The Puppini Sisters

 

J’ignorai ce que j’allais voir, et ce n’est pas cette version des Puppini Sisters que j’ai vu hier soir à la Filature de Mulhouse, mais elle est si drôle et reflète bien l’esprit du spectacle. La surprise était d’autant meilleure. Ce trio, 2 anglaises et une italienne, musiciennes accomplies, fait swinguer la musique et le public. Leur premier album  Betcha Bottom Dollar a été l’album de jazz le mieux vendu en Grande bretagne.Ces trois jeunes femmes au style des  années 40, parviennent à nous faire aimer ce kitsch, car elle s’y ingénient avec grâce et bon goût. Elles ne s’épargnent pas, dans leur style  inimitable, entre glamour, excentricité, nostalgie, décalage . Habillées dans des tenues sexy, elles déclinent les versions décalées des grands classiques tels que Boogie Woogie Boy, I will survive, Panic, Wuthering, Haert of Gloss 
 Elles jouent aussi bien du violon, de l’accordéon, du mélodica, du synthétiseur, qu’elles ont une puissance vocale en trois tons d’une vraie beauté, d’une belle sonorité. Il me semble avoir aperçu un clin d’œil à Amy Winehouse.  Un spectacle réjouissant qui donne envie de danser et de chanter, que n’auraient pas renier les Andrews Sisters, auquelles elles rendent hommage. Kate Mullins, Stepanie O’Brien, Marcella Puppini, sont accompagnées à la guitare par Henry Tyler, à la basse par Martin Kolaridès aux percussions par Nick Pini.

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Google Earth et le Prado

pict0210.1232382244.JPG J’en ai rêvé Google l’a fait, du moins une salariée de la filiale espagnole de Google, Clara Rivera, qui, après une visite du Prado, ressentait la frustration de n’avoir pas pu savourer les œuvres autant qu’elle l’aurait souhaité. Comme je la comprends , on peut me voir sur la miniature, arpentant les salles, atteinte du syndrome de Stendhal, passant 3 jours complets dans ce musée, sans relâche.pict0152.1232382655.JPG
Pour l’anecdote, nous avions perdu le catalogue du musée, aussi, le dernier jour nous l’avons racheté, pour être sûrs de l’emporter chez nous. Que vois-je à la première visite à la Fnac de ma ville, au rayon des beaux arts, en tête de gondole presque ? :  Le catalogue du musée du Prado, qui me nargue….
Il a fallu huit mois de travaux pour réaliser le projet. Les quatorze tableaux ont été choisis parmi les milliers de la collection par une commission d’experts du musée. « La sélection s’est faite sur un critère didactique pour que soient représentées toutes les écoles et leurs maîtres », souligne M. Zugaza. Une sorte de « Prado essentiel » que le musée propose aux visiteurs.
Cela est aussi  une bonne préparation pour une visite future, car on ne voit bien que ce que l’on connaît déjà. Les vrais amateurs, ne se contenteront pas de rester derrière leur pc, à accumuler les kilos en restant coincés pendant des heures dans leur fauteuil. Cela aura aussi le mérite d’attirer les curieux.
Pour visualiser les œuvres, il faut positionner le navigateur Google Earth sur le musée du Prado, à Madrid, et ensuite cliquer sur l’icône « Obras maestras » pour ensuite entrer dans chacun des tableaux comme on pourrait le faire avec une loupe. Une reproduction « digitale ne peut se substituer à l’œuvre originale mais permet d’arriver à des détails que jamais on ne pourrait voir à l’œil nu », souligne le directeur du Prado. Chaque tableau a été l’objet de centaines de clichés à très haute résolution, chaque cliché se concentrant sur une partie infime de l’œuvre. Sur La Descente de croix de Roger van der Weyden, on peut voir le réalisme d’une larme perlant à l’œil de saint Jean.
Je sais à l’avance que cela fera le bonheur de mes amis qui ont le projet de visiter le Prado en 2009.

gracias a usted señora Clara

photos de l’auteur

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George Nelson

Le designer américain George Nelson aurait eu 100 ans en 2008.

Pour cette commémoration, le Vitra Design Museum de Weil am Rhein, (architecte Frank Gehry) présente la première rétrospective complète de son œuvre. George Nelson qui a étudié l’architecture à Yale, fut l’une des figures prédominantes du design américain au cours de la seconde moitié du XX° siècle.musee-vitra.1233613798.JPG

Il est un créateur à la vision futuriste, révélant un penchant particulier pour les formes ludiques et l’utilisation de matériaux nouveaux pour le mobilier. L’idée des objets de notre quotidien   a  germé dans le cerveau de ce personnage

Certains grands classiques du design moderne de meubles et d’intérieurs ont vu le jour dans son bureau :

coconut-chair-georges-nelson.1232001322.jpgCoconut Chair

Cette création est typique du design des années cinquante qui se caractérise par une ligne pleine d’humour, des formes pures et l’utilisation parcimonieuse de matériaux. Nelson lui-même la comparait à un éclat de noix de coco qui se serait ouverte en huit morceaux, la couleur du Coconut Chair étant inversée : la coque extérieure de l’assise en matière synthétique blanche, le rembourrage d’une seule pièce est disponible en plusieurs coloris. En reprenant la forme naturelle et spatiale d’une coque, Nelson créa un fauteuil accueillant et confortable permettant à l’utilisateur d’adopter librement les positions les plus diverses. L’ottoman que Nelson dessina en 1955 en complément du fauteuil, augmente encore son confort d’assise et ses possibilités d’utilisations. Un autre chaise aux courbes élégantes, au nom assez comique Pretzel Chair

 Marshmallow sofa de 1956  
    georhes-nelson-marshmallo-sofa.1232001396.jpgCette création de Nelson transforme le canapé traditionnel en un rapport en trois dimensions composé de 18 coussins multicolores porté par une simple structure métallique. Ses lignes et sa structure inhabituelles font du Marshmallow Sofa un canapé exceptionnel dans l’histoire du design. Un élément de rallonge composé de 6 coussins peut être monté entre deux canapés, qui peuvent ainsi être agrandis à volonté. Elle fut un véritable flop au début de sa création.

Ball Clock
Par la diversité des matériaux utilisés et leurs formes sculpturales, les horloges de George Nelson incarnent l’esprit des années cinquante. Même de nos jours, ses horloges restent une alternative pleine de fraîcheur aux objets habituels de mesure du temps. Le Vitra Design Museum réédite ces créations très recherchées par les collectionneurs dans leur forme d’origine.  La Sunflower Clock est un vrai must.georges-nelson-sunflower-clock.1232001514.jpg
 Bubble lamps 1952
George Nelson n’était pas seulement  un designer couronné de succès, mais également  un auteur, publiciste et enseignant remarquable, un organisateur d’expositions et un photographe passionné. Dans ses nombreux essais sur le design, il a été l’un des premiers designers à réfléchir sur les conditions de travail, c’est ainsi qu’il dessina le bureau en L, qui ont été si familiers à une époque.
Le Home Desk
home-desk.1232002760.jpgMeuble à la fois élégant et décoratif, avec son piètement filigrané minutieusement façonné et une touche discrète de couleurs, le Home Desk s’inscrit parmi les chefs-d’œuvre du designer George Nelson. Conçu à l’origine comme un secrétaire pour dames, il représente aujourd’hui un petit poste de travail pour l’habitat.
Le langage formel aux lignes claires et droites du Bench révèle la formation d’architecte de Nelson. Comme de nombreux classiques du design, le Bench offre une large palette d’utilisations et peut aussi bien servir de banc que de table d’appoint.
  

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L'opéra au cinéma

 

Une nouveauté, nous est offerte depuis quelques mois par le groupe Kinépolis, la retransmission depuis le Metropolitain Opera de New York , par satellite et en direct, d’un opéra donné en matinée, qui avec le décalage horaire correspond pour nous avec bonheur, à la soirée du samedi.

 Le dernier opéra « Thaïs » de Jules Massenet nous était présentée, par Placido Domingo, grâce à cet ingénieux système, depuis le confortable fauteuil du Kinépolis, nous avons accès aux coulisses du Met, aux interviews des artistes, comme si nous étions des VIP, tout ceci, en mangeant selon les goûts : des bonbons, des chocolats glacés, du pop corn (beurk pour le bruit)

L’année dernière, c’est une opérette

« La fille du régiment » de Gaetano Donizetti, avec la pétillante et délicieuse Natalie Dessay qui a clôturé la saison.

Le premier opéra de cette saison, que j’ai vu, Salomé de Richard Strauss, avec Karita Mattila a fait  hurler les « mâles »

En effet le grand écran ne nous a rien épargné du jeu de la soprano. Du rôle de Salomé, elle a la voix merveilleuse, la souplesse, mais n’en a plus l’âge. Au lieu de la pucelle de 20 ans, on voit une dame mure, avec tous les ravages de la ménopause, traits relâchés, au visage terrible en gros plan, faisant un streep tease de cabaret, en guise de danse des sept voiles, Alors qu’en 2003 à Bastille, elle était merveilleuse dans ce rôle.

J’avoue que, pour le Docteur Atomic, j’ai fait l’impasse à cause de la longueur du spectacle.

La Damnation de Faust nous a révélé un Méphistophélès  fascinant en la basse John Relyea.

Que dire de Thaïs avec la resplendissante et splendide Renée Fleming ? Elle est parfaite, l’histoire connue et convenue, la méditation interprétée de main de maître par un violoniste dont j’ai oublié le nom. Le finale, la mort de Thaïs en extase, rappelle la scène dans la chapelleCornaro, à Santa Maria de la Vittoria à Rome, l’extase de Ste Thérèse, chef d’œuvre du Bernin.

Ce samedi, nou verrons le couple déjà mythique Angela Georghiu et Roberto Alagna, dans « La Rondine » de Giacomo Pucini. Une histoire d’amour sur fond d’empire, une courtisane et la suite incontournable, rappelant la Traviatta.la-rondine.1231342151.jpg

Un bonheur ne venant jamais seul, cet opéra sera également retransmis sur Arte à la même heure c’est à dire 19 h.

C’est une formule qui plait au grand public, les salles refusent du monde. Cela permet aussi d’attirer un nouveau public qui ne connait pas l’opéra, de s’en approcher et de s’y intéresser. Sa composition est d’âge assez élevé malgré tout, c’est fort dommage, car les images sont splendides, le son impécable. Il suffit juste d’éviter les pages publicitaires qui précèdent la projection, où le son est dévastateur, ou encore d’utiliser la méthode des bouchons d’oreilles qui a fait ses preuves.

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La nuit des musées de Bâle



museumnacht.1231205663.jpgLe vendredi 16 janvier 2009, de 18 heures à 2 heures du matin, un programme exceptionnel vous sera concocté par une bonne trentaine de musées et huit autres institutions culturelles de la région bâloise: expositions, brèves visites guidées, lectures, concerts, ateliers, films, jeux, danse et histoires. La prévente a débuté le 20 novembre 2008.

Pour les inconditionnels de la nuit des musées bâlois, nulle obligation de se rendre à pied de musée à musée: les trajets nocturnes pourront être effectués à bord de bus navettes, de bateaux rhénans et de tramways historiques. En effet, le ticket d’entrée à la nuit des musées vous permettra à nouveau de voyager gratuitement sur toutes les lignes du réseau TNW (Tarifverband Nordwestschweiz) à partir de 17 heures.

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La plupart des musées offrent la possibilité de se restaurer, d’écouter un concert. Les billets sont en vente à l’office du tourisme de Mulhouse et dans tous les musées bâlois.


Lorsque la nuit des musées aura touché à sa fin, les amateurs de danse auront l’opportunité de prolonger le plaisir: les clubs «Allegra», «Schiff», «Kuppel» et «Nordstern» vous invitent aux after hours en vous offrant une entrée gratuite à partir de 2 heures du matin sur présentation du ticket de la nuit des musées.Point n’est besoin de parler l’allemand, des visites guidées en français sont programmées, pour d’autres visites et concerts , il n’est pas indispensable de parler le schwitzerdeutsch. 😉trajet.1231210169.jpg
La tarif est de 20 CHF ou 13 €, pour les possesseurs du pass – musées, il est réduit à 10 CHF ou 6.50 €.

J’y ai participé l’année dernière, je n’ai qu’un souhait : que la météo soit clémente.  Je commence une neuvaine ce soir …

Un seul regret cela ne dure qu’une nuit…..L’organisation suisse est sans pareille.

vidéo de l'auteur

  
La Nuit des musées à Bâle, vendredi 16 janvier, comprend de nombreuses visites et animations en français :
A l’Antikenmuseum Basel, visite « Sculptures en vrac » à 19h30 (Oberlichtsaal)
A la Fondation Beyeler, Venise à 18h45 et à 21h15
A l’Historisches Museum, Barfüsserkirche, Sous nos pieds. L’archéologie à Bâle à 19h30
Au Kunsthaus Baselland, programme vidéo reflétant les années ’60, leur dimension politique et les expériences psychédéliques.
 De 18h à 2h du matin
.Au Museum der Kulturen : Naga. La redécouverte d’une région de montagne oubliée. Visite à 19h30 et à 22h30
.Au Musée Tinguely. Jean Tinguely et Eva Aeppli. Visites guidées à 18h30 et à 21h30
Plug-in : The making of. Quand la mode rencontre la technologie numérique : Ying Gao et Simon Laroche. A 18h.
Au Vitra Design Museum. Visite guidée d’architecture, à 19h15, 21h15 et 23h15. 

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L'Epiphanie


Traditionnellement fixée au 6 janvier, dans les pays où ce jour n’est pas férié, au dimanche qui se situe entre le 2 et le 8 janvier, l’Epiphanie se fête ce 4 janvier. À l’origine, l’Épiphanie apparut comme étant la réplique orientale de Noël ; l’Égypte fixait au 6 janvier la fête païenne du solstice d’hiver, dont l’Église a fait une célébration de la naissance du Christ. L’Épiphanie étant surtout considérée comme l’épisode de l’adoration des Mages, mais aussi par le baptême du Christ et le miracle de Cana. Des croyances mythologiques, en effet, faisaient coïncider la « naissance du soleil » avec une recrudescence des sources, qui avaient, ce jour-là, des vertus merveilleuses. Ainsi se comprend la bénédiction solennelle des eaux qui a lieu dans les liturgies orientales et leur coutume, adoptée par les anciens rites de Gaule et d’Espagne, de célébrer les baptêmes lors de l’Épiphanie.
A nous croyants, mécréants, athés pur jus, cela nous donne l’occasion, que dis-je le prétexte d’augmenter notre tour de taille, en  nous gavant, en famille, entre amis, avec de plus ou moins délicieuses galettes frangipanées ou pas, et de sacrifier au ridicule tirage du roi, qui doit désigner sa reine ou inversement. Je suis persuadée que certains, fêtent plus volontiers les Noces de Cana, que le Baptême du Christ et ont tout oublié du solstice d’hiver. D’ailleurs qui peut me dire tout de go, ce qu’est le solstice ? Ne confondez-vous pas ce terme avec l’équinoxe ? Moi oui …parfois 
C’est l’époque de l’année où le soleil atteint son plus grand éloignement angulaire du plan de l’équateur; ces deux moments de l’année correspondent au jour le plus long « solstice d’été » et au jour le plus court « solstice d’hiver » 
Voilà des rois mages croisés à l’Ecomusée d’Alsace. 

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photo de l’auteur

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Sommaire décembre 2008


2008-12-02 -8 : La première fois à la Kunsthalle

2008-12-03 –8 : Daniel Firman

2008-12-05 –8 : Paris

2008-12-06 –8 : Venizke

2008-12-07 –8 : Picasso et les maîtres

2008-12-10 –8 : Emil Nolde

2008-12-12 –8 : François Morellet raison et dérision

2008-12-15 –8 : Raoul Dufy est plaisir

2008-12-17 –8 : Waoohhhh !

2008-12-19 –8 : Venise de Canaletto et Turner à Monet

2008-12-23 –8 : Francis Bacon à la Tate Britain

2008-12-24 –8 : Noël en Alsace

2008-12-26 –8 : Renaissance faces.
Van Eyck to Titian
2008-12-27 –8 : Jeff Koons

2008-12-29 –8 : Giovanni Bellini

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Giovanni Bellini

bellini.1230477179.jpgEst-ce une coïncidence ? Au moment où Andrea Mantegna triomphe à Paris, (exposition que j’ai vue, d’autres que moi vous en parlent, et déplorent, l’absence du Christ mort), Rome célèbre son grand contemporain, Giovanni Bellini (vers 1430- 1516). Les deux hommes étaient unis aussi bien par des liens familiaux (ils étaient beaux-frères) que par une proximité artistique. Fils de Jacopo et frère de Gentile, peintres éminents de la Sérénissime, Giovanni se trouve au coeur d’une forte tradition vénitienne, que plusieurs facteurs vont contribuer à renouveler, à commencer par le séjour d’Antonello de Messine, en 1475.

« Giambellibellini-vierge-christ.1230476546.jpgno », comme on l’appelait alors, sera le grand artisan de ce renouvellement et le pionnier d’une modernité vénitienne, dont ses disciples directs, Giorgione et Titien, porteront haut le flambeau. L’apport décisif de Bellini est d’avoir magnifié l’espace perspectif uni, forgé par ses grands prédécesseurs, par l’homogénéité vibrante d’une lumière qui pénètre les formes comme une brume de couleur, assurant un accord parfait entre les figures et l’espace, architectures ou paysages, dans lesquels elles se fondent. En termes plus techniques, on parle de « tonalisme » pour définir cet art basé sur le rôle constructif et expressif de la couleur. Avec plus de soixante œuvres, soit les trois quarts de la production connue de l’artiste, cette exposition constitue le grand événement de la saison romaine.

Il faut s’attarder sur leurs regards embués de larmes, sur leurs mains qui caressent et retiennent l’enfant qu’elles portent au creux de leurs bras : les Vierges de Giovanni Bellini sont d’abord des mères. C’est une mère qui présente le Christ au temple ; c’est une mère ravagée de douleur et vieillie qui le recueille au pied de la croix. Une mère qui se résigne face à un destin qu’elle ne peut empêcher. Ici, le sacré d’un destin et le profane de la souffrance cohabitent. Dans la pénombre de la Scuderie du Quirinal, à Rome,  les œuvres sont exposées, jusqu’au 11 janvier, la rétrospective romaine choisit de se concentrer uniquement sur le peintre qu’elle étudie dans une tentative monographique . Chacune baigne dans son cocon de lumière douce, isolant la peinture et son spectateur dans un face-à-face quasi privé.

La Lamentation sur le Christ mort entre Saint Marc et Saint Nicolas du Palais des Doges à Venise , est présentée, à juste titre, comme un des tableaux les plus importants de la rétrospective ou encore La Crucifixion avec bellini-crucifixion.1230478309.JPGcimetière juif (1438-1440). Les historiens ont repéré, dans la ville céleste qui forme le fond du tableau, un campanile de Venise, une église d’Ancône, le dôme de Vicence. Mais plus encore, ce tableau est un herbier : une trentaine de plantes ont pu être identifiées au pied de la croix. Parfaite synthèse de l’art de Bellini : « l’élévation de l’âme et le sens du détail ». « Ce sont exactement les techniques utilisées aujourd’hui au cinéma, s’enthousiasme l’artiste américain Bill Viola dans une « lettre » au peintre publiée par le quotidien La Repubblica du 3 octobre. Bill Viola, dont il y a une exposition en même temps à Rome, je m’en suis rendue compte trop tard, aussi je me suis rattrapée en allant voir, Tristan et Isolde à la Bastille. La vidéo de Bill Viola accompagne si judicieusement par sa projetection le spectacle.

Le style de Bellini emprunte aussi aux Flamands, de Jan Van Eyck ou de Dirck Bouts, à Dürer ou à Piero della Francesca.bellini-l-ivresse-de-noe.1230476872.jpg Mais Bellini saute de l’un à l’autre comme  pour arriver jusqu’à la dernière toile connue, La Dérision de Noé, ( une belle analyse de ce sujet) déjà vue à Besançon. Son chef d’œuvre absolu, pour moi se trouve à la National Gallery, le Portrait du doge Leonardo Loredan. (on peut lire ici une mise ne parallèle avec l’homme au chapeau de Magritte)

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