Sommaire du mois de janvier 2026

Isabelle Dubois-Brinkmann directrice du musée des BA et du musée historique
Mitsuo Shiraishi

29 janvier 2026 : Cezanne le père de l’art moderne
25 janvier 2026 : Tu gères la fougère – Pascal Bastien S’écrire – Anne Delrez la Conserverie, un lieu d’archives
21 janvier 2026 : Les Nuits de la lecture – Villes et campagnes Déambulations – Théâtreau Musée Unterlinden
12 janvier 2026 : Louis Couperin par Jean Rondeau, clavecin Ruckers 1624

Cezanne le père de l’art moderne

Paul Cezanne
Pommes et oranges, ca. 1899
Huile sur toile, 74 x 93 cm
Musée d’Orsay, Paris
© GrandPalaisRMN (musée d’Orsay)

A la Fondation Beyeler du 25 janvier – 25 mai 2026
L’exposition « Cezanne » est placée sous le commissariat d‘Ulf Küster, Senior Curator de la Fondation Beyeler.

Nouveau ♠
Pour visiter le musée et toutes ses expositions, vous pouvez
réserver ici votre billet avec une date et un créneau horaire fixe.
 
Présentation par respectivement Sam Keller puis Ulf Kuster sur Youtube

Prologue

Voir l’introduction sur Arte

Pour la première fois de son histoire, la Fondation Beyeler consacre une exposition monographique à Paul Cezanne (1839-1906), pionnier de l’art moderne et artiste majeur de sa collection. Réunissant environ 80 oeuvres, l’exposition se concentre sur la dernière et la plus significative des périodes de
travail du peintre français, donnant à voir Cezanne au sommet de son art : portraits énigmatiques, figures paradisiaques de baigneurs et de baigneuses, paysages provençaux viscéralement évocateurs, et enfin son motif privilégié, la montagne Sainte-Victoire, dont il réalise des vues toujours renouvelées.
Dans son atelier du sud de la France, Cezanne met son intuition magistrale au service d’un puissant jeu de tensions entre lumière, couleur et forme, construisant des images révolutionnaires qui inspirent jusqu’à aujourd’hui des générations d’artistes. L’exposition donne à voir un artiste qui a réinventé la
peinture, s’établissant ainsi, selon les mots de Pablo Picasso, comme
« notre père à tous ».
NB : n’oubliez pas de contempler les Picasso dans le foyer de la Fondation.

Devant « les Grandes Baigneuses » (conservé aujourd’hui à la Barnes Foundation)Devant « les Grandes Baigneuses » (conservé aujourd’hui à la Barnes Foundation),, 19050000, ,, , ,,,,
L’exposition

L’exposition présente l’oeuvre tardive profondément novatrice de Cezanne à travers 58 huiles sur toile et 21 aquarelles provenant de célèbres collections institutionnelles et privées de Suisse, de France, d’Allemagne, du Royaume-Uni, d’Espagne, des Pays-Bas, du Danemark et des États-Unis. Aux côtés de tableaux emblématiques de collections publiques majeures, telles celles du Museum of Modern Art (MOMA) et du Metropolitan Museum (MET), tous deux à New York, du Musée d’Orsay à Paris, du Philadelphia Museum of Art,
de la National Gallery of Art Washington et de la Tate à Londres, la moitié des oeuvres exposées sont de rares prêts venant de collections privées.

Points forts

Il faut souligner, un accrochage exceptionnel, qui permet de bien suivre le travail de Cezanne.
Parmi les points forts de l’exposition figure le rassemblement de neuf vues de la montagne Sainte-Victoire, ainsi que la présentation conjointe des deux rares versions des joueurs de cartes : d’une part l’oeuvre très connue de la Courtauld Gallery à Londres,

Joueurs de cartes Courtauld Gallery à Londres 1892-1896

d’autre part les Joueurs de cartes du Musée d’Orsay à Paris, qui sont tout aussi légendaires. Sont également exposées 14 natures mortes de fruits du peintre, très appréciées, ainsi que huit portraits et autoportraits remarquables. Par ailleurs, La pierre à moudre au parc du Château Noir
(La meule), 1892–1894, est une oeuvre majeure venue de Philadelphie, qui n’a jusqu’ici jamais été prêtée en Europe.

La pierre à moudre au parc du Château Noir
(La meule), 1892–1894 Philadelphia Museum of Art, Philadelphia

C’est la première fois que deux versions à l’aquarelle du Garçon au gilet
rouge sont présentées l’une à côté de l’autre, ce qui constitue un événement particulier.


Aquarelles du garçon au gilet rouge sur papier
collection privée

Plusieurs oeuvres, qui n’avaient pas été montrées depuis des décennies, sont également exposées, dont le Portrait de Paul Cezanne, vers 1895. L’exposition met en avant de nombreux tableaux sur lesquels Cezanne a
volontairement laissé la toile en partie non peinte,

CH11964772 La Montagne Sainte-Victoire vue des Lauves, c. 1904 (oil on canvas) by Cezanne, Paul (1839-1906); 54 x 65 cm; Private Collection; Christie’s Images.

ainsi que plus de 30 paysages de Provence.

Portrait de Paul Cezanne, 1895 collection privée

La route tournante en haut du chemin des Lauves 1904/1906

L’exposition débute au milieu des années 1880. Cezanne s’était alors émancipé de l’impressionnisme et avait développé le style qui fait de lui une figure clé de l’art moderne. Natif d’Aix-en-Provence, l’artiste ose à la fin du XIXe et au début du XXe siècle une approche artistique radicalement nouvelle, en libérant la peinture de conventions traditionnelles comme celle de la perspective centrale ou la représentation anatomique. L’ambition déclarée de Cezanne était de ne plus représenter la nature mais d’analyser et de rendre visible dans son travail le processus de la peinture du monde naturel.

La Montagne St Victoire

AR-38-6, 1/17/06, 2:05 PM, 16C, 7470×9830 (182+564), 100%, 8JUL2005, 1/30 s, R58.7, G57.4, B86.0

Paul Cezanne se passionne pour la montagne Sainte-Victoire. Encore et encore, il installe son chevalet devant le massif rocailleux, parce qu’il y voit un champ d’essai idéal pour la question centrale qui l’anime : comment peindre le monde tel qu’on le perçoit vraiment ?

Pour Cezanne, cela signifie qu’il ne faut pas simplement représenter la nature mais donner à voir ses formes, ses couleurs et son atmosphère, l’art comme parallèle à la nature. Des années 1880 à sa mort, il peint la montagne Sainte-Victoire une trentaine de fois à l’huile et en réalise de nombreuses vues à l’aquarelle. L’exposition à la Fondation Beyeler réunit
sept peintures à l’huile et deux aquarelles.

S’il exécute un nombre quasiment infini de versions, c’est moins dans un esprit de recherche obstiné que dans une tentative cohérente et systématique de se rapprocher de cette vision. Cezanne cherche à réconcilier la puissance immuable de la montagne et les impressions fugaces de l’instant – une quête qui exercera plus tard une influence déterminante sur des artistes tels que Pablo Picasso ou Georges Braque.

Les Baigneurs

Les figures de baigneurs et de baigneuses constituent un autre motif central de l’exposition : Paul Cezanne revient régulièrement à ce sujet et y apporte toujours de nouvelles variations, sondant ainsi la relation entre l’être humain et la nature. Au lieu de représenter des figures idéalisées, Cezanne mêle si étroitement les corps et le paysage que les baigneurs·ses se fondent dans le rythme des arbres, épousent les berges sinueuses du fleuve ou semblent surgir de terre comme des plantes. Cette fusion silencieuse confère aux
scènes leur tension particulière : les figures sont à la fois présentes et sur le point de disparaître dans leur environnement. Les baigneurs·ses de Cezanne associent la tradition classique du nu à une approche moderne de la forme et de l’espace.

Les natures mortes

Les natures mortes de Paul Cezanne témoignent également de ses efforts inlassables pour transposer le monde visible en un ordre solide et presque hors du temps. Ces toiles, qui ressemblent à première vue à de simples agencements de pommes, de poires, d’oranges, de cruches, de pichets, de pains et de nappes
au drapé soigneusement arrangé, s’avèrent en réalité être le terrain d’expérimentations approfondies sur la forme, la couleur et l’équilibre. En transformant les fruits en de solides et compactes masses colorées, en
modelant ses tissus tels des paysages mouvants et en explorant le jeu subtil de l’ombre et de la lumière sur les surfaces lisses de différents récipients, Cezanne transforme des objets ordinaires en éléments constitutifs d’une nouvelle architecture picturale. Ses natures mortes ne sont pas des instantanés mais des
constructions réfléchies dans lesquelles chaque objet est doté d’un poids, d’un volume et d’un effet spatial


– laissant apparaître la manière dont Cezanne perpétue, à petite échelle, la même quête de l’ordre intérieur des choses qui le fascine aussi dans la vaste nature.

Les portraits

Ce sont :L’autoportrait à la palette 1890,  le jardinier Vallier, Ambroise Vollard, Madame Cezanne, le garçonnet au gilet rouge

L’exposition cherche à montrer comment Cezanne met à nu les structures de ses tableaux, invitant ainsi les spectateurs·rices à observer son processus pictural et à y participer. Cela est particulièrement vrai pour les oeuvres qui paraissent inachevées. L’artiste y prend la liberté de laisser certaines parties de la toile vierges, parvenant à une harmonie nouvelle précisément dans cet inachèvement. Ces oeuvres présentent une « fin ouverte », ce qui permet aux visiteurs.ses de les compléter en mettant en action leur regard et leur imagination.

Clôture

Dans cet esprit, à la suite du parcours d’exposition, les visiteurs·ses ont l’occasion de s’essayer eux-mêmes à la technique de l’aquarelle pratiquée par Cezanne avec tant de virtuosité. L’aménagement d’un atelier au
sein même du musée a pour but de proposer une expérience pratique et pas seulement visuelle du processus créatif développé par le peintre.

L’exposition se clôt sur le court-métrage Cezanne on art, 2025, réalisé par Albert Oehlen, peintre contemporain majeur, et Oliver Hirschbiegel, cinéaste renommé pour ses productions cinématographiques internationales, dont La Chute, 2004, et L’Expérience, 2001. S’inspirant des conversations entre Cezanne et son ami écrivain Joachim Gasquet, le film mêle art, philosophie et paysage pour approcher la figure de l’artiste par le sensible. Les rôles principaux sont tenus par Sean O’Brien, Sam Riley et Nichole Galicia.
Tourné dans les environs de la montagne Sainte-Victoire et des carrières de Bibémus, le film capte la lumière et l’atmosphère envoûtante des paysages qui ont tant marqué l’oeuvre de Cezanne. Le film est projeté pour la première fois à la Fondation Beyeler.

A voir sur Arte : Cezanne Pionnier de l’art Moderne

Informations pratiques

Fondation Beyeler, Beyeler Museum AG,
Baselstrasse 77,
CH-4125 Riehen/Bâle, Suisse

Horaires d’ouverture de la Fondation Beyeler :
tous les jours 10h–18h,
le mercredi jusqu’à 20h

Accès
depuis la gare SBB 
tram n°2 arrête Messeplatz (direction Eglisee)
Tram n° 6 arrêt Fondation Beyeler (direction Grenze)

Sommaire du mois d’octobre 2025

29 octobre 2025 : RÉUNIS : SÉPARÉS Pierre Coulibeuf et Jérôme Game
27 octobre 2025 : Art Basel Paris  2025
25 octobre 2025 : Vassily Kandinsky, la musique des couleurs
19 octobre 2025 : Gerhard Richter à la Fondation Vuitton
18 octobre 2025  : Un dimanche sans fin-Maurizio Cattelan et la collection du Centre Pompidou
12 octobre 2025   : « Une petite histoire de l’art du point » Yayoi Kusama à la Fondation Beyeler
02 octobre 2025 : Marie Paule Bilger
02 octobre 2025 : Un livre d’artiste pour le bestiaire de Marie-Paule Bilger
01 octobre 2025 : DE REMBRANDT À VAN GOGH COLLECTION ARMAND HAMMER Hammer Museum, Los Angeles

« Une petite histoire de l’art du point » Yayoi Kusama à la Fondation Beyeler

Infinity Nets et Accumulation Sculptures, Narcissus Garden (1966/2025)

Yayoi Kusama
à la Fondation Beyeler jusqu'au 25 janvier 2026Une exposition de la Fondation Beyeler, Riehen/Bâle, du Museum Ludwig, Cologne et du Stedelijk Museum, Amsterdam
Commissariat : Mouna Mekouar, Curator at Large,
Gestion de projet : Charlotte Sarrazin, Associate Curator

Cet automne, la Fondation Beyeler présente pour la première fois en Suisse une exposition personnelle consacrée à Yayoi Kusama (*1929, vit et travaille à Tokyo), l’une des artistes les plus avant-gardistes des XXe et XXIe siècles. Conçue en étroite collaboration avec l’artiste et son studio, l’exposition réunit
plus de 300 œuvres venues du Japon, de Singapour, des Pays-Bas, d’Allemagne, d’Autriche, de Suède, de France et de Suisse, soulignant la portée et la résonance mondiale de son oeuvre.

L’exposition

Couvrant plus de sept décennies de carrière, l’exposition retrace l’extraordinaire parcours de Yayoi Kusama, depuis ses premières œuvres dans le Japon d’après-guerre jusqu’à la reconnaissance internationale dont elle jouit aujourd’hui.

Autoportrait 1972

L’exposition débute avec ses premières peintures et œuvres sur
papier des années 1950, réalisées dans sa ville natale de Matsumoto et rarement exposées jusqu’ici, avant de mettre en lumière son audacieux séjour à New York à la fin des années 1950, où elle occupe une place centrale dans les avant-gardes des années 1960. De retour au Japon au début des années 1970, Kusama
continue de réinventer son langage artistique, alliant une approche profondément intime à une portée politique saisissante. Aujourd’hui, elle demeure probablement l’artiste femme vivante la plus célèbre, conservant toute sa puissance créatrice et sa pertinence, et poursuivant son œuvre avec une intensité intacte.

Leftover Snow in the dream 1982

Tout au long de sa carrière exceptionnelle, qui s’étend sur plus de 70 ans, Kusama a toujours échappé à toute catégorisation. Son œuvre embrasse une remarquable diversité de médiums – peinture, dessin, sculpture, installation, performance, collage, mode,

littérature et cinéma – faisant d’elle l’une des artistes les plus polyvalentes et influentes de notre époque. L’exposition met en lumière les périodes clés d’invention radicale et trace le portrait d’une artiste en perpétuelle métamorphose (perpétuel mouvement), qui continue de transformer notre perception et compréhension de l’art.

La notion d’infini occupe une place centrale dans l’œuvre de Kusama – non seulement comme dispositif formel, mais surtout comme expérience vécue, spirituelle et psychologique. Les motifs caractéristiques de son œuvre – polka dots(pois), nets (trames), miroirs – dépassent la simple signature stylistique de l’artiste :

The Hope of the Polka Dots Buried in Infinity Will
Eternally Cover the Universe, 2019/2024
ils traduisent une méditation profonde sur les cycles de la vie et de la mort, la dissolution du soi et le désir de transcendance. De ses peintures hypnotiques, dites Infinity Nets, réalisées dans les années 1960, jusqu’à ses Infinity Mirror Rooms, produites spécialement pour cette exposition, Kusama conçoit des
univers qui invitent le public à vivre des expériences immersives. Ces environnements brouillent les frontières entre intérieur et extérieur, corps et espace, soi et cosmos, offrant un regard renouvelé sur l’existence.

Ses œuvres ne relèvent pas de la simple contemplation : elles invitent chacun à vivre pleinement une expérience sensible. Dans ses installations miroirs et ses vastes environnements immersifs, le spectateur est entraîné dans des états suspendus, à la croisée de la perception et de l’émotion. Kusama transforme
ainsi ses luttes intimes en expériences partagées, faisant de son art un espace de rencontre où la répétition résonne à la fois comme confrontation et réconfort, vulnérabilité et force, solitude et communion.

Cette exposition événement offre un panorama exceptionnel des œuvres iconiques de Yayoi Kusama, dont plus de 130 pièces jamais présentées en Europe, ainsi que des créations inédites conçues spécialement pour l’occasion. Parmi les temps forts figurent ses premières œuvres fascinantes, telles que les
célèbres Infinity Nets et Accumulation Sculptures, Narcissus Garden (1966/2025), ainsi que des installations plus récentes comme Infinity Mirrored Room – Illusion Inside the Heart (2025). L’exposition dévoile également une toute nouvelle Infinity Mirror Room, accompagnée d’un large environnement
immersif spécialement imaginé pour cette occasion.

Les visiteurs·ses ont l’opportunité de saisir l’étendue exceptionnelle de l’œuvre de Kusama, des dessins intimistes de ses débuts jusqu’aux environnements monumentaux, déployés à travers les salles de la Fondation Beyeler. Investissant dix galeries ainsi que le jardin, ses installations envoûtantes
métamorphosent la perception de l’architecture du musée et du parc qui l’entoure. L’exposition propose une expérience pleinement immersive: les emblématiques Infinity Mirror Rooms (vidéo)

IllusionHeart-2025 (vidéo)

et les sculptures de Kusama s’affranchissent des limites traditionnelles des cimaises, instaurant un continuum artistique où l’espace muséal et le paysage environnant entrent en résonance, dans une symphonie subtile et envoûtante de couleurs, de lumières et de formes.

L’exposition plonge le visiteur dans une expérience immersive, d’une richesse envoûtante, au contact d’une artiste dont le travail continue de défier nos perceptions, de stimuler notre réflexion et d’éveiller nos sens. Elle célèbre l’imagination foisonnante de Kusama et nous invite à explorer l’infini qui résonne en chacun de nous.

Un catalogue d’exposition richement illustré est publié aux éditions Hatje Cantz Verlag, Berlin. Sous la direction de Leontine Coelewij, Stephan Diederich et Mouna Mekouar, et avec une mise en page de Teo Schifferli, cette publication a été conçue en étroite collaboration avec l’artiste et son studio. Elle rassemble
des essais issus de disciplines variées, reflétant la richesse et la diversité thématique de l’œuvre de Kusama – astrophysique, biologie, mode, informatique et sociologie – rédigés par Emanuele Coccia, Katie
Mack, Stefano Mancuso, Ralph McCarthy, SooJin Lee, Agata Soccini et Helen Westgeest. Le catalogue présente également des documents d’archives et des écrits de Kusama, offrant une lecture approfondie et singulière du monde tel que l’artiste le perçoit.

Informations complémentaires

Horaires d’ouverture de la Fondation Beyeler :
Lundi, mardi, jeudi, vendredi : 9h–18h
Mercredi : 9h–20h
Samedi et Dimanche : 10h–18h

Calendrier

Art Basel 2025 Galeries

« Pour une ville relativement petite, Bâle a un rayonnement international immense. Un rayonnement qu’elle doit notamment à ses musées et au salon Art Basel. »

Sam Keller · Directeur de la fondation Beyeler et ancien directeur d’Art Basel

Maike Cruse
photo Debora Mittelstaedt

Maike Cruse, directrice a déclaré :
« L’édition de cette année d’Art Basel a démontré la force, la résilience et la portée internationale du marché mondial de l’art. Nous avons été ravis d’accueillir des collectionneurs, des commissaires d’exposition et des amateurs d’art du monde entier, et de constater des présentations aussi convaincantes dans tous les secteurs de la foire. L’énergie qui régnait dans les halls et dans toute la ville a rappelé avec force le rôle de Bâle comme lieu de rencontre culturelle et catalyseur d’échanges artistiques. »

Art Basel est notre foire phare, celle où les galeries sortent le grand jeu. Parmi les œuvres remarquables exposées, citons une grande toile tardive de Pablo PicassoHomme à la pipe assis et amour (1969) chez Pace, qui présente également une peinture abstraite de 1969 de Joan MitchellSans titre – une artiste enfin reconnue comme la pionnière de l’expressionnisme abstrait qu’elle était. De même, la galerie Yares expose sa consœur Helen Frankenthaler avec Swan Lake 1 (1969). La galerie Di Donna présente Sueño de Sirenas (Rêve de sirène) (1963) de Leonora Carrington,

un surprenant triptyque enchâssé dans un cadre de bois sculpté. Enfin, Lehmann Maupin expose une œuvre rare d’Heidi Bucher : une empreinte latex fragile et monumentale d’une pièce. Ces œuvres ne sortent pratiquement jamais des musées. Bien sûr, ce n’est qu’un petit échantillon : j’ai été très impressionnée par les listes d’œuvres que les galeries partagent avec moi.

Nous cherchons toujours à renouveler la foire : 20 galeries nous rejoignent à Bâle pour la toute première fois. Parmi les plus jeunes, citons Emalin

 et Arcadia Missa,toutes deux londoniennes, François Ghebaly de Los Angeles et New York,

et Hunt Kastner de Prague. L’Asie sera également très présente : Beijing Commune expose des artistes chinois·es de quatre générations différentes, des pionnier·es Zhang Xiaogang et Wang Luyan aux figures contemporaines comme Ma Qiusha et Chang Yuchen, avec des œuvres qui explorent l’identité, la mémoire, la mondialisation et la matérialité. The Third Gallery Aya d’Osaka met en lumière trois femmes, pionnières de la photographie japonaise – Amazawa Eiko, Okanoue Toshiko et Ishiuchi Miyako – présentant des tirages vintages rares, des collages et des œuvres iconiques qui célèbrent leurs contributions révolutionnaires au médium.

La foire bâloise maintient son format, avec près de 300 galeries en provenance d’Europe, des États-Unis, d’Amérique latine et d’Asie, et ses spécificités, notamment son secteur « Unlimited » réservé aux pièces monumentales.

L’artiste allemande de renom Katharina Grosse, l’un des temps forts de la foire,
a peint l’architecture et les surfaces de la Messeplatz, la transformant en un environnement vibrant et immersif.  CHOIR (2025) est la plus grande œuvre de Katharina Grosse à ce jour dans un centre urbain, couvrant plus de 5 000 mètres carrés. Grosse utilise le magenta, couleur la plus visible à l’œil nu en extérieur. Organisée par Natalia Grabowska, cette saisissante peinture in situ redéfinit l’expérience de l’espace public par une expression chromatique audacieuse.

Comité de sélection

Les Comités de sélection d’Art Basel sont composés de galeristes éminent∙e∙s présent∙e∙s aux foires Art Basel depuis plusieurs années. Le Comité de sélection s’appuie sur des critères constants d’une année à l’autre lors de sa décision finale.

Bilan 2025

Pour célébrer ses 55 ans, Art Basel s’achève sur une note positive avec des ventes solides dans tous les segments, consolidant ainsi sa position d’événement phare du marché mondial de l’art. Très attendue, l’édition 2025 d’Art Basel a réuni 289 galeries internationales de premier plan, venues de 42 pays et territoires.
Art Basel a une fois de plus servi de plateforme de découverte et de connexion, et a joué un rôle moteur dans le monde de l’art international. La foire a attiré 88 000 visiteurs lors des journées d’avant-première et d’ouverture au public, qui se sont plongées dans le monde fascinant de l’art moderne et contemporain.

Mentions particulières

La Galerie Stampa de Basel, se consacre à l’art contemporain suisse et international. En plus des expositions, le programme de la galerie comporte des performances, des séminaires, des présentations de livres et donne des conseils sur de nombreuses collections d’art. En outre, une librairie d’art se trouve sous le même toit. En 2006, la galerie s’est vue décernée le prix culturel de la ville de Bâle. 
On peut y admirer l’oeuvre de l’artiste mulhousienne, par adoption (strasbourgeoise) Véronique Arnold, jeune femme, tout en douceur, tout en poésie, autodidacte, se défend de faire des arts plastiques, pour elle c’est de la littérature. 
Elle voisine avec une oeuvre de Marlène Dumas.

Pétales en offrande

Luc Maechel, auteur du blog : Racines Nomades, lui a consacré un entretien, relatif à la motivation et à la beauté de son travail artistique.
Voici le site de Véronique Arnold

Les exposants sont des galeries influentes et innovantes du monde entier.

Quelques sélections au hasard de ma déambulation. Art Basel est tout de même le plus grand musée d’art contemporain du monde, où toutes les langues du monde s’entendent comme on l’imaginerait dans la Tour de Babel.

Conclusion

Parcours des deux niveaux du secteur Galeries pour retrouver ses incontournables et fidèles représentants : Hauser et Wirth, Zwirner, Ropac, Gagosian, Perrotin, Carsten Greve, Goodman, Temple, Lelong, Mennour… au rez-de-chaussée ou de naviguer dans les allées de l’étage supérieure à la découverte des accrochages de Chantal Crousel, Eva Presenhuber, Continua, Nathalie Obadia ou l’une des représentantes historiques des début, sans oublier, citée plus haut,- la galerie bâloise Stampa toujours présente avec cette année encore des oeuvres de Marlène Dumas, Guido Nussbaum ou l’artiste mulhousienne Véronique Arnold. (voir plus haut)

Rendez-vous est donné pour Art Basel Paris, au Grand Palais, du 24 au 26 octobre 2025.

L'édition 2026 du salon se tiendra du 18 au 21 juin, avec des journées d'avant-première les 16 et 17 mars.

Un accrochage estival conséquent en marge de l’exposition

La nouvelle présentation de la collection qui accompagne l’exposition « Vija Celmins » à la Fondation Beyeler est entièrement consacrée à la peinture. Des salles dédiées à des artistes individuel·le·s présentent des oeuvres ayant marqué ce médium traditionnel de leur empreinte particulière et ouvert des perspectives nouvelles. L’exposition donne à voir des oeuvres de Jean-Michel Basquiat, Mark Bradford, Marlene Dumas, Wade Guyton, Pablo Picasso, Gerhard Richter, Mark Rothko, Wilhelm Sasnal, Wolfgang Tillmans et Andy Warhol. Cette nouvelle présentation réunit des oeuvres majeures de l’art moderne et contemporain en des mises en relation inédites et saisissantes. Parmi les temps forts de l’exposition figure la première présentation muséale de la projection numérique de Gerhard Richter Moving Picture (946-3), Kyoto Version, 2019–2024.
Cette année, la salle Daros de la Fondation Beyeler est consacrée à Mark Bradford.
L’accrochage inclut par ailleurs le tableau monumental d’Andy Warhol Sixty Last Suppers, 1986(vidéo), en provenance de la Nicola Erni Collection.

Enfin, l’accent est également mis sur Pablo Picasso avec une présentation de plus de 30 de ses tableaux et sculptures.

Pendant Art Basel 2025

Pendant Art Basel 2025, la Fondation Beyeler offre une rare occasion de découvrir le travail exceptionnel de l’artiste états-unienne Vija Celmins. En parallèle, le musée accueille la toute première présentation de Little Room, nouvelle installation de réalité virtuelle de l’artiste Jordan Wolfson, basé à
Los Angeles. Cette œuvre immersive convie les visiteurs·ses à pénétrer dans un environnement expérimental, au sein duquel leur revient un rôle central.
Jordan Wolfson : Little Room
1 juin – 3 août 2025

Une nouvelle présentation de la collection est entièrement consacrée à la peinture, avec entre autres des tableaux de grand format de l’artiste étatsunien Mark Bradford en provenance de la Daros Collection,

ainsi qu’une nouvelle projection numérique de Gerhard Richter.

Dans le cadre du « Globus Public Art Project », l’artiste suisse Urs Fischer, également installé à Los Angeles, investit différents sites autour du Marktplatz de Bâle.


Stand Art Basel
En guise d’avant-goût de la rétrospective Cézanne qui se tiendra en début d’année prochaine, une exposition monographique. Le stand Art Basel de la Fondation Beyeler est consacré au peintre français Paul Cézanne.
Comme peu d’autres artistes Cézanne a marqué l’art moderne et l’a révolutionné par sa nouvelle conception de l’image. Il a donné une signification nouvelle et propre au processus de création derrière le tableau, au-delà du motif, et a ainsi influencé de nombreuses générations d’artistes ultérieures. Pablo Picasso le qualifiait d’ailleurs comme « père de nous tous ».
Cezanne occupe une place particulière dans la Collection Beyeler, étant l’un des premiers artistes représentés et figurant en bonne place avec sept œuvres tardives majeures. Parmi celles-ci, plusieurs paysages illustrent clairement sa manière de peindre innovante.

Informations pratiques

Horaires d’ouverture de la Fondation Beyeler pendant la semaine d’Art Basel (15–22 juin) : tous les jours 9h–19h
Conversations
Artist Talk avec Jordan Wolfson
Mercredi 18 juin, 18h–19h, Fondation Beyeler, Riehen/Bâle
– Artist Talk avec Urs Fischer
Vendredi 20 juin, 18h–19h, Fondation Beyeler, Riehen/Bâle

60 ans d’hyperréalisme avec l’artiste Vija Celmins

Fusain sur papier, 56,5 x 64,9 cm, Tate, ARTIST ROOMS, Londres, Royaume-Uni, © Vija Celmins, Courtesy Matthew Marks Gallery, Photo: Tate

A la Fondation Beyeler jusqu’au 21 septembre 2025
Commissaire :  Theodora Vischer, Chief Curator de la Fondation Beyeler, et de l’écrivain et commissaire d’exposition James Lingwood.

Voir la vidéo
L’exposition bénéficie du généreux soutien de : Beyeler-Stiftung
Hansjörg Wyss, Wyss Foundation Thomas und Doris Ammann Stiftung, Zurich
Renato F. Bromfman et Vania F. Rolemberg Claire Sturzenegger-Jeanfavre Stiftung
Erica Stiftung Agnes Gund Famille Jeans Suisse Patronnesses de la Fondation Beyeler Wyeth Foundation for Americ

Prologue

Cet été, la Fondation Beyeler présente l’une des plus importantes expositions personnelles jamais consacrées à l’artiste américaine Vija Celmins (*1938, Riga) en Europe. Connue pour ses peintures et ses dessins envoûtants de galaxies, de surfaces lunaires, de déserts et d’océans, Celmins nous invite à ralentir, à observer de près et à nous immerger dans les surfaces captivantes de ses œuvres. Telles des toiles d’araignée, elles nous happent et nous incitent à contempler les tensions entre surface et espace, proximité et distance, immobilité et mouvement. Organisée en étroite collaboration avec l’artiste,
l’exposition réunit environ 90 œuvres, principalement des peintures et des dessins, de même qu’un petit nombre de sculptures et d’œuvres graphiques.

Biographie

Née à Riga (Lettonie) en 1938, Celmins fuit son pays natal en 1944 avant d’émigrer avec sa famille aux États-Unis en 1948. Elle grandit à Indianapolis puis part suivre des études d’art à Los Angeles, avant de s’installer au Nouveau-Mexique, à New York et enfin à Long Island, où elle vit et travaille aujourd’hui. Son travail, tenu en très haute estime, est prisé tant par les musées que par les collections privées de tout premier plan. Cependant, les occasions de face-à-face approfondi avec ses œuvres sont extrêmement rares, dû entre autres au fait qu’au fil de sa carrière l’artiste n’a réalisé qu’environ 220 peintures, dessins et sculptures. Vija Celmins a toujours travaillé à son propre rythme, refusant de se plier aux courants dominants du monde de l’art et maintenant une attention résolue à sa pratique minutieuse.

L’exposition

L’exposition propose un aperçu très complet d’une carrière remarquable qui s’étend sur six décennies, présentant des ensembles soigneusement sélectionnés de peintures, de dessins, d’œuvres graphiques et de sculptures. S’ouvrant sur une sélection d’importantes peintures d’objets du quotidien datant des années 1960, l’exposition culmine avec une salle de magistrales peintures récentes de neige tombant d’un ciel nocturne, qui évoquent tout le mystère du cosmos.

L’exposition débute avec les peintures réalisées par Celmins de 1964 à 1968, lorsqu’elle vivait dans un atelier sur Venice Beach à Los Angeles. À la différence de nombreux·ses artistes travaillant dans la ville dans les années 1960, Celmins n’était pas attirée par la lumière et les couleurs éclatantes de Californie.
Son univers personnel était principalement d’ordre intérieur. En 1964, elle réalise un ensemble de tableaux représentant chacun un objet ou un appareil du quotidien, parmi eux une assiette, un radiateur, une plaque chauffante et une lampe. Inspirée par les œuvres de Giorgio Morandi et Diego Velázquez vues lors
d’un voyage en Italie et en Espagne en 1962, et prenant ses distances avec les couleurs vives du pop art, elle utilise une palette sourde de bruns et de gris, agrémentée d’occasionnels éclairs de rouge électrique.

Pendant les deux années suivantes, de 1965 à 1967, Celmins réalise plusieurs peintures basées sur des images de la Seconde Guerre mondiale et d’autres conflits trouvées dans des livres et des magazines ; des bombardiers suspendus dans un ciel gris ou écrasés au sol, un homme en feu s’enfuyant d’une voiture
embrasée, les émeutes raciales de Los Angeles en couverture du magazine Time. Silencieux et statiques, ces tableaux inquiétants évoquent à la fois la mémoire de la guerre et une réalité plus récente, dans laquelle l’omniprésence des images produit un effet de distanciation.

De 1968 à 1992, Celmins se consacre presque exclusivement au dessin. Elle continue de travailler à partir de photographies, trouvées dans des livres et des magazines ou prises par elle-même. Ses sujets sont les nuages ainsi que la surface de la lune, du désert et de l’océan. Elle commence avec un ensemble de
dessins de paysages lunaires basés sur des images prises à la fin des années 1960 par les sondes lunaires américaines, qui rapportent dans les foyers de nombreux·ses habitant·e·s de la planète des gros plans d’un lieu jusqu’alors inaccessible. En 1973 s’ensuivent de premiers dessins de galaxies basés sur des images des télescopes de la NASA. Ces photographies incitent Celmins à créer des images qui transforment en expérience visuelle la tension entre la profondeur de ces espaces et la surface de l’image – un élan qui anime encore et toujours son travail.

Pendant ses années de résidence à Los Angeles, Celmins arpente les déserts de Californie, du Nevada et du Nouveau-Mexique, où elle réside également plusieurs mois. Fascinée par ces paysages démesurés, elle commence à représenter par le dessin le silence et la sensation de temps suspendu qui les caractérisent.
Vers la fin des années 1970, Celmins crée une sculpture qui donne une forme nouvelle à sa confrontation avec la réalité. To Fix the Image in Memory I-XI, 1977–1982, comprend onze pierres différentes ramassées dans le désert du Nouveau-Mexique, présentées côte à côte avec leurs doubles ; onze copies de bronze, peintes de telle manière que l’original et sa réplique puissent à peine être distingués à l’œil nu.

Les images de Celmins sont basées sur des photographies ou, dans le cas de ses rares sculptures, sur des objets servant de modèles. Celmins use de ces matrices comme d’un outil, qui lui permet de ne pas avoir à se soucier de questions de composition et de cadrage. Cependant, elle ne réalise pas de copie d’un
original ; il ne s’agit pas de photoréalisme. On pourrait plutôt dire que Celmins recrée ou reconstitue l’original. Ses images sont construites d’innombrables couches de graphite ou de fusain sur papier et de peinture à l’huile sur toile. C’est comme si Celmins cherchait à saisir et à tracer l’inconcevable immensité à
la main. Ceci apparaît tout particulièrement dans ses nombreuses peintures de ciels nocturnes étoilés, un motif qui fascine Celmins depuis ses débuts.

En 1992, Celmins tombe sur des illustrations de toiles d’araignée dans un livre. Attirée par leurs fils fragiles et leurs formes concentriques, elle réalise un ensemble de peintures et de dessins au fusain. Cette exploration se poursuit avec des peintures d’objets aux surfaces texturées ; la couverture d’un livre
japonais, l’émail craquelé d’un vase coréen, la surface éraflée d’ardoises dénichées dans des brocantes à Long Island, la forme grêlée d’un coquillage travaillé par l’érosion – chacune de ces peintures proposant une méditation exquise sur le passage du temps.


Dans la dernière salle de l’exposition, cette méditation se poursuit avec les tableaux les plus récents de Celmins, qui sont parmi les plus vastes qu’elle ait jamais réalisés. Basés sur des photographies de flocons de neige illuminés dans un ciel nocturne, ils véhiculent un sens profond de silence et de révérence
émerveillée.

Pour accompagner l’exposition, la Fondation Beyeler présente « Vija », un court-métrage des cinéastes de renom Bêka & Lemoine. En 30 minutes, le film dessine un portrait tout en spontanéité de l’artiste, qui partage ses réflexions sur la pratique de toute une vie, ouvrant les portes de son atelier et les tiroirs de ses archives. Le portrait entraîne les spectatrices et les spectateurs dans un voyage au fil des formes, des images et des pensées qui nourrissent la sensibilité incomparable de Vija Celmins.


Un catalogue richement illustré, réalisé sous la direction de Theodora Vischer et James Lingwood pour la Fondation Beyeler et conçu par Teo Schifferli, est publié au Hatje Cantz Verlag, Berlin. Sur 208 pages, il réunit « Notes » de Vija Celmins et de brèves contributions de Julian Bell, Jimena Canales, Teju Cole,
Rachel Cusk, Marlene Dumas, Katie Farris, Robert Gober, Ilya Kaminsky, Glenn Ligon et Andrew Winer, avec une introduction de James Lingwood.

Notice de salle

Informations pratiques

Horaires d’ouverture de la Fondation Beyeler :
tous les jours 10h – 18h,
le mercredi jusqu’à 20h

Accès
depuis la gare SBB, tram n°2 jusqu’à Messeplatz, puis ° 6 jusqu’à La Fondation Beyeler

Le programme de médiation artistique et l’accès gratuit au musée pour les enfants et les jeunes personnes
jusqu’à 25 ans sont rendus possibles avec l’aimable soutien de la Thomas und Doris Ammann Stiftung,
Zurich.

Sommaire du mois de février 2025

                                           Le collège des Bernardins

26 février 2025 : Se faire plaisir
21 février 2025  : art karlsruhe
18 février 2025  : SOIREE ROBERT CAHEN
16 février 2025  : La Clef des songes
11 février 2025   : Suzanne Valadon
9  février 2025   : Épiphanies par Augustin Frison-Roche
7  février 2025   : Le Boléro de Ravel
6 février  2025   : Revoir Cimabue
3 février  2025   : Marina Abramović en Suisse

La Clef des songes

Chefs-d’oeuvre surréalistes de la Collection Hersaint

Joan Miró
Femme, 1934
Pastel sur papier velours, 106,5 x 70,5 cm
Collection Hersaint
© 2025 Successió Miró / ProLitteris, Zurich
Photo: Peter Schälchli, Zurich
A La Fondation Beyeler  du  16 février jusqu'au – 4 mai 2025
Commissariat de
Raphaël Bouvier, Senior Curator de la Fondation Beyeler.

L'Ange du Foyer avec Raphaël Bouvier curator, Evangéline Hersaint photo Domminique Bannwarth

Après la labyrinthique exposition parisienne sur le surréalisme, la Fondation Beyeler fait découvrir en première mondiale, une sélection représentative de chefs d’oeuvre surréalistes de la Collection Hersaint. L’exposition présente une cinquantaine d’oeuvres clés d’artistes tels que Salvador Dalí, Max Ernst, René Magritte, Joan Miró, Pablo Picasso, Man Ray,
Dorothea Tanning, Toyen, mais aussi Balthus, Jean Dubuffet, Wifredo Lam et bien d’autres.

Dorothea Tanning
Valse bleue, 1954
Huile sur toile, 130 x 97 cm
Collection Hersaint
© 2025 ProLitteris, Zurich
Photo: Peter Schälchli, Zurich

Elle s’attache à divers thèmes majeurs du surréalisme comme la nuit, le rêve, l’inconscient, la métamorphose ou la forêt, en tant que lieu d’énigmes. Les peintures de la Collection Hersaint dialogueront avec certaines pièces maîtresses de la Fondation Beyeler.

La Collection Hersaint

« La Clef des songes » : ce titre d’une toile cardinale de René Magritte appartenant à la Collection Hersaint incarne l’orientation fondamentalement surréaliste et tresse les divers liens qu’elle noue avec l’univers mystérieux, à la fois familier et inquiétant, des (mauvais) rêves et de l’inconscient. La collection a été fondée par Claude Hersaint (1904, São Paulo – 1993, Crans-Montana), l’un des premiers et des plus importants collectionneurs du surréalisme. Après avoir grandi au Brésil, Claude Hersaint s’installe à Paris, où il acquiert à l’âge de dix-sept ans sa première oeuvre de Max Ernst. En naîtra une passion pour l’art qui l’animera toute sa vie et le conduira à réunir l’une des collections de peinture surréaliste les plus remarquables au monde. La Collection Hersaint rassemble aujourd’hui quelque 150 pièces, elle conserve notamment un ensemble d’oeuvres de Max Ernst parmi les plus considérables entre des mains privées.
Claude Hersaint a entretenu pendant sa vie entière des liens d’amitié avec un grand nombre d’artistes. Son enthousiasme et son engagement en faveur de l’art ont été repris par son épouse Françoise Hersaint et
leur fille Evangéline Hersaint.

Les chefs-d’oeuvre de la Collection

Parmi les nombreux chefs-d’oeuvre de la Collection, il faut mentionner L’Ange du foyer (Le Triomphe du surréalisme) que Max Ernst a peint en 1937 et qui est devenu l’icône par excellence du surréalisme.


L’énigmatique et insondable Le Jeu lugubre (1929) incarne la quintessence de l’art de Salvador Dalí, que hantent les tabous érotiques et psychologiques. Quant au Passage du Commerce-Saint-André (1952–1954), ce chef-d’oeuvre monumental de Balthus est en prêt à long terme à la Fondation Beyeler depuis
plusieurs années. L’exposition fera voir en outre, de Dorothea Tanning et de Toyen – deux importantes artistes féminines du surréalisme –, un ensemble d’oeuvres caractéristiques qui n’ont pratiquement jamais été montrées jusqu’ici au public.

Salvador Dalí, Le Jeu lugubre, 1929
Huile et collage sur carton, 44,4 x 30,3 cm
Collection Hersaint
© 2025 Fundació Gala-Salvador Dalí /
ProLitteris, Zurich
Photo: Peter Schälchli, Zurich

Une longue amitié

Une longue amitié a lié Claude, Françoise et Evangéline Hersaint aux époux Ernst et Hildy Beyeler.
Affichant à la fois des similitudes et des différences, la Collection Beyeler et la Collection Hersaint se complètent idéalement. Ainsi le dialogue avec la Collection Hersaint met-il en évidence les rapports que la Collection Beyeler entretient avec l’art surréaliste, de même que les mille échos féconds que se renvoient les deux ensembles en révèlent les infinies potentialités. C’est dans cet esprit que la présente exposition fait donc entrer les chefs-d’oeuvre de la Collection Hersaint en conversation avec certains joyaux de notre musée, qu’ils soient signés Louise Bourgeois, Jean Dubuffet, Max Ernst, Alberto Giacometti, Joan Miró, Pablo Picasso ou Henri Rousseau

                                              Max Ernst, Evangeline, 1941

Claude Hersaint

Claude Hersaint est né en 1904 à São Paulo, au Brésil, où sa famille originaire d’Alsace-Lorraine avait émigré au milieu du 19e siècle. Il grandit dans le milieu traditionnel de la haute bourgeoisie intellectuelle et s’installe dès son adolescence à Paris, où il suit les cours de « Sciences Po » et étudie le droit. Claude Hersaint fait ensuite profession de banquier, un métier qu’il exercera toute sa vie. À Paris, il noue des liens d’étroite amitié avec des artistes surréalistes comme Max Ernst, Victor Brauner, Óscar Domínguez, mais
aussi Balthus et Jean Dubuffet. Il fréquente également des écrivains, des intellectuels et des collectionneurs de renom tels que Jacques Lacan, Georges Bataille, Jean Paulhan et Marie-Laure de Noailles. En 1938, il épouse sa première femme, Hélène Anavi, une fascinante personnalité mondaine de
son temps. En raison de la Seconde Guerre mondiale et des persécutions nazies, Claude Hersaint et Hélène Anavi quittent précipitamment Paris au début de 1941, et se réfugient d’abord à Rio de Janeiro avant d’émigrer à New York, où ils se lient d’amitié avec Robert Oppenheimer, Claude Lévi-Strauss, Leo Castelli, Pierre Matisse, Man Ray, Dorothea Tanning et de nombreux autres artistes qui ont pris comme eux le chemin de l’exil.

Max Ernst
Oedipus Rex, 1922
Huile sur toile, 93 x 102 cm
Collection Hersaint
© 2025 ProLitteris, Zurich
Photo: Peter Schälchli, Zurich

Après la guerre, Claude Hersaint revient à Paris, où il fait la connaissance de sa seconde épouse, Françoise Moutier. À partir de 1948, Claude puis Françoise Hersaint vivent à Paris et Montreux, avant de s’installer définitivement à Crans-Montana, dans le Valais. Après la mort de son mari en 1993, Françoise
s’est engagée avec détermination pour que la Collection Hersaint ne soit pas dispersée. C’est leur fille Evangéline Hersaint qui est aujourd’hui à sa tête et qui la rend pour la première fois accessible au grand public à travers la présente exposition.

Le catalogue

Édité par Raphaël Bouvier pour la Fondation Beyeler, un catalogue richement illustré de 152 pages paraît en allemand et en français aux Éditions Hatje Cantz à Berlin, dans une réalisation graphique d’Uwe Koch et Silke Fahnert. Il contient un texte d’introduction et un grand entretien avec Evangéline Hersaint.

L’exposition « La Clef des songes. Chefs-d’oeuvre surréalistes de la Collection Hersaint » a vu le jour grâce au généreux soutien d’Evangéline et Laetitia Hersaint-Lair.

Informations pratiques

Fondation Beyeler, Beyeler Museum AG,
Baselstrasse 77, CH-4125 Riehen/Bâle, Suisse

Horaires d’ouverture de la Fondation Beyeler :
tous les jours 10h00–18h00,
le mercredi jusqu’à 20h00

Accès (conseillé)
Depuis la gare SBB prendre le tram n° 2 jusqu’à Messeplatz
puis le tram n° 6 arrêt Fondation Beyeler

Sommaire du mois de janvier 2025

Pont Neuf Paris

26 janvier 2025 : Lumières du Nord
25 janvier 2025 : Ma soeur Agnès
22 janvier 2025 : Tarsila do Amaral
7 janvier 2025  : « Arte Povera »
03 janvier 2025 : Surréalisme