Une Intime collection – Fondation des Treilles

Victor Brauner – Les éléments qui se cherchent
Mars 1958, peinture à la cire sur papier contrecollé sur isorel, 57 x 77 cm
© ADAGP

Cette exposition de la Fondation Fernet Branca, se propose de découvrir les œuvres d’art réunies par Madame Anne Gruner Schlumberger et acquises au cours de ses rencontres régulières avec galeristes, artistes et collectionneurs. Cette passionnée d’art constitua sa remarquable collection par des choix sensibles et personnels, loin de toute préoccupation financière, par les nombreuses relations amicales qu’elle entretenait à New York, Paris, Bâle,… et dans ses échanges avec les artistes au sein même de leur atelier. C’est une mécène modeste, philanthrope, mais visionnaire, d’origine alsacienne que  l’on découvre, à Saint-Louis. A la vue de la petite partie de la collection (+ 2000 pièces) ainsi que des photos, on imagine et on aurait envie de visiter le domaine des hauts de Draguignan, qui abrite la Fondation des Treilles. Anne, dite Annette (1905-1993) est l’aînée des trois filles de l’ingénieur Conrad Schlumberger, né à Guebwiller en 1878, qui se spécialise dans la prospection des forages pétroliers. Sur les pas de son mari, Anne va de la Russie au Texas en passant par le Mexique et se fixe à New York pendant la guerre.
Elle y rencontre les surréalistes autour d’André Breton et notamment Max Ernst qui deviendra son ami, de même que Victor Brauner. Mais aussi Giacometti, rencontré à New York, Takis aux yeux perçants, Henri Laurens, Fernandez le timide, tous ses amis venaient à la Fondation pour échanger leur art, et trouver l’amitié et la chaleur humaine. On y trouve des toiles de Picasso, les moutons de Lalanne, des gravures de Roger Vieillard.
La musique a tenu une grande importance dans sa vie, sa curiosité intellectuelle, sa passion pour la diversité de la création artistique était son credo. Au même titre que ses sœurs Dominique et Sylvie, Anne va constituer une collection d’art.
« Une collection est une recherche que le collectionneur s’est imposée. Les peintures réunies et exposées, ne sont pas une collection, mais les conséquences du hasard. Les titres ont été donnés par les artistes qui étaient tous des amis. »
Anne Gruner Schlumberger
Max Ernst – Le tissu de mensonges, 1959, huile sur toile
Centre Georges Pompidou Paris – © ADAGP

Dès 1960 elle façonne ce domaine agricole de 300 ha, cultivé d’oliviers, de vigne, de lavande, avec la collaboration de l’architecte Pierre Barbe et du paysagiste Henri Fisch, en un lieu d’art et de culture, destiné à offrir un lieu de rencontres aux créateurs et et chercheurs qui sy retrouvent, et devient un creuset d’idées nouvelles. Anne Gruner très éclectique, y réunit deux mille œuvres, et y puisera la matière d’une collection itinérante dont elle souhaitait qu’elle aille prioritairement vers des lieux dépourvus de musées d’art. Elle fait aussi de sa fondation un conservatoire de la pensée vivante, où des artistes et des érudits peuvent venir travailler. Au fil de colloques réguliers, s’y croisent des « pointures » de toutes disciplines et aussi de jeunes boursiers, un villa Médicis française privée en quelque sorte.
Avec des artistes phares tels ,Arp, Braque, Brauner, Dubuffet, Ernst, Fassianos, Fautrier, Fernandez, Giacometti, Hadengue, Klee, Lalanne, Laurens, Léger, Matta, Picasso, Réquichot, Seferian, Sima, Sklavos, Soria, Soulages, Takis, Tübke, Vieillard, entre autres, cette exposition invite à une immersion et un dialogue avec la création intellectuelle et artistique du XXe siècle. De Roberto Matta, actuellement exposé à Baden Baden, en passant par Braque, Fautrier, Klee, la déambulation dans l’exposition est pleine de surprises et de réelles découvertes d’artistes, moins connus par le grand public.
Commissaire de l’exposition Danièle Giraudy.
Catalogue « une collection intime »
 Exposition à voir Absolument
Jusqu’au 12 mai 2013.
Tous les jours, de 14h00 à 19h00
sauf lundi et mardi
Vendredi 29 mars 2013 ( Vendredi Saint )
Dimanche 31 mars 2013 ( Pâques )
Mercredi 1er mai 2013
Les 8 et 9 mai 2013
Aéroport Bâle/Mulhouse (à 5 minutes)
 SNCF Autoroute A35
La Ville de Bâle est à 5 minutes de Saint-Louis.
Arrêt de bus « Carrefour » (à 3 minutes du musée)
– direction Bâle station « Schifflände »

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Auteur : elisabeth

Pêle-mêle : l'art sous toutes ses formes, les voyages, mon occupation favorite : la bulle.