
02 octobre 2018 : Miro au Grand Palais de Paris
05 octobre 2018 : Mon Nord est Ton Sud
19 octobre 2018 : Füssli, Drame et Théâtre
23 octobre 2018 : « Joana Vasconcelos, I Want to Break Free », au MAMCS
26 octobre 2018 : Namibie l’art d’une jeune génération au musée Würth
29 octobre 2018 : Radiophonic Spaces au Musée Tinguely
30 octobre 2018 : Mathieu Pernot à la Filature de Mulhouse
Catégorie : Etranger
Radiophonic Spaces au Musée Tinguely
Jusqu’au 27 janvier 2019 au musée Tinguely de Bâle
Exposition en coopération avec l’Université du Bauhaus de Weimar,
la Haus der Kulturen der Welt et l’Université de Bâle.

Le Musée Tinguely propose d’explorer 100 ans d’art radiophonique
sous un angle historique et actuel, connu et inconnu grâce à une
expérience unique au sein d’un PARCOURS SONORE.

Tels des aiguilles de recherche de fréquence radio, les visiteur.euse.s,
munis de casques et de smartphones programmés à cet effet,
se déplacent dans l’espace muséal et activent des œuvres en
fonction de leurs mouvements.

Parmi celles-ci, citons notamment celles d’Antonin Artaud,
John Cage et László Moholy-Nagy, mais aussi de
Michaela Mélian, Milo Rau et Natascha Sadr Haghighian.
L’installation a été conçue par l’artiste, architecte et musicien

Cevdet Erek et réalisée par Meso Digital Interiors.
Une interaction entre le son et l’espace mêlant ingéniosité
technique et recherche esthétique invite le visiteur du musée
à plonger dans le monde de la radio.
Dans le même temps, 14 SEMAINES THÉMATIQUES
exploreront le thème de la radio sous différents aspects.

Le public aura la possibilité de contribuer activement à la
découverte et à l’expérimentation de ce médium fascinant.
Depuis près d’un siècle d’existence de la radio, des musiciens, compositeurs,
écrivains, philosophes et artistes plasticiens (et d’autres, nombreux, qui
n’appartiennent a aucune catégorie classique) s’intéressent a la radio comme
medium. Comment produire une émission, l’enregistrer, la diffuser, la capter et
la sauvegarder ? Les bruits de grésillement entre les stations ainsi que le silence
lorsque l’émetteur est muet constituent autant de mystères.
Des travaux de recherche en acoustique consacrés a l’étude du support de
données (le disque vinyle) et de l’environnement de production
(le studio électronique) ont contribué à augmenter la visibilité et la
considération pour ce medium. De l’invention de la radio jusqu’à
aujourd’hui, des producteurs de radio et des artistes interrogent
les formats et les possibilités de diffusion.
Pour la première fois, l’exposition≪ Radiophonic Spaces ≫ réunit
plus de 200 pièces radiophoniques du monde entier, afin de rendre
visible et audible le profond intérêt des artistes de tous horizons pour ce
medium. Des émissions inoubliables cachées au fond d’archives reprennent
vie ; elles illustrent l’histoire d’un medium qui relate également les cent
années de son existence grâce a son ancrage dans l’actualité. Il est
également question des grandes catastrophes du siècle dernier ainsi que
des avancées techniques et sociales de l’époque – jusqu’aux approches
actuelles, comme par exemple la
Documenta Radio (2017).
PARCOURS SONORE
Cette expérience radiophonique s’apparente a celle, réelle, de la radio
FM a très haute fréquence – il s’agit de rechercher parmi des stations
jusqu’à ce qu’une voix, un morceau de musique ou une phrase musicale
invite l’auditeur a s’attarder, a poursuivre son écoute ou au
moins à enregistrer la fréquence de l’émetteur afin de pouvoir retrouver
ultérieurement la station et la voix.
La variété de sons est déroutante, spectaculaire, voire étourdissante, mais
elle reflète l’offre immense proposée par la radio et la possibilité d’une
écoute immédiate.
Des chercheurs en radio ont assemble ces émissions sous forme de
≪ narrations ≫ et de compositions qui partagent un contenu
ou une esthétique acoustique semblable. Elles s’intitulent Histoires
de Disques, Silence Radio, Porte vers l’Inconscient ou encore
Expanded Radio et réunissent des émissions qui s’intéressent aux studios
électroniques ou proviennent de ceux-ci, et d’autres, comme Ecce Homo,
centrées sur l’homme.
Elles interrogent les Règles Formelles a la radio ou la Radio Mobile
qui permet l’écoute indépendamment d’un lieu et qui a fait de la radio
– au plus tard avec l’invention du transistor – un medium portable
pour des générations entières.
RadioTinguely
≪ RadioTinguely ≫ rend compte des activités du musée a travers
des émissions radio. Celles-ci seront archivées dans des podcasts
disponibles sur le site internet www.tinguely.ch/radiotinguely

Chaque dimanche a 17h : émission radio en direct consacrée
au thème hebdomadaire, animée par Roger Ehret, à écouter
sur www.tinguely.ch/radiotinguely.
SEMAINES THÉMATIQUES

Pendant les quatorze semaines de l’exposition, quatorze unités
de programme mettront en lumière les dimensions multiples
de la radio.
Des offres pratiques, comme la fabrication d’un transistor
(souder une radio, 18.12. – 23.12.2018) ou recevoir des ondes courtes
du monde entier (30.10. – 04.11.2018), enchaineront avec des ateliers
de pièces radiophoniques et la présentation de pièces en direct.
Des balades sonores et ≪ audiowalks ≫ s’intéresseront
spécifiquement à la dimension du son dans notre environnement ;
de même seront étudiées
la notion de ≪ Natural Radio ≫ – la radio sans appareil –
et la question de l’avenir du support ou de sa representation dans les
films (23.10. – 28.10.2018). Grace aux stations de radio qui émettront en
direct du musée, la pratique artisanale de la fabrication d’une radio
pourra être suivie de très près.
Plus de détails sur chaque semaine thématique se trouvent sur :
www.tinguely.ch
Depuis la gare SBB tram n°2 jusqu’à WettsteinPlatz
puis bus n°31 ou 38 jusqu’à « Tinguely Museum
Füssli, Drame et Théâtre
Jusqu’au 10 février 2019, au Kunstmuseum Basel | Neubau
Pour la première fois, le Kunstmuseum Basel consacre
une grande exposition monographique à l’artiste suisse
Johann Heinrich Füssli (né à Zurich en 1741, décédé à
Putney Hill en 1825).

tableau qui n’est pas dans l’exposition, vu à la Kunsthalle de Zurich
Ses jeunes années se passent à Zurich jusqu’en 1761.
Puis à Rome de 1771 à 1779 où il apprend la peinture.
Il est éduqué par un père érudit, un précepteur et mentor
Johann Jacob Bodmer et un parrain Salomon Gessner
qui lui enseignent, le latin, la mythologie et la bible, la divine
comédie.
Füssli compte parmi les peintres les plus novateurs du
XVIIIe siècle. Et parmi les plus marginaux.
À cheval entre les Lumières et le Romantisme,
il témoigne des antagonismes de l’époque, tiraillée entre
raison et déraison.

Près de 70 tableaux mettent en lumière deux de ses sources
d’inspiration majeures : la littérature et le théâtre.
C’est l’un des créateurs les plus fascinants de la fin du 18e s.
Dans une période sombre, la révolution française, la Terreur
la mort de Louis XVI, de Marat, puis de Robespierre,
la fermeture des académies, des université, des musées,
le patriotisme prend la place de la culture.
L’Europe est dans la tourmente. Les valeurs occidentales
sont en train de se lézarder.
Alors qu’en Amérique est érigé le Capitole symbole du
nouveau monde et de la liberté, en Angleterre Georges III
sombre dans la démence. Ce monde sombre, contemporain
alimente la création surréaliste et onirique de Füssli.
Féru de littérature l’artiste s’installe à Londres de 1781 à 1825.
A la Royale académie c’est Füssli qui est célébré avec Titania.
(1793/94). Il découvre Shakespeare et Milton.

L’exposition Füssli, Drame et Théâtre s’intéresse aux
sources littéraires de ses peintures ainsi qu’aux moyens
stylistiques mis en oeuvre.
L’oeuvre entière de Füssli est parcourue par son intérêt
pour la grande littérature à laquelle il s’initie durant ses
années d’études à Zurich. Il emprunte des motifs à
la mythologie antique, au Paradis perdu de John Milton et
aux drames de Shakespeare dont il propose une mise
en scène « théâtralisée ».

De remarquables compositions
montrent les corps tendus à rompre de héros et de femmes
vierges éclairés d’une lumière crue, tandis que des visions
spectrales, anges déchus, fées et autres apparitions surnaturelles
déploient un fantastique spectaculaire, souvent sombre.
À la croisée du classicisme et du romantisme, Füssli délaisse
les conventions artistiques et se voue au royaume de son
imagination fantasque.
« Shakespeare de la toile »

Après un séjour de plusieurs années à Rome, comme beaucoup
d’artistes de l’époque il fait le « grand tour« , Füssli fait fureur
à Londres à partir des années 1780 avec ses peintures
consacrées à des oeuvres shakespeariennes.

L’exposition présente notamment des grands formats
de Songe d’une nuit d’été, Macbeth et Hamlet que l’artiste
autodidacte réalise pour deux galeries littéraires et qui lui
valent bientôt le surnom de « Shakespeare de la toile ».
Des oeuvres majeures issues de son projet d’une
galerie Milton à laquelle il se consacre entre 1790 et 1800
sont également présentées.
L’image de « Suisse sauvage » excentrique, tel que Füssli
fut surnommé à Londres, est jusqu’à aujourd’hui fortement
marquée par Der Nachtmahr, tableau au succès scandaleux,
dont l’exposition montre la version d’une collection particulière
bâloise.
Ainsi, le public perçoit surtout le peintre comme le précurseur
du romantisme noir du « Gothic Horror ».
L’exposition au Kunstmuseum Basel étoffe cette image
en présentant Füssli comme un artiste extrêmement lettré
doué d’une imagination géniale. Elle donne à voir au visiteur
des matières épiques devenues tableaux et explore aussi bien
l’univers littéraire que l’imaginaire dramatique de Füssli.
Les sources d’inspiration de Füssli sont présentées à travers des
sections consacrées à des légendes antiques et médiévales,
à son étude d’oeuvres plus récentes et contemporaines,
comme Oberon de Christoph Martin Wieland, à des
tragédies et comédies de Shakespeare ainsi qu’au
Paradis perdu, poème épique de John Milton.

Une autre section est dédiée aux images d’auteur et aux
inventions de Füssli – des peintures qui ne s’inspirent pas
directement d’une oeuvre littéraire existante mais qui
représentent « la personnification des sentiments » que l’artiste
intègre de temps à autre à des contextes narratifs de sa propre
invention.

International et multimédia
À l’instar de Füssli, l’exposition Drame et Théâtre aspire
également à produire une vive impression en mettant
l’accent sur la peinture, médium qui suscite l’admiration.
Près de 70 oeuvres présentent les mondes picturaux à la fois
spectaculaires et intellectuellement exigeants élaborés par
Füssli durant ses décennies londoniennes.
Aux côtés des sept peintures du Kunstmuseum Basel
figurent des prêts généreux du Kunsthaus Zürich, de la
Folger Shakespeare Library de Washington, du Yale
Center for British Art de New Haven, du Louvre, de la
Tate London et du Metropolitain Museum of Art in
New York ainsi que d’autres musées suisses et internationaux
et de collections particulières.

Thom Luz, régisseur au Theater Basel, parvient dans
un travail vidéo à réunir les univers de la littérature, du théâtre
et de l’art au sein du musée en menant une réflexion du point
de vue du théâtre contemporain sur l’atmosphère et la
dimension parfois mystérieuse de l’oeuvre de Füssli.
Commissaire : Eva Reifert

En outre, l’audioguide propose au visiteur de se laisser
guider personnellement par Füssli à travers les salles
d’exposition.
Podcast le paradoxe Füssli, l’art est la matière
Publication
Dans le cadre de l’exposition, un catalogue paraît aux éditions
Prestel Verlag. Il propose une approche interdisciplinaire et
donne la parole aux sciences littéraires et théâtrales.
Ainsi, Alexander Honold se penche sur les enseignements
poétologiques de Johann Jakob Bodmer et de Johann Jakob
Breitinger auprès desquels Füssli a étudié à Zurich et explore
les sources de sa conception de l’art.
Pour sa part, Beate Hochholdinger-Reiterer montre comment
l’artiste entre en contact avec l’oeuvre de Shakespeare
et la manière dont le théâtre londonien a exercé une influence
sur son art à partir des années 1760.
Citons enfin d’autres contributions de Eva Reifert, Bodo Brinkmann,
Claudia Blank, Gabriel Dette, Thom Luz et Caroline Rae.
Catalogue qui n’existe hélas qu’en allemand ou en anglais.
Kunstmuseum Basel | Neubau,
St. Alban-Graben 16, 4052 Basel
du mardi au dimanche 10.00–18.00
Mercredi jusqu’à 20h
depuis la gare SBB tram n° 2 arrêt Kunstmuseum
Mon Nord est Ton Sud
Jusqu’au 11 novembre 2018 à la Kunsthalle de Mulhouse
L’objet de l’exposition Mon Nord est Ton Sud, n’est pas de
développer une analyse sur ce qui rapproche ou éloigne
Mulhouse et Freiburg im Breisgau mais de prendre le
prétexte de ces deux villes pour observer des réalités plurielles
et développer une réflexion sur ce qui différencie deux sujets,
deux situations a priori proches voire confondues.
Sandrine Wymann

L’exposition est construite autour d’une autre idée de
l’exotisme : il existe plusieurs espaces qui se côtoient, dont
l’espace géographique à l’intérieur desquels les objectifs,
les visées ou les attentes sont pluriels parfois même
contradictoires.
les artistes :
Bertille Bak – Chto Delat – Gil & Moti – Jan Kopp
Georg ia Kotretsos – Katrin Ströbel -Clarissa Tossin
– Maarten Vanden Eynde
Gil & Moti
(nés respectivement en 1968 et 1971 en Israël, ils vivent
et travaillent aux Pays Bas)

Ce duo d’artistes masculins affiche clairement son identité :
couple homosexuel, ex-juifs israéliens immigrés aux Pays-Bas.
De là découle tout leur travail qui prend la forme d’installations,
de peintures, dessins, films et photographies. Réunis depuis 1998, ils
partagent tout, chaque moment, mêmes vêtements, mêmes clés,
même portefeuille… À eux deux, ils se sont fabriqué une nouvelle
individualité hors norme, bien décidés à explorer sans concession les
thèmes socio-politiques qui les animent, comme celui des minorités
discriminées, du racisme, de l’altérité.
En 2014 est né le projet Dutch Volunteers. La première
condition pour pouvoir s’inscrire comme volontaires
d’une ONG néerlandaise et partir dans les territoires Cisjordaniens
afin d’apporter leur aide aux palestiniens, était
qu’ils abandonnent leur nationalité israélienne pour devenir
des citoyens néerlandais. Cette nouvelle nationalité
obtenue, ils ont pu se rendre à la fois dans les territoires
occupés et en Israël. Les oeuvres présentées dans Mon Nord
est Ton Sud sont des témoignages de plusieurs communautés
qui se côtoient sans savoir se rencontrer.
Jan Kopp (né en 1970, il vit et travaille
à Lyon en France)

Dessin, vidéo, sculpture, performance, l’ensemble de ces médiums
sont présents dans la pratique de Jan Kopp, pourvu qu’ils
lui laissent la possibilité de prolonger une rencontre.
L’« être ensemble » est un thème qu’il explore sous
différentes formes aussi bien participatives que
contemplatives. Il s’intéresse à la ville qui est un
vivier formidable d’architecture mais aussi de
chaos, d’organisations sociales et de personnes.
Elle lui offre des espaces à arpenter et des détails
à observer.
Utopia House est un projet et une oeuvre nés de l’écoute et
de la rencontre. La commande initiale était de réhabiliter un foyer
décati d’élèves de lycée, d’offrir à de jeunes adolescents un espace
de vie agréable. En les écoutant, Jan Kopp s’est aperçu
que l’envie d’évasion était au moins aussi forte que
la demande d’un nouveau lieu de convivialité.
À ce message, il a répondu par Utopia House, une
sculpture habitable qui est à la fois un bateau et
une habitation. Construite collectivement par une
mise en commun de savoir-faire et d’immenses
énergies, l’oeuvre a ensuite navigué pendant
plusieurs semaines de Mulhouse à Lyon, aller retour.
Georg ia Kotretsos (née en 1978 à Thessalonique en Grèce,
elle vit et travaille à Athènes)
Georgia Kotretsos, a grandi
en Afrique du Sud, étudié aux Etats-Unis puis est
revenue travailler en Grèce. De là, elle développe
une oeuvre très inscrite dans l’actualité du monde
qu’elle observe à partir de son statut de femme
artiste grecque. La question du savoir, de son
partage et le débat sont au coeur de son engagement.
Activiste, elle a un travail de photographie, de
dessin, de sculpture mais elle est aussi à l’initiative
de rassemblements, de conférences, de textes qui
traduisent autant sa parole que celles de ceux qu’elle
engage à ses côtés.
En avril 2016, elle entreprend la première
expédition liée à son projet The Phototropics. En
partant sur l’île d’Ithaki, l’objectif est de mener un
voyage de recherche pour explorer le phénomène
du phototropisme appliqué aux mouvements
humains.
Sur place, elle déploie des gestes
éphémères, comme inscrire le mot « HELP » en
anglais et en arabe sur les plages avec les parasols
des vacanciers. Les expéditions suivantes la mènent
au Maroc à Merzouga dans le désert, autre point
stratégique de la migration humaine, puis aux
grottes d’Hercule point de départ de nombreux
migrants. Les photographies et dessins présentés
dans Mon Nord est Ton Sud documentent les
voyages successifs tandis que les sculptures
attenantes rappellent la fragilité des états jamais
définitivement installés.
Pour construire votre visite / parcours au sein de
l’exposition :
Emilie George / Chargée des publics
emilie.george@mulhouse.fr
+33 (0)3 69 77 66 47
Éventail des visites à thème téléchargeable sur
www.kunsthallemulhouse.com
Sommaire du mois de septembre 2018
01 septembre 2018 : Balthus à la Fondation Beyeler
12 septembre 2018 : 150 ans du zoo de Mulhouse, Cinq regards – Robert Cahen
17 septembre 2018 : The Music of Color – Sam Gilliam, 1967–1973
19 septembre 2018 : Nagasawa Rosetsu – D’un pinceau impétueux
23 septembre 2018 : Mondes intérieurs au Kunstmuseum de Bâle
26 septembre 2018 : Alphonse Mucha
28 septembre 2018 : Eblouissante Venise au Grand Palais
Mondes intérieurs au Kunstmuseum de Bâle
Mondes intérieurs
Donation Betty et Hartmut Raguse-Stauffer
Jusqu’au 6 janvier 2019,
au Kunstmuseum Basel | Hauptbau, entresol

Depuis 2014, le Kupferstichkabinett du Kunstmuseum Basel
a accepté environ 300 oeuvres sur papier des domaines de
l’expressionnisme et de l’art contemporain pour l’essentiel,
dans le cadre d’une généreuse
donation de Betty et Hartmut Raguse-Stauffer.
Une sélection de ces oeuvres est présentée pour la première fois
au public.
La donation de Betty et Hartmut Raguse-Stauffer
reflète une remarquable activité de collectionneur longue
de quarante ans.

Celle-ci témoigne non seulement d’un attachement
inconditionnel à l’art, d’une expertise confirmée et d’une
intuition fine pour la qualité, mais elle est aussi l’expression
de la relation profonde entre deux individus qui ont mené
une existence commune durant de longues années.
Donation Betty et Hartmut Raguse-Stauffer s’attache
à honorer l’engagement généreux de ce couple de collectionneurs
et rend hommage à Betty Raguse-Stauffer disparue en 2015.
Betty et Hartmut Raguse-Stauffer acquièrent
leur première oeuvre – un dessin de A.R. Penck –
à l’occasion de leur mariage en 1976.

Blatt: 29.5 x 21 cm
Kunstmuseum Basel / Geschenk Betty und Hartmut Raguse-Stauffer
L’année suivante, l’acquisition d’une eau-forte d’Emil Nolde marque
l’entrée d’une seconde oeuvre dans la collection qui sera suivie
d’autres, nombreuses. Dès les premières années, les deux intérêts
principaux des collectionneurs se profilent : ils montrent un attachement
pour les artistes expressionnistes, en particulier Emil Nolde, qui comme
Hartmut Raguse est originaire du Nord de l’Allemagne ;

d’autre part, ils suivent les développements de l’art contemporain
et se passionnent pour des artistes figuratifs tels que A.R. Penck,
Jonathan Borowski, Marlene Dumas et Rosemarie Trockel.

Le couple de collectionneurs apprécie également les artistes suisses
des années 1980 comme Silvia Bächli, Miriam Cahn et
Josef Felix Müller dont il fait donation à
l’Aargauer Kunsthaus d’Aarau où nombre d’entre elles furent
présentées dans l’exposition Wild Thing à l’hiver 2017-2018.
Betty et Hartmut Raguse ne s’attachaient pas à collectionner
certains artistes ou courants artistiques en particulier. En revanche,
ils accordaient de l’importance à l’oeuvre elle-même et au motif
qui reflétait leurs sensibilités et intérêts : les expériences humaines
existentielles telles que l’amour et la mort, la religion et la
spiritualité, ainsi que la musique.

Dans le choix des feuilles transparaissent la profession
de Hartmut Raguse, théologien et psychanalyste, mais aussi
sa passion pour la musique, de même que le métier de sa femme,
psychanalyste. Le lien émotionnel avec une oeuvre, sa force
expressive et le contexte de la collection ont toujours
constitué des fils conducteurs.

Grâce à leur enthousiasme et ténacité,
Betty et Hartmut Raguse-Stauffer ont acquis une
impressionnante collection au long des années.
Depuis 2014, le Kupferstichkabinett
du Kunstmuseum Basel a bénéficié d’une donation
de 126 dessins, 157 gravures, 9 livres et 18 photographies
provenant de cette collection.
Dans cette exposition le Kunstmuseum présente une sélection
d’environ 70 dessins et aquarelles issus de ce fonds abondant
et varié.
Commissaires : Anita Haldemann, Ariane Mensger
Horaires d’ouverture
Hauptbau & Neubau
Lundi fermé Ma 10.00–18.00
Me 10.00–20.00 – Je–Di 10.00–18.00
A partir de la gare CFF (Bahnhof SBB)
Tram n°2 en direction de «Eglisee/Badischer Bahnhof»,
descendre à l’arrêt «Kunstmuseum» (environ 4 min.)
Kunstmuseum Basel
St. Alban-Graben 8
CH-4010 Basel
Tel. +41 61 206 62 62
Nagasawa Rosetsu – D’un pinceau impétueux
Le tigre le plus célèbre du Japon – et, avec lui,
un temple tout entier – est l’hôte exclusif du
Musée Rietberg à Zurich pendant huit semaines.
Jusqu’au 4 novembre 2018

Tigre
Nagasawa Rosetsu (1754-1799). Détail d’une série de six panneaux coulissants; encre sur papier,
En 1786, au cours d’une seule et même nuit, l’artiste japonais
Nagasawa Rosetsu (1754–1799) aurait peint ce tigre
monumental et son pendant – un dragon – sur les
panneaux coulissants du temple Muryōji à Kushimonto, préfecture
de Wakayama.
Les remarquables peintures murales du temple ainsi que
d’autres chefs-d’oeuvre tout aussi époustouflants de Rosetsu sont,
pour la première fois, présentées hors du Japon.
L’exposition «ROSETSU – D’un pinceau impétueux» donne un
aperçu du travail fascinant de cet artiste japonais peu conventionnel.
Nagasawa Rosetsu, considéré comme l’un des artistes les plus
excentriques et novateurs du début de l’art moderne nippon, a réalisé
au cours de sa courte carrière de très nombreuses peintures qui
restent mémorables en raison de leur caractère visionnaire.
Les oeuvres originales de Rosetsu, visuellement fascinantes et
hautement fantasques, échappent à toute classification.
Il a su effectuer simultanément différentes techniques picturales
dans une variété de formats et changer fréquemment de style de
peinture au cours de sa courte carrière. Rosetsu a peint des
images remplies de dynamisme et d’humour à coups de pinceaux
virtuoses ou de ses doigts nus, mais aussi des compositions délicates
et élégantes tracées au pinceau fin trempé dans des pigments de
couleurs vives.
La sélection des oeuvres proposées offre une vue d’ensemble sur
ses motifs préférés et sur le large éventail de son répertoire
stylistique et formel. Les tableaux, quelques fois extraordinairement
réalistes, d’autres fois étonnamment modernes et presque abstraits,
mettent en lumière sa biographie entourée de légendes et son lien
avec le bouddhisme zen.
L’exposition nous emmène dans un voyage sur les traces de
Rosetsu à travers un Japon pré-moderne, jusqu’ici peu
connu, et qui reste étonnamment proche de notre époque.

L’exposition au Musée Rietberg comprend près de
60 travaux issus de multiples temples et de musées renommés
au Japon, en Allemagne et aux États-Unis. Un grand nombre
des pièces exposées sont enregistrées en tant que
«biens culturels importants» [patrimoine culturel du
Japon] ou «oeuvres majeures»
[trésors nationaux du Japon].
Outre des peintures d’oiseaux et de fleurs riches en détails et
hautes en couleurs, ou encore des portraits de dames distinguées
dessinées sur des rouleaux suspendus (kakejiku) ou des
rouleaux horizontaux (makimono), le public peut admirer des
scènes panoramiques peintes sur des panneaux et des paravents
représentant des paysages fantastiques, des sages à l’air renfrogné,
ou encore des scènes de la vie quotidienne.

Grâce à la composition iconographique peu conventionnelle
des peintures de Rosetsu et ses coups de pinceaux dynamiques,
les motifs traditionnels de la peinture asiatique connaissent une
interprétation nouvelle qui ne cesse de surprendre, divertir et
fasciner le spectateur.
Lorsqu’il peint avec les doigts ou travaillait au moyen de pinceaux
émoussés, Rosetsu est un artiste impétueux et excentrique.
Mais lorsqu’il représente des chiots, des singes ou des enfants,
c’est avec délicatesse qu’il applique l’encre de Chine sur
le papier à l’aide de son pinceau fin, avec grande précision et
une attention aux moindres détails.
Au coeur de cet événement, on retrouve les 48 panneaux peints
– dont le tigre et le dragon – ainsi que des rouleaux
suspendus que Rosetsu a réalisé en 1786 pour la résidence
de l’abbé de Muryōji, un temple Zen de Kushimoto (préfecture de Wakayama).
Ils n’ont, jusqu’à présent, jamais été vus ailleurs dans leur
intégralité. À Zurich, ils sont mis en scène dans une reconstruction
du temple et offrent au public une expérience unique ainsi que la
possibilité de profiter de la peinture dans son contexte architectural
d’origine.
Les peintures murales du temple Muryōji sont accompagnées
de nombreuses oeuvres exceptionnelles:
toutes ces images peintes sur des paravents, des rouleaux
suspendus (kakejiku), des rouleaux horizontaux
(makimono), des albums et des éventails illustrent de façon
impressionnante la carrière productive et variée de Rosetsu.
Le sens de l’humour unique de Rosetsu et ses compositions
avant-gardistes nous montrent un autre aspect, encore inconnu,
de la peinture japonaise en particulier, et de la culture japonaise
du XVIIIe siècle en général.
Pour des raisons de conservation, l’exposition dure deux mois.
Certaines pièces exposées seront échangées avec d’autres au bout
de quatre semaines.
Issu d’une lignée de Samouraï, Rosetsu a suscité l’attention de
son vivant. De part sa personnalité débridée et son talent
extraordinaire, il a fait sensation dans les cercles artistiques
de la capitale impériale de Kyoto et des régions environnantes
de l’ouest du Japon. Reconnu depuis longtemps comme
l’un des disciples les plus talentueux du célèbre peintre influent
Kyoto, Maruyama Ōkyo (1733-1795), le nom de Rosetsu est
étroitement associé à la «généalogie des excentriques» parmi
lesquels on retrouve des artistes plus anciens tels que
Itō Jakuchū et Soga Shōhaku.
Commissaires de l’exposition
Dr. Khanh Trinh, conservatrice du département d’art japonais et
coréen au Musée Rietberg à Zurich
Dr. Matthew Mc Kelway, Professeur d’histoire de l’art japonais
à Université Columbia de New York et directeur du Centre d’art
japonais Mary Griggs Burke
Catalogue de l’exposition
Dans le cadre de l’exposition, un catalogue est à paraître aux
Éditions Prestel, en allemand et en anglais,
avec des essais scientifiques et des textes sur toutes les pièces
exposées, ainsi que des illustrations en couleurs de tous les objets.
Le catalogue présente les recherches les plus récentes;
c’est, en outre, la première publication la plus complète sur
Nagasawa Rosetsu en langues occidentales.
Visites guidées privées et publiques, ainsi que des ateliers
à l’attention des groupes scolaires, sont adossées à l’exposition et
complétées par un riche programme de manifestations.
Cette exposition est réalisée en coopération avec l’Agence pour
les affaires culturelles du gouvernement japonais (Bunkachō)
The Music of Color – Sam Gilliam, 1967–1973
Jusqu’ 30 septembre 2018, au
Kunstmuseum Basel | Neubau
Commissaires : Jonathan Binstock, Josef Helfenstein

Avec The Music of Color, le Kunstmuseum Basel organise
la première exposition individuelle et institutionnelle en Europe
consacrée à l’artiste Sam Gilliam (né en 1933). L’équipe
curatoriale internationale propose d’apporter un éclairage sur
les années 1967–1973, soit la période de création la plus radicale
de l’artiste américain qui
fut le premier Afro-Américain à représenter
les États-Unis à la Biennale de Venise.

Une sélection resserrée de 45 oeuvres provenant de collections
particulières et publiques du monde entier offre aux visiteurs un
aperçu de l’oeuvre singulière de ce peintre influent pourtant inconnu
en Europe et permet, dans le même temps, d’aborder l’histoire de la
peinture abstraite dans les années 1960 et 1970 sous un angle nouveau.
À travers ses oeuvres souvent monumentales et dotées de couleurs
vives, Sam Gilliam ouvre un débat artistique et théorique en
interrogeant la séparation communément admise entre peinture,
sculpture et architecture. Pour l’exposition bâloise, l’artiste a repensé
certains de ses travaux afin de répondre aux particularités
architecturales du Neubau.

Lorsqu’il emménage à Washington D.C. en 1962, Gilliam se
rapproche de la color field painting, raison pour laquelle les
historiens de l’art l’associent souvent à la Washington Color School.
Cependant, Gilliam ne tarde pas à délaisser la voie tracée par
Mark Rothko, Louis Morris et Kenneth Noland pour affirmer son
indépendance. Deux ensembles d’oeuvres majeurs –
les Slices (ou beveled-edge paintings) et
les Drapes (ou Drape paintings) – permettent de saisir la
diversité de sa pratique artistique et le caractère novateur
de ses travaux réalisés entre 1967 et 1973.

En 1967, Gilliam commence à réaliser les beveled-edge paintings.
Sa technique consiste à verser de la peinture acrylique largement
diluée sur la toile non apprêtée, puis à la plier et à la froisser tandis
que la peinture est encore fraîche. Il tend ensuite la toile sur un
châssis incliné qui confère à l’oeuvre des qualités spatiales semblables
à celles d’un objet. Malgré leurs dimensions considérables, les
oeuvres paraissent flotter à quelques centimètres du mur.
Les slices of color – motifs et lignes aléatoires résultant du
séchage – forment des textures contingentes. L’application gestuelle
de la couleur renvoie au processus pictural et à la matérialité de la
toile et de la peinture, non au peintre lui-même.
Ce faisant, Gilliam prend le contre-pied des représentants du
Minimal Art et du Pop Art qui se prononcent alors contre le geste
expressif de l’expressionnisme abstrait.

Gilliam réalise sa performance artistique la plus radicale
avec les Drapes qu’il débute en 1968. Il continue à employer
de la peinture acrylique largement diluée et des toiles non apprêtées,
mais il renonce au châssis. Présentant des formes et des formats
les plus divers, les Drapes semblent onduler dans l’espace, glisser
sur les murs et s’apparenter aux angles d’une salle, à des rideaux,
des vêtements ou bien des voiles de bateaux. Gilliam parvient ainsi
à maîtriser le champ d’action de ses peintures, à jouer avec le
plafond, le sol et les murs de l’espace d’exposition et à proposer
aux visiteurs de nouvelles expériences esthétiques. Ainsi libérés,
les Drapes se renouvèlent sans cesse et enveloppent l’espace
d’exposition de manière performative. En jouant avec des éléments
figuratifs, certains Drapes présentent des caractéristiques florales
ou anthropomorphes.

The Music of Color aborde également la dimension politique
et historique de l’oeuvre de Gilliam. Même s’il est rare que l’artiste
s’exprime personnellement sur la politique, l’exposition présente
des travaux des séries Martin Luther King et Jail Jungle qui
font écho aux émeutes raciales de 1968. De plus, l’oeuvre intitulée
Composed (formerly) Dark as I am (1968–1974) aborde,
non sans ironie, la polarisation du débat autour du Black Art et
le rôle des artistes noirs dans la peinture abstraite dans les
États-Unis des années 1960 et 1970.

Pour la première fois, l’oeuvre Rondo (1971) est présentée dans
l’exposition. Grâce au soutien du Arnold Rüdlinger-Fonds
de la Freiwillige Akademische Gesellschaft pour la collection
du Kunstmuseum Basel, cette oeuvre a pu être acquise
en 2017. Des prêts d’exception provenant de collections
particulières et publiques du monde entier, dont celles du
Museum of Modern Art (New York), du Metropolitan Museum
of Art (New York) et du Smithsonian American Art Museum
(Washington DC), viennent compléter l’exposition.
Dans le cadre de l’exposition, la publication The Music of Color,
Sam Gilliam 1967–1973 paraît aux éditions
Buchhandlung Walther König avec des contributions de
Josef Helfenstein, Jonathan Binstock, Sam Gilliam,
Rashid Johnson et Lynette Yiadom Boakye.
une partie des photos crédit du Kunstmuseum
Sommaire du mois d'août 2018

01 août 2018 : Corpus Baselitz – Musée Unterlinden
05 août 2018 : Subodh Gupta à la Monnaie de Paris
10 août 2018 : « Au diapason du monde » Fondation Vuitton
17 août 2018 : Too early to Panic, Gerda Steiner & Jörg Lenzlinger
20 août 2018 : L’Immobilité n’existe pas au musée Tinguely
29 août 2018 : Egon Schiele, l’exposition du jubilé
Egon Schiele, l'exposition du jubilé
« Je peins la lumière qui vient de tous les corps »
Egon Schiele.
Le musée Léopold de Vienne consacre une rétrospective à
Egon Schiele, pour commérer le centenaire de son décès.
Naissance le 12 juin 1890 , à Tulln an der Donau près de Vienne,
et mort le 31 octobre 1918 à Vienne.
Avec plus de 40 peintures et environ 180 œuvres sur papier,
le musée Léopold montre la plus grande et la plus importante
collection d’œuvres d’Egon Schiele dans le monde.
Lorsque Egon Schiele mourut en 1918, à l’âge de 28 ans seulement,
il fut considéré comme l’un des artistes les plus importants
de son époque. Au cours des années suivantes, il a été de plus
en plus oublié, jusqu’à ce qu’il disparaisse complètement,
après avoir été jugé comme « art dégénéré« .

Lorsque Rudolf Leopold a vu des œuvres d’Egon Schiele au
début des années 50, il a immédiatement reconnu que leur qualité,
leur émotivité et leur technicité pouvaient absolument être comparées
aux Old Masters. Rudolf Leopold a apporté une contribution
significative à l’estime internationale dans laquelle Schiele se trouve
aujourd’hui.
Schiele a connu une carrière aussi prolifique que fulgurante.
C’est une comète dans la Vienne inventive et hypocrite de cette fin
de siècle. Ses compagnons et amis peintres sont Klimt et Kokoschka.
Les quartiers pauvres sont un vivier pour ses modèles,
qu’il fait poser dans des situations lascives et indécentes.

Il a été emprisonné pour avoir peint des modèles à peine pubère.
Il a une aisance inouïe dans le dessin. D’un trait, d’une ligne, sans jamais
lever le crayon, qui semble fait sans repentir, il érige un corps.
Il a à la fois une qualité de synthèse de la forme et une justesse
de la physionomie. Il introduit une nudité essentielle du corps,
un trait qui devient une sorte d’exo-squelette (Philippe Dagen)
Il est assez proche de Rodin pour le dessin et les modèles.
Présence de très jeunes modèles qui s’exhibaient et prêtaient
leurs corps, en montrant leurs attributs sexuels, que l’artiste
reproduisait.
Il y a une point commun autre entre les deux artistes,
c’est l’aquarelle.
La couleur vient se poser sur les pubis, très souvent par taches
de rouge, pour se diffuser et se diluer.
Les corps qu’il représente sont un minimum de chair, maigre
squelettique, cadavérique, parfois inachevé, sans les pieds.
Une saisie de l’instantané, comme dans la photographie.
Il voit les peintres de la Sécession, dont Munch.
Il peint beaucoup d’autoportraits, mais aussi sa soeur,
premier modèle nu.
Un étrange écartement de la main, extrêmement présentes,
noueuses, souvent démesurées par rapport au corps.
De façon récurrente des mains masturbatoires, le corps
contorsionné, chorégraphié, un point de vue en surplomb,
des postures inconfortables, déséquilibrées, comme des insectes
cloués sur le papier.
(L’Hostie rouge, Eros ou Autoportrait se masturbant,
tous de la même année 1911)
Outre les peintures à l’huile et les œuvres graphiques, le musée
Léopold abrite également le centre de documentation Egon Schiele,
dédié à la recherche sur l’œuvre de Schiele, ainsi que de nombreux
autographes. Pour la première fois, l’œuvre lyrique de Schiele
apparaît à un public plus large.

Schiele poète
Alors que Schiele était très populaire pour ses peintures et ses dessins
de son vivant, son travail poétique a longtemps passé inaperçu, bien
que son lyrisme expressionniste soit en effet très important.
Les originaux des poèmes de Schiele appartiennent en grande partie
à la collection Léopold. De nombreuses lettres et poèmes étaient presque
conçus comme des œuvres d’art graphiques d‘Egon Schiele. Les sujets
sont similaires à ceux décrits dans ses peintures: ce sont des visions
personnelles avec la plus grande expressivité, la plus grande couleur
et la plus grande franchise.

Par exemple, Schiele veut « goûter les eaux sombres », « voir l’air sauvage »,
« construire des nuages blancs » ou créer « une mousse arc-en-ciel »,
des allées de course à pied « ou un » vent d’hiver « .
Son âme acharnée qui s’exprime dans son monde artistique éclate
aussi de manière éruptive dans son œuvre lyrique: «L’excès de vie»
et «l’agonie de penser» sont tout aussi présents que les forces obscures:
«les démons! – freiner la violence! – votre langue, – vos signes,
votre pouvoir! « , Proclame Egon Schiele.
La gamme de ses sentiments contradictoires culmine dans la
conclusion paradoxale et finale: « Tout est mort mortellement ».

Enfin, il faut souligner la part allégorique de l’œuvre de Schiele.
Les titres de certains tableaux (Agonie, Résurrection…) et certains
de ses propos abondent dans ce sens. Schiele affirmait le rôle
spirituel de l’art, il disait en 1911 que ses œuvres devraient être
exposées dans des « édifices semblables à des temples », et avait
pour projet, en 1917-1918, la construction d’un mausolée que
l’on croit dédié aux morts de la Grande Guerre.

Le célèbre tableau, La Famille (1918), affirme cette part allégorique :
Schiele se représente avec sa femme et son enfant, alors même qu’il
n’est pas encore père et ne le sera jamais, car lui, comme sa femme
enceinte, peu de temps avant, meurent de la grippe espagnole.
Ce tableau non achevé sera son dernier.

Schiele a fait près d’une centaine d’autoportraits
se représentant parfois nu, avec un visage desséché et
tourmenté, ou affligé d’un strabisme impressionnant, allusion
humoristique à son nom de famille : en effet, le verbe « schielen »
signifie loucher en allemand, et nombre de critiques hostiles
à son art n’hésitaient pas à en faire des jeux de mots.
Ses peintures provoquaient, et provoquent sans doute encore
les spectateurs, suscitant chez eux un certain malaise par leur
rapport à la mort et à l’érotisme, mais aussi par certaines
couleurs verdâtres de la décomposition.

Podcast sur France Culture
Alain Fleischer le dernier tableau de Schiele
(2008, éditions du Huitième jour).
par la grippe espagnole, en faisant appel à leurs
fonds, aux collections privées etc …
Sa courte vie et l’œuvre sera marquée par le scandale.
Schiele a laissé environ trois cents peintures, dix-sept gravures
et lithographies, deux gravures sur bois, de nombreuses sculptures
et 3 000 dessins, aquarelles ou gouaches.
D’autres expositions lui sont ou seront consacrées
pour la célébration l’une, à la Fondation Vuitton,
des dessins, des gouaches et quelques peintures,(120)
une autre montrera ses dernières oeuvres au Musée des
Beaux Arts de Bruxelles, une autre encore à Londres
la Royal Academy, montrera ses dessins , ses
autoportraits, ses nus érotiques, en compagnie des
croquis de Klimt sur le projet de la Sécession.