Robert Cahen au ZKM de Karlsruhe

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© photographie Simon Laveuve

Après la rétrospective « le souffle du temps »  au Jeu de Paume à Paris en 2010,
la
biennale du film en République Démocratique du Congo,
une
installation à Wroclav à l’occasion du bicentenaire de la naissance de Chopin,
Passagi à  Lucca (Italie), des participations à des Festivals de films et de vidéos,
à
Lille « Euralille », Paysages Urbains, Play Replay à l’espace Malraux de Colmar,
les sept visions fugitives à la Chapelle St Jean,
avant une nouvelle exposition à Luxembourg en février 2011 à
la Galerie de Lucien Schweitzer, dont il est l’un des artistes,
un autre événement à
Rome à la Fondation Scelsi,
Robert Cahen , Lauréat de la Villa Médicis Hors les Murs en 1992, nous convie à une nouvelle exposition

« Robert Cahen. Narrating the invisible » au ZKM de Karlsruhe
du  29/01/2011 au 27/03/2011

voir l’article de NOVO page 56 et plus

faire défiler sur la droite ou clic sur les images ci-dessous

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le 28 janvier le CEEAC propose une navette Strasbourg / Karlsruhe vers le ZKM pour le vernissage de l’exposition
départ à 16 h 30 devant le CEEAC, inscription obligatoire
au n° 03 88 25 69 70 (places limitées) ou mail à info@ceaac.org

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http://www.ecartproduction.net/v2/ca
Un DVD édité par Ecart Production, sortira à l’occasion de cette exposition, Coffret 2DVD (29 films) et 1 CD audio comportant 6 œuvres musicales inédites
Livret 80 pages couleur
Textes | Stéphane Audeguy | Hou Hanru que vous pouvez commander à
cette adresse
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Auteur : elisabeth

Pêle-mêle : l'art sous toutes ses formes, les voyages, mon occupation favorite : la bulle.

7 réflexions sur « Robert Cahen au ZKM de Karlsruhe »

  1. Pierre-Louis Cereja
    l’Alsace le Pays
    Au ZKM de Karlsruhe, le Mulhousien Robert Cahen présente, avec « Narrating the invisible », des installations où la poésie s’infiltre avec grâce dans l’art vidéo.
    Raconter l’invisible, le beau programme que voilà ! Mais qui est largement dans les cordes de Robert Cahen, un artiste qui a porté l’art vidéo à un niveau de qualité et d’émotions qui fait du précurseur mulhousien l’une des grandes pointures internationales dans le domaine…
    Avec Narrating the invisible, le ZKM ( où Cahen rejoint, à travers l’espace, les meilleurs artistes des nouveaux médias) invite à une promenade dans des installations spécialement conçues pour le lieu. Au-delà du fait que l’exposition (la première monographique de Cahen au ZKM qui lui octroya, en 1995, son Video Art Prize pour Sept visions fugitives) permet de situer, sur le long terme, les étapes d’un work in progress, c’est une belle occasion de se glisser dans des images qui cultivent, avec bonheur et pertinence, la question de la perception du temps ou de la fragilité de la mémoire.
    Dans une scénographie qui privilégie une pénombre intime où les œuvres sont autonomes mais respirent ensemble, Cahen propose aussi une nouvelle mise en espace de certaines de ses installations, comme Paysages-Passage (1983-2003), reprenant les images et les formes pour dessiner une nouvelle traversée des paysages. Jouant du ralenti (l’artiste fait sien le propos de Barthes : « Ralentir pour avoir le temps de voir enfin ») comme de la texture même des images, Cahen peut méditer -et nous avec lui- sur les vertus poétiques de l’image électronique. Point ici de propos militant ou politique mais une volonté de jouer avec les sensations impressionnistes du spectateur. C’est le cas avec Images de Chine, conçu pour l’opéra Cru d’automne de Xu Yi ou encore dans le rythme d’un temps différé de Paysages d’hiver ou du Cercle, deux œuvres qui appartiennent aussi aux voyages lointains de Cahen, ici dans l’Antarctique et l’Arctique. Et puis, il y a ces deux pièces magnifiques qui atteignent le spectateur au plus profond de lui-même. Tant Traverses que Françoise en mémoire parlent ni plus, ni moins que de l’existence qui glisse et passe…
    En parallèle avec l’exposition, sort un coffret dvd édité par Philippe Lepeut pour Ecart production (avec le soutien du ZKM et du CEAAC de Strasbourg) et qui est diffusé dans les boutiques des musées, les centres d’art et par le catalogue en ligne de l’ADAV. Avec 29 films, six œuvres musicales inédites et un livret trilingue, c’est une superbe somme du parcours de Robert Cahen.
    Si l’exposition Narrating the invisible constitue une belle reconnaissance pour Robert Cahen, c’est aussi que le ZKM de Karlsruhe est un haut-lieu international dans le domaine de l’art et des médias. Fondé il y a plus de 20 ans, le Zentrum für Kunst und Medientechnologie (ZKM) s’est imposé comme une institution incontournable qui associe un musée d’art contemporain, des instituts pour les médias visuels, la musique et l’acoustique, les médias, l’éducation et l’économie, une librairie mais aussi un laboratoire qui se préoccupe de la restauration et de la préservation de l’art numérique. Avec son architecture industrielle (le ZKM est installé dans une ancienne et immense usine de munitions), ce lieu reçoit quelque 250 000 visiteurs par an qui y découvrent annuellement une trentaine d’expositions, une centaine d’événements tandis que le ZKM organise quelque 1500 visites guidées. Les enfants y trouvent aussi des espaces spécialement dédiés où ils peuvent (avec aisance !) « jouer » avec le meilleur de l’art numérique.
    le 11/02/2011 à 00:00 par Pierre-Louis Cereja

  2. Serge Hartmann
    DNA
    Créée il y a six ans par Philippe Lepeut, la société Ecart Production poursuit sa voie dans le segment étroit de l’édition de créations vidéo. Et ajoutera bientôt une nouvelle collection : « .Doc ».
    Philippe Lepeut.
    Il en convient, ce ne sont pas des tirages extraordinaires. Avec Robert Cahen, figure pionnière de la création vidéo en France, Philippe Lepeut a monté la barre à 1000 exemplaires. « Le double d’un tirage moyen pour un artiste dont il a fallu prendre en compte la notoriété et qui est, par ailleurs, l’un des plus demandés du FRAC Alsace », confie le fondateur d’Ecart Production, plasticien et vidéaste lui-même, quand il n’enseigne pas aux Arts Déco.
    Ce coffret devrait apporter une visibilité accrue pour Ecart Production. C’est ce qu’espère Philippe Lepeut qui entend ouvrir son catalogue à une forme plus documentaire de la vidéo. Une collection est ainsi annoncée, baptisée « .Doc », qui privilégierait dans un premier temps les vidéos consacrées à la musique contemporaine.
    Robert Cahen pourrait incarner cette nouvelle démarche puisqu’il est question d’éditer les 18 portraits réalisés pour les 50 ans du fameux Groupe de Recherches Musicales auquel il fut un temps associé : « Il s’agit d’un ensemble intitulé « Compositeurs à l’écoute », qui permet d’aborder le monde de la musique concrète à travers des portraits « visuels » », indique Robert Cahen.
    Pour Philippe Lepeut, le décloisonnement des genres – art vidéo et musique contemporaine – ouvrirait évidemment des perspectives de développement en direction de nouveaux publics. Des figures majeures comme Pierre Henry ou Stockhausen inaugureraient aussi la collection. Un nouveau challenge pour Ecart Production.

  3. Serge Hartmann
    DNA
    Alors que le ZKM de Karlsruhe lui ouvre ses portes, Robert Cahen fait l’objet d’un remarquable coffret embrassant la quasi-intégralité de son œuvre de vidéaste que hantent les thèmes du voyage et du passage. Une réalisation de l’éditeur strasbourgeois Ecart Production. Soit l’exigeant Philippe Lepeut.
    KARLSRUHE – STRASBOURG
    Trois ans de travail. Trois ans de droits à négocier, de partenariats à tisser, de fonds à trouver, de textes à solliciter. De l’INA à la DRAC, de la Région Alsace aux Villes de Strasbourg et Mulhouse, du CEAAC au ZKM en passant par le FRAC, Philippe Lepeut est parvenu à fédérer les énergies et donner corps à un projet ambitieux : éditer la totalité des vidéos de création – à distinguer d’un autre volet, documentaire, tout aussi ample – réalisées par Robert Cahen de 1973 à 2007.
    De L’Invitation au voyage, dont le titre augurait assez justement de l’ensemble du parcours à venir d’un artiste qui n’a jamais cessé d’arpenter le monde, à Blind Song, fragment d’un quotidien dans une rue de Hô-Chi-Minh-Ville : 29 pièces sont réunies sur deux DVD auxquels s’ajoutent un CD d’œuvres musicales inédites, datées des années 70, et un livret de 80 pages.
    « Un beau cadeau », admet Robert Cahen qui au-delà de l’hommage qu’induit une telle opération, y pointe la possibilité offerte à chacun « de mieux comprendre par la durée l’écriture d’un auteur ». Un auteur qui n’a jamais cessé, à travers l’image retravaillée électroniquement, mais aussi par le son – il fut élève de Pierre Schaeffer au Conservatoire national supérieur de musique et participa au Groupe de Recherches Musicales de l’ORTF -, de confronter le réel aux notions du temps, du passage et du voyage.
    Une approche dont les enjeux ne se limitent pas au seul signifié mais s’inscrivent aussi dans une plasticité de l’image. Dans le monde de Cahen, cette dernière est vouée à tous les étirements, à toutes les métamorphoses, et les effets spéciaux tirent par instants la vidéo du côté de la pure picturalité – celle d’un Gerhard Richter par exemple.
    « C’est étonnant de constater combien, sur 40 ans de travail, Robert Cahen reste fidèle à lui-même, et échappe à tout effet de mode qui caractérise souvent l’art d’aujourd’hui », note Philippe Lepeut. Il n’en a pas moins accédé à une exceptionnelle reconnaissance en France comme à l’étranger, marquée par de nombreux prix et invitations. Plusieurs de ses œuvres figurent dans de grandes collections internationales. Juste le temps, réalisé en 1983, est ainsi répertorié dans celles du MoMA de New York – tout comme Hong Kong Song -, de la Kunsthalle de Zurich, du Musée d’art contemporain d’Amsterdam, et a été présenté à la Documenta de Kassel en 1987.
    « Faut-il partir ou arriver ? Ceux qui savent partir sont déjà arrivés », assure la voix off de L’Invitation au voyage. Robert Cahen n’est jamais parti tout à fait seul. Au chapitre des solidarités et des compagnonnages, il évoque spontanément Michel Chion, l’ami de toujours, théoricien du son et de l’image, réalisateur, mais aussi compositeur, et qui signa à ce titre les conceptions sonores « de travaux importants, comme Sept visions fugitives, Juste le temps ou encore La Danse de l’épervier ». Ou encore Boulevard des Productions, la société strasbourgeoise qui a produit plusieurs de ses œuvres – «Je leur dois beaucoup».
    Avec huit installations vidéo, Robert Cahen entreprend actuellement de Raconter l’invisible au ZKM – sa poétique de l’image n’a-t-elle pas toujours consisté à scruter le monde pour mieux pouvoir montrer cet « invisible » ?
    Il termine en ce moment une nouvelle pièce, intitulée Entrevoir : « Une traversée dans les paysages de l’Alsace du nord, avec deux caméras, donc deux images, mais qui forment une totalité que l’œil du visiteur recompose .»
    Dans quelques mois, il y aura encore une exposition à Séoul, puis une rétrospective aux Philippines, et plus tard, la Colombie. Sans oublier, l’an prochain, le Musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg. Il était temps que ce dernier enfin saluât le travail d’un tel artiste.
    Serge Hartmann
    Films + Vidéos de Robert Cahen, chez Ecart Production. http://www.ecartproduction.net. « Raconter l’invisible », jusqu’au 27 mars au ZKM. http://www.zkm.de

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