Déjà-vu ?

La copie d’oeuvres d’art de Dürer à YouTube
du 21 avril – 5 août 2012 à la Staatliche Kunsthalle de Karlsruhe

Goya le sommeil 1797/1798 gravure

La copie d’oeuvres d’art est certes aussi ancienne que l’art lui-même, mais le problème de la valeur des reproductions se pose avec une acuité particulière à l’heure du
« copier/coller ».

réinterpretation
Yinka Shonibare The Sleep of Reason Produces Monster (Asia) 2008

 La nouvelle exposition de la Kunsthalle de Karlsruhe – réalisée en coopération avec la Staatliche Hochschule für Gestaltung (École Nationale Supérieure d’Art et du Design) – met en lumière les différents procédés de reproduction disponibles, ainsi que les fonctions remplies par la copie d’oeuvres d’art et les raisons qui la motivent.
À toutes les époques, des artistes ont copié les compositions de grands maîtres tels que Dürer ou Titien. L’exposition Déjà-vu ? est une première en ce qu’elle rend toute la diversité du phénomène à l’aide d’un panorama qui va de la fin du Moyen Âge à l’art moderne et contemporain, y compris les productions diffusées sur Internet.

Claudia Angelmaier Das grosse Rasenstück 2004/8

réflexion d’après l’original de l’aquarelle d’Albrecht Dürer
Dürer Die grosser Rasenstück aquarelle 1503 Vienne Albertina Museum

 

Elle rassemble quelque 120 oeuvres, dues notamment à Albrecht Dürer, David II Teniers, Eugène Delacroix, Edgar Degas, Vincent van Gogh, Giorgio de Chirico, Cindy Sherman, Hiroshi Sugimoto et Yinka Shonibare.
Couvrant sept siècles d’histoire de l’art, ce panorama établit des liens entre les oeuvres exposées afin de mettre en évidence la fonction de l’original et celle des copies, ainsi que l’évolution de la valeur accordée à chaque type d’oeuvres. Parallèlement, la perspective historique souligne certaines constantes et invite le visiteur à porter un regard nouveau sur les copies réalisées à l’heure actuelle. L’objectif est de faire comprendre que loin d’être un simple décalque, une copie est bel et bien une oeuvre authentique, dotée de sa propre valeur artistique et historique.
L’exposition ambitionne par ailleurs de faire le point sur le rôle du musée en tant qu’institution : hier encore lieu traditionnel de conservation des originaux, le musée doit aujourd’hui réfléchir à ce qu’est l’authenticité et redéfinir les termes
« original », « copie » et « reproduction ». Les tableaux, dessins, gravures, sculptures, photographies, installations et créations sur Internet exposés invitent à un voyage dans sept siècles de production artistique :
Albrecht Dürer, Lucas Cranach l’Ancien et Pieter Bruegel le Jeune illustrent la pratique des copistes du début des Temps Modernes, leurs oeuvres étant mises en relation avec des copies dues à Giorgio de Chirico et Jonathan Monk ;

Eugène Delacroix Pietà - 1850 National Museum of Art Oslo

des tableaux d’Eugène Delacroix et Vincent van Gogh rendent compte de la
« copie créative »

Célestin-François Nanteuil descente de Croix d'après Delacroix - lithographie BNP France 1853

C’est ainsi qu’une toile de Delacroix, reproduite par Célestin François Nanteuil par une lithographie, sera  « copiée » par Vincent van Gogh

Vincent van Gogh Pietà d'après Delacroix 1886-1890 Amsterdam van Gogh Museum


du XIXe siècle, tandis que des oeuvres de Franz von Lenbach représentent la
« copie sur commande » fréquente à la même époque ;
Marcel Duchamp illustre le thème de l’authenticité et de l’originalité repris dans les années 1960 par divers artistes, notamment Elaine Sturtevant, Richard Pettibone et Mike Bidlo ; les productions de Yinka Shonibare et Hiroshi Sugimoto témoignent pour leur part de la grande liberté qu’on peut prendre avec la tradition ;

Mao Jonathan Monk 2008 - Ciprian Muresan The end of Five -laYear Plan 2004

Mao dont une copie professionnelle a été exécutée d’après l’original d’Andy Wahrol
et la réinterpretation de la Nona Ora de Maurizio Cattelan écrasé par un météorite , par Ciprian Muresan, en Pope orthodoxe agrippé à sa croix en or, attibut de ses fonctions religieuses,  symbolisant luxe, décadence, gisant sans le tapis rouge.
Enfin, diverses oeuvres célèbres, revisitées par des artistes contemporains et diffusées sur Internet, renvoient à des débats d’actualité, tout en établissant des parallèles avec la pratique des copistes d’autrefois. Projet pilote pour la ville de Karlsruhe, l’exposition a été réalisée en commun avec la Hochschule für Gestaltung Karlsruhe (HfG), organisme universitaire jouant un rôle de pointe dans l’analyse des nouveaux phénomènes culturels et médiatiques. Les professeurs Wolfgang Ullrich (unité « Théorie des arts et médias ») et Wilfried Kühn (unité « Conception et organisation pratique des expositions ») se sont particulièrement investis dans le projet. Du côté de la Kunsthalle, l’équipe de réalisation se composait de Pia Müller-Tamm (directrice du musée), du Dr Alexander Eiling (département « Art moderne et contemporain »), du Dr Ariane Mensger (cabinet des estampes) et de Juliane Betz (assistante). Un catalogue d’environ quatre cents pages contenant des essais et des notices sur les oeuvres exposées est publié aux éditions Kerber (Kerber Verlag Bielefeld) sous la direction d’Ariane Mensger. Éditeur : Staatliche Kunsthalle Karlsruhe, Hochschule für Gestaltung Karlsruhe. L’exposition Déjà-vu ? a bénéficié du soutien des organismes suivants : Art Mentor Foundation Lucerne, Ernst von Siemens Stiftung, Kulturstiftung des Bundes, Kulturstiftung der Sparkasse Karlsruhe, Hubert Burda Stiftung.
Artistes exposés Christian Adler, Claudia Angelmaier, Hubert Becker, Joseph Beuys, Mike Bidlo, François Boucher, Adolphe Braun, Pieter Bruegel le Jeune, Johann Friedrich Bury, Giorgio de Chirico, Hannah Cooke, Lovis Corinth, Gustave Courbet, Lucas Cranach le Jeune, John Scarlett Davis, Edgar Degas, Eugène Delacroix, Gilles Demarteau, Abraham van Diepenbeeck, Marcel Duchamp, Albrecht Dürer, Richard Earlom, Marie Ellenrieder, Henri Fantin-Latour, Anselm Feuerbach, Florian Freier, G.R.A.M., Katharina Gaenssler, Johann Geminger, Théodore Géricault, Vincent van Gogh, Francisco de Goya, Pierre Granoux, Aneta Grzeszykowska, Caroline-Louise de Hesse-Darmstadt, Princesse Auguste, Anton Hille, Hans Holbein le Jeune, Ernst Ludwig Kirchner, Carl Le Feubure, Wilhelm Leibl, Franz von Lenbach, Kasimir Malevich, Édouard Manet, Henri Matisse, Israhel van Meckem, Maître de Basse-Autriche, Maître de Bohème, Maître de la Passion de Karlsruhe, Maître de Strasbourg, Claude Mellan, Jonathan Monk, Monogrammiste BM, Monogrammiste HS, Klaus Mosettig, Ciprian Muresan, Célestin-François Nanteuil, Caspar Netscher, Wenzel von Olmütz, Richard Pettibone, Marcantonio Raimondi, Peter Paul Rubens, Franz Joseph Sauerleute, Cindy Sherman, Yinka Shonibare, Hendrik Snyers, Sibylle Springer, Thomas Struth, Elaine Sturtevant, Hiroshi Sugimoto, David II Teniers, Carl Ludwig Thuot, Gavin Turk, Carl Velten, Lucas Vorstermann,
Johann Georg Wille.

Heures d’ouverture Du mardi au vendredi 10h00 à 17h00 Les samedis, dimanches et jours fériés 10h00 à 108h0
Visites guidées publiques En langue française : les samedis 21.4, 5.5, 19.5, 2.6, 16.6, 30.6, Entrée gratuite pour les détenteurs du Pass Musées du Rhin Supérieur14.7 et 28.7 à 14h30 Tarif : 2,00 €
 
photos courtoisie de la Staatliche Kunsthalle visuels presse
 
 
 
 

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Auteur : elisabeth

Pêle-mêle : l'art sous toutes ses formes, les voyages, mon occupation favorite : la bulle.