Le Meilleur des mondes

Julie Beaufils, Elvire Bonduelle, Chai Siris
Du 9 juin au 21 août 2016
La Kunsthalle de Mulhouse pour son exposition d’été est heureuse d’accueillir les projets inédits de Julie Beaufils, Elvire Bonduelle et Chai Siris.
Réunies sur le plateau de La Kunsthalle, les oeuvres de Julie Beaufils, Elvire Bonduelle et Chai Siris se déploient à travers trois propositions autonomes présentant peintures, vidéos et installations. Symptomatiques des univers singuliers de ces trois artistes, les travaux en présence semblent être reliés par une préoccupation commune : dans Kunsthalle Mulhouse
un monde hyper-connecté, caractérisé par un désir de veille permanent, quelles formes donner à l’abandon, la paresse, le relâchement ? Comment le songe et le sommeil peuvent-ils paradoxalement véhiculer un état de résistance à l’intérieur du paysage social, culturel ou même intime de chacun ? Conviant à une approche décalée du
confort et de la contemplation chez Elvire Bonduelle, du rêve et de la mémoire chez Chai Siris ou à une certaine forme de déconnection et d’absence chez Julie Beaufils, c’est sous un intitulé commun – Le Meilleur des mondes – que
cette exposition en trois temps invite le visiteur à faire « l’expérience d’un ailleurs »
Quand on me parle sommeil cela m’intéresse au premier degré et suit curieuse de voir
comment les 3 artistes se sont penchés sur le sujet.

Julie Beaufils I'll turn my phone off during French lessons, 2016 Huile sur toile 139.7 x 114.3 cm Collection privée © Julie Beaufils et la galerie Overduin & Co, Los Angeles
Julie Beaufils
I’ll turn my phone off during French lessons, 2016
Huile sur toile
139.7 x 114.3 cm
Collection privée
© Julie Beaufils et la galerie Overduin & Co, Los Angeles

Inspirée à la fois de la culture télévisuelle : série, sitcom, clip vidéo mais aussi des formes issues des réseaux sociaux et autres messageries instantanées telles que « Skype », la peinture de Julie Beaufils ne se singularise pas tant par un
parti pris épuré et une palette dépouillée que par une position volontairement contemplative dans le traitement de situations les plus actuelles. Souvent, dans ses oeuvres, il est question de mémoire et de la représentation de ces images résiduelles qui habitent l’inconscient et ressurgissent soudainement à la surface de nos pensées. Entre dessin et peinture, ses figures féminines et masculines, isolées ou en groupes adoptent fréquemment des positions de repos.
Elvire Bonduelle Rotating Painting – Bush#40, 2016 Acrylique sur toile brute 146 x 114 cm Relax Max, Cool Raoul, Take it easy Billy, Sit on it Edith, 2016 Métal peint Dimensions variables
Elvire Bonduelle
Rotating Painting – Bush#40, 2016
Acrylique sur toile brute
146 x 114 cm
Relax Max, Cool Raoul, Take it easy Billy, Sit on it Edith, 2016
Métal peint
Dimensions variables

Peintures et dessins, installations et mobiliers, mais aussi projets d’édition ou d’expositions collectives constituent le corpus de l’oeuvre d’Elvire Bonduelle. Elle s’applique depuis plusieurs années à redéfinir l’espace de l’exposition
comme un lieu a priori confortable et cosy pour mieux souligner la présence du visiteur. Formes molles et minimales composent son vocabulaire qui puise simultanément son inspiration dans l’histoire de l’art et dans l’observation minutieuse de son
environnement au quotidien.
Chai Siris Four Seasons, 2010 Vidéo, 11 minutes
Chai Siris
Four Seasons, 2010
Vidéo, 11 minutes

Figure émergente du cinéma expérimental en Thaïlande, collaborateur régulier de Apichatpong Weerasethakul, Chai Siris développe un travail, rassemblant films, vidéos et photographies, dédié à la reconstruction d’histoires
personnelles et sociales autour de différentes communautés locales (ouvriers, migrants, villageois, familles) dont il recueille témoignages et aspirations. A partir de cette matière mi-documentaire, mi-fictionnelle, il déploie une oeuvre contemplative, à la croisée du proche et du lointain, de l’intime et de l’histoire en cours de construction.
Les artistes
JULIE BEAUFILS
Née en 1987 à Paris, vit et travaille à Los Angeles et Paris.
Julie Beaufils a étudié aux Beaux-Arts de Paris. En 2016, elle présente des expositions personnelles à la galerie OverDuin and Co, Los Angeles et chez Balice Hertling, Paris. En 2015, elle a participé à des expositions collectives The Great Depression, Balice Hertling, Paris, C’est la vie ?, Occidental Temporary
(Studio de Neïl Beloufa), Villejuif, ou encore Being With People, Shanaynay, Paris.
Julie Beaufils In love,
Julie Beaufils In love,

ELVIRE BONDUELLE
Née en 1981, vit et travaille à Paris.
Elvire Bonduelle est diplômée depuis 2005 de l’École des Beaux-arts de Paris où elle a travaillé principalement dans le studio de Richard Deacon. Basée à Paris, elle expose en France et à l’étranger, ainsi récemment à la galerie Osmos à New York (2016), à la galerie Laurent Mueller à Paris (2015).
Parallèlement, elle développe le projet Salle d’attente à la Sperling gallery, Munich, Allemagne (2015) à la galerie Laurent Mueller, Paris (2013) ou encore chez New Immanence, Paris, (2012).
Elvire Bonduelle
CHAI SIRIS

Né en 1983 à Bangkok, vit et travaille à Chiang Mai en Thaïlande.
Chai Siris a été en résidence au Pavillon, Palais de Tokyo, Paris (2014). Il a notamment exposé à la galerie Romain Torri, Paris, à l’espace Culturel Louis Vuitton, Tokyo, Japon, ou encore à West den Haag, Pays-Bas.
Il a participé à des évènements tels que le Festival du film international de Venise, la Biennale de Sharjah ou encore Documenta 13 à Kassel (2012).

Chai Siris Day For Night, 2016 Vidéo Courtesy de l'artiste
Chai Siris
Day For Night, 2016
Vidéo
Courtesy de l’artiste

Heures d’ouverture
Du mercredi au vendredi de 12h à 18h
Les samedis et dimanches de 14h à 18h
Nocturne le jeudi jusqu’à 20h, sauf en juillet et août
Le jeudi 14 juillet, ouvert de 14h à 18h
Fermé les lundis et mardis
Entrée libre
Coordonnées
La Kunsthalle Mulhouse – Centre d’art contemporain
La Fonderie – 16 rue de la Fonderie
68093 Mulhouse Cedex
tél : + 33 (0)3 69 77 66 47
kunsthalle@mulhouse.fr
www.kunsthallemulhouse.com

Art Basel 2016

Le New York Times la qualifie d’«Olympiade de l’art mondial». Le plus grand musée du monde a ouvert ses portes depuis lundi 13 juin 2016, pour les chanceux détenteurs de cartes VIP. Bâle reste sans aucun doute l’épicentre mondial du marché de l’art et de l’art contemporain, malgré l’étendue de la foire après Miami, à Hong Kong.
Dans la section « Art Unlimited » on voit des installations gigantesques, essentiellement pour le cru 2016.  88 oeuvres d’art de grand format dont le commissariat est assuré par  Giani Jetzer  et la direction par Marc Spiegel.
Art Basel 2016
Ce n’est pas moins de 286 galeries d’art,  du monde entier, désignées suite à une sélection rigoureuse, qui exposent des oeuvres modernes et contemporaines de haute qualité: peintures, sculptures, installations, photographies, imprimés, vidéos et multimédia, tout comme des prestations de plus de 4000 artistes. Les maîtres d’art moderne et contemporain les plus renommés de Picasso, Miro, Klee, Warhol et Jeff Koons à la nouvelle génération y sont représentés.
Art Basel 2016
Des valeurs sûres et de nouvelles découvertes dans les divers halls d’AB. Ce rendez-vous incontournable des collectionneurs et acheteurs du monde entier fait la part belle à des artistes de renom – comme le peintre américain Paul McCarthy ou encore Julian Schnabel – et met en lumière de jeunes talents, même si, cette année, la tendance est plutôt aux valeurs sûres. C’est une véritable Tour de Babel où résonnent toutes les langues.
La haute qualité, la grande variété et la participation internationale ont procuré à Art Basel une réputation inégalée. Quelques 90 000 artistes, propriétaires de galeries, directeurs de musées, collectionneurs privés et amateurs d’art, participent à ce que les habitués appellent «la réunion de famille annuelle du monde de l’art». Cette interface entre art et artistes suscite des moments saisissants et inspirants.
Eva und Adèle
Elles sont venues, ils sont tous là, les indispensables et habitués du show, le champagne coule à flot.
La tomate vaut son pesant de patates, 4,75 millions de dollars (4,2 millions d’euros) pour la tête du bonhomme imaginé par l’artiste américain Paul McCarth- Tomato Head (Green 1994

McCarthy
Dès l’entrée c’est une performance de «Sculpture mimée» de Davide Balula (2016), avec pantomimes retraçant l’invisible présence de sculptures d’art, inlassablement.
Davide Baluba

« Accumulation: Searching for Destination », de Chiharu Shiota (2014-2016).
est le sujet de tous les photographes

Chiaru Shiota
Une belle installation très poétique «Deux bonnes raisons» d‘Ariel Schlesinger (2015), présenté par Galleria Massimo Minini (Brescia), est un mouvement chorégraphié répété entre deux grandes feuilles de polypropylène.
SchlesingerSans oublier la Collector House de Hans Op de Beeck
Hans Op de Beeck
Il était difficile de manquer l’œuvre de Ai Weiwei intitulée  » White House  »
qui en arrière plan avait une oeuvre de Frank Stella, Damacus Gate.
Cette porte de Damas se reflétait dans les boules de verre pied de la construction.
Ai Weiweitout un chacun tenait à avoir la meilleures vue à défaut de selfie
Ai WeiweiTomy Oursler était omniprésent tant à Unlimited qu’au niveau des galeries
Tony OurslerUn gag imaginé par Laure Lima ascenceur
C’était une fête de l’art, parfois étonnant, incongru, les valeurs sures se situant au niveau
des galeries du rez-de-chaussée.
Un coup de coeur spécial pour la vidéo de William Kendridge
William Kendridge
Foires « off » :
Liste, Burgweg 15, Bâle.
Photo Basel, Volkshaus Basel, Rebgasse 12-14, Bâle.
Rhy Art Fair, Saalbau Rhypark, Muelhauserstrasse 17, Bâle.
Scope Basel, Clarahuus, Webergasse 34, Bâle.
The Solo Project, Dreispitzhalle, Helsinki Strasse 5, Bâle.
Volta 12, Markthalle, Viaduktstrasse 10, Bâle
Ainsi que Desing Miami
Art Basel
 

Art Parcours dans le quartier de la cathédrale
Une application smartphone à télécharger permet de suivre
l’intégralité de la « Messe » tant au niveau des plans, des galeries, des artistes
des horaires, et du coût d’entrée.

Katharina Grosse au Musée Frieder Burda

En montrant l’œuvre peint de Katharina Grosse, le Musée Frieder Burda  de Baden Baden poursuit sa série d’expositions monographiques consacrée à des artistes de renom international. Comptant parmi les artistes majeures de sa génération depuis de nombreuses années,  Katharina Grosse occupe ainsi dans ce cadre une place de premier plan. Dans sa peinture, elle se libère de la surface sous toutes ces formes, rompt avec elle et la dépasse pour en faire sa raison de peindre. Elle intègre donc par principe même toutes les surfaces de la pièce – les murs, le plafond, le sol – tout comme les corps et les objets se trouvant dans cet espace.

Katharina Grosse

Est-elle influencé par son patronyme « Grosse »
traduit = grande ? Sa production artistique se traduit par des oeuvres de dimentions
impressionnantes, aux couleurs variées, superposées, dégradées avec de belles coulures.
On imagine l’artiste dans son atelier armée d’un pistolet et sanglée dans une tenue protectrice, procédant à la manière de Pollock (dripping) mais à la verticale, vers le mur.

Katharina Grosse
Dans l’exposition du Musée Frieder Burda, Katharina Grosse se concentre sur les panneaux peints ;  s’il s’agit d’une une forme de support plutôt classique, elle a toutefois bien souvent recours à des dimensions et des formats d’une ampleur jusqu’ici inédite. C’est le traitement pictural par lequel elle a ouvert la voie à de nouveaux tableaux qui est décisif.  Par le biais de structures articulées telles des lignes et hachures parallèles, tout comme de couleurs appliquées au pistolet, ses surfaces peintes semblent évoluer de diverses manières : parfois plus concrètes et denses, parfois floues et indéfinissables. De tels tableaux provoquent chez le spectateur une sorte de saisissement, dont le contrecoup se ressent pratiquement physiquement.
Katharina Grosse
Katharina Grosse quitte souvent les limites du rationnellement descriptible au profit de l’effet direct produit par le dégradé des couleurs, par les formes qui apparaissent en se soustrayant à la description, et par les espaces insoupçonnés que fait alors naître sa peinture. Ainsi, la monumentale installation « Sans titre (Ellipse) » datant de 2009 crée un lieu autonome  dont la forme sphérique et ovale, et tout simplement les dimensions, assurent à l’œuvre sa présence particulière. Haute de plus de sept mètres et large de dix, elle s’affirme en tant qu’espace autonome face à l’architecture même du musée.
Katharina Grosse
La mise en perspective de sa peinture avec l’architecture de Richard Meier souligne le contraste entre rationalité et utopie. Les limites de la pièce, en l’occurrence du
« White Cube », sont abolies au profit d’un dialogue avec les formes colorées qui se met en place non seulement dans chacun des tableaux mais plus encore entre les différents tableaux eux-mêmes. Cette exposition est en effet comme un arc tendu entre les tableaux des débuts de la carrière de Katharina Grosse dans les années 90 et ceux réalisés aujourd’hui,  et l’architecture privilégiant les espaces ouverts met au jour de fascinantes correspondances visuelles.
Katharina Grosse
Le catalogue qui accompagne l’exposition vise à éclairer cette tension narrative et permet de rassembler pour la première fois plus de cent reproductions en couleur des tableaux de Katharina Grosse. Complété par des essais de Katrin Dillkofer et Helmut Friedel, il est publié par la maison d’édition de la librairie Walther König

Michael Landy. Out of Order

Jusqu’25 septembre 2016
Le Musée Tinguely de Bâle montre la première rétrospective de l’artiste britannique Michael Landy. Cette exposition rassemble les oeuvres de 1990 à aujourd’hui et couvre ainsi tout le travail qu’il a réalisé à ce jour.
Michael Landy
Michael Landy (né en 1963) a étudié au Goldsmith College et appartient à la génération des fameux « Young British Artist » qui, dans les années 1990, ont marqué l’évolution de l’art en Grande-Bretagne par leurs procédés « coup de poing », utilisant des déchets et mettant la vie en scène à l’état brut, le tout dans un esprit à la fois contestataire et entrepreneurial. Landy est internationalement reconnu pour sa pratique multiple, qui traite de capitalisme, de créativité et de destruction.
Michael Landry
Dès le début de sa carrière, avec son installation Market (1990), Landy réussit à concevoir une forme signifiant un phénomène aussi abstrait que le monde de la consommation. En présentant les stands vides d’un marché, un grand hall rempli d’étals superposés recouverts de gazon artificiel, où manque du reste l’essentiel – à savoir la marchandise elle-même –, il arrive justement à placer celle-ci au centre de l’attention. Market constitue l’épine dorsale de l’exposition au Musée Tinguely.
Michael Landy
L’exposition Tinguely à la Tate en 1982 avait profondément marqué Landy, alors jeune étudiant pour qui Jean Tinguely restera une figure artistique phare.
En 2006, Michael Landy s’intéresse plus particulièrement à son Homage to New York (1960), lors duquel Tinguely, dans les jardins du MoMA, avait construit une machine vouée ensuite à s’auto-détruire devant un public convié pour l’occasion. Landy réalise ainsi des dessins, aux dimensions souvent monumentales, d’après des photographies de l’action. À l’aide de liquide correcteur, de colle, de décolorant et d’encre de Chine, Landy fait de ces photos des images presque stylisées, tout en noir et blanc. Parallèlement, l’envie le prend de reconstituer l’Homage to New York de Tinguely, qui sera alors intitulé H.2.N.Y., et de réexécuter l’action comme un « reenactment ».
Michael Landy

Traiter un sujet dans la durée, avec minutie et persévérance, est une constante dans l’oeuvre de Michael Landy. Après les dessins pour H.2.N.Y. (2006), l’artiste redessine des portraits d’amis, d’inconnus, de parents ; puis il crée une Credit Card Destroying Machine (2010) et, chemin faisant, revient au grand sujet du consumérisme, également au coeur de Art Bin (2010). Les visiteurs sont invités non seulement à déchiqueter des cartes de crédit, mais également des oeuvres d’art devenues inutiles.
En 2001 a lieu son action pionnière Break Down. Michael Landy procède à la destruction de tous ses biens. Tout son patrimoine, sa Saab 900, ses vêtements, son passeport, ses oeuvres d’art, livres, radio-réveil, extrait d’acte de naissance – dans une ancienne succursale de C&A de la Oxford Street à Londres, tout est répertorié par une
équipe de 12 personnes qui, méticuleusement, inventorie, identifie et liste l’ensemble, pour ensuite le détruire et le recycler.
Michael Landy Landy a spécialement monté un tapis roulant, par lequel le processus de la production est inversé. Deux semaines plus tard, il ne possède plus rien – et redémarre à zéro. L’exposition montre sur des murs entiers l’inventaire des objets, à la manière d’un mémorial.
Michael Landy 1
De nombreuses oeuvres exposées sont à l’image de la société dans laquelle elles ont vu le jour. Elles sont étroitement liées à l’esthétique et à la conjoncture sociopolitique qui ont marqué la vue de l’artiste en Grande-Bretagne. Ainsi Scrapheap Services (1996), réalisation pour laquelle Landy a inventé une société de nettoyage imaginaire avec des milliers de figurines astiquant la Chisenhale Gallery, à Londres. L’artiste a passé deux ans à découper des petites silhouettes dans des détritus. Des mannequins de vitrines en uniforme rouge les balaient comme des feuilles mortes. Cette installation peut être conçue comme une critique de la productivité dans notre société, dans laquelle la valeur de l’humain est réduite à sa force de travail.
Michael Landy
Landy recourt constamment au crayon pour restituer le monde qui l’entoure. C’est ce qu’il fait avec Nourishment, une série de 31 gravures de formes végétales, toutes considérées comme des plantes pionnières, capables de pousser dans les fentes de murs et sur l’asphalte. Par sa merveilleuse délicatesse, cette série exprime la concentration suprême sur l’objet de la recherche.
Michael Landy
Les dessins et photographies de Welcome to my world (2004) abordent de façon très personnelle, et oppressante, le grave accident de travail dont a été victime à la fin des années 1970 le père de l’artiste et mineur John Landy. C’est ce que l’on retrouve aussi dans l’oeuvre Semi-Detached (2004), où, pour une présentation dans les Duveen Galleries de la Tate Gallery, il a reconstruit à l’identique la maison de ses parents et filmé leur intérieur.
Michael Landry
« Saint Stéphane est mort par lapidation et ceci est basé sur une peinture de Carlo Crivelli à la National Gallery de Londres. Et j’aime bien l’idée que des gens viennent admirer des oeuvres qu’ils ne s’attendent pas à détruire et j’aime bien surprendre les gens sur ce qui peut se passer dans une galerie d’art »
Michael LandyMichael LandyMichael Landy, Saint Francis Lucky Dip, 2013 (vorne), Scrapheap Services, 1995 (mitte rechts), Breaking News, 2015–2016 (en arrière plan)
« Michael Landy. Out of Order » veut inciter à réfléchir sur l’impact qu’a le consumérisme sur nos vies et notre société. Les thèmes dont sont empreintes ses recherches artistiques se découvrent dans le « paysage » ouvert de l’exposition comme un vaste réseau aux références multiples.
Michael Landy
Musée Tinguely
– Informations pratiques
Horaires : Mardi-dimanche : 11h–18h (fermé le lundi)
Horaires particuliers: pendant la foire ART Basel
Lundi–dimanche, 13–19 juin : 9h–19h

À l’occasion du dernier jour de l’exposition, le dimanche, 25 septembre, le Musée Tinguely fêtera ses vingt ans avec un « Out of Order Day » – un événement hors programme au musée même et dans le parc Solitude.

Alexander Calder & Fischli/Weiss

Jusqu’au 4 septembre 2016
Entre équilibre instable, pesanteur et apesanteur, élégance et grâce,
humour et poésie

La Fondation Beyeler une vaste exposition consacrée à l’artiste américain
Alexander Calder et aux artistes suisses Peter Fischli et David Weiss, qui ont travaillé en association sous le nom de Fischli/Weiss.
Après la grande réussite de la présentation de la « Calder Gallery I-III » (2012-2015) et de notre collaboration avec la Calder Foundation, l’exposition
« Alexander Calder & Fischli/Weiss » offre un accès nouveau et singulier à la création de Calder.


Cette exposition est conçue autour de l’instant d’équilibre instable, un état précaire en même temps que prometteur, toujours fugace. Alexander Calder (depuis le début du XXe siècle) et Peter Fischli et David Weiss (depuis la fin du même siècle) avaient trouvé des formulations exemplaires de cet instant.
Radicalement différentes à première vue, elles apparaissent ensuite comme les deux faces d’une même médaille, le fruit de perspectives différentes sur le même thème, nées à des périodes différentes.


Cette exposition noue un dialogue ouvert et amplement déployé dans l’espace entre une sélection d’ensembles d’oeuvres de Calder et plusieurs travaux de Peter Fischli et David Weiss. Les points forts qui en dessinent le fil conducteur retracent des moments historiques déterminants de la création de Calder. Partant du travail sur le Cirque Calder des années 1920, ils font place au passage à l’abstraction et à l’invention du mobile au début des années 1930 pour aboutir au jeu souverain et grandiose avec les possibilités formelles ainsi découvertes. En contrepoint, les oeuvres de Peter Fischli et David Weiss prêtent un ton tout à fait original à cette exposition.


Dans cette association inattendue, les éléments de bricolage, d’observation et d’expérimentation prennent un poids tout à fait particulier, l’interaction entre pesanteur et apesanteur devenant ainsi perceptible sous un angle nouveau comme un processus incroyablement vivant. Légèreté et poids, exploration des limites du jeu, de l’échec et du hasard comme pratique artistique, oscillation sur la ligne ténue entre humour et poésie, le funambule devenant le prototype d’une réalité existentielle – de
nombreux points de contact permettent aux oeuvres d’Alexander Calder et à celles de Fischli/Weiss d’affirmer leur efficacité à la fois ensemble, et indépendamment.
L’ensemble de cette présentation ne ménage qu’une rencontre directe entre les travaux de Fischli/Weiss et ceux de Calder ; celle-ci ouvre l’exposition et son récit.
Calder (1898-1976) est le maître de l’équilibre instable dans l’art moderne. Avec l’invention révolutionnaire du « mobile »,


il a rendu visible l’équilibre constamment changeant entre pesanteur et apesanteur. Toute son oeuvre est consacrée à cette recherche. Elle fascine par la concomitance entre un équilibre factice qui fait systématiquement l’objet d’une nouvelle quête et est généralement atteint, et
sa visualisation sous des formes diverses.


À partir de 1979, Peter Fischli (né en 1952) et David Weiss (1946-2012) ont, dans leur création commune, donné au thème de l’équilibre précaire une forme iconique très différente. Avec la même ardeur inlassable et voluptueuse, ils ont élaboré – dans des films et des sculptures, par le langage, la photographie et la peinture – un irrésistible jeu sur l’équilibre, la clarté et la vue d’ensemble, dans lequel les impondérables et les pierres d’achoppement l’emportent toutefois souvent sur l’élégance et
l’assurance des grands gestes de l’art moderne – incarnés par le mobile.


Cette exposition, dont le commissaire est Theodora Vischer, Senior Curator à la Fondation Beyeler, est conçue en étroite collaboration avec la Calder Foundation de New York et l’artiste Peter Fischli.
Citations d’Alexander Calder
Que Ça bouge–à propos des sculptures mobiles
Les différents objets de l’univers peuvent être constants, quelquefois, mais leurs relations réciproques varient toujours.
Il y a des milieux qui paraissent rester fixes tandis que de petits évènements se produisent à grande vitesse à travers eux. Ils le paraissent seulement parce qu’on ne s’aperçoit que de la mobilité des petits évènements.


Nous remarquons le déplacement des automobiles et des êtres dans la rue, mais nous ne remarquons pas que la terre tourne. Nous croyons que les automobiles vont à une grande vitesse sur un sol fixe ;
pourtant la vitesse de rotation de la surface du globe, à l’équateur, est 40000 km par 24 heures.
Comme l’art vraiment sérieux doit être d’accord avec les grandes lois et non pas seulement avec les apparences, dans mes sculptures mobiles j’essaie de mettre en mouvement tous les éléments.


Il s’agit d’harmoniser ces déplacements, atteignant ainsi une possibilité neuve de beauté.
Alexander Calder, “Que ça bouge–à propos des sculptures mobiles,” 1932. Manuscrit, archives de la Calder Foundation


Fischli/Weiss: Jardin, 1997/2016
Un jardin temporaire comme projet artistique, à « 70% jardin paysan, 30% jardin ouvrier ». Pour leur deuxième contribution à Skulptur Projekte Münster, une grande exposition organisée tous les dix ans dans un espace public de Münster, Peter Fischli et David Weiss ont conçu en 1997 un travail artistique que de nombreux spectateurs n’ont pas su reconnaître comme tel, en raison même de la description
citée ci-dessus.
Ce jardin est formé de plusieurs plates-bandes et d’un compost. Il contient également un abri avec des sièges et une cabane à outils. Comme dans un jardin paysan ordinaire, on y a planté des fruits et des légumes, des herbes aromatiques et des fleurs de la région. La disposition et les plantations se sont faites dans le respect des principes écologiques, sans négliger pour autant des considérations esthétiques. On observe ainsi dans ce jardin un fragile équilibre entre la séduction et la production, entre l’utile et l’agréable, la croissance dirigée et le laisser-faire, l’ordre et le désordre,
l’artificiel et le naturel.

Le jardin paysan est généralement un lieu privé, dans lequel on peut ici pénétrer et dont on peut profiter. Ce microcosme temporaire ne révèle cependant pas immédiatement son rapport à l’art.
À l’occasion de l’exposition Alexander Calder & Fischli/Weiss, ce jardin a été reconstitué en 2016 moyennant certaines adaptations sur un terrain voisin, pour la durée d’un été. Les travaux ont commencé en février 2016 et ont duré jusqu’à la fin mai 2016, début de l’exposition.


Fondation Beyeler,
Beyeler Museum AG, Baselstrasse 77, CH-4125 Riehen
Heures d’ouverture de la Fondation Beyeler :
tous les jours 10h00–18h00, le mercredi jusqu’à 20h.


Pendant la durée de l’Art Basel 2016, la Fondation Beyeler a inscrit à son programme plusieurs expositions d’art moderne et contemporain, ainsi que deux Artist Talks.
On peut ainsi voir l’exposition temporaire actuelle
«
 Alexander Calder & Fischli/Weiss »,
la première présentation du prêt de longue durée de l’Anthax Collection Marx,
le travail photographique en plusieurs parties de l’artiste américaine Roni Horn intitulé The Selected Gifts
ainsi que des œuvres de Christopher Wool provenant de la Daros Collection.
L’inauguration des « 24 Stops » de l’artiste Tobias Rehberger aura lieu le dimanche 12 juin 2016.
L’Artist Talk entre Douglas Gordon et Hans Ulrich Obrist ainsi qu’un Panel sur l’art et l’architecture avec l’artiste américain Mark Bradford en collaboration avec l’Albright-Knox Art Gallery de Buffalo complètent ce programme.
Fondation BeyelerUne autre bonne nouvelle : La Fondation Beyeler est passée de la 10e à la 7e place du classement du Social Media-Ranking des musées de langue allemande – grâce au développement constant au cours de ces dernières années de ses activités de réseaux sociaux par les canaux les plus divers et à la participation active de la communauté des amateurs d’art

 

Mulhouse Art Contemporain – OFF16

Mulhouse Art Contemporain, dont le président est Dominique Bannwarth,
ouvre le bal d’ OFF16, avec CYRIELLE TASSIN.
Cette exposition est présentée parallèlement à la Biennale de la Photographie de Mulhouse.
Présentée au marché: « OBSOLESCENCE », qui vient d’obsolète, figure de ces villes absurdes. Un agencement de blocs neutres rythme l’image de l’urbanisme d’hier ou de demain. De cette toundra, une ville émerge, entre fiction futuriste et agencement inexploitable réellement. Comme une solution envisagée de nos villes futures, entre pessimisme et volonté de trouver un concept de ville nouvelles, ces concepts tendent vers l’absurdité.
L’obsolescence, une ville établie qui perd déjà tout son sens. Dans une idée formellement réalisable qui s’épuise aussitôt.
Mulhouse OFF16, Cyrielle Tassin, Obsolescence
« CONSOMMABLE URBAIN », 24 cartes postales: sculptées à la surface des aliments, de fines incisions et perforations font émerger un paysage urbain insolite, d’un autre temps et d’une autre échelle.
Ces îlots poussent ou subsistent dans un vide qui les préserve.
Sur une surface presque habitable, son échelle et son lieu nous interrogent pour laisser place au doute d’une réalité.
Face à cette fragilité – une construction fraîche, son flétrissement et son oxydation la menant à sa disparition, l’instant de la photographie préserve ce micro lieu aujourd’hui éteint et soupçonne le nôtre.
CYRIELLE TASSIN est une artiste qui vit et travaille à Celles-sur-Ource, près de Troyes, en France. Diplômée des Arts appliqués, en design à Chaumont, elle a poursuivi sa recherche artistique à l’École Supérieure d’art de Lorraine de Metz Métropole (DNAP et DNSEP), tout en effectuant une année d’études à l’École Supérieure d’Art de Disseny à Castellon de la plana (Espagne). Son travail qui mêle photographie, dessin, gravure, vidéo, peinture et installation en grand volume, révèle les questionnements sociétaux actuels, entre fiction et solution, à travers l’absurde.
Marché
TOUT S’EN VA
Interview de Cyrielle Tassin par Florence Andoka
NOVO – Mai 2016
page 20 édition spéciale Biennale de la photographie
Comment l’installation, Obsolescence, s’inscrit-elle dans l’espace du marché couvert?
Obsolescence est une pièce qui joue sur la notion d’échelle. Je pars d’éléments à échelle réduite que je multiplie, comme une construction qui deviendrait envahissante. Les photographies en grand format de ces villes miniatures forment un parcours dans les allées du grand marché. Au fil des images, dans le temps de la photographie, la ville est construite puis détruite. Je présente également au cours de l’exposition, la pièce Consommable Urbain, sous forme d’édition de cartes postales. Il s’agit de villes sculptées à la surface des aliments. Elles sont figées par la photographie avant leur dégradation.
Qu’est-ce que l’obsolescence d’une ville ? Quel est le rôle de la photographie par rapport à la disparition de la forme réalisée ?
A travers le temps, la ville devient obsolète, de part nos évolutions sociales et technologiques. J’aime apporter des solutions absurdes. Les villes nouvelles que j’invente sont potentiellement réalisables, mais dès lors que nous les construisons, elles deviennent inutilisables. Leur fonction s’épuise et produit une image qui est un reflet dystopique des villes réelles. A l’ESAL, à Metz, j’ai pu me perfectionner en photographie argentique et numérique, afin de gérer l’image de la conception à l’impression, néanmoins, je reste attachée au fait de ne pas saisir une image mais de la construire en créant un espace propre à l’objet réalisé. J’envisage également la photographie comme un archivage.
Vos photographies entrent-elles en résonance avec la thématique officielle de la Biennale, « l’autre et le même » ?
CTLa sérialité est omniprésente dans mon travail. Je crée des villes qui sont visuellement similaires et uniques à la fois. La série renvoie également à ma propre exigence de tester toutes les possibilités jusqu’à l’épuisement des formes.
Vidéo sur France 3
Marché du Canal Couvert
26 quai de la Cloche, Mulhouse
ENTRÉE LIBRE
Les Mardis, jeudis et samedis
de 07H00 à 17H00
 

Autoportraits, de Rembrandt au selfie

jusqu’au 26 JUIN 2016
Autoportraits, de Rembrandt au selfie est la première exposition réalisée dans le cadre du partenariat entre le musée des Beaux-Arts de Lyon, la Staatliche Kunsthalle de Karlsruhe et les National Galleries of Scotland à Édimbourg.
Cette exposition a été présentée successivement à la Staatliche Kunsthalle de Karlsruhe (où je l’ai manquée) du 31 octobre 2015 au 31 janvier 2016, puis au musée des Beaux-Arts de Lyon (où j’ai couru) du 25 mars au 26 juin 2016, et enfin à la Scottish National Portrait Gallery à Édimbourg du 16 juillet au 16 octobre 2016. Elle bénéficie d’un soutien exceptionnel de l’Union européenne, dans le cadre du programme Creative Europe coordonné par l’Agence exécutive pour l’Éducation, l’Audiovisuel et la Culture de la Commission européenne.

Autoportrait de Rembrandt avec Saskia
Autoportrait de Rembrandt avec Saskia

L’exposition rassemble plus de cent-trente oeuvres peintures, dessins, estampes, photographies, ainsi que sculptures et vidéos – appartenant aux riches collections des trois institutions, complétées par quelques prêts provenant de collectionneurs privés lyonnais et, pour la partie contemporaine, du Zentrum für Kunst und Medien de Karlsruhe, ainsi que du Musée d’art contemporain de Lyon. Son propos, dont le cadre chronologique s’étend de la Renaissance au XXIe siècle, est d’interroger la pratique de l’autoportrait par les artistes en tentant de dresser une typologie et en mettant en lumière les questionnements portés par ce genre spécifique. Elle vaut réellement  que l’on s’y attarde.

Foujita et EL Kirchner Autoportrait
Foujita et EL Kirchner
Autoportrait

Il s’agit de s’intéresser en particulier aux formes les plus diverses prises par celui-ci, jusqu’aux autoportraits mis en scène, utilisés dans d’autres types de compositions ou simplement allusifs. Un accent particulier est mis sur les productions des scènes artistiques allemandes, écossaises et lyonnaises.
Albrecht Dürer, la Vierge du Rosaire
Albrecht Dürer, la Vierge du Rosaire

Près de l’arbre le personnage tient à la main un document signé Dürer
qui a ainsi introduit son autoportrait dans un tableau religieux.
Dürer
L’exposition s’articule en sept sections thématiques, interrogeant les grandes typologies de l’autoportrait et leurs évolutions au fil du temps : le regard de l’artiste, l’artiste en homme du monde, l’artiste au travail, l’artiste et ses proches, l’artiste mis en scène, l’artiste dans son temps et le corps de l’artiste.
Certains artistes mettent leur reflet dans une carafe en étain, dans des natures mortes, d’autres dans un double autoportrait, reflété dans un miroir, d’autres encore déguisés en musicien, (Watteau) s’intègrent dans des portraits de groupe, de famille, de couple.
Rembrandt dans la lapidation de St Etienne a introduit son portrait, seul personnage qui regarde le spectateur

Rembrandtdétail l’autoportrait sous le bras droit levé de St Etienne
Détail autoportait de Rembrandt
Une vidéo de Marina Abramovic, un portrait de Jan Favre, l’inévitable Cindy Sherman,
Robert Mappelthorpe, pour voir les selfies d’Ai WeiWei il faut consulter une tablette….
C’est une exposition qui montre bien que l’on invente jamais rien, et que les anciens, savaient très bien se « selfier », l’époque contemporaine ne fait qu’utiliser les nouveaux  moyens techniques, sans l’inventivité des anciens.
Friedrich Mosbrugger, les Camarades
Friedrich Mosbrugger, les Camarades (1828-1829)

Actuellement on ne peut plus voir un monument, une sculpture, une toile, un tableau, sans que des perches à selfies, des appareil photo ou des téléphones, vous gâchent le plaisir de la contemplation et la vue. Surtout les téléphones ou Ipad, que leurs utilisateurs, manipulent longuement pour prendre la « meilleure » photo, regardent le résultat, puis éventuellement recommencent leur photo, tout en oubliant de regarder l’oeuvre en live.
Il faut encore compter  avec les modèles photographiés devant, qui s’ingénient à prendre
les poses les plus ridicules et demandent de ce fait, une infinie patience de notre part, si nous désirons un cliché sans parasites !
Répondant à ma suggestion de bien regarder l’oeuvre en détail, un visiteur m’a répondu
qu’il ne manquera pas de le faire, sur son téléphone, Ipad ou ordinateur !
L’exposition est accompagnée de la publication d’un catalogue scientifique édité en français, en anglais et en allemand.
Autoportrait détail
Une installation est présente en conclusion du parcours pour inviter les visiteurs à réaliser leur propre autoportrait, tandis qu’une composition crée un gigantesque portrait aléatoire formé par la combinaison de toutes ces images. Le public est invité à poursuivre cette expérience en ligne et sur les réseaux sociaux.

Sommaire du mois de mai 2016

l’Anthax Collection Marx à la Fondation Beyeler + Collection Beyeler
l’Anthax Collection Marx à la Fondation Beyeler + Collection Beyeler

01 mai 2016 : Le Kunstmuseum Basel agrandi
04 mai 2016 : Helena Almeida, Corpus au Jeu de Paume
11 mai 2016  : Fondation Claude Monet – Giverny |
14 mai 2016 : Gérard Fromanger |
17 mai 2016 : ALISA RESNIK « ONE ANOTHER »
21 mai 2016 : 13 œuvres de l’Anthax Collection Marx sont arrivées à la Fondation Beyeler
25 mai 2016 : Marie Bovo, Philippe Cognée, Stephan Balkenhol à la Fondation Fernet Branca
 
 

Marie Bovo, Philippe Cognée, Stephan Balkenhol à la Fondation Fernet Branca

A la Fondation Fernet-Branca jusqu’au 9 octobre 2016
La Fondation peut accueillir des expositions à géométrie variable.
Après le septuor de Prendre le temps
Le trio de Métamorphoses
les muses de Didier Paquignon
Claire Morgan taxidermiste
Le duo Günter Umberg et Bernard Frize
Pierre‐Jean Sugier, Directeur de la Fondation Fernet‐Branca présente
3 artistes, qui ont chacun leur spécificité et leur singularité. Ils nous emmènent
dans un voyage généreux fait d’émotions, de découvertes, de sensations, d’insolite.
« Paradis des sculpteurs, mais aussi des photographes et des peintres, lieu inspirant, exceptionnel, un espace spacieux et lumineux, où les individualités des artistes tendent
vers l’universel de l’art » Stefan Balkenhol

Pierre Jean Sugier, Marie Bovo, Philippe Cognée, Stephan Balkenhol,
Pierre Jean Sugier, Marie Bovo, Philippe Cognée, Stephan Balkenhol,

Marie Bovo
La majorité de son travail se fait entre chien et loup, soit de la nuit vers le matin,
soit l’inverse, à la tombée du jour, juqu’à la nuit, en suivant les saisons.
Elle évoque son rapport à la lumière (crépuscule et aube) et à l’intime dans sa série photographique « Cour intérieure » réalisée à Marseille (Quai de la Joliette), série réalisée sur une période de 2 ans. Ces immeubles haussmanniens, très profonds, laissés à l’abandon, malgré tout habités,  où le ciel le ciel est enserré, sont reliés par un réseau très dense de fils où sont suspendus les vêtements des habitants. Selon les heures sont devine, l’occupation du moment des habitants.
Marie Bovo Marseille
Dans la série « Alger », dans un principe identique, elle développe cette représentation subtile en nous dévoilant ce que l’artiste veut nous dire de son propre monde intérieur sur l’extérieur, sur l’expérience de la ville, les émotions que celle‐ci ou le paysage peut lui évoquer.
Marie Bovo AlgerElle exclut toute anecdote, tout effet esthétique, pour se concentrer sur l’essentiel. C’est la construction d’une variation sur un même sujet. La série récente « En route » développe, dans le cadrage d’une porte d’un train polonais,  des paysages tous différents avec un horizon situé toujours à une même hauteur. Ici c’est l’intérieur qui s’ouvre vers l’extérieur, vers son horizon… un même intérieur pour une variation de paysages.
Marie Bovo, En route

La série « les grisailles », comme pour la série « cours intérieures », Marie Bovo renverse le regard pour nous donner des signes du temps. Ici, peu importe les lieux. Rares sont les indices qui apporteraient une localisation précise. Ce qui compte se sont les marques du temps et de la vie, un plafond qui s’écaille : « Grisailles montre des espaces dégradés de leur projet social initial, et qui pour cela échappent à l’architecture. » (Marie Bovo, Sitio, Editions Kamel Mennour, entretiens Régis Durand, page 10).

Marie Bovo les GrisaillesCe contraste intérieur / extérieur apporte une poétique d’une grande rigueur plastique.
de même que cette photographie d’un camp de roms, qui dorment aux marges de la ville.
Marie Bovo
Nous retrouvons cette même rigueur dans le travail vidéo que développe Marie Bovo. Ainsi deux vidéos seront présentées à la Fondation. Une création tournée à Marseille :
« La Voie Lactée » (2016)  laisse découvrir une ville par le biais d’une coulée laiteuse…la ville à ras le sol. La seconde vidéo est « Prédateur, la Danse de l’Ours (2008 – 2014) » qui nous parle autant de l’animal enfermé dans un espace réduit que de ce que parfois l’humain est capable de créer d’inhumain.
Marie Bovo  est née en 1967 à Alicante en Espagne. Elle vit et travaille à Marseille, elle est représentée par  la  galerie Kamel Mennour à Paris  et OSL contemporary, Oslo

 Philippe Cognée (vidéo)

Philippe Cognée et Stephan Balkenhol, revendiquent depuis les années 80 leur travail sur la figuration.  Leur travail s’impose en se positionnant à distance des contraintes mises en place par les artistes des mouvements minimal et conceptuel. Ils entretiennent tous deux un rapport au réel, au quotidien, au paysage, ou plus simplement à l’humanité dans son ensemble en lui donnant une distance et imposant un angle de vue qui rend l’image intemporelle.
Philippe CognéePhilippe Cognée, (vidéo) s’attache depuis plus de 30 ans à interroger le rôle de la peinture.
Son oeuvre est construite à partir d’images photographiques. Celles-ci sont devenues numériques. Toutes ces images sont omniprésentes, presque banales. Pour les transcender, il adopte une technique particulière à l’encaustique. Cette volonté de tendre vers l’abstraction par une peinture sur cire, chauffée et écrasée, fait de la technique même le sujet de la peinture traitant d’un objet : ce qui est montré. Car c’est bien de peinture dont il s’agit avant tout, et c’est elle qui donne à voir son sujet et la façon dont il est perçu.
Philippe Cognée
Ses toiles floues à la cire, chauffée puis écrasée, posent la question de l’épuisement de l’image et de la condition humaine dans son rapport à l’environnement urbain. L’artiste s’inspire de photos ou de vidéos d’autoroutes, de bâtiments, de vues aériennes …
Il présente les maisons de face comme des portraits. Chaque fois qu’il  peint une maison, cela le fait penser à Vermeer, il tente de faire scintiller les briques, avec des effets de soleil, comme lui. Il part d’images de Google qui lui servent de support, en leur faisant « subir » le même procédé, tels  des objets du quotidien, des souvenirs de vacances, des foules, des supermarchés. Traités en série, les thèmes ordinaires et familiers, Philippe Cognée jette sur la toile, aussi ces banalités sont magnifiées par le flou des tracés et des formes devenus la signature du peintre. Sa technique de la cire fondue nourrie une esthétique de la destruction et du chaos. La solitude, l’anonymat, l’abandon émergent de cette référence à la ruine.

Philippe Cognée
Philippe Cognée,  a arraché les pages de catalogues d’Art Basel, où il a puisé  1100 oeuvres d’artistes, il a peint  les images à l’huile, à plat, comme des îcones, puis les a posées sur une plaque de  métal . L’ensemble montré sur les cimaises de Fernet Branca, forme un immense drugstore. Il  nous propose de revisiter l’histoire de l’art,  de réviser nos connaissances et d’interroger notre mémoire, de partir à la découverte, en arpentant les murs de son « Super Marché ». Mais n’est-ce pas aussi un clin d’oeil au tournis qu’occasionne Art Basel, par la profusion des oeuvres présentées ?
Philippe Cognée
 
Mais aussi analogie avec une oeuvre présentée dans l’exposition, qui montre l’inhumanité,
de la consommation de masse, que ce soit en denrées ou en art à laquelle le monde est soumis.
Philippe Cognée
Né en 1957, Philippe Cognée vit et travaille à Nantes. Diplômé de l’Ecole des Beaux-Arts de Nantes, il a reçu le Prix de Rome en 1982 et a été Lauréat de la Villa Médicis en 1990. En 2004, il a été nominé pour le Prix Marcel Duchamp. Il enseigne à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris depuis 2005.
Il est représenté par la Galerie Daniel Templon, Paris – Bruxelles.
et la Galerie Pauli de Lausanne.
Stephan Balkenhol
C’est résolument un sculpteur d’images.
Né en 1957 à Fritzlar en Allemagne, Stephan Balkenhol vit et travaille à Karlsruhe et Meisenthal en Lorraine.
Depuis 1992, il est professeur de sculpture à la Staatliche Akademie der Bildenden Künste à Karlsruhe. Au-delà des expositions en institutions, l’artiste s’est fait connaître par des remarquables ensembles sculpturaux, à mentionner le monument en hommage à Jean Moulin à Metz ainsi que le monument en hommage à Richard Wagner à Leipzig.
Stephan BalkenholAprès des études à l’Académie des Beaux-Arts de Hambourg, Stephan Balkenhol développe, dès le début des années 80, un ensemble de sculptures figuratives en rupture avec le courant minimaliste en vogue à l’époque. Par ses créations, il cherche très rapidement à prendre également ses distances avec le style brut de ses illustres compatriotes Georg Baselitz et Jörg Immendorff. D’une grande simplicité de forme, les œuvres de Stephan Balkenhol sont pourtant riches de nombreux détails. Figures et socles sont taillés à partir d’un seul bloc de bois, à l’aide d’un ciseau et d’un maillet, de scies électriques et de  burins. Ils ne font qu’un. Ils ne sont ni polis, ni poncés, traversés par des fissures devenant balafres et se couvrent de craquelures provoquant autour d’eux comme une sorte de vibration.
Stephan BalkenholLeur immobilisme frappe également. Pourtant ses créations ne sont pas totalement privées de vie. L’artiste utilise en effet des bois issus d’arbres fraîchement abattus, dont le peuplier et le sapin Douglas fir, permettant à ses œuvres, une fois terminées, de connaître un processus de vieillissement progressif. Le bois a la possibilité en quelques sortes de s’exprimer en changeant subtilement d’apparence.
Stephan BalkenholStephan Balkenhol semble également jouer avec les échelles de ses statues, tantôt massives, tantôt minuscules. Leur sens s’en trouve métamorphosé. Le modèle masculin grandeur nature est ainsi tour à tour petit, fragile et vulnérable ou gigantesque et presque monstrueux, ou encore allongé  tel l’ hermaphrodite endormi du Louvre.
Sa ballerine, se dresse fièrement sur son socle, habillée par coquillage plissé.
Stephan BalkenholContrairement aux peaux laissées dans leur couleur naturelle, les vêtements, cheveux, bouches et yeux sont peints. Trois ou quatre couleurs, pas plus, appliquées avec minutie malgré toutes les bosses et tous les creux du bois. Elles ne semblent pas être choisies pour leur pouvoir symbolique mais simplement pour habiller les personnages, leur donner une identité, les ancrer dans la réalité. Ses œuvres sont peintes à l’exception des chairs, suivant ainsi la technique traditionnelle développée au Moyen-Âge de la sculpture en bois polychrome.
Stephan Balkenhol
Les panneaux auréolent tantôt un petit homme, ou encore servent de « toile de fond » à un duo énigmatique (fraternel, amical, combattant ?). Panneaux regardeurs ou bouches bienveillantes ?
Stephan Balkenhol est-il peintre ou sculpteur, la question se pose lorsque l’on regarde la Victoire de Samothrace ou  encore ce couple ou trio ? Il visite l’histoire de l’art avec  son amphore géante aux dessins érotiques. Il s’approprie le mot de Duchamp en le modifiant quelque peu « c’est le regardeur qui termine l’oeuvre »
Stephan Balkenhol
Stephan Balkenhol travaille entre autres avec les galeries Akinci (Amsterdam),
Deweer (Otegem), Mai 36
(Zurich), Nosbaum Reding (Luxembourg) et Thaddaeus Ropac (Paris – Salzbourg).
Ce qui lie les 3 artistes, c’est la dépersonnalisation, la solitude, l’indifférence, la déshumanisation du monde que l’on ressent après avoir parcouru les salles, tout en étant admiratif du travail de chacun
Fondation Fernet-Branca
2, rue du Ballon
68300 Saint-Louis/Alsace
T +33 3 89 69 10 77

13 œuvres de l’Anthax Collection Marx sont arrivées à la Fondation Beyeler

Jusqu’au dimanche 14 août 2016

Un ensemble de 13 œuvres de l’Anthax Collection Marx est arrivé à la Fondation Beyeler et y restera plusieurs années dans le cadre d’un prêt de longue durée.

Pablo Picasso Couple à l'oiseau, 1970 Huile sur toile, 130 x 162 cm Anthax Collection Marx, prêt de longue durée à la Fondation Beyeler, Riehen/Basel © Succession Picasso / 2016, ProLitteris, Zurich
Pablo Picasso
Couple à l’oiseau, 1970
Huile sur toile, 130 x 162 cm
Anthax Collection Marx, prêt de longue durée à la Fondation Beyeler, Riehen/Basel
© Succession Picasso / 2016, ProLitteris, Zurich 

Lors de la première présentation de ce prêt de longue durée à partir du dimanche 1er mai 2016, 9 toiles de Pablo Picasso appartenant à l’Anthax Collection Marx seront montrées aux côtés d’autres créations du peintre espagnol figurant dans la Collection permanente de la Fondation Beyeler. Cette exposition d’une vingtaine d’œuvres de Picasso restera en place jusqu’au 14 août 2016.
Pablo Picasso Tête de femme, 1944 Huile sur toile, 92 x 73 cm Anthax Collection Marx, prêt de longue durée à la Fondation Beyeler, Riehen/Basel © Succession Picasso / 2016, ProLitteris, Zurich
Pablo Picasso
Tête de femme, 1944
Huile sur toile, 92 x 73 cm
Anthax Collection Marx, prêt de longue durée à la Fondation Beyeler, Riehen/Basel
© Succession Picasso / 2016, ProLitteris, Zurich

Le portrait féminin, sujet favori du milieu du XXe siècle, domine l’ensemble des toiles. On peut en donner pour exemples Tête de femme, 2.12.1939 de l’Anthax Collection Marx, qui complète merveilleusement Buste de femme au chapeau (Dora), 30.11.1939, de la Fondation Beyeler.
Ces prêts viennent élargir de façon aussi impressionnante qu’exemplaire le centre de gravité de la Collection du musée, qui compte 34 œuvres de Pablo Picasso.
Ce prêt de longue durée comprend 9 toiles et 2 travaux sur papier de Picasso ainsi que des sculptures d’Alberto Giacometti et de Constantin Brancusi. C’est la première fois que les travaux de Picasso sont présentés au public sous forme d’ensemble.
Pablo Picasso Buste de femme au chapeau (Dora), 1939 Huile sur toile, 55 x 46,5 cm Fondation Beyeler, Riehen/Basel, Collection Beyeler © Succession Picasso / 2016, ProLitteris, Zurich Photo: Peter Schibli, Basel
Pablo Picasso
Buste de femme au chapeau (Dora), 1939
Huile sur toile, 55 x 46,5 cm
Fondation Beyeler, Riehen/Basel, Collection Beyeler
© Succession Picasso / 2016, ProLitteris, Zurich
Photo: Peter Schibli, Basel

La Fondation Beyeler intégrera désormais ces œuvres dans les présentations de sa propre collection, permettant ainsi aux habitants et aux visiteurs de Bâle de les admirer. La famille Marx a choisi la Fondation Beyeler pour la présentation publique de ces œuvres, car elle estime que celles-ci trouvent particulièrement bien leur place dans le programme de haute qualité du Musée. Par ailleurs, Riehen se trouve à proximité immédiate du lieu de naissance du collectionneur, le Dr. Erich Marx, Brombach à côté de Lörrach ; ses enfants ont fait leurs études secondaires dans des lycées bâlois et fréquenté l’université de Bâle. La famille a souhaité marquer ses liens privilégiés avec la région grâce à cette présentation publique des œuvres de l’Anthax Collection Marx, qui fait l’objet de négociations depuis 2013.
Pablo Picasso Tête de femme, 1939 Huile sur toile, 35 x 27 cm Anthax Collection Marx, prêt de longue durée à la Fondation Beyeler, Riehen/Basel © Succession Picasso / 2016, ProLitteris, Zurich
Pablo Picasso
Tête de femme, 1939
Huile sur toile, 35 x 27 cm
Anthax Collection Marx, prêt de longue durée à la Fondation Beyeler, Riehen/Basel
© Succession Picasso / 2016, ProLitteris, Zurich

 
Heures d’ouverture de la Fondation Beyeler :
tous les jours 10h00–18h00,
le mercredi jusqu’à 20h.