François Boucher, « peintre rococo »

François Boucher, Bergers et Bergères Staadlische Kunsthalle Karlsruhe

La Staadlische  Kunsthalle Karlruhe compte parmi les rares musées allemands qui accordent une place de choix aux oeuvres d’artistes français et qui organise à intervalles réguliers des expositions focalisées sur l’art français.
A l’occasion du 250 e anniversaire de la mort de François Boucher (en allemand), le musée consacre à cet artiste emblématique du rococo français, la première exposition monographique en Allemagne.

En raison de la situation sanitaire, l’exposition est reportée jusqu’au 30 mai

175e anniversaire

Le 1er mai 1846, la State Art Gallery de Karlsruhe a été ouverte comme l’un des premiers musées d’art en Allemagne. Au début de l’année du 175e anniversaire, le musée aimerait revenir avec le public sur les plus beaux moments de galerie d’art.

De plus, leurs différentes offres numériques proposent une variété d’opportunités pour explorer l’exposition sur l’artiste
rococo français François Boucher.

Boucher im focus

Des techniques de reproduction au XVIIIe siècle aux univers oniriques inspirants dans les œuvres de Boucher:
En guise de programme d’accompagnement dans le cadre de l’exposition, d’intéressantes visites en ligne sur François Boucher auront lieu ce mois-ci.
L’inscription à chaque rendez-vous est obligatoire en envoyant un e-mail séparé à info@kunsthalle-karlsruhe.de.
L’inscription est possible jusqu’à 16 heures le jour de l’événement.

Avec notre format en ligne Boucher en point de mire, le tableau de François Boucher L’enfant déformé peut désormais aussi être exploré jusque dans les moindres détails. À certains moments, l’accent est mis sur les similitudes et les différences entre la culture de cour du 18e siècle et la société contemporaine. Cela montre quelles chaussures à la mode actuelle étaient déjà populaires dans le Rococo, comment les gens pensaient élever des enfants et ce que la mode de l’époque faisait peut-être mieux que l’industrie de la mode rapide.

François Boucher

« Quelles couleurs ! quelle variété ! quelle richesse d’objets et d’idées ! Cet homme a tout, excepté la vérité. Il n’y a aucune partie de ses compositions qui séparée des autres ne vous plaise ; l’ensemble même vous séduit. On se demande : Mais où a-t on vu des bergers vêtus avec cette élégance et ce luxe ?[…] »
Denis Diderot

Il nait à Paris en 1703,  il y meurt 1770. C’est un artiste qui traverse presque tout le siècle et qui mène une des plus brillante carrière artistique du siècle des lumières. Il incarne lui-même le style Rocaille et sera donc à partir de 1765, le premier peintre du roi Louis XV. Il se forme dans différents ateliers dont celui de François Lemoine, mais surtout au contact de Watteau. Le recueil Julienne de 250 feuilles de Watteau est gravé par les plus brillants jeunes artistes de Paris et c’est Boucher qui va en réaliser la moitié.  Il voyage à Rome de 1727 à 1731 et à son retour il va réaliser un parcours académique exemplaire, il est agréé en 1731 est reçu en tant que le peintre d’histoire en 1734 avec le tableau  Renaud et Armide, qui est au musée du Louvre, puis il va grimper tous les échelons pour être proclamé, honneur extrême, directeur de l’Académie royale de peintures et de sculptures.

C’est le protégé de la favorite du roi, la marquise de Pompadour. Il va être nommé peintre du roi en 1765. Sa carrière va être flamboyante à partir de ce moment-là. François Boucher est un artiste extrêmement prolifique, il aborde tous les genres, la peinture religieuse, mais surtout les sujets mythologique, Diane au bain, les sujets pastoraux. Il est aussi un brillant représentant de la scène de genre. C’est aussi un portraitiste, le portrait de l’une de ses filles Marie Amélie Baudouin qui a épousé l’un de ses élèves Baudouin, tableau  du musée du Louvre. François Boucher est sollicité autant par l’administration royale, que par les cours étrangères, il fournit des décors pour l’Europe entière, il est pourvoyeur de modèle pour les grandes écoles, pour les tapisseries, pour les Arts décoratifs, travaille pour la manufacture de Vincennes et de Sèvres.  Il estimait d’ailleurs lui-même avoir produit plus de 10 000 dessins. En marge de cette carrière officielle et de ses commandes venues de l’Europe entière, Boucher signe des compositions plus secrètes, d’une volupté saisissante, ses œuvres chantent le corps nu de la femme qui s’abandonne, il motive les regards et éveille les  sens. Déesses, nymphes offrent au regard du spectateur tous leurs atours, même les plus intimes. Le rendu des chairs, le jeu  des matières et  des effets de drapés, colorent la nudité d’une troublante volupté.
 C’est à l’école d’ Antoine Watteau, une œuvre toute entière consacrée à l’amour, que Boucher apprend la polysémie amoureuse, la sensualité envoutante du nu, ou encore la voluptueuse audace d’un fessier nu,  la puissance subjective d’un regard.

Le XVIIIe siècle signe l’avènement du plaisir des sens. Plus qu’à toute autre époque, l’Amour y occupe une place dominante dans les arts. Philosophes,
hommes de théâtre, romanciers et artistes, tous investissent le thème des passions amoureuses et des désirs charnels.

On ne compte plus, sous le pinceau des meilleurs peintres, les scènes bucoliques où badinent bergers et bergères, les boudoirs où s’échangent les soupirs langoureux, les alcôves où s’égarent « le coeur et l’esprit ». Pourtant, dans cet océan d’images consacrées à l’Amour, on a jusqu’ici peu insisté sur l’audace et l’originalité de certaines inventions.

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L’exposition rassemble près de 120 oeuvres. Les prêts viennent de nombreux fonds privés et publics d’Allemagne et de l’étranger, en particulier de France, de Grande-Bretagne, d’Autriche, de Suède et de Suisse.
La direction du projet est confiée au Dr. Astrid Reuter. Elle bénéficie du soutien de Barbara Bauer, stagiaire de recherches.

« Bloß ich » – installation auditive
La compositrice Elina Lukijanova a créé une installation auditive et interactive qui sera intégrée à l’exposition, et dans laquelle des éléments stylistiques du rococo seront traduits au travers de sons et de mots de notre époque.

Caroline-Louise de Bade-Durlach
La présentation du musée fait suite à la longue tradition de la maison et son attachement à l’art français.

De toute évidence, le style de François Boucher n’a pas laissé sa contemporaine, la margrave Caroline-Louise de Bade-Durlach, insensible. Elle qui était une fervente adepte des tableaux « bien finis » – selon ses propres termes – a trouvé dans les oeuvres de l’artiste, dont le fini rappelle l’éclat de l’émail et dont les sujets semblent faits de porcelaine, la projection de son idéal artistique. En 1759, elle commande deux pastorales à François Boucher et acquiert des esquisses ainsi que six études au pastel du maître. Ce n’est que bien plus tard que les musées allemands ont commencé à s’intéresser à cet artiste français du XVIIIe. A Karlsruhe, ces tableaux et dessins acquis en 1759 font partie des oeuvres collectionnées par la margravine qui ont ultérieurement constitué le fonds du Musée National des Beaux-Arts.

Actualité
Toute l’actualité de l’exposition François Boucher – artiste rococo est disponible en langue française sur le site de la Staatliche Kunsthalle de Karlsruhe à l’adresse :
www.kunsthalle-karlsruhe.de/fr/exposition/francois-boucher

L’exposition, elle aussi retardée du musée Cognacq-Jay de Paris :

« L’Empire des sens, de Boucher à Greuze » explore le thème de l’Amour
dans sa forme la plus licencieuse, au prisme des créations de Boucher
et de ses contemporains – maître, rivaux ou élèves – tels que Watteau,
Greuze et Fragonard.

En raison de la situation sanitaire, l’exposition du musée Cognacq-Jay est reportée, les nouvelles dates seront communiquées dès que possible

 

 

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Sommaire du mois d’avril 2021

Fondation Beyeler, terrasse de la Villa Berower

Calendrier du déconfinement du 29 avril 2021

Et la Covid est toujours là !!!

24 avril 2021 : Life – OLAFUR ELIASSON à la Fondation Beyeler
23 avril 2021 : « Faces » d’Anne-Sophie Tschiegg
20 avril 2021 : LENZ AU MUSÉE
17 avril 2021 : Anne-Catherine Goetz
11 avril 2021 : Donner son sang au musée !
9 avril 2021 : Peintres femmes, 1780-1830. Naissance d’un combat
7 avril 2021 : La Fondation Beyeler et Nordstern Basel présentent Dixon x Transmoderna
4 avril 2021 : Joyeuses Pâques
1 avril 2021 : Philippe GELUCK, Le Chat à Matignon

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Life – OLAFUR ELIASSON à la Fondation Beyeler

Olafur Eliasson, Life, 2021, Photo: Mark Niedermann, Courtesy of the ar9st;
neugerriemschneider, Berlin; Tanya Bonakdar Gallery, New York / Los
Angeles © 2021 Olafur Eliasson

Je n’ai qu’une hâte, c’est que la frontière s’ouvre afin de courir à la Fondation Beyeler pour y découvrir la dernière exposition consacrée à Olafur Eliasson.
Cela semble être une fantastique fête de l’eau, de l’humain, de la nature, un hymne à la vie sous toutes ses formes, animale et végétale, un spectacle de lumière, de couleurs, une ouverture grandiose pour tous, une ode à la vie, au climat,  pour le plaisir de tous les sens.

                                           LIFE OLAFUR ELIASSON
                                           AVRIL à JUILLET 2021

L’artiste dano-islandais Olafur Eliasson (né en 1967) s’exprime par la sculpture, la peinture, la photographie, le film, l’installation et les médias numériques. Son oeuvre traite des questions de perception, de mouvement, d’expérience corporelle et de la relation entre la perception de soi et le sens de la communauté. Il ne se limite pas aux musées et aux
galeries, mais implique le public à travers des projets architecturaux, des interventions dans des espaces publics, l’éducation artistique, l’élaboration de politiques et l’action climatique.
Olafur Eliasson est internationalement connu pour ses installations qui remettent en question la façon dont nous percevons notre environnement et contribuons à le façonner.

Sam Keller, directeur de la Fondation

Cette oeuvre d’art est une expérience collective.
Elle remet en question nos conventions en
matière d’art, de nature, d’institution et de vie, en tentant d’abolir leurs frontières. Les plantes, les animaux, les êtres humains et les microorganismes cohabitent dans cette oeuvre.
L’heure de la journée et la météo influencent
l’évolution et la perception de cette exposition.
Life est accessible à toute heure (billets 9-21h)

Olafur Eliasson

Je m’intéresse de plus en plus à la vie non pas du point de vue de l’être humain, mais avec une perspective plus large, du point de vue biocentrique. Je me suis amusé à créer des néologismes, à transformer des noms en verbes – en parcourant mon exposition, je m’efforce d’arbrer, par exemple – afin d’aborder des perspectives dépassant celles que nous concevons habituellement en tant qu’êtres humains.
La vie, chez les humains, chez les mammifères, est subordonnée à l’inspiration et à l’expiration, à l’oxygène. Pour reprendre la terminologie des anthropologues Natasha Myers et Timothy Choy, je dirais également que la vie con-spire – en jouant sur l’étymologie du mot (« respirer avec ») et la définition que l’on en trouve habituellement dans le dictionnaire. Nous conspirons avec les arbres, les uns avec les autres, et avec la
planète.

Olafur Eliasson Life, 2021 (Détail)

Pour reprendre les mots de l’anthropologue Anna L. Tsing :
« La précarité semblait autrefois être le sort des moins fortunés. Aujourd’hui, nos vies nous paraissent précaires –alors même que, actuellement, nos poches sont pleines. »

Life, mon oeuvre, et la Fondation Beyeler se confondent avec le parc environnant, le paysage urbain, la planète tout entière, et prennent vie à travers tout ce qui s’y trouve et tous ceux qui s’y rencontrent.
Depuis mes premiers travaux d’artiste au début des années 1990, je m’intéresse à la perception et aux conditions cognitives et culturelles qui la façonnent.
Life prend vie à travers la rencontre active que l’on en fait, à travers la perception de chacun. J’ai volontairement opté pour une absence de textes didactiques ou explicatifs en regard des oeuvres d’art afin d’éviter d’influencer la perception des visiteurs et leur appréhension de l’exposition. Il est important pour moi de ne pas partager une perspective limitée et prédéfinie de Life. Certaines de mes réflexions sur la réalisation de l’oeuvre d’art et sa pérennité, ainsi que mes sources d’inspiration pour ce travail, se trouvent ici. Dans le même temps, j’accueille les contributions des visiteurs – leurs attentes, leurs souvenirs, leurs pensées, leurs émotions.
Life présente un modèle de paysage futur. Un environnement accueillant. Lorsque Sam Keller, directeur de la Fondation Beyeler, et moi avons discuté de l’exposition pour la première fois il y a deux ans, je me suis dit :
« Pourquoi ne pas inviter tout le monde à l’exposition ? Invitons la planète – les plantes ainsi que plusieurs espèces différentes. »
Je voulais ouvrir plus qu’une brèche : je tenais à supprimer toutes les limites structurelles qui créent une barrière entre le musée et l’extérieur – et je suis reconnaissant à la Fondation Beyeler et l’architecte Renzo Piano, qui a conçu le musée, pour la confiance qu’ils m’ont accordée en me laissant précautionneusement et soigneusement retirer la façade en verre
de la bâtisse.

Olafur Eliasson Life, 2021 Photo: Mark Niedermann
Courtesy of the artist; neugerriemschneider, Berlin; Tanya Bonakdar
Gallery, New York / Los Angeles
© 2021 Olafur Eliasson

 Lorsque nous reconnaissons que nos vies sont inextricablement liées à notre
environnement, ainsi qu’à des structures et des systèmes qui vont bien au-delà de notre contexte local, nous apprenons, je crois, que nous sommes tous vulnérables et que nous ne contrôlons pas tout. Nous agissons et interagissons dans des situations définies par l’incertitude et des résultats peu clairs.

De concert avec le musée, je cède le contrôle à l’oeuvre d’art et, pour ainsi dire, je donne tout pouvoir aux visiteurs humains, mais aussi aux visiteurs non-humains, aux plantes, aux micro-organismes, aux caprices du temps, au climat – un grand nombre d’éléments que les établissements artistiques s’efforcent habituellement de tenir à l’écart. Au lieu de cela, nous invitons chaque être et chaque chose à l’intérieur. 

Philosophe, poétesse scientifique, architecte paysagiste

Je m’intéresse à la façon dont nous u8lisons nos sens, à la façon dont nous utilisons notre perception. Que se passe-t-il lorsque nous devenons insensibles à notre environnement ?
Le studio  – www.olafureliasson.net_ Olafur Eliasson, basé à Berlin, réunit une vaste équipe d’artisans, d’architectes, d’archivistes, de chercheurs, de cuisiniers, d’historiens de l’art et de techniciens spécialisés.

Mon amie Pireeni Sundaralingam, poétesse et spécialiste en sciences cognitives, a mené des recherches sur la manière dont les environnements numériques sont souvent conçus comme des systèmes de captation de l’attention générant un stress neurologique et des schémas comportementaux qui se fondent sur la menace. Elle soutient que les environnements sensoriels riches et les espaces numériques ou physiques incertains – par opposition à
« menaçants » – ont un impact positif en termes de développement cérébral sur la croissance, la créativité, l’innovation et la résilience. J’ai l’espoir que Life encourage les visiteurs à faire l’expérience d’eux-mêmes dans un paysage élargi – ouvert, incertain – et qu’ils se voient en tant qu’êtres composites au sein d’écologies plus vastes et insoumises
.
Life offre aux visiteurs la possibilité de mettre tous leurs sens en éveil. Les odeurs de plantes et d’eau, les sons environnants et l’humidité de l’air incitent les visiteurs à dépasser la vision seule pour explorer les oeuvres d’art.
Life invite à une « conscience panoramique » au coeur du paysage.

Elle suggère que, ce qui est derrière vous, de chaque côté de vous, ou
au-dessus de vous est tout aussi important que ce qui est devant vous et au-delà.
J’ai récemment fait la connaissance de Natasha Myers, anthropologue et danseuse. Elle nous invite – comme elle le formule elle-même – à
« végétaliser » nos sens afin de saisir le potentiel des relations entre les plantes et les êtres humains. Dans son essai, Natasha Myers s’interroge : « Que désirent les plantes ? Que savent les plantes ? Que peut faire une plante ? Nous ne le savons pas encore. Mais nous pourrions allez à leur rencontre avec l’honnêteté et la candeur de ne pas savoir, et en laissant de côté ce que nous prenons pour de la connaissance. »

Invitation

Je vous (OE)vous invite à découvrir l’exposition par vous-même. Si vous ne pouvez pas vous rendre en personne à la Fondation Beyeler, vous aurez la possibilité de la visiter sur le site  – www.olafureliasson.net/life,- à toute heure du jour et de la nuit, pour voir s’alterner en direct les points de vue humains et non-humains.
Le microsite qui accompagne l’exposition, www.life.fondationbeyeler.ch, rassemble les matériaux qui ont inspiré l’exposition et continuent de s’étoffer, notamment une série de conversations que j’ai eues avec la Prof. Anna Wirz Justice, le professeur Günther Vogt, Sam Keller et Pireeni   Sundaralingam.    

                                         Photo: Patricia Grabowicz  «Life» En collaboration avec VOGT ,Case Studio.

Je leur suis redevable d’avoir partagé leurs connaissances avec moi au cours de ces conversations déterminantes dans l’élaboration de cette oeuvre. Comme je considère leurs perspectives fascinantes et importantes, je leur ai demandé de se rendre disponibles pour des entretiens sur leur propre travail, ce qu’ils ont aimablement accepté de faire.

Certaines Photos courtoisie Fondation Beyeler

MÉDIAS SOCIAUX
Pour les dernières mises à jour sur l’exposition, visitez life.fondationbeyeler.ch, retrouvez-nous sur Facebook
à facebook.com/fondationbeyeler, ou suivez @studioolafureliasson et @fondationbeyeler sur Instagram.

Informations pratiques

HORAIRES D’OUVERTURE:
Lundi à Dimanche 10–18
Mercredi 10–20
365 jours par an (y compris les jours fériés)
Life accessible à toute heure (billets 9-21h)

FONDATION BEYELER
Baselstrasse 101
CH-4125 Riehen/Basel
Tél. +41 61 645 97 00
Fax +41 61 645 97 19
info@fondationbeyeler.ch

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« Faces » d’Anne-Sophie Tschiegg

Photo Camille Stoos

Ca y est, celui qu’on attendait est sorti : « Faces », le troisième opus aux éditions Chicmedias, d’Anne-Sophie Tschiegg. Pour la conception de cette merveille, elle s’est associée au photographe Marc Guénard.


Ensemble, ils ont réalisé une trentaine de portraits parmi lesquels on retrouve d’autres artistes du château (Motoco). Leurs modèles ont la particularité d’avoir le visage peinturluré, offrant un écho au combat mené par le collectif russe réuni autour de l’artiste Ekaterina Nenasheva pour déjouer les caméras de vidéosurveillance.
Si comme nous, vous voulez vous prendre une châtaigne de beauté en pleine face, ça se passe par là, chez notre éditeur préféré (avec Médiapop bien sûr ! ) : la boutique Chicmedias
Merci AnneSo, Marco, Bruno, Clément, Juliette, Clem, Alex, Alex, Nico, Ouissem, Simon, Camille, Julie, Tiago, Irakli, Kiki, Michele, Jacques, Anne, Lisa, Grégory, Anne-Laure. Quelle collab 😘😘
texte Martine Zusatz-Zussy

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LENZ AU MUSÉE

Un concert-fiction de RODOLPHE BURGER (featuring Jean-Luc Nancy) au palais Rohan, réalisé et diffusé en lien avec l’exposition
« Goethe à Strasbourg – L’éveil d’un génie (1770-1771) » organisée par les Musées de la Ville de Strasbourg et dans le cadre de la résidence de Rodolphe Burger à l’invitation d’Artefact-La Laiterie.

LENZ AU MUSÉE est une création de la Compagnie RODOLPHE BURGER, coproduite par les MUSÉES DE LA VILLE DE STRASBOURG et La LAITERIE ARTEFACT.
Avec le soutien de la Ville de Strasbourg et de la Région Grand-Est.

«Un musicien n’a pas souvent l’occasion de pouvoir profiter du lieu d’une exposition pour y proposer un concert. J’aurai ce privilège de pouvoir jouer en live les morceaux que m’auront inspiré à la fois le sujet de cette exposition, le lien entre ce sujet et la figure de Lenz que le film avec Jean-Luc Nancy viendra incarner et rendre vivant, et enfin le lieu-même où tout cela s’est noué et joué : Strasbourg, le palais Rohan, la cathédrale toute proche…»
Je me dois d’ajouter que cet extraordinaire décor aura aussi été pour moi-même, en 1977, lors d’une année entière, le théâtre d’une première initiation à la philosophie et à la littérature, non pas comme savoir ou histoire, mais en tant que projet de vie. C’est cette inoubliable leçon que je veux tenter, grâce à la chance de cette belle invitation, d’honorer à ma modeste manière, en parole, en image, et en musique. »
(Rodolphe Burger)
Durée: 60 minutes

DIFFUSION

– Multi-diffusion : sur les réseaux sociaux des Musées de la Ville de Strasbourg, d’Artefact et de la Cie Rodolphe Burger, et sur le réseau des télévisions du Grand Est (Alsace 20, Canal 32, ViàVosges et ViàMoselle).
– D’abord diffusion de la bande-annonce à partir du lundi 19 avril 2021 sur les chaînes TV partenaires et les réseaux sociaux.
Diffusion du film le samedi 24 avril 2021 en prime time sur les chaînes TV partenaires et en Première sur les réseaux sociaux des Musées, d’Artefact, de la Cie Rodolphe Burger. Diffusion le dimanche 25 avril sur Alsace 20 à 12h00 et 23h00.

L’EXPOSITION « GOETHE À STRASBOURG – L’ÉVEIL D’UN GÉNIE (1770-1771) »

À l’occasion du 250ème anniversaire de l’arrivée de Johann Wolfgang von Goethe à Strasbourg, les Musées de la Ville de Strasbourg présentent une exposition soulignant l’importance capitale de ce séjour qui lui fournit l’occasion de découvrir une ville de culture, cosmopolite, frontière et passage entre la France et l’Allemagne.
Entre avril 1770 et août 1771, le jeune Johann Wolfgang von Goethe, âgé de seulement 21 ans, séjourne à Strasbourg. L’objectif que lui fixe son père est alors de terminer ses études de droit, mais également de découvrir la vie à la française et d’apprendre le français. Ce séjour représente également pour le jeune intellectuel l’occasion de forger son tempérament et son goût artistique. L’exposition accompagne les pas du jeune Goethe, en se fondant notamment sur ses écrits ainsi que sur les traces laissées durant son séjour strasbourgeois.
Afin de rendre compte de l’impact décisif de ce passage sur son oeuvre, l’exposition rassemble environ 120 oeuvres des musées ou de collections publiques et privées. Elle pose un regard nouveau sur cette étape peu connue de la vie de ce grand auteur et rappelle plus généralement une période riche de la vie de la cité alsacienne.
Commissariat : Florian Siffer, responsable du Cabinet des Estampes et des Dessins, Aude Therstappen, conservatrice, responsable du fonds germanique de la Bnu.
Exposition présentée jusqu’au 31 mai 2021 au palais Rohan (galerie Heitz) (ouverture en fonction des directives gouvernementales).
© Tobias Canales

LA RÉSIDENCE

« QUOI QU’IL ARRIVE ! » : ARTEFACT PRL – LA LAITERIE INVITE RODOLPHE BURGER EN RÉSI­DENCE À STRASBOURG


« Quoi qu’il arrive ! » : voilà donc qu’il y a un an, au cœur du monde confiné et répondant avec excitation à cette in­jonction insolente, un projet est né de conversations entre Rodolphe Burger et Artefact, dont la viralité vitale a débordé les réseaux…

Un projet-trajectoire, projet-cheminement, projet-processus… un projet-carrefour, so Strasbourg, où se croisent des désirs de faire acte commun et ouvert… un projet-manifeste à une période où le seul fait de se projeter fait acte et celui de le faire ensemble vaut affirmation… un projet-conversation qui, tout au long de ces étranges mois de confinements et couvre-feu nous donne l’occasion d’inventer, quoi qu’il arrive, de multiples complicités.

Ce projet, c’est celui d’une résidence singulière.

Rodolphe Burger, cet inlassable arpenteur, est ainsi invité par Artefact à passer du temps dans ce chez-lui-là, à Strasbourg et Environs… invité à habiter cette ville qui lui est si intime, à y poser de nouvelles traces qui approfondissent les précé­dentes, en ouvrent d’autres et révèlent l’arpentage.

Cette résidence creuse ainsi une trajectoire partagée autour de quelques récits souterrains constitutifs de l’« éternel stras­bourgeois ». Au coeur de ce dernier, la figure de Lenz surgit donc une nouvelle fois et active ce projet-delta qui traverse ces mois dont nous sommes tous incapables aujourd’hui de mesurer vraiment ce qu’ils sont.

Un projet-trace qui habite le sillon des persistances pour y dessiner des perspectives et cheminer, « quoi qu’il arrive ! », vers la suite, l’avenir, l’après, demain…

(Artefact).

Avec le soutien de :

La Ville de Strasbourg et la Région Grand Est

 

 

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Anne-Catherine Goetz

Nom : Goetz
Prénom : Anne-Catherine
Profession : enseignante
Spécialité : Maitrise d’anglais, littérature américaine et cinéma
Signe Particulier : Adjointe à la culture de la ville de Mulhouse

Grand merci à Anne-Catherine Goetz, d’avoir donné de son temps, si compté, de m’avoir accordé un entretien hyper confiné, masqué. Nous sommes restées masquées, juste une petite incartade pour déguster un café, à la table ronde.

La Covid jusqu’à présent avait empêché presque toutes les activités culturelles. Je n’ai eu l’occasion de la croiser que pendant une courte période
Lors de la biennale de la photographie de Mulhouse, où elle inaugurait l’exposition de Christophe Bourguedieu à la Filature.

Mais aussi au musée des Beaux Arts de Mulhouse où elle vernissait la même biennale, en compagnie de Madame la Maire de Mulhouse, Michèle Lutz et Anne Immelé, commissaire, sous un soleil accablant. De confinement en confinement, il ne s’est plus présenté pratiquement aucune occasion de célébrer officiellement la  culture. Aussi, j’ai souhaité la connaître plus et mieux, en temps qu’adjointe à la culture femme.
2021 est consacré aux femmes au niveau des grandes expositions parisiennes (Luxembourg et Pompidou), des Mooc (cours gratuits) sur le même sujet sont à suivre actuellement, même l’académie française pense féminin
Puisque le virus tant dévastateur est féminin, la Covid. Je n’ai pas assisté aux discussions académiques quant à ce sujet, mais j’ai le sentiment que dès qu’il se profile un ouragan ou une autre catastrophe naturelle, ils sont baptisés d’un prénom féminin… Même la mythologie abonde dans ce sens : c’est Pandora qui a ouvert la boite mystérieuse,  celle qui contenait tous les maux de l’humanité

Sa devise ?
                          « Demain est un autre jour »

L’entretien, confiné, masqué

Quelle est votre profession ?
Enseignante,

Vos études ?
L’IUFM à Colmar,

Vos parents ? Vous ont-ils emmené vers la culture ?
Mes parents étaient fonctionnaires tous les deux, dans l’administration territoriale. Mon père nous a amenés vers la musique, il nous a incité  à jouer d’un instrument de musique : nous sommes quatre enfants et tous jouent d’un instrument, en amateurs. J’ai grandi à Lauw, dans la vallée de Masevaux. J’étais à l’école de musique de Masevaux et de Thann où j’ai une formation musicale classique.

Comment êtes-vous venu à la culture, par la musique ?
J’ai fait un bac littéraire, j’ai toujours beaucoup lu, je pense être venue à la culture par les livres et la musique. Et j’ai envie de dire que je suis ensuite venue aux cultures, j’ai eu la chance de beaucoup voyager dans ma vie, de vivre à l’étranger aussi,  j’ai notamment  habité aux Etats-Unis, pendant 2 années.

Donc vous êtes bi- voire trilingue
Bilingue en anglais et  en allemand, je me débrouille bien, j’ai travaillé en Suisse dans mes jeunes années, avant d’être enseignante.
Pour mes études universitaires, je me suis intéressé à la littérature américaine et au cinéma, ce qui m’a aussi amenée progressivement à la culture.

Vous êtes en fonction depuis presque 1 an, à peu près, avez-vous pris vos marques ?
J’occupe ces fonctions depuis juillet 2020, depuis les dernières élections municipales. J’avais fait un précédent mandat en partie à la culture, puisque j’étais en charge du patrimoine culturel et des relations internationales. Michel Samuel Weiss mon prédécesseur était quant à lui en charge de la culture. Donc j’ai déjà eu l’occasion de comprendre quelles étaient les missions d’un élu, d’un adjoint, en partie dans la culture en m’occupant des musées, des bibliothèques et des archives.

C’est la raison pour laquelle on vous a confié ce mandat.

En quoi consiste ce mandat, la culture en générale, mais vous avez d’autres attributions, pouvez-vous développer ?
Les missions consistent à dérouler la politique culturelle de la ville, mais d’abord, il faut que nous l’écrivions puisque nous tournons une page en quelque sorte. Mon prédécesseur était là pendant 30 ans, maintenant se fixer un nouveau cap en gardant l’héritage du passé : la ville a été très équipée avec la création de beaucoup de structures culturelles. Maintenant il s’agit de mettre tout cela en cohérence et mon objectif est de toucher davantage les publics qui sont éloignés de la culture. Ça s’est mon objectif numéro 1.
C’est vrai que j’ai d’autres missions, la présidence de l’Opéra Nationale du Rhin, tournante tous les 2 ans, entre les 3 villes principales, Strasbourg, Colmar et Mulhouse. J’ai aussi la charge d’un secteur où j’habite, à Daguerre, un travail dans la proximité et dans la vie de tous les jours.

J’ai une question bête: l’adjoint à la culture est-il essentiel
dans une municipalité ? (rires)
C’est une bonne question, je vous répondrai qu‘il  est indispensable.
La culture concerne toutes les délégations, à mon sens c’est la délégation la plus transversale : pour les espaces verts, où il y a des créations parfois. Dans les projets urbains on peut aussi solliciter le regard de l’artiste, ou bien dans l’éducation, dans la santé, avec  l’art thérapie, par exemple, pour moi la culture est transversale et indispensable, je ne sais pas si un adjoint est indispensablemais la culture oui.

J’ai vu sur FB que vous avez signé avec d’autres organismes mulhousiens, la charte de la bonne pratique, signée en janvier 2021. Qu’est-ce que ça veut dire, quel est son but exactement ?
Les arts visuels par rapport à l’art ? Quels sont les interlocuteurs des artistes visés ? Pouvez-vous développer ?
Cela veut dire que la ville et les signataires comme la Filature, l’Agrandisseur, la Kunsthalle, Mulhouse Art contemporain, Motoco, le Séchoir s’engagent à contractualiser avec les artistes plasticiens et à les rémunérer. Quand un artiste plasticien est sollicité, quand on lui donne un travail, il faut qu’on le rémunère, afin de mieux sécuriser ses conditions de travail.

Avez-vous rencontré des Artistes ? Locaux ou dans un circuit plus large, national, international ? Vraiment pour leur travail, pour leurs prestations.
Oui, plein d’artistes ! A travers des rendez-vous formels, comme maintenant dans mon bureau, ou dans leurs ateliers, ce que j’aime bien faire, m’imprégner de leur univers,  ou encore  dans des ateliers  collectifs comme le Séchoir -quand il y avait les ateliers ouverts entre les 2 confinements. Je rencontre aussi des artistes dans la rue, ils m’interpellent.  Mes amis me font des retours bien sympathiques.

Vous  en connaissez en particulier, comme Eric Kheliff qui est comédien,
des personnes comme Denis Ansel qui écrit pour le CNRS

Philippe Schweyer et mediapop, Bernard Latuner, Anne-Sophie Tschiegg
Robert Cahen, vidéaste, président de vidéo les beaux jours
Véronique Arnold qui a des galeristes bâlois et tessinois qui a exposé à Art Basel, Michele Morando, artiste, poète publie en italien.
Robert Cahen, oui oui, Eric Khéliff, je l’ai rencontré dans le cadre de Mulhouse Art contemporain, pour la résidence d’un artiste, soutenu dans le cadre de la Biennale photo, Christophe Bourguedieu, puis on se suit sur les réseaux sociaux. Philippe Schweyer aussi avec qui on a sorti un livre autour d’un projet avec la bibliothèque de Mulhouse, qui s’appelle
« Instants confinés », et qui sera présenté à la presse ce jeudi.
J’avais souhaité que les gens écrivent sur leur confinement, comment ils l’ont vécu, qu’on ait une trace de ces instants. Pas uniquement des photos, mais un texte, quelque chose d’un peu officiel. Philippe m’a dit
« ok, je te suis, mais il faudrait une ligne éditoriale et qu’on puisse faire intervenir un auteur ».
Il m’a mise en contact avec un auteur Christophe Fourvel, qu’il édite aussi, qui a l’habitude de faire de l’accompagnement d’écriture. Trente personnes ont contribué, trente mulhousiens. Ce livre est en vente chez Bizey. Ils ont pu écrire leur texte, l’améliorer et l’enrichir avec cet auteur, et les textes sont réunis dans ce recueil.
Bernard Latuner, Denis Ansel, Anne-Sophie Tschiegg, je les connais bien sûr.

Et Véronique Arnold ?
Alors Véronique Arnold, j’ai une oeuvre d’elle ici, on l’avait exposée au musée des Beaux Arts, il y a 3 ans environ.

La ville soutient les institutions locales et les artistes, de quelle manière ?
Motoco, Le Séchoir, Le cinéma Bel Air, La Kunsthalle
Mulhouse Art Contemporain, Dominique Bannwarth, Eric Khéliff ?
La ville soutient par des subventions annuelles, puisque qu’on subventionne largement, selon le montant de la subvention on fait une convention d’objectifs sur 2/3 ans. Des objectifs sont définis ensemble, avec des bilans réguliers.

Et en ce qui concerne le cinéma Bel Air, qui doit être à la ramasse en ces temps incertains ?
Aussi, la ville donne aussi des subventions à ce cinéma. Je pense qu’ils sont dans une situation  compliquée, je ne sais pas si au niveau des aides de l’état, de la région il existe des possibilités.
En tous cas nous ne modifierons pas nos subventions, elles seront maintenues au même niveau. A partir de l’année prochaine, nous ferons un travail sur les subventions avec la mise en place de critères d’attribution. Mais nous attendons que les gens se remettent sur pied, on ne veut pas les bousculer dans leur reprise.

La ville se porte –t’elle acquéreur d’œuvres pour soutenir les artistes  ?
Celle-ci par exemple a été achetée à Véronique Arnold

Donc ce n’est pas un cadeau (rires) !
Ah non, non non, c’est aussi une façon de soutenir les artistes.
Géraldine Husson expose actuellement au musée des Beaux Arts, nous allons prolonger son temps  exposition, autant qu’on pourra, car après il y a une autre exposition, sinon il y aura un embouteillage, les autres artistes attendent.
La semaine prochaine, nous allons acquérir une œuvre de Géraldine, chaque année on a une enveloppe pour l’achat d’œuvres notamment d’artiste exposés au Musée des Beaux Arts

Qui est défini par un comité ?
Oui avec le service du développement culturel, Eric Vincent responsable de ce service. C’est lui qui gère cette enveloppe, et en général, c’est avec le maire que c’est décidé. Quand on expose un artiste, on  lui achète une œuvre, pour garder une trace de son exposition.

Que pensez-vous des réseaux sociaux ?
J’en pense plutôt du bien, parce que c’est un bon moyen de garder du lien, avec la crise que avons vécue. Je crois que quand des gens  sont un peu isolés, cela leur permet de garder ce contact permanent avec les autres et avec le fil d’actualité, mais il faut faire attention.
Je pense aussi que c’est potentiellement dangereux pour des twitts ou des posts qu’on peut facilement mal interpréter. En tout cas, ne  jamais avoir de  réactions à chaud !

Vous y êtes active, vous postez souvent des photos de plats, aimez-vous la gastronomie en général, locale, régionale ?
Dans la partie culture, il y a langue et culture régionale, à laquelle je suis extrêmement attachée, personnellement car je suis alsacienne et mulhousienne.
C’est une façon de mettre en avant les produits du terroir, les recettes.
Je ne cuisine pas du tout, je donne un peu le change, je fais illusion.

Parlez-vous l’alsacien ?
Oui, j’ai cette chance,  je l’ai appris par ma grand’mère

La Covid a-t-elle limité votre action, en ce qui concerne les musées, c’est évident, mais pour le reste ?
Oui, ce samedi des artistes devaient se produire en extérieur mais cela ne sera pas possible.
Le festival Motàmot a été reporté. Si les bibliothèques sont ouvertes, on ne peut plus faire de conférence littéraire, on est limité à 6 personnes maximum, les conférences sont en visio mais cela ne remplacera jamais le présentiel.

Que pensez-vous de la cancel culture ? Le bicentenaire de la mort de Napoléon ?
Je pense que c’est catastrophique, pour la culture précisément.
On ne va pas réécrire l’histoire de France, elle est ce qu’elle est.
On peut célébrer un anniversaire, sans adhérer aux idées, aux thèses des personnages en question. On ne va pas gommer des pans de l’histoire qui sont constitutifs de ce que l’on est, même s’il y a des zones difficiles, c’est presque du négationnisme.
Je pense qu’il faut parler de tout, avec le recul nécessaire, que l’on explique avec beaucoup de pédagogie aussi. Ce n’est pas parce que l’on parle d’un évènement que l’on en fait l’apologie. Pour moi la cancel culture c’est le début de la fin !

Vous avez été nommée présidente de l’ONR,  vous nous avez dit que vous jouer du piano.
A ce titre avez-vous des préférences musicales, les concerts, l’opéra, le ballet ?
Je joue du piano en amateur. J’ai surtout beaucoup d’affection pour l’opéra. Au milieu du mois de mai, nous allons présenter le programme de la nouvelle saison

Avez-vous d’autres spécificités cachées, en dehors du mandat de la ville et de la présidence ? Du sport, des hobby ? du yoga ?
Ah oui, je fais du Pilates, dans un studio tenu par une ancienne danseuse du ballet, au Parc des collines. Je suis une amoureuse de la montagne, je randonne dès que je peux, dans les Vosges, dans les Alpes, j’ai déjà fait une randonnée au Népal, j’adore randonner, j’adore la montagne, mais jamais seule, la montagne reste un milieu hostile.

Sur un réseau social, vous avez publié une photo, où vous êtes en compagnie du regretté Jean Claude Carrière, à quelle occasion ? quelles étaient vos relations ?
C’était une belle rencontre au forum du livre à St Louis, j’ai toujours beaucoup aimé cet auteur, sa voix, sa façon de raconter, j’étais très touchée de pouvoir le rencontrer. Il était tout seul, aussi je suis allée le voir pour parler un peu et prendre une photo. Depuis la Controverse de Valladolid -j’avais été marquée par ce film- je me suis intéressée à ses écrits.

Cela avait été une pièce jouée au théâtre de Poche par Jean Marie Meshaka


Avez-vous des références littéraires , puisque vos études étaient orientées vers les lettres ?  musicales ?
Je lis plutôt  des biographies. Quand j’aime un auteur, je lis tout ce qu’il fait.
J’ai lu tout Jacques Attali, tout Marcel Pagnol, en ce moment Gilles Kepel
c’est un spécialiste de l’Islam. La question de la république et de la laïcité, sont des sujets qui me passionnent.
En musique ma préférence c’est Bach, c’est mon compositeur préféré.

Que  devient votre travail pendant le confinement, a t’il été empêché, augmenté, diminué, réduit, différent ?
Dans mon travail, il y a beaucoup de représentations, beaucoup de contacts avec le monde, avec les gens, on va voir ce qui se fait, tous les spectacles, les expositions qu’on soutient. Là cela s’est particulièrement réduit, on a développé d’autres liens, peut-être plus proches
finalement, parce qu’il fallait téléphoner aux artistes, c’est un lien un peu différent. C’est un travail différent, mais somme toute réduit, je ne peux pas dire qu’on a travaillé plus.


Comment définiriez-vous votre action en temps qu’adjointe à la culture?
C’est une action qui est très engageante, qui prend beaucoup de temps, beaucoup de réflexion aussi, puisque je vous ai dit que nous sommes dans cette phase de réflexion, c’est quelque chose de très enrichissant. J’ai beaucoup de chance, et je m’enrichis constamment au contact des gens et des œuvres.

Je rencontre des gens que je n’aurai jamais rencontré autrement. Il y a des côtés plus difficiles. Par exemple, je ne peux pas soutenir tous les artistes qui viennent me voir et qui voudraient qu’on leur achète des oeuvres. Parfois je suis obligée de dire  – enfin les gens sont convaincus que leur œuvre d’art doit avoir sa place, dans tel ou tel endroit de Mulhouse,-  je leur dis : ce n’est pas le projet, on ne peut pas, nous avons un budget défini avec des contraintes. Il y a des côtés moins sympathiques, mais globalement c’est passionnant, ça m’enrichit beaucoup.

Qu’est-ce que vous avez envie de partager en général avec les personnes ?
J’ai envie de partager et discuter de ma vision de la vie, du monde, de la ville de Mulhouse. J’aime bien que les gens me donnent aussi leur avis, et qu’on puisse échanger mais pas forcément qu’avec des Mulhousiens.  On n’a pas  toujours une vision très juste de ce qu’on est. J’ai des contacts avec des élus en particulier de Colmar, Strasbourg, St Louis, Paris, dans l’agglomération, d’ailleurs en France, avec des gens qui réfléchissent sur la culture. Par exemple hier soir j’ai organisé une conférence en visio avec le président de l’observatoire des politiques culturelles, un institut rattaché à Sciences Po Grenoble. C’est une personne qui a un certain âge, Jean Louis Bonin, qui a donné une conférence, pour tous les élus du groupe majoritaire. Tous les mois nous avons une conférence, avec une personnalité inspirante, il nous a donné sa vision des choses sur comment on construit une politique culturelle,
et sur  la place de l’art et de la culture dans la ville. C’est pour moi vraiment éclairant, enrichissant, cela alimente  une réflexion et permet de faire un petit pas de côté, parce que quand on est le nez dans le guidon, on ne voit plus sa ville, telle qu’elle est vraiment. J’aime bien ce genre de rencontres  et j’aime partager ces visions.
 

Quel est le rôle des politiques, sont-ils en adéquation avec leur époque ?

Cela dépend, j’ai bien aimé quand le président Macron a dit qu’il y a 66 millions de procureurs en France, on a tendance à beaucoup critiquer et puis on a envie de dire aux gens : ben écoutez, faitesfaites avec nous, mettez la main à la pâte, n’attendez pas toujours tout de l’état, et la fameuse phrase de Kennedy, reprise par Obama : Qu’est-ce que l’état fait pour moi, qu’est-ce que moi je peux faire pour l’état.
Je dis souvent ça pour la ville aussi :
que faites- vous, vous pour la ville ?
quand on dit qu’il y a des déchets, des encombrants, des saletés etc ..

Quelle est votre plus belle rencontre dans la vie ? … votre mari (rires)
Je ne suis pas mariée, j’ai un compagnon, ma plus belle rencontre, c’est un peu bateau mais  c’est ma grand’mère, je l’ai rencontrée, j’étais toute petite (sourires), c’est un peu la femme de ma vie, mon pilier, mon guide, ma référence.

Y a-t-il une question que vous auriez aimé que je vous pose et que j’ai oubliée ?
Oui il y en a plein, comme celle-ci !

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Donner son sang au musée !

Venez sauver des vies au Musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg, le lundi 12 avril 2021 de 12h30 à 18h30 !
Une manière de joindre le très utile à l’agréable
L’ouverture éphémère du Musée d’art moderne et contemporain de
Strasbourg , MAMCS, à l’occasion d’une opération exceptionnelle de
dons du sang, dans l’immédiat, valable pour ceux qui sont à 10 klm de distance
du musée.

Les Strasbourgeois sont invités à se rendre dans ce lieu culturel emblématique de la ville pour accomplir un geste solidaire. Après leur don, les donneurs pourront profiter d’une visite libre dans les salles du rez-de-chaussée du musée (collections d’art moderne et contemporain).
RDV le lundi 12 avril 2021 de 12h30 à 18h30, en plein coeur de la Nef du Musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg (MAMCS)

• Pour prendre RDV : mon-rdv-dondesang.efs.sante.fr > collecte : Musée d’Art moderne et contemporain – Strasbourg
• Evènement Facebook : Don de sang – Musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg

EFS Grand Est

Pour promouvoir le don de sang, l’EFS Grand Est développe des collectes dans des lieux atypiques et prestigieux de la région. Ces collectes de sang sont l’occasion de proposer une expérience inédite aux donneurs et futurs donneurs : accomplir ce geste citoyen et solidaire tout en découvrant et profitant d’un lieu exceptionnel ! Dans le contexte sanitaire que nous connaissons et en soutien au secteur culturel, cet évènement prend tout son sens. Le temps d’une après-midi le Musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg, ouvrira ses portes aux donneurs de sang. Un beau partenariat entre l’EFS et le Musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg, soutenu par la Ville de Strasbourg !

À propos du Musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg

Réunissant un ensemble d’oeuvres (peintures, sculptures, oeuvres graphiques, photographies, installations, vidéos…) allant de 1870 à nos jours, la collection du MAMCS séduit par sa diversité. En 2018, pour célébrer ses vingt ans, le MAMCS a renouvelé intégralement l’accrochage de ses collections permanentes. De nouveaux principes définissent cette présentation intitulée
« Joyeuses Frictions ». L’art moderne et l’art contemporain se rencontrent et dialoguent sur les deux niveaux du musée pour témoigner de la permanence de certaines préoccupations esthétiques et thématiques et traduire la porosité entre les disciplines artistiques.

                                           Patrick Bailly Maître Grand

Parmi les artistes représentés, on relève Gustave Doré, Jean Arp, Max Ernst, Victor Brauner, František Kupka, Vassily Kandinsky, Baselitz, Robert Filliou, Daniel Buren, Sarkis, Bertrand Lavier…
Pour en savoir plus www.musees.strasbourg.eu

Contacts :

Olivier DURAT, chargé de communication
olivier.durat@efs.sante.fr | 06 72 75 87 32

ACCÈS
Bus 4 ou 10 – arrêt Art Moderne
Tram B ou F – arrêt Musée d’Art Moderne
Consulter Strasmap pour connaître les parkings à proximité et le nombre de places disponibles.

En application du plan Vigipirate, les contrôles sont renforcés dans les Musées de la Ville de Strasbourg.


PROTOCOLE SANITAIRE
Consulter les dispositions d’accueil spécifiques mises en oeuvre au MAMCS à partir du 13 juin.


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Peintres femmes, 1780-1830. Naissance d’un combat

Julie Duvidal de Montferrier, Autoportrait, huile sur toile, 65 x 53,5 cm, Paris, Beaux-Arts de Paris

à partir du 8 avril
Suite à l’impossibilité d’ouvrir actuellement l’exposition
Peintres femmes, 1780-1830. Naissance d’un combat,
initialement prévue au Musée du Luxembourg du 3 mars au 4 juillet 2021,
la Réunion des musées nationaux– Grand Palais met en ligne dès
aujourd’hui des visites virtuelles afin de permettre au public de profiter
malgré tout de l’exposition en attendant son ouverture :

Visite virtuelle

- une visite virtuelle autonome avec audioguide où le visiteur circule à son rythme, de salle en salle, à travers près de 70 oeuvres dont 25 oeuvres bénéficiant de contenus audioguide. 
Chacune de ces oeuvres comprend une oeuvre en HD ainsi que le commentaire de l’audioguide en audio et en texte.
Il y a aussi 11 autres oeuvres sur lesquelles il est possible d’ouvrir une image en HD. L’affichage en haute définition de cette sélection d’oeuvres permet également de zoomer en profondeur et d’en apprécier la subtilité.
Le lien acheté par le visiteur vers la visite est unique et nécessite un mot de passe valable pendant une semaine : du mercredi au mardi suivant.

Une offre couplée

- une offre couplée avec visio-conférence et visite virtuelle autonome
La visio-conférence, sous forme de conférence en ligne permet d’explorer un ensemble de tirages d’oeuvres de l’exposition accompagnés d’un conférencier. Les séances se déroulent en direct. Elles durent 1 heure et comprennent un temps d’échange via le chat.
Un lien vers la visite virtuelle autonome, visible pendant 7 jours, accompagne la visio-conférence.

Technologie

Pour la visite virtuelle est utilisée une technologie de pointe basée sur de multiples prises de vues photographiques à 360° et des relevés lasers.
Explor Visit (spécialiste des visites virtuelles 3D et des visites
guidées à distance) a réalisé la captation de l’exposition
Peintres femmes, 1780-1830. Naissance d’un combat
en très haute définition. Le modèle 3D ainsi constitué offre au visiteur un sentiment d’immersion dans les espaces scénographiques et lui permet de s’approcher au plus près des oeuvres exposées.
La visite virtuelle autonome est disponible sur réservation dès le 8 avril dans le programme en ligne du site grandpalais.fr.

Tarifs

5 € la visite autonome avec audioguide
9 € la visite guidée avec un conférencier de la Rmn – GP
(tarif réduit pour les Sésames 5€)
à partir du 8 avril 2021

L’exposition

Parcours du demi-siècle qui s’étend entre les années pré-révolutionnaires jusqu’à la Restauration, l’exposition Peintres femmes 1780-1830. Naissance d’un combat comprend environ 70 oeuvres exposées provenant de collections publiques et privées françaises et internationales. L’exposition s’attache à porter à la connaissance du public une question peu ou mal connue : comment le phénomène alors inédit de la féminisation de l’espace des beaux-arts s’articule à cette époque avec la transformation de l’organisation de l’espace de production artistique (administration, formation, exposition, critique) et une mutation du goût comme des pratiques sociales relatives à l’art.

à suivre

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La Fondation Beyeler et Nordstern Basel présentent Dixon x Transmoderna

En collaboration avec l’équipe de Transmoderna, la Fondation Beyeler accueille Dixon, l’un des plus grands noms de la scène électronique, pour une session de mix unique lors de laquelle le DJ streamera en réalité virtuelle dans les locaux du musée. Cet ambitieux projet audiovisuel a été diffusé le 31 mars à 20 heures en partenariat avec la plateforme musicale Beatport et de Denon DJ.


Vidéo Planifié pour le 7 avr. 2021

Dixon

Dixon a choisi comme point de départ de cette expérience virtuelle l’architecture ainsi que le parc du musée, qui ont été, à cette fin, modélisés en 3D. Il prend la forme d’un avatar aux traits hyperréalistes et mixe un set exclusif d’une heure. Tout spécialement pour cette performance, Transmoderna a sélectionné une série d’œuvres issues de la collection de la Fondation qui apparaîtront aux côtés de l’avatar dans les salles d’exposition pendant le set – il s’agit, entre autres, de photographies de Wolfgang Tillmans, de sculptures de Auguste Rodin et de peintures de Paul Klee.

Des travaux d’artistes numériques renommés viennent, en outre, s’ajouter à ces œuvres d’art. Pour la réalisation de ce projet, Transmoderna a collaboré pour la première fois avec Sofia Crespo, artiste neuronale, Sabrina Ratté, artiste multimédia, et Feileacan McCormick, artiste génératif. Pendant la session de mix, les œuvres d’art ainsi que l’architecture du bâtiment sont modifiés grâce aux effets spéciaux assistés par intelligence artificielle et se transforment en une œuvre d’art totale hyperréaliste.

La musique

La musique influence aussi cette transformation. Contrairement aux performances dans une salle de club, les musiques choisies par l’avatar de Dixon transforment les salles d’exposition virtuelles grâce à des effets audio-réactifs – scindements, déplacements et inversions complètes des espaces virtuels du musée. Un titre en particulier illustre bien cette transformation :
il s’agit de « Can’t escape into space » de Wolfgang Tillmans, qui est présenté avant la sortie de l’album qui l’accompagne.


Le stream est filmé par Aaron Jablonski, artiste numérique, et réalisé entièrement sur Unity, un moteur de jeu multiplateforme permettant d’obtenir des visuels hyperréalistes extrêmement avancés. La cabine DJ Denon de l’avatar de Dixon a été créée spécialement pour cette session par l’architecte Timur Novikov.

Dixon x Transmoderna se déroule dans le cadre d’art.set, un programme de la Fondation Beyeler réalisé en collaboration avec Nordstern, discothèque bâloise spécialisée dans la musique électronique et qui présente, dans un contexte artistique, des musiciens électroniques internationaux en direct ou en ligne.

Session de mix virtuelle
Mercredi 31 mars, 20 heures UTC+1
Beatport Youtube / Twitch / Facebook Fondation Beyeler Youtube / Facebook Nordstern Basel Facebook
Transmoderna Facebook
Dixon Facebook
Denon DJ Facebook

Dixon et Transmoderna
Transmoderna est un collectif d’artistes et de créateurs de contenus numériques ; ensemble, ils ont développé l’idée d’un club virtuel. Transmoderna existe depuis 2019 et compte, outre son fondateur Steffen Berkhahn (alias Dixon), Ana Ofak, théoricienne des médias et directrice créative, Timur Novikov, architecte, et Aaron Jablonski, artiste numérique.

Intervenants : Dixon (DJ / Chef de production), Ana Ofak (Transmoderna / Directrice créative, curatrice), Timur Novikov (Transmoderna / Directeur visuel, curateur), Aaron Jablonski (Transmoderna / Directeur technique), Sofia Crespo (Transmoderna / Art neuronal), Sabrina Ratté (Transmoderna / Multimédia), Feileacan McCormick (Transmoderna / Art génératif), Alan Ixba (Transmoderna / Assistance technique), Carlos Minozzi (Transmoderna / Vidéographie), Tim Deussen Studio (Modélisation 3D), Mimic Productions (Production de personnages numériques / Capture d’images), Rania Kim (Productrice), Sandira Blas (RP), Franka Marlene Foth (Chorégraphie), Rauke Lea Hollender (Transmoderna / Réseaux sociaux)

Horaires d’ouverture de la Fondation Beyeler :
tous les jours de 10h00 à 18h00, et le mercredi jusqu’à 20h00.

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Joyeuses Pâques

Nous voici à nouveau confinés, moment moins tragique que celui du Christ au Monts des Oliviers.
Période difficile pour tous. Pensons au personnel médical en tout premier lieu, aux personnes seules, à celles qui ont disparues …
Courage à tous et belles Pâques.

Les mots « Pâque » ou « Pâques » viennent du latin pascha
emprunté au grec πάσχα, lui-même, par l’intermédiaire de
l’araméen pasḥa, issu de l’hébreu biblique pesaḥ,
dérivé du verbe pasaḣ qui signifie « passer au dessus »
car, selon la bible, les juifs avaient reçu l’ordre de sacrifier
un agneau indemne de toute tare et d’en badigeonner
le sang sur les montants des portes afin que les puissances
qui viendraient détruire les premiers nés égyptiens
lors de la dixième plaie, passent au dessus de ces
portes sans s’arrêter.

                                                               La Résurrection

Le Retable d’Issenheim
« Là, dans l’ancien couvent des Unterlinden, il surgit dès qu’on entre, farouche, et il vous abasourdit aussitôt avec l’effroyable cauchemar d’un calvaire (…) avec ses buccins de couleurs et ses cris tragiques, avec ses violences d’apothéoses et ses frénésies de charniers, il vous accapare et vous subjugue (…)».
À l’instar du romancier Joris-Karl Huysmans qui évoque sa rencontre avec l’œuvre dans un ouvrage en 1905, le Retable d’Issenheim fascine et suscite l’admiration de ceux qui le contemplent.
Réalisé pour le maître-autel de l’église de la prospère commanderie des Antonins d’Issenheim, le retable est exposé dans la chapelle du couvent des Dominicaines d’Unterlinden depuis l’ouverture du musée en 1853.
La force émotionnelle de ce polyptique monumental, peint par Grünewald et sculpté par Nicolas de Haguenau entre 1512 et 1516, s’explique par la qualité picturale de l’œuvre, la richesse des couleurs employées et l’expressivité des scènes et des personnages. Les sept panneaux de bois de tilleul et les dix sculptures qui le composent, illustrent plusieurs épisodes de la vie du Christ et de saint Antoine l’ermite, patron de la commanderie.

                                                           La Tentation de St Antoine

Le retable devait également participer au rétablissement des malades en leur offrant réconfort et consolation par une présentation très réaliste et douloureuse de la Crucifixion et l’espoir de la guérison transmis par la scène de la Résurrection.

Origine et fonction
Fondée vers 1300 à une vingtaine de kilomètres de Colmar, la commanderie d’Issenheim dépend de l’ordre hospitalier des Antonins,
dont la vocation est de soigner les malades atteints du « mal des ardents »
ou « feu de saint Antoine
».
Véritable fléau au Moyen Âge, cette maladie, provoquée par l’ingestion de farines contaminées par l’ergot de seigle, engendre des symptômes convulsifs et gangréneux. Pour soigner ces maux, les Antonins administrent aux malades le «Saint vinage», une macération de plantes mises en contact avec les reliques de Saint Antoine et leur assurent au quotidien une alimentation saine. Ils procurent également le baume de Saint Antoine, un onguent cicatrisant élaboré à partir de douze plantes aux propriétés curatives.
Longtemps octroyée à tort à Albrecht Dürer, la paternité des peintures et sculptures est désormais attribuée à Grünewald et Nicolas de Haguenau.

J’y vois une telle symbolique avec notre période Covid-19, tellement surréaliste
et inédite,

d’abord dans la panneau de la Tentation de St Antoine, qui résume les maux que certains des malades subissent, puis vient la Résurrection, c’est à dire la sortie du confinement et la guérison pour tous les malades

Le Retable décrypté à écouter en ligne

Pantxika De Paepe, conservatrice en chef et directrice du musée, vous présente sous forme de podcast, le Retable d’Issenheim en 6 épisodes.

À écouter chaque semaine à partir du 5 avril 2020 sur Deezer et Spotify et sur cette page. Regardez l’œuvre en ligne ici

Texte et photos  musée Unterliden

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