Joyeuses Pâques

Les mots « Pâque » ou « Pâques » viennent du latin pascha
emprunté au grec πάσχα, lui-même, par l’intermédiaire de
l’araméen pasḥa, issu de l’hébreu biblique pesaḥ,
dérivé du verbe pasaḣ qui signifie « passer au dessus »
car, selon la bible, les juifs avaient reçu l’ordre de sacrifier
un agneau indemne de toute tare et d’en badigeonner
le sang sur les montants des portes afin que les puissances
qui viendraient détruire les premiers nés égyptiens
lors de la dixième plaie, passent au dessus de ces
portes sans s’arrêter.

                                                              La Résurrection

Le Retable d’Issenheim
« Là, dans l’ancien couvent des Unterlinden, il surgit dès qu’on entre, farouche, et il vous abasourdit aussitôt avec l’effroyable cauchemar d’un calvaire (…) avec ses buccins de couleurs et ses cris tragiques, avec ses violences d’apothéoses et ses frénésies de charniers, il vous accapare et vous subjugue (…)».
À l’instar du romancier Joris-Karl Huysmans qui évoque sa rencontre avec l’œuvre dans un ouvrage en 1905, le Retable d’Issenheim fascine et suscite l’admiration de ceux qui le contemplent.
Réalisé pour le maître-autel de l’église de la prospère commanderie des Antonins d’Issenheim, le retable est exposé dans la chapelle du couvent des Dominicaines d’Unterlinden depuis l’ouverture du musée en 1853.
La force émotionnelle de ce polyptique monumental, peint par Grünewald et sculpté par Nicolas de Haguenau entre 1512 et 1516, s’explique par la qualité picturale de l’œuvre, la richesse des couleurs employées et l’expressivité des scènes et des personnages. Les sept panneaux de bois de tilleul et les dix sculptures qui le composent, illustrent plusieurs épisodes de la vie du Christ et de saint Antoine l’ermite, patron de la commanderie.

                                                           La Tentation de St Antoine

Le retable devait également participer au rétablissement des malades en leur offrant réconfort et consolation par une présentation très réaliste et douloureuse de la Crucifixion et l’espoir de la guérison transmis par la scène de la Résurrection.

Origine et fonction
Fondée vers 1300 à une vingtaine de kilomètres de Colmar, la commanderie d’Issenheim dépend de l’ordre hospitalier des Antonins,
dont la vocation est de soigner les malades atteints du « mal des ardents »
ou « feu de saint Antoine
».
Véritable fléau au Moyen Âge, cette maladie, provoquée par l’ingestion de farines contaminées par l’ergot de seigle, engendre des symptômes convulsifs et gangréneux. Pour soigner ces maux, les Antonins administrent aux malades le «Saint vinage», une macération de plantes mises en contact avec les reliques de Saint Antoine et leur assurent au quotidien une alimentation saine. Ils procurent également le baume de Saint Antoine, un onguent cicatrisant élaboré à partir de douze plantes aux propriétés curatives.
Longtemps octroyée à tort à Albrecht Dürer, la paternité des peintures et sculptures est désormais attribuée à Grünewald et Nicolas de Haguenau.

J’y vois une telle symbolique avec notre période Covid-19, tellement surréaliste
et inédite,

d’abord dans la panneau de la Tentation de St Antoine, qui résume les maux que certains des malades subissent, puis vient la Résurrection, c’est à dire la sortie du confinement et la guérison pour tous les malades

Le Retable décrypté à écouter en ligne

Pantxika De Paepe, conservatrice en chef et directrice du musée, vous présente sous forme de podcast, le Retable d’Issenheim en 6 épisodes.

À écouter chaque semaine à partir du 5 avril 2020 sur Deezer et Spotify et sur cette page. Regardez l’œuvre en ligne ici

Texte et photos  musée Unterliden

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Auteur : elisabeth

Pêle-mêle : l'art sous toutes ses formes, les voyages, mon occupation favorite : la bulle.

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