Foules – Fools – Stephan Wilks à la Kunsthalle de Mulhouse

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Lorsque vous pénétrez dans la Kunsthalle, l’espace s’est éclairé, agrandi, les toiles  sur lesquelles dansent  des squelettes, arbres de vie et danses macabres vous accueillent, tout d’abord un rat géant, que ne renierait pas Katharina Fritch avec son Rattenkoenig , celui-ci est tout blanc, et fait partie du bestiaire de Stephen Wilks, puis à la manière d’un retable sur fond d’un paysage urbain, à l’ horizon bleu, le voyageur artiste transporte son âne sur ses épaules.
Puis tout au fond si vous avez suivi le parcours conçu par l’artiste et la commissaire vous atteignez le lieu de réflexions philosophiques avec CATERPILLAR, sculpture gigantesque, lourde et imposante d’une chenille recouverte de textes choisis, par SW féru de littérature et de philosophie..
C’est ainsi que se présente la nouvelle exposition, (jusqu’au 20 juin 2010), dont la commissaire est la talentueuse directrice du lieu Sandrine Wymann. (voir la vidéo de FR3)

Avec beaucoup d’humour mais aussi sur un mode interrogatif et parfois dérangeant, il crée des personnages qui mêlent à la fois la figure du bouffon et de la mort, et viennent amplifier un discours proche de la critique sociale. Porté sur le présent, le travail de Stephen Wilks puise ses sources dans une imagerie issue de la danse macabre, à la manière du peintre expressionniste James Ensor ou du
caricaturiste José Guadalupe Posada, Foules – Fools révélateurs d’une nature humaine éphémère et conquérante.
Comment ne pas penser à Ubu Roi,  manipulateur fou, et ayant droit de vie et de mort sur ses sujets, mais aussi le bouffon de Rigoletto, à l’existence si tragique.stephen-wilks.1272926803.jpg

Masqué derrière ses figures animales, telles le cheval de Troie repris dans sa série des Trojandonkeys, Stephen Wilks a su trouver une place de choix au milieu de ses semblables. Il ne se place ni en moralisateur, ni en calculateur mais en observateur privilégié.
Chez Stephen Wilks, la notion de déplacement, omniprésente dans ses oeuvres et dans ses expositions, n’apparaît pas comme une nécessité, comme un état physique qui seul permettrait la création. Ce sont davantage les oeuvres qui sont en mouvement que l’artiste lui-même. Il n’est pas de ceux qui ont développé une réflexion dans la situation du marcheur ou du voyageur. Chez Wilks, le mouvement est constitutif des rapports sociaux et du jeu social qui nous entourent. Aussi, l’intégrer à sa démarche, voire l’amplifier, lui permet de créer des pièces qui s’immiscent ludiquement et subtilement à l’intimité d’un public avec lequel il souhaite installer un jeu de complicité. Sur le mode de la rencontre repose toute sa pratique, elle pose la confiance et la connivence entre l’artiste et le spectateur comme le seul terrain d’étude.
Cette exposition, comme souvent chez Stephen Wilks, se déploie à la manière d’un cortège.
Tandis que ses parades (Animal farm à Louvain en 2008) ou ses ânes (Trojandonkeys) sont des pièces qui ont le déplacement pour fondement, Foules, Fools suggère une avancée, un sens qui mène le spectateur du manège au rez-de-chaussée à la chenille du fond de l’espace. Une progression s’installe lentement, un voyage s’effectue un peu comme une procession sur un chemin de vie.
Chaque pièce de l’exposition se présente à la manière d’un tableau qui interroge notre place à « l’échelle humaine », et peut-être notre passage sur terre. La déambulation ainsi comprise n’est pas sans rappeler le principe des chemins de croix dans la tradition chrétienne : échelonnés de stations, ils évoquent les différentes étapes de la vie du Christ. Les tableaux de Stephen Wilks sont allégoriques, ils renvoient à un jeu de relations complexes que l’artiste ramène à une vanité certaine, accentuée par la présence nouvelle des squelettes dans son bestiaire.
stephen-wilks-danse-macabre.1272926854.jpgDeux fléaux contribuèrent probablement à la popularité des danses macabres : la peste noire (milieu du xive s.) et la guerre de Cent Ans (1337-1453). Il ne faut pas oublier l’élément de satire sociale que comporte un thème qui souligne vigoureusement l’égalité de tous devant la mort et qui contribua vraisemblablement à son succès.
Le premier exemple de danse macabre figurée est le cycle de peintures (1424) qui se trouvait dans les galeries du cimetière des Innocents à Paris ; toutes les danses macabres en dérivent. La hiérarchie de l’Église et de l’État y formait une danse majestueuse, où les vivants alternaient avec des squelettes ou des cadavres. Cet ensemble fut détruit en 1609, mais une reproduction ou une interprétation libre en est donnée dans les gravures sur bois du graveur parisien Guyot ou Guy Marchant (1485) et les légendes en vers ont été conservées.
De nombreuses danses macabres décoraient les cloîtres et les nefs des églises en France (Sainte-Chapelle de Dijon, 1436 ; La Chaise-Dieu, avant 1460) ; en Allemagne (Marienkirche de Lübeck, peinte en 1463 et restaurée ultérieurement ; Marienkirche de Berlin ; d’Allemagne, le thème se propage en Estonie et en Finlande), en Suisse alémanique (couvent des dominicains de Bâle, env. 1440    ; Berne, 1517, œuvre détruite connue par des copies du xviie s.) et en Angleterre (dans l’ancienne cathédrale de Saint-Paul). En Italie, le thème est rarement représenté et les exemples sont tardifs (San Lazzaro Fuori, Côme, xve s.). Vers 1485 apparaissent des cycles de gravures sur bois représentant des danses macabres qui inspireront certaines fresques du xvie siècle.
La Danse macabre de Bâle, aquarelle de Johann Rudolf Feyerabend (1779-1814), réalisée en 1806 d’après une fresque (de 1440 environ) du couvent des dominicains de Bâle. Historisches Museum, Bâle.
En 1523-1526, l’artiste allemand Hans Holbein le Jeune exécuta une série de dessins qui fut gravée par Hans Lützelburger et publiée à Lyon en 1538. Dans Les Simulacres de la mort, il ne s’agit pas à proprement parler de danse macabre, mais d’imagines mortis où la mort, qui n’entraîne plus l’homme dans sa danse macabre, surprend ses victimes au cours de leurs occupations.
Tous les pays d’Europe fournissent des versions littéraires de la danse macabre, qui comptent un chef-d’œuvre, La Danza general de la muerte, poème espagnol inspiré par les légendes du cimetière des Innocents.
À la Renaissance, le thème est peu à peu abandonné, les peintres (Dürer, Urs Graf, Niklaus Manuel Deutsch) préfèrent les sujets plus limités tels que la Jeunesse et la Mort, la Femme et la Mort, l’Amour et la Mort.
Thème de prédilection des peintres et des graveurs, la danse macabre a peu inspiré les sculpteurs : on citera pour la France la danse macabre en bois de l’aître Saint-Maclou à Rouen et celle du cimetière Saint-Saturnin à Blois ; pour l’Allemagne la danse macabre du Georgenthor, sculptée au xvie siècle.

stephen-wilks-pere-et-fils.1272926990.jpgCe n’est pas auprès des ces ânes  que l’on attrape des coups de pied.
DONKEY ROUNDABOUT  construite à l’identique d’un véritable manège, Cette pièce est une sorte de bilan d’étape dans l’oeuvre de Stephen Wilks.
Elle clôt un ensemble de projets et annonce de nouvelles formes. Six personnages esquissés portent six ânes qui font référence à ceux que l’artiste a envoyés de par le monde depuis quelques années. Tous se retrouvent sur une plateforme au lent mouvement rotatif. Les figures tournent, passent et repassent, et cette révolution renvoie à un principe de quotidien et d’éternel recommencement. Le mécanismeapparent de la pièce, ses roues crénelées, son apparence de grosse horloge, le sourd bruit qui s’en échappe sont autant d’éléments qui renforcent et concrétisent cette idée du temps qui passe. Les personnages fabriqués de bois sont en quelques sortes la modélisation des squelettes qui font leur apparition peu de temps après dans l’oeuvre de l’artiste. Debout sur le carrousel, ils font référence à l’iconographie de la danse macabre : les personnages y sont souvent représentés en cercle dans une attitude dansante. Une fois de plus chez Wilks, c’est l’homme qui porte l’animal. Il renverse les points de vue, surprend et remet en cause les fonctionnements et usages de ses semblables.

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BARCELONA  – Photographie imprimée sur papier. Extrait du voyage de l’âne bleu. Cette image vient contrebalancer le côté fantastique et fictionnel de la première partie de l’exposition. Elle apparaît dans l’exposition à la manière d’un horizon (bleu) et amène une part de réel et d’optimisme. Installée comme une toile de fond, elle donne à l’exposition une ambiance théâtrale renforcée par la foule de fous située en avant de scène.

 

stephen-wilks-caterpillar.1272927121.jpgCATERPILLAR  Animal en tissu, recouvert d’extraits de textes. Symbole de la métamorphose et du devenir, la chenille intervient dans le travail de Stephen Wilks comme le support à une réflexion sur la capacité d’évolution d’un être humain. Si la vieillesse est un thème qui revient de plus en plus fréquemment dans son oeuvre, ce n’est pas seulement à
travers son caractère inévitable et fascinant mais aussi dans ce qu’elle implique en termes de changement. Grandir, c’est vieillir. Vieillir est une mutation lente et permanente de notre nature physique, morale ou intellectuelle. Vieillir est notre quotidien, perceptiblement ou non. La sculpture est gigantesque, lourde et imposante, la chenille dégage une image positive, poétique, évanescente, elle tente d’échapper à la fatalité de l’être. La chenille est le support matériel à des textes que Stephen Wilks est allé puiser du côté des auteurs qui se sont intéressés à la question de la métamorphose. Lewis Caroll côtoie Goethe, Lou Reed et Franz Kafka. De cette allégorie, Stephen  Wilks a également tiré une nouvelle série de dessins qui interviennent comme le miroir de ces écrits. La chenille reprend dans ce cas le rôle qu’il donne d’évidence à ses animaux, elle s’infiltre dans les détails de la vie et en révèle la fragilité.

 

photos de l’auteur – courtoisie Kunsthalle et Stephen Wilks

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Auteur : elisabeth

Pêle-mêle : l'art sous toutes ses formes, les voyages, mon occupation favorite : la bulle.

9 réflexions sur « Foules – Fools – Stephan Wilks à la Kunsthalle de Mulhouse »

  1. Je suis retournée à la Kunsthalle avec réticence. Qu’est ce qui m’attendait ? Surprise ! Je suis repartie enthousiasmée grâce aux excellents commentaires dEmmanuelle une des animatrices du lieu. Désormais, je suivrai une visite guidée pendant le week-end à chaque exposition.

  2. Curly ? je ne crois pas que ce soit son idée, c’est la chenille qui se transforme en papillon éphémère, une vanité en quelque sorte.
    Après toutes les critIques négatives lues et entendues sur l’exposition des Vanités au musée Maillol, cela m’aurait amusée et intéressée de voir, de lire ce que les personnes, si averties en pensent de la chenille de Stephen…..

  3. VISITES GUIDÉES
    Visites gratuites les samedis & dimanches à 15:00
    Entrée libre sans inscription
    Autres visites sur RDV
    à partir de 5 personnes minimum
    Participation 2 € / personne,
    réservation au 03 69 77 66 47
    FILM
    « Rien à déclarer » de Stephen Wilks
    SAMEDI 24 AVRIL À 17:00 – durée 30mn
    Entrée libre sans inscription
    KUNSTAPÉRO
    En partenariat avec
    « Mulhouse Art Contemporain »
    Visite guidée, suivie d’une dégustation de vin
    Les 1ers jeudis du mois :
    JEUDI 6 MAI À 18:00
    JEUDI 3 JUIN À 18:00
    Participation 5€ / personne,
    inscription au 03 69 77 66 47
    KUNSTDÉJEUNER
    En partenariat avec l’Université Populaire
    Conversations autour des oeuvres suivies d’un
    déjeuner, repas tiré du sac
    Les 2èmes vendredis du mois :
    VENDREDI 14 MAI À 12:15
    VENDREDI 11 JUIN À 12:15
    Entrée libre, inscription au 03 69 77 66 47
    NUIT DES MUSÉES
    SAMEDI 15 MAI DE 12:00 À 24:00
    Informations sur http://www.nuitdesmusees.culture.fr
    KUNSTPROJECTION
    En partenariat avec l’Espace Multimédia Gantner
    L’Espace multimédia Gantner de Bourogne est situé dans le Territoire
    de Belfort. C’est un lieu dédié aux cultures multimédias, numériques
    et à la sensibilisation à l’art contemporain.
    La proposition de l’Espace multimédia Gantner interrogera à partir de son
    fonds de films expérimentaux et de sa collection d’oeuvres d’art numérique
    les notions de danse macabre, de cheval de Troie qui s’entrelacent dans
    l’exposition Foules, Fools
    JEUDI 20 MAI À 18:30
    Entrée libre sans inscription
    INVITATION INÉDITE
    Ateliers de slam pour adultes
    et enfants par Jhon_Do_Hazar
    SAMEDI 22 MAI ET/OU DIMANCHE 30 MAI
    DE 13:30 À 17:00
    Restitution le 5 juin lors de la Fête
    du quartier Fonderie
    Entrée libre, inscription au 03 69 77 66 47
    CONFÉRENCE
    « Squelettes et danses macabres ;
    images de la mort dans l’art européen »
    par Catherine Koenig, historienne de l’art VENDREDI 28 MAI À 20:00 Entrée libre, inscription au 03 69 77 66 47
    KUNSTDINER
    Soirée Mulhouse 010
    DIMANCHE 13 JUIN DE 19:00 À 22:00
    Possibilité de se restaurer
    sur l’Esplanade de la Fonderie
    En présence de DJ BOUTO
    KUNSTBRUNCH
    DIMANCHE 20 JUIN À PARTIR DE 10:00
    5€ / personne, inscription au 03 69 77 66 47

  4. Kunsthalle
    Stephen Wilks et ses joyeux squelettes
    Avec « Foules, fools », le Centre d’art mulhousien accueille sa première exposition monographique et invite à se glisser dans l’univers intime de Stephen Wilks.
    Si l’âne est sans doute l’animal emblématique du plasticien britannique, Sandrine Wymann, la commissaire mulhousienne de l’exposition, souligne justement qu’elle a souhaité montrer, à la Kunsthalle, d’autres facettes du travail de Stephen Wilks. Avec un sourire malicieux, l’artiste acquiesce et affirme que cette halte mulhousienne est, pour lui, l’occasion d’un travail plus intime, plus spirituel même… sans pour autant renier, loin s’en faut, l’épopée d’une dizaine d’années, avec les ânes voyageurs. D’ailleurs, au travers d’une immense photo réalisée à Barcelone, l’âne est dans l’exposition. Il l’est doublement d’ailleurs puisque, dès l’entrée, au rez-de-chaussée, le visiteur découvre Donkey Rounabout (2009), un grand carrousel où tournent des ânes. Pour l’occasion, Wilks a modifié son œuvre, supprimant le toit du manège pour permettre une vision en plongée sur une étrange cosmogonie animalière.
    D’entrée de jeu, cet univers semble aisément abordable. En réalité, tout, ici, est complexité et questionnement. « Steven Wilks, précise Sandrine Wymann, sonde ce qui l’entoure, de quoi le monde est fait… » S’abritant derrière le burlesque bouffon, l’artiste interroge la nature humaine. Tel le fabuliste ou l’Orwell de La ferme des animaux, il appelle les bêtes à la rescousse, quitte à froisser la hiérarchie des espèces. L’âne est certes là mais on croise, ici, dans une mise en espace propre à la Kunsthalle, un énorme rat ou une imposante chenille suspendue à des filins et qui porte, à ses flancs, les mots de Shakespeare, de Burroughs, de Lewis Carroll, Lou Reed, Goethe et quelques autres…
    Nourri de littérature (même s’il aime le foot et Chelsea !), Stephen Wilks, qui montre aussi de nombreux dessins, se penche poétiquement sur le devenir de l’homme, sur la métamorphose, la transformation, la transition et… la fin.
    Du Moyen âge, il sait la force des danses macabres et ses squelettes, nouveaux venus clownesques et joyeusement démantibulés, s’agitent sur de grandes tentures claires qui flottent dans la Kunsthalle. Peut-être sous l’influence de James Ensor, ces fantômes, qui ne dépareilleraient pas les célébrations mexicaines autour de la mort, jouent, ici, au jeu de « je te vois, je te vois pas ». En fait, il faut voir… Ne ratez pas Stephen Wilks à la Kunsthalle.
    Pierre-Louis Cereja – l’Alsace cahier du Weeh end
    VISITER « Foules, fools », jusqu’au 20 juin. Kunsthalle — La Fonderie. Mercredi au dimanche, 12-18 h, nocturne le jeudi jusqu’à 20 h. Entrée libre. Fermé les 1er et 8 mai.

  5. Le bestiaire de Stephen Wilks réveille la Kunsthalle
    Stephen Wilks est l’hôte de la Kunsthalle jusqu’au 20 juin.Photos Dom Poirier
    La nouvelle exposition de la Kunsthalle de Mulhouse, intitulée « Foules, fools », est une première monographie d’artiste, consacrée à Stephen Wilks. Une proposition de la directrice Sandrine Wymann.
    Disons-le tout net, de nombreuses personnes qui ont franchi mercredi soir le seuil de la Kunsthalle, à l’occasion du vernissage de la nouvelle exposition consacrée à Stephen Wilks, avaient une réaction unanime, une sorte de soulagement : « Ça fait du bien… » « C’est moins hermétique que les précédentes », « C’est un peu plus accessible »… Après le premier cycle d’expositions confié à un commissaire invité, en l’occurrence le curateur Lorenzo Benedetti et l’accueil des Régionales, le centre d’art contemporain de Mulhouse présente sa toute première exposition consacrée à un artiste unique. Et c’est la directrice des lieux, Sandrine Wymann, qui a choisi Stephen Wilks.
    « Je suis particulièrement heureuse que cette première monographie à la Kunsthalle soit consacrée à Stephen Wilks, j’aime beaucoup ce qu’il fait. Je trouve que c’est un travail très sincère, qui crée du lien avec le public. L’art contemporain, cela peut être aussi des œuvres narratives, tout en restant très pertinent… »
    Artiste multicartes
    Stephen Wilks est né à Bridgwater en Angleterre et vit actuellement à Berlin. Il a fait des études de littératures à Canterbury, les Beaux-arts à Paris et à Amsterdam. Photographe, peintre, sculpteur, il puise une grande part de son inspiration artistique dans la littérature (parmi ses auteurs favoris, Kafka, Dostoievski, Goethe, Lewis Caroll…) mais aussi, dans l’observation subtile du fonctionnement de la société.
    Et si aujourd’hui, ses ânes voyageurs, une douzaine d’exemplaires en tissu à la taille réelle (voir le site http://www.trojandonkey.net) poursuivent leur destin de manière autonome, d’autres animaux viennent s’immiscer dans son univers, chenilles, rats, cochons… Un bestiaire qui, comme dans Animal Farm de George Orwell, sert de prétexte à brosser, non sans humour, les travers de l’humanité.
    Stephen Wilks a une tendresse particulière pour les ânes. « Quand j’étais petit, il y en avait toujours dans les champs près de chez moi… J’aime bien cet animal qui est très intelligent et pourtant souvent moqué, méprisé… »
    Œuvres évolutives
    La Fonderie accueille, dans son hall d’entrée, le manège géant ( Donkey Roundabout) où six personnages portent sur leur dos ces ânes pris dans un mouvement perpétuel. Le mouvement et le temps qui passe, la mort inéluctable, sont d’autres sujets récurrents dans le travail de l’artiste. Au point d’ailleurs qu’aujourd’hui ses dessins se peuplent de squelettes rieurs … Bouffons contemporains qui se livrent à de joyeuses danses macabres et autres vanités pour rappeler, avec une certaine légèreté malgré tout, que nous sommes bien peu de chose. Plusieurs œuvres ont été conçues pour la Kunsthalle, d’autres, plus anciennes, ont évolué.
    Stephen Wilks est un artiste disponible, qui restitue ses impressions du monde avec un étrange mélange de désenchantement et de générosité.
    Frédérique Meichler l’Alsace-le Pays

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