Anne-Sophie Tschiegg

anne-so.1256137912.jpg

 

Toute petite, Anne Sophie Tschiegg est tombée dans la marmite de l’art, avec un père créateur de bijoux fabuleux et une mère peintre, accessoirement prof d’arts plastiques, sa voie ne pouvait être que celle de l’art.
Après une période de mue périlleuse, à peindre toutes les nuits, et à recouvrir la toile en blanc chaque matin, et un « second métier » les affiches pour les théâtres, et avant une expo aux US, 
c’est à

 Paris à l’Espace Beaurepaire dans le Xe,

que l’on peut voir son exposition actuelle. Elle dit :

 n’avoir ni Dieu ni Maître,  je passe ma vie à adouber des Maîtres et des Dieux, chaque jour un nouveau, ça va de Kirkeby à Sebald et Louis René des Forets rien que pour le mois de juillet… Et j’ai le culte très,  très exalté.. et pourtant ….

Dieu est un fumeur de havane, Anne Sophie une fumeuse de gitanes, aussi s’est-elle lancé un défi «  365 jours pour arrêter de fumer » Pour atteindre ce paradis, elle a peint, 365 ciels au gré des jours qui passaient, tantôt gais, tristes, ombrageux, ensoleillés, gris, neigeux, flamboyants, incandescents, ciel du matin, ciel de fin de journée, ciel à la tombée de la nuit, ciels sur paquet de cigarette, un format aux contours accidentés, comme le chemin de croix de celui qui veut s’arrêter de fumer. Puis avant de prendre la décision finale, elle a rassemblé, en un ordre dispersé, les 365 ciels, sur une immense plaque en  bois, peinte en gris qui donne le titre à

anne-sophie-tschiegg-paris-2009-365-ciels-sur-paquet-de-gitanes.1256138405.JPG

 

« 365 ciels sur paquets de gitanes »

anne-sophie-tschiegg-paris-2009-35.1256139252.JPGL’effet est prodigieux, les passants de la rue Beaurepaire à Paris, pénètrent spontanément dans la belle galerie du même nom, aux vitrines lumineuses. J’ai entendu : mais ce n’est pas de la photo, c’est de la « vraie peinture » c’est formidable, quelle merveilleuse idée, c’est magnifique, magique,  est-ce de l’acrylique ? Pourquoi, comment ? je reviendrai avec mon mari, mes enfants, les cousins, la voisine, etc ….. Puis ils passent plus en avant dans la grande galerie, admirent et s’amusent des collages dadaïstes joliment encadrés, prodigieux disent-ils.
anne-sophie-tschiegg-paris-2009-48.1256138729.JPGMais aussi les peintures sur petites toiles, des cœurs chargés d’émotion, des têtes aux idées fourmillantes ? C’est selon que l’on est romantique ou intello. Il faut laisser lentement les toiles monter vers vous, les couleurs vous embrasent, vous emmènent dans leur musique, on sent comme un changement dans sa vie personnelle, une sérénité, un épanouissement, Puis, c’est l’exubérance des fleurs, des fruits, le lyrisme dans ses coups de pinceaux, si élégants,  emprunts de volupté, au fur et à mesure, on accède à l’espace du fond de la galerie, plus intime, où s’exhalent les couleurs, l’endroit que j’appelle : la chambre d’amour, (comme chez Chagall, l’hommage à Vava, musée biblique de Nice), autre point d’orgue de l’exposition. Ici tout n’est que beauté, chaleur des rouges, des camaïeux, un accrochage intelligent.anne-sophie-tschiegg-paris-2009-82.1256138897.JPG
Je m’interroge sur la toile la plus récente, dyptique, aux grandes courbes phalliques, qui a servi pour l’affiche de l’exposition, sur un chevalet, surmonté d’une croix,  croix que l’on retrouve sur son pull. Courbes rouges, vertes, jaunes, blanches, entrelacées de liens, tout cela est très voluptueux, tendrement érotique et m’interpelle est-ce un autoportrait ?
Ce qui a été formidable pour moi, c’est d’assister dans les coulisses au montage d’une exposition, de voir l’artiste, artisan, chauffeur, livreur,  assistée par sa commissaire, l’autre Sophie (sophie.gaury@wanadoo.fr), monter ses œuvres sur les cimaises et vivre l’arrivée des premiers visiteurs.
A ne manquer sous aucun prétexte.

anne-sophie-tschiegg-paris-2009-8.1256139077.JPG

 

Vernissage les 21/10 et 23/10 à 18 h 30,

 ouverture de 13 h à 21 h,

 le samedi de 11 h à 21,

 le dimanche de 11 h à 16 h.


photos et vidéos de l’auteur
n’oubliez pas les clics

 

Auteur : elisabeth

Pêle-mêle : l'art sous toutes ses formes, les voyages, mon occupation favorite : la bulle.

28 réflexions sur « Anne-Sophie Tschiegg »

  1. Anne Sophie Tschiegg, un vrai peintre dont nous connaissions autrefois la mère et qui semble être pleine d’une rage joyeuse. Belle découverte.
    Nous allons aux vernissages, nous entendons les discours des uns et des autres, mais avec ton blog arrive aussi un peu de cette nécessaire clarté.

  2. Je n’y serai pas et quand je serai à Paris, ça n’y sera plus.
    Mais ce post m’a infiniment touché. Etonnement. Tes mots??? Ce que tu décris de ce qu’est cette jeune peintre et de ce qu’elle peint???
    Mystère…
    Mais je porte à mon doigt deux bagues de son Père… qui m »accompagnent depuis un bon nombre d’années. Et si elle met autant de passion dans ce qu’elle fait que son « géniteur »… alors: Ouaouhhh!!!
    DominiqueL.

  3. Je pense que nous sommes plusieurs à avoir lorgné, convoité, les bijoux de Roland, puis avoir réussi à acquérir, qui une bague, voire 2-3, un bracelet, des boucles d’oreilles, un tour de cou, création exclusive, élégante, tant recherchée et enviée, puis regrettée, puisque Roland a arrêté son magasin.
    Console-toi Dominique, il y aura peut-être (sûrement) une suite locale de l’évènement.

  4. Grand merci chère Elisabeth! Je suis rentrée cette nuit, encore hébétée par les magnifiques échanges et l’incroyable succès de la chose. Rien de tel pour engranger de l’énergie et s’y remettre sur le champ. D’attaque!! Hop, hop!
    C’était bien de t’y voir (et je suis très fière d’être dans tes pages…)
    A vite
    as

  5. Très bel article sur notre star strasbourgeoise. Je ne connais personne qui n’aime pas l’artiste et sa peinture. Je lui souhaite plein de beaux projets encore…

  6. Merci pour cet article sur mon amie Anne Sophie ; je l ‘ai bien retrouvée ainsi que sa peinture ; vous avez un bel oeil juste et le mot qu ‘il faut …

  7. La peinture d’Anne-Sophie Tschiegg est advenue. Je ne dis pas du tout qu’elle a progressé, qu’elle s’est approfondie, qu’elle a grandi, qu’elle est devenue bien belle…je dis qu’elle est advenue et je pourrais m’arrêter là.
    Et, le disant, j’ai dans la tête une musique qui chanterait haut et fort, une musique debout, ce qui n’est ni victoire ni aboutissement mais cela seulement : la peinture d’Anne-Sophie Tschiegg est advenue.
    Je dois avouer que je déteste le vert, en peinture très souvent, en tissu, en cuir, en tout ce qu’on voudra sauf en salade.
    Mais, puisque « voici des fleurs, des feuilles et des branches… » je dirai, sans condition, que c’est le vert. Le vert en a planté plus d’un, des peintres, surtout ceux qui on fait des « plantes » un genre de spécialité. C’est étrange que le vert en peinture soit plus facile sur le cadavre que sur le légume.
    Pourtant, quand le vert advient, juste, viennent avec lui tous les gris, tous les ciels, du chaud, du froid, le rouge, des roses et des miracles, et les histoires s’en vont et reste au regard, heureux et confiant, la peinture advenue.
    Hélène Sturm
    Le 25 septembre 2009
    c’est le texte que j’ai écrit pour le dossier de presse de l’expo
    j’ai bien aimé votre article

  8. Une semaine est passée et je suis encore émue de ce magnifique évènement, toute imprégnée de ce lieu pleinement habité, où se répondaient avec beaucoup de justesse les peintures et d’où se dégageait quelque chose de joyeux, un appel à nos forces vives. J’en ai puisé beacoup d’énergie.
    merci Anne Sophie

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *