NEWSHA TAVAKOLIAN

I know why the rebel sings
Je sais ce que chante la rebelle

Jusqu’au 17 février 2019
Première exposition monographique en France de la
photographe iranienne NEWSHA TAVAKOLIAN
à La Filature, Scène nationale – Mulhouse
en guise d’ouverture du Festival Vagamonde

Podcast sur France Inter à écouter
Si la jeune photographe iranienne est déjà une pointure
internationale qui a collaboré entre autres journaux avec
Newsweek, le New York Times ou Der Spiegel c’est qu’elle
n’en est pas à son premier coup d’essai. C’est à 16 ans qu’elle
découvre la photographie qui s’avère un moyen de s’exprimer
plus fiable que d’essayer de trouver les mots. En 1999,
elle couvre le soulèvement étudiant en Iran,
en 2002 la guerre en Irak, ainsi que plusieurs conflits régionaux.
S’éloignant du photoreportage pur, elle explore aujourd’hui,
avec une écriture plus artistique, les conflits internationaux
de l’intérieur et la société iranienne, s’intéressant à la jeunesse
des classes moyennes en mal d’émancipation face
à un pouvoir islamique qui rechigne encore à lâcher du lest.
Newsha Tavakolian
a photographié des combattantes au
Kurdistan irakien, en Syrie et en Colombie,
des chanteuses iraniennes interdites d’exercer leur art
et la vie de populations soumises à la censure.
Ses oeuvres ont déjà rejoint lescollections de musées
prestigieux comme le Victoria & Albert Museum,
le Los Angeles County Museum of Art (LACMA),
le British Museum et le Boston Museum of Fine Art.
Newsha Tavakolian est associée à
Magnum Photos depuis 2017. www.newshatavakolian.com /
www.magnumphotos.com
LISTEN
Listen propose un regard sur les femmes chanteuses qui en Iran
n’ont pas le droit de se produire seules sur scène ou de sortir
des albums en raison de la règlementation islamique en vigueur
depuis la révolution de 1979. Les photos sont des portraits de
chanteuses professionnelles simulant une prestation en concert
devant un large public alors qu’en réalité, les prises de vue sont
réalisées dans un petit studio à Téhéran.
En regard des portraits, Newsha Tavakolian
a imaginé et produit une pochette de CD pour chacune des chanteuses,
donnant une interprétation personnelle de leur expérience de
vie et de la société dans laquelle elles évoluent.
Mais les pochettes de CD resteront vides.

LOOK
texte de Vali Mahlouji
Dans ce travail, Tavakolian centre son attention sur une
relation intime avec l’individu. Les scènes délibérément
théâtrales et composées évoquent l’atmosphère de
tableaux de Hopper.
Tavakolian transforme sa propre chambre en
studio et y met en scène des individus avec
leurs effets personnels. Ils font face à l’objectif,
statiques. En arrière-plan, une fenêtre donne
vue sur le quartier environnant et ses grands ensembles.
Les portraits photographiques sont assemblés en une
séquence qui souligne la nature impersonnelle et la répétitivité
monotone des scènes.
Dans le prolongement de cette série se trouve une reproduction
très grand format du paysage urbain vu à travers la fenêtre.
En tant que spectateurs, nous nous trouvons dans le même
espace que les sujets photographiés. Eux-mêmes sont
encore présents dans des séquences filmées, diffusées dans
des écrans apposés sur la très grande image de fenêtre donnant sur de
grands ensembles. L’installation joue sur les mécanismes du regard
et de la subjectivité. Il y a une interaction entre le spectateur et celui
qui est vu, chacun se trouvant être tour à tour voyeur et observé.
Dans les films comme dans les photographies, les sujets semblent être
condamnés à la paralysie et l’immobilité.
SO FT SHOUL DERS, HA RD BOO TS : THE WO MEN
FIGHTERS OF FARC

Le 26 novembre 2016, les FARC (Forces armées révolutionnaires
de Colombie) signent un accord de paix avec le gouvernement
colombien, mettant fin à cinquante ans de conflit. Pour la
première fois depuis sa formation, la guérilla marxiste peut sortir
de l’illégalité. Dans le cadre de cet accord et dans les six mois qui
le suivent, les rebelles s’engagent à mettre en oeuvre leur démobilisation.
Ce changement radical déstabilise beaucoup de membres des
FARC qui sont habitués depuis longtemps à leur existence de guérilla
et ne savent pas ce que leur apportera une vie de paix.
En janvier 2017, Newsha Tavakolian a voyagé dans les parties
les plus reculées de la jungle du département du Cauca, la région
où les FARC ont longtemps opéré. Alors qu’elle photographiait
les tout débuts de leur transition vers une vie civile, elle a pu
s’entretenir avec un grand nombre de femmes rebelles. Elle a
enregistré leurs témoignages sur les raisons de leur engagement
dans les FARC et leurs sentiments sur leur nouvelle vie.
les séries exposées Blank Pages of an Iranian Photo Album
conception et texte de Vali Mahlouji
Blank Pages of an Iranian Photo Album (2014-2015) est une série
de travaux basés sur les albums de famille d’amis téhéranais de Newsha
Tavakolian – dont six sont présentés ici. Ces albums contenaient
de nombreux témoignages d’enfances heureuses, en particulier
de moments idéalisés et festifs tels les anniversaires ou les fêtes de
famille. Mais dans chacun des albums, la collecte de mémoire
semblait avoir été interrompue, marquée par un épisode qui
avait mis un terme aux albums eux-mêmes, laissant la plupart
des pages vierges et intactes. Les pages blanches sont
la métaphore de rêves non vécus. Les silences dans ces récits
biographiques sont le point de départ du travail de Tavakolian.
De là, elle suit chacun des protagonistes au jour le jour et
documente les scènes de leur vie quotidienne.
Dans chaque série, la première image est une reproduction
d’une photographie trouvée dans l’album original. Les images
suivantes reflètent les réalités ordinaires et quotidiennes de la vie à
Téhéran.
Iran Walls (2009–2015)
La série présente des photographies couvrant
le spectre du travail de Newsha Tavakolian,
allant de ce qui fait sa signature – les portraits
mis en scène (issus de la série Portraits d’Iran
publiée en ligne par le New York Times) – à
des reportages sur des scènes de rue – de
protestation ou de liesse – ou encore sur
un exercice militaire qui en novembre 2015
commémorait l’anniversaire de la guerre
souvent oubliée de l’Iran contre l’Irak (1980-
1988), qui a coûté la vie à un million de
personnes.
Ocalan’s Angels
Sous le commandement d’Ocalan, chef
charismatique, un groupe de femmes soldats
kurdes s’engage dans le combat contre l’État
Islamique en Irak et dans la région historique
de la Grande Syrie. Une écharpe colorée est
tout ce qu’il reste de Cicek Derek, qui avait 17
ans quand elle est morte il y a quelques mois
dans la ville assiégée de Kobani en Syrie. Ses
compatriotes n’ont jamais pu retrouver son
corps. Cicek était l’une des centaines de jeunes
femmes soldats kurdes qui ont pris les armes
contre Daesh. Ces femmes font partie de l’Unité
de défense de la femme (YPJ), une émanation
du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), un
mouvement nationaliste kurde qui mène depuis
longtemps une guerre d’indépendance contre la
Turquie.
IRAQ
Trente images parmi les premiers travaux de
Newsha Tavakolian envoyée en Irak dès 2002
pour couvrir le conflit Irak-Iran en tant que
photographe-reporter.
A thousand word s for a picture I never took
L’installation (vidéo) témoigne de la rencontre de la
photographe avec une jeune fille yazidi victime
d’un enlèvement et de viols par des hommes
de Daesch. Mille mots pour une photographie
jamais prise est une création pour l’exposition à
La Filature. Le texte de Newsha Tavakolian a été
mis en voix par la metteuse en scène Charlotte Lagrange.
club sandwich
jeu. 17 janv. 12h30
visite guidée + pique-nique tiré du sac
sur inscription 03 89 36 28 28
apéro photo
mer. 6 fév. 19h15
réflexion autour d’une photo + apéritif
sur inscription 03 89 36 28 2

Auteur : elisabeth

Pêle-mêle : l'art sous toutes ses formes, les voyages, mon occupation favorite : la bulle.

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