Taro Izumi. ex

C’est jusqu’au 15 novembre 2020 au musée Tinguely de Bâle
Commissaire d’exposition : Séverine Fromaigeat.

La grande exposition d’automne du Musée Tinguely offre une immersion dans le monde malicieux et ludique de l’artiste japonais Taro Izumi (*1976, Nara). Izumi observe nos modes de vie, examine nos relations sociales et celles que nous entretenons avec le monde naturel  et animal.  Il en   conçoit  des  oeuvres multiformes  et inclassables qui, à partir d’une trame simple et d’une certaine économie de moyens, embarquent pour des voyages aux portes de l’absurde.
Dans l’exposition« ex», l’artiste déploie son univers créatif unique, un écosystème organique qui n’appartient, en tant que tel, a aucune catégorie artistique établie.
Sculpture, installation, performance et vidéo s’y mêlent étroitement.
De la même manière, les matériaux s’ajoutent les uns aux autres – bois, textile, plantes, animaux empailles, objets familiers ou éléments recyclés de toutes sortes -, dans des constructions en apparence chaotiques et pourtant précisément conçues et assemblées. Rencontrer cet univers luxuriant et en constante expansion, c’est la promesse de télescopages, de rebonds, de chevauchements. C’est entrer dans un kaléidoscope visuel et mental.

Au Musée Tinguely,  Taro Izumi présente sa première exposition personnelle d’envergure en Suisse, avec des oeuvres spécifiquement conçues pour les espaces du musée et qui proposent une réflexion sur les bouleversements culturels et sociétaux apparus avec le Covid-19.

L’exposition s’accompagne d’une publication qui, pour la première fois,
fournit une description complète de l’oeuvre d’Izum.

 

 

Video as medium as mirror as image as movement as object as video

La technique la plus adaptée à la retranscription instantanée des actions que l’artiste invente est la vidéo. Il l’emploie à la manière d’un stylo qui capte et traduit tout ce qu’il observe. Medium pivot de sa pratique, elle est de toutes ses installations, de toutes ses expositions et joue un rôle sémantique essentiel. Pour « ex », au Musée Tinguely, les écrans, omniprésents, envahissent l’espace: ils rythment les salles, ils se placent au sol et au plafond, s’accrochent aux murs et s’inclinent dans les airs. La vidéo, sur ses supports, déroute : elle accapare, elle captive, et, en cherchant continûment à l’intercepter, sature l’attention des spectateurs et spectatrices. En faisant l’expérience immersive des 0euvres vidéos de Taro Izumi, on ne peut s’empêcher de penser a l’espace urbain tokyoïte débordant de sons et d’images que certaines installations semblent rejouer.

Taro Izumi au Musée Tinguely – Une tentative de saisir l’insaisissable

Tickled in a dream maybe ? (2017) est la plus grand installation multimédia présentée au Musée Tinguely. Cette série, entremêlant sculptures et vidéos, se déploie à partir de photographies de sportifs – principalement des footballeurs – captés en plein élan acrobatique. A partir de ces images décrivant des actions spectaculaires – comme des reprises de volée, des tacles glissés, l’audacieuse pirouette d’un tir légendaire ou le saut dans les airs d’un célèbre basketteur -, Izumi compose des structures de soutien permettant à des performeurs de simuler ces mouvements impossibles à reproduire pour quiconque n’y est pas entrainé. Entre le meuble et la prothèse, le socle et la sculpture, ces structures architecturées aux airs bricolées prennent des formes très variées, qui ne sont pas sans évoquer – tant formellement que conceptuellement – les 0euvres interactives de Jean Tinguely (1925-1991) ainsi que son esprit bricoleur et espiègle. L’artiste tente ici de saisir l’insaisissable : le mouvement, le temps et la gravité.


Exhibition as Gesamtkunstwerk

Les expositions de Taro Izumi ont pris au fil du temps une dimension immersive importante. C’est a travers le medium expositionnel que l’artiste habite les espaces, qu’il élabore une narration. Ces dernières années, il a principalement imaginé ses 0euvres en réponse aux lieux où il est invité à montrer son travail.
Cela l’a conduit à envisager « l’exposition » comme une 0euvre en soi.
Par le biais de la technologie digitale et de l’usage récurrent de la vidéo, du streaming et de la superposition d’images, l’artiste constitue un réseau complexe d’interactions entre ses 0euvres.

Des robots aspirateurs et un théâtre sans spectateurs

Taro Izumi imagine chaque pièce de sa grande exposition au Musée Tinguely comme un organe vivant à l’intérieur de l’organisme qu’est l’exposition. Chaque 0euvre a un rôle à jouer afin que l’exposition respire, vibre, se meuve, chante et s’illumine. Des robots aspirateurs sont suspendus en l’air comme démis de leur fonction première; des lumières clignotent continuellement sur les écrans, des sons arrivent de toutes parts;

(Théâtre Covid-19)
et en contrepoint, un immense théâtre (400) dont 30 000 dans le monde entier, 
silencieux, sans spectateurs ni spectacle attend les visiteurs et est un hommage.
ce sont 10 mn enregistrées, sans rien faire, ni parler, dans un théâtre imaginaire, une mise en scène d’une pièce, une plaque en laiton, avec le numéro de la place, avec un Iphone en life streaming on peut voir ce qui se passe dans le musée sans y être. Izumi nous parle ici de l’absence, du vide et de présence virtuelle, de lieux qui sont devenus inaccessibles. Il propose son regard sur les nouveaux types de comportements qui ont récemment émerge avec l’avènement du Covid-19.

Avec une forme de légèreté et un sens de l’ironie, Taro Izumi parvient à amalgamer ces univers supposément antagonistes. Il navigue entre ces mondes, de l’organique au technologique, et du technologique à l’organique, en passant par tout ce qui existe entre les deux. Son esthétique, rebelle à toute étiquette, renvoie cependant à l’art total prôné par Fluxus

Boules de billard en plexiglass
C’est une boule enfermée dans une cage en plexi, comme lorsque nous étions enfermé, privé d’air, de mouvement, isolé, pendant le confinement, métaphore de notre vie de ces derniers mois.



Missing Cats
Taro Izumi, se pose la question de savoir, où se trouvent ces chats perdus du monde entier. Sur un site Web, qu’on peut consulter, il se demande si on peut voir ou pas, ou simplement imaginer ce qu’ils font et deviennent.



Publication

L’exposition est accompagnée par le premier catalogue qui examine avec profondeur le travail de l’artiste. Cette publication éditée par Hatje Cantz, placée sous la direction de la commissaire d’exposition, a été réalisée en étroite collaboration avec l’artiste, qui a lui­ même élabore le corpus iconographique de l’ouvrage. Le catalogue retrace et examine en profondeur son parcours, avec essais critiques, interviews et un riche cahier iconographique. Traduisant une idée de circularité et de constant mouvement, cet ouvrage peut être lu verticalement et regardé horizontalement, se transformant en un objet ludique,à observer, toucher et interpréter de multiples manières.

Avec une préface de Roland Wetzel, un essai détaille autour de la trajectoire artistique de Taro Izumi par Séverine Fromaigeat, un texte sur la nature ontologique de ses 0euvres par Keren Goldberg, un dialogue entre l’architecte Jun Aoki et le conservateur de musée Kenjiro Hosaka, une brève description biographique par l’historien de l’art Jean de Loisy, des interludes épistolaires par le curateur Gabriel Ritter et l’éclairage du zoologiste Robert Zingg sur le monde animal en captivité. Le catalogue donne un aperçu complet de l’évolution de l’0euvre de Taro Izumi et dévoile son intérêt  pour des thèmes qui affleurent dans sa pratique, comme l’architecture, le monde animal et les questions conceptuelles relative à la conception artistique.

  

Informations pratiques Musee Tinguely :

Titre de l’exposition: Taro Izumi. ex

 

Adresse: Musée Tinguely I Paul Sacher-Anlage 1 I 4002 Bâle

Heures d’ouverture: du  mardi au dimanche, de 11h a 18h

Site  Internet:  www.tinguely.ch  I www.taroizumi.com/en/

Medias sociaux : @museumtinguely I #museumtinguely I #tinguely I #taroizumi

Journee speciale « Taro Izumi» à l‘occasion des Kunst Tage
 Dimanche, 20 septembre 2020
11-18h Videos screenings
15-16h Curator’s tour

16-17h Artist talk:
entretien avec l’artiste Taro Izumi et la commissaire de l’exposition.

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Auteur : elisabeth

Pêle-mêle : l'art sous toutes ses formes, les voyages, mon occupation favorite : la bulle.

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