30 avril 2023 : Jean Michel Basquiat Soundtracks
22 avril 2023 : Roger Ballen. Call of the Void
13 avril 2023 : Vermeer l’unique
12 avril 2023 : Le Martyre de sainte Catherine de Simon Vouet
09 avril 2023 : Petit mot de Pâques
Auteur/autrice : elisabeth
Jean Michel Basquiat Soundtracks
Jean-Michel Basquiat, Toxic, 1984, Fondation Louis Vuitton, Paris.
218,5 x 172,5 cm, acrylique, bâton à l’huile et collage de photocopies
sur toile.
Jusqu'au 30 JUILLET 2023 à la Philharmonie de Paris
La Philharmonie de Paris, East side, et la Fondation Louis Vuitton, West side, se réjouissent de développer une collaboration inédite construite sur la complémentarité de leur programmation dédiée à l’oeuvre de Jean-Michel Basquiat. Tandis que, West side, sera présenté le travail à quatre mains de Basquiat et Andy Warhol, l’oeuvre du peintre sera exposée et dévoilée,
East Side, dans sa dimension proprement musicale. Now’s the Time…
Commissaires de l’exposition
Vincent Bessières, commissaire invité par le Musée de la musique – Philharmonie de Paris
Dieter Buchhart, commissaire invité
Mary-Dailey Desmarais, conservatrice en chef du MBAM
Nicolas Becker, designer sonore
Une exposition co-organisée par le Musée des beaux Arts de
Montréal et la Philharmonie de Paris.
Basquiat amateur éclectique
Les improvisations visionnaires de Charlie Parker ou le feu enlevé des airs de la Callas, les chants des bluesmen ou ceux des griots, les symphonies
de Beethoven, le Boléro de Ravel et tant d’autres musiques encore forment la toile de fond sonore de la pratique picturale de Jean-Michel Basquiat. Ceux qui
d’ailleurs sont venus dans son atelier se souviennent que le peintre travaillait toujours en écoutant de la musique. Basquiat a en effet vécu, peint, dansé,
inventé et transgressé à une époque où New York connaissait l’une des périodes les plus créatives de son histoire musicale, avec la naissance de nouveaux sons urbains comme la no wave, la new wave et le hip-hop. L’artiste a fait même une brève carrière de musicien au sein du groupe très expérimental Gray, fondé en 1979 avec Michael Holman. Comment lire ou comprendre la prégnance de cet art dans son imaginaire ? Qu’est-ce que la musique dans l’oeil du peintre Basquiat ? Et peut-on « entendre »
ses oeuvres ? …………….extrait
Olivier Mantei
Directeur général de la Philharmonie de Paris
Marie-Pauline Martin
Directrice du Musée de la musique
BASQUIAT ET LA MUSIQUE
Basquiat Soundtracks est la première exposition consacrée au rôle de la musique dans l’art de Jean-Michel Basquiat (1960-1988), artiste parmi
les plus fascinants du XXe siècle. Né à Brooklyn, de père haïtien et de mère portoricaine, Basquiat a baigné dans l’effervescence musicale de New
York à la charnière des années 1980, marquée par l’émergence de nouvelles formes urbaines telles que la no wave et le hip-hop. Puissante et audacieuse, son expressivité s’est développée en prise avec ce paysage sonore, donnant naissance à une oeuvre qui doit aussi bien à l’art de la rue qu’à la tradition occidentale, questionnant les conventions esthétiques et révélant
une sensibilité tout à la fois critique et poétique.

Grand amateur de musique, Basquiat possédait, dit-on, une collection de plus de 3 000 disques allant du classique au rock en passant par le zydeco, la soul,
le reggae, le hip-hop, l’opéra, le blues et le jazz.
Dans son atelier, plusieurs sources sonores pouvaient coexister simultanément. Cependant, la musique est loin d’avoir seulement formé une trame sonore à sa
vie et à sa pratique. Commençant par une évocation, riche d’archives, des scènes musicales fréquentées par l’artiste à New York dans les années 1970 et 1980, l’exposition met en lumière ses expériences en tant que musicien et producteur de disque. Explorant en détail son imaginaire sonore, elle examine les nombreuses références qui parsèment son travail, révélant combien la musique a informé ses représentations et influencé ses processus de composition. La façon dont Basquiat l’a inscrite dans ses oeuvres témoigne,
en outre, de son intérêt profond pour l’héritage de la diaspora africaine et de sa conscience aiguë des enjeux politiques liés aux questions raciales aux
États-Unis. La musique apparaît ainsi comme une célébration de la créativité artistique noire tout en pointant les complexités et les cruautés de l’histoire.
Elle offre une clé d’interprétation à une oeuvre qui, dans son auto-invention, est parvenue à intégrer le beat d’une époque, le blues d’un peuple, le geste du
sampling et les symphonies épiques d’une modernité mouvementée.

IMMERSION SONORE DANS UNE OEUVRE FOISONNANTE
Par la réunion d’une centaine d’oeuvres, cette exposition s’offre comme une expérience immersive dans les lieux et les sons qui ont façonné le parcours de
Basquiat et alimenté son inspiration. Audacieuse, la scénographie montre sous un jour nouveau une invention picturale où la photocopie prend valeur de
sample, et où le mix agit comme principe structurant.
Complétée d’archives rares et de documents audiovisuels inédits, Basquiat Soundtracks remet en perspective une oeuvre qui, tout en restant étroitement liée à la club culture – depuis l’underground jusqu’aux boîtes de nuit les plus flamboyantes des eighties –, a désormais révélé sa dimension universelle.
Nourri par un travail de recherche approfondi portant sur les sources et les références musicales de Basquiat, le dispositif audiovisuel de l’exposition a été conceptualisé et articulé par Nicolas Becker, ingénieur du son et sound designer pour l’art contemporain (Philippe Parreno) et le cinéma (Sound of Metal de
Darius Marder ; Alejandro González Iñárritu…).
En collaboration avec la Philharmonie de Paris et Vincent Bessières, Nicolas Becker a imaginé une véritable partition musicale évolutive et organique. Celle-ci puise sa matière parmi des centaines de titres et d’enregistrements,
et s’appuie sur un logiciel pionnier, Bronze. Capable, par le biais de l’intelligence artificielle, de concevoir des associations de sons aussi pertinentes qu’imprédictibles et de faire varier des combinatoires
de morceaux préexistants selon des critères déterminés en amont, Bronze élabore des scénarios musicaux proprement inouïs et recompose à l’infini
la bande-son de l’exposition.
L’expérience vécue par chaque visiteur est ainsi unique, l’immergeant dans un brassage de références sonores et musicales en perpétuel mouvement, à l’image de la manière dont Basquiat lui-même appréhendait la musique.
BASQUIAT ET LES MUSIQUES DE SON TEMPS
Le talent de Jean-Michel Basquiat émerge à New York à la toute fin des années 1970, au sein d’une communauté artistique parmi laquelle la pluridisciplinarité est de mise. Poète, styliste, auteur d’assemblages d’objets trouvés, Basquiat est ainsi musicien avant d’être pleinement peintre : le groupe Gray, dont il est le cofondateur et leader officieux, partage la scène avec des formations phares de la no wave telles que DNA ou The Lounge Lizards, dont les partis pris esthétiques ne sont pas sans écho avec l’oeuvre plastique de Basquiat.

LA SCÈNE DOWNTOWN
En 1979 et 1980, Basquiat fréquente ainsi assidûment – outre le Mudd Club où il dit avoir « passé toutes [ses] nuits pendant deux ans » – le CBGB, épicentre de la scène punk rock ; le Club 57, espace de performance alternatif animé notamment par Ann Magnuson et Keith Haring ; le TR3 (alias Tier 3), où les groupes no wave alternent avec des formations de free jazz et des projections de cinéma expérimental ; le Squat Theatre, lieu d’avant-garde théâtrale et musicale ; A’s, le loft ouvert par l’artiste Arleen Schloss, où ont lieu
le mercredi des soirées pluridisciplinaires au cours desquelles Basquiat rêve, avec le chanteur Alan Vega, de la possibilité d’une
« symphonie métropolitaine » orchestrée à partir de bruits de la ville.

BASQUIAT ET LA DÉFERLANTE HIP-HOP
À partir de 1980, la vague du hip-hop commence à déferler sur le sud de Manhattan, sous l’effet de plusieurs acteurs et actrices de la scène downtown
comme Edit deAk – qui présente à The Kitchen le groupe Funky Four Plus One – ou Fab 5 Freddy – qui organise avec le graffeur Futura 2000 au Mudd
Club Beyond Words, l’une des premières expositions consacrées au mouvement, à laquelle Basquiat participe sous le nom de
« SAMO© ».
Le succès de « Rapture » de Blondie, chanson dans laquelle Debbie Harry s’essaie au rap, est une manifestation majeure de cette convergence culturelle entre les mouvements no wave et hip-hop : aux côtés de Fab 5 Freddy et de Lee Quiñones, Basquiat participe au décor du clip et y tient le rôle du DJ Grandmaster Flash, absent lors du tournage. Au cours de sa vie de noctambule, l’artiste fréquente les soirées organisées au Negril et au Roxy, au cours desquelles officient Afrika Bambaataa et les DJ de la Zulu Nation venus du Bronx mais aussi Nicholas Taylor, son ancien partenaire de Gray converti aux platines, qu’il a lui même baptisé du nom de « DJ High Priest ».
BEAT BOP JEAN-MICHEL BASQUIAT, 1983
OEuvre double – musicale et visuelle –, Beat Bop tient une place singulière dans la production de Basquiat, car elle constitue son unique tentative aboutie de
publier une création sonore. Crédité à la boîte à rythmes et au mixage, Basquiat se présente comme producteur et réalisateur du titre, qui met en scène
les talents de rappeurs de Rammellzee et K-Rob.
Entièrement en noir et blanc, ponctuée de plusieurs de ses motifs signatures, la pochette affiche le nom d’une maison de disques fictive,
« Tartown Record Co. »,
qui rappelle, par le truchement des mots art et tar (« goudron » en anglais), la dépendance commune des musiciens et des peintres aux dérivés du pétrole.

MARIPOL POLAROÏDS (SÉLECTION) 1978-1988
MARIPOL FOR SPECIAL EFFECTS
Venue à New York avec le photographe Edo Bertoglioen 1976, l’artiste française Maripol s’y impose comme l’une des personnalités phares de la scène downtown. Elle rencontre Basquiat en 1979 au Mudd Club, dont elle est une habituée. En tant que styliste, elle contribue à façonner le look de Madonna, notamment à l’époque de l’album Like a Virgin (1984). Munie de son appareil photo, Maripol a immortalisé les visages des protagonistes des nuits new-yorkaises sous la forme de polaroïds, dont une sélection est exposée ici. Ayant
oeuvré en 1980 à la production de New York Beat, réalisé par Bertoglio et dans lequel Basquiat tient le rôle principal, elle a concouru avec le scénariste Glenn
O’Brien au sauvetage du film resté inachevé, finalement présenté au public en 2000 sous le titre Downtown 81.

IMAGES SONORES ET BRUITS VISUELS
Celles et ceux qui ont visité son atelier se souviennent que pour créer, Basquiat s’immergeait dans un
environnement fait de musique de toute sorte, du classique au reggae, mais aussi de sons produits par
la télévision ou la radio. Ses oeuvres sont chargées d’éléments qui donnent à voir le bruit : onomatopées, engins qui traversent ses toiles, citations de dessins animés, représentations anatomiques qui présentent le corps et ses organes comme émetteurs de sons…
Basquiat matérialise les phénomènes sonores selon un vocabulaire graphique qui emprunte parfois aux codes de la bande dessinée ou des films de série B, tout en évoquant la musique par les techniques de composition
employées.
Le représentations d’antennes, pylônes
et autres schémas techniques témoignent également du vif intérêt de Basquiat pour les technologies de la diffusion et de l’enregistrement. Dans cette oeuvre
visuellement bruyante, les mots occupent aussi une
place capitale : marqué par l’influence des écrivains de la Beat Generation, comme William S. Burroughs qu’il fréquente et considère comme son « auteur
vivant préféré », Basquiat fait un usage abondant de l’onomatopée et intègre à ses oeuvres une forme de poésie verbale qui témoigne de son intérêt pour
le langage. Comme Burroughs, il parvient à réduire l’écart entre le visuel et le textuel en recourant à des logiques d’association imprédictibles, fruit d’une
pensée affranchie des conventions.
JAZZ
De toutes les musiques auxquelles Basquiat se réfère dans sa pratique artistique, le jazz est sans conteste la plus apparente dans son oeuvre. Considéré comme une contribution africaine-américaine majeure au
domaine des arts, le jazz se présente à lui comme un continuum de réussite et d’excellence noires. Célébrant le génie créatif des musiciens avec l’ambition de dire une partie de leur histoire en remontant jusqu’au berceau du genre, à La Nouvelle-Orléans, Basquiat élabore des oeuvres transhistoriques. Loin d’être de
simples hagiographies, elles inscrivent le jazz dans une histoire diasporique plus vaste et soulignent les inégalités et le racisme subis par les musiciens
inféodés aux règles de l’industrie phonographique.

PARTENARIAT
DU 5 AVRIL AU 28 AOÛT 2023, LA FONDATION LOUIS VUITTON
PRÉSENTE L’EXPOSITION « BASQUIAT X WARHOL, À QUATRE MAINS »
WEEK-END « WEST SIDE / EAST SIDE » : DEUX EXPOSITIONS, UN BILLET
Autour de l’oeuvre de Jean-Michel Basquiat, la Philharmonie de Paris et la Fondation Louis Vuitton développent une collaboration inédite construite
sur la complémentarité de leur programmation. Ainsi du vendredi 30 juin au dimanche 2 juillet, les deux institutions proposent un événement commun,
« West Side / East Side ».
Pendant ces trois jours, un billet acheté pour l’une des deux expositions donnera accès gratuitement à l’autre exposition. Cet événement conjoint donnera lieu aussi à des animations musicales (concerts, DJ sets…), à
découvrir West Side, à la Fondation Louis Vuitton, et East Side, à la Philharmonie de Paris.
(Programmation en cours, cet événement fera l’objet d’une communication spécifique)
INFORMATIONS PRATIQUES
EXPOSITION
Cité de la musique – Philharmonie de Paris
221, avenue Jean-Jaurès
75019 Paris
BASQUIAT SOUNDTRACKS
DU 6 AVRIL AU 30 JUILLET 2023
Du mardi au jeudi de 12H à 18H
Le vendredi de 12H à 20H
Samedi et dimanche de 10H à 20H
Pendant les vacances scolaires (zone C) :
Du mardi au dimanche de 10H à 20H
TARIFS
Plein tarif : 14€
Tarifs réduits : 11€ (26 à 28 ans)
8€ (16 à 25 ans, minimas sociaux)
Gratuit pour les moins de 16 ans
VISITE GUIDÉE
Les samedis de 11H à 12H30 (du mardi au samedi
pendant les vacances scolaires de la zone C)
Du samedi 15 avril au jeudi 13 juillet
Tarif : 16€
ACCESSIBILITÉ
L’exposition propose une découverte sonore, visuelle mais aussi tactile des oeuvres de Jean-Michel Basquiat. Un parcours composé de 5 supports
tactiles et de commentaires audio accompagne les personnes en situation de handicap visuel.
Un audioguide adapté ainsi qu’un livret en braille et gros caractères sont disponibles en prêt à l’accueil de l’exposition.
Un livret facile à lire et à comprendre (FALC), disponible en ligne et à l’accueil, accompagne les visiteurs en situation de handicap mental dans la visite de l’exposition
Transport
Métro 5 arrêt Porte de Pantin
Roger Ballen. Call of the Void
Roger Ballen - L'Appel du vide est au Musée Tinguely de Basel jusqu'au
29 octobre 2023
L'exposition a été réalisée par Andres Pardey en collaboration avec l'artiste et sa directrice artistique Marguerite Rossouw.
Le ballenesque
Le Musée Tinguely présente avec Roger Ballen. Gall of the Void, une exposition qui constitue la huitième édition de la série « Danse macabre», en référence à l’œuvre tardive de Jean Tinguely Mengele – Danse macabre (1986).

Le point de départ de ce face à-face est à nouveau très différent : alors que Anouk Kruithof. Universal Tongue (2022) avait retenu le motif de la danse et Bruce Conner. Light out of Darkness (2021), celui de l’apocalypse, Roger Ballen nous soumet le caractère dérangeant, troublant, de ses photographies et installations. Son œuvre interroge le psychisme humain et pose des questions, au public aussi, sur l’être et le devenir. Les œuvres de l’artiste sud-africain exposées du 19 avril au 29 octobre 2023 à Bâle englobent la photographie, la vidéo et l’installation, le tout dans une ambiance très typique pour le photographe, ce qu’il appelle le ballenesque.

Roger Ballen, Call of the Void, 2010
© courtesy Roger Ballen
Biographie
Roger Ballen, né en 1950 à New York, vit et travaille à Johannesburg, en Afrique du Sud. Il est l’un des photographes les plus en vue et les plus singuliers de notre époque. Son travail avait commencé par des portraits d’habitants et villages sud-africains – directs, frontaux, sans fard -,
Roger Ballen, Headless, 2006
© courtesy Roger Ballen
il se poursuit depuis 20 ans avec des images réalisées de plus en plus souvent en studio, sans rien avoir perdu de leur force originelle. Ses photographies noir et blanc carrées, montrent toutes sortes de choses, qui sont à la fois inscrites dans la composition et pourtant singulièrement autonomes : meubles, murs avec des dessins, fils métalliques, masques, animaux empaillés, membres d’animaux, rats vivants, oiseaux, serpents, chiens, chats, mannequins, et humains aussi mais désormais plus rarement.
Les images ainsi créées évoquent des déambulations dans l’inconscient – sombres, mystérieuses, parfois mêmes inquiétantes ou effrayantes. Déjà dans les portraits des années 1990, ce n’était ni la beauté ni l’harmonie qui l’intéressaient, mais plutôt le côté dérangeant, non conforme, propre aux personnes issues du précariat blanc de l’arrière-pays sud-africain. Les visages et corps de cette période sont marqués par les histoires vécues, alors que les photos ultérieures montrent les rapports entre les objets de manière à susciter une ambiance très particulière.
La Cabane
Ces dernières années, Roger Ballen a créé son propre style avec ce qu’il appelle le ballenesque, un caractère qui sous-tend ses œuvres. C’est cet aspect inconfortable, bizarre et inquiétant qu’il confère de plus en plus à ses installations. Pour ses photographies, il conçoit des scènes en atelier, qu’il présente désormais aussi dans des expositions. Ce faisant, il effectue un déplacement remarquable de la photographie vers l’espace, qui, au sein de l’exposition au Musée Tinguely,
aboutit dans une cabane spécialement construite pour l’occasion. Cette habitation très simple constitue l’arrière-plan de plusieurs de ses scènes élaborées par Ballen. Il est possible de rentrer dans la cahute, où l’ambiance ballenesque se perçoit, se vit et se sent directement.

« En s’approchant de la cabane située au milieu de l’espace d’exposition, on se retrouve au centre de multiples photographies en noir et blanc issues des séries Asylum of the Birds et Roger’s Rats. En termes un peu simplistes, ces rats et ces oiseaux ont symbolisé le bien et le mal, l’obscurité et la lumière, tout au long de l’histoire de l’humanité. Les oiseaux assurent le lien entre le ciel et la terre, tandis que les rats sont injustement associés à la saleté, à la maladie et à l’obscurité. Chaque espèce possède sa propre mythologie, et lorsque l’on insuffle ces imaginaires à une photographie, les possibilités de création de significations plus profondes liées à la condition humaine sont illimitées. » Roger Ballen

Photos & vidéos
Pour l’exposition à Bâle, Roger Ballen a retravaillé l’une de ses dernières séries de photographies de rats prises avec un appareil analogique. Une sélection de ces images est ainsi exposée pour la première fois, ainsi qu’une autre, avec des oiseaux, en regard.
Deux vidéos, Ballenesque (2017) et Roger the Rat (2020), élargissent ici à nouveau la sphère artistique. Chez Ballen, le fragile, le questionnement, le vacillement, l’inquiétant, le flou, l’indéterminé sont autant d’éléments fondamentaux.
Ces œuvres permettent de s’immerger en les contemplant, de rêver, de s’évader : on y trouve l’ordre et le chaos, tout autant que l’inspiration et la peur.
Le catalogue
À l’occasion de l’exposition Roger Ballen. Cali of the Void au Musée Tinguely, l’éditeur Kehrer publie un catalogue en anglais avec des textes de Roger Ballen, Andres Pardey et une préface de Roland Wetzel, avec environ 40 illustrations. Disponible à partir du 13 juin à la boutique du musée au prix de 35 CHF (ISBN 978-3-96900-127-1).
Le Inside Out Centre for the Arts
Le Inside Out Centre for the Arts, fondé par Roger Ballen, a ouvert ses portes en mars 2023 à Johannesburg en Afrique du Sud. La programmation de ce nouveau lieu culturel est axée sur des thèmes spécifiquement liés au continent africain. Il présentera des expositions d’un point de vue purement esthétique et psychologique. Le Inside Out Centre animera également un programme dynamique de conférences éducatives, de tables rondes, de masterclasses et de présentations autour de l’exposition en cours, ainsi que des sujets liés aux arts et à la culture.
L’exposition inaugurale End of the Game est consacrée à la décimation de la faune africaine, conséquence des expéditions de chasses et du braconnage depuis les années 1800. Utilisant photographies documentaires, objets anciens et extraits de films ainsi que les photographies et installations de Ballen, l’exposition met en évidence l’importance historique et le contexte de ‘l’Âge d’Or’ des expéditions de chasse africaines menées par les colonialistes et les figures de proue occidentales – telles que Churchill, Théodore Roosevelt, le Roi Edward VIII et Hemingway – qui ont eu lieu à partir du milieu du 19e siècle. La démarche de Ballen explore les rapports psychologiques profonds que l’homme entretient avec le monde naturel.
Informations pratiques
Musée Tinguely
I Paul Sacher-Anlage 1 l 4002 Bâle
Tram n° 2 jusqu’à Wettsteinplatz
puis bus 31 ou 38 arrêt musée Tinguely
Heures d’ouverture:
mardi – dimanche, tous les jours 11h-18h, jeudi 11h-21h
Sites Internet :
www.tinguely.ch I www.insideoutcentreforthearts.com
Réseaux sociaux : @museumtinguely 1 #museumtinguely
Vermeer l’unique
La Dentellière
1669 / 1670 (3e quart du XVIIe siècle)
Vermeer, Johannes
Pays Bas, École de
MI 1448
« Il faudrait presque faire mettre des chaussons aux visiteurs pour venir voir Vermeer. On ne peut pas voir Vermeer en faisant du bruit. Ce n’est pas pensable. »
Vermeer, Hockney, Basquiat et Warhol, les expos à ne pas manquer cette année
Vermeer, Hockney, j’ai eu la chance de voir les 2 premiers, Basquiat et Warhol, ce sera pour la fin du mois. L’année culturelle est riche en belles expositions, de Paris à Amsterdam en passant par Londres et Aix-en-Provence.
Celle consacrée à Vermeer à Amsterdam est sans nul doute la plus emblématique. Certains visiteurs attentifs ont pu y admirer son chef-d’oeuvre,
« La Jeune Fille à la perle ». Elle a regagné le musée Mauritshius de La Haye dès le 30 mars.
Désormais seulement 34 (35 ?) oeuvres de l’artiste, redécouvert à la fin du XIXe siècle par l’expert clairvoyant, un français du nom de Etienne- Joseph-Théophile Thoré sont attribuées à Vermeer. Le Rijksmuseum accomplit le grand miracle d’en réunir 28. (27) et ceci jusqu’au 4 juin 2023
Jeune Fille au turban, Johannes Vermeer (1665)
« Quand on regarde de près, on voit qu’il n’y a pas de contour. C’est la lumière qui sculpte la forme. »
A lire et à écouter :
Histoires de peintures de Daniel Arasse : Vermeer fin et flou
Un Vermeer découvert dans un musée à Philadelphie ?
Lors d’un symposium à Amsterdam à l’occasion de l’exposition Vermeer du Rijksmuseum, un spécialiste a affirmé que la Femme jouant de la guitare, conservée au Philadelphia Museum of Art aux États-Unis, était un tableau du sphinx de Delft. Depuis des années, l’œuvre est considérée par le musée comme une copie tardive.

Un tableau à énigmes
« Les tableaux de Vermeer ne racontent pas vraiment une histoire. On n’est pas devant un tableau de Le Brun, de Raphaël ou de Michel-Ange où il existe des récits simultanés qui s’emboîtent les uns dans les autres et qui construisent une narration. Là on est plutôt dans une saisie d’un moment qui n’est pas temporalisé. En revanche ce qui est temporalisé c’est la découverte de l’œuvre. Il y a un premier moment qui vise à capter l’attention du spectateur. Cela peut passer par un regard comme dans le tableau La jeune fille à la perle qui semble se tourner vers nous pour que nous nous tournions vers elle. Ensuite l’enjeu est de conserver l’attention du spectateur, que ce ne soit pas un coup de foudre sans lendemain. Il faut que le lendemain puisse être construit. Ce que Vermeer fait de façon très méticuleuse, c’est d’organiser les conditions de rétention de l’attention du spectateur par la mise en scène d’énigmes au sein de ses œuvres. »
Jan Blanc
Le mystère Vermeer
Le mystère de Vermeer est double : c’est d’abord celui de la vie et de la renommée d’un peintre qui fut à tour de rôle célèbre, oublié, et redécouvert comme l’un des plus illustres peintres du 17ème siècle. Mais c’est aussi les énigmes posées par ses tableaux eux-mêmes : que se trame-t-il dans ses scènes d’intérieur, toujours éclairées par un extérieur inaccessible ? Par un long travail de corrections et précisions successives, Vermeer nous donne à voir le quotidien d’une Hollande mise en scène et fantasmée.
Ma visite
Le visite se déroule dans un sentiment de respect, les tableaux sont disposés à des distances assez importantes, quelquefois un seul, dans une salle. Cela permet de s’imprégner du sujet, de regarder attentivement et intensément,
d’en comprendre l’histoire, d’en voir la profondeur, le contraste des couleurs,
d’en étudier la lumière, de voir l’harmonie des formes, d’en étudier la structure,
de lire le texte du cartel, cartel en anglais et en néerlandais, un traduction est possible avec le smartphone (tout est expliqué à l’entrée, il suffit de scanner le code barre) des bancs sont disposés à l’écart des toiles, ce qui permet de se poser pour lire les textes, et évite de trop longues stations devant les toiles avec l’audio-guide collé à l’oreille (voire partagé avec son compagnon), et permet à chacun de prendre sa photo s’il le souhaite. Il faut être attentif au numéro des salles, pour ne pas en rater. Parfois on discute avec les visiteurs, on échange nos « savoirs ». J’ai entendu aussi des jeunes personnes dirent « c’est tout le temps la même chose ». Bien sûr, Vermeer représente des intérieurs, mais avec quel talent, avec la même carafe, la même tapisserie qui sert de nappe, presque la même fenêtre, mais quelle merveilleuse fenêtre ! la même chaise, le même parquet ou carrelage, le même vêtement d’intérieur pour les dames. C’est une veste jaune, bordée d’hermine, un cartel dit que c’est en réalité du lapin tacheté ! Il dit aussi que les perles ne sont pas des vraies, mais du verre coloré. Je préfère ne pas le croire. Presque toutes les dames en portent si naturellement. Il y a aussi une profusion d’instruments de musique, luth, guitare, piano, flûte, des lettres dont on peut deviner l’expéditeur ou pas, des verres de vins, des fenêtres entrouvertes, toujours à gauche, des rideaux et des nappes avec des drapés magiques, quelques hommes, bien plus souvent des femmes (servantes et maîtresses) une seule fois des enfants. A nous de raconter l’histoire en regardant les indices que Vermeer a disposé comme un rébus pour nous emmener dans la vie les personnages. Des points de lumière parcourent les tableaux, à des endroits où on ne les attend pas, qui permettent de deviner l’heure de l’instantané, du quotidien représenté.
J’y suis allée 2 fois, à des dates espacées, pour être sûre de ne rien manquer …
Ah Vermeer et sa lumière ….
La Dentellière
Le motif de la dentellière au travail est traditionnellement un signe de vertu domestique, teintée de moralisme religieux (le livre, à droite, est sans doute une petite Bible ou un livre de prières). Soit une femme d’intérieur et de haut niveau social (aucune preuve qu’il s’agisse de l’épouse du peintre) et non une dentellière professionnelle. À gauche, un sac à couture ressemblant à un coussin d’où s’échappent des fils de couleur, fort bien rendus, vision rapprochée presque trouble renforçant le rendu très précis du deuxième plan. La lumière arrive de la droite, ce qui est plutôt rare chez Vermeer. Dessin-calque de la fin du XVIIIe s. au musée Boymans, Rotterdam, insérant le personnage de la dentellière de Vermeer dans une niche (cf. Van Gelder, 1972), reprenant une aquarelle de Jan Stolker (1724-1785) qui est responsable de cette fiction : on doit exclure évidemment que le M.I. 1448 ait été coupé (cf. Blankert, 1986). – À dater assez tard dans l’œuvre de l’artiste, vers 1669-1670.
Inscriptions
Signature :
S.h.d. : I Meer (les deux premières lettres entrelacées).
Biographie
lu sur connaissances des arts
Un peintre parcimonieux
Né en 1632 à Delft, Johannes Vermeer est le fils d’un ancien tisserand devenu aubergiste, qui exerçait occasionnellement une activité de marchand de tableaux. Il est reçu maître à la guilde de Saint-Luc le 23 décembre 1653, condition pour pouvoir exercer le métier de peintre. La même année, il a épousé Catharina Bolnes, issue d’une famille catholique aisée. Lui calviniste s’est converti au catholicisme afin de pouvoir l’épouser. Les époux vivront chez la mère de cette dernière, Maria Thins, pendant quinze ans, dans le quartier catholique de Delft, et donneront naissance à onze enfants, dont sept ont survécu.
Père fécond, Vermeer se révélera un peintre beaucoup plus parcimonieux. En vingt ans, il aurait peint quelque quarante-cinq tableaux, soit deux par an en moyenne, dont un peu plus de trente sont aujourd’hui conservés. Bénéficiant des rentes de sa belle-famille, l’artiste pratiquait en outre le commerce de l’art, autant de sources de revenus qui le rendaient peu dépendant de la vente de ses tableaux. Ceux-ci étaient acquis à des prix relativement élevés par une poignée de riches amateurs, au premier rang desquels figure Pieter Claesz. van Ruijven. Lorsque sa collection fut vendue en 1696 à Amsterdam, elle comptait vingt et un Vermeer, soit près de la moitié de la production du peintre.
Johannes Vermeer, Le Christ dans la maison de Marthe et Marie, vers 1654-1656, Galerie nationale d’Écosse, Édimbourg
Le choix de la scène de genre
Les archives, en revanche, sont restées muettes sur sa formation et les spécialistes débattent encore de l’identité de son maître. Le plus hollandais des peintres commence paradoxalement sa carrière sous le signe de l’Italie. Ses premières œuvres, Le Christ chez Marthe et Marie et Diane et ses nymphes, explorent une veine religieuse et mythologique qui sera rapidement abandonnée au profit de la scène de genre principalement.
Sur ces toiles relativement grandes, les figures monumentales sont dépeintes dans des coloris voluptueux, proches de l’école d’Utrecht. Enclave catholique dans un pays calviniste, cette cité était le principal foyer italianisant aux Pays-Bas ; Dirck van Baburen ou Hendrick ter Brugghen notamment avaient fait le voyage dans la Péninsule et contribué à propager la leçon du Caravage, réinterprétée dans un esprit plus coloré et trivial. L’Entremetteuse de 1656 s’inscrit dans leur sillage. Plus ancienne œuvre datée et signée de Vermeer, c’est aussi sa première scène de genre. En dépit de l’intention morale évidente, le peintre souligne avec complaisance le caractère équivoque de la situation. Entre regards égrillards et gestes licencieux, les personnages s’agglutinent dans une trouble promiscuité tandis que la palette chaude, dominée par les rouges et les bruns, souligne la sensualité de la scène. André Malraux dit dans ses écrits, que le personnage de gauche pourrait être un autoportrait de Vermeer.

Daté de l’année suivante, Le Soldat et la jeune fille souriant marque une inflexion majeure dans son travail et voit se dessiner un regard singulier. Soudain l’espace s’ouvre, la lumière inonde la pièce dans laquelle deux personnages se font face, ou plutôt s’opposent comme l’ombre et la lumière. Les connotations grivoises n’ont pas disparu et émaillent encore La Jeune Fille au verre de vin et Un verre de vin, peints peu après. Dans ces scènes s’élabore un dispositif autour duquel l’artiste composera de délicates variations. Un certain nombre d’accessoires emblématiques reviennent périodiquement dans son œuvre, faisant l’objet de combinaisons et de dispositions multiples : la fenêtre aux verres plombés, la chaise sculptée de têtes de lion, le clavecin, les cartes de géographie ou encore les lourdes tapisseries utilisées en nappe ou en rideau.

Johannes Vermeer, Le verrre de vin, 1658-1662, huile sur toile,
Gemäldegalerie, Musées d’État de Berlin
Une intimité qui se dérobe
Un jeu de variations se dessine aussi dans l’iconographie, sur le thème de la lettre, celle qu’on écrit ou celle qu’on lit, ou sur celui de la musique, qu’on la joue ou qu’on l’écoute. Les deux, parfois, se mêlent, comme dans La Lettre. Autre élément décisif de la peinture de Vermeer, la place des personnages dans l’espace. Les scènes de genre donnent à voir la plupart du temps une ou deux figures, saisies à mi-corps ou représentées en pied et mises en scène dans une pièce vue en perspective. Au sein de cet univers bien réglé, l’artiste parvient pourtant à surprendre et s’aventure dans le champ religieux avec son Allégorie de la foi catholique.

Si la peinture était, dans la théorie classique, une fenêtre ouverte sur le monde, elle se résume, dans l’œuvre de Vermeer, à une porte ouverte sur l’intérieur – à deux sublimes exceptions près que sont la Vue de Delft et La Ruelle. Une tenture pendant au premier plan, un encadrement de porte matérialisent un seuil depuis lequel le spectateur observe l’intimité des personnages. Ou plutôt a l’illusion d’observer, car cette intimité se dérobe, à l’image de ces regards absorbés par quelque tâche domestique, par la lecture d’une missive, quand le modèle ne nous tourne pas simplement le dos.

Johannes Vermeer, Vue de Delft, vers 1660-1661, huile sur toile, 96,5 x 115,7 cm, La Haye, Mauritshuis © Wikimedia Commons
L’approche synthétique du peintre renforce ce caractère impénétrable des visages. S’éloignant des modèles caravagesques, il évite les mines explicites, les grimaces outrées et évacue tous les indices susceptibles de révéler de façon univoque et certaine les pensées du personnage ou le sens allégorique du sujet traité. Certes, nombre de détails semblent avoir été disposés à dessein pour éclairer le spectateur quant à la signification du tableau, mais leur relative ambivalence engendre une déroutante polysémie contrastant avec leur apparente simplicité.
L’exploration de la lumière
Ces anomalies s’expliqueraient par l’usage d’une camera oscura, instrument optique permettant de projeter une scène sur une plaque de verre à travers une lentille. Les artistes hollandais, à l’instar de Samuel van Hoogstraten, ont été nombreux à employer cet accessoire, mais Vermeer semble l’avoir sciemment déréglé pour obtenir ce type d’effets, selon l’hypothèse de l’historien de l’art Arthur Wheelock. Quelle qu’en soit l’origine, ces tâches lumineuses donnent furtivement substance à la lumière qui irradie ses toiles. Plus que dans les énigmes iconographiques, la peinture de Vermeer trouve sa singularité et sa justification dans cette exploration de la lumière : celle-ci vient souligner l’ovale parfait des visages, découper le profil de L’Astronome, ou encore nimber les figures d’une délicate atmosphère.
En même temps, la lumière génère une relative indéfinition des formes car, si Vermeer est apparié à la catégorie des Fijnschilders [peintres fins], « c’est un peintre fin qui peint flou », selon l’heureuse expression de Daniel Arasse. Là réside le paradoxe d’une peinture apparemment descriptive, mais dont la stylisation met le réel à distance.
Cette vision synthétique s’exprime aussi bien dans la simplification des drapés que dans la franchise du coloris et contribue à éloigner le sujet de l’anecdote. Singulier dans sa production, La Jeune Fille à la perle n’en est pas moins caractéristique de sa manière de faire : aucun trait ne vient marquer les transitions entre l’arête du nez et la joue, entre la paupière et l’œil, ni cerner la perle pendant à son oreille. Tout est fluide, sans aspérités, et pourtant incroyablement présent.
À la fin de sa vie, Vermeer est accablé par les problèmes financiers. Les guerres de 1672 ont tari les revenus fonciers de sa belle-famille, mais aussi provoqué la chute brutale du marché de l’art. Si l’on en croit le témoignage de sa veuve, l’accumulation de ces déboires a eu raison de la santé de l’artiste, mort en 1675 à l’âge de quarante-trois ans.
Après son décès, sa femme et sa belle-mère ont tout fait pour empêcher la saisie et la vente du tableau connu sous le nom de L’Atelier du peintre ou L’Art de la peinture, auquel elles semblaient, avec l’artiste, attacher une valeur particulière. Vermeer y représente, dans son cadre familier, un peintre vêtu à la mode du XVIe siècle, travaillant à son chevalet. Devant lui un modèle arbore les attributs de Clio, la muse de l’Histoire. Comme le souligne l’incertitude de la dénomination, cette œuvre lance un authentique défi aux historiens de l’art qui ont cherché dans les détails iconographiques, parfois insolites, la clé d’une interprétation définitive. Scène de genre, image réflexive de son propre travail, théorie en acte de la peinture, ce tableau emblématique est tout cela à la fois et plus encore.
texte CDA
Pratique
Jusqu’au 4 juin au Rijkmseum Amsterdam
Quelques liens
Closer to Vermeer : https://www.rijksmuseum.nl/en/johannes-vermeer
Présentation et motif de l’exposition
https://youtu.be/kXmW2ppAtW8
https://youtu.be/jOTQLJrgjgc
Quelques livres

Le Martyre de sainte Catherine de Simon Vouet
Une œuvre majeure rejoint le Musée des Beaux-Arts de Strasbourg
Simon VOUET (Paris, 1590 – Paris, 1649) Le Martyre de sainte Catherine
Huile sur toile, 173 x 115,5 cm. Musée des Beaux-Arts de Strasbourg,
photo : Bertand Alain Gillig
Les Musées de la Ville de Strasbourg ont pu acquérir en 2019 une œuvre rare de Simon Vouet, venue enrichir les collections du Musée des Beaux-Arts : Le Martyre de sainte Catherine. L’histoire mouvementée de ce tableau explique en grande partie son état de conservation qui a nécessité une très importante restauration. Celle-ci s’est déroulée de l’été 2019 jusqu’en janvier 2023 dans les ateliers du Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France (C2RMF) à Versailles.

Ce tableau présente toutes les qualités recherchées par un musée : la qualité, le format, l’importance historique. Le Martyre de sainte Catherine frappe par son ambition, sa qualité picturale et sa monumentalité. Il est fascinant aussi car il fait l’alliage du caravagisme et de la grande manière des maîtres de l’école de Bologne (Guido Reni et Guerchin).

Petite biographie
Simon Vouet (Paris, 1590 – Paris, 1649) est sans conteste une des figures majeures de la peinture française et européenne de son temps. Ses œuvres (notamment ses grands décors et ses retables), son enseignement (il fut notamment le maître de Le Sueur, Le Brun, Dorigny) et sa stature sociale
eurent une résonance exceptionnelle.

Caravagesque
À partir du 12 avril 2023, cette œuvre majeure rejoint le parcours permanent du Musée des Beaux-Arts de Strasbourg. Elle est présentée dans la salle caravagesque, aux côtés des œuvres de Valentin de Boulogne et de Ribera.
L’aquisition
Cette acquisition a été rendue possible grâce au soutien exceptionnel de la Société des Amis des Arts et des Musées de Strasbourg (SAAMS) et du Fonds du Patrimoine (ministère de la Culture). L’œuvre a été restaurée grâce à la Société des Amis des Arts et des Musées de Strasbourg (SAAMS)
Les photos sont de Bertrand Alain Gillig
Informations pratiques
Musée des Beaux-Arts
Palais Rohan
2, place du château, Strasbourg
Petit mot de Pâques
Grunewald, Retable d’Issenheim, La Résurrection du Christ
« Et le premier jour de la semaine, à l’aurore profonde, les femmes vinrent au tombeau, apportant les aromates qu’elles avaient préparés. Elles trouvèrent la pierre roulée de devant le tombeau. Étant entrées, elles ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus. » (Lc 24, 1-)
Un tombeau vide. Voilà ce que trouvent les femmes qui se rendent au sépulcre le surlendemain de la mort de Jésus sur la croix.
Un tombeau vide comme le signe de la vie qui fleurit à l’endroit même où semble régner la mort.

À bien y prêter attention, c’est toute la vie du Christ qui est marquée par le sceau de la mort.
Déjà, quelques temps à peine après sa naissance, Jésus échappe à la mort et s’enfuit en Égypte, emmené par ses parents.
De même, au cours de ses années publiques en Galilée, Jésus est rapidement rejeté par certains qui voient en lui un simple faiseur de troubles. À plusieurs reprises, on cherche à nouveau à le faire mourir. Mais lui passe son chemin, son heure n’est pas encore venue.
Après avoir ramené à la vie son ami Lazare — comme une promesse que ce qui adviendra à chacun — les derniers jours de Jésus se déroulent soudainement comme une extraordinaire accélération. Cette fois, l’heure est venue. Jésus, chantre de l’amour et amour en personne, aime alors jusqu’au bout.
Il est trahi, arrêté, abandonné, renié, frappé, insulté et flagellé. Il doit même littéralement essuyer les crachats qui coulent sur son visage. Puis il est conduit à la croix. Et il ne s’échappe pas. Bien au contraire, il éprouve et assume ces réalités implacablement humaines : la souffrance et la mort.
Pourtant, la mort n’a pas le dernier mot. Car l’amour est plus fort que la mort.
Au matin de Pâques, à la suite des femmes qui viennent au tombeau à la pointe de l’aurore, quelque chose a changé et rien ne sera plus pareil.

Toute sa vie, le Christ laisse derrière lui des femmes et des hommes intrigués et perplexes, habités par deux questions lancinantes : Qui est cet homme ?
D’où vient-il ?
Au matin de Pâques, ces questions décisives trouvent une réponse éclatante. Cet homme, c’est Dieu en personne – le Dieu de l’amour qui donne la vie, qui redonne la vie éternellement.
Ancrée dans l’événement de la Résurrection du Christ, cette promesse, cette folie, c’est la foi des chrétiens. La mort est vaincue par la vie.
À nous tous qui vivons et éprouvons de multiples souffrances, angoisses et désespoirs, Jésus donne une réponse. La vie n’est pas une suite de souffrances sans issue. La mort n’est pas une étape finale vers le néant.
Par la Résurrection, le heurtoir de la mort devient un tremplin vers la vie.
PRIXM
Sommaire du mois de mars 2023
La Raie. 1728. Chardin, Jean Baptiste Siméon
04 mars 2023 : Qui est donc Jacob, également appelé « Israël » ?
05 mars 2023 : François Bruetschy
06 mars 2023 : FERNANDE OLIVIER et PABLO PICASSO dans l’intimité du Bateau-Lavoir
07 mars 2023 : PICASSO. Artiste et modèle – Derniers tableaux
11 mars 2023 : Trésors de Venise à Paris
13 mars 2023 : La Bourse de Commerce François Pinault
21 mars 2023 : TRANS(E)GALACTIQUE – Festival Vagamondes
25 mars 2023 : Fabrice Hyber La Vallée
Fabrice Hyber La Vallée
Jusqu'au au
La Fondation Cartier présente La Vallée, une grande monographie consacrée à la peinture de Fabrice Hyber. Dans ses toiles peintes « du bout des doigts », l’artiste français donne à voir le déploiement d’une pensée libre et vivante. Réunissant une soixantaine de toiles dont près de quinze œuvres produites spécifiquement pour l’exposition, Fabrice Hyber crée au sein de la Fondation Cartier pour l’art contemporain une école ouverte à toutes les hypothèses. Le visiteur est invité à traverser différentes salles de classe selon un parcours qui suit les méandres de la pensée de l’artiste.
Artiste, semeur, entrepreneur, poète, Fabrice Hyber est l’auteur d’œuvres prolifiques précisément répertoriées. Faisant fi des catégories, il incorpore dans le champ de l’art tous les domaines de la vie, des mathématiques aux neurosciences, en passant par le commerce, l’histoire, l’astrophysique, mais aussi l’amour, le corps et les mutations du vivant.
- Fabrice Hyber
« J’ai toujours considéré que mes peintures étaient comme des tableaux de classe, ceux sur lesquels nous avons appris à décortiquer nos savoirs par l’intermédiaire d’enseignants ou de chercheurs. On y propose d’autres mondes, des projets possibles ou impossibles. Dans cette exposition, j’ai choisi d’installer des œuvres à la place de tableaux d’une possible école ».Fabrice Hyber
DE LA VALLÉE À L’ŒUVRE

Les multiples dimensions de l’art de Fabrice Hyber trouvent leur origine dans la forêt qu’il fait pousser depuis les années 1990 au cœur du bocage vendéen, autour de l’ancienne ferme de ses parents, éleveurs de moutons.
Les quelque 300 000 graines d’arbres, de plusieurs centaines d’essences différentes, semées selon une technique patiemment mise au point, ont
transformé progressivement les terres agricoles en une forêt de plusieurs dizaines d’hectares.
Le paysage est devenu œuvre.
« Avec la Vallée, je voulais d’abord reconstituer un paysage arboré
autour de la ferme de mes parents pour créer une barrière naturelle avec l’agriculture industrielle environnante et ceux qui la développaient.
Chaque fois que quelque chose se met en place, je porte mon regard ailleurs pour trouver des choix alternatifs. C’est systématique. »
Lieu d’apprentissage, d’expérimentation, de refuge, la Vallée est devenue la matrice et la source d’inspiration de l’ensemble de l’œuvre de l’artiste, qui compare volontiers sa pratique avec la croissance organique du vivant :
« Au fond je fais la même chose avec les œuvres, je sème les arbres comme je sème les signes et les images. Elles sont là, je sème des graines de pensée qui sont visibles, elles font leur chemin et elles poussent. Je n’en suis plus maître. »

UNE EXPOSITION-ÉCOLE
Si Fabrice Hyber a imaginé son exposition comme une école, c’est précisément pour partager cette autre façon d’apprendre, née notamment dans la Vallée. L’exposition, par sa scénographie qui rappelle les salles de classe autant que les cours de récréation, encourage le visiteur à s’instruire, se déplacer, ouvrir des portes, regarder par-dessus des fenêtres, enjamber des formes, jouer, mais
aussi s’asseoir sur un banc ou face à un bureau pour observer les œuvres qui servent de tableaux noirs à cet apprentissage. Fabrice Hyber y met en scène diverses manières d’apprendre à partir d’un tableau.
Dans de courtes vidéos
qui accompagnent les œuvres, l’artiste parcourt à nouveau le cheminement mental qui a présidé à leur création. Il invite le visiteur à s’appuyer sur les
brèches ouvertes par les toiles pour formuler ses propres hypothèses, faire ses propres associations :
« Ce qui est important dans une école selon moi, plus qu’apprendre des choses, c’est apprendre à les regarder, à observer comment elles évoluent. »
Des cours ouverts à tous les visiteurs sont proposés par des médiateurs spécialistes de sujets aussi divers que les mesures du monde, les formes
des fruits, l’hybridation des corps, la météo, le sport, le jeu, la digestion ou encore la transformation.

PEINDRE UNE PENSÉE EN MOUVEMENT
Parmi la grande variété des pratiques artistiques de Fabrice Hyber, aucune n’évoque davantage l’action de semer que la peinture. Point de départ
de chacun de ses projets, portant en germe toute œuvre à venir, elle occupe une place primordiale dans le travail de l’artiste. Sur des toiles de grand format alignées dans son atelier, Hyber formule des hypothèses, associe des idées, invente des formes, joue avec les mots :
« Depuis le début de mon travail, j’utilise beaucoup d’eau et très peu de matière. Cela donne des effets incroyables, des toiles très légères. Mes peintures à l’huile
sont uniquement des aquarelles. Il y a très peu d’intervention finalement, je fais la même chose dans mes peintures que dans la nature. »

Passant d’un tableau à l’autre, il note ici une phrase, dessine là une image, colle ailleurs un objet, par petites touches, au gré de son imaginaire et de ses
spéculations. Chaque étape compte. Ce processus de création
« par accumulation » enrichit l’œuvre de toutes les potentialités ouvertes par la pensée en mouvement. La toile devient ainsi un espace d’apprentissage et d’enseignement :
« J’apprends en faisant et je veux transmettre ».

Informations pratiques
EXPOSITION
La Fondation Cartier est ouverte tous les jours
de 11 h à 20 h, sauf le lundi.
Nocturne le mardi jusqu’à 22 h.
ACCÈS
261, boulevard Raspail 75014 Paris
— Métro Raspail ou Denfert-Rochereau
(lignes 4 et 6)
— RER Denfert-Rochereau (ligne B)
— Bus 38, 68, 88, 91
TRANS(E)GALACTIQUE – Festival Vagamondes
SMITH Trans(e)galactique, Dami (disque), 2023, smith.pictures
commissariat : Superpartners (SMITH & Nadège Piton)
à la Galerie de La Filature, Scène nationale de Mulhouse
du 17 mars au 14 mai 2023
exposition en entrée libre
Avec les oeuvres
de Cassils, Pierre Molinier, Amos Mac, Del LaGrace Volcano, Laurence
Philomène, Darko de la Jaquette, Sébastien Lifshitz, Romy Alizée, Christer Strömholm, Marcel Bascoulard, Pepe Atocha, Pierre Andreotti, Yannis Angel, Marc-Antoine Bartoli, Fredster, Leonard Fink, Gal & Hiroshima, ISAvince, Brandon Gercara, Cha Gonzalez, Balthazar Heisch, Lazare Lazarus, Kama La Mackerel, Roberto Huarcaya, Annie Sprinkle & Beth StephenS
(SEXECOLOGY), Tom de Pékin, Prune Phi + Tal Yaron & Kianuë Tran Kiêu, Genesis Breyer POrridge, SMITH + Corine Sombrun & Jeanne Added
En ouverture de la 11e édition du Festival Vagamondes, le duo-complice Superpartners décloisonne La Filature pour y explorer les identités mutantes, transitions célestes, voyages dans la jungle des métamorphoses humaines et non-humaines.
En 2020, la revue The Eyes, qui explore les faits culturels et sociétaux contemporains à travers le médium photographique, offre au binôme Superpartners une carte blanche, qui deviendra l’ouvrage Transgalactique : un voyage photographique autour des travaux d’astres-artistes LGBTQIA+, trans et/ou queer, qui ont secoué la notion de genre et renversé les stéréotypes qui lui sont associés. Grâce à des portfolios historiques et contemporains, et des conversations avec la militante Lalla Kowska-Régnier, le philosophe Paul B. Preciado ou l’historienne de l’art Elisabeth Lebovici, la revue fait place à des artistes directement concerné·e·s par la question de la transition, de la fluidité, de la confusion, de la mutation des genres.
Cette recherche s’inscrivait dans le travail de recherche et de création de SMITH, artiste trans et chercheur transdisciplinaire (détenteur d’un doctorat de l’UQAM, Montréal) – travail déjà présenté à l’occasion de deux expositions à La Filature en 2022 –, qui se déploie dans toutes les directions de l’imaginaire : photographie, cinéma, performance, mais aussi à travers la curation d’exposition et des collaborations avec d’autres artistes et chercheurs
Cette recherche s’inscrivait dans le travail de recherche et de création de SMITH, artiste trans et chercheur transdisciplinaire (détenteur d’un doctorat de l’UQAM, Montréal) – travail déjà présenté à l’occasion de deux expositions à La Filature en 2022 –, qui se déploie dans toutes les directions de l’imaginaire : photographie, cinéma, performance, mais aussi à travers la curation d’exposition et des collaborations avec d’autres artistes et chercheurs.
Nouveau Chapitre
Ainsi, l’exposition Trans(e)galactique se présente comme un chapitre nouveau de la réflexion mené par SMITH avec Nadège Piton depuis plusieurs années, autour du constat que notre civilisation contemporaine a perdu quelque chose de son rapport à l’invisible, au distant, au non-humain, au cosmos. Nous construisons ce que nous sommes à l’intérieur d’un système fait de frontières, de séparations, de distinctions, d’exclusions, de scléroses, de dominations.
Dans ce monde capitaliste, sous surveillance généralisée, où l’opacité, le mystère, le secret ont disparu – quels chemins de traverse se frayer pour devenir ce que nous sommes : pirates, tricksters, divergent·e·s en tous genres ?
Double casquette
En tant qu’artiste, chercheur, commissaire, à travers des projets tels que Spectrographies ou Désidération, SMITH met en place des stratégies pour ses nouvelles recherches, inspirées par sa rencontre avec Corine Sombrun, le poussent vers l’expérience des états non-ordinaires de conscience (transe cognitive auto-induite, médecine amazonienne, pratique de l’impesanteur au sein d’un vol Air Zéro-G) pour y trouver des stratégies nous permettant de nous lier avec tout le vivant.
Un lien mystérieux
L’exposition Trans(e)galactique se fait ainsi l’écho de ce lien mystérieux entre les transitions de genre et d’état, les manières de défaire et relier les binarités caduques qui opposent, plutôt qu’elles ne relient : le masculin et le féminin, le visible et l’invisible, le rêve et l’éveil, l’humain et le non-humain… Elle se présente comme une enquête sur ce qui trans(e), et tisse des liens entre différents mondes pour rêver un mouvement d’abolition des frontières, des
binarités et des assignations.
« Nous avons fait le choix de montrer nos visages, nos corps – des corps dissidents, trans, queer, binaires et non-binaires, valides et non-valides, blancs ou non-blancs, autant de corpsvéhicules
de l’idée d’un passage, d’une transition, d’un voyage sur le spectre du genre. »
SMITH, émission « Par les temps qui courent »,
Marie Richeux, France Culture
L’exposition
Au sein de l’exposition, près d’une centaine d’oeuvres (photographies, vidéos, peintures, dessins) proposées par 35 artistes internationaux accompagnent ce parcours de pensée à travers l’instauration de nouvelles subjectivités passant par le travestissement, la chirurgie, le maquillage, le montage, le tatouage (Pierre Molinier, Marcel Bascoulard, Genesis Breyer POrridge, Gal & Hiroshima, Yannis Angel, Balthazar Heisch) ; la redéfinition des contours du
portrait de famille et du journal intime (Laurence Philomène, Darko de la Jaquette) ; des pratiques documentaires autour des communautés LGBTQIA+ contemporaines et historiques (Amos Mac, Christer Strömholm, la collection de Sébastien Lifshitz, Del LaGrace Volcano, Cha Gonzales, Leonard Fink, Romy Alizée, Marc-Antoine Bartoli, Annie Sprinkle, Cassils) ; la création de nouvelles images pour raconter des corps invisibilisés, invisibles, impensés
(Brandon Gercara, Kama La Mackerel, Pepe Atocha, Prune Phi + Tal Yaron & Kianuë Tran Kiêu, le projet Sexecology, SMITH avec Act UP – Paris, Corine Sombrun & Jeanne Added) ; des propositions picturales intégrant un imaginaire de l’intime (Tom de Pékin, Fredster, Lazare Lazarus, ISAVince) ; jusqu’à une présence hybride de végétal et de photographie avec l’Amazogramme de Roberto Huarcaya.
Galerie d’images

Pose 1, 24 juin 71, 1971, Tirage argentique d’époque,
Courtesy de la Galerie Christophe Gaillard

Idris, 2020, romyalizee.fr

Luciano Castelli, 1974, Tirage argentique d’époque,
Courtesy de la Galerie Christophe Gaillard

Dragking, 2019, pierreandreotti.com
Informations pratiques
DES RENDEZ-VOUS EN ENTRÉE LIBRE
EXPOSITION du ve. 17 mars au di. 14 mai 2023
du ma. au sa. 13h-18h + di. 14h-18h + soirs de spectacles
CLUB SANDWICH je. 30 mars 12h30
visite guidée de l’expo + pique-nique tiré du sac (sur inscription 03 89 36 28 28)
VISITES GUIDÉES sur rendez-vous
edwige.springer@lafilature.org ou 03 89 36 28 34
LA FILATURE, SCÈNE NATIONALE DE MULHOUSE
20 allée Nathan Katz 68100 Mulhouse
· 03 89 36 28 28 · www.lafilature.org
La Filature est membre de Plan d’Est – Pôle arts visuels Grand Est
et de La Régionale (Art contemporain de la région tri-rhénane)
La Bourse de Commerce François Pinault
Charles Ray, cheval et cavalier
«À la faveur de l’ouverture d’un nouveau lieu de présentation de ma collection à la Bourse de Commerce, au cœur de Paris, une nouvelle étape est franchie dans la mise en œuvre de mon projet culturel : partager ma passion pour l’art de mon temps avec le plus grand nombre. » François Pinault
Au cœur de Paris, à l’épicentre de son quartier culturel le plus dense, la Bourse de Commerce vous invite à faire halte. À travers un regard porté sur l’art de notre temps, celui du passionné, du collectionneur engagé, ce nouveau musée vous propose une visite singulière.
La Bourse de Commerce ne prétend pas offrir de la création contemporaine la plus juste image… Elle propose d’y poser le regard, d’en faire une expérience personnelle.
À la Bourse de Commerce, vous avez le droit de vous enthousiasmer comme de récrier, de venir en connaisseur comme en curieux, de rester réservé ou de franchement adhérer, de vous enchanter comme de vous interroger.
♥ Gratuite et sans téléchargement, l’app en ligne visite.boursedecommerce.fr vous accompagne avec des pistes sonores pour tout savoir de l’histoire et de l’architecture de la Bourse de Commerce. Elle propose aussi une découverte des œuvres des expositions grâce à des textes d’introduction et des audiodescriptions, conçus pour tous, sur le principe d’une accessibilité universelle.
♥À votre rythme, vous pouvez parcourir les expositions, seul ou en vous laissant guider par les différentes propositions de médiation, passer d’une projection à une conférence, d’une performance à un concert.

Vous pouvez aussi, tout simplement, vous abandonner à la beauté des lieux, à l’élévation de la Rotonde, à la radicalité et à la sérénité de son architecture contemporaine de béton et de verre, à la contemplation des grands décors du 19e siècle, au passionnant dialogue que ce monument unique, aujourd’hui restauré et revivifié, instaure entre patrimoine et art contemporain.

Rayan Gander little mouse/ Animatronic Mouse
Un lieu pour faire vivre et partager la collection
La Bourse de Commerce — Pinault Collection propose un point de vue sur la collection d’œuvres contemporaines qu’il rassemble depuis plus de cinquante ans, à travers un programme d’expositions et d’événements.
Un monument, des expositions, des performances, des conférences, des projections… : il y a toujours quelque chose à découvrir à la Bourse de Commerce.

Maurizio Cattelan

Informations pratiques
Un monument, des expositions, des performances, des conférences, des projections… : il y a toujours quelque chose à découvrir à la Bourse de Commerce.
2 rue de Viarmes, 75001 Paris
Ouverture
Du lundi au dimanche de 11h à 19h
Fermeture le mardi et le 1er mai.
Nocturne le vendredi jusqu’à 21h. Sauf du 26 avril au 22 mai.
Le premier samedi du mois, nocturne gratuite de 17h à 21h.
Le restaurant
(pas vraiment pour les petites bourses)
Votre addition est toujours accompagnée d’un petit sachet de grains

♠ Un vestiaire (casiers à code) est à disposition en libre-service au Salon Médicis, au rez-de-chaussée.
Pour des raisons de sécurité, les bagages et valises supérieurs à 40 x 30 x 18 cm (légèrement plus petits que des bagages cabine) ne sont pas acceptés dans la Bourse de Commerce.
Quelques vues d’expositions








