MARTIN PARR à la Filature de Mulhouse

« Mulhouse ressemble à beaucoup de villes postindustrielles comme il en existe partout en Angleterre, des villes marquées par le déclin économique, le chômage. Je retrouve dans les maisons de ce quartier des choses très similaires , constate Martin Parr. Ce qui l’a le plus étonné au cours de son bref séjour mulhousien ?
« La taille de la Filature ! C’est incroyable que le gouvernement français ait encore de l’argent pour construire un tel équipement… »

Martin Paar

Martin Paar « A TASTE FOR MULHOUSE » (le goût de Mulhouse)
+ « THE LAST RESORT » et « SIGNS OF THE TIMES »
(«LE DERNIER RECOURS» ET «SIGNES DES TEMPS»)
deux séries incontournables de son oeuvre.
C’est la nouvelle exposition photographique à la Galerie de
La Filature, Scène nationale – Mulhouse
vernissage mercredi 11 mars 19h
en présence
d’Emmanuelle Hascoët de l’Agence Magnum Photos
SÉRIE « A TASTE FOR MULHOUSE »
(résidence de création à Mulhouse en janvier 2015)
tirages couleur
Le célèbre photographe britannique Martin Parr a posé son regard aigu sur le quartier populaire et métissé de la Cité-Briand à Mulhouse. Ses photos seront exposées à La Filature du 11 mars au 10 mai
avec deux séries emblématiques de son oeuvre,
« The Last Resort » et « Signs of the Times ».
C’est sur une invitation de La Filature que Martin Parr, membre de la prestigieuse Agence Magnum Photos, a accepté de séjourner quelques jours dans l’emblématique quartier Cité-Briand composé des « carrés mulhousiens », maisonnettes mitoyennes avec petits jardins imaginées par les industriels au 19e siècle autour des grands sites de production textile.

Photo journal l'Alsace
Photo journal l’Alsace

Durant son séjour, Martin Parr rencontre des commerçants du quartier, des marchands ambulants de la place du marché et une trentaine d’habitants à leur domicile. Chez ces derniers, il s’attache à faire des portraits et à reproduire certains détails de leurs intérieurs. Ses hôtes lui parlent de leurs origines, de la vie de quartier, de leur vie de famille ; le photographe examine soigneusement chaque pièce, en observe chaque objet, chaque
détail. Puis il appuie sur le bouton. Souvent en approchant très près un objectif macro, pour retrouver des motifs, des formes, des couleurs qui alimentent nombre de ses séries. Les natures mortes terminées, il se tourne vers ses sujets, les dirige, leur donne quelques indications de pose, d’attitude (pas de sourire) et très vite, déclenche l’appareil. Le portrait dans la boîte, il ponctue la séance d’un sourire.
Martin Parr prend plus de 500 photos, une sélection est retenue pour être présentée à La Filature. Cette série réalisée à Mulhouse prolonge le projet que le photographe mène depuis plus de trente ans sur le thème de la consommation dans notre société occidentale. On y retrouve ses obsessions, son goût du kitsch, son attirance
pour la surabondance. On y retrouve bien sûr aussi son regard intuitif sur notre société, sans jugement de valeur, mais marqué de son goût très anglais pour le sous-entendu ironique.
Emmanuelle Walter, conseillère artistique arts visuels à La Filature
Martin Paar Mulhouse1
SÉRIE « THE LAST RESORT »
12 tirages couleur au format 52 x 42 cm
C’est entre 1982 et 1985 que Martin Parr réalise la série
The Last Resort.
Entre satire et cruauté non dénuées d’une certaine tendresse
pour ses congénères anglais, il dresse le portrait de familles aux
revenus modestes prenant leurs vacances à New Brighton près de
Liverpool, petite station balnéaire en déclin. Ce qui aurait dû
ressembler à un quartier d’été, passé à la moulinette de Martin Parr,
prend soudain des airs de zone industrielle.
Avec une ironie mordante, Martin Parr évoque dans The Last Resort, sa nostalgie
des années 60. Il dénonce la fin d’un monde (le monde ouvrier) et de ses valeurs, ainsi que l’avènement d’une nouvelle conception consumériste de la vie.
SÉRIE « SIGNS OF THE TIMES »
projection en boucle
Réalisé dans le cadre d’une série d’émissions programmées par
la BBC en 1992, Signs of the Times est le premier ouvrage du photographe,
totalement inédit en France. Ce livre nous entraîne au coeur des intérieurs
anglais. Son analyse des goûts pour le moins particuliers de ses
compatriotes à la fin des années 80, reflets d’une société toute entière,
nous plonge dans un univers du quotidien à la fois ironique et tendre.
Du banal surgit un regard analytique, quasi-sociologique, qui surprend par sa
justesse, son inventivité et son humour et donne à voir la
« middle-class » anglaise de l’intérieur, comme révélée par son entourage le plus trivial. Associant aux images des extraits de témoignages choisis avec soin par Martin Parr et l’auteur Nicholas Barker, ce livre restitue les débuts en couleur d’un photographe devenu, depuis, mondialement célèbre.
Ces oeuvres seront présentées sous forme de projection dans la galerie de La Filature.
photo 1 extraite de l’Alsace
photo 2 dossier de presse, sera retirée du site après l’exposition
 

Auteur/autrice : elisabeth

Pêle-mêle : l'art sous toutes ses formes, les voyages, mon occupation favorite : la bulle.

5 réflexions sur « MARTIN PARR à la Filature de Mulhouse »

  1. Le projet a été initié il y a plus d’un an, Martin Parr a lui-même souhaité l’inscrire dans la démarche qu’il avait entamé avec SIgns of the Times, en 91. Dans l’expo, il y a 16 portraits sur plus de 100 images !! Le point commun est que le travail de Luc Georges, portait aussi sur le quartier Cité-Briand, entre autres.

  2. Est-ce que Martin Parr n’aurait pas poursuivi son travail entamé avec Signs of the Times en 91 ?

  3. Est-ce-que Martin Parr n’a pas fait un travail que Luc Georges avait déjà réalisé il y a quelques années dans la Cité ?

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