Commissariat : Delphine Lévy, directrice générale de Paris Musées (2013-2020) Clara Roca, conservatrice en charge des collections d’arts graphiques des XIXe et XXe siècles, et de la photographie L’exposition est organisée par la Tate Britain et le Petit Palais, Paris Musées. Jusqu'au 29 janvier 2023
LePetit Palaisprésente, pour la première fois en France, une grande rétrospective dédiée au peintre anglais Walter Sickert (1860-1942) conçue en partenariat avec la Tate Britain. Cet artiste résolument moderne, aux sujets énigmatiques et souvent déstabilisants, est peu présent dans les collections françaises. Pourtant, Sickert tisse des liens artistiques et amicaux avec de nombreux artistes français et importe en Angleterre une manière de peindre très influencée par ses séjours parisiens. Cette exposition est l’occasion de (re)découvrir cet artiste si singulier qui eut un impact décisif sur la peinture figurative anglaise, notamment sur Lucian Freud.
Le parcours de l’exposition suit un fil chronologique tout en proposant des focus thématiques sur les grands sujets traversés par son oeuvre. La première section, à travers une sélection d’autoportraits peints tout au long de sa vie, permet d’appréhender sa personnalité à la fois énigmatique, complexe et séduisante. Très provocateur, dans le contexte d’un art académique anglais relativement corseté, Walter Sickert peint des sujets alors jugés trop audacieux comme des scènes de music-hall ou, plus tard, des nus dés-érotisés, présentés de manière prosaïque dans des intérieurs pauvres de Camden Town. Ses choix de couleurs aussi virtuoses qu’étranges, hérités de son apprentissage auprès de Whistler, ainsi que ses cadrages déroutants frappent ses contemporains.
Séjour en France
À partir de 1890, il voyage de plus en plus régulièrement à Paris et à Dieppe jusqu’à s’installer de 1898 à 1905 dans la station balnéaire dont il peint de nombreuses vues. Il est alors très influencé par la scène artistique française et devient un proche d’Edgar Degas, Jacques-Émile Blanche, Pierre Bonnard, Claude Monet ou encore Camille Pissarro. De retour à Londres en 1905, il diffuse sa fine connaissance de la peinture française en Angleterre par ses critiques, son influence sur certaines expositions ou par son enseignement. Il débute à ce moment-là, sa série des « modern conversation pieces » qui détourne les scènes de genre classique et traditionnel de la peinture anglaise en des tableaux ambigüs, menaçants voire sordides dont le plus célèbre exemple est celui de la série des « meurtres de Camden Town ».
Camden Town Transposition
À la fin de sa carrière, durant l’entre-deux-guerres, Sickert innove en détournant et transposant en peinture des images de presse, processus largement repris à partir des années 1950 par des artistes comme Andy Warhol. S’il ne franchit pas le pas de l’abstraction, il provoque sans cesse le milieu de l’art et le public par ses inventions iconographiques et picturales. La postérité de son oeuvre est palpable dans le travail de nombreux artistes des générations suivantes.
La scénographie
La scénographie, signée par Cécile Degos, est rythmée par différentes ambiances colorées et aérée, créant des perspectives d’une salle à l’autre. Le parcours est ponctuellement animé par des sections aux ambiances plus immersives, comme celle consacrée au music-hall. Les dispositifs de médiation s’appuient d’une part sur un jeu audio, conçu à partir d’archives, qui fait parler Sickert et les personnalités qui l’ont côtoyé, et d’autre part sur une table numérique qui permet de faire l’expérience de la lanterne de projection, un des procédés de transposition dont Sickert revendique l’emploi.
Informations pratiques
Petit Palais de Paris Avenue Winston-Churchill 75008 Paris
Dernier Jour 8 janvier 2023L’exposition a été rendue possible grâce à Galerie Eva Presenhuber, Zurich ; Esther Schipper, Berlin ; Sadie Coles HQ, London ; Gladstone, New York ; kamel mennour, Paris et Kukje Gallery, Seoul.
Commissariat :
Juliette Singer, conservatrice en chef, responsable des projets art contemporain au Petit Palais
Erik Verhagen, professeur en histoire de l’art contemporain, Université polytechnique Hautsde-France
L’intervention d’Ugo Rondinone au sein du Petit Palais réside en deux ensembles de travaux, prolongés par une installation vidéo inédite. S’articulant autour de corps humains en prise avec les éléments et la nature, ceux-ci s’inscrivent dans la continuité des multiples familles d’œuvres produites par l’artiste depuis la fin des années 1980. La terre, le ciel, l’air, l’eau et le feu associés à des êtres au repos ou en mouvement sont ici convoqués, dans toute leur dimension spirituelle.
photo Ignant
the water is a poem unwritten by the air no. the earth is a poem unwritten by the fire
Ugo Rondinone
Le premier ensemble
Le premier ensemble de travaux qui accueillent les visiteurs, humansky, souligne d’emblée cette confusion entre l’être et les éléments. Sept corps moulés, agrémentés d’un « camouflage » évoquant un ciel bleu constellé de nuages, sont suspendus. Ils confrontent le visiteur à l’eau et à l’air. photo elisabeth itti
Le deuxième ensemble
photo elisabeth itti
Le deuxième ensemble, d’où historiquement, est née cette trilogie, est constitué des nudes. À base de cire transparente mélangée avec de la terre, prélevée sur sept continents, ces sculptures présentent aussi un aspect « camouflé », produit
photo Igant par l’assemblage de ces matières non homogènes. Elles mettent en scène des corps de danseurs et danseuses assis et au repos. Réalisés à échelle humaine, ces nus semblent d’abord réalistes, avant que le visiteur, en s’approchant, ne découvre leur aspect clairement artificiel, particulièrement visible au niveau de la jonction de leurs membres avec leur corps. Ces sculptures sont ainsi « paradoxales » et conformes en cela à l ’e s t h é t i q u e d ’ U g o R o n d i n o n e : i l j o u e s u r « l ’o p p o s i t i o n » entre ce qui est attendu d’un danseur ou d’une danseuse, et la pose qu’il leur fait prendre. Ces corps immobiles, repliés sur eux-mêmes, évacuent tout geste c h o r é g r a p h i é e t t o u t e r é f é r e n c e à l ’e s p a c e s c é n i q u e : ils semblent se fondre avec la nature, l’esprit concentré, perdus dans un état méditatif.
D’un ensemble à l’autre, les visiteurs assistent à un processus de mutation des corps : d’une suspension éthérée avec humansky, à une quasi léthargie avec les nudes, l e s c o r p s « renaissent » dans le film burn to shine, dont la présentation au Petit Palais constitue une première mondiale. Le film est projeté sur six écrans, à l’intérieur d’un écrin cylindrique en bois calciné qui forme un cercle, figure géométrique récurrente chez l’artiste. Le corps est ici en mouvement : 12 percussionnistes, 18 danseurs et danseuses sont réunis dans le désert, autour d’un feu. S’adonnant à une transe ancestrale héritée du Maghreb, conjuguée aux gestes d’une danse contemporaine pensée avec le concours du chorégraphe franco-marocain Fouad Boussouf, ils s’unissent à la nature, du coucher du soleil jusqu’à l’aube, au moment où le soleil se lève de nouveau.
La méthode
Les lattes en bois du cylindre obstruent toute vue extérieure : elles indiquent un passage. Depuis ses débuts, Ugo Rondinone considère en effet nécessaire de créer un environnement clos, « isolé », pour pouvoir engager un dialogue avec la nature, au sein d’un espace fermé. Pour lui, il est important d’imaginer des dispositifs visant à atténuer la présence du paysage urbain environnant. Les filtres – when the sun goes down and the moon comes up – posés sur les fenêtres, dans la galerie des sculptures et le pavillon nord, participent de cette volonté et nous rappellent surtout que toute exposition de l’artiste est, en soi, une œuvre à part entière.
photo Ignant Selon Ugo Rondinone, ce qui relierait les deux premiers groupes à burn to shine est un désir de transformation : « L’inspiration initiale est venue d’un poème de John Giorno intitulé “Tu dois brûler pour briller », un proverbe bouddhiste sur la coexistence de la vie et de la mort, semblable à la mythologie grecque bien plus ancienne du phénix, l’oiseau immortel qui se régénère de manière cyclique ou renaît d’une autre manière. Associé au soleil, un phénix reçoit une nouvelle vie en renaissant des cendres de son prédécesseur ». Enfin, l’artiste a tenu compte des œuvres du Petit Palais auxquelles les siennes sont confrontées. Il s’est appuyé sur les sculptures anthropomorphiques de la collection du musée pour mieux « asseoir » les nus et a entouré le cylindre de burn to shine de quatre peintures d’Eugène Carrière.
photo elisabeth itti
Biographie
Ugo Rondinone est considéré comme l’un des artistes les plus importants de sa génération. Il compose des méditations fulgurantes sur la nature et la condition humaine tout en développant un vocabulaire formel organique où fusionne une multitude de traditions sculpturales et picturales. L’ampleur et la générosité de sa vision sur la nature humaine ont donné naissance à un riche répertoire d’objets bidimensionnels et tridimensionnels, d’installations, de vidéos et de performances. Ses formes hybrides, qui empruntent aussi bien à des sources culturelles anciennes que modernes, rayonnent de pathos et d’humour, touchant directement au cœur des problématiques les plus pressantes de notre époque, à la croisée de l’exploit moderniste et de l’expression archaïque. Ces dernières années, les observations existentielles de Rondinone sur l’humanité, la technologie et le passage du temps se sont traduites par des installations sculpturales publiques de grandes dimensions. Celles-ci comprennent des moulages en aluminium d’oliviers vieux de 2000 ans, des masques d’argile modelés à la main, des figures en pierre brute et des rochers empilés ornés de couleurs artificielles.
Parallèlement à son travail, Rondinone entretient un intérêt constant pour l’art de ses prédécesseurs et de ses contemporain·es, comme en témoignent les expositions de groupe qu’il a organisées à Vienne, Paris et New York, ainsi que l’émouvant hommage collectif rendu à son partenaire de vie, le regretté poète et artiste de performance John Giorno, au Palais de Tokyo à Paris en 2016 intitulé I JOHN GIORNO puis présenté à nouveau dans treize institutions à but non lucratif en 2017 à New York. Ugo Rondinone est né en 1964 à Brunnen, en Suisse. Il a étudié à l’Universität für Angewandte Kunst de Vienne avant de s’installer à New York en 1997, où il vit toujours aujourd’hui. Son travail a été présenté dans le cadre d’expositions personnelles au Centre Pompidou, Paris (2003) ; Whitechapel Gallery, Londres (2006) ; Art Institute of Chicago (2013) ; Rockbund Art Museum, Shanghai (2014) ; Palais de Tokyo, Paris (2015) ; Secession, Vienne (2015) ; Museum Boijmans Van Beuningen, Rotterdam (2016) ; MACRO, Rome (2016) ; Carré D’Art, Nîmes (2016) ; Berkley Art Museum, Berkeley, Contemporary Art Center Cincinnati, Cincinnati (2017), Bass Museum of Art, Miami (2017) ; Belvedere, Vienne (2021), Musée Tamayo, Mexico (2022) et Musée Schirn, Francfort (2022). En 2007, il a représenté la Suisse à la 52e Biennale di Venezia. L’artiste vit et travaille à New York.
CARTE BLANCHE À UGO RONDINONE when the sun goes down and the moon comes up le MAH de Genève invite Ugo Rondinone (1964-) à s’emparer de sa collection et de son bâtiment principal pour créer une expérience esthétique unique. 26 janvier 2023 - 18 juin 2023
Jusqu'au 23 janvier, le musée du Louvre met en lumière les chefs-d'œuvre de la nature morte dans son exposition événement « Les Choses » HALL NAPOLÉON Commissaire : Laurence Bertrand Dorléac, historienne de l'art Une histoire de la nature morte depuis la Préhistoire ( vidéo de la conférence - 1 h 07) Avec la collaboration de Thibault Boulvin et Dimitri Salmon Vidéo du scribe accroupi (18 mn) avec Laurence Bertrand Dorléac
Les Choses
Une histoire de la nature morte
On photographie des choses pour se les chasser de l’esprit
Franz Kafka
Une vision nouvelle
André Serrano 1984
La nature morte retrouve enfin les honneurs d’une grande exposition parisienne, 70 ans après la dernière rétrospective à l’Orangerie en 1952. Conçue par Laurence Bertrand Dorléac, cette exposition d’auteure propose une vision nouvelle de ce genre longtemps considéré comme mineur et dont l’intitulé français, né tardivement au XVIIe siècle, n’a jamais satisfait personne. L’expression « nature morte » rend mal compte d’un genre très vivant, qui est, au fond, un agencement de choses en un certain ordre assemblées par l’artiste.
Jean Siméon Chardin, Pipes et vases à boire dit la Tabagie, vers 1737
Carte blanche
Cette carte blanche réunit près de 170 œuvres, prêtées par plus de 70 institutions et collections privées parmi les plus prestigieuses. Dans une promenade en quinze séquences chronologiques et thématiques, les œuvres, représentant tous les médias (de la peinture à la vidéo, en passant par la sculpture, la photographie et le cinéma), dialoguent entre elles, au-delà du temps et de la géographie, jusqu’à l’époque contemporaine. Comme un prélude à l’exposition, l’œuvre monumentale de l’artiste camerounais Barthélémy Toguo,
Le Pilier des migrants disparus
Barthélémy Toguo, le Pilier des Migrants disparus
se déploie sous la Pyramide. Les grands ballots colorés en tissus africains de Barthélémy Toguo sont magnifiques mais sa longue cordée de bagages improvisés avec des matériaux de fortune nous invite aussi à réfléchir à l’exil. Ils nous rappellent à leur façon ce que devient au quotidien notre histoire contemporaine traversée de tous les déplacements forcés des réfugiés du monde qui tentent le voyage vers un monde habitable au péril de leur vie. Souvenir plus lointain de la traite et de l’esclavage ? Ils sont en tout cas les signes de toutes les trajectoires périlleuses d’hommes, de femmes et d’enfants qui fuient les guerres, la famine, la misère et les catastrophes écologiques. La représentation des choses, dont on retrouve des témoignages dès la Préhistoire, offre une formidable plongée dans l’histoire. Les artistes ont, en effet, été les premiers à prendre les choses au sérieux. Ils ont reconnu leur présence, les ont rendues vivantes et intéressantes en exaltant leur forme, leur signification, leur pouvoir, leur charme, ont saisi leur faculté à donner forme à nos peurs, à nos croyances, à nos doutes, à nos rêves, à nos désirs, à nos folies.
Arcimboldo, l’automne, 1573
L’exposition entend rétablir un dialogue entre ce genre perçu comme suranné et le public : la nature morte est l’une des évocations artistiques puissantes de la vie sensible. Parce que les êtres humains vivent avec les choses et y sont attachés, parce que les choses occupent une place déterminante dans les vies et les imaginaires, la nature morte dit beaucoup de nous et a beaucoup à nous dire. Elle raconte notre relation avec les biens matériels, qui ne sont pas réductibles à leur matérialité mais qui sont chargés de signification.
Italie, Faenza ou Pesaro, Chauffe-mains en forme de livre fermé, 1490/1510
La nature morte de l’Antiquité au XXe siècle
La dernière grande manifestation autour de la nature morte, La nature morte de l’Antiquité au XXe siècle, fut organisée en 1952 à Paris par Charles Sterling, conservateur au Louvre. La présente exposition rend hommage à ce grand historien de l’art ; il ne s’agit pourtant pas d’un remake, mais de repartir de nos savoirs et de notre mentalité contemporaine. Le point de vue intègre tout ce qui a renouvelé les techniques de représentation et les perspectives, tant en histoire de l’art ancien et contemporain, qu’en littérature, poésie, philosophie, archéologie, anthropologie, science ou écologie.
Esther Ferrer, Europortrait 2002 photographie
L’éternel dialogue entre les artistes du présent et du passé
Elargissant les frontières chronologiques et géographiques, l’exposition ouvre des fenêtres sur d’autres cultures qui ont représenté les choses en majesté, y compris quand elles n’étaient plus montrées pour elles-mêmes dans l’Occident chrétien – du VIe au XVIe siècle. Elle revisite le genre de la nature morte, dans la perspective de l’éternel dialogue entre les artistes du présent et ceux du passé, dans un renouvellement permanent du regard : des haches préhistoriques au readymade de Duchamp, en passant par les agencements étonnants d’Arcimboldo, de Clara Peeters, Louise Moillon, Zurbarán, Chardin, Anne Vallayer-Coster, Manet, De Chirico, Miró, Nan Goldin, Ron Mueck et bien d’autres.
Ron Mueck
Les choses n’ont pas de signification : elles ont une existence.
Fernando Pessoa
Le code et la liberté
La représentation des choses par les artistes s’imprègne d’une grande variété de pratiques et d’idées, de croyances et de sentiments, qui inspirent les mouvements de la société autant qu’elles ne s’en font l’écho. À l’intérieur d’un code reconnu voire rebattu, la simplicité des choses invite les artistes à des libertés formelles inouïes.
Luis Melendez
Défis et Droits
Le genre de la nature morte doit également être reconsidéré à la faveur de l’attachement contemporain aux choses ainsi qu’aux relations nouvelles qui s’établissent entre le vivant et le non-vivant. Cette exposition contient forcément les préoccupations d’aujourd’hui : les défis écologiques, les nouveaux droits des animaux et des choses (des forêts en particulier), tandis que certaines persistances, comme celle du thème de la Vanité, révèlent des vérités anthropologiques profondes.
Andreï Tarkovski, Stalker 1979
La structure
La structure diachronique choisie pour le parcours de l’exposition a l’avantage de mettre en évidence les tournants dans l’histoire des représentations. Elle ménage aussi les rapprochements indispensables entre les œuvres d’époques différentes. Trois périodes sont particulièrement propices à l’abondance des choses représentées : l’Antiquité, les XVIe-XVIIe siècles et les XXe-XXIe siècles.
Mon coup de coeur ci-dessous
Pendant que nous parlons, le temps jaloux s’enfuit. Cueille le jour, et ne crois pas au lendemain.
Horace
Qian Zuan, dans le style des Oeillets 1314, encre sur soie
Informations pratiques
Horaires d’ouverture de 9 h à 18 h, sauf le mardi. Nocturne le vendredi jusqu’à 21h45 Réservation d’un créneau horaire recommandée en ligne sur louvre.fr y compris pour les bénéficiaires de la gratuité. Gratuit pour les moins de 26 ans citoyens de l’Union européenne.
Accès Métro 1 ou bus 72 arrêt Louvre Rivoli
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Adieu 2022 ! Que l’harmonie et le bonheur règnent dans chaque moment de votre vie. Je vous souhaite à tous une très bonne année 2023, riche en bonheur, amour, amitié, rires, et paix…
Grand merci pour votre fidélité
L’exposition est visible jusqu’au 31 décembre 2022 Maya Ruiz-Picasso est décédée, mardi 20 décembre, à l’âge de 87 ans. Actuellement sujet d’une double exposition au Musée Picasso-Paris,
MAYA RUIZ-PICASSO FILLE DE PABLO et MAYA RUIZ-PICASSO la première fille de Pablo Picasso a œuvré toute sa vie pour le partage et la transmission de l’œuvre de son père.
Maya à la poupée, son visage ressemble à celui de sa mère la poupée a le visage de son père Pablo Picasso
Elle était la fille de Pablo Picasso, (1881-1973) (marié à Olga Khokhlova) et de Marie-Thérèse Walter(1909-1977). Maya de son vrai nom, María de la Concepción, nait le 5 septembre 1935. C’est elle qui transforma son prénom en Maya, ne réussissant pas à articuler vraiment son nom à consonance espagnole.
Marie-Thérèse Walter et Maya Elle devient le sujet de nombreuses œuvres du maître de l’art moderne. Le film projeté au 2 étage évoque sa relation à son père. Enfant d’une famille recomposée avant l’heure, elle est choyée, adorée, par ses parents. Jusqu’à ses 17 ans elle vit tantôt chez l’un d’eux, tantôt chez l’autre. Picasso s’éloigna un peu de Marie-Thérèse, pour s’installer avec Dora Maar. Elle le photographia dans son atelier, pour son chef d’oeuvre « Guernica »
Pablo Picasso rompit toute relation avec sa fille en 1960. Le mariage de Maya avec Pierre Widmaier, officier de marine, que Picasso désapprouve, marque leur rupture définitive. Ils ne se reverront plus. A la mort du père, en 1973, il n’avait pas vu sa « petite sardine » depuis vingt ans ! En 2021, elle fait une dation à l’Etat français de 9 chefs-d’œuvre de sa collection, estimant qu’elles doivent intégrer les collections nationales du musée dédié à son père.
Maya Ruiz-Picasso au Bateau
Historienne
Picasso en a fait de nombreux portraits, qui sont répartis dans les musées et collections du monde entier. Durant l’été 1955, Maya Ruiz-Picasso a assisté son père sur le tournage du filmLe Mystère Picasso d’Henri-Georges Clouzot, dans les studios de la Victorine à Nice. Des années plus tard, en 1980, elle entame une carrière d’historienne de l’art et se spécialise notamment sur l’œuvre de Pablo.
« Merveilleuse témoin du processus de création de son père, Maya Ruiz-Picasso a continûment œuvré pour le partage et la transmission de cette œuvre, explique la ministre de la Culture.
C’était, selon les mots de son fils Olivier Widmaier Picasso « une mission » pour Maya Ruiz-Picasso qui pensait que :
«ces œuvres devaient retourner à l’État, pour tous.».
Au-delà des dons d’œuvres réguliers, Maya Ruiz-Picasso a également partagé avec celles et ceux que l’œuvre passionnait ses précieuses connaissances pour soutenir la recherche historique et scientifique.
Reconnaissance nationale de son travail de recherche
L’État français l’a décorée à plusieurs reprises pour son travail de recherches et d’archives qui fait rayonner le travail de son père et la France dans le monde entier. En 2007, elle reçoit l’insigne de Chevalier de la Légion d’Honneur des mains de l’historien d’art Pierre Daix. En 2016, elle est promue Commandeur des arts et des lettres.
La ministre de la Culture
« Nous lui en resterons toujours reconnaissants et ce souvenir imprégnera en 2023 l’année Picasso, initiée avec mon homologue espagnol, qui marquera le cinquantième anniversaire de la disparition de l’artiste ».
– conclut Rima Abdul Malak.
Diana Widmaier Picasso
Picasso Father & Daughter Maya. Diana Widmaier Picasso. Galerie Gagosian, Paris le 18 octobre 2017.
Il a fallu tout l’entregent de celle-ci, spécialiste de l’œuvre de son grand-père, pour réunir notamment une salle magistrale de portraits de sa mère petite, venus de musées de Tel Aviv ou de New York et de collections privées. « Il y a des tableaux d’elle que même ma mère n’a jamais vus, ou lorsqu’elle était trop jeune pour s’en souvenir », confie Diana.
Dans le cadre de la Regionale 23, jusqu’au 5 mars 2023au Frac Alsace
Art est métier – Transmergence#04
Transmergence#04 est un format d’exposition du FRAC Alsace, qui rend visible la scène artistique régionale et transfrontalière tout en questionnant sa définition face à un monde globalisé à mobilité accrue, où le temps prend la place de la distance géographique. Pour la 4ème année consécutive, le format Transmergence du FRAC Alsace s’inscrit dans La Regionale, un projet transfrontalier unique en son genre, qui réunit 18 institutions de trois pays (CH, D, F). Pour Transmergence #04, les commissaires ont choisi des propositions artistiques qui font dialoguer l’art et l’artisanat. L’exposition présente les œuvres et les nouvelles productions d’artistes d’origines diverses, qui aujourd’hui vivent ou travaillent dans région transfrontalière.
L’exposition « Taffele », impulsée par l’artiste Pascal Poirot a réuni une cinquantaine d’artistes au profit de l’association l’Art au-delà du regarddu 7.11 au 14.11.2022 à Strasbourg. Venez découvrir la diversité, la créativité et l’humour de ces «tableautins» contemporains.
photos Jean Louis Hess
Description
« «Taffele» est un terme rhénan signifiant petit tableau ; il n’existe pas de mot pour désigner ces productions populaires aujourd’hui passées de mode, comme la peinture sous verre ou le canevas, que l’on associe aux décorations d’intérieur de nos grands-mères. Ces tableautins sont en fait des cartes postales collées sur bois et agrémentés de stuc ou de mastic pour camoufler les bords du collage. La planchette qui sert de support est en bois coupé de biais dans un tronc d’arbre et dont l’écorce est conservée comme élément décoratif et encadrement du tableau ovale. Les taffeles naissent à la suite de la Révolution Industrielle, de la production en série et de la création de la carte postale couleur, soit aux alentours des années 1890. Ils déclinent fin des années 1960 lorsque la société de consommation est installée et propose toujours plus d’objets «nouveaux» pour décorer nos habitations. Souvenirs touristiques désuets, ils se déclinent surtout en présentations de lieux touristiques, de monuments célèbres et de tenues folkloriques. Ils étaient déjà kitsch en leur temps car ils proposaient un succédané de l’œuvre d’art mais aussi parce qu’ils étaient le produit d’une reproduction industrialisée de l’image considérée de mauvais goût par les gens cultivés.
Commissaire
Pascal Henri Poirot a proposé à 50 artistes de revisiter ces productions, en leur distribuant des planchettes de bois à animer. Une exposition fonctionnant sur ce principe avait déjà eu lieu en 2008 avec la réunion de 30 artistes et la collection de Yves Siffer qui en collectionne quelques centaines. Cette présentation propose de voir le travail d’artistes de tous médiums, allant jusqu’à la vidéo ou la photographie, de l’art conceptuel ou abstrait. Ces revisites, voire ces détournements, aussi divers que leurs auteurs, réinvestissent l’art populaire, revivifient les souvenirs et les images du passé pour retrouver place dans notre époque. »
Valerie Etter, artiste – enseignante – Docteure en Histoire de l’art
Tableautins sur tranches de bois
MP-ENGELMANNS.CHARTIERD.STEFFAN
Acquisition
Chaque vente, soutien l’accès à la culture des personnes en situation de handicap visuel. Pour acquérir un Taffele, Merci de contacter Pascal H.Poirot : pascalpoirot.artiste@gmail.com // au 06.86.00.03.33
Bernard Latuner
Kyung Bouhours
Robert Cahen
51 artistes majeurs de la scène alsacienne de l’art contemporain se sont mobilisés pour soutenir le projet de l’Art au-delà du regard, dont certains présents dans les collections du FRAC Alsace :
ORG BOLLIN, KYUNG BOUHOURS, ROBERT CAHEN, SYLVAIN CHARTIER, FRANCO CILIENTO, CHRISTINE COLIN, MICHEL CORNU, LOUIS DANICHER, MICHEL DEJEAN, DANIEL DEPOUTOT, MARIE DRÉA, THOMAS EHRETSMANN, MARIE-PASCALE ENGELMANN, VALÉRIE ETTER, WERNER EWERS, MARC FELTEN, MARIE FREUDENREICH, CATHERINE GANGLOFF, PIERRE GANGLOFF, CHRISTIAN GEIGER, MARIE-AMÉLIE GERMAIN, CATHERINE, GUIGNON-CALERAME, DIDIER GUTH, ANTOINE HALBWACHS, CHRISTOPHE HAMM, CHRISTIAN HEINRICH, JEAN-LOUIS HESS, FRANÇOIS KLEIN, SYLVIE LANDER, BERNARD LATUNER, CÉCILIEN MALARTRE, FLORENT MEYER, MARTINE MISSEMER, SAUVEUR PASCUAL, CHRISTIAN PION, PASCAL H. POIROT, GERMAIN ROESZ, JEAN-LUC SCHICKÉ, MITSUO SHIRAISHI, YVES SIFFER, SIPTROTT’S, DAN STEFFAN, ROBERT STEPHAN, JACQUES THOMANN, VALPAREISOT, SYLVIE VILLAUME, RAYMOND-ÉMILE WAYDELICH, RENÉ WEBER, ANNE WICKY, PASCAL ZAGARI, HALEH ZAHEDI.
Marie Freudenreich
Informations pratiques
Acquisition
Chaque vente, soutien l’accès à la culture des personnes en situation de handicap visuel. Pour acquérir un Taffele, Merci de contacter Pascal H.Poirot : pascalpoirot.artiste@gmail.com // au 06.86.00.03.33 Prix de 240 à 300.oo €
photo Frédérique Goerig-Hergott Nom : Waydelich Prénom : Raymond âge : 84 ans naissance : Strasbourg résident : Hindisheim profession : Sculpteur, peintre, photographe signe particulier : représente la France à la Biennale de Venise en 1978 multi-primé multi-médaillé, blagueur
Samedi 19 novembre 2022, l’Académie Rhénane a remis le prix Europe 2022, à Raymond Waydelich. Le président de l’Académie Rhénane, Jean-Luc Seegmuller, et son vice-président Emmanuel Honegger officiaient ce jour-là au musée des Beaux Arts de Mulhouse. Le président lui remis un cadeau : une œuvre, signée d’une photographe de son village, Estelle Hoffert. « Tout ça pour moi, c’est trop », s’est ému l’artiste, avant de raconter quelques anecdotes et tranches de sa vie. (vidéo)
photo E.I. Le couronnement d’une carrière éclectique reliant le passé, le présent et le futur. Sculpteur, peintre, photographe, commandeur des arts et des lettres, l’artiste alsacien représenta la France à la Biennale de Venise en 1978. Après avoir exploré la mémoire du passé avec son travail sur la vie rêvée de Lydia Jacob, puis avoir en 1995 imaginé la mémoire future à travers sa grande exposition Mutaronegra, il donne aujourd’hui, en le sculptant, une vie nouvelle à son bestiaire merveilleux. (hommage vu à ST’ART 2021)
Le public
photo E.I. Une assistance fournie occupa la salle du musée des BA de Mulhouse. Des applaudissements nourris, des rires accompagnèrent la prestation de Waydelich, avec la verve qu’on lui connait. De nombreux artistes amis étaient présents dans la salle. Madame la Maire de Mulhouse était représentée pas son adjointe, EMMANUELLE SUAREZ. (en robe à motif au 1er rang)
Eloge
Frédérique Goerig-Hergott, ancienne conservatrice du musée d’Unterlinden à Colmar et désormais directrice des musées de Dijon, avait fait le déplacement pour dresser le portrait et raconter la vie et l’œuvre, loin d’être achevée, de Raymond Waydelich. Elle est revenue sur le parcours de l’homme qui représenta la France à la Biennale de Venise en 1978 ; celui qui, après avoir exploré la mémoire du passé avec son travail sur la vie rêvée de Lydia Jacob, a imaginé la mémoire future à travers sa grande exposition Mutaronegra à Strasbourg .
« Raymond est une madeleine de Proust à lui seul » F.GH
« Raymond a la notion du temps et de l’espace. La vie est un rêve pour lui et cet état d’esprit guide son travail. Il raconte des histoires et, moi, je l’écoute comme une enfant car il me fait rire, me bouscule et me fait rêver. Raymond Waydelich représente tout ce que j’aime chez l’être humain et l’artiste : le talent, l’acuité visuelle, la spontanéité, l’inventivité débordante et l’intelligence créative qui caractérise les génies, l’humilité, l’altruisme, le don de soi, la fidélité, le souci de garder la mémoire de son territoire, la mémoire des autres, des plus connus aux inconnus, la mémoire des traditions, la mémoire de la langue, l’humour, la dérision avec la spontanéité et la gouaille d’un être aussi fulgurant que délicat, aussi bruyant que discret, mais aussi généreux qu’effacé. Raymond est une madeleine de Proust à lui seul »
Conférence
Une brillante conférence présentée par Pierre-Louis Cereja, ancien critique d’art du cinéma, au journal L’Alsace, sonna le clap de fin de l’exposition du cinéaste mulhousien. Exposition organisée par l’ancien journaliste, qui nous enthousiasma par son savoir encyclopédique sur le cinéma en général, et sur «William Wyler, en particulier.
Jusqu’au 22 janvier 2023 au Musée d’Orsay à Paris Commissariat :Claire Bernardi, directrice du musée de l’Orangerie Avec la collaboration d’Estelle Bégué, chargée d’études documentaires au musée d’Orsay
En collaboration avec le musée Munch d’Oslo, le musée d’Orsay consacre une exposition au célèbre peintre norvégien Edvard Munch (1863-1944) dont l’œuvre dans son ampleur – soixante ans de création – et sa complexité demeure pourtant en partie méconnu.
De l’intime au symbole
« Nous voulons autre chose que la simple photographie de la nature. Nous ne voulons pas non plus peindre de jolis tableaux à accrocher aux murs du salon. Nous voudrions un art qui nous prend et nous émeut, un art qui naîtrait du coeur. »
(Journal, 1889)
Edvard Munch est initié dès l’enfance au dessin et à la peinture par sa tante Karen Bjølstad, qui l’élève depuis le décès prématuré de sa mère. À l’âge de dix-sept ans, il entre au Collège royal de dessin de Kristiana (actuelle Oslo) mais ne suit pas de formation artistique à proprement parler, la Norvège n’étant pas pourvue d’une véritable académie.
En 1885, il séjourne à Paris une première fois grâce à l’aide financière du peintre Frits Thaulow. Il visite les musées français et découvre les oeuvres des artistes naturalistes mais également celles des impressionnistes qui faisaient alors scandale en France. Il leur emprunte notamment leur facture rapide et leur traitement libre des couleurs. Munch se détourne cependant très rapidement de la peinture de paysage pour peindre des portraits sensibles de ses proches, principalement ses soeurs Inger et Laura, ou ses amis de la bohème de Kristiania. Au tournant des années 1890, la dimension symbolique de ces scènes intimes devient déterminante, apportant à son oeuvre toute sa singularité.
Explorer l’âme humaine
« On ne doit plus peindre d’intérieurs, de gens qui lisent et de femmes qui tricotent. Ce doit être des personnes vivantes qui respirent et s’émeuvent, souffrent et aiment. Je vais peindre une série de tableaux de ce genre – Les gens en comprendront la dimension sacrée et ils enlèveront leur chapeau comme à l’église. » (Carnet de notes, 1889-1890)
Puberté occupe une place à part : elle débute un questionnement majeur sur le passage entre deux âges, sur cet état d’instabilité caractéristique des moments
L’enfant malade déterminants de la vie. Dans Désespoir, le peintre livre avec une intensité rare l’une des clés de compréhension de son oeuvre : la projection du sentiment humain sur la nature environnante. Enfin, dans L’Enfant malade, écho à la mort précoce de sa soeur aînée, il affirme la vocation universelle de ses oeuvres, qui dépassent par leur force l’évocation d’un événement personnel.
La Frise de la vie
« La frise de la vie a été pensée comme une série cohérente de tableaux, qui doivent donner un aperçu de la vie. J’ai ressenti cette fresque comme un poème de vie, d’amour, de mort… ». (La Frise de la vie, 1919)
Edward Munch, la Frise de la vie croquis
Soucieux de se faire comprendre, le peintre invente une nouvelle manière de présenter son art pour en souligner la cohérence. Il regroupe ainsi ses principaux motifs dans un vaste projet qu’il finit par intituler La Frise de la vie. Initiée au cours des années 1890, cette série de tableaux fait l’objet de plusieurs grandes expositions. Celle de Berlin en 1902 est un jalon important : pour la première fois, Munch pense l’accrochage de ses oeuvres comme un véritable discours, insistant sur le cycle perpétuel de la vie et de mort. Ce projet est si crucial à ses yeux qu’il pourrait résumer l’essentiel de sa carrière. Il travaille tout au long de sa vie sur les toiles qui le composent et en explore les possibilités. Dans les années 1900 et 1910, il se tourne par ailleurs vers des projets liés au théâtre ou au décor architectural dans lesquels il intègre certains thèmes de La Frise de la vie.
Les vagues de l’amour
« J’ai symbolisé la communication entre les êtres séparés à l’aide de longs cheveux ondoyants. La longue chevelure est une sorte de fil téléphonique. » (Projet de lettre à Jens Thiis, vers 1933-1940)
Métabolisme
Parallèlement à ses peintures, Munch décline les motifs de La Frise de la vie dans de nombreux dessins et gravures. Il commence à les exposer comme ses toiles, les intégrant pleinement à son discours, dès 1897 à Kristiania ou en 1902 à Berlin. Cette salle est organisée autour du lien, sentimental ou spirituel, qui unit les êtres humains entre eux ; Munch le symbolise par la chevelure de la femme, qui relie, attache ou sépare. Ce motif matérialise les relations entre les personnages et rend visibles leurs émotions. Dans ses évocations du sentiment amoureux, l’artiste projette une vision complexe et toujours ambigüe de la femme. Les figures sensuelles sont toujours chez Munch une source de danger ou de souffrance potentielle. Alors qu’il fait de sa Madone une icône, un sujet de dévotion, il l’associe pourtant souvent au macabre.
Reprises et mutations du motif
« Il y a toujours une évolution et jamais la même – je construis un tableau à partir d’un autre. » (Projet de lettre à Axel Romdahl, 1933) Munch, comme beaucoup d’artistes de son temps, pratique l’art de la reprise. Il décline autant les motifs que la composition générale de ses oeuvres : on peut ainsi considérer de nombreuses toiles ou gravures comme des variations de productions antérieures. Cette pratique ne se limite pas à une question formelle mais est pleinement intégrée à la nature cyclique de son oeuvre. Les éléments communs d’une composition à une autre créent une continuité entre ses oeuvres, quelle que soit leur date de création ou la technique utilisée.
Par ailleurs, cet art de la variation lui permet d’approcher à chaque fois un peu plus l’émotion qu’il cherche à provoquer. Grâce aux multiples versions de ses oeuvres, il peut de plus garder près de lui un souvenir de sa production, inspiration pour de futures réalisations. Afin de diffuser toujours plus largement son art, Munch s’initie à la gravure au milieu des années 1890.Cette technique devient un véritable terrain d’exploration qu’il s’approprie rapidement pour produire des oeuvres toujours plus expressives.
Le drame du huis-clos
Munch n’a de cesse de se confronter au théâtre de ses contemporains, à la fois comme source d’inspiration littéraire mais aussi en s’intéressant à la mise en scène moderne et son nouveau rapport à l’espace de la scène. Ses premières expériences dans ce domaine datent de sa rencontre en 1894 avec Aurélien Lugné-Poe, directeur du nouveau Théâtre de l’OEuvre. Il réalise en 1896 et 1897, à l’occasion d’un séjour en France, les programmes illustrés de deux pièces du dramaturge norvégien Henrik Ibsen, Peer Gynt et John Gabriel Borkman.
Dix ans plus tard, Munch s’investit dans la production d’une pièce, entamant sa première véritable collaboration avec un metteur en scène, l’Allemand Max Reinhardt, fondateur des Kammerspiele (« théâtre de chambre »), une salle berlinoise où le sentiment d’intimité est renforcé par une atmosphère simple et dépouillée. Munch réalise ainsi, en 1906, le décor d’une autre pièce d’Ibsen, Les Revenants. Les deux artistes poursuivent leur collaboration avec la pièce Hedda Gabler. Ces expériences ont un impact immédiat dans l’oeuvre de Munch : son regard sur la construction de l’espace en est transformé, notamment dans la série de toiles qu’il réalise en 1907, La Chambre verte.
Les Revenants
Mise en scène et introspection
« La maladie, la folie et la mort étaient les anges noirs qui se sont penchés sur mon berceau. » (Carnet de notes, non daté)
Solitude Certains thèmes du théâtre d’Henrik Ibsen mais aussi du dramaturge suédois August Strindberg, comme la solitude ou l’impossibilité du couple, font directement écho à l’univers de Munch. Celui-ci va jusqu’à emprunter des scènes précises de leurs pièces pour certains de ses autoportraits. Il se représente ainsi à plusieurs reprises dans l’attitude de John Gabriel Borkman : ce personnage d’Ibsen reste cloîtré dans sa chambre pendant de longues années, emprisonné dans ses pensées obsédantes. Cette identification trouve d’autant plus de sens depuis que l’artiste vit dans un certain isolement suite à son installation à Ekely, au sud d’Oslo, à partir de 1916.
Autoportrait en enfer
La pratique de l’autoportrait chez Munch ne se limite pas à cette dimension théâtrale et s’étend sur l’ensemble de sa carrière. Au-delà de l’introspection, s’y exprime un certain rapport de l’artiste aux autres et au monde, oscillant entre implication dans le monde extérieur et retrait intérieur. Les portraits de Munch expriment également une conscience aiguë de la souffrance de la vie, de la difficulté à créer, du caractère inéluctable de la mort.
Le grand décor
« C’est moi, avec la frise Reinhardt il y a trente ans, et l’aula et la frise Freia, qui ai initié l’art décoratif moderne. » (Lettre de Munch à la communauté des travailleurs d’Oslo, 6 septembre 1938)
Dans les premières années du xxe siècle, Munch participe à plusieurs grands projets décoratifs et se confronte à la question de la peinture monumentale. Les programmes qu’il élabore s’intègrent pleinement à ses réflexions en reprenant des thèmes et des motifs déjà présents dans son oeuvre. En 1904, il répond à une commande de son mécène, Max Linde, par une série de peintures pour décorer la chambre de ses enfants. Il y reprend certains sujets constitutifs de La Frise de la vie et ajoute des évocations plus directes de la nature. Les oeuvres lui sont finalement rendues par le commanditaire qui les juge, à regret, inappropriées.
Entre 1909 et 1916, Munch réalise son grand oeuvre en matière de décoration architecturale pour la salle d’honneur de l’université d’Oslo, en réponse à un concours national.
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L’artiste joue dans ce projet très politique une grande part de sa renommée internationale. Il met de nombreuses années à convaincre le jury et réalise de nombreux essais avant d’arriver au résultat final, toujours en place aujourd’hui.
Informations pratiques
Horaires, accès et tarifs
Lundi
Fermé
Mardi
9h30 – 18h00
Mercredi
9h30 – 18h00
Jeudi
9h30 – 21h45
Vendredi
9h30 – 18h00
Samedi
9h30 – 18h00
Dimanche
9h30 – 18h00
Musée d’Orsay
Esplanade Valéry Giscard d’Estaing 75007 Paris
Accès transports
Métro : ligne 12, station Solférino RER : ligne C, station Musée d’Orsay Bus : 63, 68, 69, 73, 83, 84, 87, 94
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