Métamorphoses, fondation Fernet Branca

à la Fondation Fernet Branca jusqu’au 27 mars 2016

Frédérique Lucien et Véronique Arnold

Si la vue de torses nus masculins des Muses de Didier Paquignon, dans l’âge mûr vous interpelle, voire vous renvoie à votre propre déclin, la bonne solution est de vous limiter
au rez-de-chaussée du musée. (encore que vous auriez tort !)
L’approche féminine du dessin du corps donne une résonance particulière plus tendre et vient en contrepoint de l’exposition joyeuse des corps d’hommes semi-vêtus de Didier Paquignon, au premier étage.
Pierre Jean Sugier y a réuni 3 artistes dont la créativité avec des techniques anciennes,
prennent des chemins vers des formes rayonnantes, par le dessin, la broderie, l’aquarelle.
Métamorphoses est la glorification du corps, par ses fragments, ses traces, son langage,
dans l’espace temps, son évocation.
C’est la rencontre de trois artistes femmes, chacune dans la spécificité de son art.
Pierre Jean Sugier
L’idée de Pierre Jean Sugier, directeur du centre d’art Fernet Branca, était de traiter du dessin, en réunissant 3 artistes, tout en insistant
sur le fait qu’elles sont artistes, indépendamment de la question sexuée. L’exposition
montre du dessin dans différents médium, collages, découpage, crayon, aquarelle, fusain
peinture, tissus, bois, broderie, avec des références au végétal, à l’animal.
Fréderique Lucien
Le titre « Métamorphoses » illustre l’importance du dessin pour ces trois artistes.
L’examen attentif de leur vision sur la nature et le corps, révèle une chimérique abstraction, n’apparaissant que par la grâce du dessin.
Au travers des corps et des plantes découpées de Frédérique Lucien, nos sens se transforment, et laissent surgir l’illusion d’un regard déformé sur la réalité. Nous sommes ici dans la matière même, celle qui aspire à laisser se confondre le sujet et sa perception. On accède ici à ces transformations, transportés par une « véritable poésie des lignes ».
Frédérique LucienChez Gabriele Chiari, le dessin est résolument le couronnement d’une recherche d’absolu. La forme émerge du souvenir, se répandant dans la couleur, prenant corps dans le papier, par le format et au sein de l’espace. L’âme devient ici matière, on perçoit la main qui trace le trait, l’énergie du geste qui construit la pensée. L’aquarelle devient alors matière organique faite de mille et une cellules distinctes. Elle se fonde dans une entité, et semble se réaliser sous nos yeux comme une alchimie corporelle et physiologique
Gabriel Chiari
La pratique de l’aquarelle de Gabrielle Chiari, est à la manière de Pénélope, déterminée à avancer le jour, pour mieux défaire la nuit et recommencer le lendemain. La contemplation de paysages floraux est une source indirecte pour elle, ainsi que l’usage dans sa pratique de vaporisateurs, d’arrosoir, de tuyaux en tous genres.
Gabriel Chiari
.Véronique Arnold, quant à elle, enrichit son œuvre par la construction d’installations reliant entre eux objets, contenus conceptuels, poésies, dessins…
Nous entrons ici dans un univers linguistique et charnel, d’où émerge le dessin appliqué sur des papiers uniques et rares, ou à même des broderies précieuses, symboles de la protection d’un corps absent, et pourtant si présent.
Veronique Arnold
 
Véronique Arnold
Le travail de Frédérique Lucien peut-être considéré comme la colonne vertébrale de l’exposition, les aquarelles de Gabrielle Chiari dans le geste, et les traces dans les broderies de Véronique Arnold, s’unissent et interrogent l’intime du corps, on a déjà vu son travail délicat érudit et poétique, évoquant le mythe du potier Dibutade, et de sa fille dans l’exposition « Dessins d’ombres » au musée des beaux Arts de Mulhouse
Véronique Arnold
Pierre Jean Sugier souhaitait passer de l’abstraction à la figuration, moyennant ce lien.
Très vite le travail présenté dépasse la simple utilisation de technique et vient déborder sur
la sculpture, la céramique et l’installation.
Le geste de l’artiste portant son regard sur le monde, son observation, le souvenir, la forme, la définition du dessin.
En réunissant ces 3 artistes, c’est une façon d’ouvrir le regard, de permettre le dialogue entre elles, d’enrichir le regard.
Frédérique Lucien
Ouverture :
Du mercredi au dimanche 13h-18h
de plus amples détails sur Bâle en français
Découverte de l’exposition «Métamorphoses» à la Fondation Fernet Branca de Saint Louis grâce à une visite guidée en compagnie de son directeur Pierre-Jean Sugier. Fondation Fernet Branca
68300 Saint-Louis
Office de Tourisme du Pays de Saint-Louis Huningue
Renseignements :
03 89 70 04 49
Horaires : Dimanche 20 Mars 2016 à 9h45
Tarifs : 20€ sur réservation
Attention, places limitées, inscription obligatoire à l’Office de tourisme du Pays de Saint-Louis.

Auteur : elisabeth

Pêle-mêle : l'art sous toutes ses formes, les voyages, mon occupation favorite : la bulle.

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