Matisse, Cézanne, Picasso… L'aventure des Stein

Dernier jour  le 22 janvier 2012 de
l’Exposition aux Galeries Nationales du Grand Palais.
Commissaire Cécile Debray
« Leurs pieds nus sont chaussés de sandales delphiques, Il lèvent vers le ciel des fronts scientifiques. Apollinaire [à propos des Stein], octobre 1907. »
C’est une incroyable collection d’avant garde pour l’époque, l’invention de l’art moderne.
les blogs et magazines  et le site du Grand Palais  (vidéo) s’en sont fait largement écho. C’était une magnifique exposition.
On y apprend que c’est Léo Stein qui est à l’origine de la rencontre Matisse – Picasso.

Leo Stein-Autoportrait

C’est Léo issu d’Harward,  qui découvre Paris, décidant de devenir artiste loue  un appartement et un atelier à Paris, Après avoir parcouru l’Europe en compagnie de sa sœur, la fortune familiale, leur permettant ce luxe. Il est rejoint par Gertrude, étude de médecine non achevées, suivies d’étude de philosophie terminées.
Puis le 3e frère Michael les rejoint à Paris, en compagnie de son épouse Sarah.
Ce sont eux qui découvrent La Femme au chapeau,
Henri Matisse Femme au chapeau 1905 Moma San Francisco

la Raie Verte de Matisse (hommage à Chardin que Matisse vénérait) qui provoque l’hilarité générale. Le portrait fascinait Sarah pour la ressemblance qu’il avait avec sa propre mère. Il annonce aussi les demoiselles d’Avignon de Picasso. C’est Léo le plus riche qui l’acquiert, pour céder la toile  au couple. Léo raconte que Matisse n’osa  la voir qu’une seule fois ‘ in situ’ par peur des moqueries. Elle revient au Moma de San Francisco  par la succession  H.Matisse.
Leur collection se dispersa pendant la guerre, 19 de leurs œuvres prêtées à Berlin ne furent jamais retrouvées.
C’est Sarah la plus connaisseuse, la plus sensible qui s’attache à Matisse.  Dans la collection, on peut voir un portrait du couple peint par l’artiste qui dit ceci  lorsqu’il retourne définitivement au USA :
Matisse Portrait of Sarah Stein

Matisse-Portrait-de-Michael-Stein

« ……vous et M. Stein m’avez tant soutenu …….combien je prisais vos appréciations judicieuses……..aussi, il me semble que la meilleure partie de mon auditoire est partie avec vous. Les vrais amis sont tellement rares qu’il est douloureux de les voir s’éloigner »
Gertrude est la figure emblématique de la famille Stein, c’est la prêtresse de l’art moderne, son mythe se construit à travers son amitié de 40 ans avec Picasso. Collectionneuse, ses murs, rue de Fleurus, abondent des toiles acquises, en temps que mécène, comme dans la rue Madame chez Michael et Sarah. Les repas et visitent s’organisent entre les 2 foyers avec les mêmes convives.
Alice B. Toklas est une amie de Sarah, c’est une pianiste émérite et devient la compagne de Gertrude Stein, elle se mute en dactylo et femme au foyer.
C’est là que Léo claque la porte emportant seize Renoir, 2 Cézanne, quelques dessins et lettres  de Picasso et laissant 37 Picasso,  pourtant élément moteur, de cet engouement, pour parcourir l’Europe et s’arrêter définitivement à Florence. Il avait pourtant initié Gertrude à Cézanne, Valloton  dont la beauté glacée, n’est pas san rappeler celui de la Fondation de la Villa Flora à Winterthur,   ou encore l’érotisme de Bonnard, (toile qu’il revendit très vite), grâce à ses rencontres avec les marchands d’art Vollard, Kahnweiler.
Ses goûts le porteront définitivement vers Delacroix et Rubens.
Avec sa stature de Bouddha, Gertrude ne ressemblait pas à son portrait peint par Picasso.
Qui disait «  elle finirait bien par lui ressembler »
Gertrude Stein portrait et photo

Fanatique de cubisme elle achète « La table de l’architecte »(évocation cubiste d’une histoire d’amour triste de Picasso) Trois femmes, Tête de Fernande
Elle écrit une monographie sur Picasso, après la publication de l’Autobiographie d’Alice B. Toklas en 1933, qui est en fait sa propre vie. Picasso a épousé Olga et est devenu un bourgeois installé rue de la Boétie, une photo prise par Olga
Photo Olga Picasso

montre le cercle de famille. Gertrude n’est plus au centre et perd son statut de mécène, elle écrit et publie.
Picasso publie à son tour, ce que Gertrude ne peut tolérer, un peintre est fait pour la peinture et non pour l’écrit. Le seul écrivain possible sur la peinture c’est elle. Cela s’achève sur des problèmes d’ego chacun reprochant à l’autre de s’être servi de l’autre pour asseoir sa notoriété.
Fin d’une longue amitié privilégiée.

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Auteur : elisabeth

Pêle-mêle : l'art sous toutes ses formes, les voyages, mon occupation favorite : la bulle.