Sommaire du mois d’avril 2021

Fondation Beyeler, terrasse de la Villa Berower

Calendrier du déconfinement du 29 avril 2021

Et la Covid est toujours là !!!

24 avril 2021 : Life – OLAFUR ELIASSON à la Fondation Beyeler
23 avril 2021 : « Faces » d’Anne-Sophie Tschiegg
20 avril 2021 : LENZ AU MUSÉE
17 avril 2021 : Anne-Catherine Goetz
11 avril 2021 : Donner son sang au musée !
9 avril 2021 : Peintres femmes, 1780-1830. Naissance d’un combat
7 avril 2021 : La Fondation Beyeler et Nordstern Basel présentent Dixon x Transmoderna
4 avril 2021 : Joyeuses Pâques
1 avril 2021 : Philippe GELUCK, Le Chat à Matignon

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LENZ AU MUSÉE

Un concert-fiction de RODOLPHE BURGER (featuring Jean-Luc Nancy) au palais Rohan, réalisé et diffusé en lien avec l’exposition
« Goethe à Strasbourg – L’éveil d’un génie (1770-1771) » organisée par les Musées de la Ville de Strasbourg et dans le cadre de la résidence de Rodolphe Burger à l’invitation d’Artefact-La Laiterie.

LENZ AU MUSÉE est une création de la Compagnie RODOLPHE BURGER, coproduite par les MUSÉES DE LA VILLE DE STRASBOURG et La LAITERIE ARTEFACT.
Avec le soutien de la Ville de Strasbourg et de la Région Grand-Est.

«Un musicien n’a pas souvent l’occasion de pouvoir profiter du lieu d’une exposition pour y proposer un concert. J’aurai ce privilège de pouvoir jouer en live les morceaux que m’auront inspiré à la fois le sujet de cette exposition, le lien entre ce sujet et la figure de Lenz que le film avec Jean-Luc Nancy viendra incarner et rendre vivant, et enfin le lieu-même où tout cela s’est noué et joué : Strasbourg, le palais Rohan, la cathédrale toute proche…»
Je me dois d’ajouter que cet extraordinaire décor aura aussi été pour moi-même, en 1977, lors d’une année entière, le théâtre d’une première initiation à la philosophie et à la littérature, non pas comme savoir ou histoire, mais en tant que projet de vie. C’est cette inoubliable leçon que je veux tenter, grâce à la chance de cette belle invitation, d’honorer à ma modeste manière, en parole, en image, et en musique. »
(Rodolphe Burger)
Durée: 60 minutes

DIFFUSION

– Multi-diffusion : sur les réseaux sociaux des Musées de la Ville de Strasbourg, d’Artefact et de la Cie Rodolphe Burger, et sur le réseau des télévisions du Grand Est (Alsace 20, Canal 32, ViàVosges et ViàMoselle).
– D’abord diffusion de la bande-annonce à partir du lundi 19 avril 2021 sur les chaînes TV partenaires et les réseaux sociaux.
Diffusion du film le samedi 24 avril 2021 en prime time sur les chaînes TV partenaires et en Première sur les réseaux sociaux des Musées, d’Artefact, de la Cie Rodolphe Burger. Diffusion le dimanche 25 avril sur Alsace 20 à 12h00 et 23h00.

L’EXPOSITION « GOETHE À STRASBOURG – L’ÉVEIL D’UN GÉNIE (1770-1771) »

À l’occasion du 250ème anniversaire de l’arrivée de Johann Wolfgang von Goethe à Strasbourg, les Musées de la Ville de Strasbourg présentent une exposition soulignant l’importance capitale de ce séjour qui lui fournit l’occasion de découvrir une ville de culture, cosmopolite, frontière et passage entre la France et l’Allemagne.
Entre avril 1770 et août 1771, le jeune Johann Wolfgang von Goethe, âgé de seulement 21 ans, séjourne à Strasbourg. L’objectif que lui fixe son père est alors de terminer ses études de droit, mais également de découvrir la vie à la française et d’apprendre le français. Ce séjour représente également pour le jeune intellectuel l’occasion de forger son tempérament et son goût artistique. L’exposition accompagne les pas du jeune Goethe, en se fondant notamment sur ses écrits ainsi que sur les traces laissées durant son séjour strasbourgeois.
Afin de rendre compte de l’impact décisif de ce passage sur son oeuvre, l’exposition rassemble environ 120 oeuvres des musées ou de collections publiques et privées. Elle pose un regard nouveau sur cette étape peu connue de la vie de ce grand auteur et rappelle plus généralement une période riche de la vie de la cité alsacienne.
Commissariat : Florian Siffer, responsable du Cabinet des Estampes et des Dessins, Aude Therstappen, conservatrice, responsable du fonds germanique de la Bnu.
Exposition présentée jusqu’au 31 mai 2021 au palais Rohan (galerie Heitz) (ouverture en fonction des directives gouvernementales).
© Tobias Canales

LA RÉSIDENCE

« QUOI QU’IL ARRIVE ! » : ARTEFACT PRL – LA LAITERIE INVITE RODOLPHE BURGER EN RÉSI­DENCE À STRASBOURG


« Quoi qu’il arrive ! » : voilà donc qu’il y a un an, au cœur du monde confiné et répondant avec excitation à cette in­jonction insolente, un projet est né de conversations entre Rodolphe Burger et Artefact, dont la viralité vitale a débordé les réseaux…

Un projet-trajectoire, projet-cheminement, projet-processus… un projet-carrefour, so Strasbourg, où se croisent des désirs de faire acte commun et ouvert… un projet-manifeste à une période où le seul fait de se projeter fait acte et celui de le faire ensemble vaut affirmation… un projet-conversation qui, tout au long de ces étranges mois de confinements et couvre-feu nous donne l’occasion d’inventer, quoi qu’il arrive, de multiples complicités.

Ce projet, c’est celui d’une résidence singulière.

Rodolphe Burger, cet inlassable arpenteur, est ainsi invité par Artefact à passer du temps dans ce chez-lui-là, à Strasbourg et Environs… invité à habiter cette ville qui lui est si intime, à y poser de nouvelles traces qui approfondissent les précé­dentes, en ouvrent d’autres et révèlent l’arpentage.

Cette résidence creuse ainsi une trajectoire partagée autour de quelques récits souterrains constitutifs de l’« éternel stras­bourgeois ». Au coeur de ce dernier, la figure de Lenz surgit donc une nouvelle fois et active ce projet-delta qui traverse ces mois dont nous sommes tous incapables aujourd’hui de mesurer vraiment ce qu’ils sont.

Un projet-trace qui habite le sillon des persistances pour y dessiner des perspectives et cheminer, « quoi qu’il arrive ! », vers la suite, l’avenir, l’après, demain…

(Artefact).

Avec le soutien de :

La Ville de Strasbourg et la Région Grand Est

 

 

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Anne-Catherine Goetz

Nom : Goetz
Prénom : Anne-Catherine
Profession : enseignante
Spécialité : Maitrise d’anglais, littérature américaine et cinéma
Signe Particulier : Adjointe à la culture de la ville de Mulhouse

Grand merci à Anne-Catherine Goetz, d’avoir donné de son temps, si compté, de m’avoir accordé un entretien hyper confiné, masqué. Nous sommes restées masquées, juste une petite incartade pour déguster un café, à la table ronde.

La Covid jusqu’à présent avait empêché presque toutes les activités culturelles. Je n’ai eu l’occasion de la croiser que pendant une courte période
Lors de la biennale de la photographie de Mulhouse, où elle inaugurait l’exposition de Christophe Bourguedieu à la Filature.

Mais aussi au musée des Beaux Arts de Mulhouse où elle vernissait la même biennale, en compagnie de Madame la Maire de Mulhouse, Michèle Lutz et Anne Immelé, commissaire, sous un soleil accablant. De confinement en confinement, il ne s’est plus présenté pratiquement aucune occasion de célébrer officiellement la  culture. Aussi, j’ai souhaité la connaître plus et mieux, en temps qu’adjointe à la culture femme.
2021 est consacré aux femmes au niveau des grandes expositions parisiennes (Luxembourg et Pompidou), des Mooc (cours gratuits) sur le même sujet sont à suivre actuellement, même l’académie française pense féminin
Puisque le virus tant dévastateur est féminin, la Covid. Je n’ai pas assisté aux discussions académiques quant à ce sujet, mais j’ai le sentiment que dès qu’il se profile un ouragan ou une autre catastrophe naturelle, ils sont baptisés d’un prénom féminin… Même la mythologie abonde dans ce sens : c’est Pandora qui a ouvert la boite mystérieuse,  celle qui contenait tous les maux de l’humanité

Sa devise ?
                          « Demain est un autre jour »

L’entretien, confiné, masqué

Quelle est votre profession ?
Enseignante,

Vos études ?
L’IUFM à Colmar,

Vos parents ? Vous ont-ils emmené vers la culture ?
Mes parents étaient fonctionnaires tous les deux, dans l’administration territoriale. Mon père nous a amenés vers la musique, il nous a incité  à jouer d’un instrument de musique : nous sommes quatre enfants et tous jouent d’un instrument, en amateurs. J’ai grandi à Lauw, dans la vallée de Masevaux. J’étais à l’école de musique de Masevaux et de Thann où j’ai une formation musicale classique.

Comment êtes-vous venu à la culture, par la musique ?
J’ai fait un bac littéraire, j’ai toujours beaucoup lu, je pense être venue à la culture par les livres et la musique. Et j’ai envie de dire que je suis ensuite venue aux cultures, j’ai eu la chance de beaucoup voyager dans ma vie, de vivre à l’étranger aussi,  j’ai notamment  habité aux Etats-Unis, pendant 2 années.

Donc vous êtes bi- voire trilingue
Bilingue en anglais et  en allemand, je me débrouille bien, j’ai travaillé en Suisse dans mes jeunes années, avant d’être enseignante.
Pour mes études universitaires, je me suis intéressé à la littérature américaine et au cinéma, ce qui m’a aussi amenée progressivement à la culture.

Vous êtes en fonction depuis presque 1 an, à peu près, avez-vous pris vos marques ?
J’occupe ces fonctions depuis juillet 2020, depuis les dernières élections municipales. J’avais fait un précédent mandat en partie à la culture, puisque j’étais en charge du patrimoine culturel et des relations internationales. Michel Samuel Weiss mon prédécesseur était quant à lui en charge de la culture. Donc j’ai déjà eu l’occasion de comprendre quelles étaient les missions d’un élu, d’un adjoint, en partie dans la culture en m’occupant des musées, des bibliothèques et des archives.

C’est la raison pour laquelle on vous a confié ce mandat.

En quoi consiste ce mandat, la culture en générale, mais vous avez d’autres attributions, pouvez-vous développer ?
Les missions consistent à dérouler la politique culturelle de la ville, mais d’abord, il faut que nous l’écrivions puisque nous tournons une page en quelque sorte. Mon prédécesseur était là pendant 30 ans, maintenant se fixer un nouveau cap en gardant l’héritage du passé : la ville a été très équipée avec la création de beaucoup de structures culturelles. Maintenant il s’agit de mettre tout cela en cohérence et mon objectif est de toucher davantage les publics qui sont éloignés de la culture. Ça s’est mon objectif numéro 1.
C’est vrai que j’ai d’autres missions, la présidence de l’Opéra Nationale du Rhin, tournante tous les 2 ans, entre les 3 villes principales, Strasbourg, Colmar et Mulhouse. J’ai aussi la charge d’un secteur où j’habite, à Daguerre, un travail dans la proximité et dans la vie de tous les jours.

J’ai une question bête: l’adjoint à la culture est-il essentiel
dans une municipalité ? (rires)
C’est une bonne question, je vous répondrai qu‘il  est indispensable.
La culture concerne toutes les délégations, à mon sens c’est la délégation la plus transversale : pour les espaces verts, où il y a des créations parfois. Dans les projets urbains on peut aussi solliciter le regard de l’artiste, ou bien dans l’éducation, dans la santé, avec  l’art thérapie, par exemple, pour moi la culture est transversale et indispensable, je ne sais pas si un adjoint est indispensablemais la culture oui.

J’ai vu sur FB que vous avez signé avec d’autres organismes mulhousiens, la charte de la bonne pratique, signée en janvier 2021. Qu’est-ce que ça veut dire, quel est son but exactement ?
Les arts visuels par rapport à l’art ? Quels sont les interlocuteurs des artistes visés ? Pouvez-vous développer ?
Cela veut dire que la ville et les signataires comme la Filature, l’Agrandisseur, la Kunsthalle, Mulhouse Art contemporain, Motoco, le Séchoir s’engagent à contractualiser avec les artistes plasticiens et à les rémunérer. Quand un artiste plasticien est sollicité, quand on lui donne un travail, il faut qu’on le rémunère, afin de mieux sécuriser ses conditions de travail.

Avez-vous rencontré des Artistes ? Locaux ou dans un circuit plus large, national, international ? Vraiment pour leur travail, pour leurs prestations.
Oui, plein d’artistes ! A travers des rendez-vous formels, comme maintenant dans mon bureau, ou dans leurs ateliers, ce que j’aime bien faire, m’imprégner de leur univers,  ou encore  dans des ateliers  collectifs comme le Séchoir -quand il y avait les ateliers ouverts entre les 2 confinements. Je rencontre aussi des artistes dans la rue, ils m’interpellent.  Mes amis me font des retours bien sympathiques.

Vous  en connaissez en particulier, comme Eric Kheliff qui est comédien,
des personnes comme Denis Ansel qui écrit pour le CNRS

Philippe Schweyer et mediapop, Bernard Latuner, Anne-Sophie Tschiegg
Robert Cahen, vidéaste, président de vidéo les beaux jours
Véronique Arnold qui a des galeristes bâlois et tessinois qui a exposé à Art Basel, Michele Morando, artiste, poète publie en italien.
Robert Cahen, oui oui, Eric Khéliff, je l’ai rencontré dans le cadre de Mulhouse Art contemporain, pour la résidence d’un artiste, soutenu dans le cadre de la Biennale photo, Christophe Bourguedieu, puis on se suit sur les réseaux sociaux. Philippe Schweyer aussi avec qui on a sorti un livre autour d’un projet avec la bibliothèque de Mulhouse, qui s’appelle
« Instants confinés », et qui sera présenté à la presse ce jeudi.
J’avais souhaité que les gens écrivent sur leur confinement, comment ils l’ont vécu, qu’on ait une trace de ces instants. Pas uniquement des photos, mais un texte, quelque chose d’un peu officiel. Philippe m’a dit
« ok, je te suis, mais il faudrait une ligne éditoriale et qu’on puisse faire intervenir un auteur ».
Il m’a mise en contact avec un auteur Christophe Fourvel, qu’il édite aussi, qui a l’habitude de faire de l’accompagnement d’écriture. Trente personnes ont contribué, trente mulhousiens. Ce livre est en vente chez Bizey. Ils ont pu écrire leur texte, l’améliorer et l’enrichir avec cet auteur, et les textes sont réunis dans ce recueil.
Bernard Latuner, Denis Ansel, Anne-Sophie Tschiegg, je les connais bien sûr.

Et Véronique Arnold ?
Alors Véronique Arnold, j’ai une oeuvre d’elle ici, on l’avait exposée au musée des Beaux Arts, il y a 3 ans environ.

La ville soutient les institutions locales et les artistes, de quelle manière ?
Motoco, Le Séchoir, Le cinéma Bel Air, La Kunsthalle
Mulhouse Art Contemporain, Dominique Bannwarth, Eric Khéliff ?
La ville soutient par des subventions annuelles, puisque qu’on subventionne largement, selon le montant de la subvention on fait une convention d’objectifs sur 2/3 ans. Des objectifs sont définis ensemble, avec des bilans réguliers.

Et en ce qui concerne le cinéma Bel Air, qui doit être à la ramasse en ces temps incertains ?
Aussi, la ville donne aussi des subventions à ce cinéma. Je pense qu’ils sont dans une situation  compliquée, je ne sais pas si au niveau des aides de l’état, de la région il existe des possibilités.
En tous cas nous ne modifierons pas nos subventions, elles seront maintenues au même niveau. A partir de l’année prochaine, nous ferons un travail sur les subventions avec la mise en place de critères d’attribution. Mais nous attendons que les gens se remettent sur pied, on ne veut pas les bousculer dans leur reprise.

La ville se porte –t’elle acquéreur d’œuvres pour soutenir les artistes  ?
Celle-ci par exemple a été achetée à Véronique Arnold

Donc ce n’est pas un cadeau (rires) !
Ah non, non non, c’est aussi une façon de soutenir les artistes.
Géraldine Husson expose actuellement au musée des Beaux Arts, nous allons prolonger son temps  exposition, autant qu’on pourra, car après il y a une autre exposition, sinon il y aura un embouteillage, les autres artistes attendent.
La semaine prochaine, nous allons acquérir une œuvre de Géraldine, chaque année on a une enveloppe pour l’achat d’œuvres notamment d’artiste exposés au Musée des Beaux Arts

Qui est défini par un comité ?
Oui avec le service du développement culturel, Eric Vincent responsable de ce service. C’est lui qui gère cette enveloppe, et en général, c’est avec le maire que c’est décidé. Quand on expose un artiste, on  lui achète une œuvre, pour garder une trace de son exposition.

Que pensez-vous des réseaux sociaux ?
J’en pense plutôt du bien, parce que c’est un bon moyen de garder du lien, avec la crise que avons vécue. Je crois que quand des gens  sont un peu isolés, cela leur permet de garder ce contact permanent avec les autres et avec le fil d’actualité, mais il faut faire attention.
Je pense aussi que c’est potentiellement dangereux pour des twitts ou des posts qu’on peut facilement mal interpréter. En tout cas, ne  jamais avoir de  réactions à chaud !

Vous y êtes active, vous postez souvent des photos de plats, aimez-vous la gastronomie en général, locale, régionale ?
Dans la partie culture, il y a langue et culture régionale, à laquelle je suis extrêmement attachée, personnellement car je suis alsacienne et mulhousienne.
C’est une façon de mettre en avant les produits du terroir, les recettes.
Je ne cuisine pas du tout, je donne un peu le change, je fais illusion.

Parlez-vous l’alsacien ?
Oui, j’ai cette chance,  je l’ai appris par ma grand’mère

La Covid a-t-elle limité votre action, en ce qui concerne les musées, c’est évident, mais pour le reste ?
Oui, ce samedi des artistes devaient se produire en extérieur mais cela ne sera pas possible.
Le festival Motàmot a été reporté. Si les bibliothèques sont ouvertes, on ne peut plus faire de conférence littéraire, on est limité à 6 personnes maximum, les conférences sont en visio mais cela ne remplacera jamais le présentiel.

Que pensez-vous de la cancel culture ? Le bicentenaire de la mort de Napoléon ?
Je pense que c’est catastrophique, pour la culture précisément.
On ne va pas réécrire l’histoire de France, elle est ce qu’elle est.
On peut célébrer un anniversaire, sans adhérer aux idées, aux thèses des personnages en question. On ne va pas gommer des pans de l’histoire qui sont constitutifs de ce que l’on est, même s’il y a des zones difficiles, c’est presque du négationnisme.
Je pense qu’il faut parler de tout, avec le recul nécessaire, que l’on explique avec beaucoup de pédagogie aussi. Ce n’est pas parce que l’on parle d’un évènement que l’on en fait l’apologie. Pour moi la cancel culture c’est le début de la fin !

Vous avez été nommée présidente de l’ONR,  vous nous avez dit que vous jouer du piano.
A ce titre avez-vous des préférences musicales, les concerts, l’opéra, le ballet ?
Je joue du piano en amateur. J’ai surtout beaucoup d’affection pour l’opéra. Au milieu du mois de mai, nous allons présenter le programme de la nouvelle saison

Avez-vous d’autres spécificités cachées, en dehors du mandat de la ville et de la présidence ? Du sport, des hobby ? du yoga ?
Ah oui, je fais du Pilates, dans un studio tenu par une ancienne danseuse du ballet, au Parc des collines. Je suis une amoureuse de la montagne, je randonne dès que je peux, dans les Vosges, dans les Alpes, j’ai déjà fait une randonnée au Népal, j’adore randonner, j’adore la montagne, mais jamais seule, la montagne reste un milieu hostile.

Sur un réseau social, vous avez publié une photo, où vous êtes en compagnie du regretté Jean Claude Carrière, à quelle occasion ? quelles étaient vos relations ?
C’était une belle rencontre au forum du livre à St Louis, j’ai toujours beaucoup aimé cet auteur, sa voix, sa façon de raconter, j’étais très touchée de pouvoir le rencontrer. Il était tout seul, aussi je suis allée le voir pour parler un peu et prendre une photo. Depuis la Controverse de Valladolid -j’avais été marquée par ce film- je me suis intéressée à ses écrits.

Cela avait été une pièce jouée au théâtre de Poche par Jean Marie Meshaka


Avez-vous des références littéraires , puisque vos études étaient orientées vers les lettres ?  musicales ?
Je lis plutôt  des biographies. Quand j’aime un auteur, je lis tout ce qu’il fait.
J’ai lu tout Jacques Attali, tout Marcel Pagnol, en ce moment Gilles Kepel
c’est un spécialiste de l’Islam. La question de la république et de la laïcité, sont des sujets qui me passionnent.
En musique ma préférence c’est Bach, c’est mon compositeur préféré.

Que  devient votre travail pendant le confinement, a t’il été empêché, augmenté, diminué, réduit, différent ?
Dans mon travail, il y a beaucoup de représentations, beaucoup de contacts avec le monde, avec les gens, on va voir ce qui se fait, tous les spectacles, les expositions qu’on soutient. Là cela s’est particulièrement réduit, on a développé d’autres liens, peut-être plus proches
finalement, parce qu’il fallait téléphoner aux artistes, c’est un lien un peu différent. C’est un travail différent, mais somme toute réduit, je ne peux pas dire qu’on a travaillé plus.


Comment définiriez-vous votre action en temps qu’adjointe à la culture?
C’est une action qui est très engageante, qui prend beaucoup de temps, beaucoup de réflexion aussi, puisque je vous ai dit que nous sommes dans cette phase de réflexion, c’est quelque chose de très enrichissant. J’ai beaucoup de chance, et je m’enrichis constamment au contact des gens et des œuvres.

Je rencontre des gens que je n’aurai jamais rencontré autrement. Il y a des côtés plus difficiles. Par exemple, je ne peux pas soutenir tous les artistes qui viennent me voir et qui voudraient qu’on leur achète des oeuvres. Parfois je suis obligée de dire  – enfin les gens sont convaincus que leur œuvre d’art doit avoir sa place, dans tel ou tel endroit de Mulhouse,-  je leur dis : ce n’est pas le projet, on ne peut pas, nous avons un budget défini avec des contraintes. Il y a des côtés moins sympathiques, mais globalement c’est passionnant, ça m’enrichit beaucoup.

Qu’est-ce que vous avez envie de partager en général avec les personnes ?
J’ai envie de partager et discuter de ma vision de la vie, du monde, de la ville de Mulhouse. J’aime bien que les gens me donnent aussi leur avis, et qu’on puisse échanger mais pas forcément qu’avec des Mulhousiens.  On n’a pas  toujours une vision très juste de ce qu’on est. J’ai des contacts avec des élus en particulier de Colmar, Strasbourg, St Louis, Paris, dans l’agglomération, d’ailleurs en France, avec des gens qui réfléchissent sur la culture. Par exemple hier soir j’ai organisé une conférence en visio avec le président de l’observatoire des politiques culturelles, un institut rattaché à Sciences Po Grenoble. C’est une personne qui a un certain âge, Jean Louis Bonin, qui a donné une conférence, pour tous les élus du groupe majoritaire. Tous les mois nous avons une conférence, avec une personnalité inspirante, il nous a donné sa vision des choses sur comment on construit une politique culturelle,
et sur  la place de l’art et de la culture dans la ville. C’est pour moi vraiment éclairant, enrichissant, cela alimente  une réflexion et permet de faire un petit pas de côté, parce que quand on est le nez dans le guidon, on ne voit plus sa ville, telle qu’elle est vraiment. J’aime bien ce genre de rencontres  et j’aime partager ces visions.
 

Quel est le rôle des politiques, sont-ils en adéquation avec leur époque ?

Cela dépend, j’ai bien aimé quand le président Macron a dit qu’il y a 66 millions de procureurs en France, on a tendance à beaucoup critiquer et puis on a envie de dire aux gens : ben écoutez, faitesfaites avec nous, mettez la main à la pâte, n’attendez pas toujours tout de l’état, et la fameuse phrase de Kennedy, reprise par Obama : Qu’est-ce que l’état fait pour moi, qu’est-ce que moi je peux faire pour l’état.
Je dis souvent ça pour la ville aussi :
que faites- vous, vous pour la ville ?
quand on dit qu’il y a des déchets, des encombrants, des saletés etc ..

Quelle est votre plus belle rencontre dans la vie ? … votre mari (rires)
Je ne suis pas mariée, j’ai un compagnon, ma plus belle rencontre, c’est un peu bateau mais  c’est ma grand’mère, je l’ai rencontrée, j’étais toute petite (sourires), c’est un peu la femme de ma vie, mon pilier, mon guide, ma référence.

Y a-t-il une question que vous auriez aimé que je vous pose et que j’ai oubliée ?
Oui il y en a plein, comme celle-ci !

 

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Donner son sang au musée !

Venez sauver des vies au Musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg, le lundi 12 avril 2021 de 12h30 à 18h30 !
Une manière de joindre le très utile à l’agréable
L’ouverture éphémère du Musée d’art moderne et contemporain de
Strasbourg , MAMCS, à l’occasion d’une opération exceptionnelle de
dons du sang, dans l’immédiat, valable pour ceux qui sont à 10 klm de distance
du musée.

Les Strasbourgeois sont invités à se rendre dans ce lieu culturel emblématique de la ville pour accomplir un geste solidaire. Après leur don, les donneurs pourront profiter d’une visite libre dans les salles du rez-de-chaussée du musée (collections d’art moderne et contemporain).
RDV le lundi 12 avril 2021 de 12h30 à 18h30, en plein coeur de la Nef du Musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg (MAMCS)

• Pour prendre RDV : mon-rdv-dondesang.efs.sante.fr > collecte : Musée d’Art moderne et contemporain – Strasbourg
• Evènement Facebook : Don de sang – Musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg

EFS Grand Est

Pour promouvoir le don de sang, l’EFS Grand Est développe des collectes dans des lieux atypiques et prestigieux de la région. Ces collectes de sang sont l’occasion de proposer une expérience inédite aux donneurs et futurs donneurs : accomplir ce geste citoyen et solidaire tout en découvrant et profitant d’un lieu exceptionnel ! Dans le contexte sanitaire que nous connaissons et en soutien au secteur culturel, cet évènement prend tout son sens. Le temps d’une après-midi le Musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg, ouvrira ses portes aux donneurs de sang. Un beau partenariat entre l’EFS et le Musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg, soutenu par la Ville de Strasbourg !

À propos du Musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg

Réunissant un ensemble d’oeuvres (peintures, sculptures, oeuvres graphiques, photographies, installations, vidéos…) allant de 1870 à nos jours, la collection du MAMCS séduit par sa diversité. En 2018, pour célébrer ses vingt ans, le MAMCS a renouvelé intégralement l’accrochage de ses collections permanentes. De nouveaux principes définissent cette présentation intitulée
« Joyeuses Frictions ». L’art moderne et l’art contemporain se rencontrent et dialoguent sur les deux niveaux du musée pour témoigner de la permanence de certaines préoccupations esthétiques et thématiques et traduire la porosité entre les disciplines artistiques.

                                           Patrick Bailly Maître Grand

Parmi les artistes représentés, on relève Gustave Doré, Jean Arp, Max Ernst, Victor Brauner, František Kupka, Vassily Kandinsky, Baselitz, Robert Filliou, Daniel Buren, Sarkis, Bertrand Lavier…
Pour en savoir plus www.musees.strasbourg.eu

Contacts :

Olivier DURAT, chargé de communication
olivier.durat@efs.sante.fr | 06 72 75 87 32

ACCÈS
Bus 4 ou 10 – arrêt Art Moderne
Tram B ou F – arrêt Musée d’Art Moderne
Consulter Strasmap pour connaître les parkings à proximité et le nombre de places disponibles.

En application du plan Vigipirate, les contrôles sont renforcés dans les Musées de la Ville de Strasbourg.


PROTOCOLE SANITAIRE
Consulter les dispositions d’accueil spécifiques mises en oeuvre au MAMCS à partir du 13 juin.


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Peintres femmes, 1780-1830. Naissance d’un combat

Julie Duvidal de Montferrier, Autoportrait, huile sur toile, 65 x 53,5 cm, Paris, Beaux-Arts de Paris

à partir du 8 avril
Suite à l’impossibilité d’ouvrir actuellement l’exposition
Peintres femmes, 1780-1830. Naissance d’un combat,
initialement prévue au Musée du Luxembourg du 3 mars au 4 juillet 2021,
la Réunion des musées nationaux– Grand Palais met en ligne dès
aujourd’hui des visites virtuelles afin de permettre au public de profiter
malgré tout de l’exposition en attendant son ouverture :

Visite virtuelle

- une visite virtuelle autonome avec audioguide où le visiteur circule à son rythme, de salle en salle, à travers près de 70 oeuvres dont 25 oeuvres bénéficiant de contenus audioguide. 
Chacune de ces oeuvres comprend une oeuvre en HD ainsi que le commentaire de l’audioguide en audio et en texte.
Il y a aussi 11 autres oeuvres sur lesquelles il est possible d’ouvrir une image en HD. L’affichage en haute définition de cette sélection d’oeuvres permet également de zoomer en profondeur et d’en apprécier la subtilité.
Le lien acheté par le visiteur vers la visite est unique et nécessite un mot de passe valable pendant une semaine : du mercredi au mardi suivant.

Une offre couplée

- une offre couplée avec visio-conférence et visite virtuelle autonome
La visio-conférence, sous forme de conférence en ligne permet d’explorer un ensemble de tirages d’oeuvres de l’exposition accompagnés d’un conférencier. Les séances se déroulent en direct. Elles durent 1 heure et comprennent un temps d’échange via le chat.
Un lien vers la visite virtuelle autonome, visible pendant 7 jours, accompagne la visio-conférence.

Technologie

Pour la visite virtuelle est utilisée une technologie de pointe basée sur de multiples prises de vues photographiques à 360° et des relevés lasers.
Explor Visit (spécialiste des visites virtuelles 3D et des visites
guidées à distance) a réalisé la captation de l’exposition
Peintres femmes, 1780-1830. Naissance d’un combat
en très haute définition. Le modèle 3D ainsi constitué offre au visiteur un sentiment d’immersion dans les espaces scénographiques et lui permet de s’approcher au plus près des oeuvres exposées.
La visite virtuelle autonome est disponible sur réservation dès le 8 avril dans le programme en ligne du site grandpalais.fr.

Tarifs

5 € la visite autonome avec audioguide
9 € la visite guidée avec un conférencier de la Rmn – GP
(tarif réduit pour les Sésames 5€)
à partir du 8 avril 2021

L’exposition

Parcours du demi-siècle qui s’étend entre les années pré-révolutionnaires jusqu’à la Restauration, l’exposition Peintres femmes 1780-1830. Naissance d’un combat comprend environ 70 oeuvres exposées provenant de collections publiques et privées françaises et internationales. L’exposition s’attache à porter à la connaissance du public une question peu ou mal connue : comment le phénomène alors inédit de la féminisation de l’espace des beaux-arts s’articule à cette époque avec la transformation de l’organisation de l’espace de production artistique (administration, formation, exposition, critique) et une mutation du goût comme des pratiques sociales relatives à l’art.

à suivre

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Joyeuses Pâques

Nous voici à nouveau confinés, moment moins tragique que celui du Christ au Monts des Oliviers.
Période difficile pour tous. Pensons au personnel médical en tout premier lieu, aux personnes seules, à celles qui ont disparues …
Courage à tous et belles Pâques.

Les mots « Pâque » ou « Pâques » viennent du latin pascha
emprunté au grec πάσχα, lui-même, par l’intermédiaire de
l’araméen pasḥa, issu de l’hébreu biblique pesaḥ,
dérivé du verbe pasaḣ qui signifie « passer au dessus »
car, selon la bible, les juifs avaient reçu l’ordre de sacrifier
un agneau indemne de toute tare et d’en badigeonner
le sang sur les montants des portes afin que les puissances
qui viendraient détruire les premiers nés égyptiens
lors de la dixième plaie, passent au dessus de ces
portes sans s’arrêter.

                                                               La Résurrection

Le Retable d’Issenheim
« Là, dans l’ancien couvent des Unterlinden, il surgit dès qu’on entre, farouche, et il vous abasourdit aussitôt avec l’effroyable cauchemar d’un calvaire (…) avec ses buccins de couleurs et ses cris tragiques, avec ses violences d’apothéoses et ses frénésies de charniers, il vous accapare et vous subjugue (…)».
À l’instar du romancier Joris-Karl Huysmans qui évoque sa rencontre avec l’œuvre dans un ouvrage en 1905, le Retable d’Issenheim fascine et suscite l’admiration de ceux qui le contemplent.
Réalisé pour le maître-autel de l’église de la prospère commanderie des Antonins d’Issenheim, le retable est exposé dans la chapelle du couvent des Dominicaines d’Unterlinden depuis l’ouverture du musée en 1853.
La force émotionnelle de ce polyptique monumental, peint par Grünewald et sculpté par Nicolas de Haguenau entre 1512 et 1516, s’explique par la qualité picturale de l’œuvre, la richesse des couleurs employées et l’expressivité des scènes et des personnages. Les sept panneaux de bois de tilleul et les dix sculptures qui le composent, illustrent plusieurs épisodes de la vie du Christ et de saint Antoine l’ermite, patron de la commanderie.

                                                           La Tentation de St Antoine

Le retable devait également participer au rétablissement des malades en leur offrant réconfort et consolation par une présentation très réaliste et douloureuse de la Crucifixion et l’espoir de la guérison transmis par la scène de la Résurrection.

Origine et fonction
Fondée vers 1300 à une vingtaine de kilomètres de Colmar, la commanderie d’Issenheim dépend de l’ordre hospitalier des Antonins,
dont la vocation est de soigner les malades atteints du « mal des ardents »
ou « feu de saint Antoine
».
Véritable fléau au Moyen Âge, cette maladie, provoquée par l’ingestion de farines contaminées par l’ergot de seigle, engendre des symptômes convulsifs et gangréneux. Pour soigner ces maux, les Antonins administrent aux malades le «Saint vinage», une macération de plantes mises en contact avec les reliques de Saint Antoine et leur assurent au quotidien une alimentation saine. Ils procurent également le baume de Saint Antoine, un onguent cicatrisant élaboré à partir de douze plantes aux propriétés curatives.
Longtemps octroyée à tort à Albrecht Dürer, la paternité des peintures et sculptures est désormais attribuée à Grünewald et Nicolas de Haguenau.

J’y vois une telle symbolique avec notre période Covid-19, tellement surréaliste
et inédite,

d’abord dans la panneau de la Tentation de St Antoine, qui résume les maux que certains des malades subissent, puis vient la Résurrection, c’est à dire la sortie du confinement et la guérison pour tous les malades

Le Retable décrypté à écouter en ligne

Pantxika De Paepe, conservatrice en chef et directrice du musée, vous présente sous forme de podcast, le Retable d’Issenheim en 6 épisodes.

À écouter chaque semaine à partir du 5 avril 2020 sur Deezer et Spotify et sur cette page. Regardez l’œuvre en ligne ici

Texte et photos  musée Unterliden

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Philippe GELUCK, Le Chat à Matignon

Parallèlement à son exposition au musée Soulages (9/5),
le Chat de Philippe Geluck
enchante les Champs-Élysées à Paris et ceci jusqu’au 09.06.21
Décidément la Covid incite à certaines dérogations, je vais parler
d’une exposition que je n’ai vue qu’en photos.

Une exposition en plein air de vingt sculptures monumentales en bronze
du « Chat » de Philippe Geluck.
Le célèbre félin a pris ses quartiers sur la plus belle avenue du monde
jusqu’au 9 juin 2021 avant d’entreprendre un grand tour de France et
d’Europe.
Au terme de son périple, l’exposition reviendra à Bruxelles où elle
sera installée au Parc Royal, au moment de l’inauguration du Musée
du Chat et du dessin d’humour en 2024.

Les sculptures

Mesurant 2,70 m de haut, chaque pièce pèse 2,5 tonnes, chacune de ces sculptures met en scène le Chat dans différentes représentations humoristico-poético-délirantes.
« À travers ces vingt pièces, j’espère apporter au
public de la joie, du rire et une certaine poésie surréaliste que nous affectionnons en Belgique»,
confie Philippe Geluck.
Entre la place de la Concorde et le Rond-Point des Champs Elysées, 20 sculptures en bronze conçues et moulées par le dessinateur belge ont été installées.

Sculpteur : François Deboucq ;
Maître-fondeur : Jo Van Geert.

Huberty & Breyne, galerie

À cette occasion, Huberty & Breyne propose aux visiteurs une immersion dans les coulisses de cette épopée artistique.
Du 26 mars au 5 juin, elle dévoilera dans sa galerie de l’avenue Matignon les dessins préparatoires ayant servi à la réalisation des sculptures ainsi que certains bronzes au format original.
L’exposition permet également de découvrir des toiles et dessins de grand format, ainsi que des oeuvres multiples en hommage aux grands noms de l’histoire de l’art.

« C’est en revoyant des images de l’exposition Botero sur les Champs-Élysées (1992) que je me suis dit que Le Chat s’y sentirait bien, lui aussi.
Les personnages de Botero sont gros, Le Chat est pas mal enveloppé non plus. Les sculptures de Fernando sont en bronze, pareil pour les miennes.
Enfin, le peintre colombien s’est mis un jour à la sculpture, j’ai suivi la même démarche », explique Philippe Geluck.

On connaît Philippe Geluck pour ses dessins du Chat, moins pour ses sculptures. « J’en fais depuis 25 ans mais cela se sait peu, a-t-il confié.
J’ai mis en volume le Chat en 1988 pour la première fois, dans de la terre glaise.

Cette terre est ensuite moulée, on en fait une cire puis un bronze. »
se rappelle-t-il.

Pour ce projet d’envergure Philippe Geluck se souvient :
« L’idée m’est venue en mars 2018 lors d’une séance de travail sur le projet du Musée du Chat et du dessin d’humour
(qui ouvrira ses portes à Bruxelles en 2024). Et si j’envoyais promener mon personnage pendant tout ce temps ?
La proposition sembla plaire à l’équipe et nous nous mîmes au travail
. »
Reportées suite au confinement, l’inauguration de l’exposition
à la galerie Huberty & Breyne et l’installation sur les Champs-Elysées
se sont déroulées en concomitance
,
le jeudi 25 mars et le vendredi 26 mars en présence de Philippe Geluck.

Spécialisée depuis près de 30 ans dans les originaux de Bande Dessinée,
Huberty & Breyne s’impose comme une référence internationale dans le domaine du 9e Art.


Présente à Bruxelles et à Paris, la galerie propose aux collectionneurs
une sélection rigoureuse d’oeuvres originales signées par les plus grands maîtres du trait comme Hergé, Franquin, Martin, Hubinon ou Schuiten.
Elle est le représentant exclusif de Milo Manara et s’engage également
aux côtés d’artistes contemporains comme Philippe Geluck, François Avril, Jean-Claude Götting, Loustal, Miles Hyman et Christophe Chabouté.
La galerie prend part aux grands rendez-vous du marché de l’art en participant à des foires internationales tels que la Brafa (Brussels Antiques & Fine Arts Fair),

1 – 54 London, Art Paris Art Fair ou encore Drawing Now.
Parallèlement Alain Huberty et Marc Breyne sont les experts de Bande Dessinée auprès de Christie’s.

BRUXELLES | CHÂTELAIN
33 place du Châtelain
1050 Bruxelles
+32 (0)2 893 90 30
Mardi > Samedi
11h – 18h

PARIS | MATIGNON
36 avenue Matignon
75008 Paris
+33 (0)1 40 28 04 71
Lundi > Samedi
11h – 19h
contact@hubertybreyne.com
www.hubertybreyne.com

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Sommaire du mois de mars 2021

                                             photo Robert Cahen

Et la Covid-19 est toujours là

27 mars 2021 : Dorian Sari
Post-Truth (Prix culturel Manor 2021)
21 mars 2021 : Eliane Goepfert
20 mars 2021 : Sophie Taeuber-Arp
Abstraction vivante

17 mars 2021 : Le Définitif – c’est le Provisoire
10 mars 2021 : Qalqalah
09 mars 2021 : Le Séchoir, en mouvement
07 mars 2021 : Banksy – Building castle in the sky
04 mars 2021 : «Leu Art Family. Caresser la peau du ciel»
Museum Tinguely, Basel

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Noir & Blanc : une esthétique de la photographie

Mary Ellen Mark, Immigrants, Istanbul,Turquie (détail), vers 1977

mise en ligne de visites virtuelles de l’exposition
Noir & Blanc : une esthétique de la photographie
à partir du 18 février
suite à l’impossibilité d’ouvrir l’exposition

« Le monde en noir et blanc recèle quelque chose de mystérieux qui ne peut être décrit et qui est formidablement séduisant. Est-ce faux de penser que cela touche nos cœurs d’autant plus fort que nous vivons à une époque où tout peut être photographié en couleurs ? » Shoji Ueda.

Mario Giacomelli

Cette exposition présente des chefs-d’oeuvre en noir et blanc des collections photographiques de la Bibliothèque nationale de France (BnF), exceptionnellement réunis pour l’occasion. Nadar, Man Ray, Ansel
Adams, Willy Ronis, Helmut Newton, Diane Arbus, Mario Giacomelli, Robert Frank, William Klein, Daido Moriyama, Valérie Belin… Les grands noms de la photographie française et internationale sont réunis dans un parcours qui embrasse 150 ans d’histoire de la photographie noir et blanc, depuis ses origines au XIXe siècle jusqu’à la création contemporaine.

André Kertész

150 ans d’histoire de la photographie noir et blanc
Dans la continuité des grandes expositions de photographie organisées depuis 2012 dans la Galerie Sud-Est du Grand Palais, l’exposition Noir & Blanc présente plus de 300 tirages représentatifs de la collection
exceptionnelle du département des Estampes et de la photographie de la BnF.
Cette présentation se concentre sur le XXe siècle et la période contemporaine sans omettre un préambule de quelques photographies du XIXe siècle : ainsi le thème est traité sur plus de 150 ans à travers l’oeuvre
d’environ 200 photographes de plus de 30 nationalités.

Willy Ronis

Suite à l’impossibilité d’ouvrir l’exposition Noir & Blanc : une esthétique de la photographie. Collection de la Bibliothèque nationale de France, initialement prévue au Grand Palais du 8 avril au 6 juillet 2020, reportée une première fois du 12 novembre au 4 janvier 2021, puis une seconde fois du 16 décembre au 1er février 2021, la Rmn – Grand Palais met en ligne dès le 18 février prochain des visites virtuelles afin de permettre au public de profiter malgré tout de l’exposition :
une visite virtuelle autonome avec audioguide où le visiteur circule à son rythme, de salle en salle, à travers plus de 300 tirages dont 33 oeuvres bénéficiant de contenus audioguide. En début de parcours une introduction sonore de Sylvie Aubenas, commissaire principale de l’exposition lui est proposée.
– Puis, au cours de la balade, certaines des oeuvres sont accompagnées d’icônes qui permettent d’accéder à des contenus complémentaires, textes et audio. L’affichage en haute définition de cette sélection d’oeuvres
permet également de zoomer en profondeur et d’en apprécier la subtilité.
Le lien acheté par le visiteur vers la visite est unique et nécessite un mot de passe valable pendant une semaine : du mercredi au mardi suivant.
Un extrait de cette visite se trouve ici.

une visite guidée en direct commentée par un conférencier de la Rmn – GP, qui permet de découvrir l’exposition en une heure grâce aux commentaires éclairés du guide conférencier et de lui poser directement des questions en fin de visite. Chaque visiteur obtient un lien avec un mot de passe valable
durant l’heure de son créneau de réservation.

Valérie Belin

Est utilisée une technologie de pointe basée sur de multiples prises de vues photographiques à 360° et des relevés lasers.
Explor Visit (spécialiste des visites virtuelles 3D et des visites guidées à distance) a réalisé la captation de l’exposition Noir & Blanc en très haute définition. Le modèle 3D ainsi constitué offre au visiteur
un sentiment d’immersion dans les espaces scénographiques et lui permet de s’approcher au plus près des oeuvres exposées.
Ces deux types de visites sont disponibles sur réservation dès le 18 février dans le programme en ligne du site grandpalais.fr et bnf.fr.
tarifs :
4 € la visite autonome avec audioguide
8 € la visite guidée avec un conférencier de la Rmn – GP
du 18 février au 18 juin 2021
Noir & Blanc sur la toile est toujours disponible avec des vidéos, des jeux pour enfants et des relais sur les réseaux sociaux de la Rmn – Grand Palais avec notamment un filtre Instagram créé par l’artiste Ines Longevial.

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ORLINDA GALLERY

ART URBAIN CONTEMPORAIN & POST GRAFFITI

ORLINDA GALLERY

site officiel : https://orlinda.gallery/galerie-orlinda/

L’art à la portée de tous 

La galerie Orlinda propose  des expositions et des ventes d’oeuvres d’art  signées d’artistes urbains contemporains internationaux, nationaux et locaux. Mais ce n’est pas tout. Contrairement à d’autres, la galerie d’art Orlinda se veut surtout être un acteur culturel qui s’efforce de montrer, dans les rues alsaciennes, la pluralité des disciplines du street art.

                    Pour nous l’art doit être à la portée de tous. 

J’avoue tout, je ne connais pas grand chose au street art, à part ma
vénération sans borne pour Ernest Pignon Ernest , qui d’ailleurs
se défend d’être un artiste de cette discipline, 

Quand j’interviens dans un lieu, j’inscris dans le lieu un signe
d’humanité »,
précise-t-il. « Je n’expose pas des dessins dans la rue, je provoque quelque chose dans la rue », dit-il encore avant de compléter :
« ce que je propose, ce n’est pas mon bonhomme, c’est bien le lieu et sa mémoire.
»-

quelques rencontres avec JR à Mulhouse de ci de là à Baden Baden,
ou encore le célèbre inconnu Banksy, ma curiosité m’a portée vers
cette charmante Orlinda et sa gallery.
L’appellation art urbain contemporain s’impose de plus en plus en remplacement du Street Art. Le mouvement a aujourd’hui 50 ans et
traverse déjà 3 générations. 

Entretien confiné

Comment êtes-vous venus à l’art ?
Un cursus scolaire en art plastique jusqu’en terminale lié à un intérêt qui ne m’a jamais quitté pour l’art et notamment, les mouvements d’avant-garde comme Dada, le surréalisme, le constructivisme.  Même si ensuite mes études universitaires ont plutôt été orientées vers la communication d’entreprise et l’informatique, mes livres de chevet ont toujours fait référence à l’art. En vacances ou pendant mes week-ends je me suis toujours arrangée pour visiter tel ou tel musée ou expo. Enfin en 2010, un ami de mon mari nous a fait découvrir la peinture haïtienne dont certains artistes vaudou du mouvement saint soleil– c’était absolument passionnant – nous sommes devenus d’abord acheteurs de ces peintres jusqu’à les représenter en France. C’était un premier doigt de pied dans le grand bain de l’économie de l’art. C’est d’ailleurs ce qui m’a décidé à me lancer dans la vente d’art et de quitter mon emploi. Mais pour que ça devienne crédible économiquement (autrement dit que je puisse quitter mon travail de salariée) nous nous sommes rendus compte qu’il fallait aussi nous ouvrir à d’autres artistes plus occidentaux. L’art haïtien est riche et intéressant mais ça reste une niche et les collectionneurs sont peu nombreux en France. Voilà comment petit à petit j’ai été amenée à rencontrer de nouveaux artistes  et plus particulièrement ceux qui oeuvraient dans la rue. Ceci dit j’ai passé mon adolescence dans un quartier très populaire à Colmar et je fréquentais déjà des artistes graffiti. C’est un univers que je connais depuis longtemps.

Vos parents, leur éducation ?
Je suis un pur produit de classe moyenne alsacienne. Mes parents ne m’ont pas vraiment initié à l’art même si ma mère était couturière/costumière au théâtre municipal de Colmar ce qui m’a permis d’en découvrir les coulisses. Mon père est parti vivre à la Réunion ouvrir une concession de voitures à l’autre bout du monde quand j’avais 10 ans  – j’ai passé mon adolescence entre les 2 mois d’été tropicaux avec mon père et le reste de l’année avec ma mère et ma soeur. Je me suis forgée toute seule mon appétence pour les arts visuels au fil des années. Puis plus tard avec mon mari (qui est aujourd’hui co gérant de la SARL qui gère la galerie), en fréquentant expositions, musées et surtout les ateliers d’artistes.

Qu’est-ce qui vous a attiré dans le métier de galeriste ?
Découvrir des talents. C’est le rêve de tous galeristes, découvrir une pépite et la porter sur le devant la scène. C’est un peu caricatural de dire ça mais c’est quand même le moteur du métier. Être galeriste selon moi ce n’est pas juste vendre des œuvres c’est aussi et d’abord accompagner l’artiste , lui proposer des projets hors de son atelier qui peut lui offrir de la visibilité. C’est tout ça qui me plait dans ce métier. C’est d’ailleurs un métier en pleine mutation.

                                                Rafael  SLIKS

En quelle année la galerie ?
En 2010 pour nous avons créé une galerie associative pour promouvoir les artistes haïtiens. C’était une galerie itinérante. Nous avons organisé de belles expositions dont une au parlement européen à Strasbourg et au Musée du Montparnasse à Paris. C’est en 2015 que je me suis totalement professionnalisée avec mon propre lieu et une galerie qui porte mon nom.

Orlinda est-ce votre prénom ? quelle origine ?
Oui c’est mon vrai prénom. Une idée de mon père – c’est un prénom brésilien je crois mais c’est aussi le nom d’une petite ville aux Etats Unis connue pour abriter un pénitencier assez dur, ou encore une des plus vieilles cités brésiliennes, cité de culture.

Pourquoi avez-vous choisi le Street Art ?
Je vivais avec ma mère dans les quartiers ouest colmariens et j’avais des copains qui faisaient du graffiti. Je reconnaissais leurs œuvres quand je les croisais ici ou là. C’est un mouvement qui a été portée par ma génération née dans les années 70. Celle du hip hop et du punk des années 80. C’est un mouvement très populaire.

Y a-t-il une différence entre le Street art, l’art urbain, les fresques, les graffiti, ou le graphe quand on est plus chic  ?
En fait tous ces mouvements n’ont théoriquement rien à voir les uns avec les autres. Le seul point commun qu’ils peuvent avoir c’est leur zone d’expression qui est la rue. Street art est aujourd’hui un terme générique qui essaye de regrouper toutes ces formes mais c’est un terme qui est devenu marketing, et donc galvaudé qui ne veut plus rien dire. Pour peu qu’un artiste utilise de la bombe sur une toile avec deux ou trois coulures, il est classé street art. C’est dommage, ça trouble le public et ça rend les choses difficiles à comprendre pour les néophytes. 
Les grandes fresques murales appartiennent à un mouvement qui s’appelle le néo muralisme.

                                                      Andréa Ravo-Mattoni

– le vrai muralisme était un mouvement artistique mexicain des années 1920 très politique.
Le graffiti lui est né aux états unis dans les années 60 70 avec le punk et le hip hop. C’est d’abord une signature. Une manière de dire « j’étais là » mais pour certains c’était aussi de manière de délimiter un territoire. Ces signatures se sont de plus en plus perfectionnées avec le temps jusqu’à devenir pour certaines des œuvres calligraphiques tendant de plus en plus vers l’abstraction. Et il y a les années 80 en France avec les pochoiristes de la première heure comme Blek le rat, Miss Tic par exemple.
Personnellement j’aime bien le terme d’art urbain. Des artistes comme Daniel Buren, Ernest Pignon Ernest ou encore Christo sont (ou étaient si on parle de Christo) des artistes urbains et n’ont rien à voir avec le muralisme ou le graffiti. Ce qui est intéressant c’est l’impact d’une œuvre dans l’espace publique. Ces œuvres évoluent aussi avec la rue –elles sont toutes éphémères –  certaines sont recouvertes immédiatement par d’autres personnes, d’autres se dégradent avec le temps, la pluie et la pollution. Elles se transforment toutes. Une œuvre dans la rue a une durée de vie limitée de quelques heures à quelques années.  C’est ce qui m’attire. Certaines sont massives et d’autres sont  toutes petites et interagissent avec un élément urbain. Après, évidemment certains de ces artistes produisent des œuvres d’ateliers pour les vendre et s’assurer des revenus. C’est elles que je montre dans ma galerie. Elles sont forcément plus pérennes aussi. Je vous propose de vous rendre sur ma chaine Youtube et de visionner ma vidéo https://www.youtube.com/watch?v=Ej9sX9nz3kQ
où justement j’explique la différence entre ces différents types d’art.

Mais comme dans tous les courants , il y a des radicaux qui refusent que leurs œuvres quittent la rue et sont totalement contre les galeries qu’ils voient comme des marchands du temple et sont généralement encore plus contre les musées qu’ils considèrent comme des lieux élitistes coupés de la réalité. Les artistes urbains sont tous différents et ont tous des aspirations différentes –
ce n’est absolument pas un mouvement uniforme issu d’un manifeste.
Vous trouvez de tout…. à l’image d’une rue.

Exposez-vous d’autres artistes que ceux du Street Art ?
Oui – même si c’est vrai que la plupart de mes artistes interviennent tous dans la rue. Certains sont même plus dans la rue à tester de nouvelles techniques que dans leurs ateliers. Mais je ne fais pas une fixation. Je travaille aussi avec quelques artistes qui ne proposent qu’un travail d’atelier.

Comment travaillez-vous?
Aujourd’hui les réseaux sociaux nous permettent de rencontrer des artistes des 4 coins du monde. Certains me sont conseillés par des confrères ou des artistes ou avec qui je travaille déjà. Au- delà de l’expo en galerie ou dans des  foires, ce qui m’intéresse c’est de proposer à mes artistes des projets hors les murs. Montrer justement au public ce que peut faire l’artiste lorsqu’il sort de son atelier. Ça peut être une collaboration avec une municipalité, un bailleur social qui possède de grands immeubles ou alors des entreprises. J’aime bien l’idée que l’art rentre dans toutes les sphères de la société. Tout est possible.

                                      Kef

Pouvez-vous parler de votre travail, en quoi cela consiste ?
Mon métier c’est d’abord Promouvoir le travail de mes artistes et de tout mettre en œuvre pour ça. Leur créer des opportunités en termes économiques  et de visibilité. Le but de nombreux artistes est de continuer jour après jour à vivre de leur création via la professionnalisation. Je suis un élément parmi d’autres qui va leur permettre d’atteindre ce but, de les sécuriser et de pérenniser cette professionnalisation.

                                                                Clet

A quel endroit ? maison, partout, une méthode ?
Mes expos se déroulent généralement dans ma galerie ou dans des foires auxquelles je participe. Ces expos servent à vendre les œuvres de mes artistes. Pour des projets hors les murs je commence à avoir un petit réseau de contacts. On vient également de plus en plus me voir pour des projets.

Sur quel critère faites-vous le choix d’un artiste, que vous allez exposer ?
Idéalement seul le cœur doit parler. Mais le cœur doit aussi faire de la place à la raison. D’abord je travaille avec des artistes pro ou qui ambitionnent de devenir professionnels. C’est important car, ça conditionne beaucoup de choses dans la relation qu’ils vont entretenir avec la galerie. Evidemment il faut que leur univers me parle, c’est le BEABA du métier. Mais il faut aussi que je sois persuadée d’être en mesure de leur servir à quelque chose. Par exemple il faut que je sois persuadée d’avoir des clients qui pourraient être intéressés par l’acquisition de leurs oeuvres.

Faire travailler un artiste sur une expo et ne pas lui vendre une seule œuvre peut être dramatique. Il aura consacré du temps et de l’énergie pour rien et un échec commercial, peut être vécu comme un rejet. Au delà de l’aspect économique évident – nous avons tous des loyers à payer, un frigo à remplir et des enfants à habiller – un échec commercial peut être très mal vécu psychologiquement.
Or je ne fais pas ce métier pour ça. Voilà pourquoi au-delà du cœur, je sélectionne mes artistes avec raison et rigueur. Je veux être certaine
de pouvoir leur apporter du positif. 

Artiste connu, valeur sûre, inconnu ?
J’ai les 3. Evidemment je fais ce métier pour détecter de nouveaux talents et les faire connaitre. Mais pour se forger une clientèle il faut aussi des artistes connus et des valeurs sures. Comme dans une maison d’édition , vous avez des écrivains médiatisés qui génèrent suffisamment de revenus pour permettre à l’éditeur de prendre des risques avec des premiers romans. Une galerie fonctionne un peu sur le même principe. C’est un équilibre assez subtile. Mais je ne suis pas une marchande d’art qui achètent des toiles d’artistes connus et qui se contentent de les revendre plus chères. Ce n’est pas ça qui m’intéresse.

 

                                                    Jana & JS

La clientèle, un milieu pointu, particulier, régional, local, international ?
J’ai une clientèle internationale. Des collectionneurs chevronnés comme des néophytes qui découvrent les arts urbains. Je vends d’ailleurs beaucoup plus à l’international qu’au niveau régional. Ma participation à de nombreuses foires en Suisse, Belgique, Luxembourg ou sur Paris m’a permis de rencontrer de nombreux acheteurs des 4 coins du monde. Ensuite j’ai aussi la chance de travailler avec des artistes très médiatisés aux Etats Unis, du coup via mon site internet et mes réseaux sociaux, j’ai pu développer une vraie clientèle là bas. Mais attention ici dans l’Est  j’ai aussi  des clients qui me suivent et me font confiance. Certains m’achètent des œuvres sur toutes mes expos.

As-vous des horaires définis ?
La galerie est ouverte du jeudi au samedi à partir de 10 H .

L’ambiance, musique, silence, intérieur, extérieur ?
Ça dépend de mon humeur …mais je préfère quand c est vivant.

Vos références : des artistes en particuliers des maîtres ?
Ils sont trop nombreux pour les citer. C’est vrai que les dadaïstes auront toujours une place particulière. J’essaye d’avoir autant de plaisir à Pompidou qu’à Unterlinden Colmar, en passant par les Offices à Florence.
Chaque époque, chaque mouvement a ses maitres.

Avez-vous des références littéraires ou musicales qui vous orientent dans le choix d’artistes?
Mes lectures tournent souvent autour de l’histoire de l’art mais ce sont des livres souvent techniques ou des livres écrits par des artistes. Mais pour mes choix d’artistes je préfère rester vierge. J’essaye de cultiver l’étonnement.

Pourquoi la rue des Trois Rois ?
C’est une rue en pleine renaissance – de chouettes restaurants et bars à vins s’y installent – elle est un peu à l’image de Mulhouse en pleine reconquête.

Le mur ?
Ce sont de belles associations. C’est même une fédération. Ils font un boulot formidable dans toutes les villes. J’aime beaucoup travailler avec eux Colmar et Mulhouse.

Kinepolis, ailleurs ?
A l’origine je cherchais un lieu ou je pouvais faire intervenir mes artistes sans forcément avoir besoin d’avoir des autorisations qui prennent souvent du temps à obtenir. En plus le parking couvert est un lieu qui est plébiscité par les artistes vandales.

                                                        Psyckoze
Mais là l’idée justement c’est de conserver l’énergie mais en cadrant les choses. On a mis un an à discuter avec la maison mère du Kinepolis en Belgique, mais ça a fonctionné, ils ont fini par accepter et finalement on a carte blanche pour faire ce qu’on veut. Le lieu est tellement grand qu’on a décidé de faire appel aux associations du Mur Mulhouse et Colmar pour organiser des sessions de peintures. Pour ma galerie ça permet aussi de faire de la veille et voir un peu ce que font les artistes du Grand Est. C est important d’être en contact avec eux. D’ici quelques années le lieu risque de devenir incroyable. Le parking est surveillé donc il n’y a pas de risques de dégradation et les murs sont à l’abri des intempéries.

Les murs peints de Mulhouse ?
Evidemment une tradition depuis le 16 ième siècle. C est pour ça que j’ai choisi Mulhouse. Ici je savais que j’aurais une certaine facilité à mettre de l’art dans la rue.  Mulhouse est une ville post industrielle en pleine mutation – le graffiti est un mouvement artistique post industriel en pleine mutation  – s’installer ici sonnait comme une évidence.

Qu’est  devenu votre travail pendant le confinement ?
Dès le départ en 2015 nous avons décidé de prendre le virage internet. Nous avons mis en place les conditions de la vente à distance dès le début. Sur le plan économique la galerie n’a pas souffert du confinement bien au contraire. Pendant le confinement j’ai repris ma casquette de webmaster.
On a vendu une toile pour soutenir l’hôpital de Mulhouse – on a fait des vidéos pour nos suiveurs et on a soutenu nos artistes psychologiquement et financièrement aussi. 

Qu’est-ce que vous avez envie de partager ?
J’aimerai que les institutions muséales s’intéressent un peu plus à nos mouvements. Pour le moment, les institutions boudent encore un peu ces mouvements, sans doute les jugeant trop graphiques, trop illustratifs,
mais je crois beaucoup au retour de l’intelligence de la main.
Les artistes avec lesquels je travaille sont souvent de sacrés techniciens,
ils maitrisent le dessin tout simplement or les institutions considèrent
ça avec encore trop de mépris. Elles ont tendance à trop privilégier le discours. Mais les choses changent … j’en suis convaincue.

Avez-vous des contacts avec les artistes mulhousiens, les autres, les autres galeristes, la municipalité ?
Oui bien sur ils viennent souvent me voir et j’ai de bonnes relations avec les artistes mulhousiens. J’ai également de très bonnes relations avec les autres galeries de Mulhouse et notamment avec Christian Lang. J’ai la chance d’avoir de très bons interlocuteurs à la mairie.

                                     Orlinda au ministère de la culture

Vos relations avec la clientèle :
J’essaye de donner du temps à tous les gens qui viennent me voir qu’ils soient acheteurs, amateurs d’art ou simples curieux. Peu importe, je sais que c’est pas facile de rentrer dans une galerie quand on a pas l’habitude. C’est un lieu qui n’a pas forcément bonne presse , beaucoup de gens se sentent encore illégitimes pensant qu’on va les juger sur leur capacité d’achat. Je crois que c’est terminé. Ce genre de galeries n’existe plus. Aujourd’hui nous sommes des lieux ouverts gratuits ou l’on vient passer un bon moment.

La Galerie agit-elle sur votre manière de vivre 
Oui on est galeriste H 24 – ce n’est pas un métier qu’on choisit car on ne savait pas quoi faire d’autre. On est en alerte en permanence – toujours à apprendre, toujours à regarder et à fouiller. On le fait par passion, ça nous hante en permanence.

                                                            C215

L’œuvre achetée dans une galerie est-elle plus chère que celle achetée auprès d’un artiste ?
Nonou alors c’est que l’artiste ou le galeriste n’a rien compris et qu’il n’est pas pro. Un artiste a  un prix de marché et ce prix doit être le même qu’il soit en sortie d’atelier ou à la galerie. C’est l’artiste qui fixe ses prix – mais évidemment, si j’estime que ce prix est hors sol par rapport à son cv ou ses passages en salles de ventes, je l’inviterais à réviser ses prix à la baisse et plus rarement à la hausse. Par contre, si j’apprends que l’artiste casse ses prix à l’atelier, on arrête immédiatement toute collaboration. C’est qu’il n’a pas confiance en son travail. C’est pour ça que c’est important de travailler avec des artistes professionnels ou qui ont cette ambition pour ne pas avoir de mauvaises surprises. Et inversement c est important pour les artistes de travailler avec des galeristes professionnels.

Les artistes doivent-ils être le reflet des sentiments, de la vision de leur époque ?
Oui je pense que les artistes répondent à une époque, à une génération. Voilà pourquoi je parlais d’intelligence de la main qui je pense correspond à l’époque. Je pense que nous sommes en train de renouer avec cette forme d’intelligence.

Une devise ?
La beauté sauvera le monde

Quelle est votre plus belle rencontre en art ?
Une œuvre de Gilles Barbier en 2002 à Art Basel Unlimited intitulée : L’hospice

Une définition de l’art ?

Inutile et donc essentiel

Les artistes
C215, L’Atlas, Clet Abraham, Shaka, Aurel Rubbish, M-City, RNST, Jana & Js, OakOak , Psyckoze, Kef  

Orlinda  au Stamala en compagnie de Francine Hebding à Radio MNE

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ORLINDA GALLERY
ART URBAIN CONTEMPORAIN & POST GRAFFITI
33, rue des Trois Rois
68100 Mulhouse, Alsace
FRANCE

OUVERTURE

Jeudi, vendredi
10h-12h et 14h30-19h

Samedi
10h-12h30 et 14h30-19h

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