Gregory Forstner, Get in, get out. No Fucking around

 The Birthday Party – Le Cosmonaute, 2006

La Fondation Fernet-Branca invite cet été l’artiste Gregory Forstner, tout juste rentré en France après avoir vécu et travaillé dix années à Brooklyn, New York. Exposition jusqu’au 29 septembre 2019.

Gregory Forstner

Une exposition « qui a du chien », dit un de mes amis artiste.
Sommes-nous dans l’univers de George Orwell ? par moment on peut le penser.
En tous cas c’est l’émerveillement devant les dessins au fusain et l’explosion des couleurs expressionnistes de l’univers de Gregory Forstner. C’est l’histoire de l’art revisité.  Jérome Bosch, Otto Dix, James Ensor se mêlent dans une sarabande cauchemardesque, où l’ironie le dispute à la cruauté. Les tableaux de Gregory Forstner puisent  dans la culture populaire ainsi que dans sa mythologie personnelle. Ses grandes toiles nous toisent et
nous transforment en voyeur (regardeur).

je fais en sorte que la figure porte l’abstraction

Gregory Forstner

Ses compositions frappent d’emblée par leur impact visuel.
Son univers, où le rire n’est jamais très loin de l’effroi, où se croisent références aux grands maîtres du passé et emprunts à des illustrations en tous genres, dépeint une humanité grotesque, inquiète et cruelle. Pour ce faire, l’artiste use des subterfuges du masque, du déguisement, de la transposition, et les scènes les plus effrayantes prennent souvent des allures de fêtes, de massacres, des apparences de kermesses ou de carnavals. Peintes à larges coups de brosse, avec une fougue qui confine
quelquefois à une sorte de rage destructrice, ces images n’en demeurent pas moins de « beaux morceaux de peinture ». Et c’est en définitive la maîtrise picturale qui impressionne le plus ici, tant par ses fulgurances chromatiques, que par une implacable puissance de la touche.

Gregory Forstner

Tous ces personnages composent une sorte d’encyclopédie, un catalogue de figures ambivalentes dont Gregory Forstner en a fait son bestiaire personnel. Le zoomorphisme est très présent, qui attribue aux hommes des faciès de chiens ou de porcs.
Parmi une cinquantaine d’oeuvres réunies, peintures, estampes et dessins, la Fondation Fernet-Branca présente des pièces inédites issues de collections privées et publiques, jamais montrées ensemble auparavant et permettant de souligner les préoccupations conceptuelles et esthétiques de l’oeuvre de Gregory Forstner.
Le travail de Gregory Forstner se fait tout d’abord remarquer par ses figures de bouffons inspirées de gravures flamandes du XVIIe siècle et les contes d’enfants que l’artiste met en lumière sous un jour nouveau. Dans ses premiers tableaux, il reconsidère les personnages secondaires de peintures
iconiques en mettant l’accent sur leurs singularités. Le style est pictural, rétinal. Les personnages affichent ambivalence et ambiguïté.
Le bouffon, devenu figure de l’artiste, est le seul à oser dire la
vérité aux rois. Entre 2000 et 2006, parallèlement aux bouffons,
Gregory Forstner emprunte des figures emblématiques de la peinture qu’il recadre et à qui il donne de nouveaux rôles, tels que par
exemple Le Gentleman d’après Otto Dix, ou bien Le Cosaque d’après
Ilia Répine.

Gregory Forstner The Ship of Fools – Father and Son going Fishing, 2009

À partir de 2006, Gregory Forstner compose des mises en scène autour de tables de billard ou de poker, dont les protagonistes sont des figures animalières, personnages comiques de chiens et de bêtes inspirés des
illustrateurs américains Arthur Sarnoff et Cassius Marcellus Coolidge, illustrant une grande variété de postures et de situations humaines et faisant référence aux caricatures journalistiques. Certaines de
ses figures sont habillées en uniformes de soldats de la Wehrmacht et de SS, référence à son histoire familiale.
Gregory Forstner (né en 1975) se définit ainsi :
« je suis Autrichien, Français, Espagnol et né au Cameroun de grands-parents nazis d’un côté, et de l’autre, d’un grand-père qui a participé à la Résistance. »
On ne sort pas indemne d’une telle ascendance (qui, par sa mère, remonte à Xavier de Maistre).

Gregory Forstner Thanksgiving 3, 2016

À partir de 2008, Gregory Forstner commence à s’inspirer de son environnement à Bed-Stuy, Brooklyn, New York : son oeuvre se nourrit d’images populaires « pulp » comme d’illustrations du XIXe siècle sur
l’épopée américaine et la mythologie qui l’accompagne. Il s’intéresse aux Minstrels shows et donc à la figure Noire représentée par les Blancs, et fait cohabiter ces nouvelles figures aux caricatures animalières et au principe conceptuel du monde à l’envers. Certains titres de tableaux font
directement référence à la fable La Ferme des animaux de George Orwell.

Gregory Forstner The princess of bed Stuy 2

On ne sera pas étonné de lire que ce beau gosse aux talents multiples,
a été repéré à l’âge de onze ans par Luc Besson pour jouer le rôle d’Enzo Molinari (aka Enzo Maiorca), dans Le Grand Bleu. …
En Autriche, à Vienne sur les traces de ses origines paternelles, il travaille comme modèle vivant pour plusieurs écoles d’art, où il se fait remarquer par Christian Ludwig Attersee qui l’invite à travailler dans son atelier à l’Académie des Arts Appliqués (Hochschule für Angewandte Kunst). L’année suivante, il fait sa rentrée à la Villa Arson, l’école supérieure d’art de à Nice, où il rencontre Noël Dolla .
En 2014, Gregory Forstner est invité à présenter son travail au Collège de France lors du colloque La Fabrique de la Peinture

Gregory Forstner

« L’art est compensatoire. La peinture ne cherche pas à dire quelque chose. Il s’agit d’un moment. Il faut se pincer pour y croire ! Sans déconner, la peinture c’est rien d’autre que de se pincer pour y croire. Il y a l’Histoire et la petite histoire, mais en vérité, il s’agit toujours d’une sensation qui se dérobe pour se renouveler ailleurs et autrement. On se cache derrière les images des autres pour apparaître plus grand. Le reste c’est de la conversation »
Gregory Forstner

Fondation Fernet-Branca
2, rue du Ballon
68300 Saint-Louis
Horaires d’ouverture :
du mercredi au dimanche
de 13h à 18h

depuis l’incendie de la Pentecôte, Internet fonctionne très mal, et j’ai beaucoup de difficultés pour
écrire, modifier et publier

Sommaire du mois de juin 2019

Gregory Forstner, The Ship of Fools

La photo en exergue est issue de l’exposition de Gregory Forstner à la Fondation Fernet Branca
(billet à venir)
20 juin 2019 : Basim Magdy
17 juin 2019 : Elger Esser, MORGENLAND
13 juin 2019 : Art Basel 2019
10 juin 2019 : Céleste Boursier-Mougenot
08 juin 2019 : William Kentridge A Poem That Is Not Our Own
07 juin 2019 : Francisco de Goya de l’été 2020, Fondation Beyeler
05 juin 2019 : Rebecca Horn
01 juin 2019 : Helmut Federle

Basim Magdy

Un Paon et un Hippopotame se lancent dans un Débat Existentiel, une exposition monographique de Basim Magdy.
Jusqu’au 25 août 2019, à La Kunsthalle  de Mulhouse
commissaire : Sandrine Wymann

Le sujet du bac philo 2019
À quoi bon expliquer une œuvre d’art ?

A point nommé …
En un premier temps, je vais tenter de comprendre moi-même, à travers le texte de Sandrine Wymann

Un Paon et un Hippopotame se lancent dans un Débat Existentiel rassemble un ensemble de pièces inédites, des peintures, des photographies et des films. Les oeuvres colorées de Basim Magdy impriment nos rétines
durablement et nous forcent à considérer le monde tel qu’il nous entoure. L’artiste aborde des questions philosophiques majeures avec humour et dérision.

Attiré par les sciences, l’inexplicable, l’impressionnant, Basim Magdy reconnait par ailleurs un attrait pour la beauté des mots, la musicalité d’un son ou l’harmonie d’une gamme colorée. Artiste d’origine égyptienne, il a gardé de ses ancêtres le goût des grands projets. Que ce soit en peinture, en photographie ou en images filmées, Basim Magdy compose à partir de prélèvements du monde qu’il observe. Il extrait des images, il les façonne, les détourne comme un scientifique tente des expériences à partir du réel pour obtenir une réalité secondaire. Il obtient alors une nouvelle matière avec laquelle il questionne l’existentiel ou raconte une histoire plus personnelle.

Basim Magdy

D’entrée l’on est frappé, par la peinture, chose plus qu’inhabituelle à la Kunsthalle, avec ses murs impersonnels.
La peinture est majeure dans l’oeuvre de Basim Magdy. Qu’elle couvre
les murs ou soit oeuvre en soi, elle est une matière suffisamment
malléable pour se prêter aux expériences physiques qu’il mène.
Elle est d’abord couleur. La gamme colorée de Basim Magdy est vaste
et riche de fondus ou de juxtapositions. Il confronte largement les
tons, les rapproche pour les révéler et les mettre en dialogue avec ses
motifs narratifs.

Basim Magdy

La peinture est aussi repère. Basim Magdy introduit dans ses images,
qu’elles soient fixes ou animées, un principe de calques qui sont
autant d’étapes de sa recherche ou du développement de sa pensée.
En construisant ses peintures par des jeux de lignes et de repères,
il invite les spectateurs non pas à suivre le même processus mais à
s’emparer des interstices et y introduire leurs propres superpositions.
La peinture enfin est figuration. Les oeuvres peintes de Basim Magdy
ont une valeur narrative. Elles s’inscrivent dans un univers proche de
la science-fiction, l’homme y est souvent représenté dans une posture
de choix face à son futur. Il est en prise avec des espaces étranges, des
installations démesurées ou des situations incontrôlables qui relèvent
à la fois de l’imaginaire et du défi

L’exposition de Basim Magdy à La Kunsthalle Mulhouse prend
place entre deux films : 13 Règles Essentielles pour Comprendre le
Monde et New Acid. Entre les deux, l’artiste installe son monde qui
ne ressemble à aucun autre, dans lequel il brouille volontiers les
références et développe ses propres interrogations.
Tour à tour collectionneur, raconteur d’histoires et de fictions,
chercheur, manipulateur, chimiste, philosophe, Basim Magdy
accumule quantité de matières visuelles, d’objets et d’appareils en
tous genres. Il n’est pas un artiste reclus, plutôt un voyageur, un
observateur infatigable, un curieux de tout ce qui le relie à la vie. Il
faut imaginer dans son atelier des classeurs remplis d’images, des
étagères lourdes de pierres, de caméras et de divers instruments.
Ce ne sont pas des sujets en soi mais autant de ressources et de
matières pour formuler chacun de ses projets.

Basim Magdy

La  photographie est le medium qui relie directement
la pensée de Basim Magdy à la réalité du monde qu’il
arpente. Sur le mode de la collecte, il accumule des
images qui sont autant de matériaux dans lesquels il
puise au fur et à mesure de ses projets.
Les photographies grand format appartiennent à
une série avec laquelle il a expérimenté des procédés
chimiques.
Chaque image a subi une décoloration qui l’a tout à
la fois sublimée et altérée. C’est en réagissant à des
produits usuels, aussi ordinaires que du vinaigre, du
coca ou d’autres sodas que les images se sont transformées
et se sont révélées sous l’emprise de dominantes
colorées.
Chaque ensemble de la série Someone tried to lock
up Time est pensé comme une référence à une part
de l’Histoire méconnue, presque anecdotique que
les livres n’ont pas nécessairement choisi de retenir.
Sous forme de constellations, mettant en présence
un ensemble de photographies, Basim Magdy écrit
par l’image, parfois combinée aux mots, des poèmes
qui rendent hommage à des non-événements, à des
épisodes qu’il fixe pour leur beauté ou leur absence.

Basim Magdy

À la photographie, le film apporte l’animation que Basim Madgy utilise afin d’ouvrir davantage le champ de complexité des situations.
Il entremêle les récits, croise les images, superpose les techniques et obtient
des films qui se regardent comme des poèmes visuels.
Filmé en Super 8 puis transféré sur support numérique,
13 Essential Rules for Understanding the World,
se regarde comme un avant-propos à l’exposition.
En cinq minutes, l’artiste pose les fondements d’un travail
qui se déploie entre opinions fortes et absurdités.
Les images défilent lentement, une voix énonce en 13 points presque avec autorité, les règles à respecter si l’on veut s’accommoder du monde tel qu’il est. Sur une musique lente, peut-être inquiétante, ses recommandations se succèdent et fixent un ton entre humour et désillusion.

Basim Magdy

Pingpinpoolpong
À travers cette pièce, Basim Magdy réinvente le pingpong
et lui rajoute des niveaux de complexité. Aux règles traditionnelles,
chaque joueur peut introduire des obstacles qui viendront entraver
le jeu de l’adversaire. S’engage alors une partie dans laquelle
il faut accepter le hasard et l’échec, deux notions habituellement peu appréciées des joueurs.

L’artiste invite les visiteurs à poster sur Instagram des
photos, des vidéos, leurs règles ou nouvelles idées pour
le jeu avec le hashtag #dearbasim.

KUNSTDÉJEUNER
Vendredi 21 juin → 12:15-13:45
Visite suivie d’un déjeuner tiré du sac.
Gratuit, sur inscription
VISITE GUIDÉE
Dimanche 23 juin → 16:00
Entrée libre

KUNSTAPÉRO
Jeudi 4 juillet → 18:30 – 20:30
Des oeuvres et des vins à découvrir.
En partenariat avec Mulhouse Art Contemporain
et la Fédération Culturelle des Vins de France
Sur réservation, 5 € / personne

RENDEZ -VOUS TENNIS DE
TABLE – PERDU C’EST GAGNÉ !

Dimanche 30 juin  de 16:00 – 18:00
Venez pratiquer le tennis de table artistique ! L’oeuvre interactive Pingpinpoolpong est une drôle de table de jeu qui invite à célébrer l’échec et à embrasser le hasard. Ce rendez-vous sera une opportunité offerte
aux joueurs d’activer une pièce qui ne manque ni d’humour, ni de philosophie. Le public est bienvenu pour encourager les joueurs ! En rebondissant sur les valeurs de l’olympisme – excellence, amitié et respect
– ce rendez-vous réunira sur le terrain jeu et valeurs humaines.
En partenariat avec l’association Mulhouse Tennis de Table
Gratuit, sur inscription pour les joueurs (tout public initié à partir de 6 ans), entrée libre pour les spectateurs.

Pour la visite, munissez-vous de la brochure explicative, car à
La Kunsthalle, nom à consonance germanique, les cartels et
certains textes sont « in english », si vous n’avez pas fait anglais
en 1e ou 2 langue, ou téléchargé un traducteur sur votre smartphone,
vous êtes largué.

Horaires d’ouverture
Entrée libre
Du mercredi au jeudi → 12:00 – 18:00
Samedi et dimanche → 14:00 – 18:00
La Kunsthalle Mulhouse Centre d’art contemporain
La Fonderie 16 rue de la Fonderie
68093 Mulhouse Cedex
Tél : + 33 (0)3 69 77 66 47
kunsthalle@mulhouse.fr
www.kunsthallemulhouse.com

Elger Esser, MORGENLAND

Les photographies d’Elger Esser sont visibles jusqu’au 29 SEPTEMBRE 2019 à la Fondation Fernet-Branca de St Louis

Elger Esser

Elger Esser est né le 11 mai 1967 à Stuttgart. D’origine franco-allemande, il a passé son enfance à Rome. Entre 1986 et 1991, Elger Esser retourne en Allemagne et débute sa carrière en tant que photographe publicitaire. Il poursuit ses études à la Kunstakadémie de Düsseldorf, où il étudie la photographie avec le célèbre couple d’artistes Bernd et Hilla Becher. Influencé par leur travail, c’est en délaissant le principe de quadrillage (caractéristique des travaux du couple Becher) et en s’appropriant la photographie de paysages que Elger Esser se démarque de leur enseignement.

Elger Esser

Elger Esser a élaboré une œuvre photographique à contre-courant de la tendance générale : il reste fidèle aux techniques prénumériques et s’inspire à la fois des pictorialistes et des photographes paysagistes européens. Avec sa chambre photographique, il sillonne de nombreux pays, répertoriant des paysages intemporels. Ses photos, témoignages entre histoire et mémoire, sont inspirées par les écrits de Proust, Flaubert ou Maupassant. Si l’artiste privilégie la vision de paysages vierges, il n’évacue pas pour autant radicalement de son travail la figure humaine ou sa trace architecturale dans l’environnement.

Elger Esser

Elger Esser est particulièrement connu pour ses grandes photographies de paysages méditatifs. Pour ces paysages, l’artiste utilise principalement la technique de longue pose, permettant ainsi d’effacer la délimitation entre la terre, l’air et l’eau. L’horizon revient succinctement dans les photographies d’Elger Esser, entrecroisant le ciel et la terre, ils sont alors indifférenciés par les jeux de lumières naturels. Ces paysages étendus à l’horizon, avec l’emploi des couleurs douces, témoignent d’un sentiment de calme profond de par la beauté naturelle qui y émane.

Elger Esser

Aujourd’hui, l’artiste photographe franco-allemand tient sa place à côté des grands. Son oeuvre est présente dans les plus grandes collections telles qu’au Guggenheim à New York et au Rijksmuseum à Amsterdam. Il a notamment eu de nombreuses expositions personnelles comme celles à la Galleria d’Arte à Bologne, au Kunstverein à Hagen et au Herzog Foundation à Bâle. De même que l’on peut le trouver dans les grandes galeries à Art Basel

Elger Esser

Morgenland [Terre du matin] – et non « Orient » et encore moins « Proche Orient ». « Morgenland » est un terme ancien devenu obsolète, mais dont on retient la substance poétique. La mythique « Terre du matin », hors de laquelle Luther fait venir les sages dans sa traduction de la Bible. La terre promise dans laquelle les voyageurs ont marché, la terre des possibles pour les peintres, écrivains et photographes au cours du 19ème siècle.

Elger Esser

Elger Esser a également été attiré « vers le matin » : en 2005 au Liban, en 2011 en Egypte et en 2015 en Israël. Les images qu’il a rapportées contiennent à la fois – la poésie du regard occidental et la réalité d’aujourd’hui. Plongé dans la lumière du sable coloré, caractéristique des photographies d’Elger Esser, de toute évidence sans fin, l’horizon s’étire au-dessus de la totalité de la surface de l’image. Divisé avec l’eau, l’air et en bandes côtières lointaines, qui souvent apparaissent comme des mirages. L’impression du temps est néanmoins trompant : chaque cliché est intitulé avec l’année et le nom du lieu de son origine.

Elger Esser

Ces noms sont en partie emprunts d’histoire, et en partie révélateurs de la situation politique de l’époque – un jeu esthétiquement fascinant de la déception du passé, du mythe, du présent et à la recherche des racines communes.
2016
Prix d’Oscar Schlemmer
Vie et travail à Düsseldorf, Allemagne

Fondation Fernet-Branca
2, rue du Ballon 68300 Saint-Louis
fondationfernet-branca.org
Horaires d’ouverture :
du mercredi au dimanche de 13h à 18h
 Accès : Aéroport Bâle/Mulhouse (à 5 minutes)
SNCF Autoroute A35
La Ville de Bâle est à 5 minutes de Saint-Louis.
 Arrêt de bus « Carrefour Central / Croisée des Lys »
(à 3 minutes du musée) – direction Bâle station « Schifflände »

Les ART LUNCH DE LA FFB seront présents tout l’été, toujours dans la formule « Pause déjeuner au musée ». Pour la mise en appétit, le directeur parcourt les œuvres exposées avec son public, puis ils choisissent ensemble une œuvre comme support de discussion, avant de passer à la table des hors-d’œuvre, pour ne pas partager que de l’art, mais aussi des fruits, des légumes de saisons et des petits plats faits maison.

Le premier ART LUNCH DE L’ÉTÉ a lieu ce VENDREDI 21 JUIN, autour de l’exposition MORGENLAND – ELGER ESSER.

*Tarif 20 euros / Le prix comprend : l’entrée de la fondation + la visite guidée + lunch

Céleste Boursier-Mougenot

Jusqu’au 22 septembre 2019 à la Fondation François Schneider
Céleste Boursier-Mougenot  : LIQUIDE LIQUIDE voir la vidéo
du vernissage

Que d’eau, que d’eau ! non rien à voir avec la citation de Patrice de Mac Mahon,
Liquide, liquide est dans le droit fil, du sujet de prédilection de la
Fondation : le thème de l’eau.
Figure majeure de la scène artistique française et internationale, Céleste
Boursier-Mougenot répond à la carte blanche proposée par la Fondation
François Schneider.
Lartiste qui représentait la France à la Biennale de Venise en 2015, s’empare avec une poésie au couteau de l’entièreté du centre d’art et imagine in situ un ensemble d’installations visuelles et sonores qui déroute le visiteur. La circulation habituelle est inversée pour créer un parcours qui remonte des profondeurs du bâtiment à son faîte.
Les matières coulent, s’échappent, se répandent. Des terrasses de la fondation jusque dans ses entrailles, le verre, l’eau, le minéral sont déployés. À la fois minimale et sophistiquée, l’oeuvre de
Céleste Boursier-Mougenot, artiste et compositeur est une savante
fusion entre science et fiction.
Précurseur de rencontres improbables du Vivant avec des objets manufacturés qui peuplent notre monde et auxquels il accorde un supplément d’âme,
Céleste Boursier-Mougenot façonne ses oeuvres hybrides avec la
maîtrise d’un artisan et «l’irrationalité» d’un  ingénieur.
Il tire de son expérience dans le théâtre une mise en scène subtile
de l’espace. Estimant que trop de bruit visuel sape
l’expérience de l’écoute, il recompose une parade sensorielle et aérienne
au coeur du centre d’art, où le visiteur devient tour à tour funambule, baigneur, cosmonaute…
En choisissant pour titre Liquide Liquide, écho au fameux groupe post-punk New-Yorkais des années 1980, Céleste Boursier-Mougenot donne le ton à l’exposition estivale de la Fondation : vibrante, alternative et libre.

Marie Terrieux directrice de la Fondation et Céleste Boursier-Mougenot

Parcours de l’exposition :
Plex3
L’accès se fait par l’extérieur, en contrebas de la Fondation, en suivant un chemin parsemé de bulles blanches. Accueilli par un guide vous pénétrez dans un étrange couloir inondé, dans l’obscurité. Des images se déforment sur les murs, vos compagnons se détachent dessus en ombres chinoises, un son qui s’amplifie, un parcours accidenté . La promenade se veut oedipienne, introspective. Je n’ai pas du me sentir très à l’aise dans le ventre maternel, car je n’ai eu qu’une hâte de me sortir de ce mauvais pas, sans tomber dans l’eau et me fouler un membre.

Plex3

Le Piano oo
Céleste Boursier-Mouginot combine le fruit de ses expériences passées pour réaliser 00. Dans une lente chorégraphie en forme de 8 , la trajectoire du piano se dilate et se rétracte au fil du vent capté par une girouette (que vous apercevrez si vous allez jusqu’à la terrasse). Il résume le mouvement des bols de clinamen qui naviguent dans le bassin entre les 2 hémisphères. Ponctuée de pauses au gré desquelles des sons émis par la porcelaine sont rejoués en écho, au grand plaisir des enfants qui tentent de le suivre.

00.2019

la plage
20 tonnes de verre  calcin blanc et répartie s en couche de 5 cm, sur 300 m
C’est une étendue de verre transparent fixée au sol, telle des critaux, du sel pétrifiéou de minuscules morceaux de banquise éclatée. Ses éclats évoluent avec la lumière naturelles et les conditions climatiques. Jeu en tre le paysage intérieur et extérieur, pont entre les jardins et le bâtiment. Le visiteur est invité à y marcher (à ses risques et périls) pour écouter le crissement sous ses pas ou l’écho provoqué par son déplacement.
(talons aiguille déconseillés)

la plage Céleste Boursier-Mougenot

Clinamen : XVIIe siècle. Mot du latin classique clinamen signifiant « déviation, inclinaison », dérivé de clinare :
« incliner ». Dans le système d’Épicure et de Lucrèce, ce terme désigne la déclinaison d’un atome qui, tombant
dans le vide, se joint à un autre atome pour former un corps.
(Source : définition du Centre Nationale de Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL).
Sur la notion de déclinaison, thème central dans l’oeuvre de Céleste Boursier-Mougenot, clinamen questionne l’épuisement des possibilités d’un matériau. Fil conducteur de la pensée et de l’oeuvre de l’artiste, il interroge le dépassement de l’imagination et crée des dispositifs où les matériaux et les objets échappent à leurs fonctions.
clinamen v.6 se compose d’un grand bassin de 6,5 mètres de diamètre, empli d’eau avec un ensemble d’une centaine de récipients de porcelaine blanche immergés. Les bols évoluent sur la surface, s’entrechoquent et
tintinnabulent. L’installation captive les visiteurs et invite à la sérénité, au rêve. Sous l’effet d’un léger courant, les bols sont en mouvement. D’une simplicité apparente, le dispositif se substitue à une partition de musique.
Pivot central dans le bâtiment, les oeuvres et installations de Liquide Liquide s’articulent, se déclinent et se meuvent
en constellations de part et d’autre de cette géométrie parfaite.

clinamen

torrent, 2019.
Conçu en guise de fil conducteur à la promenade du visiteur, torrent serpente à travers les espaces du centre d’art et lie à la manière d’un cordon les oeuvres du parcours. L’eau chute du toit sur la terrasse extérieure, dans un grand bassin où le visiteur peut patauger et passer par une porte sur la mezzanine. L’eau coule à nouveau sous forme de cascade légère en léchant la grande vitre intérieure de la nef et se répand à chaque étage ainsi que dans les volées d’escalier. Tel un torrent de montagne, son chemin est ponctué d’accidents, de barrages, d’éléments placés sur son passage.

Céleste Boursier-Mougenot torrent

Dans l’auditorium,  réalisé par Enna Chaton, 4 films d’environs 12 mn
sont des actions filmés lors des performances ou d’expositions de l’artiste

Céleste Boursier-Mougenot

Divers évènements à venir à consulter sur le
site de la Fondation François Schneider

Vendredi 14 juin à 20h | Conférence L’eau et ses liaisons hydrogènes de Bénédicte Lebeau – Directeur de recherche à l’Institut de Science des Matériaux de Mulhouse, CNRS – UHA – dans le cadre de la Fête de l’Eau
de Wattwiller
Dimanche 23 juin | Entrée libre au centre d’art et parcours croisé avec la Fête de l’eau
Dimanche 7 juillet à 14h | Visite guidée & atelier famille
Maquette avec Audrey Abraham, artiste
Samedi 3 août à 20h | La Nuit Céleste
Programme spécial pour la nuit des étoiles
Dimanche 4 août à 14h | Visite guidée & atelier famille
Des cliquetis aux tsunamis, ou le voyage poétique de l’eau avec
Stéphane Clor, musicien et artiste
Dimanche 1er septembre à 14h | Visite guidée & atelier famille Ras-le-bol !

Sommaire du mois de mai 2019

L’image en exergue est exposée à la fondation Fernet Branca
Elger Esser, Jisr as-Zarqa I
Israel 2015
Courtesy Kewenig Galerie

02 mai 2019 : Josef Nadj, Mnémosyne
03 mai 2019 : Le Cosmos du Cubisme – De Picasso à Léger
05 mai 2019 : THOMAS SCHÜTTE
13 mai 2019  :  Leiko Ikemura – vers de nouvelles mers
18 mai 2019  : KunstKosmos Oberrhein (les arts du Rhin supérieur)
20 mai 2019 :  La Lune « Du voyage réel aux voyages imaginaires »
25 mai 2019 :  Rudolf Stingel
29 mai 2019 :  Estampes d’amitié, de Picasso à Sabartés

 

 

 

 

 

Estampes d’amitié, de Picasso à Sabartés

La Fondation Fernet Branca présente jusqu’au 15 SEPTEMBRE 2019

Point besoin d’aller à Barcelone, c’est le musée Picasso de Barcelone
qui vient à nous, avec une série de dessins d’une rare beauté.

L’année 2018 a marqué le cinquantième anniversaire de la mort de
Jaume Sabartés
(Barcelone, 10 juin 1881 – Paris, 13 février 1968), figure incontournable de la vie de Pablo Picasso et fondateur de la fondation du musée Picasso de Barcelone.

Pablo Picasso, Jaume Sabartés assis, Barcelone, 1900,
Fusain et peinture à l’essence sur papier vergé, 48,5 x
32,4 cm, Museu Picasso, Barcelona,
Donation Jaume Sabartés, 1962, MPB 70.228
Museu Picasso, Barcelona. Photographie, Gasull Fotografia
© Succesion Pablo Picasso, VEGAP, Madrid 2019

Sabartés et Picasso sont nés la même année, en 1881, et se sont rencontrés à Barcelone en 1899, alors qu’ils étaient étudiants à La Llotja.
La connexion entre eux fut immédiate et ils devinrent rapidement membres réguliers des réunions des Quatre Gats, nouant des amitiés communes avec Manuel Pallarès, Sebastià Junyer ou Àngel Fernández de Soto,
entre autres jeunes artistes. À partir de ce moment-là et jusqu’à la mort de Sabartés, en 1968, ils étaient inséparables, même séparé géographiquement par des milliers de kilomètres.

Pablo Picasso, Jaume Sabartés en faune jouant de l’aulos,
Antibes, 14 octobre 1946,
Huile et fusain sur papier filigrané, 65 x 50 cm,
Museu Picasso, Barcelona
Acquisition, 2008, MPB 113.143 Museu Picasso, Barcelona.
Photographie, Gasull Fotografia
© Succesion Pablo Picasso, VEGAP, Madrid 2019


Pablo Picasso
a peint le premier portrait de Jaume Sabartés en 1900. Ce fût le premier d’une longue série, puisqu’il a continué pendant près de soixante ans à le dessiner et à le caricaturer.
Jaume Sabartés a écrit plus d’une vingtaine de textes à propos de Picasso. Ses écrits donnent des éclairages sur la vie et le processus de travail de l’artiste et montrent que Jaume Sabartés avait l’intime conviction que Pablo Picasso était et serait, le plus grand et le plus protéiforme génie du XXe siècle.
Afin de marquer l’occasion, la Fondation Fernet-Branca est heureuse de présenter, en partenariat avec le Musée Picasso de Barcelone, une exposition hommage à Jaume Sabartés. Cette exposition approfondit non seulement son amitié avec le maître cubiste, mais aussi sa carrière de biographe, écrivain, traducteur, professeur et intellectuel.

Jaume Sabartés

LA COLLECTION
Jaume Sabartés a fait don de sa collection d’oeuvres de Pablo Picasso à la ville de Barcelone en 1962. La collection se composait à l’origine de trois cent soixante-deux oeuvres, dont deux cent trente-huit lithographies originales. Sabartés, dans de nombreux écrits, a souligné l’importance de la collection donnée à Barcelone, qu’il considérait comme très complète.
L’exposition présente des oeuvres de Picasso à différents moments de sa vie, toutes consacrées à Sabartés.
Il y a une place pour l’humour dans les portraits que Picasso a consacrés à Sabartés tout au long de sa vie. Picasso présente Sabartés en faune, en satyre ou en poète décadent.
Il y a également dans l’exposition des compositions dans lesquelles Picasso dessine des Sabartés flirtant avec des pin-up, prises directement dans les magazines. Dans l’exposition, les relations épistolaires que Sabartés et Picasso ont entretenues entre 1905 et 1967 occupent une place notable.
Ses lettres montrent leur complicité, l’affection et l’ironie qui les
unissait.
Le musée Picasso de Barcelone a ouvert ses portes au public le
9 mars 1963. Picasso a continué de donner à Sabartés un échantillon de son opus graphique et Sabartés a continué de faire des dons annuels à son musée de Barcelone.

Jaume Sabartés est décédé le 13 février 1968 à Paris. En hommage à son ami, Pablo Picasso a remis à la ville sa série sur « Las Meninas », en plus du portrait de Jaume Sabartés peint en 1901.
Il a également fait don des lettres qu’il avait envoyées à Sabartés (un peu moins de sept cents) et succéda à son ami, informant le musée Picasso de Barcelone que, à partir de ce moment, il donnerait un exemplaire de chacune de ses gravures dédiées à Sabartés.

Un catalogue avec un texte de Claustre Rafart I Planas
et de Pierre Jean Sugier, est en vente à la boutique du musée

Fondation Fernet-Branca
2, rue du Ballon
68300 Saint-Louis
fondationfernet-branca.org

Horaires d’ouverture :
du mercredi au dimanche
de 13h à 18h

La Lune « Du voyage réel aux voyages imaginaires »

Jusqu’ au 22 juillet 2019 au Grand Palais Galeries nationales
entrée Square Jean Perrin

commissariat : Alexia Fabre, conservatrice en chef, directrice du Mac Val, musée d’art contemporain du Val de Marne et
Philippe Malgouyres, conservateur en chef, Département des objets d’art du musée du Louvre.
scénographie : Agence bGc studio: Giovanna Comana / Iva Berthon Gajsak

Abraham Janssens (Anvers, 1575 – Anvers, 1632)
L’Inconstance
vers 1617

La célébration du cinquantenaire des premiers pas de l’homme sur la Lune nous offre l’occasion de célébrer la longue relation des hommes avec cet astre familier, à travers des d’oeuvres d’art qui ont incarné les
multiples formes de cette relation. Cette exposition articulée en cinq parties propose au visiteur de se confronter aux créations artistiques de l’Antiquité à nos jours, de l’Europe et d’ailleurs, inspirées par la
Lune.

Sylvie Fleury
First Spaceship On Venus
2018

De la lune à la Terre, du voyage réel au voyage imaginaire
L’exposition débute par le voyage réel, en juillet 1969. Elle propose ensuite de remonter le temps, à travers les voyages rêvés par la littérature et les arts vers la Lune. Depuis l’Antiquité, l’idée de se rendre dans la lune par les moyens les plus fous déchaina l’inventivité et l’imagination la plus débridée. Avec l’expédition d’Apollo 11, le voyage, devenu réalité, inaugure le début d’une nouvelle ère. Pourtant, l’imagination n’y perd pas ses droits, bien au contraire : à la fantaisie s’ajoute de grandes interrogations sur l’humanité, la place des femmes, le nationalisme, l’inégalité du développement économique.

presse
images

La Lune observée
La première tentative de dessiner la Lune est de Thomas Harriot en 1609. A partir de Galilée, des instruments de plus en plus précis ont permis d’en explorer la surface : la Lune est observée. Les premières cartes de la planète sont dessinées au milieu du XVIIe siècle. A la fin de ce siècle, Cassini réalise une carte plus précise que les précédentes qui restera une référence jusqu’à l’apparition de la photographie. La présentation de la réplique de la lunette de Galilée, des premiers dessins et cartes, puis de photographies illustreront l’évolution d’un regard de prise de connaissance, à la recherche d’une vérité objective dont ne sont jamais absente le rêve et la contemplation esthétique.

d’après l’original copie de la lunette de Galilée

Les trois visages de la Lune
Le parcours articule en trois sections l’évocation des trois visages de la Lune ou de ses trois humeurs : caressante, changeante ou inquiétante. Le premier visage est bénéfique et caressant ; c’est la Lune qui protège et qui inspire. Sous sa protection, l’homme rêve, aime, dort, prie ou médite. Ainsi, dans le célèbre tableau de Girodet, Endymion endormi, Diane visite sous la forme d’un rayon lumineux le sommeil du beau jeune homme, et le caresse de sa lumière.

Anne Louis Girodet
Endymion. Effet de lune, dit aussi Le Sommeil
d’Endymion
1791

Le second visage est celui de la Lune changeante, versatile, dont les mutations scandent le temps des hommes et organisent leurs calendriers. Les croyances populaires en font l’origine de l’humeur des femmes, qualifiée de « lunatique ». Ses rythmes deviennent phénomènes optiques inspirant de nombreux artistes du XXe siècle. Enfin, le troisième visage est celui de l’astre des ténèbres, de la mélancolie ou de la folie : la Lune noire ou démoniaque, source de fantasmes et de peurs.

Paul Delaroche (Paris, 1797 – Paris, 1856)
La Jeune Martyre
1855

La Lune est une personne
La quatrième partie de l’exposition montre que, depuis l’antiquité, cet astre lointain est une divinité proche, de forme humaine, tantôt homme, tantôt femme, ayant souvent différents aspects liés à ceux, changeants, de la Lune. Si en Egypte, en Mésopotamie ou dans l’hindouisme moderne la Lune est déifiée sous une forme masculine (Thot, Nefertoum, Sîn, Chandra), l’antiquité classique la fait femme : Artémis, Diane, Séléné, Hécate. Dans le christianisme, la Vierge, qui reflète la lumière mais ne la produit pas, va être aussi associée à la Lune.

Puvis de Chavannes

Une expérience partagée de la beauté
La dernière partie de l’exposition montre la Lune comme source d’inspiration, proche et mystérieuse, qui dévoile la Nature sous une lumière réfléchie, étrange, intime, mélancolique, et toujours contemplative, propice à un renouvellement du thème du paysage. Elle est une expérience à part entière de la beauté. Une ultime promenade méditative sous le regard de la Lune.

Leonid Tishkov
Private Moon
2003-2017

L’exposition se clôt sur L’endymion endormi de Canova, moment paisible de contemplation.

L’endymion endormi de Canova

Réunion des musées nationaux – Grand Palais
254-256 rue de Bercy
75 577 Paris cedex 12

ouverture : du jeudi au lundi de 10h à 20h ;
mercredi de 10h à 22h ; fermeture hebdomadaire le mardi;
fermé le 1er mai et dimanche 14 juillet

THOMAS SCHÜTTE

C’est jusqu16 Juin 2019 à la Monnaie de Paris
La Monnaie de Paris organise la première rétrospective
parisienne de l’artiste allemand, majeur et inclassable,
Thomas Schütte (né en 1954 et vivant à Düsseldorf).
Élève de Gerhard Richter à la Kunstakademie de Düsseldorf
jusque dans les années 80, il est aujourd’hui reconnu comme
l’un des principaux réinventeurs de la sculpture.

Il fait partie du top ten des artistes allemands, comme
Gerhard Richter Sigmar Polke, Anselm Kiefer et
Georg Baselitz, avec lequel nous, habitants frontaliers
sommes familiarisés, grâce aux musées suisses et allemands,
ou encore colmarien. Après l’avoir admiré à la Fondation Beyeler,
ses migrants à la dOCUMENTA IX  , devant la Dogana et
Lion d’or à la Biennale de Venise 2005, c’est à une rétrospective
que nous sommes conviés.
Il fait figure de benjamin espiègle avec son « troisième animal »
(Trittes Tier) sorte de dragon aux naseaux
fumants qui vous accueille dans la cour arrière.

Il est autant marqué par l’art minimal et conceptuel que
par la sculpture classique et ses grands codes de représentation.
Ses oeuvres font partie des collections des plus grands musées
et sont très régulièrement exposées.
Cette rétrospective est intitulée, « Trois Actes », traduction
de Dreiakter, oeuvre la plus historique de l’exposition,
datant de 1982 et appartenant aux collections du Centre
Pompidou.
«Mes oeuvres ont pour but d’introduire un point d’interrogation
tordu dans le monde».

Le choix des oeuvres témoigne de sa troublante et grinçante
analyse de l’organisation de la société et de son impact sur
les individus. L’exposition construite en trois temps,
de manière thématique, inclut la présentation de plusieurs
séries majeures de son travail comme les United Enemies,
les Aluminium Frau et Vater Staat ainsi que des oeuvres
inédites.
C’est un pur bijou d’éclectisme et de curiosités, allant
des spirituelles marionnettes de pâte à modeler des années
1993-1994 aux multiples maquettes de maisons construites
pour des collectionneurs, présentées sous les ors du musée.
Inspiré des jouets de ses enfants dit-il, Thomas Schütte
a l’art de manipuler tous les médiums (céramique, bronze,
acier, aluminium, verre, textile, mais aussi aquarelle et gravure.

Le premier acte s’articule autour de la représentation
de la figure humaine – homme et femme – tantôt monumentale,
tantôt minuscule qui se plie à toute sorte de distorsions
et transformations.
Le deuxième acte conduit le visiteur à découvrir la relation
étonnante que l’artiste entretient avec la mort et ses
possibles représentations : masques mortuaires, esprits facétieux,
fleurs fanées, urnes funéraires…

Le troisième acte présente les modèles architecturaux qui
sont autant de monuments de notre civilisation
faisant grimacer, à l’instar de One Man House, tout à la fois
lieu de retraite et prison, ou Ferienhaus für Terroristen aux
accents modernistes. Plusieurs de ses maquettes
ont été réalisées à l’échelle 1 dont Kristall II installée
dans le Salon Dupré, maison de contemplation dans laquelle
le visiteur peut entrer.

L’artiste passe de la maquette à l’architecture grandeur nature,
de la miniature à la sculpture monumentale.
Les oeuvres de Thomas Schütte investissent l’espace public
et s’exposent dans la totalité des cours intérieures avec
des sculptures magistrales et inédites, accessibles à tous.
Ainsi cette rétrospective est construite en tandem, à
l’image de son oeuvre, les espaces intérieurs faisant écho
aux espaces extérieurs de la Monnaie de Paris.

L’exposition est le fruit d’une étroite collaboration avec
Thomas Schütte grâce à son exceptionnelle implication. Elle
bénéficie également de partenariats avec les musées français
dont le Musée National d’Art Moderne, le Musée de Grenoble
et le Carré d’Art de Nîmes et la Pinault Collection.

Thomas Schütte Vater Staat

Cette exposition prolonge des axes forts de la programmation
de la Monnaie de Paris : exposer les grands sculpteurs des XXe
et XXIe siècles, réfléchir sur le savoir-faire et le geste artistique
sur un site dont l’usine est encore en activité.
Commissaire : Camille Morineau, Directrice des Expositions
et des Collections de la Monnaie de Paris
Commissaire associée : Mathilde de Croix, Commissaire
d’exposition à la Monnaie de Paris
Podcast France culture la Dispute
MONNAIE DE PARIS
Horaires d’ouverture
Du mardi au dimanche 11h – 19h
Mercredi jusqu’à 21h
11, Quai de Conti
75006 Paris

Josef Nadj, Mnémosyne

C’est à la Filature de Mulhouse jusqu’au 10 mai
Il nous offre une oeuvre globale, associant projet
photographique et performance scénique.
Chorégraphe, danseur, mais aussi plasticien
et photographe, Josef Nadj, apparait comme sorti du
cadre du tableau de Magritte, le Baiser. (les amants)

Mnemosyne copyright Blandine Soulage

Josef Nadj livre une brève performance d’une rare
densité : chaque mouvement, chaque action, chaque instant
résonne avec son parcours, personnel et artistique, transfiguré
dans une épure empruntée à Beckett.Tel un mime, sa silhouette
massive s’anime en quelques mouvements de tai-chi.

Josef Nadj a conçu une exposition photographique
foisonnante. Chacun des clichés accrochés aux abords
de la boîte raconte une histoire, où une grenouille
tient la vedette.
Elle est à appréhender comme un spectacle
suspendu. Chaque image recèle une mémoire en soi, connue
de l’artiste seul : s’y côtoient des objets trouvés retenus pour
leur puissance suggestive, des références patrimoniales
qui ne cessent de l’inspirer et toutes sortes de souvenirs.

Ces clichés suggèrent, parallèlement à la brièveté de la
performance, un rapport au temps qui s’étire sur plusieurs
années, de la recherche des formes à la composition
des images, du choix de la technique à la prise
de vue effective.
Hommage personnel et transversal à l’Atlas
demeuré inachevé de l’historien d’art allemand
Aby Warburg, Mnémosyne s’apparente à
une oeuvre d’art totale, à la fois installation,
performance et exposition, dont il reste pour
chacun une image, ultime, qui interroge à la
fois notre regard et notre mémoire :
qu’avons-nous vu ?
extrait du texte de Marylène Malbert
d’après un entretien avec Josef Nadj
club sandwich
jeu. 2 mai 12h30
visite guidée + pique-nique
inscription 03 89 36 28 28
apéro photo
ven. 10 mai 19h15
visite guidée + apéritif
inscription 03 89 36 28 28