toile, vers 1571. Musées de la Ville de Strasbourg. Photo : M. Bertola / Musées de la Ville de Strasbourg
Cette exposition est accueillie au sein même du musée, dont une partie des bâtiments date de la même époque. Elle permet également de mettre en valeur de nombreux éléments sculptés et architecturaux intégrés au parcours permanent, selon un dialogue imaginé déjà par le créateur du musée Hans Haug. L’exposition met en lumière les exceptionnelles toiles peintes en grisaille par Tobias Stimmer, projets pour les sculptures de l’horloge astronomique, restaurées grâce au mécénat du Fonds de dotation du Docteur et de Madame Léon Crivain, ainsi que la salle des administrateurs de l’OEuvre Notre-Dame, dont les magnifiques boiseries viennent d’être restaurées grâce au mécénat de la Société des Amis des Arts et des Musées de Strasbourg (SAAMS) et du Crédit Mutuel.
Musée de l’OEuvre Notre-Dame / Arts du Moyen Âge. Vue d’ensemble de la maison de l’OEuvre Notre-Dame. Crédit photo : Musées de la Ville de Strasbourg / M. Bertola
Points forts de l’exposition
Un foyer de rayonnement intellectuel et culturel
À la fin du XVIe siècle, Strasbourg continue à s’affirmer comme l’un des grands centres européens de l’imprimerie et à jouer un rôle important dans la diffusion des idées. La maison d’édition de Bernard Jobin et celle de la famille Rihel publient chacune près de trois cent titres. Leur collaboration avec Tobias Stimmer produit des chefs-d’oeuvre.
Grisaille
L’illustration des livres imprimés renoue également avec la vitalité qui fit la gloire de Strasbourg à la fin du Moyen Age. L’exposition évoque l’importance du livre à Strasbourg à la fin du XVIe siècle à travers une trentaine d’ouvrages parmi les plus importants produits de la période. Sont présentés en particulier plusieurs ouvrages et pamphlets de Fischart, auteur en 1575 de l’adaptation allemande de Rabelais qu’il égale en verve et en anticléricalisme, l’Architectura de Wendel Dietterlin, l’Architectura de Specklin, le Volumen primum mathematicum de Dasypodius, l’Histoire du règne de Charles Quint de Sleidan …
Salle d’interprétation des dessins d’architecture de la cathédrale Crédit photo : Musées de la Ville de Strasbourg / M. Bertola
Réputées pour leur modération, les autorités protestantes poursuivent leur tradition d’accueil des immigrés et dissidents des guerres de religion. Ce mouvement s’intensifie dans la seconde moitié du siècle, en particulier après les massacres de la Saint-Barthélemy le 24 août 1572, où de nombreux protestants français et flamands viennent se réfugier à Strasbourg. L’ornemaniste et graveur réformé français Étienne Delaune réalisa ainsi quatre séjours à Strasbourg entre 1573 et 1580. Le graveur Theodor de Bry (Dietrich Breÿ), de Liège, et ses deux fils trouvèrent refuge à Strasbourg pour les mêmes raisons confessionnelles. Les réalisations de ces artistes de passage, dont l’exposition donne un aperçu, permirent une régénération du milieu artistique.
Tobias Stimmer et Wendel Dietterlin
Les deux artistes les plus importants exerçant à Strasbourg à partir de 1570, Tobias Stimmer (Schaffhouse 1539 – Strasbourg 1584) et Wendel Dietterlin (Pfullendorf 1551 – Strasbourg 1599), ne sont pas originaires de la ville et sont nourris d’influences très diverses provenant d’Italie, de l’École de Fontainebleau ou des Pays-Bas. Tous deux sont peintres aussi bien que dessinateurs et produisent des modèles pour des graveurs. Ils ont été à l’origine d’un renouvellement des pratiques artistiques dans la ville. Le peintre suisse Tobias Stimmer est appelé à Strasbourg pour réaliser le décor du buffet de l’horloge astronomique de la cathédrale. Il est alors un artiste réputé, en particulier pour les spectaculaires décors de façade réalisés à Schaffhouse et à Bâle ainsi que pour ses gravures. Formé en Suisse et marqué par l’art italien, ce célèbre peintre, dessinateur et graveur est également connu comme décorateur et dessinateur de vitraux. Il s’agit de l’un des principaux représentants du maniérisme ornemental dans les pays germaniques. La commande qui lui est passée pour l’horloge astronomique concerne la direction artistique de l’ensemble, c’est-à-dire le décor peint de l’imposant buffet et de certains indicateurs astronomiques (globe, cadrans…), mais aussi la production de projets peints pour la réalisation des sculptures. L’exposition est l’occasion de redécouvrir après restauration les dix spectaculaires projets peints en grisaille sur toile pour ces sculptures. De nombreuses gravures et dessins de sa main sont également rassemblés afin de proposer un panorama de la production de l’artiste à Strasbourg. Wendel Dietterlin est surtout connu à son époque pour la production de peintures murales et de panneaux (il se désigne lui-même comme « Maler von Strassburg »). Mais la postérité a essentiellement retenu de lui les nombreuses gravures (209 planches) et les variations fantastiques de son traité d’architecture Architectura, publié à Stuttgart et Strasbourg en 1593-94, qui sera réédité à de nombreuses reprises jusqu’au XIXe siècle. Ce traité apporte une contribution
Tobias Stimmer, Les quatre Âges de la vie : l’Enfance, projet pour les sculptures de l’horloge, détrempe sur toile, vers 1571, 72 x 42 cm. Musées de la Ville de Strasbourg. Photo : M. Bertola
significative à l’ornementation maniériste. Il trouvera un écho dans le domaine des arts décoratifs, en particulier dans l’ébénisterie ou la menuiserie
Architectura
Restauration de la salle des administrateurs et des grisailles de Stimmer
La salle des Administrateurs, au 1er étage de l’aile Renaissance, est l’une des deux salles historiques conservées de la maison de l’OEuvre Notre-Dame. Ses boiseries marquetées, attribuées à Veit Eck, vers 1582, uniques en Alsace et remarquables par leur style Renaissance très pur et leur qualité d’exécution, ont enfin retrouvé leur lisibilité. Couvrant l’ensemble des murs et du plafond, elles se distinguent par l’emploi savant de différentes essences de bois, jusqu’ici occultées par un fort encrassement. La restauration menée par Antoine Stroesser, restaurateur de mobilier, assisté de Thomas Flicker, d’avril à juillet 2023, a permis de redécouvrir toutes les nuances des quelques 11 essences identifiées. Le nettoyage s’est voulu respectueux des traces d’outils et des vestiges de vernis du 16e siècle. Les nombreux soulèvements et fentes du placage ont été recollés, et quelques éléments décoratifs, perdus, restitués à l’identique. Enfin, une réintégration des parties restaurées et une mise en cire ont permis d’harmoniser l’ensemble. L’intervention a également permis de réévaluer l’authenticité de la salle. La restauration des boiseries de la salle des administrateurs a été rendue possible grâce au mécénat de la Société des Amis des Arts et des Musées de Strasbourg (SAAMS) et du Crédit Mutuel.
La salle des Administrateurs
La restauration des exceptionnelles grisailles de Tobias Stimmer
L’ensemble de dix esquisses sur toile commandé à Tobias Stimmer pour les sculptures de l’horloge astronomique de la cathédrale revêt une importance particulière en raison de la rareté de ce type de projets, généralement non conservés, et de la disparition d’une grande partie de la production peinte de l’artiste. Cet ensemble conservé jusqu’alors dans les réserves des musées de Strasbourg vient d’être restauré et se trouve rassemblé dans l’exposition. Il s’agit des projets pour une partie des figurines automates de l’horloge sur le thème des Planètes et des Âges de la vie. À l’étage supérieur de l’horloge, les Âges de la vie défilent devant la Mort en sonnant les quarts-d ‘heure, et le Christ sonne les heures au registre supérieur; à l’étage inférieur les chars des sept dieux des planètes correspondant aux jours de la semaine se succèdent. Les esquisses concernent également quelques figures indépendantes : deux angelots et deux amours placés de part et d’autre du cadran des minutes, et Apollon et Diane à gauche et à droite du cadran du calendrier civil. Les dix peintures de tailles variables sont réalisées selon la technique de la grisaille, en camaïeu utilisant plusieurs niveaux de gris, depuis le blanc jusqu’au noir. La technique est celle de la détrempe à la colle sur toile. Le geste de l’artiste est rapide mais très précis, afin de guider au mieux le sculpteur. Plusieurs des figures sculptées exécutées d’après ces projets ont également été restaurées et sont présentées dans l’exposition. La campagne de restauration a été réalisée par le groupement Art Partenaire, sous la direction de Janin Bechstedt, avec Dorine Dié, Eve Froidevaux et Amalia Ramanankirahina. La restauration de l’ensemble des Chars des planètes a été rendue possible grâce au Fonds de dotation du Docteur et de Madame Léon Crivain.
Salle de la loge
Informations pratiques
Musée de l’OEuvre Notre-Dame 3, place du Château, Strasbourg Tél. : +33 (0)3 68 98 50 00 Horaires : en semaine – sauf le mardi – de 10h à 13h et de 14h à 18h, les samedis et dimanches de 10h à 18h Tél. : +33 (0)3 68 98 50 00
du 28 janvier – 21 avril 2024à la Fondation Beyeler Commissaire :l’exposition est placée sous le commissariat de Martin Schwander, Curator at Large, Fondation Beyeler, en collaboration avec Charlotte Sarrazin, Associate Curator.
Martin Schwander, Jeff Wall et Sam Keller directeur de la Fondation Beyeler
Introduction
En ce début d’année, la Fondation Beyeler consacre une importante exposition personnelle à l’artiste canadien Jeff Wall (*1946). Il s’agit de la première exposition de cette envergure en Suisse depuis près de deux décennies. Wall, qui a largement contribué à établir la photographie en tant que forme autonome d’expression artistique, compte aujourd’hui parmi ses représentant·e·s majeur·e·s. Réunissant plus d’une cinquantaine d’oeuvres réalisées au fil de cinq décennies, l’exposition présente une vue d’ensemble très complète du travail précurseur de l’artiste, allant de ses emblématiques grandes diapositives montées dans des caissons lumineux à ses photographies grand format noir et blanc et ses tirages en couleur au jet d’encre. L’exposition met un accent particulier sur les oeuvres des deux dernières décennies, parmi elles des photographies données à voir en public pour la première fois. L’exposition a été conçue en étroite collaboration avec l’artiste.
Son travail
Dans son travail, Jeff Wall sonde les limites entre fait et invention, hasard et construction. Depuis le milieu des années 1970, il a exploré différentes façons d’étendre les possibilités artistiques de la photographie. Wall qualifie son travail de « cinématographie », voyant dans le cinéma un modèle de liberté de création et d’invention, liberté qui avait été freinée dans le domaine de la photographie par sa définition dominante comme « documentaire ». Beaucoup de ses photographies sont des images construites impliquant une planification et une préparation longues et minutieuses, une collaboration avec des acteurs·rices et un important travail de « postproduction ». Jeff Wall crée ainsi des images qui divergent de la notion de la photographie comme principalement une documentation fidèle de la réalité.
Wall est né en 1946 à Vancouver au Canada, où il vit et travaille. Il commence à s’intéresser à la photographie dans les années 1960, âge d’or de l’art conceptuel. À partir du milieu des années 1970, il produit de grandes diapositives montées dans des caissons lumineux. Avec ce format, jusqu’alors associé plutôt à la photographie publicitaire qu’à la photographie d’art, il innove et lance une forme nouvelle de présentation d’oeuvres d’art. Depuis le milieu des années 1990, Wall a encore élargi son répertoire – d’abord avec des photographies noir et blanc grand format puis avec des tirages en couleur. Son travail a fait l’objet de nombreuses expositions personnelles dans le monde entier, entre autres à la Tate Modern, Londres (2005), au Museum of Modern Art, New York (2007), au Stedelijk Museum, Amsterdam (2014) et au Glenstone Museum, Potomac (2021).
Evolution
Les images de Jeff Wall évoluent entre instantané documentaire, composition cinématographique et invention poétique libre, confrontant les spectateurs·rices à une vaste palette de sujets et de thèmes, à la beauté et à la laideur, à l’ambiguïté et à l’inconfort. Pour Wall, l’art de la photographie se doit d’être aussi libre que toutes les autres formes artistiques dans son éventail de sujets et de traitements – aussi poétique que la poésie, aussi littéraire que le roman, aussi pictural que la peinture, aussi théâtral que le théâtre, et tout cela avec pour objectif d’atteindre à l’essence même de la photographie.
L’exposition
L’exposition à la Fondation Beyeler s’ouvre dans le foyer du musée avec la juxtaposition de deux oeuvres emblématiques de 1999. Morning Cleaning, Mies van der Rohe Foundation, Barcelonamontre les préparatifs matinaux effectués dans le célèbre pavillon avant l’arrivée des premiers visiteurs. L’agent d’entretien est en train de nettoyer les grandes baies vitrées donnant sur un miroir d’eau, nous faisant ainsi assister à un moment habituellement invisible dans la vie de ce célèbre édifice.
A Donkey in Blackpoolreprésente une étable modeste et pourtant très riche sur le plan visuel, occupée par la figure familière d’un âne, qui nous apparaît ici dans un moment de repos. L’association des deux images réunit des univers socialement et culturellement très différents tout en dirigeant notre attention sur leurs points communs – les êtres humains et les animaux entretiennent tous deux une relation profonde aux intérieurs qui les abritent. L’exposition a été conçue de manière à créer une séquence de comparaisons et de juxtapositions de ce type, tissant des échos et des résonances entre les sujets, les techniques et les genres. Pour le catalogue, l’artiste a rédigé un guide qui présente les différentes dimensions de la production des images et de leur agencement dans l’exposition.
Ainsi, la première salle de l’exposition présente une série de diapositives montées dans des caissons lumineux qui mettent en avant des paysages. Produits entre 1987 et 2005, ces paysages urbains offrent une vaste vision des zones urbaines et périurbaines de Vancouver. Jeff Wall considère les paysages urbains comme un aspect important de son travail, qui lui permet d’explorer l’essence même de la ville, les rapports qu’elle entretient avec les zones non urbaines ou périurbaines qui l’entourent, et sa spécificité en tant que théâtre du maillage infini d’événements qui constituent la vie en société.
Les salles suivantes réunissent des scènes réalisées dans des intérieurs et des extérieurs variés, publics et privés, représentant des hommes et des femmes, des personnes pauvres et aisées, jeunes et âgées – certaines images témoignant d’un travail et d’un artifice recherchés, d’autres ne semblant avoir nécessité aucun effort, en couleur et en noir et blanc, transparentes et opaques, de grand et de petit format, représentant le réel et l’irréel, et un large éventail d’atmosphères, d’états d’esprit et de relations.
Les oeuvres les plus célèbres de l’artiste
L’exposition inclut beaucoup des oeuvres les plus célèbres de l’artiste, parmi elles After ‘Invisible Man’ by Ralph Ellison, the Prologue (1999–2000),
construction d’une scène du roman de 1952 d’Ellison qui montre le jeune protagoniste noir en train de rédiger l’histoire du livre dans son repaire secret en sous-sol, éclairé d’exactement 1369 ampoules électriques. A Sudden Gust of Wind (after Hokusai) (1993), l’une des oeuvres aux dimensions les plus impressionnantes de Wall, est une adaptation contemporaine d’une des planches de la série de gravures sur bois de Katsushika Hokusai Trente-six vues du mont Fuji (1830- 1832). Ces deux images puisent leurs origines dans les oeuvres d’autres artistes ;
Wall s’accorde la liberté de trouver ses sujets là où le mène son imagination. A Sudden Gust of Wind est l’une des premières oeuvres pour lesquelles l’artiste a recouru à la technologie numérique, qui lui permet de combiner plusieurs négatifs individuels en une seule image finale.
Les oeuvres récentes en contrepoint des oeuvres anciennes
La plupart des oeuvres récentes de Wall sont inclues dans l’exposition, généralement présentées en contrepoint à des images plus anciennes. Fallen rider (2022), image d’une femme qui vient de chuter de sa monture,
est accroché face à War game (2007), où trois jeunes garçons, apparemment photographiés pendant un jeu de guerre, sont allongés sous surveillance dans une prison improvisée.
Dans Parent child (2019), c’est une petite fille qui est allongée, cette fois sur un trottoir dans l’ombre paisible d’un arbre, sous le regard d’un homme qui est probablement son père.
Comme des images de film, les photographies de Wall semblent saisir un instant en train de se dérouler – l’avant et l’après demeurent hors champ. Sur un mur voisin est accroché Maquette for a monument to the contemplation of the possibility of mending a hole in a sock (2023), dans lequel une autre figure contemplative, une femme d’un certain âge tenant à la main une aiguille, considère un trou dans le talon usé d’une chaussette mauve. La repriseuse semble irréelle, telle une apparition nous rappelant à l’incertitude qui pèse sur la volonté et la capacité de l’humanité à réparer ce qui a été usé, sursollicité et abîmé.
Le catalogue
Le catalogue de l’exposition, mis en page par Uwe Koch en consultation étroite avec l’artiste, est publié en version anglaise et allemande par Hatje Cantz Verlag, Berlin. Sur 240 pages, il contient des illustrations des oeuvres de l’exposition, une conversation entre Jeff Wall et Martin Schwander, une explication détaillée de l’artiste lui-même de la sélection des oeuvres et de leur accrochage dans les onze salles de l’exposition, ainsi que des essais rédigés par Martin Schwander et Ralph Ubl.
Horaires d’ouverture de la Fondation Beyeler : tous les jours 10h00–18h00, le mercredi jusqu’à 20h00
Programmation associée « Jeff Wall »
Dimanche, 28 janvier 14h –15h Conférence de Jeff Wall L’artiste canadien Jeff Wall s’exprimera personellement sur place au sujet de son travail actuel et de sa toute nouvelle exposition, qui sera présentée à la Fondation Beyeler du 28 janvier au 21 avril 2024. L’exposition peut être visitée avant et après la manifestation. La conférence sera donnée en anglais. Prix : billett d’entrée Un lundi sur deux à partir du 29 janvier 14h–15h Perspectives – en allemand Un lundi sur deux, nous vous invitons au parcours thématique autour de thèmes choisis, en rapport avec l’exposition « Jeff Wall », en compagnie d’un.e membre de notre équipe de médiation. Ce format vous permet de découvrir les oeuvres sous des angles inattendus, d’élargir vos connaissances et d’approfondir votre compréhension de certaines oeuvres choisies. 29.01. Échos – l’histoire de l’art pour toile de fond 12.02. Une absence – langage et image 26.02. Freeze – l’instant décisif 11.03. Par procuration – poupées, zombies, actrices et acteurs 25.03. Visions du monde – paysage et société 08.04. Poses, postures et gestes – le corps signifiant Prix : billet d’entrée + CHF 7.- Samedi, 3 février Dimanche, 4 février Samedi, 2 mars Dimanche, 3 mars Samedi, 20 avril Dimanche, 21 avril 10h–18h Open Studio – en allemand Au travers de différents ateliers, l’Open Studio offre à ses participants l’opportunité d’aborder et d’approfondir divers thèmes et techniques de travail, ainsi que de s’essayer eux-mêmes à quelques explorations créatives. Sans inscription. Participation gratuite et ouverte à tous les âges (en compagnie d’un adulte pour les enfants jusqu’à 12 ans). Dimanche, 4 février Dimanche, 3 mars Dimanche, 21 avril 11h–12h Visite accompagnée en famille – en allemand Une expérience artistique et ludique pour les enfants de 6 à 10 ans accompagnés de leurs parents. La visite accompagnée et interactive en famille fait de l’art une expérience ludique pour petits et grands. Le nombre de participants est limité. Prix : jusqu’à 10 ans : CHF 7.- /Adultes : billet d’entrée Un mercredi sur deux à partir du 7 février 12h30–13h Conversation autour d’une oeuvre – en allemand Lors de cette confrontation courte mais intense avec une oeuvre d’art choisie, vous aurez accès à des informations sur les singularités de l’oeuvre en question, sur son auteur et sur l’époque de sa genèse. Le nombre de participants est limité. 07.02. Jeff Wall, Dead Troops Talk, 1992 21.02. Jeff Wall, The Storyteller, 1986 06.03. Jeff Wall, After ‘Invisible Man’ by Ralph Ellison, 1999/2000 20.03. Jeff Wall, War game, 2007 03.04. Jeff Wall, In the Legion, 2022 17.04. Jeff Wall, Restoration, 1993 Prix : billet d’entrée + CHF 7.- Mercredi, 7 février Mercredi, 6 mars 18h30–19h30 Visite avec les commissaires de l’exposition Vous souhaitez voir les expositions de la Fondation Beyeler à travers les yeux de celles et de ceux qui les conçoivent ? Cette visite vous en donne l’occasion. Les commissaires ne se contentent pas de vous renseigner sur la conception, l’organisation et la programmation de l’exposition, mais vous apportent également des éclairages sur les artistes, leur époque, la genèse des oeuvres et leur signification dans le contexte artistique. Le nombre de participants est limité. Prix : CHF 35.- / Bénéficiaires d’une rente AI 30.- / Moins de 25 ans 10.- / Art Club, Young Art Club, Amis, Museums-PASS-Musées 10.- Dimanche, 11 février Dimanche, 10 mars Dimanche, 7. avril Visite accompagnée – en français Aperçu de l’exposition « Jeff Wall ». Le nombre de participants est limité. Prix : billet d’entrée + CHF 7.- Jeudi, 22 février Jeudi, 14 mars Jeudi, 11 avril 10h30–11h30 Sketch it! – en allemand « Sketch it » donne l’occasion de se confronter de manière créative à des oeuvres choisies exposées à la Fondation Beyeler. En particulier, les oeuvres photographiques de Jeff Wall nous inspirent à explorer différentes techniques. Nous posons ainsi un regard neuf sur les oeuvres originales. Tous les matériaux nécessaires sont mis à disposition. Prix : billet d’entrée + CHF 10.- Dimanche, 25 février Dimanche, 7 avril 9h–12h L’art au petit déjeuner – en allemand Délicieux petit–déjeuner au « Beyeler Restaurant im Park » suivi d’une visite accompagnée (11–12h) de l’exposition. Le nombre de participants est limité. Attention : la vente des billets se termine le vendredi après-midi. Prix : CHF 80.- / Bénéficiaires d’une rente AI 75.- / Moins de 25 ans 55.- / Art Club, Young Art Club, Amis, Museums-PASS-Musées 48.- Mercredi, 28 février 18h–20h30 Atelier pour adultes – en allemand L’atelier pour adultes offre la possibilité d’approfondir de manière active par la pratique ce que l’on a vu et vécu durant la visite guidée. L’objectif est de comprendre les techniques artistiques en atelier et de les mettre en pratique. Point n’est besoin de notions ni de compétences artistiques; toutes les personnes s’intéressant à l’art – que ce soit sous l’angle esthétique, philosophique ou artisanal – sont les bienvenues. Le nombre de participants est limité. Inscription obligatoire : tours@fondationbeyeler.ch ou 061 645 97 20. Prix : billet d’entrée + CHF 20.- (matériel inclus) Jeudi, 29 février 16h30–17h30 Visite accompagnée pour personnes avec un handicap visuel – en allemand Les visites guidées destinées aux malvoyants et aveugles contiennent des descriptions détaillées qui permettent de faire ressentir l’oeuvre au plus profond. Votre chien guide peut vous accompagner dans le musée. Nous souhaitons vous informer du fait que les oeuvres ne peuvent pas être touchées. Entrée gratuite pour une personne accompagnante. Le nombre de participants est limité. Inscription obligatoire : tours@fondationbeyeler.ch ou 061 645 97 20. Prix : billet d’entrée Jeudi, 7 mars 16h30–17h30 Visite accompagnée pour personnes avec un handicap auditif – en allemand Un(e) interprète traduit les explications des oeuvres d’art de l’exposition en cours simultanément en langage des signes. Le nombre de participants est limité. Inscription obligatoire : tours@fondationbeyeler.ch ou 061 645 97 20. Prix : billet d’entrée Mercredi, 13 mars 14h–16h30 Ateliers pour enfants – en allemand Découverte de l’exposition au cours d’une visite guidée suivie d’expérimentations ludiques dans l’atelier. Inscription obligatoire : tours@fondationbeyeler.ch ou 061 645 97 20. Prix : CHF 10.- matériel inclus Dimanche, 14 avril 10h–18h Journée des familles – en français, allemand & anglais Organisée autour de l’exposition « Jeff Wall », la Journée des familles sera consacrée aux histoires, aux secrets et aux ambiances qui imprègnent les univers visuels de l’artiste canadien. Des visites guidées en famille offriront un accès amusant aux oeuvres et aux thèmes de l’exposition. Les plus jeunes pourront voyager sur le tapis des contes ou explorer le musée en compagnie de Fred l’écureuil. Des ateliers pour tous les âges proposeront des activités de création, de découverte et de jeu. Toutes les animations de la Journée des familles sont comprises dans le billet d’accès au musée. L’accès au musée est gratuit jusqu’à 25 ans
Depuis six ans, La Quinzaine de la Danse est devenue un rendez-vous incontournable sur le territoire de l’Agglomération mulhousienne. Il permet de partager et de faire rayonner le travail que nous portons ensemble à trois structures. Aujourd’hui, plus que jamais, nous pensons qu’il nous faut retrouver du sens et continuer à favoriser l’accès du plus grand nombre aux œuvres. Nous nous plaçons ensemble, artistes, spectateur·rices, en plein milieu d’un monde qu’il nous faut sans cesse interroger, comprendre, poétiser. Engagée sur les enjeux esthétiques et les questions de société, la programmation ouvre les regards vers tant d’horizons. C’est dans cette perspective que nous nous sommes engagés à représenter et soutenir la danse dans sa pluralité. La multiplicité des styles et la richesse des cultures chorégraphiques représentées dans nos structures nous permettent de programmer sur ce temps de festival une grande diversité d’artistes. Nous renforçons nos liens avec le Canada en accueillant deux propositions qui traversent l’Atlantique pour venir à votre rencontre.
Venez célébrer la danse à nos côtés, voyagez d’une structure à l’autre, profitez du pass Quinzaine, vibrez avec les propositions qui gravitent autour de La Quinzaine. Bon festival !
Initiée par Thomas Ress, directeur de l’ESPACE 110 – Centre Culturel d’Illzach et également portée par Benoît André, directeur de La Filature, Scène nationale de Mulhouse et Bruno Bouché, directeur du CCN•Balletdel’OpéranationalduRhin, la 6e édition de La Quinzaine de la Danse offre au public de l’agglomération mulhousienne un programme inédit dansplusieurslieuxpartenaires.
Le premier spectacle à plein tarif donne accès aux autres spectacles au tarif partenaires sur présentation du premier billet, dans toutes les structures
Les adresses de La Quinzaine :
ESPACE 110 – CENTRE CULTUREL D’ILLZACH 1 avenue des rives de l’Ill 68110 ILLZACH +33 (0)3 89 52 18 81 www.espace110.org
LA FILATURE, SCÈNE NATIONALE DE MULHOUSE 20 allée Nathan Katz 68100 MULHOUSE +33 (0)3 89 36 28 28 www.lafilature.org
CCN•BALLET DE L’OPÉRA NATIONAL DU RHIN 38 passage du Théâtre 68100 MULHOUSE +33 (0)3 89 45 94 10 www.operanationaldurhin.eu
PATINOIRE OLYMPIQUE DE MULHOUSE 47 boulevard Charles Stoessel 68200 MULHOUSE
LA PASSERELLE, CENTRE SOCIAL ET RELAIS CULTUREL au Trèfle, allée du Chemin Vert 68170 RIXHEIM +33 (0)3 89 54 21 55 www.la-passerelle.fr
GYMNASE MAURICE SCHOENACKER rue Jules Verne 68200 MULHOUSE
Création mondiale. Production du CCN • Ballet de l’Opéra national du Rhin et de La Compagnie des Petits Champs.
D’après They Shoot Horses, Don’t They? (1935) de Horace McCoy.
Règlement du marathon de danse à l’usage des compétiteurs: 1. La compétition est ouverte à tous les couples amateurs ou professionnels. — 2. Le marathon n’a pas de terme fixé : il est susceptible de durer plusieurs semaines. — 3. Le couple vainqueur est le dernier debout après abandon ou disqualification des autres compétiteurs. — 4. Les compétiteurs doivent rester en mouvement 45 minutes par heure. — 5. Un genou au sol vaut disqualification. — 6. Des lits sont mis à disposition 11 minutes durant chaque pause horaire. — 7. Baquets à glaçons, sels et gifles sont autorisés pour le réveil. — 8. Les compétiteurs se conforment aux directives de l’animateur. — 9. Sponsors et pourboires lancés sur la piste par le public sont autorisés. — 10. Des collations sont distribuées gracieusement durant la compétition. — 11. L’organisateur décline toute responsabilité en cas de dommage physique ou mental.
En 1935, l’écrivain américain Horace McCoy décrivait dans On achève bien les chevaux le spectacle mortifère d’individus tombés dans la misère, réduits pour quelques dollars à danser jusqu’à épuisement pour divertir un public en mal de sensations fortes. Après une première adaptation au cinéma par Sydney Pollack en 1969, Bruno Bouché, Clément Hervieu-Léger et Daniel San Pedro s’emparent à leur tour de ce roman noir pour créer ensemble une nouvelle forme de danse-théâtre, réunissant sur scène quarante-quatre danseurs, comédiens et musiciens.
Coproduction avec la Maison de la danse, Lyon-Pôle européen de création, la Scène nationale du Sud Aquitain et la Maison de la culture d’Amiens, Pôle européen de création et de production
Assistant mise en scène et dramaturgie : Aurélien Hamard-Padis Scénographie : Bogna Grażyna Jaroslawski, Aurélie Maestre Costumes : Caroline de Vivaise Lumières : Alban Sauvé Son : Nicolas Lespagnol
Les artistes
Comédiens : Louis Berthélémy, Luca Besse, Clémence Boué, Stéphane Facco, Joshua Hoffalt, Juliette Léger, Muriel Zusperreguy, Daniel San Pedro
Musiciens : M’hamed El Menjra, David Paycha, Noé Codjia, Maxime Georges
CCN • Ballet de l’Opéra national du Rhin
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Sans titre – Ukraine dénonce par l’art les horreurs de la guerre
Lors de la Biennale de Venise en avril 2022, le Président ukrainien Volodymyr Zelensky, a exhorté les artistes du monde entier à soutenir l’Ukraine. LesÉditions Jannink ont répondu à cet appel en demandant à l’artiste-plasticien Jean Pierre Raynaud de faire don à l’Ukraine d’une oeuvre inédite. À l’instar de Guernica (1937) de Picasso, Raynaud a repris les dimensions exactes (3,49 m x 7,76 m) de cette oeuvre emblématique. Comme la toile du peintre espagnol, les deux toiles monumentales étaient exposées à la foire d’art contemporain ST-ART à Strasbourg 2023, pour entamer une tournée d’expositions mondiale.
Après la Sorbonne à Paris et ST-ART à Strasbourg, je suis très heureux que la Ville de Schiltigheim, avec sa Maire Danielle Dambachet son adjointe à la Culture, aux Participations Citoyennes et à la Politique de la Ville, Nathalie Jampoc-Bertrand, marquent leur soutien dans ce réseau international 1937 Guernica / Ukraine 2022 que nous mettons en place avec Baudouin Jannink, initiateur de ce projet. Robert Becker
Nathalie Jampoc-Bertrand nous dit :
« Parce qu’il n’est jamais vain de s’engager contre la violence, pour la paix et qu’il est essentiel de rappeler que l’art est un révélateur de l’Histoire, la Ville de Schiltigheim renouvelle ainsi son soutien à l’Ukraine et son engagement aux côtés des victimes de la guerre.«
Cette œuvre monumentale réalisée par l’artiste Jean Pierre Raynaud en réponse à l’appel du Président Zelensky pour soutenir son pays suite à l’invasion de son pays, en écho au Guernicade Picasso, symbole pour la paix, sera exposée avec la reproduction en taille réelle de Guernica dans la salle de l’Aquarium de la Mairie de Schiltigheim.
Information importante
Mardi 23 janvier 2024 à 18h30: Inauguration officielle avec Danielle Dambach, Nathalie Jampoc-Bertrand, Adjointe et Baudouin Jannink, éditeur d’art qui a proposé à Jean Pierre Raynaud de relever ce défi.
Suivi d’une Performance de Geneviève Charras avec Baudouin Jannink Aphorismes dansés #2 face aux œuvres dans l’Aquarium.
Et d’un récital piano-voix de Hanna Koval et Olga Fekete
Entrée libre sur invitation.
Si vous souhaitez une invitation* pour le vernissage, merci de le demander par mail. à Robert Becker
à Auvers-sur-Oise, Vincent van Gogh, Champ de blé sous des nuages d’orage, 1890, huile sur toile, Amsterdam
Au musée d’Orsay jusqu'au 4 février 2024 Commissariat : Emmanuel Coquery, conservateur général, directeur du développement culturel et du musée de la Bibliothèque nationale de France, Paris ; Nienke Bakker, conservatrice des peintures au Van Gogh Museum, Amsterdam. En collaboration avec Louis van Tilborgh et Teio Meedendorp, chercheurs au Van Gogh Museum, Amsterdam. Exposition organisée par l’Établissement public du musée d’Orsay et du musée de l’Orangerie – Valérie- Giscard-d’Estaing, Paris, et le Van Gogh Museum, Amsterdam.
Les derniers mois
Cette exposition événement – d’abord présentée au Van Gogh Museum à Amsterdam jusqu’au 3 septembre 2023 – est consacrée aux œuvres produites par Vincent van Gogh durant les deux derniers mois de sa vie à Auvers-sur-Oise, près de Paris : un véritable chant du cygne où l’artiste, plus prolifique que jamais, livre toutes ses dernières forces dans son art. L’exposition constitue l’aboutissement d’années de recherches sur cette phase cruciale de la vie de l’artiste.
Arrivé à Auvers-sur-Oise le 20 mai 1890, Vincent van Gogh y décède le 29 juillet à la suite d’une tentative de suicide. Durement éprouvé par les différentes crises subies à Arles puis dans l’asile de Saint-Rémy, Vincent van Gogh se rapproche de Paris et de son frère Théo, désormais marié et père d’un petit Vincent, pour retrouver un nouvel élan créatif. Le choix d’Auvers tient à la présence dans le village du Dr Gachet, médecin spécialisé dans le traitement de la mélancolie, et par ailleurs ami des impressionnistes.
Van Gogh s’installe au centre du village, dans l’auberge Ravoux, et explore tous les aspects du nouveau monde qui s’offre à lui, tout en luttant contre des inquiétudes multiples, alors même qu’il connaît une notoriété naissante dans la critique. Aucune exposition n’a encore été consacrée exclusivement à cette ultime période de sa carrière, alors qu’à Auvers, l’artiste a produit 73 tableaux et 33 dessins, parmi lesquels des chefs-d’œuvre iconiques comme Le Docteur Paul Gachet,
L’église d’Auvers-sur-Oise, ou encoreChamp de blé aux corbeaux. L’exposition met en lumière cette période prolixe, à travers une cinquantaine de tableaux et une vingtaine de dessins. Elle présente notamment une série unique dans l’œuvre de van Gogh : onze tableaux d’un format allongé en double carré, et se conclut par une plongée dans la dimension cinématographique du mythe van Gogh.
Biographie
La vie de van gogh 30 mars 1853 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Vincent van Gogh naît à Zundert (Pays-Bas), dans une famille bourgeoise. Son père, Theodorus van Gogh, est pasteur. 1869 – 1876 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Van Gogh est employé chez Goupil & Cie, maison de commerce d’art, à La Haye, Londres puis Paris. 1878 – 1880 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Après des études abandonnées de théologie, il devient prédicateur laïc dans le Borinage, près de Mons, en Belgique, auprès d’une population de mineurs de charbon. 1880 – 1886 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Il décide de devenir artiste, prend des cours de peinture mais se forme surtout en autodidacte, à La Haye, dans la Drenthe, et à Nuenen. Son frère Theo subvient à ses besoins. février 1886 – février 1888 . . . . . . . . Il vit chez Theo à Paris, côtoie Émile Bernard, Paul Gauguin, Henri de Toulouse-Lautrec ou Paul Signac, et expose ses oeuvres. février 1888 – mai 1889 . . . . . . . . . . . . Il s’installe à Arles. Le 23 octobre, Gauguin le rejoint et travaille avec lui. Le 23 décembre, après une dispute, Van Gogh se tranche l’oreille gauche. Ses premières crises de démence apparaissent. mai 1889 – mai 1890 . . . . . . . . . . . . . . . . . Il est interné à l’asile Saint-Paul-de-Mausole, près de Saint-Rémy-de-Provence. 20 mai – 29 juillet 1890 . . . . . . . . . . . . Van Gogh s’installe à Auvers-sur-Oise, à l’auberge Ravoux. Il meurt des suites d’un coup de revolver dans la poitrine, tiré le 27 juillet.
Sa dernière toile
Les Racines 1890
Autour de l’exposition
En visite Réalité virtuelle « La palette de Van Gogh » Activité proposée pendant toute la durée de l’exposition Réservation obligatoire sur billetterie.musee-orsay.fr Durée : 10 min / tarif : 6 € (n’inclut pas le droit d’entrée au musée)
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En France, la tradition de la galette des rois vient célébrer l'épiphanie. Mais qui sont vraiment ces trois rois mages ? Que dit le texte biblique sur ces personnages ?
Ils chantent la venue des Rois Mages : 300 petits chanteurs affiliés aux Pueri Cantores entonnent La marche des rois dans la magnifique cathédrale de Saint-Louis des Invalides à Paris. De notre côté, on vous fait découvrir une nouvelle chose sur ces fameux rois dans L’éclairage !
Le texte biblique qui raconte la venue des Mages à Bethléem pour adorer Jésus
Jésus étant né à Bethléem de Judée aux jours du roi Hérode voici que des mages d’Orient arrivèrent à Jérusalem disant : – Où est le roi des Juifs qui vient de naître? Car nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus l’adorer.
Ce que le roi Hérode ayant appris il fut troublé et tout Jérusalem avec lui. Il assembla tous les grands prêtres et les scribes du peuple et il s’enquit auprès d’eux où devait naître le Christ.
Ils lui dirent : – À Bethléem de Judée car ainsi a-t-il été écrit par le prophète : Et toi Bethléem terre de Juda tu n’es pas la moindre parmi les principales villes de Juda car de toi sortira un chef qui paîtra Israël mon peuple.
Alors Hérode ayant fait venir secrètement les mages s’enquit avec soin auprès d’eux du temps où l’étoile était apparue. Et il les envoya à Bethléem en disant : – Allez, informez-vous exactement au sujet de l’enfant et lorsque vous l’aurez trouvé faites-le-moi savoir afin que moi aussi j’aille l’adorer.
Ayant entendu les paroles du roi ils partirent. Et voilà que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient allait devant eux jusqu’à ce qu’elle vint et s’arrêta au-dessus du lieu où était l’enfant. À la vue de l’étoile ils se réjouirent avec une très grande joie. Ils entrèrent dans la maison, trouvèrent l’enfant avec Marie sa mère et se prosternant, ils l’adorèrent puis, ouvrant leurs trésors, ils lui offrirent des présents : de l’or de l’encens et de la myrrhe. Et ayant été avertis en songe de ne point retourner vers Hérode ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.
Chapitre 2 de l’Évangile de Matthieu dans le Nouveau Testament, versets 1 à 12. Traduit par les équipes de notre programme de recherches La Bible En Ses Traditions
Les trois Rois Mages : une invention de la tradition chrétienne
On passe au tapis 3 points de ce récit à travers 3 questions :
sont-ils trois ?
sont-ils rois ?
d’où sortent leurs prénoms ?
Trois mages, vraiment ?
En fait, rien n’assure qu’ils sont seulement trois. Les trois « rois mages », « Gaspard, Melchior et Balthasar », sont l’un des fruits de la tradition.
En effet, le texte du Nouveau Testament ne précise pas le nombre de mages. Plusieurs traditions ont existé. Celle qui a fini par dominer est celle qui compte trois rois, d’après les trois dons qu’ils apportent : l’or, l’encens et la myrrhe.
Des rois ou des conseillers royaux ?
Rien n’atteste non plus que les « mages » sont aussi des « rois ». C’est d’ailleurs étranger à l’esprit du texte biblique : les mages orientaux ne sont pas des rois mais plutôt des conseillers royaux. Tertullien (au tournant du IIème et du IIIème siècle) est le premier à avoir vu dans ces mages des rois, car, dit-il, l’orient était gouverné par des mages (Contre Marcion, 3,13)
Une tradition qui remonte au VIème siècle
Progressivement la tradition a aussi nommé les rois. Les prénoms Gaspard, Balthazar et Melchior apparaissent pour la première fois dans le Livre de la Caverne des trésors, ouvrage écrit en langue syriaque et attribué par plusieurs traditions manuscrites à Éphrem de Nisibe.
Bernanos s’était visiblement donné la peine de lire le texte biblique puisqu’il parle d’eux comme de simples « Mages ». Dans un petit écrit sur Luther, datant de 1943, il fait parler le Christ et propose une méditation magnifique de ce qu’est l’Eglise :
« Dès le commencement, mon Église a été ce qu’elle est encore, ce qu’elle sera jusqu’au dernier jour, le scandale des esprits forts, la déception des esprits faibles, l’épreuve et la consolation des âmes intérieures, qui n’y cherchent que moi.
Oui, frère Martin, qui m’y cherche m’y trouve, mais il faut m’y trouver, et j’y suis mieux caché qu’on le pense, ou que certains de mes prêtres prétendent vous le faire croire – plus difficile encore à découvrir que dans la petite étable de Bethléem, pour ceux qui ne vont pas humblement vers moi, derrière les Mages et les Bergers.
Car c’est vrai qu’on m’a construit des palais, avec des galeries et des péristyles sans nombre, magnifiquement éclairés jour et nuit, peuplés de gardes et de sentinelles, mais pour me trouver là, comme sur la vieille route de Judée, ensevelie sous la neige, le plus malin n’a encore qu’à me demander ce qui lui est seulement nécessaire : une étoile et un cœur pur. «
« Martin Luther », 1943, cité par A. Béguin, Bernanos par lui-même, Paris, Seuil, 1954.
Lorenzo Lotto (1480-1556), L’adoration des bergers (1534, huile sur toile, 147 x 166 cm), Pinacoteca Tosio Martinengo, Brescia (Italie). Domaine public.
Le récit de la naissance de Jésus dans l’évangile de Luc. Collège des Bernardins origine
Le texte biblique
Il advint aussi, en ces jours-là, que sortit un édit de César Auguste ordonnant de recenser tout le monde habité. Ce fut le premier recensement, Quirinius étant gouverneur de Syrie.
Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville. Joseph aussi monta de Galilée, de la ville de Nazareth vers la Judée, vers la ville de David qui s’appelle Bethléem, parce qu’il était de la maison et de la lignée de David, pour se faire recenser avec Marie promise pour être sa femme, laquelle était enceinte.
Or il advint, comme ils étaient là, que furent accomplis les jours où elle devait enfanter. Et elle mit au monde son fils, celui qui fut son premier-né, et elle l’emmaillota et le coucha dans la mangeoire parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans la salle.
Il y avait dans la région même des bergers qui vivaient aux champs et qui passaient les veilles de la nuit à veiller leur troupeau. Et voici, l’ange du Seigneur se tint près d’eux et la gloire du Seigneur resplendit autour d’eux et ils furent saisis d’une grande crainte.
Mais l’ange leur dit : — Soyez sans crainte car voici, je vous annonce la bonne nouvelle d’une grande joie, qui sera celle de tout le peuple : Aujourd’hui vous est né un Sauveur, qui est le Christ Seigneur, dans la cité de David. Et voici pour vous le signe : vous trouverez un nouveau-né emmailloté placé dans une mangeoire.
Et soudain il y eut avec l’ange une multitude de l’armée céleste louant Dieu et disant : — Gloire à Dieu dans les hauteurs et sur la terre paix aux hommes, volonté bonne.
Et il advint, quand les anges les eurent quittés pour le ciel que les hommes, les bergers se disaient entre eux : — Passons donc jusqu’à Bethléem et voyons cette parole qui est arrivée que le Seigneur nous a fait connaître.
Et ils vinrent en hâte et ils trouvèrent Marie et Joseph et le nouveau-né placé dans la mangeoire.
Après avoir vu, ils firent connaître la parole qui leur avait été dite au sujet de cet enfant. Et tous ceux qui les entendirent s’étonnèrent de ce que leur disaient les bergers. Quant à Marie, elle conservait avec soin toutes ces paroles, conférant en son cœur. Et les bergers s’en retournèrent, glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu comme il leur avait été annoncé.
Évangile selon saint Luc, chapitre 2, versets 1 à 20. Traduit du grec de la tradition byzantine par les équipes du programme de recherche La Bible en ses Traditions.
La Fuite en Egypte Caravage
L’éclairage
La Nativité : naissance d’un tout petit enfant nommé Jésus
À la veille de Noël, ce passage de l’évangile de Luc tombe à pic : il met en lumière la succession des scènes qui rythment l’événement de la Nativité.
À vrai dire, on assiste même à tout un défilé de personnages et d’allers-retours.
Premier élément qui caractérise cette naissance : il n’y a pas de place pour Joseph et Marie dans la salle commune, et Jésus nouveau-né est d’emblée placé dans une mangeoire.
Les premiers témoins de cette naissance sont les bergers des environs. Un ange leur annonce la bonne nouvelle.
L’ange messager de bonne nouvelle est ensuite rejoint par un cortège d’anges qui forme une immense chorale chantant la louange de Dieu.
Les bergers se rendent à Bethléem en hâte pour constater de leurs propres yeux cette naissance.
Tandis que Marie garde ses événements et les médite, les bergers font connaître cette bonne nouvelle et chantent la louange de Dieu.
Fra Angelico Florence
« Entre le bœuf et l’âne gris », vraiment ?
La tradition chrétienne a largement popularisé de nombreux chants de Noël, parmi lesquels le célèbre « Entre le bœuf et l’âne gris » . Mais d’où viennent ce bœuf et cet âne ? Avez-vous relevé la mention de ces deux animaux dans le texte de l’évangile ?
Certes, la mention de la « mangeoire » dans laquelle Jésus est déposé situe la scène dans un décor où le bœuf et l’âne auraient toute leur place (puisqu’une mangeoire est par définition un grand récipient où est déposée la nourriture destinée aux animaux).
Mais autant le dire d’emblée : vous ne trouverez pas la moindre trace du bœuf et de l’âne dans les évangiles. Il s’agit purement et simplement d’une tradition, qui ne s’explique pas directement par le texte de l’évangile.
Mais pourquoi le bœuf et l’âne sont-ils parmi les personnages principaux des crèches de Noël ? La tradition populaire dit que l’haleine du bœuf et de l’âne servent à réchauffer le petit Jésus. C’est une belle invention qui découle en fait d’une exégèse antique. Car la référence au bœuf et à l’âne provient… du Livre d’Isaïe, dans l’Ancien Testament !
« Le bœuf connaît son possesseur ; et l’âne, la crèche de son maître : Israël ne connaît pas, mon peuple ne réfléchit pas. » (Is 1,3)
Le prophète Isaïe reproche au peuple d’Israël de ne pas connaître ou reconnaître son Dieu — au contraire du bœuf et de l’âne qui, eux, connaissent leur maître.
Pour les Pères de l’Église, le bœuf et l’âne représentent symboliquement le peuple humble qui reconnaît son sauveur et son Dieu dans ce petit enfant posé dans une mangeoire.
Petit détour par le Livre du prophète Habacuc
Mais on peut aussi avancer une seconde explication. Dans la traduction grecque de la Bible (la Septante), un court verset du prophète Habacuc dit* :
« Tu te manifesteras au milieu de deux animaux » (Ha 3,2 LXX)
Dès les premiers siècles de notre ère, les chrétiens ont donc interprété cette prophétie comme l’annonce de la naissance de Jésus.
Finalement, c’est à partir de références issues d’Isaïe ou d’Habacuc que la tradition chrétienne a symboliquement associé le bœuf et l’âne au récit de la naissance de Jésus, même si les évangiles n’en disent rien.
*Vous ne trouverez pas cette phrase telle quelle dans les traductions de l’hébreu, car ce verset dans la version hébraïque dit : « Au milieu des années, fais-la connaître » (Ha 3,2)
Un voyage à dos d’âne ?
Le duo de l’âne et du bœuf n’est donc pas mentionné dans le texte des évangiles. Mais l’âne seul tient, lui, une place toute particulière dans les représentations des deux récits autour de Noël où on retrouve la Sainte Famille… et un âne :
Marie et Joseph viennent à Bethléem pour se faire recenser(Lc 2, 1-7). Or, ils viennent de loin (de Nazareth, 150 km plus au nord). Les peintres et les artistes ont souvent représenté ce voyage avec Marie à dos d’âne — même si rien ne le dit explicitement dans le texte.
Dans l’évangile de Matthieu, le récit de la fuite en Égypte(Mt 2, 13-23) est souvent représenté comme un voyage à dos d’âne — même si, une fois de plus, le texte de l’évangile n’en dit rien !
En fait, dans l’Ancien Testament l’âne est l’animal royal par excellence. Ainsi, lors de son entrée à Jérusalem (fêtée par les Chrétiens lors du « dimanche des Rameaux »), Jésus arrive à dos d’âne, et ce détail fait écho à un passage prophétique du Livre de Zacharie qui annonce la venue du Messie sur une monture royale, alias à dos d’âne.
Bref, on se plaît chaque semaine à décrypter les habiles indices glissés dans les tableaux des peintres inspirés par les Écritures. Il faut savoir lire les images qui peuplent nos imaginaires non pas pour les « débunker », mais pour savoir d’où viennent certaines traditions et comment elles pointent vers une vérité plus profonde ! Ainsi, on pourra mieux apprécier les chefs-d’oeuvre, à l’image de ce tableau d’Aleksender Lauréus qui fait discrètement figurer trois personnages au second plan au fond à droit. L’âne au premier plan pointe vers le voyage qui commence ici mais qui mènera Jésus jusqu’à sa passion.
Aleksander Lauréus (1783-1823), Âne sellé (1820, huile sur toile, 25 x 33 cm), Pori Art Museum (Finlande). Domaine public.
Les moutons de la crèche
Pour finir ce numéro sur la présence des animaux autour de cet enfant qui naît à Bethléem, comment ne pas mentionner les moutons ou brebis ? Pour le coup, l’évangile de Luc parle des bergers qui viennent reconnaître et saluer cet enfant. On sait que les bergers surveillent leurs troupeaux (Lc 2,8), il y avait donc des brebis.
Encore une fois, il s’agit d’un détail symbolique. Dans le Proche-Orient ancien et l’Ancien Testament, le métier de berger a une connotation royale. L’un des textes les plus célèbres à cet égard est sans doute le psaume 23. Il s’agit d’un poème qui présente Dieu sous la figure d’un berger :
« Le Seigneur me fait paître, je ne manquerai de rien. Il me fait reposer dans de verts pâturages. Il me mène près des eaux rafraîchissantes, il restaure mon âme. » (Ps 23, 1-3)
La tradition des « moutons de la crèche » trouve d’ailleurs une magnifique interprétation :
À la suite de leurs maîtres les bergers de Bethléem, les brebis et moutons viennent rendre visite à ce nouveau-né.
Ainsi, les brebis (comme le bœuf et l’âne dans le Livre d’Isaïe) peuvent symboliser l’ensemble de la création qui vient reconnaître cet enfant comme son sauveur.
Finalement, ce ne sont pas seulement Marie, Joseph et les bergers qui entourent l’enfant dans la mangeoire de Bethléem, mais aussi les anges et les animaux. Autrement dit, toute la création se trouve réunie à la crèche pour célébrer la naissance du Christ !
Juan Bautista Maíno (1581-1649), L’adoration des bergers (vers 1614, huile sur toile, 314 cm x 174 cm), Musée du Prado, Madrid (Espagne). Domaine public.
Le mot de la fin
L’image du bœuf et de l’âne prenant place avec Marie et Joseph autour du « petit Jésus » est devenue une tradition. Et le poète Jules Supervielle (1884-1960) fait partie de ceux qui ont donné à cette tradition toute sa puissance poétique.
« Sur la route de Bethléem, l’âne conduit par Joseph portait la Vierge : elle pesait peu, n’étant occupée que de l’avenir en elle. Le bœuf suivait, tout seul. Arrivés en ville, les voyageurs pénétrèrent dans une étable abandonnée et Joseph se mit aussitôt au travail.
“Ces hommes, songeait le bœuf, sont tout de même étonnants. Voyez ce qu’ils parviennent à faire de leurs mains et de leurs bras. Cela vaut certes mieux que nos sabots et nos paturons. Et notre maître n’a pas son pareil pour arranger les choses, redresser le tordu et tordre le droit, faire ce qu’il faut sans regret ni mélancolie.”
Joseph sort et ne tarde pas à revenir, portant sur le dos de la paille, mais quelle paille, si vivace et ensoleillée qu’elle est un commencement de miracle.
“Que prépare-t-on là ? se dit l’âne. On dirait qu’ils font un petit lit d’enfant«
“On aura peut-être besoin de vous cette nuit”, dit la Vierge au bœuf et à l’âne. […]
Une voix légère mais qui vient de traverser tout le ciel les réveille bientôt. Le bœuf se lève, constate qu’il y a dans la crèche un enfant nu qui dort et, de son souffle, le réchauffe avec méthode, sans rien oublier. D’un souriant regard, la Vierge le remercie. Des êtres ailés entrent et sortent feignant de ne pas voir les murs qu’ils traversent avec tant d’aisance. »
Jules Supervielle (1884-1960), Le bœuf et l’âne de la crèche, nouvelle parue dans le recueil de contes L’enfant de la haute mer, Paris, Gallimard, 1931
Jusqu'au 7 JANVIER 2024au musée Picasso commissaire : Cécile Godefroy est historienne de l’art, docteure de l’université Paris IV - Sorbonne, membre de l’Association Internationale des Critiques d’art, elle est Responsable du Centre d’Etudes Picasso qui ouvrira en décembre 2023 au Musée national Picasso-Paris.
Si vous pensez voir des Picasso, passez votre chemin. Si vous êtes des inconditionnels de Sophie Calle, cette exposition est pour vous. Invitée pour une Carte blanche au musée Picasso-Paris dans le cadre des évènements autour des 50 ans de la mort du géant de l’art moderne, Sophie Calle investit les quatre niveaux du bâtiment déployant son travail autour de deux grands thèmes : la question du regard et celle de la disparition et de la mort.
Prologue
Sophie Calle célèbre à sa manière les 50 ans de la mort de Pablo Picasso, en investissant la totalité des quatre étages de l’hôtel Salé avec une proposition d’exposition inédite. Organisée en quatre temps correspondant aux quatre étages du musée, l’exposition À toi de faire, ma mignonne prend le contre-pied des multiples évènements de la « Célébration Picasso 1973-2023 » qui mettent à l’honneur l’artiste espagnol. L’exposition de Sophie Calle porte un regard curieux et décalé sur un choix d’oeuvres emblématiques de Picasso dont l’artiste convoque les images ou la mémoire au travers d’un récit personnel qui se déroule au rez-de-chaussée du musée. Avec cette exposition, qui au fil des étages se déploie indépendamment de Picasso et prend un caractère volontiers rétrospectif, Sophie Calle explore certaines des thématiques qui lui sont centrales telles que la privation du regard ou la disparition en ayant recours à l’archive et à l’écriture comme sources et matières premières de sa création. Relevant le défi de l’invitation, l’artiste interroge avec esprit et profondeur la réception critique de son oeuvre et son souci de transmission aux générations futures.
PARCOURS D’EXPOSITION
PICALSO
Niveau 0
Le rez-de-chaussée de l’hôtel Salé marque l’entrée en scène de Sophie Calle au musée Picasso. À l’exception de trois autoportraits de Picasso qui entourent l’artiste faisant sa mignonne, ici incarnée par la présentation du polar qui donna titre à l’exposition, l’étage joue sur une présence en creux du peintre espagnol. À l’appui d’un récit personnel, Sophie Calle initie le dialogue en usant d’anecdotes et souvenirs – certains remontant à l’enfance -, de contrepoints visuels et de détournements. Avec les «Picasso confinés », ce sont les tableaux accrochés, protégés de la lumière et photographiés pendant le confinement qui sont donnés à voir.
L’absence rode également sur les « Picasso fantômes », soit cinq tableaux majeurs de Picasso que de grands voilages, brodés au format des oeuvres, couvrent de descriptions récoltées auprès du personnel du musée à un moment où les oeuvres étaient prêtées à l’extérieur.
Une composition monumentaleenfin, au format de la célèbre peinture Guernica, fait oeuvre collective en réunissant près de deux cents photographies, objets et miniatures de la collection personnelle de Sophie Calle, provenant pour la plupart d’échanges avec les artistes, de Christian Boltanski à Tatiana Trouvé en passant par Miquel Barceló, Damien Hirst et Cindy Sherman.
Salle 0.1
2019. Premier rendez-vous et proposition d’investir le musée Picasso en 2023, à l’occasion du cinquantième anniversaire de la mort de l’artiste. Sans LUI, si je préfère. Les mots de ma mère se frayent un chemin, le syndrome d’imposture dans leur sillage. Lors d’un vernissage au musée d’Art moderne, à New York, découvrant mes oeuvres entre celles de Hopper et de Magritte, elle s’était exclamée : « Tu les as bien eus ! » Cette fois, je l’imagine chuchoter : « Pourquoi toi ? »
Récapitulons. Il y a ma toute première oeuvre, du moins celle à laquelle mon père conféra ce statut en l’encadrant, et dont il recopia la légende crayonnée au dos, qui s’effaçait. J’avais peut-être six ans, et ce dessin fit dire à ma grand-mère qu’il y avait un Picasso dans la famille.
Il y a Tête, un Picasso volé à Chicago, dont j’avais fait le portrait-robot à partir des souvenirs de ceux qui l’avaient côtoyé. Il y a Prolongation, titre d’une de ses expositions en Avignon, que je me suis promis d’emprunter un jour. C’est maigre.
Salle 0.2
Les Picasso Confinés.
Deuxième rendez-vous au musée Picasso, durant le confinement. Pas de visiteurs. Les Picasso sont protégés, emballés, dissimulés. Dessous. Une présence fantomatique, moins intimidante, que j’ai immédiatement photographiée. Avant même de le savoir, je venais d’accepter.
Salle 0.5
Les Picasso fantômes
Lors de mes premières visites, La Mort de Casagemas, Grande baigneuse au livre, Paul dessinant, Homme à la pipe et La Nageuse manquaient pour cause de prêt. J’ai demandé aux conservateurs, aux gardiens et à d’autres permanents du musée de me les décrire. À leur retour, je les ai voilés avec les souvenirs qu’ils laissent lorsqu’ils s’absentent.
Sophie Calle, Paul jouant
LES YEUX CLOS
Niveau 1
Le premier étage s’amorce sur une anecdote relatée par Cocteau de Picasso observant en Avignon un peintre à moitié aveugle peignant le château des Papes à partir des seuls mots de sa femme. En réponse à la crainte bien connue de Picasso de perdre un jour la vue, Sophie Calle réunit un ensemble d’objets, de photographies et de vidéos consacrés au thème du regard – regard clos, inédit (« Voir la mer »), privé (« La dernière image », « Les Aveugles »), etc.
Picasso dit souvent que la peinture est un métier d’aveugle. Il peint, non ce qu’il voit, mais ce qu’il en éprouve, ce qu’il se raconte de ce qu’il a vu. Jean Cocteau
LES AVEUGLES
Salle 1.3 J’ai rencontré des gens qui sont nés aveugles. Qui n’ont jamais vu. Je leur ai demandé quelle est pour eux l’image de la beauté.
VOIR LA MER
Salle 1.4 À Istanbul, une ville entourée par la mer, j’ai rencontré des gens qui ne l’avaient jamais vue.
Dans son journal intime, ma mère avait écrit : « Sophie est tellement morbide qu’elle viendra me voir plus souvent sous ma tombe que rue Boulard. » Moi, pour éloigner la mort, j’ai photographié des cimetières, filmé ma mère mourante, tenté d’organiser la répétition générale de mes funérailles, possédé un caveau à Montparnasse avant d’en déménager pour raisons familiales, disséminé chez moi des enveloppes qui contiennent autant de testaments rédigés dans l’urgence avant chaque voyage. Pour ensuite passer à autre chose.
le Cénotaphe de Sophie Calle
MA MÈRE, MON PÈRE, ET MOI
Niveau 2
Au deuxième étage du musée, Sophie Calle procède à l’inventaire de ses biens dans une mise en scène spectaculaire. Introduit par un ensemble d’oeuvres dédiées au thème de la disparition, celle des parents de l’artiste, jusqu’à sa propre mort simulée, le visiteur traverse plusieurs salles où plus de 500 objets de Sophie Calle – dessins, tableaux, photographies, objets d’art et de curiosité, ouvrages rares, vaisselle et mobilier – sont exposés à la manière de l’Hôtel Drouot. Dans les archives personnelles de Picasso conservées au musée, Sophie Calle a trouvé la lettre d’une association d’aide aux artistes aveugles, sollicitant de Picasso un dessin original, dans le but d’édifier, avec les bénéfices de la vente, la Maison des yeux clos. N’ayant pas trouvé la réponse, Sophie Calle a fait appel à la générosité de la Fondation Almine et Bernard Ruiz-Picasso afin d’organiser durant l’exposition une vente en ligne organisée par Drouot Estimations d’une céramique de Picasso et de reverser les bénéfices de la vente à une association de mal-voyants.
Salle 2.4 Pourquoi faudrait-il jeter en l’air ce qui me fit la grâce d’arriver jusqu’à moi ? Pablo Picasso Ma mère est morte, mon père est mort, je n’ai pas d’enfants. Quand je ne serai plus là, que vont devenir les choses de ma vie ? Sans héritiers définis, une vente judiciaire peut m’arriver ; vendue à l’encan. Si je veux exorciser cette crainte qu’à ma mort leur histoire commune, ainsi que celle qui me relie à eux, ne s’efface, c’est par la générale de ma succession que je dois commencer.
J’ai donc proposé aux commissaires-priseurs de l’Hôtel Drouot de mettre en scène mon cauchemar, d’expertiser les biens de ma maison de Malakoff et de dresser l’inventaire descriptif mais non estimatif de mon patrimoine mobilier.
Niveau 3
Le troisième et dernier étage propose un bilan des projets de Sophie Calle. Un inventaire des 61 projets achevés se présente sous la forme de polars dont les titres font écho aux séries de l’artiste. Un ensemble de projets restés en suspens fait suite, donnant vie aux incidents de parcours, aux esquisses et tentatives, aux oeuvres en sursis et en péril. En fin de parcours, Sophie Calle investit physiquement une salle de l’étage en installant son bureau qu’elle tiendra ouvert à ses heures pendant toute la durée de l’exposition. Salle 3.1
INVENTAIRE DES PROJETS ACHEVÉS
J’ai voulu faire le bilan, partir de RIEN ou presque, dresser la liste de tous les projets réalisés depuis mes débuts. J’en ai comptabilisé soixante et un. Comme j’avais été tentée un jour d’emprunter un titre à la série noire, j’ai parcouru leur inventaire et j’ai eu l’impression que leurs titres m’attendaient
INFOS PRATIQUES
Musée Picasso ACCÈS 5 rue de Thorigny, 75003 Paris Métro Ligne 1 Saint-Paul Ligne 8 Saint-Sébastien-Froissart Ligne 8 Chemin Vert Bus 20 – 29 – 65 – 75 – 69 – 96
HORAIRES D’OUVERTURE 10 h 30-18 h 9 h 30-18 h en période de vacances scolaires et le week-end Tous les jours sauf le lundi, le 1er janvier, le 1er mai et le 25 décembre. RENSEIGNEMENTS +33 (0)1 85 56 00 36 contact@museepicassoparis.fr
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