Chefs d'oeuvre à Pompidou Metz suite

 C’est à JJ Aillagon, messin d’origine, que la ville doit cette belle initiative. L’ancienne ville garnison bénéficie d’un renouveau exemplaire.
pompidou-metz-125.1287273937.JPGC’est le Nu Rose de Matisse, avec le détail de sa composition qui vous accueille au 1e étage, après avoir franchi l’entrée odorante installée par Guiseppe Penone. Il y montre dans  les 13 états toute la complexité de son travail, ses hésitations, ses avancées, ses repentirs, sur des documents photographiques datant de 1935 puis suit le magnifique Grand Intérieur Rouge déjà vu chez Beyeler, table, guéridon, tableau et fenêtre, composition chère à Matisse.
Le double secret de Magritte, image double et motif du grelot. Le modèle rouge de Magritte où il joue de la confusion entre le réel et l’imaginaire, un tableau phare du surréalisme.pompidou-metz-133.1287274000.JPG
La Femme de Miro, surprend par sa facture inhabituelle, encre de Chine et fusain, sur un simple morceau de papier Kraft.. La danse du pan-pan, réplique de la première version disparue, de Gino Severini, fourmille de personnages, une polyphonie inspirée de la vie nocturne parisienne. Puis l’Estaque de Georges Braque, aux couleurs mauves, jaune, avec des petits personnages, sous un ciel très bleu. On y voit nettement l’influence de Cézanne. Puis les Ordonnances verticales de Kupka, où il s’essaie à de nouvelles compositions.
Chimère ailée, être hybride, de Max Ernst, ocre terreux sur fond noir, entourée d’une fine ligne qui se termine en flèche, qui prend naissance dans l’ombre projetée (portée) bleue d’une tête de volatile, le « Loplop » ces deux êtres personnifient l’antinomie entre la rationalité et l’imagination. pompidou-metz-143.1287274122.JPGNous restons dans le surréalisme avec la vache spectrale de Dali, composition de phallus dans un paysage minéral et menaçant, d’objets en putréfaction. pompidou-metz-147.1287274285.JPGUne autre toile de Dali, qui exprime les fantasmes de l’artiste, qui avait été lacérée à son origine.
Un plâtre de Giacometti, la femme égorgée, vue chez Beyeler, la pièce la plus osée de Giacometti, où on ressent la perversité, le viol, l’agression, mais aussi la compassion, cette oeuvre avait été acquise par Peggy Guggenheim, une des épouse de Max Ernst.pompidou-metz-150.1287274185.JPG
Enfin dansant sur le mur, Joséphine Baker d’Alexandre Calder, au corps sensuel et mythique.
Suivi du déliceux portrait de  la danseuse de Joan Miro, oeuvre dépouillée, faite de plume de paen, d’une épingle à chapeau, d’un bouchon de liège, fixés sur un carton peint sous verre.
Un superbe Nicolas de Staël, dans les gris bleus, avec une touche de vert et un léger fond noir, abstraction radicale, mais aussi figurative, où l’on distingue le chef et son orchestre sur scène.pompidou-metz-158.1287274335.JPG
Puis encore des carrés Jaunes Violets de François Morellet, dans le fond une maquette de Taltline.
Le Bizart baz’art, capharnaüm gigantesque de Ben où sont rassemblés 351 objets, nous emmène vers une réflexion sur la société de consommation et l’ouverture sur l’art contemporain, c’est hideux, voire choquant à mon goût.
photos JR Itti
à suivre

Chefs d’œuvre à Pompidou Metz

pompidou-metz-243.1286929667.JPG En m’occupant de mon cas personnel, une fois de plus, …. désolée pour les lecteurs qui n’aiment pas les « gonzo  » (ne me demandez pas ce que cela signifie, c’est un néologisme d’un commentateur) j’ai visité par 2 fois le nouveau centre Pompidou de Metz. Je voulais intitulée mon billet :
 « Mon Metz à moi », mais le titre était pris.
 
Ce n’est pas une mésaventure.
Des oeuvres il y en a, des chefs d’œuvre pourquoi pas.
Encore moins une sinécure
Qu’il faut visiter du haut d’en  bas
Rassurez-vous le syndrome de Stendhal ne m’a pas submergé.
L’architecture du bâtiment ne surprend plus, maison de schtroumpfs ou champignon géant, vue dans tous les magazines et à la télé. Lorsqu’on l’aborde par l’arrière, l’immeuble est plutôt mastoc et grossier, il devient enchanteur à la sortie à la tombée de la nuit. Divin par beau temps au restaurant la « Voile Blanche » par un soir d’été.
Le rez de chaussée surprend, alambiqué, un labyrinthe, d’abord la  Tristesse du Roi de Matisse, puis 3 magnifiques Miro bleus pompidou-metz-11.1286929049.JPGavec des points foncés et un trait rouge, très connus, un Mondrian, puis au-dessus de nos têtes, placé très haut, un plafond en miroirs séparés, dont je n’ai pas saisi l’opportunité, racheté heureusement par endroits,  par le réfléchissement des superbes Delaunay. On les découvre après avoir traversé diverses pièces,pompidou-metz-58.1286929192.JPG où se trouvent un Séraphine de Senlis, Derain, Dufy, Picasso, Picabia, Marquet, De Chirico, un Braque, Soutine, Klee, rien de surprenant, à part la Noce de Fernand Léger, Bacon, puis quelques pièces de l’artisanat régional, des toiles vues au musée des BA de Nancy, la robe de chambre de Balzac par Rodin, en face un tirage au charbon d’Edward Steichen du même Balzac. Plus loin Marat assassiné (Langlois) que l’on pourrait confondre avec celui de JL David., le Pied Bot de Ribera, puis enfin un chef d’œuvre le St Thomas à la pique de Georges de La Tour.pompidou-metz-111.1286929383.JPG
Puis on aborde le 1er étage, en passant par l’installation de Guiseppe Penone, « Respirare l’ombra » un grillage métallique qui enserre des feuilles de lauriers, une sculpture en bronze, faite de feuilles dorées  représentant des poumons est au cœur de l’ensemble, la fusion de l’humain et du végétal.pompidou-metz-122.1286929492.JPG On respire délicieusement le laurier, on a envie de s’y attarder, l’artiste nous y invite à une introspection, il nous envoie vers des références littéraires, Ovide pour Daphné transformée en laurier, poursuivie par Apollon ou encore Pétrarque où le poète couronné de lauriers chante son amour pour Laure. Les jours d’affluence l’entrée est contingentée …
à suivre
à signaler : les photos sont autorisées.
photos JR Itti

Sagrado aventura en Barcelona

 

pict0021_dxo5-small.1286804004.jpgTrès tôt nous étions au guichet de l’enregistrement pour nous envoler vers Barcelone, étant donné qu’il y a très souvent des bouchons sur l’autoroute, nous avions pris nos précautions. Le guichetier prend nos cartes d’identité et nos fiches d’embarquement, il me rend la mienne, regarde à nouveau celle de mon mari, me redemande la mienne, puis la sentence tombe : “ Vous ne partez pas monsieur, votre carte d’identité est échue”

Il trouvait certainement curieux que nos cartes n’aient pas la même date d’échéance.

Je dois remercier, ici le voleur de mon portefeuille, qui m’avait obligée à refaire tous les papiers, portefeuille dérobé en plein centre ville, à la sortie d’une grande surface, retrouvé, 10 semaines plus tard, au complet, sauf l’argent à 50 mètre en face sur une poubelle du MACDO. Il faut savoir que l’on a 8 semaines (2 mois pour les refaire)

Affolement, comment faire ? le guichetier : » avez-vous un passeport ? « nous : « of course à la maison ». Aussitôt dit aussitôt fait, nous rappelons l’ami qui avait eu la gentillesse de nous déposer, afin qu’il revienne et reparte avec mon mari pour chercher le passeport. Nous convenons que s’il ne revient pas à temps je partirais toute seule, tout est payé d’avance ce serait dommage de perdre le voyage.

 Petits tracas, car mes produits de maquillage, de démaquillage et mes chaussures sont dans la valise de mon mari. Dans la mienne il n’y a que mes vêtements.
Comme dirait BL :

 “C’est normal qu’elles soient plus embêtées que les hommes pour boucler les valises, même sans revoir l’historique, juste la sociologie ou l’observation suffisent. Au coin de Rivoli, par exemple, si on fait le décompte pompes de mec / pompes de gonzesses en regardant les devantures on s’aperçoit  que le rapport est grosso modo de un a dix et même plus cher. Puisqu’on a à peu près tous le même nombre de pieds, on en déduit que c’est plus dur pour une femme de trouver chaussure pour son pied, et qu’il faut en acheter un nombre conséquent et surtout en emporter, on ne sait jamais, il peut arriver un coup dur …. »

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L’ami, qui était sur le trajet du retour arrive, mon époux repart avec lui, il y a 30 km à parcourir en tout, c’est jouable dans le temps qui reste.

Moi je suis partagée, entre la déception de partir seule, et l’éventuel plaisir d’acheter de nouvelles chaussures…

Arrive l’heure d’embarquement, ma moitié est là souriante, à l’heure pile, avec son passeport en cours de validité.

Le vol s’effectue sans problème et nous gagnons notre hôtel.

Le lendemain matin, nous partons à la découverte du parc Güell qui est l’une des réalisations de l’architecte catalan Antonio Gaudí. Nous sommes presque seuls, une aubaine. Moi avec ma camera, mon mari avec son APN, comme des touristes lambda. Nous débouchons sur une vue magnifique, où le fameux banc en pierre colorée se prélasse devant nous. Aussitôt nous nous mettons en position de photographier, filmer. Tout d’un coup, venu de je ne sais où, un liquide verdâtre, nous asperge tous les deux, Moi je pars d’un éclat de rire. Car nous ressemblons aux petits hommes verts, et quand on fait référence à notre patronyme, cela prend toute sa saveur !

Arrivent 2 jeunes gens compatissants, munis de kleenex, de gourdes d’eau.

Ils tentent de nous nettoyer du mieux possible, chacun s’occupant de l’un de nous deux. Ma doudoune passera à la lessive, mais la veste et le pantalon de mon mari sont bons pour le pressing.

Nous continuons notre promenade, un peu gênés par notre aspect skinhead … Puis nous allons déjeuner, avant d’attaquer la Sagrada Familia.

Nous nous reposons sur un banc, pour digérer, là s’approchent des jeunes gens, pour nous présenter des livres. Un passant s’en mêle et nous dit de nous méfier, car nos appareils photos et caméra sont visibles et cela attire les voleurs.pict0084_dxo5.1286804557.jpg

Nous allons à la Sagrada Familia, mon mari prend un audio guide, il est seul au guichet, il doit faire l’appoint pour de la monnaie. Moi j’avais chargé le guide sur mon téléphone. Au bout d’un long moment, je me rends compte que mes commentaires sont très insuffisants et qu’il vaut mieux que je prenne aussi un audio-guide.

Je retourne vers les guichets, la dame me reconnaît et me dit « vous n’avez pas besoin de laisser une caution, votre mari a laissé la sienne, c’est suffisant » je trouve cela très aimable et ne suis pas plus étonnée que ça.

L’après midi se passe fort bien.  La visite terminée, nous décidons de nous désaltérer dans un café. Au moment de régler l’addition, mon mari passe par toutes les couleurs «  je suis fou ? je n’ai plus un kopeck dans mon porte billet »  J’avais régler le déjeuner, le seul moment où il a touché à son porte monnaie c’était au guichet des audio-guide.

Il faut ajouter que le matin même, prudent il m’avait dit « donne-moi une partie de l’argent, au cas où tu te ferais voler …. »pict0193_dxo5.1286804659.jpg

Prudente, j’en avais laissé la plus grande partie dans le coffre de l’hôtel, et n’avais sur moi que ce qu’il fallait pour l’après midi. Comme on dîne tard en Espagne, je pensais me réapprovisionner pour le soir.

Les jeunes gens si serviables ou les guichetiers si aimables ? toujours est-il qu’il nous manquait 200 € et qu’il n’était plus question d’augmenter le stock de mes chaussures.

 

photos de l’auteur

Le chemin de croix de Jean François Mattauer

jfm.1284672056.jpg Bien connu des lecteurs du journal l’Alsace où il livre chaque jour son regard sur l’actualité, Jean-François Mattauer, aux talents multiples est aussi un peintre d’une grande personnalité. Originaire de Sentheim, il a réalisé un chemin de croix sortant de l’ordinaire où l’on reconnaît son trait empreint de finesse et d’humanité.
C’est une lettre de son ami JG Samacoïtz qui s’alarmait du fait que le chemin de croix de la paroisse de Sentheim avait disparu, n’était plus que des images effacées par le temps. Il lui suggérait d’en peindre un nouveau de manière contemporaine, mais en y joignant une liste descriptive des 14 stations, une commande amicale en quelque sorte.
Pour JFM peindre un chemin de croix, résonnait pour lui, comme pour composer un Requiem, c’est à dire une œuvre de fin de vie.
Cela prit 4 ans de gestation à l’artiste. Pourtant l’idée mûrissait quelque part dans sa tête.
C’est à la vue d’un autre chemin de croix, réalisé par un artiste bourguignon, lors d’un séjour à la Chaise Dieu dans le Cantal, qu’il décida de se mettre à la tâche.
Puis en 6 mois, elle prit forme, sous l’œil et la complicité indulgente de son épouse Colette.
Ce sera l’histoire d’un homme de chair, qui souffre sous le poids de sa lourde croix, jusqu’à en mourir. Les toiles seront bicolores. La tête du Christ a pour origine une statuette en terre glaise de Gressler, un clochard de Vieux Thann sera son modèle. Les personnages annexes seront ses copains de classe, un bel hommage à ceux qui l’ont accompagné durant son enfance et son adolescence. Ils sont tous membres fidèles de la chorale de Sentheim avec JFM.
Son choix découle du fait qu’il ne souhaitait pas tomber dans les traits d’humour, de ne pas subir la déformation de sa profession de caricaturiste, qu’il a eu recours à des portraits existants. Un autoportrait de l’artiste s’est glissé parmi les toiles, à vous de le trouver.
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Jean-François Mattauer n’a utilisé que deux teintes, le blanc de titane et l’ombre de terre brûlée, afin de révéler la souffrance du Christ. Loin de l’humour et de la caricature, Jean-François Mattauer livre une vision personnelle et contemporaine du Chemin de croix.
Il offre le chemin de croix à la paroisse de Sentheim, libre aux habitants d’acheter les toiles. Le bénéfice de la vente servira à doter l’église paroissiale de lustres qui réchaufferont l’ambiance de la nef.
L’exposition est visible actuellement au temple St Etienne, que beaucoup de touristes appellent la « cathédrale » lieu magique, aux vitraux  datant du XIVe siècle, aux stalles du XVIIe, à l’orgue du 19e. où toutes les cultures sont tolérées.
A découvrir jusqu’au 30 septembre, avant son installation à l’église de Sentheim.
photo 1 Dom Poirier

photos et diaporama de l’auteur

Wally rentre à la maison

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Par principe je ne parle que des expositions que j’ai vues. Une exception pourtant, parce que les histoires de restitutions de tableaux, m’ont toujours passionnées. Je me pose souvent la question, lorsque je lis sur les cartels « collection privée » qui se cache derrière ce terme ?
Aussi je poste ici l’article de :
Joëlle Stolz paru dans le Monde 

Douze années durant, ses yeux bleus, sa frange d’un blond fauve et son étrange collerette de Pierrot triste sont restés sous clef dans un entrepôt de Long Island, près de New York, pendant que les tribunaux américains débattaient de son cas, l’une des plus célèbres demandes de restitution d’oeuvres d’art spoliées par les nazis.
 La loi autrichienne devrait favoriser de nouvelles restitutions

Lundi 23 août, le Portrait de Wally Neuzil devait être triomphalement accroché dans le Musée Leopold de Vienne, à côté de l’Autoportrait avec le fruit de lanterne vénitienne du peintre expressionniste Egon Schiele (1890-1918), dont elle fut le modèle et l’amante. Les deux tableaux, qui offrent des similitudes frappantes par leur petit format presque identique, les visages inversés comme dans un miroir, et l’utilisation stylisée d’un vêtement noir sur fond blanc datent de 1912 : elle avait dix-huit ans, lui vingt-deux.« Wally rentre à la maison ! », s’est écriée sur un ton euphorique Elisabeth Leopold, veuve du collectionneur autrichien Rudolf Leopold, dont le musée, surtout connu pour ses huiles et dessins de Schiele, attire quelque 300 000 visiteurs par an. Présenté comme une « libération », ce retour très attendu a été mis en scène pour les médias. A l’arrivée du transport en provenance des Etats-Unis à l’aéroport de Vienne, vendredi 20 août, Mme Leopold a fait ouvrir la précieuse caisse devant des agents de sécurité armés, et vérifier par un expert l’authenticité du tableau. « Maintenant, nous allons verser l’argent », a annoncé le directeur du musée, Peter Weinhäupl – « comme s’il s’agissait d’une rançon », relève le quotidien Der Standard.Telle est bien la manière dont une partie de l’opinion autrichienne perçoit l’histoire du Portrait de Wally. Elle est révélatrice de l’évolution des goûts du public, qui a rejeté Egon Schiele avant de le porter au pinacle, mais aussi du refus obstiné, pendant longtemps, d’admettre l’ampleur du préjudice causé par le nazisme à la communauté juive d’Autriche – 65 500 morts, plus de 120 000 émigrés dépouillés de leurs biens -, vite soupçonnée d’avidité quand elle demande réparation.Après avoir dépensé 5 millions de dollars (près de 4 millions d’euros) en frais d’avocats et de procédure, le Musée Leopold s’est résolu en juillet, quelques jours avant une audience décisive du tribunal américain, à payer 19 millions de dollars (14,8 millions d’euros), dans le cadre d’un arrangement extrajudiciaire, aux héritiers de la galeriste Lea Bondi-Jarai, contrainte de fuir l’Autriche en 1939.Jusqu’à sa mort, le 29 juin 2010, à l’âge de 85 ans, Rudolf Leopold a toujours nié que ce tableau, qu’il avait acquis en 1954 auprès du Musée national du Belvédère, à Vienne, ait été volé en 1938 à la propriétaire de la galerie viennoise Würthle. Et pas par un obscur fonctionnaire nazi, mais par le marchand salzbourgeois Friedrich Welz, l’un des principaux acteurs du trafic d’oeuvres d’art sous le IIIe Reich, notamment en France. « C’est une légende, affirmait encore Leopold en 2008, que Welz l’a pris chez elle (Lea Bondi) : elle le lui a vendu. »Emigrée à Londres, Lea Bondi-Jarai avait demandé à Leopold, un jeune ophtalmologue passionné par l’oeuvre alors méconnue de Schiele, de l’aider à récupérer le portrait. Il a préféré mener la transaction pour son propre compte. Ce n’était pas sa faute, pensait-il, si les autorités autrichiennes avaient restitué par erreur Wally, après la guerre, à une autre famille juive gravement spoliée, les Rieger, qui l’a cédé en 1950 au Belvédère. Dans la villa de Leopold, à Grinzing, un beau quartier de Vienne, les « fiancés » de 1912 sont alors réunis.En réalité, leur couple n’a pas tenu longtemps. Née pauvre, Walburga Neuzil était devenue à 15 ans l’un des modèles du peintre Gustav Klimt. Celui-ci l’aurait envoyée ensuite à Schiele, payant même les premières séances de pose, parce qu’il s’inquiétait du faible de son ami pour les fillettes à peine pubères. Wally s’occupe du ménage, tient la comptabilité, soutient son homme lorsque celui-ci est condamné à vingt-quatre jours de prison, en 1913, pour obscénité et abus sexuels sur une mineure. Mais quand l’enfant terrible de la Sécession viennoise préfère épouser une fille de bonne famille, elle rompt, même s’il lui offre, dans une lettre incroyable de goujaterie, de la retrouver « chaque été pour un voyage de détente ».En quatre ans, il a tracé d’elle de nombreux nus, mais n’a montré qu’une seule fois vraiment son visage, dans le Portrait. Elle s’engage comme infirmière dans la Croix-Rouge et meurt en 1917 de la scarlatine, en Dalmatie. Lui, succombe, fin 1918, à l’épidémie de grippe espagnole, trois jours après son épouse enceinte. Leurs morts précoces enveloppent d’une aura tragique le double portrait que Leopold, qui se flattait d’avoir acheté des dessins érotiques de Schiele pour à peine 150 schillings (environ 12 euros), a placé au coeur de sa collection.Il était tellement sûr de son bon droit que lorsque le Musée d’art moderne de New York, le MoMa, a voulu montrer « ses » quelque cinquante-cinq Schiele, en 1997, il a accepté sans crainte que Wally soit du voyage. Quelques semaines plus tard, en décembre 1997, le New York Times publie un article percutant sur le « passé difficile » d’une partie de ces oeuvres. Puis, en janvier 1998, coup de théâtre : dès la clôture de l’exposition, le procureur de New York fait saisir deux tableaux, Portrait de Wally et Ville morte III, à la demande de la famille Bondi, mais contre l’avis du MoMa. L’affaire met en émoi les musées du monde entier, car l’on redoute un effet dissuasif pour les prêts.La justice américaine rend l’année suivante Ville morte, mais Washington intervient pour que Wally reste sur le territoire américain, en attendant la décision des magistrats. En Autriche, le scandale a des conséquences législatives : en décembre 1998, plus de soixante ans après l’Anschluss, le parlement adopte une loi qui contraint les musées nationaux à restituer les oeuvres spoliées. Cependant, elle ne concerne pas les fondations privées. Or la Fondation Leopold, propriétaire du musée, appartient à cette catégorie, même si l’Etat autrichien a payé en 1994 l’équivalent de 160 millions d’euros pour acquérir une collection de qualité inégale (on y voit aussi des meubles ou des bibelots de second choix).L’opposition critique cette législation accommodante, qualifiée de « Lex Leopold ». L’ancien médecin, qui s’est fait nommer président à vie de sa fondation et a obtenu pour son musée l’un des emplacements les plus convoités de Vienne, tout près du Ring, peut compter sur de solides appuis dans les rangs conservateurs et sur le tabloïd Kronen Zeitung. Son propriétaire, Hans Dichand, était lui aussi un passionné de la « modernité viennoise » (entre autres chefs-d’oeuvre, il possédait la Danaë de Klimt, et avait également racheté l’ancienne galerie de Lea Bondi).Le hasard a voulu que les deux octogénaires, emblématiques des réticences de l’Autriche à affronter son passé, aient disparu en juin. Le décès de Leopold a précipité un dénouement auquel les héritiers de Lea Bondi a
uraient consenti il y a des années si le musée l’avait proposé, explique au Monde Erika Jakubovits, qui s’occupe de la question des restitutions au consistoire israélite de Vienne, l’IKG. « De son vivant, dit-elle, il n’aurait jamais renoncé. Mais (Leopold et les siens) savaient qu’ils allaient perdre le procès : ils ont voulu éviter un verdict clair, et présentent l’accord financier comme une victoire afin que cela serve de modèle pour d’autres oeuvres dont la provenance est questionnée. »
Mi-juillet, une commission nommée en 2009 par la ministre de la culture, Claudia Schmied, pour examiner la collection Leopold a rendu un premier avis : elle recommande la restitution d’une toile majeure de Schiele, Maisons au bord de la mer, et de trois tableaux d’un autre peintre. Le fils du docteur Leopold, Diether, a alors offert de vendre aux enchères les Maisons, estimées à plus de 20 millions d’euros, afin de « partager » ensuite la somme entre les héritiers et la fondation, car celle-ci doit financer le rachat de Wally. Une idée que le consistoire israélite trouve « de mauvais goût ». Joëlle Stolz

photos presse Le Monde

Edward Hopper, une certaine image de l’Amérique

« C’est très difficile de formuler comment cela me vient, mais c’est un long processus d’immobilité de l’esprit et de surgissement de l’émotion » ,  c’est ainsi que s’exprime Edward Hopper dans un enregistrement américain.

edward-hopper-captain-uptons-house-1927.1282257339.jpg Né à Nyack à quelques km de New York en 1882 et mort en 1967,  il a signé une œuvre déroutante  et hors école. C’est un des peintres qui a le mieux saisi le non dit et le presque rien. Ces tableaux figuratifs mettent en scène des personnages perdus dans leur solitude et plongés dans leurs réflexions et pensées. Peintre de la mélancolie et des solitudes urbaines, des cadrages insolites, des fenêtres donnant vue sur des pièces, des arbres immenses augmentant l’insolite des paysages par leur proximité immédiate des maisons, sans accès, excluant d’emblée le spectateur, une prédilection pour les éclairages violents, naturels ou électriques. Ses tableaux et ses compositions sont immédiatement reconnaissables,  c’est l’Amérique statique et géométrique, peuplée d’êtres sans attaches. C’est une représentation universelle de l’homme, face à lui-même et à sa destinée, rien de tragique, juste un constat, la solitude, peu importe les époques et les lieux. Cela n’est pas sans évoquer certaines toiles de de Chirico, mais aussi de Magritte ou de Munch. Son univers est banal, désert, comme arrêté dans le temps, les personnages ne regardent personne et semblent absorbés par un hors champ indéfini. Que ce soient la femme du Soleil du matin, Intérieur d’été, ou encore celle de la Loi du Désir, le Nu Couché, (nu moins sublime que Nicolas de Staël,…. plus ambigu…) assise au bord du lit, couchée, edward-hopper_summer_interior1.1282257425.jpgtournant le dos à l’homme assis sur le bord du lit, l’ouvreuse du Cinéma à New York, dans les bureaux la nuit, dans un train nous ramenant vers « Juste le temps de Robert Cahen », regardant par la fenêtre, dans un motel, elles sont toutes impersonnelles, empruntes d’indifférence au monde, dans le silence. On n’imagine aucune musique accompagnant, ses personnages ou ses paysages, urbains, balnéaires, campagnards, ses stations d’essence
 La seule qui regarde vers le spectateur, Matinée en Caroline du Sud, est la femme noire, dans une tenue très habillée, soulignant les formes du corps de façon très prononcée, une robe rouge presque transparente, des chaussures noires, devant elle une plate forme de pierre, une végétation jaune et bleue, puis au loin, l’horizon bleu foncé, sous un ciel bleu, donnant l’impression d’être dans une île (de la tentation ?). Elle semble provoquer par sa posture d’attente dans l’embrasure de la porte.
Ne dit-on pas que l’artiste peint un auto-portrait lorsqu’il créé une œuvre ? Hopper installe une distanciation entre lui et le regardeur.
Ses compositions prennent pour sujet l’Amérique, celle des petites villes balnéaires à l’architecture figée de fin du 19e siècle. Le nouveau monde d’Hopper est emprunt d’une certaine mélancolie, aussi ses toiles ont-elles véhiculé pour nous, une image noire, celle en particulier des films des années 30.

L’essentiel provient du Whitney Museum de New York, qui détient plus de 2 500 tableaux d’Edward Hopper, légués par sa veuve Jo, ancienne élève du maître, qui lui servit de modèle presque unique. Cet artiste, passé de l’illustration à la gravure, puis aux tableaux, précédés par des études que cette exposition met en regard. Il y en a un peu trop à mon goût … j’ai fini par les zapper.
On peut ainsi voir la progression et la méthode de travail de Hopper, où tout est étudié au cordeau , ou rien n’est dessiné par hasard.
Pendant plus de soixante ans, Edward Hopper a dessiné. Pendant ses études, il vient à Paris. Flâneur attentif, il déambule le long de la Seine, indifférent aux querelles artistiques de l’époque et aux avant-gardes (fauvisme, cubisme), absorbé par la lumière de la capitale qu’il ne retrouvera pas dans son pays natal. Son séjour parisien a donné de remarquables huiles où il peint, le Pont des Arts; le Pont Royal, le Louvre pendant un orage, le Quai des Grands Augustins, visibles à l’Hermitage.  Il en rapportera le jeu de lumière sur les corps, les maisons, les paysages, parfois un simple rayon de lumière à travers une fenêtre, une vision épurée.
De retour dans le Nouveau Monde, il gagnera d’abord sa vie comme illustrateur, chagriné qu’on lui demande de croquer la vie frénétique des métropoles agitées alors qu’il ne rêve que d’architecture, de lignes géométriques, du dialogue de la lumière avec les façades, de la rêverie qui naît des belles demeures victoriennes et de l’atmosphère qui se dégage d’une fenêtre ouverte où se détache la scène. Ses toiles reprennent les mêmes motifs, retravaillés : l’intérieur des chambres d’hôtel, des théâtres, des cinémas, les devantures des magasins vides, les pompes à essence sur des routes désertes, les ponts de New York, les granges à la campagne, les cabanons à Cape Cod, baignés d’une clarté délicate et chaude qui, pourtant, traduit la froideur des vies. 
L’exposition de l’Hermitage montre aussi les autoportraits sombres, les envoûtantes eaux-fortes nocturnes, les études pour les toiles majeures. Et la déambulation qu’impose la disposition de cette villa s’accorde bien au regard stylisé que portait l’artiste sur la solitude de l’homme moderne. un projection au dernier étage complète la visite.
Dans ce mélange de « voyeurisme et de discrétion », comme le notera un critique, il peint des couples désunis, des femmes délaissées comme l’ouvreuse du théâtre, en retrait, élégante, élancée dans son uniforme noir, talons hauts, chevelure blonde dont l’éclat perce l’obscurité. Il saisit la subtilité des corps dans l’espace, figés face à un horizon invisible que vient éclairer la lueur du soleil, dans la découpe des croisées.
 
A la Fondation de  l’Hermitage de Lausanne jusqu’au 17 octobre 2010.
photos scannées

Nicolas de Staël

img_0320.1281305646.jpgLa Peinture  de Nicolas de Staël vous arrive de plein fouet, même dans le « bunker » de Gianadda à Martigny. Les photos sont interdites, mais aussi la prise de notes, par contre si vous contestez, on vous suggère de prendre des photos du 1er étage et vous pouvez garder vos notes. Je ne me suis pas fait prier, « Les musiciens », un quintette, forment l’affiche de l’exposition dont Jean Louis Prat est le commissaire, celui-ci fait partie du CA de la Fondation Gianadda (il est aussi celui de la Sammlung Frieder Burda à Baden Baden) depuis qu’il a quitté la fondation Maeght, il parcourt la planète. Les toiles présentées ici, proviennent, pour les footballeurs de la Fondation Gianadda, mais pour l’ensemble des toiles de prêteurs institutionnels publics, ou encore de nombreux collectionneurs privés, grâce au carnet d’adresses du commissaire.
– Collections Wildenstein, Philipps Washington, US, Espagne, France Pompidou, Moma, Galerie Jeanne Bucher, musée d’ Antibes, Grande Brtagne, Norvège, Suisse. (Berne et Neuchatel, Zurich).
La couleur est partout jaune, rouge vert, bleu, rose, marron, noir, éclatante, couleurs du sud.
Les œuvres éclatantes de couleurs de l’abstrait au figuratif, racontent le parcours exemplaire de Nicolas de Staël pendant les 10 dernières années de sa vie.img_0306.1281305566.jpg
NdS est entouré d’une aura de légende dès 1950, passage du ½ siècle, entre peinture du sujet et celle de l’idée, figuratif ou abstrait. Entre 1945 et 1955 sa trajectoire est menée tambour battant. Sa voie picturale sans cesse renouvelée, a une progression fulgurante, il abandonne la figuration pour aller vers l’abstrait, il impose une nouvelle trajectoire à sa réflexion. Dans un travail acharné il côtoie en permanence le doute.
« Pour moi l’instinct est de perfection inconsciente et mes tableaux vivent d’imperfection consciente, j’ai confiance en moi parce que je n’ai confiance en personne d’autre et que je ne puis en tous cas pas savoir moi-même, ce qu’un tableau est ou n’est pas et fabriquer de nouvelles constantes, avant de peindre il faut travailler beaucoup, une tonne de passion et cent grammes de patience » NdS                                                                                         clic
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De la danse impose une palette au registre plus restreint, mais d’une force rare. Des formes s’organisent dans un tressage dense dont l’éclatement central regroupe à la manière d’un bouquet noué et dénoué, des couleurs dont le choix des nuances est peu usité dans la peinture de cette époque. Dans cette composition, les plans avant eux arrières sombres ou lumineux alliés à des gris clairs et cendrés, entrelacés de verts et de bleus, déterminent des mouvements, sorte de danse abstraite. L’ampleur de cette peinture indique que NdS cherche une autre voie à la peinture, une autre posture, à l’art de son temps, malgré l’abstraction de l’après-guerre (André Chastel)
Il  utilise des moyens novateurs, une énergie peu courante, les élans de sa brosse et l’acuité du couteau se conjuguent afin de donner un pouvoir exaltant à la matière conquise, par des tons raffinés, complémentaires ou opposés (brise-lames) Eau de Vie, jour de fête jouent les plans rapprochés et larges d’une palette dont les couleurs enchâssées dans les forment, trament singulièrement et fortement ses compositions, le peintre traque la vérité, le style frontal est vif et ne s’accorde pas de repentir, tout est livré avec hâte mais avec précision et concision.img_0315.1281305608.jpg
Les mouvements sont somptueux et les subtiles superpositions des couleurs livrent les sous-couches, en harmonie chromatique, l’éclat des sous-couches est entièrement en éveil, les noirs profonds, montrent ses études et son amour de Franz Hals et de Rembrandt, qui l’accompagnent. Dans ses espaces inhabités,(Agrigente) troublants, ses terres immenses entre ciel et horizon, il frôle les limites indéfinissables du visible et de l’invisible.
Il s’empare de la lune comme il peint le soleil, rien n’est jamais calculé, mais rien n’est laissé au hasard, comme s’il avait une connivence insoupçonnée avec les couleurs,
que ce soit dans ses marines, la musique, le sportles natures mortes, ses nusson nu bleu couché sublime, ses paysages. img_0326.1281305500.jpg
une nouvelle sculpture sonore d’Etienne Krähenbuhl a fait son apparition dans le parc
photos de l’auteur grâce à la courtoise du gardien, pardon pour le nu bleu

Le jardin des délices

img_0193.1279814933.JPGL’ Hortus Deliciarum ou Jardin des Délices était certainement l’un des plus beaux manuscrits alsaciens du Moyen-Age. Il a été composé vers la fin du XIIe siècle au couvent du Mont Sainte-Odile sous la direction de l’abbesse Herrade. Il racontait l’histoire biblique depuis la création jusqu’à la fin des temps. Ce manuscrit a péri dans l’incendie de la bibliothèque de Strasbourg en 1870. Foudroyé dans le bombardement de la bibliothèque, le « jardin des délices » de l’Abbesse Herrade de Hohenbourg n’était pas seulement le plus beau manuscrit de l’Alsace Romane : c’était un des plus grands trésors de l’art du Moyen Age.
Il est possible d’admirer des copies et des reconstitutions de ce manuscrit de nos jours car, au cours du XIXe siècle, des amateurs d’histoire et d’art s’appliquèrent à en copier les textes et les images. Vers 1815, un érudit strasbourgeois, Christian Maurice Engelhardt, calqua une quarantaine de fragments d’images ainsi que quatre miniatures entières. Il rassembla ce travail dans un cahier au format du manuscrit et le fit imprimer en 1818. Certains des exemplaires de 1818 ont été soigneusement coloriés et par endroit dorés à la feuille sous la surveillance attentive de M. Engelhardt
Le Hortus Deliciarum est le reflet d’une civilisation qui s’est épanouie au temps des cathédrales. Il est tout à la fois le catalogue des gestes, des formes et des objets de ce beau XIIe siècle, et le répertoire d’un imaginaire qui nous est resté familier. L’exposition temporaire présentée par Voix et routes romanes en partenariat avec l’association Saint-Etienne Réunion, au temple St Etienne de Mulhouse est visible durant tout l’été.
L’histoire veut que le manuscrit et le lieu qui accueille l’exposition ont un point commun non négligeable : la première église mulhousienne a été fondée au XII e siècle, et c’est à la même période que le manuscrit commence à voir le jour au Mont Sainte-Odile.
Tous les jours jusqu’au 6 septembre de 10 h à 12 h et de 14 h à 18, sauf le mardi et le dimanche matin, au temple Saint-Etienne, place de la Réunion à Mulhouse.
scan du catalogue

De Degas à Picasso – la collection de Jean Planque

Belle entrée en matière que le concerto de Britten, sonné aux quatre coins de la cour de l’ Espace d’art Contemporain Fernet Branca de St Louis. Gérard Cahn  président de l’espace parla avec beaucoup de verve et d’enthousiame de Jean Planque en le citant  :
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 » Il n’y a pas un art du laid et du beau. Cela n’existe pas. Il y a seulement le mystère, la magie et l’horrible peut tout aussi bien  exprimer ces choses. C’est en se livrant totalement à l’instinct, sans intervention intellectuelle, que l’on peut exprimer ce qui est en soi, bien en soi, totalement et fortement.  »
Carnets 1973

Puis encore
« J’ai mieux aimé les tableaux que la vie. Ma vie = tableaux. Cela depuis très jeune. Mieux que la musique qui m’est pourtant si chère, le tableau s’impose à moi avec brutalité dans sa totalité et je pressens, je pressens le mystère, ce qui ne peut être dit ni à l’aide de la musique, ni à celle des mots. Immédiate compréhension. Chose émotionnelle. Possession de tout mon être. Je suis en eux et eux en moi. Tableaux. »
Carnets 1973
C’est en parcourant la collection, que ces phrases prennent tout leur sens, plus de 140 tableaux s’offrent à vous, le choix, les coups de cœur de cet ancien voyageur de commerce, qui fut le collaborateur d’ Ernst Beyeler, lui servant d’intermédiaire pour accéder à Picasso entre autres.
Avec De Degas à Picasso, collection Jean Planque qui regroupe 140 œuvres sur les 150 que compte cette collection, l’Espace d’art contemporain Fernet-Branca offre tout à la fois ses vastes et beaux volumes et un panoramique sur une collection qui comprend des tableaux « lourds » (Picasso, Van Gogh, Cézanne, Dubuffet…) mais permet aussi de mesurer combien le regard de Jean Planque (1910-1998) était affûté.
« J’ai mieux aimé les tableaux que la vie », écrit Jean Planque. Une phrase qui pourrait résumer la passion inextinguible d’un grand amateur d’art qui ne craignait pas de se laisser déborder par ses émotions.
« Cette exposition n’est pas faite, dit encore Florian Rodari, – Conservateur de la collection à la Fondation Jean et Suzanne Planque – , de chef-d’œuvre de musées mais bien d’œuvres qui résonnent… » Et qui atteste aussi de l’admirable ferveur d’un amateur d’art qui vivait pour l’amour des tableaux et point pour leur valeur.
De vrais de coups de cœur pour des aquarelles délicates de Cézanne, un minimum de traits et de pigments, juste ce qu’il faut, mais tout est là, la Montagne St Victoire.
Mais aussi Klee, Tobey, Tapiès, Delaunay, le passionnant Toledo, Sam Francis et ses magnifiques petits formats, De Staël, Bonnard, Rouault, Monet, Bazaine, Bissière jusqu’à ce profil, sculpté par Kosta Alex,  La magnifique colllection est visible  jusqu’au 24 octobre.

Cezanne Montagne St Victoire aquarelle
Cezanne Montagne St Victoire aquarelle

C’est ainsi que débutent les festivités, qui ne vont aller que crescendo avec Art Basel et le programme alléchant de la « Regio »
pour ne citer que Mulhouse 2010, les musées bâlois, dont la Fondation Beyeler avec l’exposition « Jean Michel Basquiat », le Crac Alsace etc …


La Dolce Vita

Si vous me cherchez  je ne suis pas par là pour quelques jours, pour cause de nuage de cendres, le vol pour Rome est annulé, faute d’avion !!!

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mais surtout là