Jusqu’au 29 juin 2014 au musée Frieder Burda de Baden Baden
L’artiste français JR (*1983) compte parmi les représentants les plus innovateurs de l’art contemporain international. Il vit et travaille à Paris et New York et tient à ce que sa véritable identité reste secrète. C’est pourquoi il ne se montre jamais sans son chapeau et ses lunettes. Cela lui permet d’assister de manière anonyme à ses propres vernissages, d’entendre, l’opinion des visiteurs, incognito.

C’est sur les murs du monde entier qu’il colle ses photographies monumentales en noir et blanc. En épousant l’architecture des villes, les travaux de JR s’adaptent aux contextes culturels et historiques actuels, dont l’impact émotionnel s’exprime sur les visages des gens qu’il photographie en gros plan. En se fondant sur cette idée, l’artiste a déjà réalisé des projets de grande ampleur en Europe, en Amérique, en Afrique et en Asie. La motivation principale de JR est l’interaction avec les autres.
Dans ses travaux, il s’interroge sur la liberté et l’identité, et questionne la capacité de l’art à changer la perception de l’homme et de son environnement.
Son action attire également l’attention sur tous les dysfonctionnements de notre temps. L’art de JR se caractérise par les histoires qu’il raconte dans ses collages et par son talent à rapprocher des univers éloignés les uns des autres.
JR est un créateur de relations humaines, un chef d’orchestre qui donne un visage aux existences « anonymes » ou aux histoires méconnues voire oubliées.
JR s’est vu remettre en 2011, pour ses visions ambitionnant de transformer le monde, le prix américain TED, distinction déjà attribuée en son temps à Bill Clinton.
« Mon art ne change pas le monde; mais j’espère qu’il pousse à changer le regard sur le monde et sur les êtres », dit JR.
C’est Patricia Kamp qui, en étroite collaboration avec lui, assure le commissariat de l’exposition au Musée Frieder Burda. L’exposition présente d’anciennes photos et vidéos de l’artiste, tout comme des projets en cours, ce qui permet un regard panoramique sur son travail et son évolution récente.

TOUT A COMMENCÉ AVEC UN APPAREIL PHOTO TROUVÉ
JR commence sa carrière dans le graffiti. Adolescent, il trouve un appareil photo dans le métro parisien et commence alors à documenter ses pérégrinations sur les toits et dans les tunnels parisiens. Dès 2004, JR réalise son premier grand projet
PORTRAIT D’UNE GENERATION.
Suite à une première exposition sauvage sur les murs de la Cité des Bosquets à Montfermeil, JR s’installe en plein coeur de ce quartier et de la cité voisine de la Forestière à Clichy-sous-Bois, épicentres des émeutes de 2005 dans les banlieues parisiennes et françaises. Rapidement les premiers portraits sont exposés sur les murs des derniers quartiers populaires de la capitale, dans l’est parisien. Ces images provoquent le passant, dans le sens ou elles questionnent la représentation sociale et médiatique d’une génération que l’on ne saurait voir qu’aux portes de Paris.

En 2007, le projet FACE 2 FACE tente de montrer qu’au-delà de ce qui les sépare, Israéliens et Palestiniens se ressemblent suffisamment pour pouvoir se comprendre. JR entreprend alors de réaliser, sans autorisation la plus grande exposition d’art urbain au monde. Des hommes et des femmes israéliens et palestiniens, exerçant le même métier, acceptent ainsi de pleurer de rire, de crier ou de grimacer devant l’objectif de JR. Les portraits réalisés sont collés face à face, dans des formats monumentaux des deux côtés du mur de séparation et dans plusieurs villes alentours. Ce projet est une démonstration en images que l’art et le rire peuvent ensemble faire reculer les préjugés.

Avec WOMEN ARE HEROES, JR s’aventure en 2008 dans la Favela Morro da Providência de Rio de Janeiro, avec un plan audacieux en tête. Il veut y rencontrer les habitants et donner un visage aux femmes habituellement condamnées à l’anonymat. Elles sont les premières à souffrir de la violence liée au trafic de drogue tout en étant les plus vulnérables d’une société dont elles sont pourtant les piliers. Il décide alors de recouvrir les murs de la favela de leurs visages et de leurs regards.
Le projet WOMEN ARE HEROES, qui donnera son nom au documentaire sélectionné à la Semaine de la Critique au Festival de Cannes en 2010, conduira JR au Kenya, au Liberia, en Sierra Leone, en Inde et au Cambodge.
JR place la génération des aînés au centre du projet

THE WRINKLES OF THE CITY. JR part à la rencontre de personnes âgées habitant des villes marquées par les grands bouleversements survenus au XXe siècle. En collant le portrait grand format de ces personnes ridées par la vie, JR superpose leur histoire personnelle et intime aux stigmates laissés par l’histoire sur les murs de ces villes. Pour ce projet, il a déjà voyagé à Carthagène, Shanghai, Los Angeles, La Havane et Berlin dont est présentée une sélection d’images au musée. La seconde guerre mondiale et le sort qui a été réservé à la ville de Berlin par les alliés a considérablement transformé la vie quotidienne des Berlinois et d’une partie de l’Europe pendant plus de 40 ans. Berlin est une métaphore du conflit qui a opposé ensuite l’Est à l’Ouest jusqu’à la chute du Mur de Berlin.

INSIDE OUT – CHACUN PEUT PARTICIPER (Mulhouse 2012)
En décidant d’imprimer le portrait de qui veut, JR fait don de son processus formel aux personnes du monde entier qui souhaite défendre une cause ou valoriser un combat. JR souhaite que les hommes assument publiquement ce qui compte pour eux. Plus de 200 000 personnes ont déjà fourni leur portrait pour participer au projet
INSIDE OUT. JR réussit en 2013 – il est le premier artiste à l’avoir fait – à couvrir Time Square de portraits au cœur de New York. Le portrait reste le moyen pour y parvenir. Ils sont envoyés sur le site internet du projet ou réalisées dans des cabines photographiques mobiles avant d’être collés par les participants eux-mêmes dans l’espace public. JR est devenu un imprimeur. L’idée va vite devenir un moyen d’expression politique: en Tunisie, les gens collent leur propre portrait par-dessus celui du dictateur; au Pakistan, les minorités dénoncent par le biais des photos INSIDE OUT les persécutions dont elles sont victimes; dans l’Arctique, un œil immense s’étale pour attirer l’attention sur la surexploitation de l’un des derniers écosystèmes encore intacts sur terre; aux États-Unis, les Indiens Lakotas placardent leurs tentes de portraits et à Berlin, de jeunes Russes manifestent contre l’homophobie qui règne dans leur pays.
Au Musée Frieder Burda aussi, les visiteurs peuvent se faire photographier dans une cabine photographique installée pour l’exposition et se joindre ainsi à ce projet artistique d’une ampleur inégalée.

UNFRAMED – L’ART SORT DANS LA RUE
Marseille, Bordeaux, Washington, São Paulo, Grottaglie dans le sud de l’Italie – le projet UNFRAMED a fait beaucoup voyager JR depuis 2009. Pour la première fois de sa carrière, il n’affiche pas ses propres photos, mais celles d’autres photographes connus ou anonymes. L’exposition montre des photos du projet réalisé à Vevey en 2010 et à Marseille, capitale européenne de la culture en 2013.
À Marseille dans le quartier de la Belle de Mai JR s’est intéressé à l’identité du quartier et a invité ses habitants à se pencher sur la mémoire de celui-ci en plongeant dans leurs albums personnels. Ces photos, anciennes ou actuelles, recadrées et agrandies ont formé une œuvre monumentale sur les façades du quartier. Elles transfigurent ces empreintes personnelles et plurielles de ce qui constitue une partie de l’histoire et de la mémoire collective de la Belle de Mai, quartier emblématique de la ville de Marseille.

Dans le cadre de la présentation au Musée Frieder Burda, UNFRAMED sera également présent à Baden-Baden. Le grand projet UNFRAMED BADEN-BADEN, occupant l’espace urbain de Baden-Baden, se penche sur l’histoire et de l’amitié franco allemandes. Dans la vieille ville, JR place le sujet dans un nouveau contexte en affichant des clichés historiques tirés d’albums privés et des archives municipales.
Pour ce faire, les citoyens de la ville de Baden-Baden ont été invités en amont à participer et à fournir des documents personnels. De tout temps, Baden-Baden a joué un rôle charnière entre l’Allemagne et la France. Le rapprochement hésitant des deux pays, qui furent des ennemis héréditaires durant des décennies, est ici littéralement palpable.

JR choisi pour recouvrir le Panthéon, pendant les travaux
Le président du CMN, Philippe Bélaval, a choisi de ne pas faire poser de bâche publicitaire pendant les travaux. Il a préféré commander une œuvre à un artiste français, dont il a révélé le nom, mardi 25 février. « Pour la première fois, les bâches d’un chantier d’un monument national deviendront le support d’une création artistique contemporaine, et non celui d’une campagne publicitaire lucrative », dit le CMN. Les coûts du projet doivent être pris en charge par un mécène anonyme.
Commissaire d’exposition : Patricia Kamp
Artsy JR
Musée Frieder Burda
Lichtentaler Allee 8b, 76530 Baden-Baden,
www.museum-frieder-burda.de
Téléphone : 07221/39898-0,
Télécopie: 07221/39898-30
Horaires d’ouverture : du mardi au dimanche 10h00-18h00,
fermé le lundi (sauf jours fériés)
Photos courtoisie musée Frieder Burda
photos de l’auteur 1 2 3 5
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Le Christ en croix peint en 1627 pour le couvent Saint-Paul avait valu à Zurbarán une immense notoriété. Représenté avec quatre clous et presque sans trace de son martyre, Les bodegones, terme espagnol désignant les natures mortes, constituent indéniablement l’un des apports les plus originaux du peintre, même s’ils ne peuvent être abordés comme un genre indépendant, attendu que les éléments qui y sont présentés de manière individualisée se retrouvent ensuite dans de grandes compositions. L’extraordinaire faculté du peintre à reproduire les différentes matières et textures superficielles des objets leur confère une dignité singulière qui contraste avec leur simplicité. En juin 1634, Zurbarán est appelé à la cour pour collaborer à la décoration du Palais du Buen Retiro, inauguré l’année précédente comme outil de propagande du monarque Philippe IV, dont le pouvoir amorçait alors son déclin.
Que ce soit dans les œuvres religieuses, St François en particulier, l’immaculée conception, avec ses putti, les bodegones, les séries, l’œuvre de Francisco Zurbaran est remarquable, et l’exposition de Bruxelles, démontre toute la grâce et la dextérité de ce maître sévillan, Caravage espagnol.
L’oeuvre de ce poète de la couleur se caractérise par des ruptures et des contrastes et suit une évolution conduisant du noir profond des premiers travaux au fusain et des lithographies précoces à l’« explosion chromatique » des pastels et des huiles ultérieurs. Complexes et énigmatiques, ses oeuvres passent de l’inquiétant à la sérénité : des monstres bizarres surgissent au côté de créatures célestes – rêve et cauchemar, nature et imagination se côtoient.
L’exposition est organisée par groupes d’oeuvres au sein d’une chronologie libre. Ces ensembles illustrent les principales sphères d’intérêt de l’artiste ainsi que ses rapports à la modernité.

On peut rattacher aux compositions florales ensorcelantes de Redon les représentations de femmes idéales de la littérature, comme Ophélie ou Béatrice, qui sont comme enchâssées dans les fleurs et entretiennent une mystérieuse interaction avec le monde végétal.
Dom Poirier, c’est un peu oeil de lynx. Mais contrairement au personnage mythologique Lyncéen, il n’a pas le pouvoir de voir à travers les murs, mais sans doute celui de voir à travers les hommes. Reporter-photographe au journal L’Alsace, Dom Poirier ne se déplace jamais sans son objectif, derrière lequel il aime se réfugier. Il saisit l’instant à tout instant, sans mise en scène, à la recherche d’une émotion intacte. La belle quarantaine pas tout à fait assumée, le Dom Poirier est un animal craintif voire blessé… Etre sensible, à fleur de peau, épicurien gourmand et gourmet, fin mélomane, Dom Poirier se livre et se découvre à travers son art, qu’il choisisse la photographie, le graphisme, la vidéo ou la sculpture. Aujourd’hui, c’est une rencontre avec Dom Poirier le voyageur à laquelle je vous convie ». 
