
exposition Sens contresens à Fernet Branca
10 avril 2018 : Tintoret, Naissance d’un génie
15 avril 2018 : John Hilliard à la Filature de Mulhouse
17 avril 2018 : Cataracte
18 avril 2018 : “Quand j’ai plus d’bleu, j’mets du rouge”
24 avril 2018 : MADHOUSE
29 avril 2018 : Cataracte II
Catégorie : Art
Cataracte II
Il faisait bon, ce matin-là, aussi j’ai mis un pull léger en
prévision de la salle d’attente.
Comme la fois passée, j’ai eu du mal à fermer l’œil
la nuit précédente, aussi j’ai un léger mal de tête, mais surtout
un mal de dos affreux.

Les infirmières m’accueillent aussi jovialement,
«allez, vous y êtes déjà passée »
je passe leur checklist au petit poil, mais je signale quand même
mes douleurs lombaires. Aussitôt elles me font avaler un
doliprane énorme, qui reste coincé dans ma gorge. Elle me donne
un peu d’eau avec parcimonie pour le faire descendre.
Puis je passe dans la salle d’attente.

Cette fois que des messieurs, avec canne, tatouages etc…
Visiblement, comme la fois précédente pour les femmes,
ils viennent du même coin : le Sundgau.
Après quelques échanges, sur le coût de la vie, sur l’intervention
de chacun, l’un d’entre eux, attaque :
« la Macron se gène pas, elle va partout« .
Les autres d’en rajouter. On se tourne vers moi,
pensant que j’allais peut-être surenchérir. Je dis,
« je la trouve bien cette dame« .
Pas battu, mon interlocuteur me dit,
« mais Macron est homosexuel, et mon médecin m’a dit
que les homo épousent toujours des femmes plus âgées.
D’ailleurs il a une villa à côté de Paris où il reçoit des hommes,
et elle, elle part dans le Pas de Calais ».
Moi : votre médecin ?
« Oui oui. »
Puis ils évoquent ensemble une connaissance
commune qui devait être de la partie ….
« mais gentil quand même »
moi en mon fort intérieur (manquait plus qu’il morde …)
Un autre me dit c’est écrit dans le magazine à côté de vous.
Je regarde c’est Closer. !!!
Il y a tout de même un homme qui dit que chacun fait ce qu’il veut.
Puis comme je ne réponds rien, on passe comme pour les dames,
aux maladies de ces messieurs.
Ils sont convoqués au fur et à mesure, les uns ne sachant pas
à quelle heure, ni opérés par quel chirurgien. L’un prétend
qu’il est rentré en conduisant sa voiture il y a trois ans,
mais qu’il ne se souvient plus de ce qu’il a fait la veille,
mais beaucoup mieux de ce qui c’est passé dans sa jeunesse.
Puis il trouve qu’on mange très mal dans cette clinique.
Nous sommes en ambulatoire, aussi il n’est pas question de manger.
Puis arrivent des dames, rebelote, on évoque les maladies, les
opérations, les repas dans le Sundgau.
Mon tour dans la salle d’op.

Passage dans la cabine pour se déshabiller. C’est une nouvelle,
qui me conduit. Elle a été formée devant nos yeux et nos oreilles.
C’est très sonore dans la salle d’attente et aux alentours.
Elle me conduit dans une cabine, visiblement ce n’est pas la bonne,
car aussitôt une autre assistante veut y introduire une autre personne.
Puis en salle d’op, c’est le même protocole, les goutes, puis un
anesthésiste lit un texte à ses confrères, sur le non respect de
l’hygiène, le protocole et la sanction qu’il va demander contre
une responsable du service.
J’avoue que je me sens tout de suite rassurée …

l’opération se passe, je me rhabille, je passe chez l’infirmière
pour les dernières recommandations, qui me remet,
la feuille d’instruction,
qui contient le mode d’emploi pour mettre les gouttes,
et entretenir la coque etc… il était temps, car 20 jours
viennent de se passer depuis l’opération du 1er œil.
MADHOUSE
Au Séchoir jusqu’au 27/05/2018

Mulhouse ne rime pas avec Manchester et pourtant.
Si comme moi, cela vous a passé par-dessus la tête,
ou encore que vous n’êtes pas du coin, c’est une occasion
pour vous mettre au parfum, et de comprendre pourquoi,
on voit encore pointer toutes ses vieilles cheminées dans le panorama
mulhousien. Le Séchoir a concocté pour vous, une exposition
collective, qui démontre les parallèles entre ces 2 villes, surtout
au niveau ambiance de folie (culturelle et sociale).

Au XIXème siècle Mulhouse était surnommée
« la petite Manchester »
ou « la Manchester du Nord ». Le ciel de la ville était découpé
par une centaine de cheminées et la vie économique et sociale
était calquée sur le rythme des filatures et autres usines annexes
et les allers-retours avec Manchester sont réguliers.
Ses habitants ouvriers éprouvent le besoin de se divertir, de leurs
monotones journées à l’usine, aussi la vie nocturne prend une ampleur
sans pareil.
Au XXème siècle, au début des années 80, la ville s’invente une
communauté punk. Quelques trublions font la navette avec Londres
et rapportent le son anglais en temps réel. De là, naîtront des groupes,
des aventures, des radios, des envies. L’appel de Londres et de
“Madchester” est entendu et imprime sa marque sur Mulhouse
(et d’autres villes de l’Est) qui se rêve en MADHOUSE à son tour.
Aujourd’hui, à l’heure du Brexit, que reste-t’il de ce fantasme anglais,
mix entre l’énergie industrielle et le Do It Yourself punk ?
This is MADHOUSE
Cette exposition collective rassemble des artistes résidents
du Séchoir, mais aussi des artistes ayant un ancrage dans
la région mulhousienne et plus largement dans le GRAND EST.
Les coups de coeur de l’équipe y contribuent largement.
Parmi les 14 artistes sélectionnés, plasticiens, photographes,
illustrateurs ou écrivains, chacun apporte un regard personnel sur
le projet Mulhouse – Manchester.

Philip Anstett – Francois Bauer – Hugues Baum –
Daniel Carrot – Heidi Kuhl – Joan( La petite Lucie )
– Jad Wio – Stéphanie-Lucie Mathern –
Denis Scheubel ( SinedDenis ) –
Sara Vercheval – Delphine Gutron – André Maïo –
Mattalabass Le Séchoir -Sandrine Stahl .

Daniel Carrot, acteur de cette décade, a fait le trajet Mulhouse/
Manchester.
Il a compulsé ses souvenirs des années 80. Il a fignolé des bijoux
de textes pour accompagner les photos de son ancien compère des
DNA.
Philippe Anstett a puisé dans ses archives une série de photos
allant de 1980 à 1990, témoignage vibrant de l’effervescence
des nuits mulhousiennes dans un grand brassage culturel.
Ses photos prouvent que les Mulhousiens n’étaient pas en reste
et n’avaient pas grand chose à envier en terme de douce folie aux
nuits mancuniennes.
Ensemble les 2 amis sont les auteurs de «BeforeInstagram»
édité par Mediapop .

Delphine Gutron, présente une page qu’elle a réalisée dans le
cadre du collectif les Mains Nues, dans le quotidien l’Alsace
avec la gravure imprimée pour « Mulhouse la rouge ».
C’est une ruche en« roues de Mulhouse » symbole bien connu
et une abeille, près de la ruche, symbole de la société industrielle,
pour Mulhouse, la petite Manchester aux 100 cheminées.
Exposée au Séchoir, ancienne tuilerie Lesage , elle prend toute
sa dimension .
A ses côtés une photographie du tatouage de son amie de Manchester,
Kerry. On y retrouve l’abeille, symbole de Manchester.
Après les attentats survenus en mai 2017 au concert de la chanteuse
Ariana Grande, à la Manchester Arena, les tatoueurs de Manchester
ont accepté de graver cette abeille sur la peau des volontaires et de
reverser l’argent gagné aux victimes de cet attentat.
Kerry habite en France aujourd’hui et a persuadé
Monsieur No, tatoueur à Sierentz, de lui tatouer cette abeille
mémorielle dans le même contexte de soutien.
Joan SPIESS et LA PETITE LUCIE
C’est un auteur de bande dessinée, français, connu pour
son personnage la Petite Lucie, crée en 1987 dans son fanzine
“Cartoonoïde” qu’il anime dans des pages de jeux de l’hebdomadaire
belge Spirou depuis 1994. En 1997-1998, il dessine également
la série humoristique Tête de veau et vinaigrette écrite par Ptiluc .
Joan a par ailleurs réalisé de nombreux albums sur des thèmes variés.
Il a créé un bon nombre d’ affiche de concerts pour les groupes
mulhousiens des années 90. Il détourne des pochettes
de vinyle, s’appropriant de manière décalée l’univers de l’artiste
ou du groupe en y apposant l’univers poético-surréaliste de la
Petite Lucie.

Denis Scheubel poète, rockeur qui se meut dans un univers
énorme et singulier, analogiquement armé, métalliquement penché,
outrageusement chromé(s), comme ce monde en surbrillance
qui est le nôtre
Ci-dessus interviewé par Radio MNE (à écouter)
Un article de 2014 dans Libération pour la sortie de son disque
Singe Chromés
Il présente 2 photos en totale adéquation avec le thème.
Photos volées, sur-imprimées où on l’aperçoit dans le coin droit
Le temps , le lieu, du corps et de la conscience.
Ou est mon coeur? Ma tête?
Do the mad have a house?

Sandrine STAHL, la présidente du Séchoir, présente une
installation.
Elle se place dans la perspective de cette infinie seconde qui suit
le cri de guerre de tous musiciens “ONE TWO THREE FOUR” et
qui précède le premier coup de grosse caisse,
instant fragile et magnifique où toute votre vie se rejoue, l’artiste
donne une vision d’une question qui se posait et se pose à Mulhouse
comme à Manchester quelque soit l’époque :
que se passe-t-il une fois le tempo donné ? Quel rythme ?
Quelle couleur ? Quelle gamme ?

Matthieu Stahl expose en Solo en parodiant Picasso
voir le billet ci-dessous “Quand j’ai plus d’bleu, j’mets du rouge”
Mais aussi une série de quatre affiches de concerts n’ayant
réellement existés que dans sa tête, fantasmés et vécus
probablement un soir de trop de mélange Valstar/Kro. 😆
England’s Dreaming
Le Séchoir, rue Josué-Hofer, à Mulhouse
Accès libre le samedi et le dimanche de 14h à 18h.
“Quand j’ai plus d’bleu, j’mets du rouge”
C’est ainsi que ce prof diplômé en Lettres Modernes et en
Arts Plastiques, Matthieu STAHL, s’approprie la phrase
de Picasso,
“Quand j’ai plus d’bleu, j’mets du rouge”

Après avoir balancé son porc, dans l’édition précédente
« Position libre« , c’est le mouvement et la couleur qu’il met
en avant, résultat d’un travail mené entre mars 2017 et
avril 2018. Les fées se sont penchées sur son berceau,
car il est aussi musicien, au sein du groupe PJ@MelloR.
Dans la nouvelle exposition du Séchoir dont il est
membre fondateur, Madhouse, il laisse courir librement le geste et
la couleur, en compagnie de 14 artistes.
« Né en 2043 (!), je suis tombé dans la peinture rapidement pour
n’en jamais ressortir.
Mon travail est porté par une interrogation constante sur le langage,
sur son utilisation comme outil de relecture du monde dans lequel
je vis et j’évolue. Mon travail interroge l’espace urbain et la manière
dont nous l’appréhendons en fonction des aléas de déplacement,
de rencontres, de temps. Ce que j’en perçois, je le transforme en
paysage abstrait, « carte heuristique » de mes propres déplacements
physiques et/ou émotionnels dans une réalité urbaine.

Je rends compte de ce monde, dans lequel je vis aussi, par
la construction d’images à partir d’éléments simples (lignes
brisées, traces, fragments de phrases) combinés et recombinés
à l’infini. Je dresse une cartographie sensible d’un espace fait
de tension, de colère apaisées par une recherche d’équilibre par
la couleur et la ligne. L’énergie punk mixée avec des influences
Street Art, les deux tempérées par un vocabulaire abstrait
volontairement simple. Eviter l’esthétisme sans pour autant
perdre de vue son intérêt. Une poésie urbaine. »
Des trucs en rouge ou pas. Sur papier, toiles ou carton. Du rouge
sang, du rouge qui tâche ou tache, énervé ou pas, ce sera en
fonction de mon humeur du jour ou de la nuit, du monde.
Du rouge en (R)évolution. Ça a démarré le 1er mars 2017.
M.S.

En effet vous pouvez constater sa recherche par le geste et le rouge
notamment par un haïku qui vole sur une partition en papier,
en notes ou signes noirs, sur fond rouge.
Autre variante, sur fond bleu, toujours le rouge où le pinceau court
en liberté, avec une touche de japonisme et un zeste de torii.

Il vous donne rendez-vous pour le VERNISSAGE
Le vendredi 20 avril à partir de 18h30 suivi d’une
soirée mémorable !
avec une foultitude d’évènements associés
Le Séchoir, rue Josué-Hofer, à Mulhouse.
Exposition Madhouse visible du vendredi
20 avril au 27 mai.
Visite en accès libre, le samedi et le dimanche,
de 14 h à 18 h.
John Hilliard à la Filature de Mulhouse
Jusqu’au 19 mai 2018, à la Galerie de la Filature de Mulhouse,
« Je ne considère pas la photographie comme un mensonge,
mais comme un médium qui ne montre pas une vérité unique… »
A l’heure de la photo numérique pour tous, des selfies
à tous vents, John Hilliard, propose ses points de vue
multiples en matière de photographie.
Depuis la fin des années 60, le travail de John Hilliard
ne cesse de questionner la photographie comme moyen
de représentation, soumettant à un examen critique ses
limites et ses lacunes tout en célébrant sa spécificité
technique.
Dans sa pratique, la photographie n’est pas une simple
reproduction du réel ; elle est une vaste discipline
incluant la prise de vue, l’éclairage, l’échelle des plans,
la perspective, la mise en scène. L’image se construit à
partir d’un projet artistique, de sa conceptualisation,
de sa mise en oeuvre et de son mode d’exposition. La
photographie est un instrument critique, de distanciation,
une machine de vision et de fiction, et se départit du
critère d’objectivité – fondamental dans la tradition
documentaire et descriptive –, pour s’inscrire pleinement
dans le champ de la création contemporaine.
Hilliard explore constamment ce qui distingue la photographie
d’autres médias artistiques tels que la peinture, le dessin
ou la sculpture, pour interroger sa place dans les arts
visuels contemporains.

L’exposition à La Filature comprend un ensemble de travaux
principalement réalisés entre 2006 et 2015, complétés
par quelques photographies antérieures des années 70
et 90. Différents thèmes et approches sont représentés qui
donnent un aperçu de la diversité de l’oeuvre de Hilliard.
Des travaux tels que Body Double (2011)

ou
Two Objects Of A Known Size (2013)
explorent l’éclairage, les positions de l’objectif ou l’échelle
des plans. Hilliard y expérimente différents aspects du médium,
les conditions de la (re)production de l’image ainsi
que la subjectivité de la perception du spectateur.
Dans une série d’oeuvres plus récente, Hilliard extrait
certains détails des images, les agrandit et les ramène au
premier plan, cachant partiellement les images qui échappent
au regard du spectateur. Les motifs agrandis, surimposés,
qui recouvrent les images, forment une sorte d’écran et
introduisent ainsi un nouveau niveau de langage dans l’image.
Cette méthode découle de l’intérêt du photographe à
construire un espace photographique unique ouvrant plus
largement notre champ perceptif.

On trouve toujours, dans l’oeuvre de Hilliard, plusieurs
oppositions en jeu, telles que la figuration et l’abstraction,
les images panchromatiques et monochromes, l’analogique
et le numérique, la photographie et la peinture
(ou la sculpture), soulignant ensemble l’ambivalence et
la complexité du médium.
Trente deux oeuvres exposées sont visibles du
mardi au samedi de de 11 h à 18 h 30
le dimanche de 14 h à 18
et le soir des spectacles
La cataracte
Jusqu’à présent le mot de cataracte correspondait,
pour moi, à une chute d’eau, comme celle du Niagara.

Pour le fun !
L’opération c’est bien passée.
A la clinique, dès l’entrée à l’étage de l’ophtalmologie les infirmières
m’ont prise d’assaut, elles m’ont énervée,
elles voulaient absolument me faire remonter la manche de mon pull,
pour prendre la tension, alors que je préfère soulever mon joli pull
en cashmere, pour ne pas étirer la manche.
J’ai le sentiment (justifié ?) qu’elles me prennent pour une demeurée.
Elles se sont jetées sur moi, pour enlever de force les petits diamants
d’oreilles. Les 2 bijoutiers consultés ont prétendu que cela casserait
le fermoir, sans compter le prix de l’intervention.
Elles ont réussi en un tour de main, sans rien casser !

Si j’avais su, je serais allée depuis longtemps, chez elles,
pour les faire enlever.
Au téléphone, j’avais prévenue que j’avais les boucles d’oreilles,
mon interlocutrice a répondu :
« ce n’est pas grave, vous allez signer une décharge. »
Le pire, c’est la salle d’attente,
Imaginez : ce jour, il faisait très froid dehors, à peine 5°, donc tout le
monde est très habillé.
Je suis, en pull, 26 ° dans la pièce, tout le monde transpire et se plaint,
puis 6 bonnes femmes, alors que quand il y en a à peine 2 ensemble,
ça tchatche tout le temps.
6 bonnes femmes pendant 1 h, dans la chaleur, qui racontent,
elles échangent leur maladie, leur cancer et le reste.
En principe il faut arriver sans bijoux, tél, sac, montre,
“shampoinné” à la Bétadine,
2 douches, mais surtout à jeun depuis minuit.
Et bien elles avaient leur montre, leur téléphone, leur sac à main
et des tic tac, à sucer, contre la soif ! Certaines, assez bien coiffées,
style sortie de chez le coiffeur.
Ensuite l’attente dans la salle d’opération, dans le froid,
sacré contraste avec la chaleur de la salle d’attente, je suis frigorifiée.
Une série de gouttes sont encore instillées.

L’opération, on ne la sent pas, c’est rapide 10 mn, pour 1 h de
préparation
Arrivée à 13 h, je suis ressortie à 16 h, après avoir eu droit à
un casse croûte.
Au choix : jambon, beurre, vache qui rit pour moi.

Ce qui est ennuyeux, après l’opération, c’est qu’on ne peut
pas faire grand chose, juste attendre, écouter de la musique,
des podcasts, ne pas lire, ne pas sortir s’il fait trop mauvais,
et garder la coque pendant la nuit, pendant 12 jours.
J’ai hâte que l’oeil gauche, soit opéré, le 3 avril, afin de retrouver
un équilibre de la vision et la possibilité de pouvoir à nouveau
conduire la nuit.
Tintoret, Naissance d’un génie
Jusqu’au 1er juillet 2018 au musée du Luxembourg
A l’occasion du 500ème anniversaire de la naissance
de Jacopo Robusti, illustre sous le nom de Tintoret,
le Wallraf-Richartz-Museum & Fondation Corboud
et la Réunion des musées nationaux – Grand Palais se
sont associés pour célébrer ce peintre, l’un des plus
fascinants de la Renaissance vénitienne.

L’exposition se concentre sur les quinze premières années
de sa carrière. Elle mettra ainsi à l’honneur ses
« oeuvres de jeunesse », depuis la plus ancienne que l’on
conserve de sa main, L’Adoration des mages du Prado,
réalisée alors qu’il n’avait pas vingt ans, jusqu’aux commandes
importantes du début des années 1550 qui contribuèrent
à le propulser sur le devant de la scène :

L’Adoration des mages
vers 1537-1538
huile sur toile
174 x 203 cm
Madrid, Museo Nacional del Prado
Le Péché originel pour une confrérie
(une de ces « scuole » si fameuses à Venise) ou La Princesse,
saint Georges et saint Louis pour le siège d’une administration
vénitienne, près du Rialto.

Si cette phase de la vie de Tintoret qui a suscité de nombreux
débats, est moins connue, c’est aussi une période décisive
et déterminante pour comprendre comment il se construit.
L’exposition propose ainsi de suivre les débuts d’un jeune
homme ambitieux, pétri de tradition vénitienne mais
ouvert aux multiples idées et formes artistiques venues
du reste de l’Italie, décidé à renouveler la peinture dans
cette Venise cosmopolite du XVIe siècle qui cherche alors
à donner au monde une nouvelle image d’elle-même.
Peinture religieuse ou profane, décor de plafond ou petit
tableau rapidement exécuté, portrait de personnalité en
vue ou d’ami proche, dessin ou esquisse… les oeuvres
rassemblées rendent compte de la diversité du travail
de Tintoret, de la richesse de sa culture visuelle et
intellectuelle, et de sa volonté de frapper l’oeil et l’esprit
par son audace.
L’exposition déroule un parcours thématique qui contribue
à mettre en évidence les caractéristiques de ces premières
années d’activité :
1- Prendre son envol,
2- Orner les salons,
3- Capter le regard,
4- Partager l’atelier,
5- Mettre en scène,
6- Observer la sculpture,
7- Peindre la femme.
L’exposition souligne ainsi les stratégies que Tintoret met
en place pour se faire connaître et s’attirer une clientèle
cultivée et influente, capable de lui procurer des commandes
importantes à Venise. Elle explore ses méthodes de travail,
sa collaboration avec un autre artiste du nom de Giovanni
Galizzi qui décline à sa suite nombre de ses modèles.
Mais l’exposition décortique également le processus créatif
de Tintoret en montrant le rôle central qu’y joue l’émulation
avec les autres arts. Plusieurs de ses compositions représentant
des bâtiments en perspective agencés comme un décor
de théâtre, attestent de ses connaissances à la pointe de son
temps en matière d’architecture et témoignent
également de ses rapports avec le monde du théâtre.
L’artiste collectionne par ailleurs les réductions
de sculptures célèbres, antiques aussi bien que modernes,
s’exerce inlassablement à les dessiner sous différents points
de vue et multiplie les citations dans ses propres peintures.
L’exposition met en évidence l’imagination débordante,
l’éclectisme mais aussi les tâtonnements d’un jeune artiste à
la recherche de son identité. Elle est l’occasion de faire
le point sur une période controversée de sa vie, d’affiner
les connaissances et de communiquer au public les dernières
avancées de la recherche scientifique, pour éclairer sa
personnalité et son parcours. Elle retrace en définitive
l’ascension sociale d’un homme d’extraction modeste,
fils de teinturier, qui, grâce à son talent parvient à s’élever
dans la société, à s’imposer et à se faire un nom sans rien
oublier de ses propres origines,
« Tintoretto » signifiant littéralement « le petit teinturier ».
commissariat :
commissaire général : Roland Krischel, conservateur en charge de
la peinture médiévale, Wallraf-Richartz-Museum &
Fondation Corboud, Cologne;
conseiller scientifique : Michel Hochmann, directeur d’études à
l’Ecole Pratique des Hautes Études (EPHE, PSL);
commissaire associée pour la présentation de l’exposition à Paris :
Cécile Maisonneuve, conseil scientifique à la RMNGP
scénographie : Véronique Dollfus
ouverture :
du lundi au jeudi de 10h30 à 18h et du
vendredi au dimanche et jour férié de
10h30 à 19h, fermeture le 1er mai
tarifs: 13 € ; TR 9 €
accès : M° St Sulpice ou Mabillon
Rer B Luxembourg
Bus : 58 ; 84 ; 89 ; arrêt Musée du
Luxembourg / Sénat
informations et réservations :
museeduluxembourg.fr
grandpalais.fr
France culture l’Art est la Matière podcast
Sommaire du mois de mars 2018

01 mars 2018 : Le « trésor Gurlitt » au Kunstmuseum de Berne
02 mars 2018 : Etre moderne : le MoMA à Paris
08 mars 2018 : Journée de la femme
10 mars 2018 : The Live Creature à la Kunsthalle de Mulhouse
11 mars 2018 : La rétrospective de l’oeuvre de César
16 mars 2018 : RE-SET : assimilation et transformation dans la musique et dans les arts visuels depuis 1900
20 mars 2018 : La Picasso Story au Kunstmuseum de Bâle
23 mars 2018 : L’évasion photographique – Adolphe Braun
28 mars 2018 : Anselm Kiefer, Für Andrea Emo
Anselm Kiefer, Für Andrea Emo
Jusqu’au 31 mai 2018
A la suite de la rétrospective au Centre Pompidou
en 2015/2016, d’Anselm Kiefer et 5 ans après l’inauguration
de son espace de Pantin, la Galerie Thaddaeus Ropac présente
une nouvelle série d’œuvres de l’artiste à Paris.

C’est un artiste qui m’interpelle, m’attire, m’émeut.
Je me souviens de son opéra « Am Anfang » à l’opéra Bastille,
de l’émotion éprouvée lors de Monumenta au Grand Palais,
de ma première rencontre avec l’oeuvre de l’artiste au
musée Würth d’Erstein, son goût de la provocation
(faisant le salut nazi), une visite mémorable de blogueurs
au Louvre qui a acquis 3 de ses oeuvres.
C’est avec un plaisir immense que l’on pénètre dans
la blanche galerie Thaddaeus Ropac, où les oeuvres
y trouvent leur juste place.

L’exposition Für Andrea Emo, montre une sélection d’
une vingtaine de tableaux ainsi que trois sculptures
explorant le thème de la sédimentation du souvenir si cher à
Anselm Kiefer.

Ces sculptures, qui mettent en scène une connexion spirituelle
entre différents éléments, sont autant de fossiles ou
d’artefacts mis au jour, autant de micro-fictions à déchiffrer.
D’une inventivité formelle inédite, les tableaux reflètent
l’intérêt que l’artiste porte depuis longtemps à l’idée de
destruction et de régénération. En faisant couler du plomb
en fusion, Anselm Kiefer oblitère l’image originale et insuffle
ainsi une nouvelle vie à ses propres œuvres dans un geste
radicalement iconoclaste.

Les références philosophiques et littéraires ont toujours
joué un rôle essentiel dans l’art d’Anselm Kiefer.
L’exposition est dédiée à Andrea Emo (1901-1983),
philosophe italien dont les réflexions nihilistes ont nourri le
développement de son travail. Penseur solitaire, qui a choisi
la voie de la réclusion et de l’auto-exclusion du monde
académique, Andrea Emo est une figure importante de la
nouvelle pensée métaphysique. Son écriture singulière,
sous forme de fragments et de notes, dessine une théologie
de la négativité. Chez Andrea Emo, la modalité privilégiée
du temps est le souvenir :

« il n’y a pas de nouveauté hormis dans le souvenir…..
le nouveau naît à partir de nous, qui sommes le futur,
si nous pouvons renoncer à celui-ci. »
C’est ainsi qu’Anselm Kiefer trouve dans la philosophie
du penseur italien un écho à ses propres questionnements.
Lorsqu’Andrea Emo écrit
« l’acte est la destruction des tableaux, leur mort, leur sommeil,
les tombes dont ils ont besoin pour pouvoir ressusciter »,

Anselm Kiefer, lui, dit dans son journal :
« tu as pris conscience du fait qu’un tableau éteint toujours
le suivant, que c’est un mouvement constant d’abolition
de soi et de renaissance. »
La conception cyclique du temps irrigue toute l’œuvre
d’Anselm Kiefer. Elle s’incarne ici dans la matière même
des œuvres, qui subissent un acte de destruction avant
d’entrer dans un processus de régénération.
Ainsi Anselm Kiefer écrit dans son journal, publié dans le
catalogue de l’exposition :

« hier versé du plomb. tombé sur plusieurs anciens tableaux
rejetés que tu ne voulais plus du tout voir. sans colère,
sans désespoir, contrairement à autrefois, tu as posé
les tableaux par terre et versé dessus le plomb brûlant.
plus aucun motif de désespoir, car tu le sais : quelque part
il y a un résultat, mieux, tu intègres d’emblée l’échec
dans le calcul. le résultat serait-il différent si le plomb
coulait autrement, si l’acte destructeur se produisait par
rage et non par calcul ? »

Si sur certaines toiles la couche de plomb solidifié laisse
encore entrevoir un paysage, sur d’autres elle emprisonne
les éléments picturaux rejetés par la surface calcinée.
La peinture devient alors sa propre sédimentation,
un palimpseste. Anselm Kiefer note :
« Ce pansement de plomb qui ne peut plus être détaché
de la peau de peinture, ces plaies suppurantes du plomb
encore bouillant quand le pigment n’est pas sec, les petites
pailles sur un champ que j’ai peint il y a des années et qui
apparaissent comme des restes calcinés sur le plomb solidifié
– tout cela me rappelle les poèmes de Baudelaire. »

Un catalogue bilingue allemand/anglais comprenant des
extraits du journal d’Anselm Kiefer
avec tiré à part en français est publié à l’occasion de l’exposition
L’évasion photographique – Adolphe Braun
Une découverte, l’œuvre d’Adolphe Braun d’une dimension
extraordinaire, un pionnier au 19e siècle.

La guerre est terminée depuis quelques mois à peine pendant
l’hiver 1870/71, des milliers de soldats sont morts de faim
et de froid. Adolphe Braun est alsacien et photographe.
Il a installé son appareil à plaques et à immortaliser les vestiges
de cette guerre franco-allemande. Les prises de vue montrent
le vide laissé par les pertes.
Il a été certainement très surpris par la guerre, mais il n’a
pas été mobilisé, il n’a pas participé lui-même au combat.
Ses fils Gaston et Henri Brown en revanche oui beaucoup.
Henri Brown son fils est né est mort plus tarder à la suite
d’une blessure de guerre.

Sur une photo on voit Henri, Gaston et leur cousin
qui posent fièrement juste après la guerre.
Ils étaient en tout, environ 15 000 soldats, la moitié d’entre
eux sont morts pendant les six mois d’hiver suivants,
qui ont été très froids et très violents.
On voit très bien, que la guerre est passé par là,
et quand en tant que français les images devaient de
véhiculer un certain patriotisme.
Des centaines de clichés se trouvent aux Etats Unis,
en Allemagne, mais surtout en France au
musée Unterlinden de Colmar.
On y préserve de précieux albums qu’Adolphe Braun
a confectionné pour l’empereur Napoléon III.
Ce dernier appréciait tellement son travail qu’il lui a octroyé
le titre de « photographe de sa Majesté l’Empereur »
Par le format, l’état de conservation et le poids on se rend
compte que ces ouvrages n’ont pas pu être consultés
fréquemment, ni trop souvent manipulés, ni notés.
C’est une grand chance que l’on peut consulter aujourd’hui
ces trésors qui ont été cachés très longtemps.
Qui était Adolphe Braun ?
13 juin 1812 Naissance à Besançon, En 1822 la famille Braun
déménage à Mulhouse, ville dont elle est originaire.
1828
Entame sa formation de dessinateur à Paris.
1834
Mariage à Paris avec Louise-Marie Danet.
Ouvre son premier atelier de dessin à Paris mais rencontre des
difficultés financières.
1842
Publie un « Recueil de dessins servant de matériaux,
destinés à l’usage des fabriques d’étoffes, porcelaines,
papiers peints […] ».
Ces lithographies peintes à la main sont offertes à la Société
Industrielle de Mulhouse afin de renouveler les modèles de
convention utilisés par les dessinateurs dans les manufactures
de toiles imprimées.
Ce cliché de 1857, est l’un des rares où l’on peut voir, ce pionnier
de la photographie.
à droite
Adolphe Braun,
L’exposition universelle de 1855 rend cet alsacien célèbre à Paris.
Il expose des fleurs photographiées, 350 photos le jeune média
offre un aspect magique et nouveau. La grâce des fleurs et leur
délicatesse sont rendus d’une manière exquise et les visiteurs
s’extasient.
Panoplie de gibier, le photographies ont trouvées leur public,
mais pas encore leur marché.
Ce sont des tirages grand format par contact, ce qui veut dire
que la plaque de verre est exactement de la même dimension que le
négatif, à savoir 80 cm par 60.
Ce qui est intéressant ne pouvait absolument pas commercialiser
ses photos.
Elles atteignent des prix trop élevés pour l’époque, environ 50,00 Fr.
somme pour laquelle on pouvait acquérir facilement une toile
de bonne qualité d’un peintre pas trop connu.
Pour l’opinion publique les photographes n’avaient pas du tout
le statut d’artiste à l’inverse des peintres.
A voir le trophée de chasse de Claude Monet à côté de la nature morte.
Cette photographie de Braun a été prise en 1862, il s’agit
du château de Chillon sur les rives du lac de Genève, quelques années
plus tard Gustave Courbet a peint le même décor à partir du
même point de vue. En 1871, cette photographie signée Adolf Brown
montre des ruines du palais des Tuileries à Paris elle a servi de modèle
à un tableau de Meissonnier.
L’entreprise Adolf Brown connaît une grande notoriété à partir
du moment où il dépose le brevet du procédé du tirage au charbon
avec sélection des pigments de couleurs.
En 1883 il obtient l’exclusivité pour les droits pour les œuvres
du musée du Louvre. Suivent 33 000 reproductions.
Il photographie même le plafond de la Chapelle Sixtine, peint
par Michel-Ange.

Pour ce faire outre l’autorisation du pape qui lui accorde
un « Permessso » il fait construire un échafaudage mobile qui
lui permet de circuler librement à l’intérieur de la Chapelle et
de l’Eglise.
A partir de cet échafaudage il a pu photographier les détails de
chaque personnage. Ainsi il a pu faire des études qui éclairent
la manière de peindre de Michel Ange et qu’il a ensuite publiées
séparément.
L’entreprise familiale reprise par ses fils nous promet encore
de belles découvertes comme ce Panoramas des Alpes qui compte
aujourd’hui parmi les photographies paysagères les plus
impressionnantes du 19 e.
La beauté artistique de ses reproductions est indéniable, il fournit
un accès immédiat à ses décors. Ces clichés de montagnes sont
sans fin et il apparait toujours de nouveaux décors fascinants.
Soucieux de ne pas voir disparaître une mémoire photographique
et industrielle, Pierre Braun, arrière-petit-fils d’Adolphe Braun,
démarche en vain les milieux mulhousiens et le ministère des
Affaires culturelles. En 1968, il donne au Musée Unterlinden
la partie du fonds photographique de la société Braun consacrée
aux paysages et aux portraits. Les photographies de fleurs
et d’oeuvres d’art – négatifs et tirages – sont cédées au Musée
d’Impression sur Etoffes de Mulhouse tandis que le
département du Haut-Rhin reçoit les tirages et les plaques des
photographies d’oeuvres d’art. Depuis 1994, les plaques sont
conservées dans des locaux provisoires à Wesserling (Haut-Rhin) ;
les tirages ont été déposés en 1987 au CERARE (Centre Rhénan
d’Archives et de Recherches Economiques) puis en 2009
aux Archives municipales de Mulhouse.
Le don originel de 1968 comportait 20 000 négatifs
sur plaques de verres au collodion et quelques centaines
de tirages anciens.
De 1976 à 1998, il s’est enrichi d’albums et de tirages isolés donnés
par d’anciens employés de la société Braun.
Cette politique d’acquisition a pu être menée grâce à
Christian Kempf,

photographe et collectionneur
photographe et collectionneur établi à Colmar, qui a été
l’intermédiaire exclusif entre les donateurs et la
Société Schongauer, gestionnaire du Musée Unterlinden.
Avec près de 150 mètres linéaires d’objets photographiques,
le fonds photographique du Musée Unterlinden rassemble
10 500 plaques de verre et 55 000 tirages issus de la société
Braun, 20 000 plaque de verres et 112 000
tirages issus de la société Mayer & Pierson.
Cet ensemble, désigné sous le nom de
« fonds Braun », émane donc en réalité de deux
grandes sociétés photographiques françaises
distinctes jusqu’en 1876.

Raphaël Mariani (Unterlinden) et le Dr Ulrich Pohlman ( Münschner Stadtmuseum)
expo Adolphe Braun
Exposition à découvrir, un parcours thématique en 10 sections
au musée Unterlinden de Colmar
« L’évasion photographique – Adolphe Braun », réalisée
d’après une exposition originale conçue par le
Stadtmuseum de Munich.
Jusqu’au 14 mai 2018
www.musee-unterlinden.com
Directrice du Musée Unterlinden
Pantxika De Paepe, conservateur en chef
Horaires :
Lundi, Mercredi 10-18h
Jeudi 10-20 h
Vendredi – Dimanche 10-18h
Mardi : fermé
À partir du 30.03. :
Lundi, Mercredi 9-18h
Jeudi 9-20h
Vendredi – Dimanche 9-18h
Mardi : fermé
Tarifs :
Plein / 13 € – Réduit / 11 €
Jeunes (12 à 18 ans et étudiants – de 30 ans) /8 €
Familles / 35 €
Gratuit / moins de 12 ans
Passmusées
certaines photos courtoisie du musée Unterliden