Jean-Paul Philippe – Archéologies intérieures

« J’ai mieux compris pourquoi je me suis un jour éloigné de la peinture, j’étais devant un mur, il me fallait passer derrière pour mieux le contourner et c’était le début d’une promenade. »
Jean-Paul Philippe

 
 
 
 

 

 
                                           Jean-Paul Philippe 
 
C’est bien ainsi que l’on s’imagine un artiste sculpteur de surcroît, le visage buriné, la tignasse grise, bouclée en bataille, les lunettes portées sur le bout du nez, font penser à un nain « très »travailleur de Blanche-Neige, peu bavard en public, il signe avec modestie son catalogue, son autoportrait est tout à fait fidèle.

Jean-Paul Philippe autoportrait dessin sur marbre 1986

C’est à l’espace d’Art Contemporain Fernet Branca que vous pouvez voir l’oeuvre de ce véritable poète, dans la cour : une énorme échelle, plantée sur une surface en miroir tente d’attraper les nuages, nuages qu’elle finit par attraper à la fin du vernissage du 4 juin.
Le Président de la commission artistique et Commissaire de l’exposition Gérard Cahn, présenta l’artiste, en préambule. Vernissage qui débuta tout en émotion et grâce à l’introduction musicale composée par Jean Claude Andre directeur du conservatoire de musique de St Louis, pour l’occasion adaptée, à l’oeuvre  « Les dessous du ciel ou l’attrape nuage » – « Passé et présent, face au miroir du temps »
Jean-Paul Phlippe - l'Attrape- Nuages

Jean-Paul Philippe  né en France en 1944, très tôt se consacre à la peinture. Dès l’age de 16 ans il fréquente les Beaux-Arts de Paris, sans jamais vouloir se lier à un atelier d’un  maître. En 1960 un premier voyage en Italie le marque profondément et le décide à séjourner à Florence, l’année suivante  il travaille au Cabinet des Dessins du Musée des Offices. Dès lors il voyage. Par nécessité et curiosité il pratique diverses disciplines.
C’est vers 1973 que la sculpture devient le médium privilégié d’une œuvre libre, qui ne se réclame d’aucun groupe, école ou système: une archéologie intérieure où seuls les rencontres et les voyages laissent apparaître leurs empreintes. Une œuvre qui s’adapte aussi aux contraintes de la réalisation monumentale liées à l’espace public et qui trouve là une de ses raisons d’être.
Cette œuvre s’accomplit de l’intimité de l’atelier à l’espace public, de dessins en sculptures, de réalisations en milieu urbain ou bien liées à l’environnement naturel. Plusieurs manifestations, notamment à la galerie Jeanne-Bucher à Paris, des expositions dans divers musées en France et à l’étranger, quelques interventions monumentales et publiques ont pu rendre compte de ce geste, qui ne cherche rien d’autre que la complicité d’un regard et d’un corps, entre oubli et mémoire, pierres et papiers, absence et présence.
Jean-Paul Phlippe - Métro 1972

« Je ne pensais plus montrer un jour ces peintures du métro. Gérard Cahn, lors de sa visite à Sienne, m’a convaincu d’en faire le préambule de l’exposition. Elles sont pour moi d’un autre temps. D’un temps d’avant les cailloux… En ce temps là, j’étais peintre et les wagons du métro étaient verts et rouges. Première et seconde classe ! »
« Dans l’enfance, ce sont les mots qui m’incitèrent à dessiner, peindre ou sculpter. Les mots, je n’osais pas les employer. Ils appartenaient aux autres, je les écoutais, muet. Et je voulais le rester. Plus tard, délaissant la peinture, je pensais m’affranchir des affres du choix entre telle et telle couleur et naïvement je pensais que mener à bien une forme, elle finirait par s’habiller elle-même de la lumière et des couleurs de la vie. J’ai vite déchanté. La variété des pierres est infinie, infinies leurs couleurs. La vanité du sculpteur tout autant. Et le choix toujours plus tyrannique. Comment raconter le passage de la peinture à la sculpture, d’une discipline à une autre ? De la couleur à la forme, d’être dans l’espace et non plus devant. »

                           Jean-Paul Philippe – de l’Absence 1988 et l’Inclinée 1987« 
J’essaie de rester attentif aux pierres et à l’écoute de leurs propositions de pierres, heureux, captif de la bouleversante beauté des carrières, abandonnées ou actives. C’est parfois parmi les blocs silencieux, entre leur masse, que l’air décide et dessine une forme désirée. Il reste à traduire cette apparition, faire de la poussière et sans trahir ce silence minéral. Du bric à brac de la mémoire s’échappent formes et signes, un alphabet intime. Un petit répertoire de formes qu’il faut articuler. J’invente un espace ou cherche à s’installer l’histoire que je me raconte. Depuis le Site transitoire, ce qui me tient à cœur, c’est de proposer une promenade, un lieu à traverser, où la forme primordiale où tout se joue ne serait faite que d’air : les pierres, les bornes de cet espace. L’entrée y est libre.
Jean Paul Philippe - le Site Transitoire

   Cette exposition à Saint-Louis est une invitation au voyage, à ma petite déambulation au hasard des rencontres avec quelques pierres, quelques êtres. Voilà cinquante ans et un peu plus de fréquents allers et retours entre la France et l’Italie, depuis le premier voyage en 1960 en compagnie de mon frère qui vient de s’absenter pour toujours, et à qui je dédie cette exposition. Si de chaque côté des Alpes, de funestes bouffons parfois embrument le paysage, qui en a vu bien d’autres, je cultive encore le bonheur de cette balade buissonnière entre les deux pays, souhaitant que perdure cet échange d’émotions que prodigue cette promenade. »
Les toiles peintes des années 1972, les dessins sur marbre, répondent avec bonheur aux  nombreuses sculptures, la scénographie composée par Guschti Vonville fonctionne à merveille et invite parfaitement l’amateur à s’élancer dans un parcours jalonné autant de grandes pièces que de sculptures plus petites ou encore de petites « boîtes » très poétiques, de marelles  qu’elles soient de trottoirs,  en marbre, en bâche, en papier, en pierre,  verticales, horizontales, de couleurs, les titres des oeuvres eux mêmes invitent à la rêverie « Petit autel à la  lune – Chariot Sedia – La Tour du dessous – De l’Absence – l’Inclinée – Sédia – Pieta « .
On ne peut que répondre présent à son invitation à la promenade.

Jean-Paul Philippe une marelle -marbre

 * nouveau :  Laurent Thion photographe,  ami de Jean-Paul Philippe, nous propose une visite virtuelle de son exposition de Saint-Louis  

 
Je vous renvoie à l’article de Pierre-Louis Cereja, qui parle avec intelligence et admiration de l’oeuvre de Jean-Paul Philippe.
jusqu’au 11 décembre 2011

Espace  d’Art Contemporain Fernet Branca
2, rue du Ballon                                         
68300 Saint-Louis                                       
tel :                       03 89 69 10 77
fax:                       03 89 67 63 77
email :                   musee-fernet-branca@wanadoo.fr

Consultez le site pour les visites guidées.

Ouverture
tous les jours, de 14h00 à 19h00
sauf lundi et mardi

 

photos elisabeth itti

 
 
 
 

 

                                              

 
 

La Fondation Beyeler pendant la Foire de Bâle – Art 42 Basel

La Fondation Beyeler présente aux visiteurs de l’Art 42 Basel un programme attrayant comprenant des expositions, des projets et des manifestations au Musée et à la Foire de Bâle, avec la présence de Renzo Piano, Beatriz Milhazes, Christian Marclay, Not Vital et d’autres artistes.

Fondation Beyeler press image

Expositions et présentation de la Collection
L’exposition « Constantin Brancusi et Richard Serra »: Cette exposition, dont Oliver Wick est le commissaire, présente 40 sculptures de Constantin Brancusi et dix sculptures d’acier et de plomb ainsi que des dessins de Richard Serra.
Constantin Brancusi Tête d'enfant endormi 19606/07gyps collection privée Japon

 
Richard Serra - Olson 1996 collection de l'artiste

La Collection Beyeler & la Daros Collection : Nouvelle présentation avec des groupes d’œuvres de Mark Rothko, Barnett Newmann, Jackson Pollock, Alberto Giacometti, Piet Mondrian, Wassily Kandinsky, Pablo Picasso, Georges Braque, Claude Monet, Vincent van Gogh et Paul Cézanne.
Art dans l’espace public

Louise Bourgeois Photomontage: Vue d' extérieure de la Fondation Beyeler, Riehen/Basel avec Maman, 1999Collection privée, avec l’autorisation de Cheim & Read Photo: © 2011, Louise Bourgeois Trust / © 2011, ProLitteris, Zürich

10 juin – 2 août 2011 : Louise Bourgeois, Maman,1999 (bronze avec patine au nitrate d’argent, acier fin et marbre, 927,1 x 891,5 x 1023,6 cm) sur la Bürkliplatz de Zürich. On aura pu voir auparavant cette sculpture d’araignée sur la Bundesplatz de Berne, et elle se déplacera à Genève à partir de la mi-août. Du 3 septembre 2011 au 8 janvier 2012, elle fera partie de l’hommage rendu par la Fondation Beyeler à Louise Bourgeois à l’occasion du centenaire de sa naissance.
Réceptions et manifestations
Lundi 13 juin Réception privée en l’honneur de
Beatriz Milhazes
Mardi 14 juin Dîner Beyeler donné par Sam Keller en l’honneur de
Renzo Piano
Mercredi 15 juin Réception privée en l’honneur de
Christian Marclay
Vendredi 17 juin Nocturne de la réception traditionnelle de la Fondation Beyeler à la Foire de Bâle, en l’honneur de Not Vital
Stand et entretiens Art Salon à l’Art 42 Basel
La Fondation Beyeler est représentée à la Foire de Bâle par son propre stand où elle accueille les visiteurs et informe sur son programme d’expositions. Le Musée montre des œuvres de Joan Miró et présente le Fondation Beyeler-Nationale Suisse Conservation Project Henri Matisse « Acanthes ».

Henri Matisse - Les Acanthes

 
Jeudi 16 juin
17h00-17h30                            Art Salon I Art Lives I «Louise Bourgeois» Ulf Küster, conservateur de la Fondation Beyeler et Elisabeth Bronfen, professeur de littérature anglaise à l’Université de Zurich
Dimanche 19 juin
15h00-15h30                            Art Salon I Talk I Matisse Acanthes Conservation Project, Ulf Küster, conservateur de la Fondation Beyeler
Horaires d’ouverture prolongés pendant l’Art 42 Basel
Pendant la Foire de Bâle du 14 au 19 juin, la Fondation Beyeler et son Restaurant sont ouverts tous les jours de 9h00 à 20h00.
photos 2/3/5 elisabeth itti

Anish Kapoor Monumenta 2011

Anish Kapoor Leviathan Monumenta 2011

« je souhaite que l’œuvre soit percutante aux dimensions considérables, qu’elle joue avec l’espace »
« ….. Je souhaite que le spectateur dise Whoaw ! une fois à l’intérieur » Anish Kapoor

Réputé pour ses travaux aux dimensions considérables, Anish Kapoor est parti à la rencontre de l’espace monumental du Grand Palais, Monumenta oblige ! Le résultat, une expérience à la fois intérieure et extérieure, est à la mesure de l’enjeu.
Je vous épargne les descriptions techniques et les prouesses de mise en place de l’œuvre, elles sont largement décrites dans les médias.
A l’extérieur, on est impressionné, mais pas surpris : adaptée aux rondeurs du Grand Palais, à sa verrière et à son immensité. Par rapport à Bulgari où le public se pressait en rang serré, on respire, on déguste. Si l’on se souvient de Boltanski, au lieu d’être accablé on est exalté. Anselm Kiefer m’a procuré un beau sentiment,  il emmène dans la réflexion. Ici on plane, on baigne dans le bien-être.
L’œuvre est là, étrangement inaccessible et accueillante, merveilleusement bien là où elle est. Presque une évidence. Cela change le regard d’être confronté à une oeuvre que, de toute façon, on ne peut qu’embrasser partiellement. Ce sont les spectateurs qui, du coup, rétrécissent au devant de cette oeuvre, au point d’apparaître comme des fourmis.
L’oeuvre s’intègre dans le Grand Palais, à l’extérieur la rondeur vient épouser l’immensité du volume du lieu, de manière inédite elle remplit  le Grand Palais. C’est un hommage au lieu, l’artiste est un sculpteur de la lumière et de l’espace, en finesse à l’intérieur où le dessin de la verrière du bâtiment pénètre le ventre rouge en se projetant en ombre chinoise sur ses parois.
Quant à l’exploration intérieure on se promène dans un utérus géant – elle est tout simplement magique, des formes qui échappent à toute appréhension définitive,  mais il y a  cet étrange son – bruits extérieurs qui traversent la membrane, – comme un écho qui n’en est plus vraiment un… C’est passionnant aussi, de voir les autres regarder, toucher, comme on touche un ventre maternel.  On croit toucher les parois, elles vous fuient, car elles sont en creux. L’air est un peu opaque, vaporeux, comme dans un nuage de douceur.
C’est juste de l’expérience sensorielle à l’état brut  et puis, cette lumière « intérieure » dans une lumière rosée amniotique, avec ces trois tunnels inaccessibles et, au sommet, cette ogive d’église, qui dialogue ou porte l’écho de la lumière  vraie  – et donc

Anish Kapoor Leviathan

perpétuellement changeante du jour… ou de nuit, 3 spots éclairent les trois ogives.
Leviathan, oeuvre spectaculaire, onirique, spatio-temporel, dédiée à l’instabilité des choses, à la perte de repère, insertion dans le paysage pour dialoguer avec lui.
Anish Kapoor s’intéresse à ce qu’il appelle « le nouveau sublime »
Jusqu’au 23 juin 2011 au Grand Palais.
Photos de l’auteur

Constantin Brancusi et Richard Serra à la Fondation Beyeler

Photo: © bpk, Berlin/Hamburger Kunsthalle
Plâtre, 28 x 26 x 21,5 cm Hamburger Kunsthalle © 2011, ProLitteris, Zürich

« La simplicité n’est pas un but dans l’art, mais on arrive à la simplicité malgré soi en s’approchant du sens réel des choses » Constantin Brancusi

Bronze poli, 61,7 x 40,5 x 22,2 cm © 2011, ProLitteris, Zürich Photo: © Collection Centre Pompidou, Paris, dist. RMN, Paris © 2011, Adam Rzepka

du 22 mai – 21 août 2011
La Fondation Beyeler consacre sa grande exposition d’été (voir la vidéo ici) à la création de  Constantin Brancusi (1876–1957) et de Richard Serra (*1939), deux sculpteurs majeurs du XXe siècle.
Né en Roumanie avant son installation définitive à Paris en 1904, Brancusi peut être
considéré comme fondateur de la sculpture abstraite par son invention formelle réduite à
l’essentiel. Quant à l’Américain Serra, il a redéfini la sphère d’influence de la sculpture par
ses oeuvres minimalistes en acier qui intègrent directement le spectateur. L’apparition et la présence d’une forme plastique dans l’espace constituent ainsi un thème essentiel de
l’exposition. La création de ces deux pionniers de la sculpture européenne et américaine
couvre dans sa totalité une durée de plus d’un siècle, celui qui a vu le développement de la
sculpture moderne.
Eve (en haut) chêne, 116,5 x 30,8 x 30,2 cm  Adam (en bas): châtaignier, 108,9 x 47,5 x 43,5 cm
Socle: calcaire, 13,3 x 46,4 x 46,4 cm Solomon R. Guggenheim Museum, New York © 2011, ProLitteris, Zürich Photo: © the Solomon R. Guggenheim Foundation, New York / David Heald

Les principaux aspects du travail plastique de Brancusi sont illustrés par environ 40
sculptures exemplaires, réparties en plusieurs groupes thématiques. Parmi les oeuvres
présentées sous forme d’ensembles figurent plusieurs variantes de la sculpture monolithique :
Le Baiser, des Têtes d’enfants poétiques, des Muses endormies, des torses de jeunes filles, ainsi que des célèbres Oiseaux dans l’espace. On pourra également voir Princesse X au parfum de scandale, Adam et Eve ainsi que l’emblématique Colonne sans fin. En outre, un cabinet photographique présente un choix de vingt photographies originales, qui éclairent la vision que Brancusi lui-même avait de ses oeuvres. Un vrai bonheur.

« Dans le fond, je voudrais faire des sculptures qui incarnent un nouveau mode d’expérience, qui ouvrent des possibilités de sculpture encore inédites »
Richard Serra
courtoisie de l'artiste
Richard Serra
photo elisabeth itti
L’appréhension déterminante d’une présence idéale dans l’espace, la question de l’essence de la sculpture, sera abordée sous un angle différent mais tout aussi pénétrant à travers dix oeuvres plastiques de Richard Serra
représentatives de différentes phases de sa création. On pourra également voir une nouvelle série de travaux sur papier. Cette sélection d’oeuvres, à vocation rétrospective elle aussi, regroupe des travaux précoces de Serra en caoutchouc et en plomb comme les Belts (1966/1967) et Lead Props, ainsi que ses premières installations d’acier caractéristiques :
Strike : To Roberta and Rudy (1969–1971) et Delineator (1974/1975). La « curved piece »
Olson (1986) inaugure une autre facette de l’oeuvre de Serra. Dans sa simplicité radicale,
est exemplaire de l’évolution actuelle de l’artiste tout en se rattachant à des oeuvres plus anciennes comme Strike.
C’est la première fois que l’oeuvre plastique de Constantin
Brancusi est présentée
en Suisse sous forme de rétrospective ;
Acier résistant aux intempéries, 300 x 900,4 x 20,3 cm

Collection de l’artiste, courtesy Gagosian Gallery © 2011, ProLitteris, Zürich Photo: Lorenz Kienzle

de même, la création de Richard Serra n’y a jamais été
montrée sous une forme aussi complète.
Les oeuvres prêtées pour cette exposition proviennent de collections privées de renom et de prestigieux musées dont le Solomon R. Guggenheim Museum, New York, le Museum of
Modern Art, New York, le Museum of Fine Arts, Houston, le Philadelphia Museum of Art,
Caoutchouc vulcanisé et tube néon, 182,9 x 762 x 50,8 cm
Caoutchouc vulcanisé et tube néon, 182,9 x 762 x 50,8 cm
Solomon R. Guggenheim Museum, New York, Panza Collection, 1991
© 2011, ProLitteris, Zürich
Photo: Serra Studio, New York / Peter Moore

l’Art Gallery of Ontario, Toronto, la Tate, Londres, le Musée National d’Art moderne, Centre Georges Pompidou, Paris, la Peggy Guggenheim Collection, Venise, le Stedelijk Museum, Amsterdam, le Muzeul de Artǎ, Craiova, la Hamburger Kunsthalle, la Staatsgalerie Stuttgart, le Lehmbruck Museum, Duisburg, le Kunstmuseum Basel et le Kunsthaus Zürich.
Cette exposition de la Fondation Beyeler, dont Oliver Wick est le commissaire, est montée en partenariat avec le Guggenheim Museum de Bilbao, où elle sera présentée lors d’une deuxième étape (8.10.2011–15.4.2012)
L’exposition s’accompagne d’un catalogue de grande tenue scientifique et abondamment
illustré, publié en trois éditions distinctes (allemand, anglais et espagnol) chez Hatje Cantz
Verlag, Ostfildern. Il contient des articles d’Oliver Wick, Friedrich Teja Bach, Alfred
Pacquement et Jacqueline Matisse Monnier ainsi que des commentaires de Raphaël
Bouvier, Denise Ellenberger, Alexandra Parigoris, Ileana Parvu, Marielle Tabart, Michelle
White et Jon Wood ainsi qu’une biographie des deux artistes. 244 pages, 176 illustrations,
CHF 68.–, ISBN 978-3-905632-89-7.
Richard Serra est représenté à Bâle et dans ses environs par trois sculptures d’extérieur
installées dans des lieux publics : l’installation Open Field Vertical/Horizontal Elevations du Wenkenpark de Riehen/Bâle, mise en place en 1980 dans le cadre de l’exposition « Skulptur im 20. Jahrhundert » organisée, entre autres, par
Ernst Beyeler, la sculpture d’acier
Intersection installée en 1992 sur la place du Théâtre au centre-ville de Bâle ainsi que
la sculpture d’acier Dirk’s Pod inaugurée en 2004 sur le Novartis Campus, Bâle.

ouverture tous les jours de 10 h. à 18 h,  le mercredi de 10 h. à 20 h.
Le musée est ouvert le dimanche et les jours fériés.
Pendant la Foire de Bâle  (mardi 14.6. – dimanche 19.6.) les heures d’ouverture sont les suivantes: 9 h – 20 h.
la vidéo du vernissage
les images du montage de l’exposition de Richard Serra
Pointez les images pour voir  les titres, cliquez pour les agrandir
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La maison Carrey

img_5575.1306068840.jpgNon je ne suis pas allée à Nîmes, c’est bien dans la campagne mulhousienne, plus précisément le Sundgau,  que se situe cette maison originale, délicieusement baroque, en fait c’est la « Maison Ronde ». Rotonde à coursives, aux parois circulaires, entourant un patio habillé de mosaïques, blottie dans les arbres, cachée par eux en ce mois de mai plus estival que printanier, invisible depuis la route. C’est un foisonnement de trouvailles, de vitraux à base de culots de bouteilles, de porte ouvragée récupérée, de miroirs aux cadres insolites, de lampes faites de petites cuillers, de tables en céramiques, de poêle indescriptible, tout est à base de matériaux de récupération.
Le verre est partout, de toutes les couleurs, assemblé avec bonheur, en fresques murales, laissant entrevoir une féerie nocturne lumineuse. Il faut s’attarder, revenir sur ses pas, se rendre compte que l’on a pas vu le 1/3 de l’inventivité de ce couple d’artistes plasticiens.
Yves Carrey, sculpteur de métal recyclé, en Marcel, le bras virilement tatoué, se prête à nos questions. – Le site –
Le Schweidissi, qui trône à la Porte Jeune, img_0622.1306068987.jpgmascotte mulhousienne, le loup, une série d’agneaux, décorant divers lieux de la ville faisant la joie des petits et des grands, cet hiver 2010, celui qui s’est égaré près de la fontaine de la place de la Réunion, la chenille du zoo de Mulhouse, actuellement patientant dans l’herbe du côté droit de la maison, l’arbre dans l’allée des sculptures de l’allée Nathan Katz, sont sortis de son imagination, mais aussi du savoir faire, de ses mains de soudeur.
img_5631.1306092489.jpgIl récupère auprès des ferrailleurs tout ce qui peut être utilisé dans ses créations. Un capot de DS peut devenir un tableau abstrait. La tête de l’agneau, l’oreille, l’œil, le poil, tout est à base de ferraille et d’assemblage.
 On y retrouve son Christ présenté, lors de la rétrospective consacrée à Jacky Chevaux. C’est une photo de JC en Christ crucifié, sur un mur blanc, sans croix lors d’une performance qui l’a inspirée pour sa création de ce parallélépipède, dont les contours sont constitués de tubes carrés formant une sorte d’aquarium sans vitrage, dans lequel est plongé un Christ sans croix, et de citer Coluche  “Si Jésus était mort noyé, les chrétiens auraient l’air malin avec un aquarium autour du cou ou au-dessus de leur lit“.img_5667.1306093331.jpg
Un oiseau hybride se trouve devant la maison, il sort de l’esprit imaginatif de Véronique Werner dite Vero, – le site–  il trônait pendant un été la place de la République. Tout comme ses baignoires à thème, servaient de réceptacle/reposoir aux touristes qui y posaient volontiers, pour des photos insolites.
Les cheminées couronnées de becs menaçants ou de véritables couronnes se dressent fièrement sur le toit.
Le sculpteur Arman lui-même ne pourrait pas renier l’assemblage de montres, ou encore celui réuni en une sculpture féminine. On croise une autre femme rouge érotique, sculptée.
Yves Carrey œuvre essentiellement sur commande.
La mosaïque, la déco c’est l’œuvre de sa compagne, Vero Werner, mosaïste d’art.
img_5600.1306092858.jpgVero quant à elle, travaille avec les écoles, les particuliers, selon leur demande, elle essaie de concilier leur désir et leur goût, en des compositions de mosaïques, de fresques murales de revêtements de sol, dessus de table.
Véronique Werner réalise des fresques, des sculptures et des objets décoratifs, en assemblant des matériaux récupérés et en incrustant des fragments divers tels que verreries ou céramiques dans du ciment.
Quand elle n’est pas entrain de produire en atelier, elle travaille à l’extérieur sur commande, principalement pour des clients particuliers.
Elle intervient régulièrement auprès du public, jeune et moins jeune, en difficulté parfois, et utilise la mosaïque comme moyen d’expression de communication et d’échange.
Les ateliers ouverts ont permis cette visite de la maison d’Yves Carrey et de Véronique Werner, située au 34, rue de Galfingue à Spechbach-le-Haut, aux amis du Crac Alsace 
photos de l’auteur courtoisie d’Yves Carrey

Jean Pierre Sergent au Musée des Beaux Arts de Mulhouse

mayan-diary.1303417560.jpgAprès les carrés harmoniques d’Elisabeth Bourdon, ce sont les carrés (1.05/1.05) montés en puzzle sur plexiglas de Jean Pierre Sergent qui ornent les cimaises du Musée des Beaux Arts de Mulhouse jusqu’au 29 mai 2011.
Entrez en transes et vibrez avec Jean Pierre Sergent, partagez sa dimension spirituelle et humaniste, avec des images flamboyantes dans une danse étourdissante, un éloge du chamanisme, avec
« Mayan Diary ».
«Mayan Diary» par Jean-Pierre Sergent
« La série de peintures sur Plexiglas « Mayan Diary » commencée à New York en 2000 fait suite aux séries « Amana » 1998, « Le Rêve de l’Homme Emprisonné » 1999 et les oeuvres sur papier « Dionysos » 1998.
 « Mayan Diary » est un carnet de voyage non littéraire constitué de stimuli visuels et émotionnels collectés lors de mes voyages successifs au Mexique et au Guatemala ainsi que durant mon vécu dans la New York multiculturelle et multiethnique. Au début, c’est la superposition et l’accumulation d’éléments iconographiques venant des rencontres faites au Museo de Antropología de México, aux sites archéologiques de Chichen Itza, Uxmal, Mitla, Oaxaca, ainsi qu’avec les peuples Maya, Mixtec, Zapotec et leurs créations artistiques. Par la suite, le travail s’est enrichi de nombreuses images venant des sociétés prémodernes et des périodes archaïques des grandes civilisations, images induites également par de nombreuses lectures ethnographiques et philosophiques sur les cultures et mythologies amérindiennes, indiennes, japonaises, australiennes,
préhistoriques etc.
Ma principale référence picturale est celle de la présence, dans l’art pariétal, d’images superposées durant des millénaires sans commencement ni fin apparente. Cette « surimposition » iconographique cyclique sans lien cohérent logique, fait fortement
référence à la Mâyâ indienne où la vérité ultime, présence du divin, est cachée par des réalités illusoires, protéiformes, fragmentaires, contradictoires et multiples.
 L’inspiration puise également dans les métamorphoses vécues lors de transes chamaniques, quand l’individu se dissout pour se transformer en différentes entités humaines, animales, végétales, minérales, spirituelles pour enfin fusionner dans les
réseaux génético-cosmiques.
L’idée maîtresse de ma création artistique est de rendre hommage à l’Humain historique, intemporel et contemporain, au corps, à la beauté ; aux différentes réponses et interprétations sur la Sexualité, l’Art et la Mort, imaginées lors de rituels sacrés ou
profanes au cours de notre histoire. »
Jean-Pierre Sergent
Besançon. Février 2010.

Œuvres démesurées, sans cesse ré-assemblées, associant et superposant un répertoire formel issu de différentes cultures pré-industrielles, condensé des recherches plastiques et intellectuelles, du grand lecteur qu’est l’artiste Jean Pierre Sergent.
traditions ancestrales et traditions contemporaines,
Hommes au oreilles percées, femmes à la langue percée, la transe est récurrente dans le travail de JPS qui a l’a expérimentée sous hypnose, proche de la vision des indiens d’Amérique du Nord, Fulgurance des images, avec la transformation des animaux. Dans les vieilles religions shinto, l’habitude est de lier des pierres, des arbres, des choses qui sacralisent, le corps de la femme est sacré. L’idée était de créer un déité. L’approche de l’occidental devant ces images est totalement différente. Il y croit y voir de la perversion, ce qui explique l’avertissement apposé, – réservé aux adultes -.yantras-mangas-y-otras-cosas-2009-13.1303417729.jpg
Ces productions qui figurent, côte à côte, en une simultanéité qui peut dérouter, peuvent créer un sentiment de confusion, mais elle a le mérite de souligner ce qu’a de spécificité la tâche du créateur.
Travail sur papier, Trash painting, parterre, images récupérées sur Internet et retravaillée ordinateur. Danse dans l’espace, cela permet de créer, de sacraliser, les occidentaux ont une approche différente, la démarche des indiens relève du sacré.
Plexiglass coloré, support et medium résolument moderne dans une salle rouge, une salle bleue, une autre jaune orange, avec un densité des couleurs, décidées avec Joel Delaine, la superposition des transparences permettent l’accès à un voyage transcendant.

« Je découpe des films à partir d’images dessinées sur ordinateur, puis je sérigraphie plusieurs panneaux de manière sérielle sur Plexiglas ou sur papier. Je superpose ainsi des images différentes au cours du working progress et j’arrête quand je sens qu’une énergie se dégage de l’œuvre. J’assemble alors les carrés sur le mur de façon aléatoire »
Séjournant à Montréal, puis  à New York, Brooklyn, pour se confronter à la grande scène internationale, Il revient à Besançon, où il réside actuellement.
photo 2  de l’auteur autres photos courtoisie de l’artiste

Samuel BURI et Carlo Aloë au Fernet Branca



4_samuel_buri_autoportrait_double_au_chapeau_2010_huile_sur_toile_108_x_160cm_r.1303118592.jpg 














La palette colorée de Samuel BURI

Jusqu’au 8 mai vous pouvez vous plonger dans le tsunami de couleurs de Samuel Buri.
Marqué par l’abstraction lyrique américaine, le peintre bernois Samuel Buri, né en 1935, marque sa grande fidélité à la nature. Son ambiance tachiste, « all over », très vivement colorée nous dévoile un coloriste hors pair. À 75 ans, celui qui baignait dans les années 1970 dans le pop art des champs, avec ses vaches, veaux et chalets…, en écho au pop art américain des villes, et qui plus tard côtoyait Rancillac et Monory parmi tant d’autres, nous revient avec sa palette facilement identifiable. L’esprit de Matisse plane sur Buri mais pas seulement; on peut s’amuser à retrouver au fil des toiles le pointillisme façon Seurat , l’image sérigraphiée d’Andy Warhol , et même une idée du travail de Soulages sur le sombre ( la clématite bleue ) ou une reinterpretation des autoportraits à la manière de Van Gogh; un festival de couleurs vraiment rejouissant propre à ensoleiller n’importe quelle journée maussade .
Les oeuvres de Samuel Buri ont été exposées dès 1980 à la Fondation Beyeler; il a eu par ailleurs une carrière parisienne ou il a exposé au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris en 63 et en 69 ,  , puis au salon de la Jeune Peinture  et surtout , consécration , au Grand Palais en 1972 lors d’une exposition de 31 artistes suisses contemporains.
Un citoyen d’honneur de la couleur – le peintre Samuel Buri -par Philippe Büttner/ Fondation Beyeler
Ernst Beyeler le considérait comme un « grand coloriste ». En effet, la contrée enchantée de Samuel Buri, c’est bien celle de la couleur. Appelons-la le « Coloristan » avec Valeurs-sur-mer, sa capitale idyllique et ses saints patrons Saint-Rouge, Saint-Jaune et Sainte-Bleue.Buri est citoyen d’honneur de ce pays. Il connaît ce mélange d’ivresse et de systématique propre à la couleur. Il en connaît toutes les langues, toutes les vieilles légendes oubliées ainsi que les manifestations les plus récentes. La couleur est à l’origine de son territoire le plus personnel.
Après la joie de la trame de la fin des années soixante, Buri évoque au milieu des années soixante-dix les familles des artistes grâce à ses illustres prédécesseurs (ici « La famille de Monet »).Et là où la couleur triomphe ainsi, la sérialité n’est pas loin,  Buri crée de grandes séries de peinture dans lesquelles les thèmes ou les structures sont déclinées en toutes les couleurs.


Carlo Aloë Quotidien 1997
Le quotidien selon Carlo ALOË : de bruit et de fureur !1__carlo_aloe_quotidien_1997_huile_sur_toile_120x140cm.1303118828.jpg


Voilà un artiste qui témoigne de la vie de ses contemporains. On s’attend à trouver ses tags en ville sur les murs d’usines desaffectées ou sur les wagons de trains en instance de démolition . Aloë a l’œil vif, il observe la sphère urbaine. Il présente la ville, il la dépeint. On peut classer son œuvre dans la nouvelle figuration. Aloë est fasciné par les ambiances citadines, mais également effrayé par le flot incessant d’images et les séquences déversées par les mass-médias. Le visiteur est rapidement plongé dans un univers qu’il s’agira de décrypter afin de comprendre les nombreuses séries d’histoires qui sont relatées dans ses œuvres.
Le point de départ de ces tableaux est une collection d’esquisses, un fonds de motifs réunis par l’artiste, qui peut être agrandi à volonté et transféré sur un écran, à l’aide d’un antique projecteur. Par le fondu enchaîné de leurs formes, ces images individuelles perdent leur lien avec la surface et se transforment à vue d’œil en grilles de lignes spatiales translucides.
Les différents motifs de l’image, considérés de manière intrinsèque, sont figés en formes volontairement simples : des pin-up et des filles en bikini évoquent les paradis de vacances et les éternels fantasmes masculins, les silhouettes d’avions stéréotypés et de navettes spatiales reposent sur une naïve euphorie futuriste ; encore et toujours des files d’automobiles qui psalmodient l’air du rêve d’une mobilité sans limites. Reines de beauté et squelettes affamés, grondement de canon et mitre papale, animaux en peluche et masses humaines— de tout ceci, et de bien d’autres choses encore, naît un réseau sémantique cynique et profond, qui laisse à chacun la liberté de se plonger dans ses propres associations. Le contenu des fondus enchaînés et des arrangements ne doit rien au hasard, et c’est la même virtuosité qui les fait coïncider en une unité créatrice —d’où naît la beauté picturale.

Espace d’Art Contemporain Fernet Branca

2, rue du Ballon
68300 Saint-Louis
tel : 03 89 69 10 77

Stephane Couturier à l'Espace Malraux de Colmar

img_4375.1302118287.jpg« Pendant que nous nous perdions dans les subtilités pour savoir si la photographie fait partie de l’art contemporain, nous oublions l’essentiel, à savoir que la photographie a bouleversé profondément toute la création contemporaine » C’est ainsi que Marianne Chelkova adjointe à la culture de la ville de Colmar conclue son allocution de bienvenue en paraphrasant  Roland Barthes.

Depuis la naissance du numérique et son intrusion dans la photo, tout un chacun devient ou le croit du moins photographe, un petit bidouillage et il frôle la perfection, nous donne une vision subjective d’un monde édulcoré ou totalement conformiste. Les grands formats fleurissent et nous donnent à voir le spectaculaire, le pittoresque, l’insolite, ou la pauvreté du portrait non dépourvu d’acné juvénile.
La photo de Stephane Couturier résiste à ces courants et énonce sa pensée, sa perception, son rapport au monde. Ce monde en mutation cet univers qui se construit autour de nous. En effet S C travaille sur la notion du temps, sur les couches de temporalité, strates d’histoire éphémères, travail sur la trace du passé, du changement de nature sur la notion de fragments.
Dans sa photo peu d’anecdotes, peu d’humains, un autre regard sur la nature des choses, sur l’idée de passage. Les photos de Stephane Couturier consistent en un foisonnement  articulé de textures, de couleurs, de formes, un agencement de multiples évènements et éléments générés par les bouleversements de la mutation urbaine. La photo bascule dans l’abstraction, entre vision documentaire et œuvre plastique. Les architectures qui sont des volumes par essence, sont ramenées à la surface de l’image en font une œuvre frontale telle une peinture par des aplats . Au-delà de la forme nous pouvons faire lecture de ses photos à plusieurs niveaux
img_4363.1302118763.jpgdocumentaire, social, politique. La mondialisation intempestive accélère le nivellement architectural. St. C. sait saisir ces instantanés, en parcourant le monde tel un globe-trotter armé de sa chambre noire. Sa technique est l’argentique avec chambre.
Dans la mezzanine, les œuvres plus anciennes de 1997 à 2005, la seule manipulation effectuée par SC, quasi insoupçonnable, aussi simple qu’efficace, consiste à l’inversion de sens, gauche droite, et à l’intervention entre différentes formes.
Pour les dernière œuvres situées au rez-de-chaussée, « Melting point » plus récentes superposition de photos, pour essayer de perturber la visibilité à la narration d’une photographie, qui a beaucoup évoluée depuis une dizaine d’années, avec l’arrivée du numérique, qui a changé notre vision et notre regard sur la photographie. Ce qu’on croyait réel et vrai il y a une décennie, est sujet à suspicion, l’idée de l’artiste a été de réfléchir à cette évolution du regard des gens, de prendre 2 images en une, en les superposant, sans autre manipulation, sans changement de couleurs, pas de découpage, comme deux calques superposées, en jouant sur l’opacité de la transparence. Cela permet un vision du presque réel, avec la sensation du bruit de la chaîne de montage, comme en mouvement et en relief de l’endroit visité (l’usine Toyota ). C’est un travail de complexification et de densification de l’image, mais il correspond aussi à la complexification de la société où nous vivons, avec tous les nouvelles techniques liées à Internet, comme les ordinateurs, les Ipad et autres Iphones, qui permettent d’effectuer une foule de choses simultanément. De ce fait le regard a évolué.
C’est un parcours d’un travail d’une douzaine  d’années entre la France (Valenciennes) Shangar en Inde, ou les US, en partant d’une base classique, il désire garder l’ancrage du documentaire, en privilégiant la notion de fragments, une intervention dans le cadrage, ce que l’œil va regarder dans le sujet, et d’être moins narratif, en permettant un regard moins statique,  et de faire en sorte que la photo se rapproche d’une vidéo ou des tableaux photographiques avec des masses de couleurs, des compositions picturales. Il a appliqué ce même travail de superposition d’images à 2 enregistrements de vidéos, faits à Brasilia, dans l’axe monumental, avec le noeud autoroutier qui dessert toute la ville. A nous de détecter les incohérences, l’ambiguïté du regard, réalité ou fiction ? Réalité tangible ou réalité virtuelle., réflexion sur le monde qui nous entoure, avec un effet hypnotique, des photographies qui nous interpellent.

Jusqu’au 5 juin 2011-04-06 pour poursuivre à la LandersGalerie de Linz (Autriche)

Photos de photos et une vidéo d’un photographe que vous pouvez consulter dans mon album

Le repos du crieur public – Zahra Poonawala, le son révélé

le-repos-du-crieur-public.1300368469.jpgAlors que les circuits de formation, de production et de diffusion tendent d’ordinaire à organiser une séparation du visuel et du sonore en matière de lieux d’exposition, Zahra Poonawala a cherché à marier les sensations et à trouver un mode d’expression en rapport avec sa double formation de plasticienne et de musicienne.
Elle oeuvre donc, depuis ses débuts, à produire des propositions artistiques qui mettent en scène le son, le rendant plastique par le travail sur l’espace et par l’interaction avec le visiteur/auditeur, au moyen de procédés variés qui s’inventent et se complètent au fil des oeuvres.
L’approche plastique a ainsi permis à l’artiste de creuser par l’image des problèmes de perception musicale, par le contrepoint de l’image avec le son : ou comment incarner, en enregistrant chaque musicien séparément chez lui, autant d’individualités dans le son polyphonique d’un orchestre (L’orchestre décomposé, 2007). Ou encore, par le décalage des images vidéo opposées à l’image vivante du musicien, mettre en lumière le travail du rythme et le passage du temps dans une pièce musicale (Losing touch).
Le travail de Zahra Poonawala s’étend aussi à l’espace d’exposition. Le son peut ainsi devenir objet non de contemplation, mais d’expérience spatiale, avec sa densité, sa présence ou son absence. Ainsi par exemple, dans la pièce Hall (2007), la confusion créée par des sons captés à différents endroits mais retransmis sur un haut-parleur unique. Ce décalage spatial a trouvé sa contrepartie dans le temps avec Écoutez ce silence (2006), installation dans laquelle les sons sont retransmis avec un retard, ce qui accroît leur présence paradoxale dans l’espace.
img_4169.1300369946.jpgL’artiste s’est également faite compilatrice, agrégatrice, rassemblant par l’image des sons séparés : dans Bouquet Final¸ par exemple, où les vidéos de musiciens séparés dans l’espace forment une mosaïque polyphonique, une sorte d’orchestre virtuel. Enfin, dans son projet Public address system (entamé en 2007, mis en ligne sous une forme participative à partir de 2009), Zahra Poonawala filme le son sous forme de haut-parleurs publics du monde entier, et réalise, à partir d’une compilation vidéo, une manière d’atlas sonore. img_4167.1300369021.jpg
Ces images en quelque sorte « aveugles », où le hors-champ seul demeure pour évoquer le contexte absent, mettent l’accent sur un autre aspect important du travail de Zahra Poonawala : la réflexion sur la transmission et la retransmission. En musicienne au fait des multiples traitements et circuits de diffusion du son, l’artiste a oeuvré avec beaucoup de constance à partir de dispositifs qui abolissaient les distances ou les accroissaient. Qu’elle retransmette des images de son appartement pour évoquer le côté intime du travail (Lieu de travail intime) ou qu’elle filme les haut-parleurs des rues du monde entier, elle rend palpable les multiples distances et filtres qui s’interposent dans notre appréhension des choses et des êtres.
A Saint-Louis, Zahra Poonawala a trouvé une nouvelle traduction de sa recherche en transportant ces haut-parleurs, d’ordinaire distants et anonymes, dans l’espace d’exposition, nous imposant leur présence, mais aussi un radical dépaysement de leur monde sonore.
 
Stéphane Valdenaire
Du lundi au jeudi 8 h > 12 h et 13 h 30 > 17 h 30Le vendredi 8 h > 16 h 30Le samedi 10 h > 12 hOuvert les dimanches 13 mars et 10 avril de 14 h à 17 hForum de l’Hôtel de ville
21 rue Théo-Bachmann
68300 Saint-Louis / Alsace
Tél. +33 (0)3 89 69 52 00Visites dans l’exposition, tous les jours ouvrables
Sur demande préalable auprès de Stéphane Valdenaire, attaché culturel, Ville de Saint-Louis
03 89 91 03 04 s.valdenaire@ville-saint-louis.fr
http://www.saint-louis.fr/
 http://www.zahrapoonawala.org/
photo 2 et 3 de l’auteur

Jean Jacques Delattre – Sartori & Kyoto's Wall

img_4206.1300366438.jpg « Quand la vie croise mon objectif, je tente de la restituer dans sa plénitude; cette vie dans ma photo traduit alors ce bonheur qui m’a traversé, qui pourrait faire dire de moi que je suis un photographe épicurien » Jean Jacques Delattre photographe 
Le travail de Jean Jacques Delattre s’inscrit dans la continuité historique et culturelle en Alsace d’un intérêt pour le Japon qui perdure depuis le XIXe siècle, lorsque les membres de la Sociéré Industrielle de Mulhouse y puisaient leur inspiration.
L’actualité tragique de ce vendredi 11 mars, jour du vernissage prend un  écho poignant, où flotte l’inquiétude pour la population japonaise.
De son récent voyage au Japon, Jean Jacques Delattre nous dévoile des images très éloignées des clichés révélant les contrastes entre modernité et tradition, entre agitation des rues et silence des temples.
Dans ses photographies, les rues vidées de leur foule laissent apparaître les réseaux de signalisation qui n’orientent personne. Elles figurent parfois le décor d’une scène de théâtre en devenir ou qui vient de s’achever. Le photographe saisit le bon moment, l’instant précis d’un temps suspendu, celui d’un mouvement de corps dans l’espace, un geste, un regard, un sourire, un éclat de rire. Ailleurs, mais toujours dans le décor d’une rue, dans l’isolement d’un bar ou d’un lieu public, il retiendra le bonheur des uns, l’insouciance ou l’épuisement des autres.
D’une foule, il extrait et isole sur fond de mur carrelé des individus mettant ainsi en valeur la richesse de cette population.
Aucun effet mélancolique ou de pathos ne caractérise les photographies de JJ Delattre qui témoignent de son regard enthousiaste, respectueux et retenu sur une société qu’il découvre et nous révèle.
texte Frédérique Goerig
Responsable de l’association Lézard Colmar
Dimanche 20 mars présentation de l’exposition par le photographe de 10 à 11 h
Première séance du 19 mars – mission dans l’esprit street photographie de 14 h 30 à 18 h
Seconde séance du 16 avril – débriefing autour des images de 14 h 30 à 17 h 30
Entrée libre, particpation limitée à 10 personnes, réservations au Lézard : 03 89 41 70 77
Dans le cadre du Week end de l’art contemporain le Lézard est ouvert le 20 mars, de 10 h à 11 et de 14  h 30 à 17 h 30
jusqu’au 25 avril 2011

Extrait de l’Alsace le Pays du 13 mars 2011
Le soleil de l’Italie a brillé, vendredi soir, lors de l’inauguration du 24 e Salon photo de Riedisheim, avec la présence du couple Tiziana et Gianni Baldizzone, qui comme la plupart des invités, ont eu un peu de mal à prononcer le nom de la commune qui les accueillait.
Pourtant, tous les invités d’honneur, réunis sur l’estrade, connaissent Riedisheim et son salon, qui est devenu le plus grand rendez-vous du grand Est pour les amateurs de photo. « Une noce entre Peugeot et Riedisheim » que Charles Buttner, président du conseil général, espère déjà « fulgurante » pour le 25 e anniversaire qui s’annonce. Et pour ça, on peut faire confiance aux deux coprésidents, Thierry Edel et Michel Weber, qui, déjà cette année, ont mis la barre très haut en invitant ce qui se fait de mieux en matière de photo, comme Françoise Huguier, T & G Baldizzone ou Jean-Jacques Delattre, le régional de l’étape.

ma photo avec la photo de l’auteur des photos  -;)