Berlin 2009


Dix huit ans après la chute du mur, Berlin est encore le plus gros chantier d’Europe. Elle remplit sa fonction de capitale d’une Allemagne réunifiée. En l’espace de presque une décennie, le gouvernement et les ministères y ont établi leur siège. Les ambassades, les associations s’y sont installées, des quartiers entiers ont modifié leur aspect et leur composition, hauptbanhoff-berlin-medium.1235408319.JPGd’innombrables bâtiments  ont été construits, restaurés, transformés, si bien que l’on est étonné à chaque détour de quartier par le gigantisme des tours aux verrières lumineuses. A la fin de la seconde guerre mondiale, la plupart des quartiers de Berlin, notamment le centre ville ressemblaient à un champ de ruines. La population de 4.33 millions avant la guerre, passa à environ 2 millions en 1945, de nombreux réfugiés composant désormais cette population. Cette situation de table rase entraîna d’audacieux projets d’aménagement de la ville qui ne purent se concrétiser. Personne n’a oublié le partage de Berlin et surtout la chute du mur le 9 novembre 1989, avec la célébration  dans l’allégresse de Léonard Bernstein bernstein-9e-beethoven-mur-de-berlin.1235408752.jpgde ce prodigieux événement. Avec des musiciens venus d’Allemagne, de Russie, de Grande Bretagne, des US, de France, ce chef engagé politiquement , décida symboliquement de la participation  de toutes ces nations, vainqueurs ou vaincus se trouvant réunis dans la musique, qui fut toujours par excellence l’art favorable au rapprochement des peuples.
Démantelé à la fin de la guerre, le seul point de passage de l’est à l’ouest, a été rétabli à la demande général, et replacé au milieu de la rue, Checkpoint Charlie a été réamenagé en poste de contrôle, avec des sacs de sable. A l’emplacement de l’ancien point de passage 2 énormes portraits du photographe berlinois Frank Thiel : celui d’un soldat russe, tourné vers l’Ouest, et celui d’un de ses homologues américains, qui regarde vers l’Est. De faux soldats avec uniformes et drapeaux représentant les 2 camps et s’y font photographier pour 1 € par les touristes.checkpoint-charly.1235407906.JPG
La circulation entre les diverses gares à l’architecture moderne et futuriste, se fait en S Bahn ( RER)ou en U Bahn (Métro), ou encore en bus à étage. Cela permet d’avoir une approche des innonbrables musées, par quartiers ou réunis dans une île, des bâtiments officiels comme le Reichstag, rénové par Norman Forster, avec élégance et technique, le très harmonieux et gigantesque Lehrter Hauptbahnhoff.
A l’instar du musée d’Orsay, l’art contemporain a trouvé sa place dans la Hamburger Banhoff, où se trouve la si contestée collection Flick, musée en rénovation actuellement.
Les constructions et leurs architectes rivalisent de gigantisme, d’exubérance, de luminosité, ce qui en fait une ville futuriste. Mais le plus bluffant est le Sony Center, près de la Postdamer Platz, dominé par l’extérieur par la BahnTower. C’est à l’intérieur que le complexe d’acier  et de béton conçu par l’architecte Helmut Jahn sony-center-berlin.1235408545.JPGrévèle ses charmes : une grande place de 4000 m2 abritée par un chapiteau spectaculaire, véritable prouesse technologique. Les édifices alentour supportent un anneau massif d’où s’échappe un mât légèrement penché qui maintient le chapiteau en fibre de verre. Le musée du  cinéma s’y trouve, ainsi que les vestiges de l’hôtel Esplanade, des cafés, des terrasses, un endroit fantastique.

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Sammlung Berggruen

Une belle découverte, hors des sentiers battus à Berlin, la Sammlung Berggruen (Montagne Verte), située dans le quartier de Charlottenburg, dans l’édifice Stüler, tout près du Schloss Charlottenburg.  cimg0004.1235350624.JPGLes plus grands noms de l’art moderne, rassemblés par Heinz Berggruen, galeriste éclairé : Cézanne, Matisse, Klee, Giacometti. Plus de 80 œuvres de Picasso de la période bleue aux encres de 1971, en passant par une étude pour les demoiselles d’Avignon, des toiles cubistes, des portraits.  Ce n’est pas sans douleur que Heinz Berggruen s’est séparé de sa collection 
 » lacrima sunt rerum «  écrit-il. Des études de lettres à Grenoble et Toulouse, puis retour à Berlin, le nazisme le contraint à s’exiler. Après avoir passé la majeure partie de sa vie aux Etats Unis, où il découvre Paul Klee, il revient à Berlin sous l’uniforme américain en 1945, pour rejoindre l’équipe de la revue culturelle  » heute  » à Munich, pour contribuer au renouveau de la démocratie allemande. Ensuite il se rend à Paris, comme attaché culturel américain auprès de l’Unesco. En 1947 il s’établit et travaille de longues années avec succès, comme marchand d’art et éditeur. Il vendit tout ce qui précédait Picasso, pour régler des droits de succession et pour étendre les ensembles Picasso et Klee.
Il montre sa collection privée à Genève, puis pendant 5 ans à la National Gallery de Londres. Revenu dans son pays d’origine il offre l’œuvre de sa vie, sa collection, à la ville de Berlin.
Dans l’audio guide, c’est lui-même qui intervient pour certaines œuvres, évoquant avec bonheur, les moments attachants de l’acquisition et des rencontres privilégiées avec les artistes.sabartes-picasso.1235350852.JPG
Un portrait du poète Sabartès, qui était le secrétaire de Picasso, souffre douleur d’après Françoise Gillot, peint en 1904 dans les tons de bleu, période monochrome et mélancolique de l’artiste, les traits sévères et durs du modèle, d’après la légende aurait été peint par Picasso d’un seul trait après une morne soirée, se libérant de sa mauvaise humeur. Une photographie retrouvée dans la succession de Picasso semble avoir servi de modèle pour ce portrait.
photos de l’auteur

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La passion Lippi

Une belle histoire d’amour
 
 
annonciation.1234576297.jpg
Lippi fut apprenti chez Guido, Filippo Lippi est placé très jeune au couvent des Carmes de Florence où il prononce ses vœux en 1421 à l’âge de 15 ans, le même jour que Guido qui devint Fra Angelico (Bea).bea-angelico-le-jugement-dernier.1235863838.JPG Il peint ses premières œuvres dans ce couvent. Il va faire souffler un vent de passion sur la peinture de la Renaissance. Moine et libertin, artiste intransigeant, manipulateur et sans scrupules, futur maître de Botticelli, ses madones, sont inspirées entre autre par les pensionnaires des maisons closes.
Il a 52 ans quand il est nommé chapelain du couvent de Sainte-Marguerite à Prato. Il eut un modèle une nonne Lucrezia Buti qui a 20 ans, dont il tomba éperdument filippino-lippi-viegre-a-lenfant.1235863963.JPGamoureux. Il enlève Lucrezia peu après avoir découvert qu’elle était enceinte de lui. C’est elle qui lui servi de modèle pour ses sublimes madones. Il avait la protection de Cosme de Médicis, qui lui commandait sans cesse fresques et toiles. C’est lui qui intercéda auprès du pape Pie II afin d’obtenir la fin de son exil forcé. Ils donnèrent naissance à Fillipino Lippi (1457)
Vierge à l’enfant Filipino Lippi
Daniel Arasse L’Annonciation italienne Hazan – 1999
Le thème de l’«Annonciation» représente un défi pour un peintre. Comment représenter en effet l’irreprésentable, l’invisible – le mystère de l’incarnation : cette venue du Créateur dans la créature ? C’est sur cette question abordée par les artistes italiens entre le XIVème et le XVIème siècles que Daniel Arasse se penche en renouvelant notre perception de l’Annonciation italienne. L’invention progressive de la perspective à partir du XIVème siècle ouvre aux artistes de nouvelles formes de représentation par des moyens mathématiques perceptibles à l’oeil humain.
Daniel Arasse montre comment certains d’entre eux utilisent paradoxalement la mesure géométrique de la perspective philippo-lippi-lannonciation.1234576376.jpgpour faire voir la venue de l’immensité divine dans le monde fini de l’humain, et l’acte par excellence mystérieux : l’incarnation. Des Siennois, en passant par les Florentins du Quattrocento, cette histoire commune de la perspective et de l’Annonciation connaît de nombreux épisodes avant de produire à Venise, à la fin du XVIème siècle, un ultime avatar : les machines de Véronèse articulées hors de toute allusion théologique à des fins théâtrales. Une passionnante confrontation des aspirations du monde plastique et du monde religieux à la Renaissance qui débouche ici sur l’écriture d’un nouveau chapitre de l’histoire de l’art italien.
Voilà ce que dit Daniel Arasse à propos des Annonciations, en particulier de celle de Filippo Lippi .

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Naga – Une culture oubliée "redécouverte"

Les Naga vivent à la frontière de l’Inde et de la Birmanie. On estime à 2 millions, le nombre d’individus de cette population vivant en Inde et 100000 seulement en Birmanie.
Jusqu’à une période récente, le territoire des Naga n’apparaissait pas sur les cartes.
Ce n’est qu’en 1963, que le Nagaland est devenu un État fédéral.
L’origine des Naga est mal connue. Naga provient peut-être d’un mot sanscrit qui signifie montagne ou d’un autre, signifiant guerrier. Les Naga eux-mêmes n’ont jamais eu de terme générique pour désigner les 32 différentes communautés qui les constituent.
Autant dire, la diversité des cultures regroupées sous un seul terme
Torso300
Voir l’essentiel de cette exposition visible jusqu’au 9 mai 2009 au musée des cultures de Bâle  (pass-musées accepté) et le billet complet de
 Détours des Mondes sur cette belle exposition.
Une visite guidée en français est programmée pour le dimanche 5 avril à 11 h
Dans ce musée sont aussi exposés les masques de carnaval de la ville de Bâle , Bâle où le Morgenstreich, les fifres et les Waggis sont une véritable institution.

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Lanternes magiques

La lanterne magique est une petite machine d’optique
Qui fait voir dans l’obscurité sur une muraille blanche
Plusieurs spectres et monstres si affreux
Que celui qui n’en sait pas le secret
Croit que cela se fait par magie 

Antoine Furetière

Dictionnaire universel 1690

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Divulguée par un jésuite allemand, Anasthase Kirscher, en 1671, l’invention de la « Laterna Magica » est sans doute née grâce à un astronome et physicien hollandais, Christiaan Huygens, en 1659. Cette technique n’a pas cessé de se perfectionner  et dans son article, Laurent Mannoni nous explique qu’on en vient à une véritable « tempête optique » une fantasmagorie réalisée par un appareil révolutionnaire, le fantascope, monté sur rail et placé à l’arrière de l’écran. Grâce à ce procédé, l’image s’avance vers le spectateur ou au contraire apparaît extrêmement lointaine pour ne former qu’un point miniscule. C’est cimg0002.1233881329.JPGun curieux prêtre liégois qui, ayant transformé son nom en Robertson, a mis en pratique ces spectacles de fantasmagorie avec un succès immense. Un journaliste du XVIIIe siècle déclarait que « Robertson était passé maître dans l’art de faire apparaître des spectres et des fantômes. Toutes les puissances de l’au-delà lui obéissaient » Il semble qu’il avait le pressentiment du cinématographe.

 

Jean Lorentz – président de la Ste Schongauer

 

Lanterne de peur ou lanterne magique, le Musée Unterlinden  de Colmar, jusqu’au 16 mars, nous présente, une infinie variétés de ces lanternes. Les adultes, comme les enfants visiteurs, restent ébahis devant la variété présentée et devant les projections drôles, fantasmagoriques, poétiques.cimg0054.1233536656.JPG

Tantôt sous forme de Tour Eiffel, de mosquée, de Boudha, de « lampadorama »,  de voiture,  de maisonnette,  de chalet, de kiosque, de vase fleurs, d’ église Ste Sophie,  chinoise, boule,  de communion,  bijou, de salon, de colporteur, qu’elles soient romantiques, à feuilles de chêne, à gaudrons, riche, carrée, Louis XV, à rouleau horizontal, « Bi-Unial » ou « Tri-Unial » elles nous parviennent grâce à des collectionneurs passionnés ; depuis leur origine à son évolution jusqu’au 20e siècle.

Le catalogue est l’occasion de rappeler les premières projections au milieu du XVIIe siècle, des danses macabres par Holbein le Jeune.

C’est aussi le moment de rappeler que l’on célèbre le centième anniversaire du premier dessin animé, intitulé « Fantasmagorie » par son auteur Emile Cohl.

Elles sont toutes des pièces uniques et rares, intéressantes dans leur originalité.

Des plaques de projection pour tous les usages,  celles qui servaient aux danses macabres, celles qui sont montrées par un singe projectionniste, celles qui animaient simplement les soirées ordinaires, ou celles qui instruisaient les amateurs, toutes tendent vers le futur cinéma de Georges Méliès, sans oublier la camera oscura chère à Veemer.

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photos provenant du catalogue de l’exposition qui comporte un DVD d’images de lanternes magiques et de fantasmagories

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Picasso et les maîtres expliqué

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Si vous êtes frutrés de ne pas avoir vu cette très belle expostion, si vous avez patientez dans les queues interminables, si vous avez envie de vous y replonger, cela est possible.
Je porte à votre connaissance, les analyses détaillées, du blog Bleu de cobalt, petites chroniques picturales, que vous trouvez en lien du mien, sous la rubrique blogs amis, qui a consacré 4 billets fournis à cet évènement, que vous pouvez lire ici, , ici,et encore.

Après trois jours non-stop, 24h sur 24, l’exposition parisienne « Picasso et les maîtres » a fermé ses portes lundi soir

picasso-et-les-maitres.1233668857.jpgL’exposition du Grand Palais a accueilli plus de 780.000 visiteurs, un record. Plus de 65.000 personnes ont profité du marathon de 83 heures qui l’a conclue, de vendredi à lundi.
L’exposition en 210 chefs-d’oeuvre confrontait Picasso aux peintres qui l’ont marqué, Titien, Velasquez, Goya, Zurbaran, Rembrandt, Poussin, Manet, Cézanne ou Van Gogh.
Le succès populaire a été tel qu’il a fallu à chaque instant s’y  adapter, en élargissant les horaires et même en décidant d’une ouverture non stop pendant quatre jours et trois nuits, en réimprimant le catalogue, en augmentant  le nombre d’ateliers pour les enfants.
De ce succès, la Réunion des musées nationaux (RMN) tire au moins deux enseignements. « Même en période de  crise, ou peut-être parce que nous sommes en période de crise, l’art est une  valeur-refuge », affirme son admininstrateur général Thomas Grenon. Et la personne même de Picasso, l’accrochage qui a été un « véritable résumé d’histoire de l’art » et plus prosaïquement, l’amplitude horaire jamais atteinte à ce degré, « a amené un public nouveau, différent et renouvelé », dit-il. Le taux de primo-visiteurs, personnes qui visitent pour la première fois une exposition, a été de 55% contre 20 à 30% d’habitude.
Et des comportements que l’on n’imaginait ont été constatés, donnant matière à réflexion pour l’avenir. Si le public s’est déplacé les soirs du dernier week-end, les horaires de 6h ou 7h du matin ont aussi été réservés rapidement, par un public familial. « Jusqu’à présent, on  raisonnait en nocturne. Ouvrir tôt le matin est aussi un créneau », certains publics pouvant vouloir voir une « expo avant le bureau ou la sortie familiale à la piscine », estime Thomas Grenon.
(source France 2)

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La Magie des Images, l'Afrique, l'Océanie et l'art moderne

portrait-en-plumes-kii-hulu-manu-du-dieu-de-la-guerre-kukailimoku.1233265914.jpgLa Magie des images – l’Afrique, l’Océanie et l’art moderne », présentée à Bâle, à la Fondation Beyeler,  à la fois la réunion la plus riche d’oeuvres africaines et océaniennes que l’on ait vue depuis longtemps et une expérience artistique bluffante.
Cette exposition instaure un dialogue captivant qui témoigne de la contribution irremplaçable de l’Afrique et de l’Océanie à l’histoire de l’art mondiale.
 Au mur des Nymphéas, de Monet ; et, devant elle, au sol, deux longues sculptures de crocodile de Nouvelle-Guinée, une idée déconcertante. l’association est-elle une symbolique de l’initiation, par le fleuve et le crocodile ?
Chaque salle – il y en a douze – associe un artiste à une esthétique et une provenance, Cézanne et les Sénoufo, Miro et les Dogon, Léger et les Mumuye, Klee et les îles Cook, Picasso et les « fétiches à clous » des Vili et des Yombe. Quelques prêts provenant de la prestigieuse collection Barbier Muller de Genève viennent compléter les toiles de la Fondation Beyeler. Quelques 180 pièces, présentées comme seule la Fondation Beyeler excelle dans ce domaine. Pour une novice de l’art africain et océanien, comme moi c’est un bonheur sans limite, une occasion formidable de m’initier quelque peu à cet art, où culture, artisanat et culte sont expliqués, que j’avais tenté d’approcher au Quai Branly et au musée Dapper. Ici elles vous invitent au regard, par la polychromie et la diversité des objets présentés dans un choix judicieux et unique, qui semble une évidence et qui vous laisse pantois. On comprend aussi où les artistes comme Picasso, Vlaminck et d’autres étaient inspirés par ces visages et cette culture.  Le regard provocateur des grands yeux en fragments de nacre et la bouche grimaçante, abondamment pourvue de crocs de dents de chiens, les plumes de coloration rouge vif, sont une représentation du Dieu de la guerre Kübâ’ilimoku, il fait partie d’un groupe de huit sculptures en plumes acquises lors du troisième voyage de James Cook à Hawaï, (assassiné lors de son retour involontaire) Les images en plumes étaient fichées sur un bâton et menées en procession en l’honneur des dieux lors des expéditions guerrières. Elles associaient forces vitales divines et revendications profanes du pouvoir. La toile rouge de Rothko est en parfaite résonance avec ce guerrier.mabuiag-rothko.1233415745.jpg
Par contre je n’ai pas trouvé de correspondance entre Mondrian et les sculptures malagan, est-ce à cause des codifications, cérémonies funéraires pour les uns, l’arbre pour l’autre ? Les Mumuye  du Nigéria avec leur coiffe de « Bécassine » sont en parfaite concordance avec la magnifique sculpture de Hans Arp et la toile de Fernand Léger.
Après avoir visiter cette nouvelle présentation, on ne peut rester indifférent à cet art. Je ne peux que vous encourager à vous précipiter pour cette exposition visible jusqu’au 24 mai 2009. Sans oublier l’exposition sur les Nagas au musée des cultures de Bâle jusqu’au 17 mai ni le Musée Tinguely qui présente le cabinet de curiosités de Ted Scapa : un mélange haut en couleurs d’œuvres d’art, d’objets artisanaux et d’objets curieux, jusqu’au 19 avril. L’ exposition Venise  à la Fondation Beyeler se termine le 15 février, 4 bonnes raisons pour faire un petit saut dans la ville de Federer, d’Erasme et de Holbein.
ypwom.1233490582.jpg Vous pouvez lire ici le billet plus détaillé de Détours des Mondes, mon amie Lyliana, spécialiste de l’art africain et océanien, ancienne élève et diplômée de l’école du Louvre, conférencière, qui m’a permis de bénéficier d’une visite guidée commentée par elle, avec force détails et brio.
photo 1 provenant du dépliant de la Fondation

 photo 2 de presse, ne concerne pas le guerrier

 photo 3 provenant du blog de Détours des Mondes

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Londres 5 filles et 1 garçon pour Rothko

Moi je plagie ? Rassurez-vous, il n’y a pas eu d’enterrement. C’était une belle équipée, qui partait ce 22 janvier à la découverte des joies de la capitale de la brume. Cette fois je m’étais entourée de gardes du corps et du coeur. 
rothko-national-gallery-of-art-washington.1233102294.jpgPour nous mettre dans le bain, les grilles du métro se ferment, pour laisser sortir un nombre incessant de passagers et restent closes pendant un bon quart d’heure. Devant le flegme manifesté par les usagers nous en faisons autant et nous patientons. Ce qui nous fait arriver devant la Tate Modern avant l’heure.  cimg0014-medium.1233103241.JPGTout d’abord nous allons au 7 ème étage pour contempler la vue, sur la cathédrale St Paul, la Tamise, mais aussi les affreuses grues qui défigurent les paysages urbains du monde entier.
La foule est là, pour admirer la réunion de 16 toiles, qui avaient été commandées au nombre de trente pour des peintures murales destinées au restaurant les quatre saisons dans le Seagram Building de Londres. Mark Rothko en avait offert 9 à la Tate Gallery. Cela me permet de dire que j’ai apprécié davantage l’intimité de la Rothko room, plus sombre, moins facile d’approche, les toiles se méritent, il faut les laisser monter vers vous, les couleurs se révèlent au fur et à mesure, il faut y revenir sans cesse, passer et repasser, les considérer sous un autre angle, se rapprocher s’éloigner, le mystère demeure, le moment est intense.
Mark Rothko renonça à poursuivre et à terminer son travail. Ses peintures sont dominées par des pigments sombres, pétries de tragique. Sa palette décline le brun, le rouge, le noir, certaines toiles paraissent singulièrement éteintes si on les compare au jaune, bleu et rose, plus connues. Parfois le contraste avec le rectangle est à peine perceptible, ainsi on comprend ce que Dore Ashton a appelé « une expression sans dieu de la divinité » L’exploration au coeur des ténèbres se poursuit dans l’exposition avec les cycle Black-Form, les oeuvres sur papier Brown on Grey et son ultime série, Black and Grey.

« Je ne m’intéresse pas au rapport entre les couleurs et la forme ni a rien de tel. La seule chose qui m’intéresse, c’est d’exprimer des sentiments humains fondamentaux, la tragédie, l’extase, le destin funeste et ce genre de chose »
Mark Rothko

En 2001, la Fondation Beyeler présentait, grâce aux liens tissés avec le fils Christopher une exposition intitulée « Mark Rothko – Union approfondie entre peinture et spectateur

En 2006, La Filature de Mulhouse à l’issue d’une conférence d’Isy Morgensztern, un film écrit et réalisé par celui-ci a été projeté sur la vie et l’oeuvre de Mark Rothko, intitulé : The Rothko Chapel Project. Depuis le film existe dans le commerce.
Un concert a complété idéalement cet évènement.

En hommage à son ami disparu Mark Rothko, Morton Feldman a composé une musique en se fondant sur les quatorze grandes toiles que Rothko avaient peintes pour « la Chapelle Rothko » (Houston, Texas), lieu de culte et de recueillement. De l’espace créé par la chapelle, dans laquelle le visiteur se trouve environné par les toiles, Feldman a retenu l’essence purement émotionnelle. Gualtiero Dazzi, sans imiter Feldman, mais en se donnant comme contrainte d’employer la même distribution, donne une autre lecture sensible du lieu : il rend à son tour hommage au peintre, en introduisant dans son écriture, l’ode magnifique du poète John Taggart, dédiée aussi à la Chapelle Rothko. Enfin, Georges Bloch s’attache à ce qui, dans la musique de Feldman, s’entend sans que cela y soit : une activité intense, fébrile presque, qui se dissimule derrière la lenteur et le pianissimo. Un seul concert, trois œuvres en écho, qui permettent de comprendre que dans la peinture comme dans la musique, c’est l’émotion qui est au centre de l’œuvre. Ce que les compositeurs proposent ici est certes un hommage au peintre, mais plus encore à sa volonté d’œcuménisme : un hommage au public. Gualtiero Dazzi est un compositeur cosmopolite et polyglotte, dont on dit « qu’il vous réconcilie avec l’art lyrique ». Loin de tout refuge idéologique réducteur, il bâtit son œuvre à partir des influences les plus diverses ou sur la base de rencontres avec d’autres disciplines artistiques. Ce fut un moment de pure émotion.

 

Ce fut une journée pleine de joie, de bonheur et d’amitié partagés, je regrette que vous n’ayez pas participé aux évènemens antérieurs à Beyeler et à la Filature.

Pour ceux qui sont allés à la National Gallery et à la Courtauld Gallery, et celle qui a été fouillée non seulement au corps, mais dans son bagage, qui a dû abandonner son entremets, qu’elle comptait déguster en attendant l’embarquement, par la sécurité sous mon oeil connaisseur, mais néanmoins intéressé,  je leur laisse la parole…

 

Je vous dis à bientôt pour une autre incursion dans le domaine de l’art.

 

photo n° 1 provient du site de la Tate, photo n° 2 de l’auteur

pour la diversité des polices je donne ma langue au chat … je plaide non coupable.

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Google Earth et le Prado

pict0210.1232382244.JPG J’en ai rêvé Google l’a fait, du moins une salariée de la filiale espagnole de Google, Clara Rivera, qui, après une visite du Prado, ressentait la frustration de n’avoir pas pu savourer les œuvres autant qu’elle l’aurait souhaité. Comme je la comprends , on peut me voir sur la miniature, arpentant les salles, atteinte du syndrome de Stendhal, passant 3 jours complets dans ce musée, sans relâche.pict0152.1232382655.JPG
Pour l’anecdote, nous avions perdu le catalogue du musée, aussi, le dernier jour nous l’avons racheté, pour être sûrs de l’emporter chez nous. Que vois-je à la première visite à la Fnac de ma ville, au rayon des beaux arts, en tête de gondole presque ? :  Le catalogue du musée du Prado, qui me nargue….
Il a fallu huit mois de travaux pour réaliser le projet. Les quatorze tableaux ont été choisis parmi les milliers de la collection par une commission d’experts du musée. « La sélection s’est faite sur un critère didactique pour que soient représentées toutes les écoles et leurs maîtres », souligne M. Zugaza. Une sorte de « Prado essentiel » que le musée propose aux visiteurs.
Cela est aussi  une bonne préparation pour une visite future, car on ne voit bien que ce que l’on connaît déjà. Les vrais amateurs, ne se contenteront pas de rester derrière leur pc, à accumuler les kilos en restant coincés pendant des heures dans leur fauteuil. Cela aura aussi le mérite d’attirer les curieux.
Pour visualiser les œuvres, il faut positionner le navigateur Google Earth sur le musée du Prado, à Madrid, et ensuite cliquer sur l’icône « Obras maestras » pour ensuite entrer dans chacun des tableaux comme on pourrait le faire avec une loupe. Une reproduction « digitale ne peut se substituer à l’œuvre originale mais permet d’arriver à des détails que jamais on ne pourrait voir à l’œil nu », souligne le directeur du Prado. Chaque tableau a été l’objet de centaines de clichés à très haute résolution, chaque cliché se concentrant sur une partie infime de l’œuvre. Sur La Descente de croix de Roger van der Weyden, on peut voir le réalisme d’une larme perlant à l’œil de saint Jean.
Je sais à l’avance que cela fera le bonheur de mes amis qui ont le projet de visiter le Prado en 2009.

gracias a usted señora Clara

photos de l’auteur

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La nuit des musées de Bâle



museumnacht.1231205663.jpgLe vendredi 16 janvier 2009, de 18 heures à 2 heures du matin, un programme exceptionnel vous sera concocté par une bonne trentaine de musées et huit autres institutions culturelles de la région bâloise: expositions, brèves visites guidées, lectures, concerts, ateliers, films, jeux, danse et histoires. La prévente a débuté le 20 novembre 2008.

Pour les inconditionnels de la nuit des musées bâlois, nulle obligation de se rendre à pied de musée à musée: les trajets nocturnes pourront être effectués à bord de bus navettes, de bateaux rhénans et de tramways historiques. En effet, le ticket d’entrée à la nuit des musées vous permettra à nouveau de voyager gratuitement sur toutes les lignes du réseau TNW (Tarifverband Nordwestschweiz) à partir de 17 heures.

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La plupart des musées offrent la possibilité de se restaurer, d’écouter un concert. Les billets sont en vente à l’office du tourisme de Mulhouse et dans tous les musées bâlois.


Lorsque la nuit des musées aura touché à sa fin, les amateurs de danse auront l’opportunité de prolonger le plaisir: les clubs «Allegra», «Schiff», «Kuppel» et «Nordstern» vous invitent aux after hours en vous offrant une entrée gratuite à partir de 2 heures du matin sur présentation du ticket de la nuit des musées.Point n’est besoin de parler l’allemand, des visites guidées en français sont programmées, pour d’autres visites et concerts , il n’est pas indispensable de parler le schwitzerdeutsch. 😉trajet.1231210169.jpg
La tarif est de 20 CHF ou 13 €, pour les possesseurs du pass – musées, il est réduit à 10 CHF ou 6.50 €.

J’y ai participé l’année dernière, je n’ai qu’un souhait : que la météo soit clémente.  Je commence une neuvaine ce soir …

Un seul regret cela ne dure qu’une nuit…..L’organisation suisse est sans pareille.

vidéo de l'auteur

  
La Nuit des musées à Bâle, vendredi 16 janvier, comprend de nombreuses visites et animations en français :
A l’Antikenmuseum Basel, visite « Sculptures en vrac » à 19h30 (Oberlichtsaal)
A la Fondation Beyeler, Venise à 18h45 et à 21h15
A l’Historisches Museum, Barfüsserkirche, Sous nos pieds. L’archéologie à Bâle à 19h30
Au Kunsthaus Baselland, programme vidéo reflétant les années ’60, leur dimension politique et les expériences psychédéliques.
 De 18h à 2h du matin
.Au Museum der Kulturen : Naga. La redécouverte d’une région de montagne oubliée. Visite à 19h30 et à 22h30
.Au Musée Tinguely. Jean Tinguely et Eva Aeppli. Visites guidées à 18h30 et à 21h30
Plug-in : The making of. Quand la mode rencontre la technologie numérique : Ying Gao et Simon Laroche. A 18h.
Au Vitra Design Museum. Visite guidée d’architecture, à 19h15, 21h15 et 23h15. 

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