Au musée Tinguely de Bâle jusqu'au 12 mai 2024
Commissaires de l'exposition :
Dr. Sandra Beate Reimann et Dr. Lauren Elizabeth Hanson
Genres et époques
Otto Piene (1928-2014) visait avec son art des objectifs de grande envergure : non seulement il a littéralement étendu son champ artistique jusqu’au ciel en y faisant flotter son Sky Art et des projections médiatiques, mais ses œuvres se concevaient également comme des contributions à un monde plus harmonieux et durable. Dans sa structure thématique, l’exposition au Musée Tinguely Otto Piene. Chemins vers le paradis retrace les visions de l’artiste au fil des projets et cycles majeurs de son travail. Des réalisations de différents genres et époques dialoguent entre elles et notamment avec sa pratique constante du dessin. Hormis ses Rasterbilder, Rauchzeichnungen, Feuerbilder et ses sculptures lumineuses, l’exposition rassemble plus de 20 carnets de croquis de Piene qui permettent des lectures nouvelles et multiples de son art. Une attention particulière est portée à ses premières installations immersives, telles que
Lichtraum mit Monchengladbachwand (1963-2013) ou Anemones: An Air Aquarium (1976-2023), ainsi qu’à ses expériences innovantes avec la télévision et les intermédias (The Proliferation of the Sun, 1967; Black Gate Cologne, 1968, entre autres). Dix ans après la rétrospective inaugurée à Berlin en 2014 du vivant de l’artiste, cette grande exposition temporaire au Musée Tinguely remet pour la première fois son œuvre à l’honneur. L’exposition se tient à Bâle du 7 février au 12 mai 2024.
En 1961, Piene publie dans la revue ZERO 3 un article intitulé « Chemins vers le paradis » et qui commence par les mots suivants :
« Oui, je rêve d’un monde meilleur. Dois-je rêver d’un monde plus mauvais ? »
Cette contribution aux allures de manifeste signe l’approche constructive et résolument affirmative de Piene ainsi que sa foi sans limite dans le potentiel de l’art pour améliorer la société. L’exposition monographique du Musée Tinguely met l’accent sur le désir de Piene de créer un monde plus harmonieux, pacifique et durable.
S’alignant sur des motifs et des thèmes récurrents, l’exposition offre un nouveau regard sur l’art de Piene. La conception relie les deux périodes de son activité créatrice, qui ont souvent été considérées comme distinctes: d’abord, de 1957 à 1966, Zero à Dusseldorf, puis la phase de Piene au Center for Advanced Visual Studies (CAVS) du Massachusetts Institute of Technology (MIT), aux États- Unis. Ce faisant, il ressort clairement comment l’œuvre de Piene est passée – lors d’un nouveau départ après la Seconde Guerre mondiale – d’un art abstrait en quête de pureté à un art destiné à un large public et utilisant la technologie et les médias.

En plus des œuvres majeures et connues de Piene, Chemins vers le paradis en présente d’autres, rarement vues, et des documents inédits, devenant ainsi la première grande exposition dans un musée à considérer de plus près chez l’artiste la pratique constante du croquis et du dessin en lien avec la peinture, la sculpture, l’installation, la performance et les arts médiatiques. Les travaux et projets issus de ses séries et domaines les plus importants – Rasterbilder et Rauchzeichnungen, sculptures cinétiques, installations lumineuses, Sky Art, expérimentation avec la télévision et les intermédias, entre autres – communiquent ainsi entre eux et avec ses dessins.
Signification et conception
L’exposition montre la signification du dessin et de la conception, dans un sens à la fois étroit et plus large, au sein de l’œuvre de Piene, par-delà les frontières médiatiques – par exemple, lorsqu’il concevait des formes dans le ciel avec de la fumée et de la lumière ou même avec des sculptures gonflables. Piene dessinait avec les moyens traditionnellement destinés à cet usage

– comme ses carnets de croquis qu’il avait toujours à portée de main-, mais il a aussi expérimenté des technologies complètement nouvelles et innovantes à l’époque, comme les émissions de télévision, les projections de diapositives et même les lasers. La « conception» illustre également le potentiel que Piene attribuait à son art :
contribuer au développement de la société, dépasser le clivage entre art et technologie, lutter contre les défaillances écologiques et, surtout, aider à un monde plus pacifique, uni à travers l’art. Avec son Sky Art, Piene a également conçu des projets politiques et symboliques concrets, comme le Olympischer Regenbogen (1972) ou la Black Stacks Helium Sculpture (1976), exemples d’art communautaire spécifiquement destiné à un public de masse et fermement contre l’exclusion élitiste du monde de l’art. L’exposition suit ainsi deux axes, celui des médias et celui du contenu, qui certes diffèrent mais sont en même temps étroitement liés l’un à l’autre.
Articulation
Par son articulation thématique, l’exposition nous guide à travers l’œuvre de Piene de la seconde moitié du xxe jusqu’au xxre siècle. Avec des présentations mêlant sculptures, peintures, dessins et documents d’archives (photographies et vidéos, documents), les grands domaines de l’artiste se révèlent au fil des différents médias et phases créatives. Reprenant l’intérêt prononcé de Piene pour la technologie et les nouveaux médias, l’exposition sera l’opportunité de découvrir les carnets de croquis au format numérique. Les techniques de présentation permettront d’illustrer la qualité cinétique et animée des carnets de l’artiste, qui apparaît au fur et à mesure de leur feuilletage, avec notamment ses expériences sur la répétition et l’infiltration de la couleur des feutres.
Chemins vers le paradis
Chemins vers le paradis déploie également dans plusieurs salles d’exposition des projections lumineuses ou des installations avec des structures gonflables, qui invitent le public à découvrir son art spatialement et physiquement. Les différents volets de l’exposition se déroulent dans une suite de onze salles dont la densité et l’atmosphère varient, allant de caissons plongés dans l’obscurité (Black Box) à des salles aérées et baignées de lumière. Les présentations dans les grandes salles blanches (White Cube) alternent avec des expériences immersives optiques, cinétiques et sculpturales, de type installation
Fin des années 1960 et du début des années 1970
L’exposition porte tout particulièrement sur les œuvres de la fin des années 1960 et du début des années 1970, lorsque Piene passe de Zero au Sky Art et vit entre les États- Unis et l’Allemagne de l’Ouest. Citons ici surtout The Proliferation of the Sun (1967) et Fleurs du Mal (1969),
mais aussi son art médiatique avec Black Gate Cologne (1968), The Medium Is the Medium (1969) et Lichtspur im Haus der Sonne (1974). Des œuvres moins connues et des découvertes d’archives plus récentes seront également présentes. L’exposition donnera par ailleurs un souffle nouveau à plusieurs œuvres qui, depuis leur première présentation, n’ont pas été montrées pendant longtemps (par exemple Anemones: An Air Aquarium, Creative Time, New York, 1976-2023; Windsock Sculptures, MIT, 1969-1970).
Cette exposition a été conçue de manière à souligner, en particulier de nos jours, toute la pertinence des stratégies pionnières de Piene qui cherchaient à combiner l’art avec la technologie et le potentiel public, social et environnemental de l’art. Chemins vers le paradis interroge sur ce que nous pouvons apprendre aujourd’hui de l’art visionnaire d‘Otto Piene. Au-delà de la critique à l’encontre d’un enthousiasme naïf pour la technologie ou d’un idéalisme romantique, l’exposition invite à redécouvrir son travail comme un outil qui élargirait notre imaginaire.
Informations pratiques
Musée Tinguely :
Adresse: Musée Tinguely I
Paul Sacher-Anlage 1 l 4002 Bâle
Heures d’ouverture :
mardi- dimanche 11h-18h, jeudi 11h-21h
Accès
Tram n° 2 jusqu’à WettsteinPlatz
puis bus 31 et38 arrêt musée Tinguely
Site Internet: www.tinguely.ch
Réseaux sociaux : @museumtinguely 1 #museumtinguely 1 #ottopiene
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Née à Strasbourg et y résidant, je suis une vraie locale avec une histoire et des coutumes familiales alsaciennes à partager.
Concernant Strasbourg, je vous propose des circuits privés et sur mesure classiques ou insolites : Cathédrale, vieille ville ; tous les musées : Alsacien, Historique, Oeuvre Notre-Dame… ; mais également des circuits secrets et insolites (plusieurs circuits possibles), le patrimoine religieux (avec visite de la Cathédrale, des Temples ou du mikvé), la Neustadt, de même que des thématiques plus spécifiques comme le Strasbourg maçonnique, le Strasbourg médiéval, Renaissance, moderne ou contemporain ; des dégustations de produits locaux artisanaux : vins, foie gras, spécialités locales,… Strasbourg et la bière : divers circuits brassicoles, Strasbourg et les traditions de Noël…
Je guide sur toute l’Alsace, à Colmar, au musée Unterlinden 



Le stade du miroir révèle le drame intime que chacun doit traverser afin de s’identifier à lui-même, d’accéder à l’unité de son corps et de pouvoir dire 





Au mois de mai 1966, lors de son séminaire XIII, consacré




Grisaille

De nombreuses gravures et dessins de sa main sont également rassemblés afin de proposer un panorama de la production de l’artiste à Strasbourg.

À l’étage supérieur de l’horloge, les Âges de la vie défilent devant la Mort en sonnant les quarts-d ‘heure, et le Christ sonne les heures au registre supérieur; à l’étage inférieur les chars des sept dieux des planètes correspondant aux jours de la semaine se succèdent. Les esquisses concernent également quelques figures indépendantes : deux angelots et deux amours placés de part et d’autre du cadran des minutes, et Apollon et Diane à gauche et à droite du cadran du calendrier civil.
Plusieurs des figures sculptées exécutées d’après ces projets ont également été restaurées et sont présentées dans l’exposition.
Salle de la loge

L’exposition à la Fondation Beyeler s’ouvre dans le foyer du musée avec la juxtaposition de deux oeuvres emblématiques de 1999. Morning Cleaning, Mies van der Rohe Foundation, Barcelona montre les préparatifs matinaux effectués dans le célèbre pavillon avant l’arrivée des premiers visiteurs. L’agent
A Donkey in Blackpool représente une étable modeste et pourtant très riche sur le plan visuel, occupée par la figure familière d’un âne, qui nous apparaît ici dans un moment de repos. L’association des deux images réunit des univers socialement et culturellement très différents tout en dirigeant notre attention sur leurs points communs – les êtres humains et les animaux entretiennent tous deux une relation profonde aux intérieurs qui les abritent. L’exposition a été conçue de manière à créer une séquence de comparaisons et de juxtapositions de ce type, tissant des échos et des résonances entre les sujets, les techniques et les genres. Pour le catalogue, l’artiste a rédigé un guide qui présente les différentes dimensions de la production des images et de leur agencement dans l’exposition.
Jeff Wall
construction d’une scène du roman de 1952 d’Ellison qui montre le jeune protagoniste noir en train de rédiger l’histoire du livre dans son repaire secret en sous-sol, éclairé d’exactement 1369 ampoules électriques.
est accroché face à War game (2007), où trois jeunes garçons, apparemment photographiés pendant un jeu de guerre, sont allongés sous surveillance dans une prison improvisée.
Dans Parent child (2019), c’est une petite fille qui est allongée, cette fois sur un trottoir dans l’ombre paisible d’un arbre, sous le regard d’un homme qui est probablement son père.
Comme des images de film, les photographies de



Arrivé à Auvers-sur-Oise le 20 mai 1890, Vincent van Gogh y décède
Van Gogh s’installe au centre du village, dans l’auberge Ravoux, et explore tous les aspects du nouveau monde qui s’offre à lui, tout en luttant contre des inquiétudes multiples, alors même qu’il connaît une notoriété naissante dans la critique.
L’église d’Auvers-sur-Oise, ou encore


Au cours de son oeuvre, Pablo Picasso n’a cessé d’inventer et d’expérimenter, prenant souvent le contrepied de ce qu’il avait fait dans la période précédente. Dans ses ateliers étaient rassemblées des oeuvres de toutes les périodes et de tous les styles, accrochées ou simplement posées contre le mur, créant des dialogues inattendus, des jeux d’échos ou de dissonances. S’il est impossible d’avoir une vue globale de l’oeuvre prolifique de l’artiste, les douze dessins rassemblés ici autour du motif du visage permettent d’en saisir l’extraordinaire variété technique et stylistique, témoignant d’un questionnement
Entre la fin de l’année 1906 et l’été 1907, Picasso multiplie les esquisses, notamment dans seize carnets de formats divers, à travers lesquels se cristallise progressivement la composition des Demoiselles d’Avignon. Le poète André Salmon décrit « l’inquiétude » de l’artiste dans les mois qui précèdent l’élaboration du tableau : « Il retourna ses toiles et jeta ses pinceaux. Durant de longs jours, et tant de nuits, il dessina, concrétisant l’abstrait et réduisant à l’essentiel le concret ». De grands nus féminins, dessinés à la





