Cadeaux de Noël

Vous avez choisi les cadeaux de Noël pour votre famille, amis, amants,
mari, enfants.
Mais avez-vous pensé à vous faire un cadeau perso à vous-même ?
J’ai quelques suggestions à vous soumettre, en vous proposant le meilleur, les ayant moi-même dégustées.
Vous vous doutez bien qu’il ne s’agit pas du dernier modèle de robot de cuisine.
Ce sont des livres d’artistes.
Ces artistes ne jouent pas tous dans la même cour, c’est ce qui fait leur charme, leurs talents respectifs sont incontestables, mais divers.

.Si l’on parle de Pascal Poirot, peintre, sculpteur, professeur, maître du paysage, comme de l’architecture, son livre, bilingue, français, anglais, enrichi par les textes de Tiphaine Laroque, entre autres, des photos de Florian Tiedje, dont les photos sont exposées actuellement à la
Galerie de la Filature,
ses peintures étaient exposées à ST’ART au Comptoir des Papiers de Valérie Cardi, au KunstKosmos Durbach Museum
[EN]QUETE DE PEINTURE
est tout à fait imparable.

Karine vidéo de Robert Cahen, n’est une inconnue que pour peu de monde, petit bijou, admiré dans le monde entier a donné naissance à un livre, préfacé et enrichi par les textes Jean Luc Nancy, philosophe.
Le code barre, inséré dans le livre permet d’écouter et de visionner la vidéo, et de pénétrer dans la poésie de ce grand artiste.
Robert Cahen, artiste vidéaste international, globe trotter, aux semelles de vent, juif errant, (c’est lui-même qui se qualifie ainsi) auteur, compositeur de musique concrète.
Editions Yellow Now

You are the Univers, de Véronique Arnold est le livre de l’exposition éponyme de 2019, à la galerie Stampa de Bâle. Véronique Arnold est présente depuis 2 ans à Art Basel, excusez du peu, parmi les artistes présentés à Art Basel, qui est tout de même la plus grande foire d’art du monde. Passionnée par tout ce qui a trait à l’espace et aux mystère
de la vie, elle présente dans ce livre un ensemble d’oeuvres, fruit d’un travail minutieux, qui donne forme aux réflexions et interrogations
de l’artiste.
Editions Mediapop, Philippe Schweyer

 The last, but not the least, Andy chat blanc, même si vous n’avez aucun goût pour les chats, livre conçu par sa maîtresse, Anne-Sophie Tschiegg,
la « folle dingue de Motoco« , femme-sandwich, néanmoins artiste peintre de grand talent, photographe à ses heures, affichiste, auteur, parce que oui, c’est une littéraire, exposée partout sur la planète.
Magnifique objet, comportant de superbes photographies accompagnées
de textes choisis.
Chicmedias éditions


Le choix est certes difficile, mais vous serez agréablement surpris
en optant pour les quatre.

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Se suspendre aux lendemains – Regionale 20

Jusqu’au 5 janvier 2020 à La Kunsthalle de Mulhouse
Regionale 20
Sur une proposition de Sandrine Wymann, directrice de la
Kunsthalle

Comment ne pas être alerté par les inondations qui se multiplient,
ainsi que toutes ces autres catastrophes. La Kunsthalle nous y rend
attentif avec cette exposition

Avec le changement climatique, le Grand-Est pourrait connaître des intempéries beaucoup plus souvent et mieux s’y préparer, c’est d’abord se souvenir. Les gestionnaires des risques d’inondation en région se mobilisent pour commémorer les inondations de décembre 1919 et janvier 1920, à travers des actions favorisant la mémoire et la culture du risque.
Les terribles inondations de 1919 et 1920 (vidéo)
Dans la nuit du 23 au 24 décembre 1919, des pluies torrentielles s’abattent sur l’Est de la France. Le jour de Noël, des centaines de communes, d’entreprises, de routes et de voies ferrées se retrouvent sous l’eau, en Alsace, en Lorraine ainsi que dans le Pays de Bade, de l’autre côté du Rhin. Rapidement, ces crues se propagent en aval et, dans les jours qui suivent, les grandes villes de la région sont elles aussi victimes des inondations : Colmar, Strasbourg, Mulhouse, Epinal, Saint-Dié, Nancy, Metz, Charleville-Mézières. Puis le 12 janvier 1920 une nouvelle tempête déferlera sur l’Est de la France, associant vents violents et pluies torrentielles qui entraîneront localement des inondations encore plus fortes qu’en décembre 1919.

Demain peut-être ne ressemblera pas à aujourd’hui, un événement extraordinaire aura transformé notre territoire de vie, de pensée et d’action. L’espace d’un moment, tout aura basculé pour autre chose. Quotidiennement, nous évoluons vers un inconnu qui contient à la fois la force de la surprise et la charge de l’anxiété. Parce que le risque d’un événement majeur guette chaque initiative, chaque progrès, chercher à le contrôler ou à l’éviter semble vain.
En s’associant à des chercheurs universitaires géographes, physiciens ou sociologues et à d’autres savoirs, Aline Veillat et Elise Alloin apportent leurs regards et démarches d’artistes aux études des phénomènes d’inondation et de radioactivité. Par leurs sculptures, leurs images mais aussi par leurs méthodologies particulières elles offrent des pistes et perspectives pour de nouvelles relations à l’environnement créant ainsi des liens visibles entre les études de terrain, les données scientifiques et la société.

La Kunsthalle devient un lieu où s’exposent des propositions sensibles et
de la documentation, un espace dans lequel les savoirs prennent formes et se transmettent.
L’exposition est proposée dans le cadre de la Régionale, programme trinational annuel. + d’informations sur www.regionale.org | #regionale20 sur les réseaux sociaux

Exposition réalisée en partenariat avec le Centre de recherches sur les économies, les sociétés, les arts et les techniques (CRESAT) de l’Université de Haute-Alsace (programme Interreg Clim’ability Design). Le travail d’Aline Veillat est issu d’une résidence universitaire de deux ans, en partenariat avec le Service Universitaire de l’Action Culturelle de l’Université de Haute-Alsace. Il bénéficie du soutien de NovaTris, le centre de compétences transfrontalières de l’Université de HauteAlsace (ANR-11-IDFI-0005) et de la Fondation Müller Meylan de Bâle et s’inscrit dans les commémorations du centenaire des inondations de 1919.

Les artistes

Élise Alloin vit et travaille à Strasbourg. Elle est diplômée de la Haute école des arts du Rhin.
Elle développe son œuvre plastique dans une dynamique de recherche par l’art, notamment en explorant les liens que nous entretenons avec la radioactivité. Comment cet « invisible » modèle-t-il notre conscience des lieux, notre relation au temps, à la mémoire sociale et à la transformation du vivant ?

Sa pratique, transdisciplinaire, se construit en collaboration avec des équipes de recherche : en physique nucléaire (CNRS-Institut pluridisciplinaire Hubert Curien, Strasbourg), en sciences du vivant (Institut Océanographique de Sopot et Laboratoire de Biotechnologie Marine, Université de Gdansk, Pologne) et en sciences humaines (Anthropologie Contemporaine, Université de Stockholm, Suède).
Récemment accueillie en qualité de chercheur associée au CRESAT (Université de Haute Alsace), elle participe au programme de recherche Post-atomic Lab porté par le Centre sur la transition énergétique du
territoire.
Elle y explorera les questions qui traversent son travail sur la construction de nos paysages physiques et psychiques, nos circulations et nos modes d’habiter, en lien avec le démantèlement annoncé de la centrale nucléaire de Fessenheim.
À partir de 2020, Élise Alloin sera artiste associée à La Kunsthalle.
www.elisealloin.com

Aline Veillat vit et travaille comme artiste chercheur indépendante à Bâle en Suisse. Elle a étudié à l’École d’art de Lausanne et titulaire d’un doctorat de l’Université Paris 8 en Esthétiques, Sciences et Technologies de l’Art. Ses œuvres sont régulièrement présentées dans le monde entier.
Dans sa pratique elle se concentre principalement sur les questions environnementales à l’époque de l’Anthropocène et plus particulièrement sur la façon dont l’être humain est lié au non-humain vivant ou non vivant. Son approche est tout d’abord conceptuelle puis se traduit par la suite sous une forme plastique.
Conjointement à sa participation au projet Transrisk sur la culture des risques inondation avec le CRESAT de l’Université de Haute Alsace, elle collabore à différents projets de recherche : Ecodata-Ecomedia-Ecoaesthetics avec l’Institut d’Esthétiques Pratique et Théorique IAeP de Académie des Beaux-Arts et de Design FHNW Basel et le laboratoire WSL Eau-Neige-Paysage de l’Ecole Polytechniques Fédérale de Zürich sur les impacts anthropiques et du changement de climat sur une forêt alpine, ainsi que sur un projet sur le sol envisagé comme un organisme vivant, projet développé en tant que chercheur associé à l’IMéRA l’Institut d’Etudes Avancées en collaboration avec l’IMBE l’Institut Méditerranéen de la Biodiversité et d’Écologie de l’Université d’Aix-Marseille.
En 2018-2019, Aline Veillat était en résidence Universitaire à La Kunsthalle et au Service Universitaire de l’Action Culturelle de l’UHA.
www.alineveillat.com

Apéro scientifique : jeudi 12 décembre à 19:00
Se souvenir pour mieux se préparer
En présence de Brice Martin (géographe, enseignant chercheur
au CRESAT de l’UHA),

Amandine Amat (responsable du département Conseil Risque et Changement Climatique à la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Alsace),
Sophie Roy (ingénieure à Météo France)
et Aline Veillat (artiste-chercheur).
Entrée libre, réservation conseillée au 03 69 77 66 47 / kunsthalle@mulhouse.fr
Organisé par La Kunsthalle et La Nef des sciences, dans le cadre de l’événement
« Les sciences ça se discute »,
l’événement est réalisé en partenariat avec le CRESAT de l’UHA
et s’inscrit dans
les commémorations du Centenaire des inondations de 1919.

Kunstdéjeuner :
vendredi 13 décembre à 12:15
Conversation autour des œuvres suivie d’un déjeuner tiré du sac.
Gratuit, sur inscription.

Renseignements et inscriptions au 03 69 77 66 47 ou kunsthalle@mulhouse.fr

Mulhouse Art Contemporain est partenaire de La Kunsthalle

Heures d’ouverture
Du mercredi au vendredi de 12h à 18h
Du samedi au mardi de 14h à 18h
Fermé du 23 -26 décembre ; 30 -31 décembre 2019
et 1 janvier 2020 Entrée libre

Coordonnées
La Kunsthalle Mulhouse –
Centre d’art contemporain La Fonderie
16 rue de la Fonderie –
68093 Mulhouse Cedex Tél : + 33 (0)3 69 77 66 47
kunsthalle@mulhouse.fr / www.kunsthallemulhouse.com

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La Régionale à la Filature

Liliane Gassiot Verte sous le givre 2018

Jusqu’au 21 décembre 2019, l’exposition dans la Galerie de la Filature
« Le propre du visible est d’être superficie d’une profondeur inépuisable » présente, dans le cadre de La Régionale 20,
les travaux de 4 photographes :

                            Florian Tiedje

Liliana Gassiot, Lukas Hoffmann, Silvi Simon, Florian Tiedje.
Les artistes comme à la Fondation Fernet Branca nous emmène
dans la nature et sa poésie.
Au-delà d’un espace géographique que partagent les quatre artistes présentés dans le cadre de La Régionale, ce qui les rassemble ici est leur quête d’une correspondance entre l’ordre de l’image et celui du monde visible. Liliana Gassiot, Lukas Hoffmann, Silvi Simon et Florian Tiedje explorent des formes qu’ils cherchent à produire matériellement, en maîtrisant la lumière et la composition, en modifiant la structure chimique de la pellicule sensible ou encore en rehaussant les photographies de couture.
Silvi Simon
Les formes visuelles qui émergent de leurs travaux, motifs végétaux, organiques ou stellaires, leur permettent de vivre une expérience esthétique – expérience qui a cette capacité extraordinaire à faire surgir des choses inattendues, fructueuses et capables de transformer notre vision de la nature.

lilianagassiot.ch
lukashoffmann.net
silvisimon.com
floriantiedje.com

Filature, Scène nationale
20 allée Nathan Katz F-68100 Mulhouse 0033 3 89 36 28 28 info@lafilature.orgwww.lafilature.org
Horaires d’ouverture
Mar–Sam : 11.00–18.30 Dim : 14.00–18.00 et les soirs de spectacle
Fermé les Lundis
Transports public
Tram : 15 min. depuis la gare, Tram 1, Tram 3 ou Tram-Train arrêt
« Porte Jeune », Tram 2 arrêt « Nordfeld »

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EN COULEUR – LE SÉCHOIR

photo Eliane Goepfert

Le Séchoir fait péter la couleur, c’est jusqu’au 15 décembre 2019
Commissaire :
Bruno CALI 
Bruno
CAli est le parrain du Séchoir depuis son ouverture en janvier 2015
et l’idée de  lui confier la curation d’une exposition s’est imposée,
au dynamique couple animateur du lieu, respectivement Sandrine Stahl,
présidente et Matthieu Stahl, trésorier.
Quelle meilleure idée pour finir  ce cycle de cinq années d’existence ?

Photo Eliane Goepfert

Ils ont mis les petits plats dans les grands en programment deux conférences d’envergure sur le thème de la couleur :
Michel PASTOUREAU – JAUNE  Mercredi 27 novembre – 16h.
Rencontre-conférence avec Michel PASTOUREAU à l’occasion de la sortie de son  nouveau livre «Jaune, histoire d’une couleur», éditions LE SEUIL. En partenariat  avec la Société Industrielle de Mulhouse, le journal L’Alsace, l’Université de  Haute-Alsace, le Crédit Mutuel et la librairie BISEY.  Une conférence ERASME.
Dans ce nouveau livre Michel PASTOUREAU s’interroge sur cette couleur jaune,  couleur « bénéfique » dans l’Antiquité avant de devenir « équivoque » au Moyen-Âge  puis « mal-aimée » à partir du XVIe siècle, qui est est revenu sur le devant de la scène  avec le mouvement des « gilets jaunes ».

Alice MARQUAILLETempête de couleurs  Samedi 7 décembre – 16h
Une conférence d’Alice MARQUAILLE, curatrice.    Dans le concert des anges, au cœur du Retable d’Issenheim, Matthias Grünewald  fait résonner les vibrations chromatiques et musicales d’un même accord. Ces  couleurs, pour le peintre, sont matière première, enjeu et finalité même.

«  Le plus précieux dans la création picturale, c’est la couleur et la texture.
Elles  constituent l’essence picturale que le sujet a toujours tuée.
« 
Kasimir Malévitch.

C’est ainsi que le Séchoir a été transformé en «white cube»
Sur les cimaises la couleur est devenue centrale, chaque pièce exposée correspond à un pixel, d’une plus  grande pièce, pleine d’énergie, de rythmes, d’accords et/ou de dissonances?
De la couleur à tous les étages, peu importe le médium! Bruno Cali a donc imaginé cette proposition en mobilisant ses amis artistes des  quatre coins de France : Charlélie COUTURE, Emmanuel DA SILVA, Jean-Michel  ARNAUD, Roger COSME ESTEVES. Il a complété cette sélection en puisant dans le  vivier du Séchoir : André MAIO, Delphine GUTRON, Paul BERANGER, Sandrine et  Matthieu STAHL ainsi que Léonard BULLOCK.

Dès l’entrée, une curiosité : le premier « pentone » réalisé en 1692
Traité des couleurs servant à la peinture à l’eau, par À.Boogert
A consulter sur ordinateur.

Jean-Michel ARNAUD utilise plusieurs techniques et navigue entre elles: collages et  huile sur plaques d’agglo, papier collé puis déchiqueté avec une disqueuse,  peinture (huile) passée au chiffon.

Paul Béranger est né en 1964, a fait des études d’Architecture et est aujourd’hui urbaniste  et coloriste-conseil pour la Ville d Mulhouse. Voilà ce qu’il dit de son travail : “Matériaux d’emballage, carton de récupération, papier de  soie, pigments, la peinture liquide, l’acrylique, la gouache… Comme des glacis à l’huile, les  couches de papier peintes en lavis, se superposent, chacune faisant mémoire de l’autre et  peu à peu s’effaçant, absorbées par la suivante. »

 

Leonard Bullock est né en Caroline du Nord en 1956, sur la côte Ouest de l’Atlantique, le  point le plus à l’ouest du Triangle des Bermudes. Il commence à dessiner dans la ferme de  son grand-père. Il débute ses études de dessin à la Memphis Academy of Art en 1975, à  Memphis dans le Tenessee. Il quitte Memphis pour aller étudier à New York en 1977.  Étudiant à la School of Visual Art, The New School of Social Research and Pratt Institute, il  obtient une bourse pour la Yale University School of Music and Art à Norfolk en 1981.Sa  première exposition a été présentée à la Barbara Flynn’s Art Galaxy et au Drawing Center  en 1981.

« L’image et son abandon, l’écriture et le palimpseste participent à l’acte de peindre. Fruit  de toutes sources mon travail s’inscrit dans un processus génératif du jeu de tiroirs. »  Roger Cosme Estève réside habituellement dans le Sud-Ouest de la France ; il s’est fixé, depuis plus d’un an déjà, à Oualidia – d’où son exposition à la galerie Al Manar, où l’on se  réjouit de pouvoir montrer le travail d’un plasticien de cette envergure.

Artiste pluridisciplinaire, CharlElie COUTURE s’inscrit dans le courant
« multiste » dont il est un des  fondateur/théoricien. Son œuvre est un voyage conceptuel autour de la question de l’Existence, ou «  comment se définir entre le conscient identifié et l’émotionnel inconscient ». CharlElie poursuit une  recherche autour de « l’Art Total » cherchant des connexions entre les différentes formes  d’expression que sont l’Ecriture, l’Image et la Musique. En 1981, il est le premier artiste Français  signé par Chris Blackwell sur le label Anglo-Américain Island Records, aux côtés de U2, Grace  Jones, Robert Palmer. L’album « Poèmes rock » enregistré à New-York, est classé en janvier 2010  dans le Top 25 des albums qui ont marqué l’histoire du Rock en France. Il fonde à Nancy, le groupe  « Local à Louer », associant photographes, peintres et poètes, et publie le fameux
« manifeste de  l’Art Rock » : 
« L’Art doit faire la jonction entre le fonctionnalisme de la société industrielle et les aspirations de la  culture pop! ».

Il a beaucoup bourlingué, tendance punk, penchant indus. Manu Da Silva dessine désormais sa  propre empreinte buissonnière, entre rock et grattes claires, voix rude et mots doux. Il y a du marin  chez lui : sa guitare s’appelle Mouette, ses chansons font la traversée des apparences, il trace son  sillage entre haute et basse mer, entre averse et éclaircie. Fin chroniqueur des changeantes météos  humaines et des bourrasques amoureuses, il guette les beaux jours à venir comme de nouveaux  rivages
(​http://www.totoutard.com​). 

Delphine Gutron est, à la base, plutôt scientifique, elle a fait des études de géologie avant de poursuivre sa formation pour devenir professeur des écoles. Mais elle a aussi toujours été sensible à l’art et très intéressée par la gravure. En 2004, Delphine part prendre des cours au Centre de la                       Gravure et de l’Imprimerie à Mons en Belgique. De retour en Alsace, elle s’inscrit au Quai, l’Ecole des Beaux-Arts de Mulhouse, où elle suivra, pendant six ans, des cours du soir aux ateliers de dessins de gravure

André Maïo expérimente, tente des choses, s’essaye à des toiles dont les univers sont parfois diamétralement opposés : il est capable de nous proposer un art très contemporain comme ses toiles ultra vitaminées aux couleurs éclatantes qui nous évoquent parfois Keith Haring ou Picasso ou ses autres œuvres qui mêle influences rock, punk et street art. Mais il est capable aussi de nous proposer un art plus classique, inspiré d’images pieuses comme ces vitraux d’église qu’il revisite en peinture par exemple.  André prétend ne suivre aucun courant artistique particulier, il se proclame juste du  mouvement d’expression libre. (Emmanuelle VAN-DINH) 

Diplômé en Lettres Modernes et en Arts Plastiques, je vis et travaille à Mulhouse.
Membre fondateur du Séchoir,
Matthieu Stahl

aussi musicien au sein du groupe PJ@MelloR.  « Mon travail  plastique est centré sur la peinture mais je n’hésite pas à investir le champ de l’installation        ou de la performance.  Né en 2043, je suis tombé dans la peinture rapidement pour n’en jamais ressortir. Mon travail  est porté par une interrogation constante sur le langage, sur son utilisation comme outil de relecture du monde dans lequel je vis et j’évolue. Mon travail interroge l’espace urbain et la  manière dont nous l’appréhendons en fonction des aléas de déplacement, de rencontres, de temps. Ce que j’en perçois, je le transforme en paysage abstrait, « carte heuristique » de mes propres déplacements physiques et/ou émotionnels dans une réalité urbaine. « 

Née à Mulhouse et diplômée d’abord en droit et économie puis en maîtrise  de Lettres Modernes pour devenir professeur des écoles et directrice d’école  maternelle, Sandrine Stahl reprend ses études quinze ans plus tard,  pour passer une licence en psychologie. Sa rencontre avec Matthieu Stahl en 1986 et avec François Bruetschy, deux ans plus tard, fût déterminante dans sa pratique artistique. Elle est aussi musicienne et chanteuse bruitiste. Aujourd’hui c’est une artiste pluri-disciplinaire qui travaille la peinture, l’encre, la vidéo, l’image, la musique. Elle est membre fondatrice et présidente du Séchoir, Arts en mouvements, à Mulhouse. 

Le SECHOIR  25 rue Josué HOFER 
68200 MULHOUSE 
WWW.lesechoir.fr  contact@lesechoir.fr 
Sur ​FACEBOOK​ et ​INSTAGRAM    03 89 46 06 37 

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UN TOUT DE NATURE

Juliette Jouannais, Gouache et pastel sec sur papier découpé

JULIETTE JOUANNAIS – JEAN LUC TARTARIN EXPOSITION
Jusqu’ au 16 FEVRIER 2020 à la FONDATION FERNET-BRANCA

La Fondation Fernet-Branca présente les œuvres de Juliette Jouannais, peintre et sculpteur et Jean Luc Tartarin, photographe.
Un tout de nature met en avant les relations que peuvent entretenir le dessin et le paysage dans la photographie qui vient interroger la peinture. Mais aussi lorsque nous retrouvons dans la peinture des éléments qui relèvent de la sculpture et du dessin. C’est une interactivité des techniques pour donner corps à l’œuvre. L’autre point commun est l’espace.
Celui de la nature, objet d’immensité, mais dont l’artiste ne montre
qu’une parcelle et qui suffit à imaginer les plis du monde et sa totalité.
Pierre-Jean Sugier, directeur de la Fondation Fernet-Branca 

Jean Luc TARTARIN, série ENTRE(S), #82, 180 x 222 x 5.4 cm, 2015

Jean Luc Tartarin
C’un ensemble inédit de grandes pièces couleur des séries Entre(s) 2004-2016 et Re-prendre, 2017-2019.
En contrepoint, un choix de pièces anciennes, épreuves argentiques noir et blanc, extraites d’Arbres 1983-1988, permettent d’appréhender un processus créatif singulier et constant.

Inventer de nouvelles formes et bousculer les protocoles liés à la pratique photographique sont les axes qui animent et motivent les images des séries Entre(s) 2004-2016 et Re-prendre, 2017-2018.


Tout en restant dans l’épaisseur des choses et du temps dont parle justement Régis Durand dans son texte introductif aux images constituant les séries Arbres, et après un temps long passé à l’étude du paysage, dans une écriture très photographique, traversée par la peinture (Grands Paysages 1997-2005), il va s’agir pour le photographe, avec Entre(s), de modifier la mécanique des images et la description objective. En provoquant ce qu’il nomme des accidents et en perturbant le temps de capture nécessaire à absorber le réel, afin de le transformer en une matière malléable. Si la forêt reste indéniablement l’atelier du photographe et son motif premier, faire l’image rentre désormais dans un nouveau processus : il s’agit d’éprouver la plasticité de la photographie et d’explorer les territoires de la picturalité avec les nouveaux outils numériques.

Jean Luc TARTARIN,

Le bruit numérique et les artefacts des pixels, dont les couleurs, générées sur un mode aléatoire, sont en mutation, créent une matière picturale.
Cette picturalité offre à l’artiste de nouvelles potentialités, pour le moins surprenantes, dans le plaisir et la jubilation de faire œuvre.

L’accumulation des couches, qui s’agglomèrent, offrent une épaisseur, une matière propre, jusqu’à la forme voulue, qui affirme ainsi, parfois jusqu’à l’excès, sa puissance esthétique.

Faire l’image, c’est aussi prendre appui et se laisser guider, face à un bloc de sensations, un condensé d’expériences et de mémoire. Savoir l’œuvre là, déjà présente dans son format, sa matière propre, et donner au regardeur à éprouver cette nouvelle perception.

Saisi sur le motif, dans la forêt, à l’atelier ou emprunté au vaste lexique des images des pionniers de la photographie, comme dans Re-prendre, (notamment Fontainebleau #3, 2017) le photographique s’inscrit dans ce Tout de Nature, les plis du monde et sa totalité.

À PROPOS DE JEAN LUC TARTARIN

Jean Luc Tartarin est né à Metz en 1951. Il vit et travaille dans la proche région de Metz. Autodidacte, il est lauréat du Prix Niepce à 20 ans en 1971, en présentant un ensemble d’images en noir et blanc qui surprennent par leur maturité. En 1972 à l’école des Beaux-Arts de Metz, il devient le premier professeur de photographie dans une école d’art en France. Fonction qu’il a occupé jusqu’en 2013.

Juliette Jouannais

Juliette Jouannais, née en 1958 est une artiste qui vit et travaille à Paris.
Elle est diplômée de l’ENSBA Paris en dessin et sculpture ; matières qu’elle enseigna par la suite à l’école d’art de Rueil Malmaison. Elle y créa un atelier de céramique en 1986 à l’ouverture de l’école jusqu’à sa fermeture en 2011.

Elève de l’artiste César, celle-ci développe un travail empreint de légèreté et de féminité construit de formes poétiques. L’utilisation de médiums éclectiques, passant de découpage en papier, PVC, métal, ou céramique anime l’espace de pleins et de vides. Ses œuvres sont présentées sur des surfaces planes ou sous la forme de structures architecturales.

Sorte d’héritage de sa mère peintre et son père architecte, ses compositions découlent d’un va et vient entre la couleur et le dessin créé par la découpe.

Cette réflexion architecturale omniprésente est étudiée par l’artiste dès son passage aux Beaux-Arts de Paris où elle interrogeait l’architecture de la forme dans le cadre de ses cours de modèle vivant.

Des dentelles de papier aux motifs organiques et végétaux sont créés à partir de ces délicates découpes, en faisant échos aux compositions d’Henri Matisse dans leurs formes et teintes fauves.

Le processus de création des œuvres découpées de Juliette Jouannais débute par un travail intuitif de la couleur. En revanche, son travail n’est pas le fruit du hasard, mais bien celui d’une construction pensée, harmonieuse. Son étude de la couleur est de l’ordre de l’abstraction, éloignée de la pure recherche d’illustration. Pour les suspensions monumentales en PVC couvertes d’un aplat de couleur unie, l’artiste créé un dessin qu’elle vient ensuite découper en un seul et unique morceau.

Des fils de nylon permettent ensuite de les suspendre dans l’espace. Cette mise en espace engendre une forme de tension à l’intérieur des pièces.

A contrario, la première étape de création de ses sculptures est consacrée à la forme de l’œuvre qui est constituée en amont, renvoyant la couleur à un plan secondaire par un soucis de logistique.

Juliette Jouannais

« …D’évidence, les rapprochements entre le décoratif selon Matisse, le baroque trans-historique de Deleuze, et le minimalisme, sont audacieux. C’est justement cette audace qu’il me semble important de souligner, afin de restituer l’ampleur du geste de J. Jouannais, en le replaçant dans le champ des interrogations contemporaines. En effet, sous des dehors de légèreté et de modestie, il importe de prendre acte de cette greffe courageuse et inédite qu’elle opère. En reprenant à son compte la critique minimaliste de l’objet-chef d’œuvre, qui affirme l’identité de l’art dans ces procédures, J. Jouannais rejoue le retournement de l’œuvre sur son pur dehors qui se dégage de tout idéalisme.

A l’instar des grandes figures de l’art minimal, elle se prémunit de tout effet de fascination, vidant l’œuvre de sa part de mystère, lui préférant l’ombre d’un éblouissement dans le tout visible. Pourtant, elle reste attentive à ne jamais faire tout à fait sienne l’affirmation de la seule façade, qui a pu parfois enfermer le minimalisme dans une raideur hiératique, parfois presque tyrannique. Au contraire, suturant sur le travail de façade la ligne décorative jouissante, qui ramène l’œuvre à l’échelle du corps, elle s’inscrit sur le territoire de la désobéissance et de la fluidité du désir. L’enjeu décoratif se révèle alors dans toute sa charge transgressive et subversive, ouverte sur la réinvention illimitée de la danse des corps. Ce qui, par un joli retournement typiquement baroque, est la meilleure façon de rendre l’œuvre insaisissable, voire, inconsommable. »
Stéphanie Katz, extrait du catalogue monographique Juliette Jouannais

INFORMATIONS PRATIQUES

Fondation Fernet-Branca 2, rue du Ballon 68300 Saint-Louis

fondationfernet-branca.org Instagram @fernetbranca Facebook @fernetbranca68

Horaires d’ouverture :
du mercredi au dimanche de 13h à 18h

Accès :
Aéroport Bâle/Mulhouse (à 5 minutes)
SNCF Autoroute A35
La Ville de Bâle est à 5 minutes de Saint-Louis.
Arrêt de bus « Carrefour Central / Croisée des Lys »
(à 3 minutes du musée) – direction Bâle station « Schifflände »

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La peinture figurative de Piet Mondrian

Piet Mondrian, Ferme près de Duivendrecht, 1916 © Kunstmuseum Den Haag, The Hague, the Netherlands

Jusqu’au 26 janvier 2020 au musée Marmottan Monet
Commissariat : Marianne Mathieu, Directeur scientifique du  musée Marmottan Monet
Scénographie :  Anne Gratadour

composition n°IV/6 , la première toile  vue par Salomon Slijper 1914

Etonnant et surprenant, je n’en connaissais que les toiles abstraites.

La peinture figurative de Piet Mondrian (1872-1944) est longtemps restée méconnue. Pourtant, celui qui se distingue aujourd’hui comme le plus important collectionneur de l’artiste, Salomon Slijper (1884-1971) s’est passionné pour cet aspect longtemps oublié de son œuvre. Ayant rencontré le maître aux Pays-Bas pendant la Première Guerre mondiale, ce fils de diamantaire d’origine amstello-damoise réunit un ensemble unique de peintures et de dessins de l’artiste avec lequel il se lie d’amitié. Mondrian procède lui-même à la sélection d’une suite représentative de sa production exécutée entre 1891 et 1918, enrichissant l’ensemble de quelques pièces abstraites ultérieures ; la majorité des acquisitions ayant lieu entre 1916 et 1920.

Le soutien que Slijper apporte au peintre est de taille. A une époque où Mondrian ne parvient pas à vivre de son travail et fait des copies au Rijksmuseum pour joindre les deux bouts, les achats en nombre de son mécène lui permettent de financer son second séjour à Paris en juin 1919.
Le devenir de la collection Slijper n’est pas sans rappeler l’héritage de Michel Monet qui est l’un des fleurons du musée Marmottan Monet.
Comme le fils de l’impressionniste, Slijper est resté sans enfant. Comme ce dernier, Slijper a institué un musée, le Kunstmuseum de La Haye, son légataire. Comme le fonds Monet, la collection Slijper constitue le premier fonds mondial de l’œuvre de l’artiste.
Musée de collectionneurs ayant vocation à apporter un éclairage sur le rôle des amateurs dans la vie des arts, le musée Marmottan Monet a noué un partenariat exceptionnel avec le Kunstmuseum de La Haye pour organiser une exposition totalement inédite rendant hommage à Slijper et au Mondrian figuratif à travers la présentation de peintures et de dessins majeurs provenant exclusivement de la collection de l’amateur. La moitié des œuvres sont exposées pour la première fois ensemble, aucune n’a été montrée en France depuis plus de 20 ans.

Piet Mondrian, Ferme à Duiventdrecht, vers 1905 © Kunstmuseum Den Haag, The Hague, the Netherlands

PEINDRE DANS LA TRADITION (1898-1906)
Salomon Slijper apprécie particulièrement l’œuvre de jeunesse de Mondrian. Ses premiers paysages rappellent l’école de La Haye, un groupe de peintres néerlandais influents, recherchés des amateurs locaux et dont la démarche rejoint en partie celle des français de Barbizon. Les motifs du moulin et de la ferme à Duivendrecht, un village proche d’Amsterdam, s’imposent durablement dans l’œuvre du peintre et révèlent, à travers leur composition épurée, un intérêt précoce pour les horizontales et les verticales. Captés au crépuscule ou par temps de brume, ces « paysages atmosphériques » se distinguent par une palette sourde qualifiée, à l’instar de celle de ses ainés, de « peinture grise ». Les très petits formats sont considérés par l’artiste comme ses œuvres les plus personnelles. A travers ses panneaux, Mondrian ne cherche pas à dépeindre un instant précis mais l’expérience spirituelle de la nature. Bien que proche du motif, ces toiles dites « paysages intérieurs » attestent dès ses débuts de la démarche intellectuelle du peintre.

Piet Mondrian, Moulin dans le crépuscule, vers 1907-1908 © Kunstmuseum Den Haag, The Hague, the Netherlands

VERS LA MODERNITÉ : LE CHOIX DE LA COULEUR (1907-1908)
Vers 1907-1908, Mondrian aborde un tournant décisif. Si la palette sombre et nuancée des premières années est encore visible dans des toiles comme Paysage de soir Le Gein, Champ avec arbres au crépuscule, Arbres au bord de l’eau, Le Gain : arbres au bord de l’eau, Mondrian opte bientôt pour des couleurs pures, vives, fortement contrastées et posées en aplat. Grand Paysage et Moulin dans le crépuscule en sont les exemples les plus probants. Ils témoignent de considérations nouvelles de l’artiste pour qui
« les couleurs de la nature ne peuvent être imitées sur la toile ». Cherchant par ce biais à rendre compte de l’essence même de la nature (et pas seulement de sa perception), il se détache du visible et rompt avec les couleurs naturalistes. Il est dorénavant considéré comme un peintre moderne.

Mondrian Théosophe

MONDRIAN THÉOSOPHE
En 1909, Mondrian rejoint la société théosophique fondée en 1875. Cette dernière s’appuie sur les religions orientales, la philosophie et la science dans le but d’atteindre la vérité inhérente à toute chose. Particulièrement animé par ces principes, le comportement de Mondrian frappe son entourage qui décrit, non sans ironie :
« ce dingue de Mondrian dans la position du Bouddha au beau milieu
de la plage
» (Charley Toorop).
Il est probable que son changement d’apparence soit lié à la théosophie. Il adopte le genre bohème : se fait pousser la barbe et porte un collier de perles ainsi que des chemises froissées aux manches retroussées. Trois saisissants autoportraits au fusain datent de cette période. Mondrian se concentre sur son visage. Dans le plus grand, cerné de noir, sa face semble flotter telle une apparition. Le cadrage des deux autres est plus serré : l’un enserre rigoureusement le visage, l’autre ne donne à voir que son regard perçant
et habité. Ces effigies annoncent son œuvre symbolique.

Piet Mondrian, Bois près d’Oele, 1908 © Kunstmuseum Den Haag, The Hague, the Netherlands

LUMINISME (1908-1911)
A partir de 1908, Mondrian trouve un nouveau procédé pour traduire ses aspirations théosophiques. Sous l’impulsion du peintre Jan Toorop, il se tourne vers les écoles européennes : symbolistes, divisionnistes et fauves alors peu connues en Hollande. Mondrian en donne une interprétation libre érigeant la profusion de la lumière au rang de sujet, c’est le luminisme. Dans Bois près d’Oele ce sont les rayons perçant à travers les nuages qui embrasent le bois. Dans Dévotion, l’embrasement est lié au dessin en méandre : traduction de l’état d’esprit de la petite fille en prière et dans Moulin dans la clarté du soleil, il résulte d’une frappe frontale. À travers ces différents procédés, Mondrian exalte la couleur et son rayonnement – un principe ayant pour objectif de rendre visible le spirituel dans l’art. Pour Mondrian, la notion de « rayonnement » s’impose dès lors comme le critère propre à définir la beauté d’une toile, qu’elle soit figurative ou abstraite…

LE CUBISME EN QUESTION : FIGURATION OU ABSTRACTION ? (1910-1911)
Vers 1910, Mondrian découvre à travers des comptes-rendus d’expositions le cubisme. Il n’a pas encore vu l’œuvre de ses peintres pourtant leur influence est immédiate. Le néerlandais interprète librement ses lectures. Ainsi, tout en restant figuratif, ses formes évoluent. Elles sont plus simples, géométriques et monumentales comme en témoignent deux des plus grands formats qu’il ait jamais peints : Clocher en Zélande et Moulin. Les couleurs – toujours vives, contrastées et posées en aplat – tracent à présent des formes angulaires qui animent l’arrière plan de ses tableaux. En 1911, il est enfin confronté aux toiles de Braque et Picasso à Amsterdam d’abord puis à Paris où Mondrian séjourne pour la première fois. À 40 ans il aborde un tournant majeur. C’est le début de l’abstraction. À l’exemple des français, il adopte leur palette d’ocres gris et renonce un temps aux couleurs éclatantes. Les formes se fragmentent et se géométrisent. Toutefois, Mondrian s’inspire toujours du réel et ses motifs restent identifiables. Ainsi, l’arbre s’impose – aux côtés de rares figures et de paysages – comme son motif de prédilection.

ABSTRACTION ET FIGURATION : UNE COEXISTENCE PACIFIQUE (1913-1919)
En 1913, à Paris, ses recherches s’intensifient. Sa palette évolue vers des gris bleuâtres, ocres flous et magentas amortis. Ses toiles deviennent de plus en plus abstraites et s’organisent autour d’un réseau de verticales, horizontales et obliques. Mondrian procède à une simplification extrême des formes, peint des suites de lignes, réduit ses motifs à l’essentiel. Pour autant, il n’oppose pas figuration et abstraction. Ses toiles « cubistes » sont toujours inspirées du réel. Mondrian peint à Paris à partir de croquis naturalistes qu’il a réalisés au Pays-Bas ou s’inspire du motif nouveau que lui offrent les façades des immeubles parisiens. Vers 1916-1917, il n’hésite pas à renouer avec le style naturaliste.

Moulin de Blaricum
A la demande de Slijper, Mondrian exécute cette exceptionnelle suite représentant le Moulin de Blaricum, le village où réside son mécène. De même, il reprend le motif de Ferme à Duivendrecht qu’il avait traité pour la première fois au début du siècle.

Exposition musée Marmottan vue

VERS LE NÉOPLASTICISME (1919)
En 1919, Mondrian produit ses premières œuvres purement abstraites. Ces peintures ne s’enracinent plus dans le réel : ni l’arbre, ni la façade n’offre un point de départ à son travail. La démarche de Mondrian est purement spirituelle. Sur des toiles au format proche du carré, il trace des damiers colorés. Le rythme et le rayonnement émanant des lignes et des couleurs définissent un vocabulaire pictural nouveau – le néoplasticisme – dont l’objectif est de révéler « la beauté absolue », « l’essence de toutes choses » un principe auquel l’artiste est attaché depuis ses débuts. À ce stade de sa carrière, Mondrian a formalisé la théorie qui l’élève aujourd’hui au rang de père de l’abstraction. Pour autant, lorsqu’il entreprend son autoportrait en 1918, il ne fait pas voler son image en éclat. Il reste fidèle à la tradition naturaliste et au genre établi du portrait d’artiste posant en buste devant l’une de ses toiles en damier. Mondrian peint la rencontre de la figuration et de l’abstraction.

Piet Mondrian, Composition avec grille 8 : composition en damier aux couleurs foncées, 1919 © Kunstmuseum Den Haag, The Hague, the Netherlands

PEINDRE UNE FLEUR CHAQUE JOUR
La fleur est sans doute l’unique motif que Mondrian aborde sa vie durant, sans interruption. Ne parvenant pas à vivre de la vente de ses toiles néoplasticistes – combinaisons de verticales et d’horizontales noires et d’aplats de couleurs primaires – il produit des dessins de fleurs que ses amis – tel Slijper – proposent à une clientèle d’amateurs férue de tradition. C’est le cas par exemple de cette suite de Chrysanthèmes, invendue à une loterie organisée pendant la Première Guerre mondiale et rentrée après coup dans la collection de Slijper. Outre ces œuvres destinées au marché, Mondrian – à la manière d’un musicien qui commence sa journée en faisant ses gammes – peindra chaque matin des aquarelles florales. Rose dans un verre et Deux roses appartiennent à cet ensemble et illustrent, si besoin est, le rôle clé de la figuration dans l’œuvre de Mondrian que l’on ne saurait résumer à une stricte évolution allant du gris à la couleur et de la figuration à l’abstraction.


Piet Mondrian, Rose dans un verre, après 1921 © Kunstmuseum Den Haag, The Hague, the Netherlands

Musée Marmottan
Adresse
2, rue Louis-Boilly 75016 Paris
Site Internet www.marmottan.fr
Accès Métro : La Muette – Ligne 9 RER : Boulainvilliers –
Ligne C Bus : 32, 63, 22, 52, P.C.1
Jours et horaires d’ouverture
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h
Nocturne le jeudi jusqu’à 21h Fermé le lundi, le 25 décembre,
le 1er janvier et le 1er mai

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Hans Baldung Grien – artiste d’exception de la Renaissance

Hans baldung Grien, Margrave Christophe von Baden et sa famille, 1510

La grande exposition du land de Bade-Wurtemberg présentée à la Kunsthalle de Karlsruhe est la première rétrospective consacrée à
Hans Baldung Grien depuis soixante ans.

Sacré Profane, ouverte jusqu’ au 8 mars 2020.

Avec le soutien du land de BadeWurtemberg, le musée consacre à nouveau à cet artiste d’exception de la Renaissance une  grande exposition intitulée Hans Baldung Grien, Sacré Profane.

                               le déluge 1516

Hans Baldung Grien (1484/85–1545) nous a laissé un œuvre personnel, voire excentrique, qui reflète les bouleversements de son époque, caractérisée par la Réforme protestante, sa furie iconoclaste et la guerre des Rustauds. La créativité de Baldung s’est articulée sur deux pôles complémentaires : d’une part le sacré, avec plusieurs retables monumentaux, des vitraux remarquables et des tableaux religieux ; d’autre part le profane, avec des œuvres illustrant des sujets de l’Antiquité ou contemporains de l’artiste, ainsi que des portraits rendant le caractère du modèle, des œuvres assez mystérieuses commanditées par des humanistes et des nus sensuels figurant aussi bien des sorcières que le péché originel.

Né probablement à Schwäbisch Gmünd dans une famille cultivée en contact avec les cercles humanistes de l’époque, ayant grandi ensuite à Strasbourg, Baldung se distingua en choisissant de devenir artiste et de partir à Nuremberg pour rejoindre l’atelier d’Albrecht Dürer. Durant ce temps de formation, il s’inspira largement de son maître tout en affirmant son propre style. Il s’installa ensuite à Strasbourg puis partit pour Fribourg-en-Brisgau où il créa une œuvre majeure : le maître-autel de la cathédrale. Revenu à Strasbourg en 1517, il y fut très productif, y connut le succès et y resta jusqu’à sa mort en 1545.

Cette exposition se veut aussi exhaustive et diversifiée que possible. Les quelques deux cents œuvres de Baldung qui y sont présentées incluent soixante-deux tableaux et treize vitraux et se complètent par une cinquantaine d’œuvres dues à des artistes tels que Dürer, Cranach et Schongauer, ceci afin de replacer l’artiste dans le contexte historique, artistique et intellectuel dans lequel il évolua.

« Les œuvres de Hans Baldung Grien comptent parmi les principales
pièces de la collection de la Kunsthalle de Karlsruhe depuis la fondation
du musée »
,
a déclaré Winfried Kretschmann, ministre-président du land de Bade-Wurtemberg.

Estimant que la Kunsthalle avait réalisé un travail remarquable autour de l’artiste, il a ensuite ajouté :
« Ses œuvres restent fascinantes à plus d’un titre, notamment parce qu’elles abordent aussi bien des thèmes religieux que des sujets sensuels en prise directe avec la vie humaine. Hans Baldung Grien a ainsi su rendre la rudesse de son temps d’une manière à la fois précise et troublante. Au cœur de son œuvre se trouve la volonté d’exprimer les contradictions de son époque tout en ouvrant
de nouveaux horizons.
»

Petra Olschowski, secrétaire d’État au ministère de la Science, de la Recherche et de la Culture du land, a par ailleurs indiqué :
« La Kunsthalle de Karlsruhe possède une des plus riches collections d’œuvres de Baldung. On y trouve notamment le Tableau du margrave datant de 1510, qui a été restauré récemment et revêt une grande importance pour l’histoire du pays de Bade, ainsi que trois fragments du tableau Loth et ses filles, une œuvre quasiment inconnue jusqu’à présent, qui vient tout juste d’être achetée par le land avec le soutien d’une personne privée et de deux Fondations (Museumsstiftung Baden-Württemberg, Ernst-von-SiemensKunststiftung) et peut ainsi être présentée dans l’exposition. »

Madame Olschowski aussi indiqué que c’était un bonheur que la Kunsthalle ait pu faire cette acquisition, avant d’ajouter :
« Il est très intéressant pour le Bade Wurtemberg que le public puisse apprécier ces œuvres remarquables, alors qu’elles sont exposées avec d’autres illustrant toutes les périodes de la carrière de l’artiste. »

La professeure Dr Pia Müller-Tamm, directrice de la Kunsthalle, a déclaré de son côté :
« Baldung nous a laissé un œuvre très diversifié, à la fois pieux et édifiant, sombre et magique, érotique et intellectuel. L’exposition met en relief le talent de cet artiste sensible, réfléchi et maîtrisant la mise en scène, qui évolua avec aisance parmi les grands thèmes abordés par les savants de son époque. C’est ainsi qu’il faut comprendre le sous-titre de l’exposition, « SacréProfane », qui vise non pas à suggérer la dichotomie mais plutôt à mettre en valeur les zones d’ombre et la polysémie de ces œuvres qui, pour nombre d’entre elles, sont à la fois sacrées et profanes. »

Quant au Dr Holger Jacob-Friesen, le commissaire de l’exposition, il s’est exprimé ainsi :
« Baldung était un artiste sensible et réfléchi qui, par conséquent, a su créer des œuvres qui font appel à notre sensibilité et nous donnent à réfléchir. Il aborde des questions fondamentales avec ces œuvres d’une grande profondeur qui nous confrontent aux abîmes de l’existence, à l’amour et à la mort, à notre devenir et à notre disparition, à la joie et à la douleur. Baldung, ainsi, nous parle de la vie ici bas et dans l’au-delà, de la colère de Dieu et de la miséricorde du Christ, et du démon qui sommeille en chacun de nous. »

Le Dr Martin Hoernes, enfin, secrétaire-général de la Fondation Ernst-von Siemens-Kunststiftung, a pour sa part déclaré :
« Depuis de longues années déjà, notre Fondation apporte son soutien à la Kunsthalle de Karlsruhe pour ses programmes de conservation, de recherche et de développement de sa collection d’œuvres de Hans Baldung Grien. Nous avons ainsi débloqué près     d’un demi-million d’euros pour la grande rétrospective, la restauration du Tableau du margrave et l’acquisition de Loth et ses filles. Ces trois opérations correspondent à l’intention d’Ernst von Siemens, qui fut à l’origine de notre Fondation et avait à cœur de contribuer à la préservation et à la présentation au public des œuvres d’art d’exception. C’est pour nous une triple source de satisfaction lorsqu’un projet d’exposition s’accompagne ainsi d’une restauration et d’une acquisition. »
Citons pour terminer le professeur Dr Markus Hilgert, secrétaire-général de la fondation Kulturstiftung der Länder :
« Il est bon, louable et réjouissant que la Kunsthalle de Karlsruhe ait organisé une grande exposition reflétant les quarante années de la carrière de Hans Baldung Grien. Divers progrès ont été faits récemment dans la recherche relative à ce grand artiste de la Renaissance et il était important d’en informer le public dans le cadre d’une rétrospective de ce type. »

L’exposition Baldung inclut quelque 170 œuvres prêtées par des organismes et collections d’Allemagne et de divers pays étrangers (Rijksmuseum, Amsterdam ; Kunstmuseum Basel ; Staatliche Museen zu Berlin ; Gallerie degli Uffizi, Florence ; Museo Thyssen-Bornemisza, Madrid ; Bayerische Staatsgemäldesammlungen, Munich ; Metropolitan Museum of Art, New York ; Germanisches Nationalmuseum, Nuremberg, etc.).
À ces œuvres viennent s’ajouter celles de Baldung et d’autres artistes du début des Temps Modernes faisant partie de la collection de la Kunsthalle.

Le Dr Holger Jacob-Friesen a bénéficié du soutien du Dr Julia Carrasco, son adjointe, et du Dr Johanna Scherer, stagiaire.

La grande exposition Hans Baldung Grien. Sacré  Profane est placée sous le patronage de Messieurs Winfried Kretschmann, Ministre-président du land de Bade-Wurtemberg, et Jean Rottner, Président du conseil régional du Grand Est. Elle a bénéficié du soutien du land de Bade-Wurtemberg, de la Région Grand Est et de diverses fondations (Ernst von Siemens Kunststiftung, Kulturstiftung der Länder, Erzbischof Hermann Stiftung). Le principal sponsor est la L-Bank, la banque du land de Bade-Wurtemberg
La création de l’Homme

Adresse
Staatliche Kunsthalle Karlsruhe
Hans-Thoma-Strasse 2–6
76133 Karlsruhe, Allemagne

Horaires
Du mar. au dim. et les jours fériés, de 10h à 18h 1er janvier 2020, de 13h à 18h 6 janvier 2020, de 10h à 18h Fermé le lun. (sauf jour férié) et le 25 février 2020

Tarifs Normal 12 Euro, réduit 9 Euro / scolaire 3 Euro Groupe : 9 Euro par personne (sur réservation, groupe de dix personnes au minimum)
Passmusées

Accès
Depuis la gare centrale, tram n°3 direction Heide
Arrêt Europlatz

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Sommaire du mois de novembre 2019

Léonard de Vinci, exposition du Louvre, reconstitution des couleurs de la Cène

26 novembre 2019 : Du Douanier Rousseau À Séraphine, Les Grands Maîtres Naïfs
22 novembre 2019 : Yan Pei-Ming / Courbet Corps-À-Corps
20 novembre 2019 : ST-ART 2019
15 novembre 2019 : Boltanski – Faire Son Temps
09 novembre 2019 : Greco
04 novembre 2019 : Toulouse-Lautrec Résolument Moderne
01 novembre 2019 : Len Lye – motion composer

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Du Douanier Rousseau à Séraphine, les grands maîtres naïfs

Jusqu’au 19 janvier 2020 au Musée Maillol

Le Musée Maillol accueille plus d’une centaine d’oeuvres issues du monde passionnant, rêveur, insolite et inépuisable des artistes dit « naïfs ». Appelés « primitifs modernes » par l’un de leurs fervents défenseurs, le collectionneur et critique d’art Wilhelm Uhde (1874-1947), ces artistes renouvellent la peinture à leur manière, à l’écart des avant-gardes et des académismes. Réunies pour la première fois à Paris, leurs oeuvres aux couleurs éclatantes livrent un pan souvent négligé de l’histoire de l’art de l’entre-deux guerres.

Sur les pas d’Henri Rousseau et de Séraphine Louis, l’exposition vise à révèle une constellation d’artistes tels qu’André Bauchant, Camille Bombois, Ferdinand Desnos, Jean Ève, René Rimbert, Dominique Peyronnet et Louis Vivin.

Autodidactes, comme le Douanier Rousseau qui les précède, ils sont venus à l’art en secret ou sur le tard, mus par une vocation contrariée, une injonction divine ou par l’Histoire. Par nécessité, ils ont concilié leur pratique artistique avec une profession souvent modeste : cantonnier, employé de maison, lutteur de foire, imprimeur ou fonctionnaire des postes. S’ils ne se connaissent pas, certains exposent aux Salons, d’autres sont vus et soutenus par des amateurs influents. On trouve parmi ces derniers André Breton, Pablo Picasso, Vassily Kandinsky, Le Corbusier, Henri-Pierre Roché, Maximilien Gauthier, Wilhelm Uhde, Jeanne Bucher, Anatole Jakovsky et Dina Vierny, fondatrice du Musée Maillol.

Issue d’une famille juive de Bessarabie émigrée en France dans les années 1920, modèle de Maillol et de Matisse, résistante dès les débuts de la guerre, Dina Vierny découvre la peinture d’André Bauchant chez Jeanne Bucher pendant l’Occupation. Encouragée par la galeriste, la muse ouvre sa propre galerie en 1947, puis la Fondation Dina Vierny – Musée Maillol, bien plus tard, en 1995. Elle y présente les artistes de son goût, parmi lesquels Vassily Kandinsky, Serge Poliakoff et Bauchant lui-même.

            André Bauchant, la boucherie

Après la guerre, une nouvelle rencontre joue un rôle décisif dans son parcours : celle d’Anne-Marie Uhde, qui lui cède la collection de son défunt frère Wilhelm. En organisant deux expositions mythiques,
« Les Peintres du Coeur-Sacré » en 1928 et « Les Primitifs modernes » en 1932, Wilhelm Uhde a réuni pour la première fois des artistes qui s’ignoraient. Après la guerre, Dina Vierny est l’une des seules, avec Anatole Jakovsky, à poursuivre le travail de cet amateur de la première heure : l’exposition
« Le Monde merveilleux des naïfs », présentée à la galerie en 1974, en témoigne. Près de cinquante ans après, le Musée Maillol rend hommage à ces artistes comme à ceux qui les ont défendus.

Louis Vivin

Rousseau, Bauchant, Bombois, Desnos, Ève, Louis, Rimbert, Peyronnet et Vivin
partagent un regard ébloui et un lyrisme détonnant. Bien qu’on ait pu les qualifier de réalistes, leurs oeuvres montrent des espaces disjoints, des scènes troublantes, des images mentales où l’obsession du détail atteint souvent une dimension extravagante et même surréelle. Comme les peintres primitifs de la pré-Renaissance, ils inscrivent leurs figures dans des espaces à plusieurs plans sans appliquer strictement les règles de la perspective. Et à rebours des avant-gardes, ils perpétuent une certaine tradition picturale, parfois renouvelée avec humour, en se consacrant essentiellement à la peinture de genre : natures mortes, scènes domestiques, paysages et portraits de leurs proches.

Mais leur extraction modeste ne les isole pas de la modernité, ni même de la scène artistique. À l’exception de Rousseau, ils sont nés dans les dernières décennies du XIXe siècle et ont vécu l’accélération de l’ère industrielle et le choc de la Première Guerre mondiale. S’ils ne fréquentent pas les écoles ou les ateliers de maîtres reconnus, la reproduction mécanique alimente leur imaginaire visuel : presse, ouvrages illustrés, catalogues et cartes postales constituent un
« monde en conserve » à leur entière disposition. Collages d’images mentales plutôt que représentations photographiques de la réalité, leurs oeuvres ont bien souvent cet effet d’ « inquiétant familier » que les surréalistes, à la même époque, aspirent à exploiter. Chacun à sa manière, les artistes réunis au Musée Maillol créent un ensemble original, riche de sensations et de souvenirs associés aux détails du monde, et dont le pouvoir de séduction va bien au-delà du charme de la maladresse technique.

L’exposition, à travers un parcours thématique, souligne les qualités picturales de ces artistes, va plus loin de l’anecdote biographique qui a longtemps constitué le seul commentaire disponible sur eux. Une sélection d’oeuvres étonnantes et à contre-courant, issues d’importantes collections publiques (Musée d’Orsay, Musée de l’Orangerie, Musée Picasso, Centre Pompidou, LAM, Kunsthaus de Zurich, Kunsthalle de Hambourg) et collections privées françaises et internationales, révèle la grande inventivité formelle de chaque artiste, sans dissimuler les dialogues qu’ils entretiennent avec la tradition picturale comme avec la création de leur temps.

Séraphine de Senlis

En croisant approches historique, analytique et sensible des oeuvres et de leur présentation au monde, le Musée Maillol lève le voile sur la dimension subversive de l’art dit naïf et présente ces naïfs, primitifs, modernes ou antimodernes, comme des grands artistes à contre-courant des avant-gardes.

Commissariat : Jeanne-Bathilde Lacourt, conservatrice en charge de l’art moderne au LaM, Musée d’art moderne, d’art contemporain et d’art brut de Lille Métropole.
Àlex Susanna, écrivain, critique d’art et commissaire d’expositions

Photo 2 : Séraphine de Senlis
Photo 6 : Camille Bombois
Photo 7 : Camille Bombois, fillette à la poupée
Photo 8 : Ferdinand Desnos, portrait de Paul Léautaud et ses chats

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